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10/02/21

Lu Chao @ Galerie Nathalie Obadia, Bruxelles - Black Fruit

Lu Chao : Black Fruit
Galerie Nathalie Obadia, Bruxelles
Jusqu'au 6 mars 2021

La Galerie Nathalie Obadia à Bruxelles présente la nouvelle exposition personnelle Black Fruit de LU CHAO après Black Light, en 2016, dans la galerie parisienne.

L'artiste chinois Lu Chao (né en 1988) a étudié la peinture à l'huile à l'Académie centrale des beaux-arts de Pékin (Chine) jusqu'en 2012. Sous la tutelle du peintre réaliste de renommée internationale Liu Xiaodong, l'artiste a appris à relier sa pratique artistique à la vie réelle. Lu Chao a poursuivi ses études au département de peinture du Royal College of Art de Londres (Royaume-Uni), où il a obtenu son diplôme en 2014 et remporté le prix du Painter-Stainers Goron Luton. Depuis sept ans, l'artiste partage son temps entre Londres et Pékin.

Le travail de Lu Chao est surtout connu pour ses peintures à l'huile dans une gamme de noir et blanc représentant des foules miniatures dans des décors surréalistes. L'artiste met constamment en scène la foule pour interroger la relation entre l’individu et son environnement qui met en évidence l'insignifiance de l'homme face à l'immensité de notre univers, le grand inconnu. A travers des rendus poétiques, le vide exprime chez Lu Chao cette prise de conscience existentielle, ancrée dans le bouddhisme zen chinois, où il ne signifie pas « le néant », mais au contraire « tout ce que nous ne pouvons pas voir ».

Dans sa nouvelle série Black Fruit, le mystère est omniprésent. Les foules sont représentées dans ces seize compositions sous forme de fruits, de gâteaux, de particules chimiques ou en funambules, créant une imagerie fantastique. Observées de près, les expressions faciales des nombreux personnages révèlent à la fois la résilience et les multiples bouleversements éprouvés par l'humanité.

L'utilisation solennelle du pigment « noir ivoire » dans sa pratique artistique s'inspire de la tradition picturale chinoise issue des dynasties Song et Yuan, de n’utiliser que l'encre noire pour créer un jeu d'alternance de lumière et de teintes alors considérées comme des « couleurs ». En effet, cette tonalité de noir donne une structure à l'image. Lu Chao explore constamment de nouvelles façons d'élargir ses possibilités graphiques et techniques au sein du langage visuel qu'il a choisi.

L’oeuvre Dark Energy No.4 (2020) témoigne de l'influence de la peinture traditionnelle à l'encre de Chine et du jeu d'échelle auquel s’adonne l'artiste. Cela est particulièrement visible par le contraste entre le vaste paysage sombre au bonsaï géant « Penjing » du premier plan et les minuscules figures au sol, complètement éclipsées. Inspirée par le taoïsme, la croyance en la puissance de la nature, cette scène tente de représenter l’énergie sombre qui nous entoure et échappe encore à notre compréhension, pour mettre en exergue la réalité inconsciente de l'humanité.

Grand adepte de la philosophie chinoise, Lu Chao s'est également immergé dans les courants de pensée occidentaux depuis son installation à Londres en 2013. Il se nourrit notamment de l’œuvre de grands maîtres occidentaux comme Rembrandt, Lucian Freud, Goya et Francis Bacon.

Des motifs tels que les ruines représentées dans Relic No.7 (2020) ou la scène apocalyptique de Circulation No.2 (2020) s'inspirent du romantisme européen, tandis que l'oeuvre Babel (2020) fait une allusion directe à la Tour de Babel du peintre flamand de la Renaissance Pieter Bruegel l'Ancien qui évoque le péché d’hubris. De plus, son travail présente des affinités avec les sciences humaines modernes, comme dans la série Funambulist qui rappelle les jeux de ficelle que l’on retrouve entre autres chez la théoricienne américaine Donna Haraway, où la dynamique de la réflexion prend pour schéma ce type de croisements et d’interactions.

Malgré le parti pris de l'artiste de n’utiliser que de la peinture noire, Lu Chao intègre régulièrement, dans certaines compositions, une couleur supplémentaire. Dans Black Fruit, trois œuvres incluent ainsi l’usage du bleu Van Gogh. Fortement influencé par son tableau Almond Blossoms (1890), Lu Chao utilise un bleu clair similaire dans l’idée de véhiculer une sensation d'éveil et de beauté. L’œuvre Black Fruit (2020) est partiellement recouverte de nuances de bleu, mettant en évidence le détail des branches d'arbres, qui portent non pas des fruits mais des visages.

Intéressé par la dimension énigmatique de la vie humaine, les peintures de Lu Chao constituent des rêves étranges qui reflètent une quête de sens. Par un recours de plus en plus audacieux à la couleur noire, l'artiste crée une œuvre où le contenu et la forme vont de pair et se renforcent mutuellement. On ne saurait résumer le travail de l’artiste à la simple fusion des codes chinois et occidentaux, autrement plus complexe et sophistiquée dans sa propension à convoquer des interrogations multiples, à la fois philosophiques et socio-culturelles.
« Black Fruit est la 7ième exposition personnelle de la série noire après Black Forest (2013), Black Mirror (2015), Black Light (2016), Black Box (2017), Black Silence (2017) et Black Dots (2019). L'un des indices qui relie clairement toutes les expositions est le "Noir d'ivoire". La possibilité de points noirs est infinie. Si le point noir est considéré comme une graine, le fruit noir se reproduira à partir de là. Le fruit a des cycles de vie différents et des goûts différents, ce qui métaphorise l'être humain lui-même. Chaque moment affecte nos émotions, tout comme le goût des fruits, nous pouvons nous sentir doux, dur, juteux, sec, sucré, aigre, amer, astringent... Surtout, le fruit n'est pas toujours sucré, mais complexe. Le fruit a un cycle de vie. Il vient, se reproduit, et s'en va. Quand la vie s'achève, la gloire disparaît »
Lu Chao, Octobre 2020

GALERIE NATHALIE OBADIA
8 rue Charles Decoster, 1050 Ixelles-Brussels
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28/01/21

Zhang Wei @ Galerie Max Hetzler, Paris

Zhang Wei
Galerie Max Hetzler, Paris
6 février - 13 mars 2021

Zhang Wei

ZHANG WEI 
Z-AC2018, 2020 
Oil on linen
200 x 180 cm.; 78 3/4 x 70 7/8 in.
Photo: Yang Chao Photography Beijing

Pour sa première exposition à Paris et la seconde à la galerie Max Hetzler, ZHANG WEI, l’une des figures de proue de la peinture abstraire chinoise, a sélectionné douze peintures et deux huiles sure papier aquarelle réalisées entre 2016 et 2020. L’artiste offre un aperçu de son travail récent empreint de l’influence de l’Action Painting qu’il découvre dans les années 80, marquant un tournant dans sa pratique, et l’incitant à rompre définitivement avec la figuration.

Zhang Wei confronte le spectateur à des toiles souvent monumentales, composées de coups de pinceaux aux couleurs vives et contrastées, suscitant une émotion intense et ajoutant une conscience corporelle à son œuvre. Comme l’évoque C. S. Chinnery « Il y a une énergie violente dans de nombreuses peintures récentes de Zhang Wei, mais ce n’est pas l’élément central. C’est plutôt ce qui sert d’intermédiaire à l’énergie essentielle. Malgré tout le contraste impétueux des couleurs et de la texture, ce qui définit vraiment le travail de Zhang Wei, c’est un sentiment d’équilibre » *.

Sentiment également présent dans trois peintures aux formats plus modestes et aux tonalités plus douces. Composées de touches de bleu, de blanc et de rose, elles semblent dessiner des pétales flottant dans l’eau offrant un apaisement au regard et l’interrogeant sur un possible retour à la figuration. Enfin, deux huiles sur papier aquarelle aux tons vert d’eau sont également présentées. La peinture céladon est versée sur la surface du papier transformant ainsi la couleur en des formes diaphanes, évocatrices de la tentative de prendre une profonde inspiration - à la fois fragile et pénétrante, elles rappellent l’importance de la spiritualité du « Qi » dans le travail de l’artiste.

ZHANG WEI est né en 1952 à Beijing où il vit et travaille. A la fin des années 70, Zhang a travaillé pour le Northern Kun Opera à Beijing. De 1986 à 2005 il vit aux Etats-Unis. Son travail a été exposé dans des institutions internationales dont plus récemment à la M + Sigg Collection, Hong Kong (2016); Beijing Minsheng Art Museum, Beijing (2015); Deichtorhallen, Hamburg (2014); Asia Society, Hong Kong (2013); China Institute Gallery, New York (2011); Yuan Art Museum, Beijing (2010) and CaixaForum, Barcelone (2008). Son travail est présent dans les collections publiques de M + Museum of Visual Culture, Sigg Collection, Hong Kong et de l’Art Institute of Chicago.

*C. S. Chinnery, ‘A colourful dissonance: On the paintings of Zhang Wei’, in Zhang Wei, exh. cat., Berlin: Galerie Max Hetzler and Holzwarth Publications, 2017, p. 29

GALERIE MAX HETZLER
57 rue du Temple, 75004 Paris