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21/08/25

Exposition Ernst Ludwig Kirchner "Kirchner x Kirchner" @ Kunstmuseum Bern - Musée des Beaux-Arts de Berne

Kirchner x Kirchner
Kunstmuseum Bern, Berne
12 septembre 2025 - 11 janvier 2026

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Farbentanz I (Entwurf für Essen) 
[Color Dance I (Project Essen)], 1932
Oil on canvas, 100 x 90 cm
Museum Folkwang, Essen, acquired in 1968 with the 
support of the Folkwang-Museumsverein and 
the Alfred und Cläre Pott-Stiftung
© Museum Folkwang Essen / ARTOTHEK

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Esser [Eaters], 1930
Oil on canvas, 150 x 121 cm
Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Bern
© Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Bern

Avec Kirchner x Kirchner le Kunstmuseum Bern, Musée des Beaux-Arts de Berne, consacre une exposition exceptionnelle à l’expressionniste allemand Ernst Ludwig Kirchner (1880–1938). Elle s’articule autour de la grande rétrospective de 1933, organisée par l’artiste lui-même à la Kunsthalle Bern. Une démarche rare à l’époque, qui offre aujourd’hui de nouvelles perspectives.

L’exposition montre comment Kirchner a procédé à une sélection, un accrochage et un remaniement ciblés de ses oeuvres, tentant non seulement de (re)configurer sa carrière artistique, mais aussi de concevoir une expérience spécifique de l’espace. Quelque 65 oeuvres issues de toutes les phases de sa création, dont des prêts importants provenant de collections nationales et internationales prestigieuses, nous indiquent comment Kirchner se mettait lui-même en scène, incarnant à la fois le rôle de l’artiste et celui du concepteur de l’exposition.


Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Sonntag der Bergbauern 
[Mountain Peasants on Sunday], 1923-24/26
Oil on canvas, 170 x 400 cm
Federal Republic of Germany
© Bundesrepublik Deutschland

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Alpsonntag. Szene am Brunnen 
[Sunday in the Alps. Scene at the Well], 1923-24/around 1929
Oil on canvas, with original painted frame,168 x 400 cm
Kunstmuseum Bern
© Kunstmuseum Bern

Pour la première fois, les deux oeuvres monumentales Alpsonntag. Szene am Brunnen (Dimanche sur l’alpe. Scène près de la fontaine, 1923-1924 / vers 1929, Kunstmuseum Bern) et Sonntag der Bergbauern (Dimanche des paysans de montagne, 1923-1924 / 1926, salle du cabinet de la Chancellerie fédérale, Berlin) sont à nouveau réunies et constitueront le point d’orgue de l’exposition. Les deux toiles inauguraient la rétrospective Kirchner à la Kunsthalle Bern en 1933, où elles étaient présentées côte à côte. Avec ces images puissantes, Kirchner exprimait sa façon de voir l’interaction entre monumentalité et aménagement de l’espace. Il voulait également prouver qu’il était capable de créer des oeuvres ayant un rayonnement public, des oeuvres qui dépassaient le cadre de l’espace d’exposition pour avoir un impact sur la société. Cela lui tenait particulièrement à coeur, car il avait longtemps envisagé de peindre la salle des fêtes du musée Folkwang à Essen mais, en 1933, ce projet avait définitivement échoué.

Bien que conçues comme des pendants, ces deux peintures monumentales n’ont plus jamais été exposées ensemble depuis 1933. Alpsonntag. Szene am Brunnen a été directement acheté par le Kunstmuseum Bern après l’exposition. Un acte symbolique s’il en est : il s’agissait du premier et unique achat d’un tableau par un musée suisse du vivant de l’artiste. Sonntag der Bergbauern a d’abord été prêté, puis finalement acquis en 1985 par la Collection d’art de la République fédérale d’Allemagne. Le fait que la Chancellerie fédérale allemande ait accepté de prêter ce tableau, accroché bien en vue, de manière permanente, dans la salle du Conseil des ministres, constitue à la fois une exception et un fait marquant.

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Alpaufzug [Ascending the Alps], 1918/1919
Oil on canvas, 139 x 199 cm
Kunstmuseum St. Gallen, acquired 1955
© Kunstmuseum St. Gallen, photograph: Stefan Rohner

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Berglandschaft von Clavadel 
[Mountain Landscape from Clavadel], 1925-26/27
Oil on canvas, 135 × 200,3 cm
Museum of Fine Arts, Boston, 
Tompkins Collection – Arthur Gordon Tompkins Fund
Photograph © 2025 Museum of Fine Arts, Boston

Parmi les autres points forts de l’exposition figurent des chefs-d’oeuvre tels que Rue, Dresde (1908/1919, Museum of Modern Art de New York), Rue avec cocotte rouge (1914/1925, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza de Madrid), Paysage de montagne de Clavadel (1927, Museum of Fine Arts de Boston), Danse des couleurs I [Projet pour Essen] (1932, Museum Folkwang Essen) ou Les mangeurs (1930, Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Berne).

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Strasse mit roter Kokotte 
[Street with Red Cocotte], 1914/25 
Oil on canvas, 125 x 90,5 cm
Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid
© Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Sich kämmender Akt 
[Nude Woman Combing Her Hair], 1913
Oil on canvas, 125 x 90 cm
Brücke-Museum, Berlin 
© Brücke-Museum, Ernst Ludwig Kirchner, 
CC-BY-SA 4.0

Ernst Ludwig Kirchner : le commissariat d’exposition comme acte artistique

L’exposition Kirchner x Kirchner montre à quel point Ernst Ludwig Kirchner avait conscience de son rôle de commissaire d’exposition : en 1933, en étroite collaboration avec Max Huggler (1903-1994), alors directeur de la Kunsthalle Bern et plus tard directeur du Kunstmuseum Bern, il organise la rétrospective la plus complète de sa carrière. Il ne se contente pas de sélectionner les oeuvres et de concevoir leur disposition, mais réalise également l’affiche et le catalogue de l’exposition ; il rédige même un texte d’accompagnement sous le pseudonyme de Louis de Marsalle. Kirchner structure ainsi sciemment son oeuvre, retravaille certaines toiles et utilise l’espace d’exposition qui fait partie intégrante de son message artistique. Une lettre adressée à Max Huggler le 21 décembre 1932 montre à quel Ernst Ludwig Kirchner considérait l’exposition comme un acte artistique :
« Accrocher une exposition en ajustant les couleurs et les formes, c’est comme créer un tableau. »
L’exposition du Kunstmuseum Bern met pour la première fois l’accent sur cette perspective curatoriale. Elle ne cherche pas à reproduire fidèlement la rétrospective historique de 1933 mais à mettre en lumière sa structure, ses intentions et son impact dans une perspective contemporaine. Pourquoi un artiste écrit-il sa propre histoire et pourquoi Kirchner choisit-il précisément cette forme de représentation en 1933 ? Ce sont les questions centrales qui se posent à nous. Quelles étaient ses intentions ? Et comment cette mise en scène ciblée influence-t-elle, aujourd’hui encore, la perception de son oeuvre ?
« La rétrospective de 1933 était bien plus qu’une exposition, c’était un manifeste artistique. Elle reflétait en les concentrant les efforts de Kirchner pour trouver son propre langage visuel ainsi que son besoin de se repositionner sur le plan artistique. » -- Nadine Franci, conservatrice du département des dessins et arts graphiques au Kunstmuseum Bern et commissaire de l’exposition.
En opposant l’interprétation établie de l’histoire de l’art à la vision que Kirchner avait lui-même de son oeuvre, l’exposition Kirchner x Kirchner propose une nouvelle approche de sa conception artistique et met en même temps en évidence sa volonté créatrice en tant que commissaire.

Contexte historique de la rétrospective de 1933

L’exposition à la Kunsthalle Bern eut lieu de mars à avril 1933, à un moment décisif pour Kirchner tant sur le plan politique que personnel. En Allemagne, après la prise du pouvoir par les nationaux-socialistes, ses oeuvres font de plus en plus souvent l’objet de diffamation et sont retirées des musées. En Suisse, où il vit depuis 1917, il a l’occasion de donner une vue d’ensemble de son art.

Avec plus de 290 oeuvres, la rétrospective de 1933 fut l’exposition la plus complète jamais organisée du vivant de l’artiste. De nombreuses oeuvres provenaient de sa collection personnelle, mais Kirchner insista pour y inclure également des prêts provenant de collections publiques et privées. Il souhaitait ainsi donner l’image d’un artiste établi.
« Je pourrais facilement organiser toute l’exposition à partir de mes propres collections, mais ce serait mieux si certaines oeuvres provenant de collections publiques ou privées n’étaient pas à vendre [...]. » -- Ernst Ludwig Kirchner dans une lettre à Max Huggler, le 20 novembre 1932

 

Photographie de Ernst Ludwig Kirchner
Aura Hertwig-Brendel

Portrait d’Ernst Ludwig Kirchner, 1913/14

Photographie
Succession Ernst Ludwig Kirchner
© Nachlass Ernst Ludwig Kirchner,
courtesy Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Bern
 
Kirchner x Kirchner : de l’époque de Die Brücke (1905-1913) aux oeuvres tardives de Davos (1917-1937)

Comme en 1933, Kirchner x Kirchner retrace le parcours de l’artiste, depuis ses débuts expressionnistes au sein du groupe Die Brücke jusqu’aux oeuvres tardives de Davos. Contrairement à l’exposition historique, les différentes phases de sa création sont aujourd’hui représentées de manière plus équilibrée. L’exposition montre également des travaux qui ne figuraient pas à Berne en 1933, soit parce que Kirchner les avait délibérément exclus, soit parce qu’ils n’étaient pas disponibles. Cela permet de comprendre les décisions prises par Kirchner à l’époque et les raisons qui les ont motivées.

La présentation s’organise selon différents thèmes, répartis sur cinq salles. Des oeuvres centrales ont donc été regroupées et mettent aussi en lumière la pensée curatoriale de Kirchner. La première salle est consacrée aux années passées à Dresde et à Berlin, avec des nus, des scènes de rue et l’univers du music-hall. Aujourd’hui encore, ces oeuvres sont considérées comme le sommet de son art. Elles n’étaient que peu représentées dans l’exposition de 1933 : Kirchner y montrait principalement des oeuvres qui lui avaient déjà valu une reconnaissance en Allemagne ou qui mettaient particulièrement en évidence ses innovations stylistiques.

En face, dans la dernière salle, se trouvent les oeuvres tardives, longtemps considérées comme moins importantes. Pour Kirchner cependant, elles marquaient en 1933 l’apogée de son évolution et occupaient donc une place prépondérante dans la rétrospective historique.

L’objectif de Kirchner était de mettre en valeur tout l’éventail de son style et de retracer son évolution à travers ses oeuvres. Il avait délibérément juxtaposé des oeuvres issues de différentes phases créatives et renoncé à un accrochage chronologique. Il avait même en partie retravaillé certaines oeuvres de ses débuts afin de mettre en évidence son évolution. Kirchner x Kirchner reprend cette approche afin que l’on puisse découvrir à la fois la diversité stylistique et les réflexions conceptuelles qui sous-tendent la présentation de l’artiste.

La grande salle principale est consacrée à la rétrospective historique. La démarche curatoriale de Kirchner a été reprise : paires d’oeuvres reconstituées, espaces intentionnellement ouverts sur d’autres salles et accent mis sur certaines couleurs. Parallèlement, le choix des oeuvres permet de retracer l’historique de l’acquisition de Alpsonntag. Szene am Brunnen (Dimanche sur l’alpe. Scène près de la fontaine) par le Kunstmuseum Bern, documentant ainsi une partie de l’histoire de la collection.

Les deux salles attenantes, plus petites, se concentrent sur les aspects formels et structurels. Une sélection d’oeuvres sur papier montre clairement que Kirchner a expérimenté la couleur, la surface, la ligne et le mouvement pendant des décennies et qu’il est resté fidèle à lui-même malgré l’évolution de son langage formel.

La sélection des oeuvres exposées, reliées au contexte historique, et le nouveau regard porté sur l’artiste font de l’ambitieux projet d’exposition Kirchner x Kirchner une expérience unique.

Kirchner x Kirchner - Catalogue
Kirchner x Kirchner
Catalogue édité par Nina Zimmer et Nadine Franci
Avec des contributions de Nadine Franci et Katharina Neuburger 
ainsi qu’une préface de Nina Zimmer
160 pages, env. 80 reproductions, 22 x 28 cm, broché,
Éditions Hirmer, 2025
Édition allemande: ISBN 978-3-7774-4642-4
Édition anglaise: ISBN 978-3-7774-4696-7

Vernissage
L’exposition sera inaugurée le jeudi 11 septembre 2025, à partir de 18:30. Ce soir-là, l’entrée sera libre.

Commissaire d’exposition : Nadine Franci, conservatrice du département des dessins et arts graphiques Kunstmuseum Bern

KUNSTMUSEUM BERN
Hodlerstrasse 8–12, 3011 Berne

31/01/14

Markus Raetz, Musée des Beaux-Arts de Berne - Estampes, Sculptures

Markus Raetz • Estampes • Sculptures
Musée des Beaux-Arts de Berne
31 janvier – 18 mai 2014

Markus Raetz (né en 1941) compte parmi les artistes suisses les plus renommés de la période contemporaine et apparaît comme une figure centrale de la génération des « artistes explorateurs de la perception ». Le Musée des Beaux-Arts de Berne présente un vaste panorama de l’œuvre gravé de l’artiste auquel il a associé quelques sculptures qui permettent également d’expérimenter dans l’espace les processus de la perception tels que Markus Raetz les met en scène avec humour. Paraît à l’occasion de l’exposition une édition revue et actualisée du catalogue raisonné des estampes qui était épuisé de longue date. Le catalogue raisonné et l’exposition ont été réalisés en étroite collaboration avec l’artiste.

Markus Raetz explore avec malice l’expérience du réel. Son intérêt pour les processus de la perception occupe toute son œuvre. Il nous fait prendre conscience que la réalité se présente de façon différente selon le point de vue que l’on adopte pour la regarder et que la perception peut parfois être trompeuse. D’autre part, les multiples possibilités techniques et l’utilisation des matériaux les plus divers sont pour Markus Raetz des sources d’inspiration constantes à l’origine de la création de nouvelles œuvres. 

Markus Raetz : Un artiste contemporain de renommée internationale 
Né en 1941 à Berne, Markus Raetz grandit à Büren an der Aare. De 1957 à 1961, il fréquente l’école normale à Hofwil et à Berne, il assiste l’artiste tessinois Peter Travaglini et réalise ses premiers travaux artistiques. Il exerce ensuite le métier d’instituteur jusqu’en 1963 avant de s’engager dans une activité d’artiste indépendant. Il est présent en 1969 dans l’exposition Quand les attitudes deviennent formes organisée par Harald Szeemann à la Kunsthalle de Berne. Il est invité à participer à la Documenta de Kassel en 1968 et en 1972. Il vit à Amsterdam (1969-1973), puis à Carona (1973-1976), et fait de longs voyages en Italie, en Espagne et au Maroc. En 1977, il s’installe à Berne. En 1981 et 1982, il vit également à Berlin dans le cadre du « Berliner-Künstler-Programm » du DAAD. Markus Raetz fut honoré de nombreux prix, il bénéficie régulièrement d’expositions personnelles et d’invitations à participer à des expositions collectives. Il compte parmi les artistes suisses contemporains les plus renommés de la scène internationale. 

Markus Raetz : Un panorama organisé par thèmes de l’œuvre gravé
Le Musée des Beaux-Arts de Berne possède la totalité des estampes et de nombreuses sculptures de Markus Raetz. S’appuyant sur cet important fonds d’œuvres et pensée comme un prolongement de l’exposition de 1991 Markus Raetz: Die Druckgraphik 1958-1991, la présente exposition propose un vaste panorama des estampes – les œuvres exposées provenant dans leur grande majorité de la collection de l’artiste. Les plus de 350 estampes créées par Markus Raetz témoignent de l’importance qu’occupe l’art graphique dans son œuvre. Et les sculptures présentées ici en complément attestent l’influence réciproque qui s’y exerce entre des deux médiums de la gravure et de la sculpture. L’exposition est organisée par thèmes : elle se concentre sur un certain nombre de thèmes tels que « Vision et perception », « Paysage », « Physionomie », « Citations, références, hommages », « Ecriture / Mots », « Bi- et tridimensionnalité », mais aussi sur des techniques de gravure, notamment l’héliogravure et la taille-douce.

L’exposition et le catalogue raisonné des estampes, qui était épuisé de longue date et reparaît donc dans une édition actualisée, ont été réalisés en étroite collaboration avec l’artiste.

Commissaire: Claudine Metzger en collaboration avec l’artiste

Prochaines étapes de l’exposition :
Musée Jenisch Vevey, Cabinet cantonal des estampes: 26 juin – 4 octobre 2014
LAC Museo d’arte Lugano: 13 février – 17 avril 2016

KUNST MUSEUM BERN
Musée des Beaux-Arts de Berne
Hodlerstrasse 8 - 12, 3000 Bern 7

11/06/10

La collection Art contemporain, Musée des Beaux-Arts de Berne - Don't Look Now

Don't Look Now - La collection Art contemporain, partie 1
Musée des Beaux-Arts de Berne
11 juin 2010 - 20 mars 2011
En hommage à Toni Gerber (1932–2010)
Le Musée des Beaux-Arts de Berne présente une partie de sa collection internationale d'art contemporain. Des œuvres qui traitent de la vue, de la visibilité, de l'invisibilité et de la perception visuelle sont exposées sous le titre malicieux Don’t look now – une invitation à ne pas regarder maintenant.

Il s'agit ici de la première exposition d'une série thématique qui présente la collection internationale d'art contemporain du Musée des Beaux-Arts de Berne. Il n'est pas toujours possible de voir ces riches fonds car il n'y a pas suffisamment de place pour une présentation permanente de la collection d'art contemporain. Cela signifie donc trop souvent pour les personnes intéressées: ne regardez pas, il y a de toutes façons peu d'œuvres contemporaines à voir.

Rendre visible l'invisible
Le titre de l'exposition Don’t look now emprunte son nom à un grand classique du cinéma dont le réalisateur est Nicolas Roeg (1973). Ce film montre que les choses essentielles demeurent souvent invisibles ou qu'il est facile de passer à côté. C'est ainsi qu'en dépit d'avertissements flagrants, le héros du film est victime du malheur qui s'abat sur lui. Le mot d'ordre contradictoire renvoie au rôle essentiel que joue la perception visuelle auprès de l'observateur des arts plastiques. Les œuvres de l'exposition traitent de la mise en lumière de l'invisible ou du non représentable. Quelques œuvres s'intéressent à la perception elle-même. D'autres sont une invitation à regarder mais ne donnent « rien » à voir. Ne pas avoir vu est en fait une expérience qui peut se produire lorsqu'on observe des œuvres contemporaines. On regarde et pourtant, on ne voit rien.

Le moment invisible de la connaissance 
L'exposition aborde la question de savoir comment les arts plastiques conduisent l'observateur vers la connaissance et quel est leur rôle dans le traitement de l'invisible. Voir, donner à voir, empêcher de voir, invisibilité, visibilité - ces notions sont explorées de façon plaisante par une mise en dialogue et en perspective des œuvres.

Les œuvres proviennent des fonds et dépôts des fondations hébergées au Musée des Beaux-Arts de Berne Stiftung Kunsthalle Bern, Stiftung Kunst Heute, Stiftung GegenwART, Bernische Stiftung für Fotografie, Film und Video (FFV), Hermann und Margrit Rupf-Stiftung, des fonds de la donation du galeriste disparu Toni Gerber et du Musée des Beaux-Arts de Berne lui-même.

Avec des œuvres de : Silvia Bächli, Herbert Brandl, Stefan Brüggemann, James Lee Byars, Hans Danuser, Joel Fisher, Ceal Floyer, Pia Fries, Christian Marclay, Olivier Mosset, Yves Netzhammer, Boris Nieslony, Meret Openheim, Nam June Paik, Markus Raetz, Tracey Rose, Christoph Rütimann, Adrian Schiess, Bill Viola, Rémy Zaugg

KUNST MUSEUM BERN
Musée des Beaux-Arts de Berne
Hodlerstrasse 8 - 12, 3000 Bern 7

02/06/06

Meret Oppenheim, Musée des Beaux-Arts de Berne

Meret Oppenheim
Musée des Beaux-Arts de Berne
2 juin – 8 octobre 2006

Meret Oppenheim, qui avait trouvé à Berne pendant plus de trente ans sa patrie d’élection, a légué en 1985 au Musée des Beaux-Arts de Berne la collection la plus importante ses œuvres. Le Musée des Beaux-Arts de Berne expose actuellement après plus de 20 ans une rétrospective qui permet de redécouvrir la vie et l’œuvre de la célèbre artiste et l’une des éminentes représentantes du Surréalisme.

Meret Oppenheim (1913-1985) fut une artiste exceptionnelle dont les œuvres représentent une contribution importante à l’art du 20ème siècle. Mais elle doit avant tout sa renommée à l’une de ses œuvres surréalistes– le Déjeuner en fourrure qui est devenu un monument moderne de l’art de l’objet et se trouve en possession du MoMA de New York. Au début des années trente, alors qu’elle était encore très jeune, elle recherchait dans l’effervescence de la vie artistique parisienne la liberté qui lui était nécessaire. C’est ici qu’elle édifia son propre mythe en se faisant photographier par Man Ray à l’âge de vingt ans dans la série de clichés devenus célèbres. Conjointement avec lui et Alberto Giacometti, Hans Arp, Max Ernst, René Magritte, Juan Mirò, Salvador Dali, Yves Tanguy, et Wassily Kandinsky, elle put exposer en 1933 au 6ème Salon des Surindépendants.

Grâce à son Déjeuner en fourrure, elle fut propulsée sous les feux de la rampe dans le cercle des Surréalistes et suscita une atmosphère de scandale, mais ce succès lui posa problème et elle retourna à Bâle où elle fréquenta l’Ecole d’Arts Appliqués et s’intéressa intensément à ses rêves et à la théorie du rêve de C.G. Jung. La Steinfrau (La femme pierre) est l’expression de la crise de stagnation, une œuvre clé pour comprendre la torpeur que vécut l’artiste et son impuissance physique. Dans un nouveau départ de créativité, elle élargit le format traditionnel et créa une œuvre diversifiée, souvent basée sur son subconscient et qui lui donna sa renommée de représentante éminente du Surréalisme.

Il n’est pratiquement pas d’autre personnalité artistique qui ait autant expérimenté, recherché, réprouvé, se soit attelée de nouveau à la tâche. Elle s’est toujours servie de ce qui était caché et invisible pour en faire un thème de son œuvre et elle a puisé dans une origine profonde des rêves, des associations, des pensées et des jeux. L’exposition reprend la méthode de travail mouvante de l’artiste et n’est pas classée selon des critères purement chronologiques mais selon des thèmes qui obéissent à son univers imaginaire: des scènes oniriques et des mascarades, des représentations de nuages multiformes et de nappes de brume, des peintures de paysages représentant des astres et des planètes, des serpents et des mythes, des peintures grotesques et des métamorphoses.

L’exposition offre ainsi la possibilité d’avoir une vision d’ensemble sur sa peinture, ses sculptures, dessins, objets, sa poésie, ses annotations de rêves et ses travaux de design et de voir sa célèbre œuvre surréaliste, le Déjeuner en fourrure, dans un contexte global.

KUNSTMUSEUM BERN
Musée des Beaux-Arts de Berne
Hodlerstrasse 8 - 12, 3000 Bern 7