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23/10/16

Carl Andre @ Musée d'Art moderne de la ville de Paris : Sculpture as place, 1958-2010

Carl Andre
Sculpture as place, 1958-2010
Musée d'Art moderne de la ville de Paris

Jusqu'au 12 février 2017

Le Musée d’Art moderne rend hommage à Carl Andre (né en 1935 à Quincy, Massachusetts), artiste américain majeur du XXème siècle. L’exposition Carl Andre – Sculpture as place, 1958-2010 couvre tout le spectre de son oeuvre et en révèle la cohérence, en présentant une quarantaine de sculptures monumentales, de nombreux poèmes, des photographies, des oeuvres sur papier et des objets inclassables. Les pièces iconiques côtoient des éléments jamais réunis, comme ses Dada Forgeries. Acteur principal du minimalisme (avec Donald Judd et Robert Morris), Carl Andre apparait aujourd’hui comme l’un des plus grands sculpteurs du XXème siècle.

Cette rétrospective révèle comment à partir d’éléments standards, de matériaux industriels bruts, l’artiste redéfinit la sculpture comme un lieu d’expérience de l’espace, de la forme et de la matière. Carl Andre a également composé nombre de poèmes en employant les mots pour leur valeur aussi bien sémantique et sonore que visuelle. L’apparente simplicité des oeuvres remet en jeu les notions traditionnelles de technique, de composition, d’installation où le visiteur est partie prenante de l’oeuvre.

Arrivé à New York en 1957, Carl Andre s’essaie à la poésie et réalise ses premières sculptures de petit format. Il s’intéresse rapidement aux propriétés de la matière : forme, poids, surface. Dès 1965, il emploie des éléments industriels qu’il assemble lui-même : bois, métaux, briques, bottes de foin, en relation avec les lieux où il expose. L’artiste n’a de cesse depuis de réagir aux espaces proposés par les galeries, musées, villes. Il travaille avec les éléments qu’il trouve sur place, assemble ce qu’il peut manipuler seul, réalise des ensembles à la fois très présents et en même temps si intégrés aux espaces qu’ils semblent avoir toujours été là.

Avec Carl Andre, l’oeuvre d’art change de statut : elle n’est plus un élément symbolique ou figuratif, mais un objet réel qui fait partie du monde, au même titre qu’un arbre ou un mur. Au cours des années soixante, l’artiste a évolué dans sa conception de la sculpture, d’abord comme forme, puis structure et finalement comme un lieu (« sculpture as place »). « J’ai des désirs; je n’ai pas d’idées. C’est pour moi un désir physique de trouver le matériel et un lieu où travailler » (entretien de l’artiste avec Marta Gynp, 2015).

Cette première exposition consacrée à Carl Andre en France depuis vingt ans (la dernière ayant eu lieu au musée Cantini à Marseille en 1997), correspond à la politique du Musée d’Art moderne de relecture des grands artistes fondateurs de la modernité.

Conçue par la Dia Art Foundation en étroite collaboration avec l'artiste, cette rétrospective a été présentée à New York (2014), Madrid (2015), Berlin (2016), puis le sera à Los Angeles (2017).

L’exposition itinérante internationale de Carl Andre : Sculpture as Place, 1958-2010 a été rendue possible grâce au soutien de Henry Luce Foundation et de Terra Foundation for American Art, ainsi que par celui de Fundación Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte, The Brown Foundation, Inc. de Houston, National Endowment for the Arts et Sotheby’s.

Cette manifestation est organisée dans le cadre du Tandem Paris-New York 2016, mis en oeuvre par la Ville de Paris et l’Institut français, en partenariat avec les services culturels de l’Ambassade de France aux États-Unis d’Amérique et l’Ambassade de États-Unis d’Amérique en France, avec le soutien de la Ville de New York.

Commissaires de l’exposition : Sébastien Gokalp, Yasmil Raymond, Philippe Vergne

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris

01/10/15

Expo Warhol Unlimited, MAM, Paris

Warhol Unlimited 
Musée d'Art moderne de la Ville de Paris 
2 octobre 2015 - 7 février 2016

A l’occasion de la première présentation en Europe des Shadows (1978-1979) dans leur totalité, le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris (MAM) consacre une exposition exceptionnelle à Andy Warhol (1928-1987). Avec plus de 200 œuvres, elle met en valeur la dimension sérielle de l’œuvre de Warhol, aspect incontournable de son travail, et sa capacité à repenser les principes de l’exposition. 

Conservée à la Dia Art Foundation, les Shadows, étonnant ensemble de 102 toiles sérigraphiées de 17 couleurs différentes se déploient sur une longueur de plus de 130 mètres. Elles rappellent de façon magistrale la capacité de Warhol à ébranler les conventions de l'art, depuis la conception des œuvres jusqu'à leur mise en scène. A la question de savoir si elles étaient de l’art, Warhol répondait non : « ... on passait de la disco durant le vernissage, je suppose que ça en fait un décor disco ». L’art de Warhol se présente comme un défi que l’exposition du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris étend à plusieurs séries comme les Electric Chairs (1964-1971), les Jackies (1964), les Flowers (1964-1965), les Maos (1972-1973). 

La manière souvent controversée avec laquelle l'artiste mettait en scène son propre travail est au centre de toutes les interrogations qui légitiment cette exposition. On y retrouve le souci constant de l’artiste d'investir l'espace et le temps pour en remodeler notre perception. Le visiteur est invité à se laisser submerger par l’accumulation des œuvres d’Andy Warhol, des Self-portraits (1966-1967, 1981) aux Brillo Boxes (1964), des portraits filmés (les Screen Tests, 1964-1966) aux papiers peints les Cows (1966), des ensembles de Flowers aux frises de Maos, du cinéma expérimental (le célèbre film Empire de huit heures, 1964) aux Silver Clouds (1966), sans oublier les environnements spectaculaires des concerts du Velvet Undergound (l'Exploding Plastic Inevitable, 1966). 

Aussi encensé que critiqué, l'artiste possède toujours la capacité de bouleverser les attentes du visiteur et cela malgré la surmédiatisation à laquelle il a pratiquement toujours été exposé. Au-delà de son image superficielle de « roi du Pop Art », Warhol n’a eu de cesse de réinventer le rapport du spectateur à l’œuvre d'art. Débordant sans cesse des cadres qu’on lui assigne, Andy Warhol s’impose comme l’artiste de la démesure. Quelles que soient les formes explorées, son rapport à l’œuvre tend vers l’abolition des limites. 

Commissaires de l’exposition :
Sébastien Gokalp
Hervé Vanel

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris
www.mam.paris.fr