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22/12/17

Jean Fautrier @ MAM, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris - Exposition retrospective "Matiere et lumière"

Jean Fautrier, Matière et lumière 
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
26 janvier – 20 mai 2018 

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend hommage à Jean Fautrier (1898-1964), à travers une grande rétrospective. Peu exposé, cet artiste au parcours solitaire est aujourd’hui considéré comme le plus important précurseur de l’art informel en 1928, inventeur des hautes pâtes en 1940 et une figure majeure du renouvellement de l’art moderne après le cubisme.

L’exposition est la reprise de la rétrospective Jean Fautrier qui a eu lieu cet été au Kunstmuseum de Winterthur (Suisse) complétée des œuvres du Musée d’Art moderne, de plusieurs musées français et de collections privées.

Jean Fautrier est tout particulièrement lié à l’histoire des collections et de la programmation du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. En effet, en 1964, le musée présente sa première rétrospective, réalisée en étroite collaboration avec l’artiste suite à son importante donation. En 1989, une seconde rétrospective apporta un nouveau regard sur l’ensemble d’une œuvre riche, variée et particulièrement singulière.

Cette nouvelle exposition vient près de trente ans après la précédente. Elle est composée d’environ 200 œuvres - dont près de 160 tableaux, dessins et gravures, ainsi qu’un important ensemble de sculptures - issues de nombreuses collections publiques et privées, françaises et étrangères. L’exposition présente la quasi-totalité de la donation faite par l’artiste au musée, complétée au fil du temps par d’importants dons et achats. Le Musée d’Art moderne dispose aujourd’hui du plus important fonds Fautrier dans les collections muséales (plus de 60 œuvres).

La carrière de peintre de Jean Fautrier débute dès 1920. Sa peinture, alors figurative, est constituée de natures mortes, paysages et nus qui vont d’un réalisme cru à une représentation faite d’une lumière sombre aux formes presque abstraites. Après une brève reconnaissance, la crise économique de 1929 a finalement raison de sa carrière d’artiste. Contraint à quitter Paris, il s’installe au début des années 1930 dans les Alpes où il vivra plusieurs années, travaillant comme moniteur de ski et gérant d’un hôtel avec dancing.

De retour à Paris en 1940, il retrouve ou rencontre des écrivains tels qu’André Malraux, Francis Ponge, Paul Éluard, Georges Bataille et surtout Jean Paulhan qui sera son plus fervent défenseur. Pendant les années de guerre, il développe une nouvelle forme de l’image dans laquelle la matière prend de plus en plus d’importance dans la représentation des objets, des paysages ou des corps.

Dans ses célèbres séries - Otages (1943-1945), Objets (1955), Nus (1956), Partisans (1957) - les effets de matière deviennent le sujet principal de l’œuvre. Jean Fautrier utilise une peinture à la colle qui mêle les masses de pigments aux encres transparentes ou opaques, d’où émergent des harmonies recherchées et lumineuses, créant ainsi des empâtements et des textures variés provoquant une certaine angoisse. En 1960, il est célébré à la Biennale de Venise avec le Grand prix de peinture qu’il partage avec Hans Hartung. Fautrier meurt durant l’été 1964, peu après sa première rétrospective au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Cette exposition est co-organisée avec le Kunstmuseum Winterthur.

Un catalogue bilingue français-anglais de l’exposition sera publié aux éditions Paris Musées.

Commissaire invité : Dieter Schwarz

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris
www.mam.paris.fr

23/06/96

Jean Fautrier, Musée Fernand Léger, Biot

Jean Fautrier
Musée National Fernand Léger, Biot
21 juin - 15 septembre 1996

Après s’être formé à Londres, Jean Fautrier (1898 - 1964) débute à Paris en 1919 en peignant des natures mortes, des paysages et des figures sombres de tendance expressionniste. Soutenu par des écrivains comme Malraux, Paulhan et Ponge, il s’impose comme l‘un des créateurs de la peinture dite plus tard “informelle”. Dans ses séries - Otages (1943-45), Objets (1955), Nus (1956), Partisans (1957) -, les effets de matière deviennent le sujet principal de l’oeuvre : utilisant une peinture à la colle mêlant les masses de pigments aux encres transparentes ou opaques d’où émergent des harmonies pâles et recherchées, il crée des empâtements et des textures variés d’où sourd une certaine angoisse.

En octobre 1956, l’’invasion de la Hongrie par les troupes soviétiques fut à l’origine d’une crise de conscience des intellectuels français. Jean Fautrier exprima alors sa révolte et son indignation en réalisant la série d’oeuvres peintes, gravées et sculptées des Partisans.

L’exposition réunit plusieurs des oeuvres de cette série, aujourd’hui dispersées dans de nombreuses collections, et les confronte à la série plus ancienne des Orages que l’artiste, animé de sentiments similaires, avait réalisée pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans cet ensemble Jean Fautrier représente des corps et des visages déformés ou informes. Si les Partisans et les Otages manifestent la rage, l’indignation et l’impuissance que lui inspirent l’injustice et les tragédies de l’histoire, ils expriment aussi la solidarité humaine de l’artiste.

Cette présentation est complétée par le choix d’une trentaine de Nus qui illustrent la permanence du thème du corps dans l’oeuvre de Jean Fautrier. Les peintures des Partisans et des Otages rejoignent celles des Nus par la position du corps alangui et sensuel des personnages. Il se crée alors, à travers ces trois grands moments de composition une évolution troublante, qui oscille entre supplice et érotisme.

L’oeuvre de Jean Fautrier est le résultat d’une création spontanée réalisée avec une technique parfaitement maitrisée. Il  utilise la technique de “haute pâte” aux couleurs pastel, apparue au début des années 1940. Pierre Restany définit les Otages comme “les archétypes classiques d’un style : l’informel”. Cet art abstrait et volontiers énigmatique est marqué par l’absence de composition organisée et par la disparition de toute forme reconnaissable, ce qui traduit la liberté d’expression de l’artiste.

Jean Fautrier adopte pour les Partisans cette même matière épaisse, à laquelle il intègre des silhouettes fantomatiques et des idéogrammes mystérieux.

L’oeuvre de Jean Fautrier, cet artiste solitaire et mystérieux, insolent et fascinant, inventeur et révolté, est désormais reconnue comme une étape importante de l’histoire de la peinture du XXème siècle.

Le musée national Fernand Léger a pu rassembler, pour cette exposition, une centaine d’oeuvres importantes, provenant de collections privées et publiques, parmi lesquelles le Nu couché, 1929 (musée national d’Art moderne, - Centre Georges Pompidou), Nu, 1925 (musée d’Art moderne de la Ville de Paris), des gravures des Partisans et des Orages (Bibliothèque nationale de France et Cabinet des Estampes du musée d’Art et d’Histoire de Genève), ainsi que Johanna, 1956 (collection particulière), A/ice, 1956 (collection particulière) et Place de Budapest, 1956 (collection particulière).

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux / musée national Fernand Léger, Biot, l’Association Française d’Action Artistique, ministère des Affaires étrangères et le Mucsarnok, Budapest. Elle sera présentée au Mucsarnok du 15 octobre au 10 novembre 1996 â l’occasion du 40ème anniversaire de l’insurrection hongroise.

Commissaires de l'exposition : Brigitte Hedel-Samson, conservateur du musée national Fernand Léger, Biot ; Katalin Timar, conservateur au Mucsarnok, Budapest

L'exposition est accompagnée d'un catalogue : 160 pages, 50 illustrations couleur, 50 illustrations noir et blanc, 250F, édition RMN.

Sommaire du catalogue

Préfaces
Brigitte Hedel-Samson
LaszIo Beke

Jean Fautrier et la naissance de l’informel
Krisztina Passuth

Les révoltes de Fautrier
Brigitte Hedel-Samson

Fautrier “Matière et mémoire”
Giullo-Carlo Argan

Otages
texte de Francis Ponge

Partisans
texte de Paul Eluard

Nus
texte de Georges Bataille

Oeuvres exposées

Biographie

Bibliographie et ouvrages cités en abrégé

MUSÉE NATIONAL FERNAND LÉGER
Chemin du Val de Pome, 06410 Biot