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14/11/25

Bernard Plossu et Pierre Buraglio @ Galerie 8 + 4, Paris - Exposition 'Suivre Favignana'

Bernard Plossu et Pierre Buraglio
Suivre Favignana
Galerie 8 + 4, Paris
4 octobre - 20 décembre 2025

Pierre Buraglio Dessin
Pierre Buraglio
, Favignana, 2009
Crayon sur papier, 21 x 30  cm
© Pierre Buraglio

Bernard Plossu Photographie

Bernard Plossu
, Favignana, 2008
Photographie noir & blanc, 24 x 30 cm
© Bernard Plossu
« On sait juste que depuis longtemps, instinctivement, l’on adore tous les deux les travaux l’un de l’autre. « Ensemble », cela ne peut que fonctionner ! ».
Bernard Plossu
L’exposition Suivre Favignana, que présente la Galerie 8+4, réunit enfin Bernard Plossu et Pierre Buraglio qui espéraient poursuivre dans un espace d’exposition un dialogue imaginé il y a de nombreuses années et sans cesse reporté. Elle met en scène de façon dynamique un ensemble de dessins, collages et photographies. Constituée d’œuvres inédites, certaines réalisées pour cette occasion, l’exposition se veut une ode à la substance de notre monde : fragments de paysages épurés chez l’un comme chez l’autre, surgissements d’architectures vernaculaires, objets saisis dans leurs dépouillements…

Il s’agit ici d’une conversation laissée depuis trop longtemps en suspens, qui soudain se cristallise dans de joyeux allers-retours, et dévoile une amitié forgée à distance, par le truchement des œuvres, des prises de positions et de conversations intenses lors de rencontres interminables. L’estime que l’un porte à l’autre fut longtemps affaire de circonstances, presque de hasards. Si Bernard Plossu se souvient d’une évidence devant les dessins de Pierre Buraglio lors d’une exposition en 1989 au Musée Réattu à Arles, Buraglio aime à mentionner le Musée du quai Branly comme moment inaugural de leur rencontre, marqué entre autres par un portrait photographique réalisé in situ par Plossu. L’affinité est aussi vagabonde lorsqu’ils évoquent, ébahis, leur amour de l’Italie, le sud, les îles Favignana et Ponza, certains villages oubliés de la Sicile que tous deux ont traversé avec pour unique bagage l’envie d’arrêter le temps et de rendre cette suspension palpable.

Cette exposition est née de cette passion commune qu’ils portent à une contrée où la pesanteur du soleil les pousse à la sobriété. Austérité dans les compositions de Bernard Plossu, économie du trait dans un paysage à peine esquissé chez Pierre Buraglio. Ce territoire méridional se révèle être un terrain de jeu trop étroit pour leurs aspirations qu’ils élargissent à d’autres lieux en France, mais aussi aux États-Unis, au Mexique ou en Espagne, pour Plossu.

L’exposition, qui présente une trentaine d’oeuvres pour chacun des artistes, s’impose comme un échange entre les territoires de la photographie et ceux du dessin ou du collage. Si Pierre Buraglio perçoit dans les images noir et blanc de Bernard Plossu une sorte de singularité à contre-courant d’une photographie couleurs, si bavarde et criarde, s’il reconnaît justement dans les œuvres de Plossu ce même souci humaniste qu’il ne cesse de décliner dans ses oeuvres, s’il croit qu’il y a là justement un rapport au monde que lui-même défend depuis si longtemps en affirmant que l’engagement politique débute en capturant l’inframince du monde, alors cette exposition est bien un manifeste en faveur d’une « abstraction discrète » comme aime à l’affirmer Bernard Plossu. Une abstraction refusant l’évidence du formalisme pour aller vers une métaphysique abordant des territoires qui ouvriraient sur la substance même du monde. Nul besoin d’y convoquer l’être humain. Un pan de mur, un nuage, un panneau indicateur ou un camion, un simple intérieur avec deux jarres pour tout mobilier, la solitude d’un arbre brulé par le soleil sont autant de motifs qui se répondent pour nous parler d’un monde que l’on ne sait plus voir. Notre univers est tout autant marqué par le permanent que par le transitoire et il semble possible, à condition de prendre un certain recul, de lier les deux ensembles.

Cette union prend chez Pierre Buraglio la forme de dessins, certains simples croquis, d’autres plus détaillés et aboutis. Un ensemble de vêtements sur un portant, une cheminée d’usine, un coin de mur ou un balcon d’une maison italienne, une colline abritant un hameau, un tronc noueux. Comme pour mieux magnifier cette perception du monde, Buraglio a imaginé pour l’occasion une série étonnante de collages. Parmi ceux-ci, il enchâsse, dans une logique de montage très épuré, des morceaux de cette réalité volée. Bernard Plossu y répond par un choix d’images noir et blanc au cadrage serré. Si la plupart s’amusent à capturer la lumière et lui donner un poids singulier, d’autres s’aventurent vers une déambulation du regard envers les choses les plus ordinaires du réel mais soudain illuminées par le regard du photographe. Dans ses fameuses Histoire(s) du cinéma, Jean-Luc Godard nous rappelait « une image n’est pas forte parce qu’elle est brutale ou fantastique, mais parce que l’association des idées est lointaine et juste ». Plossu, comme Godard, mais aussi Buraglio tentent dans leurs compositions de montrer un œil qui écoute le temps pour le suspendre, le mettre dans l’évidence de nos regards.

L'exposition "Suivre Favignana" est réalisée en partenariat avec les galeries Ceysson Bénétieres et Camera Obscura.

PIERRE BURAGLIO

Pierre Buraglio
Pierre Buraglio 
© Bernard Plossu

Pierre Buraglio, né en 1939 à Charenton-le-Pont, se forme à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1959. Après un séjour à New York en 1963, il produit ses premiers « Papiers » et « Recouvrements ». Proche de Claude Viallat, Michel Parmentier et François Rouan, il se sent alors proche du mouvement Supports/Surfaces naissant. Dans les années 1960, il compose des oeuvres à partir de chutes de tableaux qu’il juge mauvais. En 1968, il participe à « Salle Rouge pour le Vietnam » à l’ARC puis s’investit dans l’atelier populaire des Beaux-arts de Paris en produisant nombre d’affiches murales. Dans les années 1970, il produit ses premiers « Camouflages » puis la série « Dessins… d’après… autour… selon… » et les « Caviardages » qui le rendent célèbre. Bénéficiant de nombreuses expositions en institutions, il développe en parallèle les « Fenêtres » et les « Cadres » dans les années 1980. En France, Pierre Buraglio a exposé au CAPC de Bordeaux (1999), au Musée des Beaux-Arts de Lyon (2004), au Musée National d’Art Moderne (2008), au Musée Fabre à Montpellier (2009), au Musée du Louvre (2011). Il a également été présenté à la Biennale de São Paulo, à la Fondation Joan Miró (Barcelone)… Une vaste rétrospective s’est déroulée en 2019 au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC+). Pour la seule année 2025, l’oeuvre de Pierre Buraglio est exposée dans les musées des Beaux-Arts de Grenoble, d’Orléans et de Caen. Ses oeuvres sont présentes dans les principaux musées français et européens.

BERNARD PLOSSU

Bernard Plossu
Bernard Plossu 
© Bernard Plossu

Né en 1945, Bernard Plossu appartient à cette génération française qui dans l’immédiat après-guerre révolutionne l’idée de la photographie. Au lieu de s’attacher à l’idée de reportage ou même d’instant décisif, Bernard Plossu développe dès le milieu des années 1960 une photographie du voyage où dans les contrées qu’il traverse – le Mexique (1965) puis l’Ouest américain (1967-1977), l’Afrique (1975) et l’Europe – il saisit une forme de suspension du temps. Humains, paysages mais surtout architectures ou simples objets, deviennent sous son regard des évocations de notre condition, des sortes de poèmes révélant l’inframince du monde ou ce qu’il nomme des « paysages intermédiaires ». Essentiellement en noir et blanc ses photographies tracent en creux une écriture intime qui loin d’être autobiographique atteste surtout d’un regard décalé, empreint de tendresse envers la richesse du réel. La considération dont il bénéficie dès les années 1970 l’entraîne à exposer dans les grandes institutions européennes et internationales (exposition itinérante aux États-Unis en 1987) et permet à ses images d’intégrer de prestigieuses collections. Depuis le milieu des années 1980, il a bénéficié de plusieurs expositions telle une rétrospective au Centre Pompidou en 1988, puis sous la direction de Gilles Mora, une deuxième qui circule quelques années plus tard en Europe (Salzbourg, Barcelone, Lisbonne, Paris), complétée en 1997 par celle de l’IVAM à Valence (Espagne). Il fut également présenté par la Maison européenne de la photographie (2015), aux Rencontres d’Arles (2016), et au musée Granet (2022). Il est également l’auteur de plus de 300 ouvrages sur ses photographies.

GALERIE 8 + 4
13 rue d'Alexandrie, 75002 Paris

09/11/25

Resistance. The Power of the Image @ SMAK Gand - Exposition dans le cadre de EUROPALIA ESPAÑA

Resistance. The Power of the Image 
EUROPALIA ESPAÑA
S.M.A.K. Gand
29 novembre 2025 - 8 mars 2026

Avelino Sala Oeuvre
Avelino Sala
'4,33 minutes of silence', 2021
Film still 
© Avelino Sala

Dans le cadre d’EUROPALIA ESPAÑA, S.M.A.K. présente l’exposition collective Resistance. The Power of the Image, dans laquelle vingt artistes espagnols explorent le pouvoir de l’image dans la lutte pour la défense des valeurs démocratiques.

Artistes participants :  Carlos Aires, Xavier Arenós, Pilar Aymerich, Alán Carrasco, Colita, Lúa Coderch, Eli Cortiñas, Daniel G. Andujar, Ana García Pineda, Eulàlia Grau, Núria Güell, Agustín Ibarrola, José Ortega, Joan Rabascall, Josep Renau, María Ruido,  Avelino Sala, Fernando Sánchez Castillo, Diego del Pozo Barriuso, Darío Villalba 

L’exposition étudie comment, à compter de l’avènement de la Deuxième République (1931-1939) – qui sera renversée pendant la Guerre d’Espagne –, les artistes espagnols ont utilisé l’art comme moyen de protestation, pour revendiquer de nouveaux droits et mettre en avant des situations intolérables. Le pavillon espagnol à l’Exposition universelle de Paris en 1937 a joué un rôle crucial dans ce contexte. La dénonciation des atrocités de la guerre civile espagnole a trouvé là une plateforme internationale où s’exprimer sous les formes artistiques les plus diverses. C’est à cette occasion que Picasso a peint son tableau Guernica, qui est aujourd’hui encore le symbole de la résistance et du rôle que l’art peut jouer dans celle-ci.

L’exposition invite les visiteurs à jeter un regard neuf sur le sens à donner à la démocratie, sur sa raison d’être et sur les défis qu’elle est amenée à relever. Dans le même temps, elle ouvre la voie à une réflexion critique sur la façon dont nous formons notre identité en tant que société. 

Augustin Ibarralo Oeuvre
Augustin Ibarralo
 
Paisajes de Euskadi series, ca. 1970-1979
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía
© Augustin Ibarralo
Courtesy Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía

Augustin Ibarralo Oeuvre
Augustin Ibarralo 
Paisajes de Euskadi series, ca. 1970-1979
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía
© Augustin Ibarralo
Courtesy Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía

Resistance. The Power of the Image se concentre sur deux moments importants du processus de démocratisation de l’Espagne, au cours desquels l’art s’est manifesté en tant qu’instrument politique. D’une part les années 1970, période de l’ultime opposition à la dictature de Franco (1939-1975) et de la transition vers la démocratie. 

Ana Garcia Pineda Oeuvre
Ana García Pineda 
La Curva del Olvido [The curve of Forgetting]’, 2015
Film still
© Ana Garcia Pineda 

Xavier Arenos Oeuvre
Xavier Arenós
Teorética del pan (El pueblo español tiene 
un camino que conduce a una estrella), 2019
© Xavier Arenós. Courtesy of the artist

L'exposition porte ensuite sur ces dix dernières années (2015-2025), marquées par une nouvelle vague de protestation initiée par l’Espagne – avec notamment le mouvement des Indignados — en réaction contre la crise bancaire et immobilière et plus largement contre l’atteinte aux principes mêmes de la démocratie. Dans le contexte actuel, les artistes espagnols invités poursuivent le dialogue visuel avec des œuvres qui, à travers divers médias et des techniques variées, abordent toutes sortes de formes d’injustice. Ils prennent la relève de ceux qui veulent se faire entendre – une voix qui dénonce la violence structurelle et révèle des histoires oubliées. Dans le même temps, ils s’interrogent sur les modes d’expression de la protestation : par de nouveaux langages visuels, par l’opposition silencieuse ou par le remaniement d’images existantes.

Chaque oeuvre soulève des questions à propos de l’identité collective, et fait le lien entre le passé et les thèmes sociétaux pressants d’aujourd’hui.

Dans le cadre de EUROPALIA ESPAÑA

Commissaires de l’exposition : Marta Ramos-Yzquierdo et Sam Steverlynck 

S.M.A.K
Jan Hoetplein 1, 9000 Gand

06/10/25

De la ligne à la matière @ Galerie Mitterrand, Paris - Josef Albers, Carl Andre, Donald Judd, Sol Lewitt, Robert Mangold, Allan Mccollum, Robert Morris, Kenneth Noland, Richard Nonas, Fred Sandback, Keith Sonnier, Lawrence Weiner

De la ligne à la matière
Josef Albers, Carl Andre, Donald Judd, Sol Lewitt, Robert Mangold, Allan Mccollum, Robert Morris, Kenneth Noland, Richard Nonas, Fred Sandback, Keith Sonnier, Lawrence Weiner
Galerie Mitterrand, Paris
12 septembre - 20 décembre 2025

La galerie Mitterrand présente une exposition collective, intitulée De la ligne à la matière, sur l’ensemble de ses espaces à Paris (Faubourg Saint-Honoré et Temple).
 
Réunissant des figures majeures de l’art minimal et post-minimal américain, l’exposition offre un regard transversal sur une génération d’artistes ayant transformé les pratiques sculpturales et picturales à partir des années 1960. À travers une sélection d’oeuvres caractéristiques, elle interroge les principes fondamentaux de ces courants artistiques : réduction formelle, matérialité brute, répétition, rapport au corps et à l’espace, expérience physique de l’oeuvre.
 
Les structures horizontales de Carl Andre, les lignes tendues de Fred Sandback, les modules répétitifs de Richard Nonas ou les volumes suspendus de Robert Morris activent une nouvelle relation entre l’œuvre, l’espace et le spectateur, fondée sur l’expérience directe, sensorielle et physique, plutôt que sur la représentation. Judd, théoricien majeur du minimalisme, développe des modules géométriques en série, réalisés en métal ou plexiglas, qu’il qualifie d’“objets spécifiques” : ni peintures, ni sculptures, mais entités autonomes interagissant avec l’espace.
 
Les carrés de Josef Albers, bien qu’antérieurs, annoncent par leur rigueur formelle et leur approche sérielle certaines préoccupations du minimalisme et ouvrent la voie à une approche analytique de la perception. Keith Sonnier, en introduisant le néon et des matériaux industriels dans l’espace, illustre une sensibilité post-minimale, où la lumière, la couleur et l’environnement deviennent partie intégrante de l’oeuvre. De son côté, Allan McCollum développe des compositions sérielles et modulaires à grande échelle, où la répétition n’annule pas la singularité, mais au contraire la questionne. Sa démarche systématique inscrit son œuvre dans une veine post-minimale qui dépasse la pure réduction formelle pour interroger les conditions mêmes de l’unicité et de la reproductibilité dans l’art.
 
Ces approches renforcent l’idée selon laquelle le minimalisme – et aussi son prolongement post-minimal - n’est pas une réduction, mais une densité essentielle. L’épure devient ici une stratégie de révélation : de la ligne, de la matière, et de notre propre perception. A travers les oeuvres de Josef Albers, Carl Andre, Donald Judd, Sol Lewitt, Robert Mangold, Allan Mccollum, Robert Morris, Kenneth Noland, Richard Nonas, Fred Sandback, Keith Sonnier et Lawrence Weiner, De la ligne à la matière propose un regard collectif sur une esthétique qui privilégie la forme, le matériau et l’espace, sans recours à l’ornement ou à la narration.

GALERIE MITTERRAND
95, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris
79, rue du Temple, 75003 Paris

05/10/25

Faire impression @ Kunsthaus Zürich - Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth

Faire impression. Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth 
Kunsthaus Zürich 
31 octobre 2025 – 25 janvier 2026 

Dieter Roth
Dieter Roth, 
Feuillet 4 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Polymère au pochoir sur sérigraphie sur impression 
offset en couleur sur carton, monté sur carton-bois, 
49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth 

Dieter Roth
Dieter Roth 
Feuillet 5 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Sérigraphie sur impression offset en couleur sur
carton, montée sur carton-bois, 49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth

Helen Dahm
Helen Dahm 
Nu féminin en mouvement,
sans date
Eau-forte sur papier, 27,4 × 23,2 cm
Kunsthaus Zürich, don de Doris
Gäumann-Wild, 1953
© Helen Dahm Gesellschaft Oetwil am See

Le Kunsthaus Zürich présente des estampes magistrales créées au fil de six siècles.

La collection d’arts graphiques du Kunsthaus Zürich est un véritable trésor. Beaucoup de feuillets sensibles à la lumière ne peuvent être exposés que pendant une courte durée avant de regagner les dépôts, où ils sont conservés à l’abri. Dix ans après l’exposition anniversaire organisée à l’occasion des 100 ans d’existence de la collection d’arts graphiques, le Kunsthaus présente ses estampes les plus précieuses, domaine qui avait été laissé de côté à l’époque.

Aujourd’hui encore, la gravure est entourée de malentendus: une telle oeuvre peut-elle être considérée comme originale? Pourquoi n’y a-t-il pas un seul exemplaire mais plusieurs? Le Kunsthaus montre que l’estampe est un moyen d’expression artistique à part entière, pas seulement un procédé de reproduction d’images. Le travail de l’encre et le jeu de clair-obscur qui en résulte donnent naissance à des oeuvres dont l’effet est unique.

Albrecht Dürer
Albrecht Dürer 
Adam et Ève, 1504
Gravure sur cuivre sur papier,
25,1 × 19 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Hendrik Goltzius
Hendrik Goltzius 
Le grand porte étendard, 1587
Gravure sur cuivre sur papier, 29 × 20,1 cm
Kunsthaus Zürich

Hans Sebald Beham
Hans Sebald Beham 
Cimon et Péro, 1544
Gravure sur cuivre sur papier, 7,3 × 5,1 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Rembrandt Harmenszoon van Rijn
Rembrandt Harmenszoon van Rijn 
Jésus prêchant, dit «La petite tombe», vers 1652
Eau-forte et pointe sèche sur papier Japon,
15,2 x 20,5 cm
Kunsthaus Zürich, legs de Leonie Tobler, 2003

D’Albrecht Dürer à Francisco de Goya en passant par Rembrandt van Rijn – ne serait-ce que dans le domaine de l’art ancien, la collection du Kunsthaus Zürich réunit les représentants les plus importants de l’estampe. L’exposition présente de magistrales eaux-fortes et gravures sur bois qui mettent en avant le travail du motif et la maîtrise technique. La présentation ne suit pas une chronologie stricte, mais s’organise par types de techniques. Elle permet ainsi de comprendre comment un même procédé a donné naissance à des formes d’expression très différentes au fil des siècles. Elle montre également comment de nouvelles possibilités techniques ont inspiré de nouveaux thèmes aux artistes et leur ont suggéré de nouvelles solutions plastiques.

Henri Matisse
Henri Matisse 
Illustration pour «Poésie de mots inconnus», 1943
Linogravure sur papier, 30,4 × 23,4 cm
Kunsthaus Zürich, 1980

Bernhard Luginbühl
Bernhard Luginbühl 
Cyclope I, 1968
Gravure sur cuivre sur papier, 67,7 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1984
© Bernhard Luginbühl

Chuck Close
Chuck Close 
Autoportrait, 1977
Eau-forte sur papier, 137 × 103,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1978
© Chuck Close Estate

Julie Mehretu
Julie Mehretu
Untitled, 2006
Eau-forte et pointe sèche en couleur sur papier, 
58,9 × 71,6 cm
Kunsthaus Zürich, 2006
© 2025 Julie Mehretu

Avec la modernité, l’estampe s’épanouit dans toute sa diversité, que ce soit dans les oeuvres de Käthe Kollwitz, de Mary Cassatt ou de Dieter Roth. On expérimente désormais avec les techniques les plus diverses et différents états d’impression. Le format semble lui aussi ne plus connaître de limites. En témoigne par exemple l’autoportrait monumental de Chuck Close, aux dimensions imposantes de 137 × 103 cm. Dans cette exposition, le Kunsthaus s’abstient toutefois délibérément de toute hiérarchisation des oeuvres par la taille, car souvent, l’attrait d’une estampe tient à ses plus infimes détails. 

Edvard Munch
Edvard Munch 
Tête contre tête, 1905
Gravure sur bois en 4 couleurs sur papier,
56,5 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1950

Otto Müller
Otto Müller 
Jeune fille allongée contre un tronc d’arbre, vers 1914
Lithographie aquarellée sur papier, 35,6 x 46 cm
Kunsthaus Zürich, don de Hugo Moses, 1933

Emil Nolde
Emil Nolde 
Tête masculine et tête féminine, 1937
Gravure sur bois sur papier, 41,5 × 30,3 cm
Kunsthaus Zürich, 1938
© Nolde Stiftung Seebüll

Plus de 80 oeuvres sur papier sont exposées au cabinet du Kunsthaus Zürich sous la houlette de Jonas Beyer. Un catalogue richement illustré complète l’exposition et fait écho à l’ouvrage «Meisterzeichnungen. 100 Jahre Grafische Sammlung im Kunsthaus Zürich» (Dessins de maîtres. Les 100 ans de la collection d’arts graphiques au Kunsthaus Zürich), désormais élargi au champ de l’estampe.

KUNSTHAUS ZURICH
Heimplatz 1/5, 8001 Zurich

03/09/25

Tursic & Mille @ Galerie Max Hetzler, Paris - Exposition "Lavis en Rose"

Tursic & Mille - Lavis en Rose
Galerie Max Hetzler, Paris
6 Septembre – 11 Octobre 2025

Tursic & Mille
Tursic & Mille 
Lavis en Rose, 2025 
© Tursic & Mille, photo: I & W, 2025

« Le sujet, dans la peinture de Tursic & Mille, est un leurre à tous les sens du terme : il trompe et il appâte... Car le véritable sujet de leurs œuvres est la peinture, dans une tradition classique qui va de Picabia à Christopher Wool. » 1 
Eric Troncy

La galerie Max Hetzler, Paris, présente Lavis en Rose, une exposition de Tursic & Mille, la sixième avec la galerie Max Hetzler et la première dans la galerie parisienne.

Avec un partenariat artistique qui s'étend sur plus de deux décennies, les peintres Tursic & Mille, mènent une réflexion profonde sur la peinture et sur la notion de représentation. À travers une pratique empirique d’une peinture ouverte à toutes les possibilités conceptuelles et matérielles, aux accidents constitutifs du médium, ils abordent la peinture, aussi bien en tant qu’objet que comme sujet. Réinventant sans cesse leur pratique, s’intéressant autant au concept, au process, à la matérialité de la peinture, qu’à l’utilisation de l’imagerie, ils développent une manière singulière de penser en peinture aujourd’hui.

Lavis en Rose, commence donc, avec son titre, par une homophonie, un jeu de mot, un malentendu : Lavis / La vie. Ainsi, un cliché, une promesse du bonheur se transforme en simple procédé technique à dominance rose (rose étant l’anagramme d’Éros). Ce malentendu est peut-être aussi celui qu’ils traquent dans l’idée même de peinture figurative, avec l’éternelle conflictualité interne image/peinture.

Le Rose, ici, agit comme élément perturbateur, tel un filtre à double usage : physiquement, il ajoute une couche matérielle au tableau (le poussant parfois à la limite du monochrome), sémantiquement enfin, en instillant une distance, une sensation d’instabilité qui agit tel un voile qui simultanément perturbe tout en affirmant le caractère complexe de la perception et de la représentation. Lavis en Rose est une traversée, aussi douce qu’incendiaire, d’un monde en tension.

L’exposition commence par un tableau programmatique. Un portrait d’une jeune femme, qui regarde ses doigts tachés de peinture rose. Mi-surprise, mi-dégoutée, elle semble se demander ce qu’elle va en faire, quoi en faire. « Ce tableau pourrait servir de portrait à n'importe quel peintre au travail, confronté à son démon, ces pigments dilués dans l'huile, incontrôlables, collés aux doigts, corps et âme, entêtants et rebelles aux coups de pinceau qui prétendent avoir tout pouvoir sur eux. Et pourtant, la peinture fait ce qu'elle veut : elle surgit de nulle part, gâchant l'image autant qu'elle la trace ». 2

Dans la première salle, deux paysages se font face. Un paysage lointain, un ciel étoilé rose, l’infiniment grand, en vis-à-vis, un ciel plus proche, ciel traversé par des fusées, l’infiniment humain. Sur les murs latéraux, deux petits panneaux de bois peints, deux natures mortes où figurent des mégots de cigarettes.

Au centre de l’exposition, l’Hallali inversé, se déroule sur trois tableaux. Utilisant plusieurs sources iconographiques, différents imaginaires, différents styles de peinture, différentes temporalités, comme si la scène provenait d’un souvenir parsemé de confusion. Dans un sous-bois en proie à des flammes symboliques, des animaux, ensemble, cèdent à une fuite panique, face à une menace non identifiée, qui n’est plus localisée, mais qui infuse au-delà de la composition. En opposition à ce mouvement, statique, une femme peintre est assise devant son chevalet, palette à la main, pinceau suspendu. À côté d’elle, un homme en costume, cigarette à la main, observe nonchalamment, comme s’il assistait à une scène ordinaire. Tursic & Mille interrogent la nature anachronique du medium en opposant la frénésie et l’urgence au temps long de la peinture.

Paysage Rose, un diptyque dans lequel une maison pavillonnaire est dévorée par des flammes qui s’élèvent dans un ciel rose délavé. Cette œuvre s’inscrit dans une série initiée en 2005, où le feu, omniprésent, devient une figure métaphysique : moins un évènement qu’un état latent, il habite le paysage et altère la lumière. Le lavis rose qui recouvre toute la surface adoucit et voile l’image, le rendant quasiment irréel et plus troublant. Le tableau est ici divisé en deux, scindant ainsi la temporalité interne de la composition en deux événements possibles.

Un portrait d’une jeune femme fixe le spectateur d’un regard vague, elle pose dans un canapé au milieu d’une clairière embrasée, habitant étrangement la composition. La forêt qui l’entoure est en flammes, pourtant, la scène reste étonnamment calme, tout est placé avec soin, comme dans un catalogue de décoration. Cette fusion de l’espace domestique à l'espace sauvage, cette uniformisation créée par le recouvrement d’une couche transparente rose, installe un trouble, une ambiguïté existentielle.

En parallèle, au 46 rue du Temple, est présenté une sélection de peintures sur papier issues de Papers 2018-2022, révélant l’aspect empirique de leur pratique. Ces œuvres accidentelles et inconscientes accumulées pendant plus de vingt ans donnent à voir le travail en train de se faire et créent in fine des peintures abstraites involontaires, des matérialisations de la pratique même de la peinture, un émerveillement constant et brut de la couleur. Les pigments dilués dans l'huile, incontrôlable. Et pourtant, la peinture fait ce qu'elle veut.

Ida Tursic (née en 1974 à Belgrade, en Serbie) et Wilfried Mille (née en 1974 à Boulogne-Sur-Mer, en France) vivent et travaillent à Mazamet, en France. Les œuvres de Tursic & Mille ont été présentées, entre autres, dans des expositions personnelles le FRAC – Fonds régional d'art contemporain de Normandie, Caen (2023); le Musée Consortium, Dijon (2022); Le Portique, Le Havre (2021); le Muzeum Sztuki, Łodz (2020); la Fondation d'Entreprise Ricard, Paris (2017); le Musée des Beaux-Arts, Dole (2011); le FRAC Auvergne, Clermont-Ferrand (2011) et le Musée de Serignan (2008-2009). Le duo d'artistes a reçu le prix de la Fondation Simone et Cino Del Duca en 2020 et le prix de la Fondation d'Entreprise Ricard en 2009. Ils ont été nominés pour le prix Marcel Duchamp en 2019.

Les oeuvres de Tursic & Mille font partie des collections permanentes de la Collection Berardo, Lisbonne; du Centre Pompidou, Paris; de la Fondation Louis Vuitton, Paris; le FNAC – Fonds National d'Art Contemporain, Paris; le FRAC – Auvergne, Clermont-Ferrand; le FRAC – Bourgogne, Dijon; le FRAC – Le Plateau, Paris; Le Consortium, Dijon; le Musée des Beaux-Arts de Dôle; et le Musée Régional d'Art Contemporain de Sérignan, entre autres.

_________
1 Eric Troncy dans le dossier de presse pour Tursic & Mille - Tenderness, Consortium Museum
2 Judicaël LavradorLibération, 15 mars 2022 

GALERIE MAX HETZLER, PARIS
46 & 57, rue du Temple, 75004 Paris

29/08/25

Dessins sans limite. Chefs-d'oeuvre de la collection du Centre Pompidou @ Grand Palais, Paris

Dessins sans limite. Chefs-d'oeuvre de la collection du Centre Pompidou
Grand Palais, Paris
16 décembre 2025 - 15 mars 2026

Avec plus de 35 000 dessins, la collection du cabinet  d'art graphique du Centre Pompidou est l'un des plus importants ensembles au monde d'œuvres sur papier des XXe et XXIe siècles. Ce fonds exceptionnel par sa richesse et sa diversité n'a encore jamais fait l'objet d'une grande exposition qui lui soit exclusivement consacrée. L'exposition Dessins sans limite est donc l'occasion de révéler pour la première fois les trésors inestimables de cette collection qui offre l'opportunité unique de comprendre comment ce medium s'est totalement réinventé au XXe siècle.

Car nombreux sont les artistes qui se sont emparés de ce mode d'expression originel et cathartique afin de transgresser les limites de l'art au point que le dessin est devenu aujourd'hui le laboratoire de tous les possibles. Au-delà de la feuille ou du traditionnel carnet, son domaine d'expression s'est étendu vers bien d'autres supports jusqu'à celui du mur ou de l'espace de l'installation. L'art graphique s'est ouvert à d'autres pratiques, étendant son champ à d'autres formes d'expression, photographiques, cinématographiques, ou encore numériques, ce qui rend ses frontières toujours plus mouvantes et ouvertes. Le regain d'intérêt porté par les jeunes générations d'artistes pour ce medium élémentaire et accessible est bien la preuve de sa grande actualité. S'il faut faire évoluer la notion même de dessin à l'aune des enjeux esthétiques et plastiques du XXIesiècle, cela n'exclut pas de se replonger dans les fondements d'une pratique qui, demeure par essence ouverte à l'invention et à l'expression de la pensée, qu'elle soit consciente ou inconsciente.

L'exposition Dessins sans limite met à l'honneur des pièces majeures de la collection rarement montrées notamment des œuvres de Balthus, Marc Chagall, Willem de Kooning, Sonia Delaunay, Jean Dubuffet, George Grosz, Vassily Kandinsky, Paul Klee, Fernand Léger, Henri Matisse, Amadeo Modigliani, Pablo Picasso, mais aussi Karel Appel, Jean-Michel Basquiat, Roland Barthes, Robert Breer, Trisha Brown, Marlène Dumas, William Kentridge, Robert Longo, Giuseppe Penone, Robert Rauschenberg, Kiki Smith ou encore Antoni Tàpies. Elle ne s'interdit pas d'aller au-delà du champ de la feuille de papier pour considérer le dessin en tant que performance, installation, ou bien encore dans sa forme animée.

Avec une sélection de près de 300 œuvres de 120 artistes, l'exposition « Dessins sans limites » n'a pas pour ambition de dresser une histoire du dessin aux XXe et XXIe siècles - une entreprise que la nature même du fonds rendrait impossible - mais propose une exploration sensible et subjective de la collection du Cabinet d'art graphique. Sans parti pris chronologique, le parcours est conçu sur le mode de l'anadiplose dans lequel les œuvres dialoguent à travers des face-à-face inédits et éclairants. Y sont considérées successivement quatre modalités du dessin, de la plus traditionnelle à la plus novatrice : étudier, raconter, tracer et animer.

Une exposition coproduite par le GrandPalaisRmn et le Centre Pompidou

Commissaires
Claudine Grammont, Cheffe de service, Cabinet d’art graphique, Centre Pompidou, Musée national d’Art Moderne
Anne Montfort-Tanguy, Conservatrice, Cabinet d’art graphique, Centre Pompidou, Musée national d’Art Moderne

GRAND PALAIS, PARIS

04/06/25

« Forever Young », MAC VAL, Vitry-sur-Seine - Exposition des 20 ans du MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne

« Forever Young »
MAC VAL, Vitry-sur-Seine
14 juin 2025 — 4 janvier 2026

Mac Val
© MAC VAL 

Camille Brée
Camille Brée 
Boîte à disparaître, 2022 
Bois, éléments métalliques. 
Vue de l’exposition Homely, 
avec Claudine Debelle, Bagnoler, Bagnolet, 2022 

Grichka Commaret
Grichka Commaret 
Cent quatre-vingt-trois, 2020 
Acrylique sur coton, 34 x 22 cm
© Grichka Commaret 

Emma Cossée Cruz
Emma Cossée Cruz 
Théâtre de machines, 2024 
Photographies noir et blanc transférées manuellement sur plâtre, 
250 x 120 x 1.3 cm 
Vue de l’exposition « Ex machina », Centre Claude Cahun 
pour la photographie contemporaine, Nantes, 2024 
Photo © Emma Cossée Cruz

Sarah-Anaïs Desbenoit
Sarah-Anaïs Desbenoit 
Night Stalker, 2018
Photographie, 59 x 84 cm
© Sarah-Anaïs Desbenoit 

Le MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne célèbre 20 ans d’ouverture au public, d’expositions, d’innovation et d’avenir. En résonnance avec l’exposition des oeuvres de la collection spéciale anniversaire « Le genre idéal » inaugurée en mars 2025, ouvre une exposition temporaire symbolique et programmatique, orientée sur la découverte : « Forever Young » ou 20 et 1 artistes. 

Au coeur du Val-de-Marne, le MAC VAL, musée référence pour l’art contemporain en France des années 50 à aujourd’hui, célèbre cette année son 20e anniversaire. Depuis sa création en 2005, l’institution s’est engagée à offrir des programmations innovantes et de qualité à ses publics toujours renouvelés, tout en s’adaptant aux évolutions du monde, en veillant aux meilleures collaborations avec ses partenaires artistiques, culturels, institutionnels ou médiatiques. « Forever Young » présente les oeuvres de 20 jeunes artistes (nées et nés pour la plupart entre 1990 et 2000), qui prennent à bras le corps les thèmes de notre temps, traduits dans une grande pluralité d’expressions formelles : photo, sculpture, installation, dessin, vidéo, peinture.

Coco de RinneZ
Coco de RinneZ 
Pour qui se prend Coco de RinneZ ?, 2014 – 2015.
Tirage photographique, 60 x 40 cm
Photo © Coco de RinneZ

Yann Estève
Yann Estève 
Contextes Imaginaires, 2024 
Série d’objets-photo, dimensions variables 
Photo © Yann Estève

Kim Farkas
Kim Farkas 
22-20, 2022 
Composites personnalisés, PETG, LED, 
composants électronique, 
hauteur 248 cm, diamètre 60 cm 
Photo © Gregory Copitet 

Maïlys Lamotte-Paulet
Maïlys Lamotte-Paulet 
Sans Titre, 2024 
Chaise goudron, 47 x 40 x 34 cm 
© Maïlys Lamotte-Paulet 

Au fil des deux dernières décennies, le MAC VAL a su se démarquer par sa capacité à imaginer et à accompagner les mouvements du monde. Dans cette nouvelle exposition, les artistes font référence à leurs histoires certes toutes très singulières mais qui ont pour point commun la découverte au MAC VAL, d’un artiste, d’une oeuvre, d’une médiation, d’un élément architectural, d’un accueil, d’un lieu de vie. Elles et ils sont toutes et tous des prophètes en leur pays, sur leurs terres de découvertes et parfois même de révélations, relais vivants et généreux d’un art en mutation permanente.

Avec les oeuvres de Aïda Bruyère, Camille Brée, Chadine Amghar, Coco de RinneZ, Emma Cossée Cruz, Garush Melkonyan, Grichka Commaret, Hugo Vessiller—Fonfreide, Jordan Roger, Kim Farkas, Lassana Sarre, Loreto Martinez Troncoso, Maïlys Lamotte-Paulet, Mario D’Souza, Raphaël Maman, Rebecca Topakian, Richard Otparlic, Sarah-Anaïs Desbenoit, Tohé Commaret, Yann Estève. 
Et Mehryl Ferri Levisse.

Un regard particulier est porté sur l’oeuvre de Mehryl Ferri Levisse, artiste qui a développé toutes ses dimensions et sensibilités lors d’expositions clés précédentes au MAC VAL, décédé en 2023, sans lequel, certainement, l’équilibre de cette exposition n’aurait pas été juste.

Loreto Martinez Troncoso
Loreto Martinez Troncoso 
Battement, 16 novembre 2024
Prise de parole, exposition collective 
« La République (Cynique) », 
Palais de Tokyo, Paris

Jordan Roger
Jordan Roger 
Burn Them All: Die Soon, (le château “bleu»), 2024 
Faïence cuite et émaillée, 200 × 200 cm 
ArtCastle Gallery, Amsterdam 
Photo © Lotta Kestens

Hugo Vessiller—Fonfreide
Hugo Vessiller—Fonfreide 
Mothership, 2025 
Dessin préparatoire, crayon et feutre sur papier, 210 x 297mm
© Hugo Vessiller—Fonfreide

Mot du commissaire Frank Lamy
Let’s dance in style, let’s dance for a while
Heaven can wait, we’re only watching the skies
Hoping for the best, but expecting the worst
Are you gonna drop the bomb or not?
Alphaville, Forever Young, 1984

« En juin 2005, l’équipe s’installait, après quelques années de chantier et de projections, fébrile, dans le bâtiment livré. En novembre de la même année, le MAC VAL ouvrait joyeusement ses portes aux publics. Cinq ans plus tard, l’exposition collective « Let’s Dance » interrogeait l’idée même de célébration et d’anniversaire. En 2015, avec « Chercher le garçon », ce sont les masculinités contemporaines qui ont été interrogées. En 2020, le confinement a bloqué toute volonté festive.

Nous sommes aujourd’hui en 2025 et célébrons le 20e anniversaire.

Tournée vers le futur, en célébrant le passé, « Forever Young » réunit 20 artistes pour qui, la fréquentation du MAC VAL a été une rencontre, un marqueur, un moment tournant, pivot dans leurs parcours artistiques. Un avant et un après.

Pour préparer cette exposition commémorative, j’ai donc enquêté auprès de collègues anciens et actuels, de partenaires divers, d’artistes enseignant en écoles d’art… Au terme de ces entretiens informels, j’ai retenu 20 artistes, pour la plupart de la génération Y, dite des milennials.

Il y aura du rose, beaucoup de rose. Il y aura des fantômes, beaucoup de fantômes. Des bâtons de couleurs à lèvres, des évènements lumineux, des trottinettes encapsulées et du dentifrice, des autoportraits empuissancés, des images et encore des images, des machines de toutes sortes (à photographier, à voyager dans le temps et l’espace, à rêver), de la narration spéculative, de la science-fiction, des façades vitriotes, des évocations, un vaisseau générationnel, des énergies canalisées ou pas, un château au bord de l’effondrement et un parfum d’apocalypse, des cocons et une langue quasi oubliée, des corps peints, des slogans et sentences, un espace en attente, des tissus pliés et de la couleur, du béton et des standards questionnés, des pierres et une histoire d’amour, un amant qui dort et des oracles, des paysages traversés, des lieux emplis de souvenirs, de mémoire.

Comme autant de propositions alternatives d’habitation du monde. »

Frank Lamy

Commissariat : Frank Lamy, assisté de Julien Blanpied

MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne
Place de la Libération 94400, Vitry-sur-Seine

10/05/25

La Pologne rêvée : 100 Chefs-d’oeuvre du musée national de Varsovie @ Fondation de l'Hermitage, Lausanne

La Pologne rêvée
100 Chefs-d’oeuvre du musée national de Varsovie
Fondation de l'Hermitage, Lausanne
27 Juin - 9 Novembre 2025

ZBIGNIEW PRONASZKO
ZBIGNIEW PRONASZKO
Dans un verger, vers 1909-1910
Huile sur toile, 120,5 x 132 cm
Musée national de Varsovie

STANISLAW WYSPIANSKI
STANISLAW WYSPIANSKI
Jeune fille éteignant une bougie, 1893
Huile sur toile, 65 x 46 cm
Musée national de Varsovie

MICHALINA KRZYZNANOWSKA
MICHALINA KRZYZNANOWSKA
Deux lacs, 1931
Huile sur panneau, 94,8 x 110 cm
Musée national de Varsovie

LEON WYCZOLKOWSKI
LEON WYCZOLKOWSKI
Pêcheur, 1911
Huile sur toile, 101 x 71,5 cm
Musée national de Varsovie

En été 2025, la Fondation de l’Hermitage mettra en lumière la remarquable vitalité artistique de la Pologne des années 1840 jusqu’à 1914, grâce à un partenariat exceptionnel avec le musée national de Varsovie.

Siècle crucial dans la longue histoire du pays – puisque celui-ci disparaît comme état indépendant au profit de la Russie, l’Autriche et la Prusse –, le 19e siècle polonais est celui de la lutte des artistes, des écrivains et des musiciens pour garder vivants les particularismes, les traditions et la langue d’un peuple. À travers la mise en image de l’histoire médiévale et celle des grands monarques, mais également de la célébration de ses paysages, du monde rural, du folklore et des récits mythologiques, les peintres, privés d’académie nationale, créent une iconographie unique célébrant la Pologne indépendante dont ils préparent le retour. Souvent formés dans les académies de Munich, Paris ou Saint-Pétersbourg, ils participent également aux échanges croisés qui nourrissent l’art européen du 19e siècle.

Avec plus de 100 oeuvres emblématiques des plus grands peintres, l’exposition proposera une histoire de l’art polonais à travers ses principaux courants : romantisme, réalisme, impressionnisme, symbolisme, modernisme. L’occasion unique de découvrir les trésors du musée national de Varsovie, et les explorations esthétiques des artistes audacieux·ses qui ont établi le socle de la culture polonaise contemporaine.

JULIAN FALAT
JULIAN FALAT
Paysage d’hiver avec rivière et oiseau, 1913
Huile sur toile, 106 x 135 cm
Musée national de Varsovie

EDWARD OKUN
EDWARD OKUN
Nous et la guerre, 1917-1923
Huile sur toile, 88 x 111 cm
Musée national de Varsovie

WLADYSLAW JAROCKI
WLADYSLAW JAROCKI
Houtsoules dans les Carpates, 1910
Huile sur toile, 201 x 282 cm
Musée national de Varsovie

ARTISTES EXPOSÉ·E·S / EXHIBITED ARTISTS

Lawrence ALMA-TADEMA
Teodor AXENTOWICZ
Wacław BOROWSKI
Olga BOZNAŃSKA
Józef BRANDT
Julian FAŁAT
Stefan FILIPKIEWICZ
Stanisław GAŁEK
Wojciech GERSON
Aleksander GIERYMSKI
Maksymilian GIERYMSKI
Vlastimil HOFMAN
Władysław JAROCKI
Antoni KOZAKIEWICZ
Michalina KRZYŻANOWSKA
Konrad KRZYŻANOWSKI
Ludwik de LAVEAUX
Stanisław LENTZ
Jacek MALCZEWSKI
Stanisław MASŁOWSKI
Jan MATEJKO
Józef MEHOFFER
Edward OKUŃ
Józef PANKIEWICZ
Fryderyk PAUTSCH
Władysław PODKOWIŃSKI
Zbigniew PRONASZKO
Witold PRUSZKOWSKI
Ferdynand RUSZCZYC
Kazimierz SICHULSKI
Alfred Józef SIPIŃSKI
Władysław ŚLEWIŃSKI
Kazimierz STABROWSKI
Jan STANISŁAWSKI
Zofia STRYJEŃSKA
Henryk SZCZYGLIŃSKI
Włodzimierz TETMAJER
Marian WAWRZENIECKI
Wojciech WEISS
Henryk WEYSSENHOFF
Stanisław WITKIEWICZ
Witold WOJTKIEWICZ
Leon WYCZÓŁKOWSKI
Stanisław WYSPIAŃSKI

COMMISSARIAT DE L'EXPOSITION

Agnieszka Lajus, Directrice du musée national de Varsovie

Agnieszka Bagińska, Conservatrice de la peinture polonaise d’avant 1914 au musée national de Varsovie

CATALOGUE

L’exposition est accompagnée d’un ouvrage richement illustré, publié en co-édition avec Snoeck, à Gand.

FONDATION DE L’HERMITAGE, LAUSANNE
Route du Signal 2, 1018 Lausanne

24/04/25

Fêtes et célébrations flamandes - Brueghel, Rubens, Jordaens... @ Palais des Beaux-Arts de Lille

Fêtes et célébrations flamandes
Brueghel, Rubens, Jordaens...
Palais des Beaux-Arts de Lille
26 avril - 1er septembre 2025

Fetes et celebrations flamandes
Fêtes et célébrations flamandes
Brueghel, Rubens, Jordaens...
Palais des Beaux-Arts de Lille
Affiche de l'exposition

Pieter II Brueghel
Pieter II Brueghel (ou atelier de)
Kermesse avec théâtre et procession
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
© Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles /
photo : J. Geleyns - Art Photography

Les fêtes répondent à deux impératifs : constituer un moment de sociabilité, visant à créer et à entretenir un sentiment d’appartenance à une communauté, et une manifestation de réjouissances. C’est à travers le prisme du divertissement collectif que cette exposition se propose d’explorer les fêtes flamandes aux XVIe et XVIIe siècles, des bals princiers, cérémonies religieuses et fêtes solennelles et urbaines aux kermesses et fêtes des rois. Dans une société hiérarchisée et corporative, la fête sert à la fois de rituel social et de soupape de décompression. Aux XVIe et XVIIe siècles, les habitants des Pays-Bas sont touchés régulièrement par des épidémies et subissent les outrages de la Guerre de Quatre-Vingts Ans. La fête constitue alors un moment crucial pour relâcher les tensions et renforcer le tissu social. 
Comme le souligne Juliette Singer, Directrice du Palais des Beaux-Arts de Lille et du Musée de l'Hospice Comtesse, et commissire générale de l’exposition : "La fête a bien sûr valeur d’exutoire. Mais elle est aussi une réaction vitale ; faire la fête, revient à faire société, réunir ensemble une population qui dans sa mixité, s’unit le temps de la fête : hommes et femmes, enfants, vieillards, mais aussi mendiants et puissants."
Pieter Brueghel I - Mendiants
Pieter Brueghel I
Les Mendiants, 1568
Paris, musée du Louvre
© GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Tony Querrec

L’exposition explore les sens de l’imagerie festive. Des représentations telles que les kermesses et la Fête des rois constituent des genres picturaux à part entière, appréciés bien au-delà des frontières. Aux Pays-Bas, l’État spectacle puise abondamment dans les coutumes locales, faisant des solennités un moyen de négociation entre les différents niveaux d’autorité. Les multiples représentations de ces célébrations montrent aussi comment l’État et l’Église tentent, à cette époque, de réguler les excès festifs. Malgré cela, l’aspect ludique et divertissant des fêtes perdure.

L’exposition met en lumière les collections du Palais des Beaux-Arts et du musée de l’Hospice Comtesse, enrichies par des prêts prestigieux du Musée du Louvre et des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Elle réunit un corpus de peintures, albums, gravures et dessins du XVIe au XVIIe siècle, ainsi que divers objets (instruments de musique, céramiques...).

Le parcours permet aux visiteurs de plonger dans l’univers des fêtes flamandes, un patrimoine immatériel, toujours riche aujourd’hui, incarnant des valeurs telles que la mixité, le vivre-ensemble et le sens du collectif.  

Fêtes et célébrations flamandes - Un pacours en quatre sections :

I. Introduction : Guerre et fête
Au 16e et 17e siècle, aux Pays-Bas, comme dans le reste de l'Europe, la guerre est une réalité omniprésente. C'est au cours des périodes de paix que les fêtes prennent place. 

II. Fêtes et cérémonies urbaines

Alexander van Bredael
Alexander van Bredael
Fête traditionnelle à Anvers avec le géant Druon Antigon
XVII siècle
Lille, musée de l'Hospice Comtesse
© GrandPalaisRmn / Stéphane Maréchalle

Antoon Sallaert
Antoon Sallaert (et atelier)
L'infante Isabelle abattant l'oiseau au tir de la corporation
des Arbalétriers de Notre-Dame, le 15 mai 1615 au Sablon à Bruxelles
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
© Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles /
photo : J. Geleyns - Art Photography

Section la plus fournie en oeuvres, elle présente les principaux types de fête dans les villes des Pays-Bas. On y trouve ainsi des oeuves présentant les cérémonies fêtant l'arrivée du prince dans la ville, comme celle du Cardinal Infant Ferdinand en 1635 qui a fait l'objet de plusieurs tableaux de Rubens (deux appartiennent au Musée des Beaux-Arts de Lille). On trouve aussi dans cette section de l'exposition les fêtes religieuses et celles organisées par les corporations "militaires".

III. Kermesses, noces et fêtes villageoises

Gillis van Tilborgh
Gillis van Tilborgh
Fête villageoise
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
© Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles /
photo : J. Geleyns - Art Photography

Thomas van Apshoven
Thomas van Apshoven
Fête de village avec joueur de cornemuse sur un tonneau
Milieu du XVII siècle
Lille, Palais des Beaux-Arts
© GrandPalaisRmn (PBA, Lille) / Hervé Lewandowski

Tout comme les fêtes des villes, celles des villages ont bien sûr aussi inspirés les artistes de l'époque. Il ne faut pas manquer d'admirer le tableau Les noces paysannes en présence des archiducs Albert et Isabelles, oeuvre de Jan Brueghel l'Ancien, appartenant au musée du Prado à Madrid.

IV. Fêtes de cour, fêtes des rois

Jacques Jordaens, Le roi boit
Jacques Jordaens
Le roi boit
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
© Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles /
photo : J. Geleyns - Art Photography

Dans cette section les fêtes ne se déroulent plus à l'extérieur mais à l'intérieur avec, en particulier, les banquets de cour. Là aussi, parmi les impressionnantes oeuvres exposées, il ne faut manquer le tableau Le Roi boit de Jacques Jordaens qui est une des peintures les plus connues de l'art flamand du 17e siècle.

Concerts, banquets et rencontres enrichissent la programmation de cet événement, faisant du Palais des Beaux-Arts de Lille un lieu incontournable de cette saison lille3000

Commissariat général : Juliette Singer, Directrice du Palais des Beaux-Arts de Lille et du Musée de l’Hospice Comtesse

Commissaires scientifiques
Blaise Ducos, Conservateur en chef, responsable des peintures flamandes et hollandaises au Musée du Louvre
Sabine Van Sprang, Conservatrice de la peinture flamande, 1550 - 1650 aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Un catalogue publié par GrandPalaisRmnEditions accompagne l'exposition. Connaisance des arts publie un hors-série à l'occasion de l'exposition.

Fêtes et célébrations flamandes - Catalogue
Fêtes et Célébrations Flamandes :
Brueghel, Rubens, Jordaens...
GrandPalaisRmnEditions
Catalogue de l'exposition
Direction d’ouvrage :
Juliette Singer, Sabine van Sprang et Blaise Ducos
208 pages - en français - Prix: 39€

Fetes et celebrations flamandes - Connaissance des arts
Fêtes et Célébrations Flamandes
Connaissance des arts, Hors-série

Exposition coproduite par le GrandPalaisRmn et le Palais des Beaux-Arts de Lille, dans le cadre de la saison Fiesta de lille3000. Elle bénéficie d’un partenariat exceptionnel avec les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, et le musée du Louvre, Paris.

PALAIS DES BEAUX-ARTS DE LILLE
Place de la République, 59000 Lille