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31/01/12

Exposition Cézanne et Paris, Musée du Luxembourg. L'artiste entre Provence et Paris, Bords de Marne...


Cézanne et Paris 
Musée du Luxembourg, Paris
Jusqu'au 26 février 2012

Si Paul Cézanne (1839-1906) est à juste titre associé à la Provence, l'exposition Cézanne et Paris nous rappelle qu'on ne saurait l'y restreindre. En effet, plus de la moitié de son temps, à partir du moment où il se consacre à la peinture, se passe à Paris et en région parisienne. Il fait le voyage Aix-en-Provence - Paris plus de vingt fois. Bien entendu, les raisons de sa venue ne sont pas les mêmes à vingt et soixante ans. Après 1890, l’artiste déjà âgé, encore incertain de son œuvre (« je fais de lents progrès » écrit-il à la fin de sa vie)  se retire sur les bords de la Marne ou du côté de Fontainebleau pour peindre quelques paysages apaisés ainsi que des portraits. Il n’est plus le jeune homme, ambitieux  de « conquérir » Paris avec la volonté d’entrer à l’école des Beaux-Arts et de présenter des œuvres au Salon. 

A Paris, Cézanne se confronte tout autant à la tradition qu’à la modernité. Pour employer le vocabulaire de Zola,  il trouve  les « formules » de la nouvelle peinture avant de les exploiter en Provence. Le va-et-vient entre Provence et Ile de France devient constant même si les rythmes évoluent. En tout cas après 1890, les critiques, les marchands, les collectionneurs commencent à s’intéresser à son œuvre et Cézanne se montre attentif à cette reconnaissance parisienne qui facilite celle de son oeuvre de génie de la peinture. Ainsi imprime-t-il plus que tout autre sa marque dans l’art moderne : des post-impressionnistes à Kandinsky, l’avant-garde le considèrera comme un précurseur, « notre père à tous », selon la formule de Pablo Picasso. 

Cette exposition du Musée du Luxembourg (Sénat) est organisée par la Rmn-Grand  Palais, en collaboration avec le Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Elle bénéficie en particulier de prêts exceptionnels du Musée d’Orsay.


Paul Cézanne, Le Quartier du Four à Auvers-sur-Oise (détail), vers 1873 
Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, USA 
The Samuel S. White 3rd and Vera White Collection, 1967 
Huile sur toile - 46,3 x 55,2 cm 
© The Philadelphia Museum of Art 

PARCOURS DE L'EXPOSITION AUTOUR DE 80 TABLEAUX DE PAUL CEZANNE

CEZANNE MONTE A PARIS SUR LES PAS DE ZOLA
Poussé et soutenu par Zola, ami rencontré à Aix-en-Provence au collège Bourbon, déjà installé à Paris, Paul Cézanne rejoint la capitale en 1861, contre la volonté de son père, pour devenir « artiste ». Il fréquente l’académie Suisse où il rencontre d’autres peintres tels Pissarro et  Guillaumin, avec lesquels il se lie d’amitié. Paris, où l’académisme s’impose par le Salon, est alors le lieu de la révolte et de l’avant-garde. Durant ces années d’études, Paul Cézanne s’approprie les traditions anciennes et modernes : ses carnets de dessin attestent d’un regard attentif sur les grands maîtres de la peinture, tels Rembrandt, Poussin, Delacroix…, et de la sculpture antique, classique et baroque, avec des copies de Michel Ange et Puget principalement. Dans le même temps, il participe au mouvement impressionniste sans vraiment y adhérer. Bien qu’il se soit construit picturalement à Paris, où il revient jusqu’en 1905, Cézanne a finalement peu représenté la ville dans son œuvre. Il n’évoque jamais les sites célèbres, mais dessine ce qu’il voit de sa fenêtre ou d’une terrasse sur les toits... Il faut une exception, ce sera le tableau  La Rue des Saules. Cézanne a posé son chevalet dans une rue de Montmartre mais la rue est déserte…  

CEZANNE ET PARIS HORS LES MURS, DU COTE D'AUVERS-SUR-OISE
Installé dans la capitale, Paul Cézanne ne cesse de s’y déplacer et d’en sortir.  Ainsi lui connaît-on près de vingt adresses différentes. Il travaille la peinture de paysage, en plein air, « sur le motif »,   se mettant à  l’école de peintres comme Pissarro et Guillaumin,  lesquels participent au mouvement impressionniste. Ils entendent reprendre la tradition du paysage après Courbet, Corot et les peintres de Barbizon qui voulaient représenter, à travers la campagne parisienne, une certaine identité française. Mais très vite Cézanne s’impose comme un maître faisant « de l‘impressionnisme une chose solide et durable comme l’art des musées ». Le tableau Le pont de Maincy en est l’expression autour des années 1880.  

CEZANNE ET LA TENTATION DE PARIS 
De même que chez Gustave Courbet ou Auguste Renoir, le nu est une préoccupation majeure de Paul Cézanne. Il peint plusieurs versions de La Tentation de saint Antoine entre 1870 et 1877, vraisemblablement après une lecture de Flaubert. Dans les mêmes années, les tableaux à caractère érotique se multiplient : Une Moderne Olympia,  L’Orgie, La Lutte d’amour… Plus tard, d’après le témoignage du marchand d’art Vollard, Cézanne travaille sur une grande toile de Baigneuses au moment où il exécute son portrait en 1899 : il ne recherche plus la dimension érotique du corps, mais construit une nouvelle expression du nu et invente son propre langage pictural.  

CEZANNE, LES NATURES MORTES ET LES PORTRAITS 
Pour Paul Cézanne, la « nature morte » est un motif comme un autre. Equivalent d’un corps humain ou d’une montagne, elle  se prête particulièrement bien à des recherches sur l’espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » disait  l’artiste. Sur quelque 1000 tableaux répertoriés, on compte près de 200 natures mortes. Parfois associées à des thèmes érotiques ou à des portraits, elles « disent » Paris autant que le ferait un paysage. Parmi ces portraits, dont les toiles de fond représentent souvent des papiers peints, figurent les amis emblématiques des séjours parisiens : Victor Chocquet, son premier collectionneur, ou Ambroise Vollard, « le » marchand qui organise ses premières expositions.  

CEZANNE ET LES VOIES DU SILENCE 
A partir de 1888, Paul Cézanne fait plusieurs séjours en région parisienne après être resté plusieurs années en Provence (de 1882 à 1888). S’il vient un été peindre au-delà d’Auvers, à Montgeroult, s’il rend visite à Monet à Giverny en 1894, ses lieux de prédilection dans les années 1890 sont les bords de la Marne vers Maison-Alfort ou Créteil, et la région de Fontainebleau  jusqu’à  Barbizon ou Marlotte. La rivière l’enchante, il y trouve fraîcheur, calme et sérénité et ses toiles expriment le « silence » de la nature. A Paris, les tons s’apaisent autour des bleus et des verts tandis qu’en Provence, il travaille la symphonie des ors des Sainte-Victoire. Ayant conquis sa place dans la capitale et acquis la maîtrise de son art, il se retire définitivement sur ses terres provençales pour lesquelles son attachement n’a cessé de grandir.  

Commissariat général de l'exposition : Gilles Chazal, directeur du Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Commissariat scientifique de l'exposition : Denis Coutagne, conservateur honoraire du patrimoine, Président de la Société Paul Cézanne ; Maryline Assante di Panzillo, conservateur du patrimoine  au département des Peintures, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Publications :  
 - Catalogue de l’exposition Cézanne et Paris, Editions de la Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 25 x 29 cm, 224 pages, broché à rabats, 250 illustrations, 39 €
- Album de l’exposition, Editions de la Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 48 pages, 9 €
- Cézanne et l’argent, Editions Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 140 pages, broché, 9,90 € 

MUSEE DU LUXEMBOURG, PARIS

07/04/11

Eric Roux-Fontaine : plus de 100 Toiles pour Le Livre de la Jungle chez Critères édition qui inaugure sa nouvelle collection Textart

Livre d'Art : Eric Roux-Fontaine 
Le livre de la Jungle de Rudyard Kipling 
Critères éditions, Grenoble 
Nouvelle collection Artext 

ERIC ROUX-FONTAINE (c) Critères éditions / Eric Roux-Fontaine
ERIC ROUX-FONTAINE est connu pour être un artiste aux multiples talents, avec ses peintures, photographies, installations vidéos, dessins... Cet artiste brillant redonne dans ce livre, avec plus de 100 toiles peintes, ses véritables griffes à l'oeuvre de Kipling. Si Le livre de la Jungle plaît aux enfants, et c'est tant mieux, il serait injuste de considérer ce livre comme leur étant uniquement destiné. C'est ce que peuvent donner à croire les versions édulcorées du livre qui délaissent la puissance évocatrice originelle du récit, son onirisme et parfois sa noirceur. Cette jungle-là appartient à Shere Khan, et ne fait que tolérer l'homme. « Il s'agit ici de révéler la véritable histoire de Mowgli, l'enfant loup », souligne l'éditeur grenoblois Critères éditions qui souhaite proposer « une version mature du récit pour adolescent et adulte ». Avec les oeuvres de Eric Roux-Fontaine sur un texte de Rudyard Kipling, CRITERES EDITIONS, maison d'édition indépendante, créée en 2004, spécialisée dans l'art contemporain, démarre bien sa nouvelle collection : TEXTART. Celle-ci est destinée à être « un bel endroit pour des rencontres entre des textes classiques et des artistes contemporains ». 

Eric Roux-Fontaine, artiste dont on connait le goût du voyage, a arpenté les territoires de Shere Khan pour en extraire sa peinture. De la forêt de Seeonee, à la jungle de Bandhavgarh, au Madhya Pradesh, en passant par le territoire de Ranthambore situé dans l’Etat du Rajasthan, il est parti de la racine des mots pour peindre sans exotisme sa chanson de la jungle. 

ERIC ROUX-FONTAINE (c) Critères éditions / Eric Roux-Fontaine

Au regard de cette histoire universelle, il fallait la force d’une peinture puissante capable d’évoquer la dureté mais aussi la poésie de ces nouvelles. Ces deux aspects, dureté et poésie, Eric Roux-Fontaine les a déjà combiné avec un réel talent, notamment dans ses photographies sur les Roms du Rajasthan. 

Après avoir parcouru, en Inde, les différents lieux qui ont inspiré Kipling pour son livre, vécu avec les tribus des anciens chasseurs de tigres Moghyas, Eric Roux-Fontaine présente ici un ensemble de plus de 100 toiles imprégnées de l’atmosphère des jungles du Rajasthan et du Madhya Pradesh. C’est toute l’atmosphère onirique de Ranthambore, de Seeonee et Bandhavgarh que l’on découvre au fil des pages.
« Il y a quelque chose de très contemporain dans le récit de Kipling : le mythe de l’enfant loup, c’est à dire l’homme replacé au cœur de la nature. Mowgli doit traverser toutes sortes d’épreuves pour trouver son rapport au monde, sa place d’homme. La jungle est l’un des grands personnages du récit. » Eric Roux-Fontaine.

ERIC ROUX-FONTAINE (c) Critères éditions / Eric Roux-Fontaine

216 pages quadri - 19,2 x 25,5 cm
Couverture Brochée, avec rabats
ISBN :  978-2-917829-41-7
Prix public : 25 euros
Diffusion & Distribution : Belles Lettres 
Date de parution : 25 mars 2011 

Critères éditions
11 rue Aimé Berey
38000 Grenoble

20/03/11

Exposition Sarkis - Mamco Genève

Exposition : Hotel Sarkis 
Mamco, Genève
Jusqu'au 8 mai 2011 

SARKIS, Mamco, Genève, 2011


Le Mamco, Musée d'Art Moderne et Contemporain, Genève, présente jusqu'au 8 mai 2011 une exposition unique consacrée à l’œuvre de SERKIS ZABUNYAN, dit SARKIS (Istanbul, 1938 ; vit et travaille à Paris), rassemblant plus de 200 oeuvres datées de 1971 à nos jours. Hôtel Sarkis est une exposition à caractère rétrospectif conçue de façon thématique. Elle présente en effet la quasi-totalité des travaux de Sarkis réalisés en regard d’autres créateurs (70 au total), qu’ils soient musiciens, architectes, écrivains, philosophes, peintres, sculpteurs ou cinéastes. Ce large ensemble, réuni pour la première fois et présenté aux quatre étages du Mamco, est constitué d’installations vidéo ou sonores, d’aquarelles, de sculptures, de photographies ou de films.

Artiste français d’origine arménienne, Sarkis crée des passerelles entre plusieurs temporalités, plusieurs cultures et plusieurs sensibilités. Il puise dans la mémoire des lieux et des objets qu’il collecte (son « trésor »), dans l’histoire collective ou dans sa biographie, pour concevoir des œuvres aux résonances multiples. Il relie passé et présent, objets anciens et objets nouveaux, notamment en réinterprétant à travers ses pièces les travaux d’artistes qu’il admire particulièrement, comme Matthias Grünewald, Edvard Munch, Johann Sebastian Bach, Bertolt Brecht, Joseph Beuys ou encore Andreï Tarkovski. Avec ces « collaborations », terme qu’il utilise pour définir ses mises en dialogue artistiques, Sarkis parvient à effacer la distance historique ou culturelle qui le sépare de ces autres créateurs et à insuffler à leurs réalisations une nouvelle énergie, née de leur confrontation au présent.

La mémoire, le temps, le vécu ou la transmission sont des thèmes dominants dans le travail de Sarkis. Au fil de sa carrière, il a développé une mythologie personnelle autour de grandes figures artistiques (comme par exemple Munch, Beuys, Grünewald), de l’histoire collective, de lieux spécifiques (l’atelier) ou de notions telles que le Kriegsschatz (« trésor de guerre »).

Hôtel Sarkis fait suite à une série d’expositions de Sarkis au Mamco : Sarkis, Sculptures obscures 1969-1975 (à Aram Iynedjian) en 1996, suivie de L’Atelier d’aquarelle dans l’eau en 2004 et de A partir du JPG du livret de Parsifal en 2005. Depuis 1994, L’Atelier depuis 19380 est présenté de manière permanente au Mamco et regroupe des œuvres régulièrement actualisées par Sarkis. 

Mamco
Musée d’art moderne et contemporain, Genève
10, rue des Vieux - Grenadiers
CH-1205 GENEVE

www.mamco.ch

16/03/11

Exposition Rétrospective ARMAN Bale 2011 - Musée Tinguely


Exposition rétrospective : ARMAN 
Musée Tinguely, Bâle 
Commissaire de l'exposition : Jean-Michel Bouhours 
Jusqu'au 15 mai 2011 

Le MUSEE TINGUELY, BALE, expose jusqu'au 15 mai 2011 une importante RETROSPECTIVE ARMAN (1928-2005). L’exposition (qui a débutée le 16 février) a été réalisée en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris où elle a recontrée un beau succès (22 septembre 2010 - 17 janvier 2011). Avec quelques 80 œuvres provenant de musées et collections particulières ainsi qu’une sélection de films projetés en grand format, de bandes sonores et de documents divers, cette deuxième étape de l’exposition à Bâle propose en sept volets un regard unique sur le travail de l’artiste, du début des années 1950 jusqu’à sa période tardive dans les années 1990. Cinq ans après la mort de l’artiste, c’est la première fois qu’un musée suisse lui consacre une telle rétrospective. Après Yves Klein (1999), Daniel Spoerri (2001) et Niki de Saint Phalle (2003), le Musée Tinguely présente désormais un autre membre des Nouveaux Réalistes. 

En sept parties l’exposition montre les principaux groupes d’œuvres de l’artiste, à commencer par ceux peut-être moins connus que sont les Cachets et les Allures d’Objets, réalisés sur papier et sur toile dans la deuxième moitié des années 1950. Au cœur de l’exposition figurent les formulations artistiques provocantes avec lesquelles Arman réagit à la société de consommation : ce sont ses célèbres Poubelles et Accumulations, dans lesquelles il érige en œuvres d’art des détritus et autres objets quotidiens usagés, placés sous verre ou plexiglas. On retrouvera également des travaux issus de la série des Coupes et des Colères, ainsi que des Combustions et des Inclusions dans lesquelles, à partir du début des années 1960, l’artiste aborde sous des angles divers les notions de destruction, de déconstruction et de transformation des objets quotidiens. L’exposition propose enfin une sélection des monumentales Accumulations Renault, commandées par Renault et réalisées à la fin des années 1960 à partir de pièces automobiles sorties d’usine, ainsi que quelques peintures d’Arman lui-même et des inclusions de tubes de peinture. Celles-ci exprimeront de la fin des années 1960 jusqu’à son œuvre tardive à la fin des années 1990, ses questionnements sur la peinture abstraite et informelle.  

Ses réalisations des années 1960 et 1970 sont d’une actualité frappante, dans la mesure où les Accumulations, les Colères (qui procèdent à la destruction d’un objet), mais surtout les Poubelles peuvent être comprises comme les traces archéologiques de notre société de consommation – avant même que la dégradation de la planète ne devienne, depuis les années 1990, l’un des thèmes majeurs de notre époque. 

ARMAN ET LE NOUVEAU REALISME 

Arman comptait parmi les membres fondateurs des Nouveaux Réalistes, groupe d’artistes d’après-guerre sans doute le plus important, qui influencera longtemps l’art contemporain. Les artistes de la génération de Tinguely et d’Arman se situent en effet à un tournant où l’abstraction moderne dans la peinture est proclamée révolue. Aussi le MANIFESTE DE NOUVEAU REALISTE (1960) se dresse en des termes incisifs contre l’Informel et l’Expressionnisme abstrait, qui sont les tendances artistiques alors dominantes dans le monde de l’art parisien. Dans ce manifeste formulé par RESTANY, on peut lire entre autres : « Ce fut la peinture de chevalet qui accusa le coup, faisant s’évanouir les dernières illusions subsistantes quant au monopole des moyens d’expression traditionnels ». Le Nouveau Réalisme quant à lui prône « la passionnante aventure du réel perçu en soi », or cette aventure, toujours selon Restany, consiste en :
« l’introduction d’un relais sociologique au stade essentiel de la communication. La sociologie vient au secours de la conscience et du hasard, que ce soit au niveau de la ferraille compressée, du choix ou de la lacération de l’affiche, de l’allure d’un objet, d’une ordure de ménage ou d’un déchet de salon, du déchaînement de l’affectivité mécanique, de la diffusion de la sensibilité chromatique au-delà des limites logiques de sa perception. » RESTANY, 1960
Arman lui-même qualifiait l’objet et le geste comme ses principaux moyens d’expression : 
« J’affirme que l’expression des détritus, des objets, possède sa valeur en soi, directement, sans volonté d’agencement esthétique les oblitérant et les rendant pareils aux couleurs d’une palette ; en outre, j’introduis le sens du geste global sans rémission ni remords. »  ARMAN, 1960 
ARMAN, SON OEUVRE DANS LES ANNEES 1950 

Au sein de l’œuvre qu’Arman réalise à ses débuts (dans la deuxième moitié des années 1950, peu considérée jusqu’à présent), apparaissent déjà les principaux procédés artistiques qui détermineront tout son travail : le geste répétitif ainsi que l’utilisation systématique d’objets manufacturés. 

L’intérêt qu’Arman porte à l’objet lui vient d’abord de la peinture et de la musique concrète, qu’il étudia en profondeur. Il est également influencé par des artistes des années 1920, notamment comme Kurt Schwitters, Hendrik Nicolaas Werkman ou Marcel Duchamp. Vers le milieu des années 1950, il est proche d’Yves Klein, l’inventeur de l’« International Klein Blue » et lui aussi originaire de Nice ; il conçoit alors des œuvres sur papier et sur toile, les fameux Cachets et Allures d’objets. Dans ses Cachets, il renonce à la peinture de l’Ecole de Paris et couvre sa toile d’empreintes tamponnées, à la manière du « all-over » et de l’« écriture automatique ». Dans les Allures d’objets – l’expression renvoie à la musique de Pierre Schaeffer –, il jette avec élan sur la toile des objets plongés dans la peinture, formant ainsi au hasard des tracés de compositions plastiques et abstraites. Avec ses Cachets et ses Allures d’objets, Arman apporte en quelque sorte une réponse provocante à l’informel et à l’expressionnisme abstrait alors prééminents.   

L'OBJET CHEZ ARMAN : ACCUMULATIONS, INCLUSIONS, COMBUSTIONS...

Au cours du XXe siècle, l’histoire de l’art assiste à une esthétisation et muséalisation de l’objet quotidien. Ce phénomène est étroitement lié à l’évolution de la société de consommation et à la transformation de plus en plus rapide de nos univers visuels et virtuels. 

Considérablement influencé par MARCEL DUCHAMP et son concept du READY-MADE, Arman fait des objets quotidiens son vecteur d’expression artistique ; il sonde au niveau esthétique les différences et analogies qui existent entre l’objet et la peinture. Les Poubelles et les Accumulations sont des entassements d’objets usés, inutilisés et jetés dans des contenants transparents auxquels l’artiste donne des titres poétiques et souvent polysémiques. Avec Le Plein, Arman réalise en 1960 une action-déchets révolutionnaire à la Galerie d’Iris Clert, dont les salles sont remplies jusqu’au plafond de détritus et d’objets courants. Dans les Coupes et les Colères, là aussi, il coupe, détruit et démonte l’objet quotidien. Les objets qu’il choisit (bien souvent des instruments de musique) relèvent clairement du mode de vie bourgeois. Comme dans les Accumulations, il met en scène le principe même de la présentation, de la chose montrée. Les couches superposées de ces objets qui nous sont familiers révèlent la teneur de ces derniers sous un angle étrange et nouveau. 

Dans ses Inclusions, Arman coule pour l’éternité des objets dans de la résine ; dans les Combustions, ils sont calcinés et figés, comme les symboles de la fugacité. L’artiste donne ainsi une représentation matérialisée du temps qui s’arrête : l’acte de la création, de la destruction et de la déconstruction ne sont plus qu’un seul et même geste. L’œuvre d’Arman illustre à la perfection l’art de la destruction des années 1960 ; après les dadaïstes, cette rupture avec la tradition artistique au XXe siècle est sans doute la plus radicale. 

L’œuvre d’Arman montre le revers du consumérisme et du « tout jetable ». Son art marque un refus fondamental des principes artistiques courants que sont à cette époque la reproduction et la représentation de la réalité. Même aujourd’hui, alors que les limites de la notion d’art sont encore repoussées, il nous arrive d’être troublés à la vue dans un musée d’œuvres puisant dans les éléments familiers de l’univers quotidien, présent ou passé : instruments de musique, rasoirs, chaussures à talon, masques à gaz, vieilles machines à écrire Underwood ou tubes de radio, voire le contenu d’une poubelle – tout cela, Arman le présente sous forme d’œuvres d’art et le met en vitrines. 

Arman lui-même insiste sur le fait que ses Accumulations ne visent pas à isoler un objet quotidien de son contexte fonctionnel habituel pour lui conférer une signification autre. Au contraire, par l’entassement et la multiplication d’un seul et même objet, il entend révéler la corrélation entre son procédé artistique et les méthodes du monde industriel : « Automation, travail à la chaîne et aussi mise au rebut en série, créant des strates et des couches géologiques pleines de toute la force du réel. »   

ARMAN : CONCEPTS ARTISTIQUES ET ACTIONS FILMEES

Parmi les points forts de l’exposition, il convient de mentionner la projection grand format de films comme Objets animés (1959-1960, de Jacques Brissot) ou Sanitation (1972, de Jean-Pierre Mirouze), tous deux basés sur des idées d’Arman. Ces films entretiennent un dialogue captivant avec les différentes œuvres exposées et constituent à la fois une parenthèse importante dans la conception de l’exposition. Non seulement ils nous montrent l’intérêt obsessif qu’Arman voue à l’objet, avec tout ce que celui-ci a d’intrinsèque, mais ils éclairent en outre les positions spirituelles qui sous-tendent le travail de l’artiste. Sanitation retrace le mouvement des objets de consommation dans le Manhattan des années 1970 : la caméra suit des marchandises, du lieu d’achat jusqu’au gigantesque dépôt d’ordures sur Staten Island, avec la Statue de la Liberté se dressant au fond. Le visiteur peut ainsi reconstituer dans le temps, et de façon tangible, le procédé artistique d’Arman, de la fonctionnalité initiale de l’objet trouvé au sein de notre société de consommation jusqu’à l’accomplissement de séries telles que Poubelles et Ordures organiques. L’extrait montré au ralenti de NBC Rage (1961), une des actions de Colère où l’artiste fracasse une contrebasse sur une planche en bois, permet par ailleurs de mieux saisir la signification essentielle du geste physique virulent et éphémère qui s’exprime dans l’œuvre. Un autre film, Conscious Vandalism, montre une Colère réalisée en 1975 à la John Gibson Gallery de New York avec la destruction d’un intérieur bourgeois, dont les restes sont montrés à Bâle dans une salle à part. Ces actions spectaculaires font l’effet d’un épisode cathartique au sein de l’œuvre d’Arman. 

CATALOGUE DE L'EXPOSITION

A l’occasion de cette exposition paraît une monographie richement illustrée (en allemand et français), avec des contributions de Jean-Michel Bouhours, Umberto Eco, Barbara Rose, Emmanuelle Ollier, Jaimey Hamilton, Renaud Bouchet, Marcelin Pleynet, Michel Giroud, Marion Guibert et Olivier Cinqualbre, 364 pages, 52 CHF/ 43 € 

Exposition réalisée par le Centre Pompidou, Paris. Alain Seban, Président du Centre Pompidou / Alfred Pacquement, Directeur du MNAM/CCI / Jean-Michel Bouhours, Commissaire de l’exposition, en collaboration avec le Musée Tinguely, Bâle. L’exposition « Arman » a été réalisée avec le soutien de l’INA, Institut national de l’audiovisuel. 

MUSEE TINGUELY, BALE 
MUSEUM TINGUELY, BASEL
Paul Sacher-Anlage 1 
4002 Basel

Horaires d’ouverture : tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 18h 

06/11/10

Poster Art - Tomi Ungerer - Strasbourg

Poster Art
Tomi Ungerer et la publicité
Musée Tomi Ungerer - Centre international de l’Illustration, Strasbourg
Jusqu'au 21 novembre 2010

En parallèle à sa production pour les enfants et à celle du dessin satirique, TOMI UNGERER s’est également livré dès le début de  sa carrière au dessin publicitaire. L’exposition présentée au Musée Tomi Ungerer – Centre International de l’Illustration montre en un parcours thématique qui témoigne de la créativité de l’artiste dans ce domaine, une  centaine  de dessins et affiches provenant exclusivement de la collection du musée.

Les célèbres travaux des années new-yorkaises, comme les posters protestataires contre la ségrégation raciale et la guerre du Vietnam ainsi que la campagne pour The New York Times, des créations des années soixante-dix pour la publicité allemande et celles, plus récentes, pour Electricité de Strasbourg et le festival de jazz de Montreux, se succèdent au premier étage du musée.

Cet ensemble illustre à merveille la devise de Tomi Ungerer, dont le but avoué est de provoquer chez le spectateur un choc visuel : « Attendez-vous à l’inattendu ». La publicité représente son moyen d’expression graphique favori, dans lequel il peut laisser libre cours à son goût pour l’absurde et la provocation. A cet égard, quelques projets refusés  au dessinateur par ses commanditaires sont également présentés. 

Des travaux de l’agence publicitaire strasbourgeoise Hella-Arno, des documents imprimés des affichistes Henri Villemot et Raymond Savignac et des produits dérivés du célèbre motif de Benjamin Rabier, « La Vache qui rit », prêtés par des collectionneurs privés et par la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, esquissent le contexte de la publicité en France lorsque le jeune Tomi Ungerer dans les années 1950 étudiait cette discipline à l’Ecole des arts décoratifs de Strasbourg. Dans l’exposition est diffusé un film prêté par l’INA, de la série « Le petit monde des humoristes », consacré au talent de Savignac.

L’exposition « Poster Art. Tomi Ungerer et la publicité », qui s’inscrit dans le 8e accrochage du musée depuis son ouverture en 2007, est un nouveau volet de la programmation consacrée aux différents aspects de l’œuvre de Tomi Ungerer. 

Musée Tomi Ungerer - Centre international de l’Illustration
2, avenue de la Marseillaise
Strasbourg 
Tel : 03 69 06 37 27

www.strasbourg.eu

Horaires :   
Le lundi, mercredi jeudi et vendredi de 12h à 18h
Le samedi et le dimanche de 10h à 18h
Fermeture  le mardi
Tarif normal : 5 euros / Tarif réduit : 2,50 euros

Message lié sur Wanafoto : Dessins de Tomi Ungerer, Galerie Martel, Paris

12/10/10

Exposition artiste Guildane Vol d’oiseaux – Paris 12e

Guildane, Vol d’oiseaux
Atelier Alia, Paris
16 - 17 octobre 2010

Carton exposition Guildane, Vol d'oiseaux, 2010

© GUILDANE

Formée à l’Académie d’Etudes Supérieures d’Art de Port Royal, lauréate de la Fondation Charles Oulmont dans la catégorie Arts plastiques en 1990, GUILDANE est professeur d'arts plastiques et intervenante artistique. Dans cette activité d'enseignement, elle a la volonté d'associer l'acquisition des techniques artistiques à l'épanouissement personnel.

Elle donne des cours à l'Atelier ALIA dans le 12e arrondissement à Paris, où ses oeuvres sont présentées pendant deux journées lors d'une exposition que l'artiste a appelée Vol d'Oiseaux.

L'exposition a lieu de 11 h à 21 h, sans interruption.

Atelier ALIA
3, impasse Crozatier
75012 Paris

Métro Reuilly-Diderot - Bus 86 // 29 // 57

11/10/10

Expo Photos Bruno Boudjelal, Alger

Bruno Boudjelal, Goudron Tanger - Le Cap
Centre culturel français d'Alger
28 octobre - 25 novembre 2010

 

Bruno Boudjelal

© BRUNO BOUDJELAL / AGENCE VU

Le Centre culturel français d'Alger propose une exposition de photographies de Bruno Boudjelal. Cette exposition a été réalisée avec la collaboration de Patricia Morvan / Agence Vu. Le vernissage aura lieu, en présence de l'artiste photographe.

Bruno Boudjelal, membre de l'Agence Vu, pratique la photographie comme un mode de vie qui interroge sans cesse sa propre identité pour la confronter à celle des autres.

Tendu entre deux continents, entre deux cultures, BRUNO BOUDJELAL a traversé l’Afrique du Nord au Sud et présente le résultat de cette traversée et de ses rencontres à travers des photographies et des vidéos réalisées entre 2005 et 2009. La traversée des routes et des frontières africaines de Tanger au Cap, rythmée par les diverses difficultés et entraves, montre que les frontières interafricaines sont tout aussi périlleuses, contrôlées et infranchissables que celles qui mènent vers l’Europe.

Bruno Boudjelal interroge, à travers ce travail, la situation des pays africains, les conditions de circulation des humains et des marchandises sur ce continent. Son écriture restitue tout cela avec une poésie qui accompagne tout au long du voyage la valeur documentaire de son récit.

Vernissage jeudi 28 octobre à 18h00 au centre culturel français d'Alger.

Pour en savoir plus sur Bruno Boudjelal, lire son interview sur le site Fill-In

22/05/10

Philippe Pasqua par Nicolas Reynal sur France 4

Pasqua L'insaisissable
Film documentaire inédit de Nicolas Reynal
sur l’artiste Philippe Pasqua
Diffusé sur France 4 le 2 juin 2010 à 22h30

Réalisateur : Nicolas Reynal
Producteurs : Marc Rousseau & Jérôme Cheval
Produit par : Films Concept Associés

« Pasqua l'insaisissable », c'est le quotidien d'un artiste contemporain français en plein essor et qui dépense sans compter pour ses oeuvres, comme pour ses loisirs. Son dernier projet est encore plus démesuré : prendre sa propre Ferrari pour la gainer de cuir avant de la faire entièrement tatouer et de la fixer au mur.

Né en 1965, PHILIPPE PASQUA est un artiste autodidacte qui participe au renouveau de l'art figuratif français. Sur des toiles monumentales chargées de matière, il représente la figure humaine. Depuis quelques mois, il sculpte des têtes de mort géantes en marbre de Carrare et des crânes d'hippopotame en chrome. Sa cote ne cesse de grimper tant en peinture qu'en sculpture, les expositions s'enchaînent dans le monde entier, et les grands collectionneurs lui passent commande.

La singularité de Philippe Pasqua ne se retrouve pas seulement dans ses oeuvres. Son rythme de vie (il ne se déplace qu'en jet privé), ses loisirs (il est passionné de voitures de sport), son lieu d'habitation (un loft de 1500 m2) et ses fréquentations (une galerie de personnages étonnants) échappent à toute norme. Perfectionniste et en constante recherche de nouveaux projets délirants, il incarne parfaitement une certaine image de l'artiste du 21ème siècle, celle d'un homme d'affaires créatif en perpétuel mouvement.

Philippe Pasqua expose depuis le début des années 90, et désormais ses oeuvres se vendent très cher. Son atelier-loft de 1500 mètres carrés meublé par les plus grands noms du design est jonché de pinceaux. C'est normal, à chaque coup de pinceau, il jette l'outil. Passionné de voitures rapides, de paint-ball, de jet privés, de villas somptueuses, de yachts et d'hélicoptères, sa vie est une succession d'événements extraordinaires et de démesure.

Le réalisateur, Nicolas Reynal, a eu l'opportunité unique de suivre pendant plusieurs mois le quotidien de ce peintre et sculpteur français dont la cote ne cesse de monter. Alors que le milieu de l'art contemporain apparaît uniquement comme un univers spéculatif où seule l'extravagance semble payante, il paraît intéressant de suivre pas à pas les étapes de création et de commercialisation des oeuvres d'un artiste en pleine ascension. Grâce à une immersion au coeur de ce processus, ce film décrypte les codes et le mode de fonctionnement du marché de l'art contemporain, tenter de comprendre comment la cote d'un artiste évolue, et quelle influence ce marché exerce sur la création.

Source : France 4 – www.france4.fr

25/08/08

Christian Lebrat Oeuvres récentes exposées à Art-O-Rama Marseille

The Film Gallery expose au Salon Art-O-Rama 2008 à Marseille du 12 au 20 septembre 2008

The Film Gallery (Paris) y présente un accrochage des œuvres récentes de Christian LEBRAT :

Christian LEBRAT
Myria 1, Myria 6, Myria 8
1986-2008
impressions jet d'encre à partir d'ektachromes 120
rétro-éclairage avec découpe ou caisson lumineux
250 x 78 cm 3 exemplaires + 1 EA

Christian LEBRAT
Autoportrait ciselé

2008
projection en boucle à 18 images / seconde
mode de présentation : projection du film dans La Cabine
16 mm, silencieux, 30 m, ciselure au scalpel
5 exemplaires + 2 EA

Le dispositif La Cabine et l’accrochage ont été conçus par l’architecte scénographe Rémi Dumas-Primbaut

BIOGRAPHIE de CHRISTIAN LEBRAT

Né en 1952 à Paris (France). Cinéaste et vidéaste, il a réalisé depuis 1976 une vingtaine de films, vidéos et performances. Photographe, il débute la photographie en même temps que le cinéma et développe plusieurs séries de travaux (Rubans photographiques, Rideaux, Autoportraits).

Fortement marqué au début de sa pratique d’une part par l'expressionnisme abstrait et, d’autre part, par le radicalisme des films d'avant-garde de Peter Kubelka, le travail filmique de Christian Lebrat se caractérise par la décomposition de l’image en particules dans le but de faire exploser le cadre de l’image et créer des intensités inédites. L'abstraction n'est pas un but en soi, mais l'une des dimensions d'une démarche qui s'exprime aussi à travers des films plus "conceptuels", voire "narratifs".

Récemment, il est revenu à la performance en intégrant la peinture directe sur pellicule dans ses travaux, tout en développant parallèlement une œuvre vidéo sous forme de projection ou d'installation. L'Autoportrait ciselé réalisé pour Marseille fait écho à l'Autoportrait au dispositif réalisé il y a une vingtaine d'années.

Photographe, il expose régulièrement depuis 1982. En 1992, le Crédac à Vitry organise une rétrospective des Rideaux (catalogue avec un texte de Dominique Noguez). En 1995, la scène nationale de Mulhouse et la galerie municipale d’Ivry organisent des rétrospectives de son travail photographique et notamment des Rubans photographiques (catalogue avec un texte de Philippe Dubois). Il réalise en 2006 une installation monumentale dans le cadre du Festival Photos & Légendes à Pantin. La même année, il expose à la Film Gallery une série de ses Autoportraits, ainsi que le film performance Ultra, primé l'année suivante par le Museum of Contemporary Cinema Foundation, de Madrid. La série des Myria, présentée pour la première fois à Marseille, clôt un travail photographique sur le corps débuté en 1986.

Ses œuvres font partie de plusieurs collections publiques (FNAC, FRAC Champagne-Ardenne, BNF, Ville de Pantin…). Ses films figurent dans les collections du Musée national d’art moderne (Centre Georges Pompidou), du Forum des Images (Paris) et des Archives du film expérimental d’Avignon.

Site internet de Christian Lebrat : www.christian-lebrat.net

THE FILM GALLERY, PARIS

10/04/07

Enki Bilal en vente aux enchères chez Artcurial

Beau succès pour ENKI BILAL chez ARTCURIAL

En soit, la vente aux enchères de 32 oeuvres exceptionnelles du dessinateur, scénariste, coloriste et cinéaste Enki Bilal constitue déjà un évènement inédit. Il y avait donc la foule des grands jours à l’Hôtel Dassault pour cette vente de prestige, clou de la vente bande dessinées du 24 mars 2007.

Les enchères ont atteint des niveaux dont peuvent se féliciter François Tajan et l’expert Eric Leroy qui ont effectué cette vente. On peut y voir une "consécration" du marché de l'art pour Enki Bilal qui dévoilait la veille, à l’occasion du salon du livre de Paris, le dernier opus de la tétralogie du monstre : Quatre ? .

Ainsi, la vente de l'oeuvre de Enki Bilal, Bleu Sang réalisée en 1994 en acryliques de couleurs, pastels gras et mine de plomb sur Vélin, 90 x 63 cm, constitue un record mondial pour une réalisation d’un auteur de Bande Dessinée : 177 000 euros (frais inclus).

Autre oeuvre en vente, Appoline, réalisée également en 1994, en acryliques de couleurs, pastels gras et encre de Chine pour un dessin du concept « TRANSIT », conçu par Enki Bilal et Christian Desbois en novembre 1990. L'oeuvre est dérivée des dessins « Mèche », « 11h53, Heure Locale » et « Faux Passeport ». Elle était estimée à 8 000 euros mais a finalement été adjugée à 108 500 euros.

ENKI BILAL - BIOGRAPHIE

Né en 1951 à Belgrade en Yougoslavie, Enki Bilal publie sa première histoire, le Bal maudit en 1972, pour le journal Pilote.

Son premier album, La Croisière des Oubliés, sur un scénario de Pierre Christin, paraît en 1975 aux Humanoïdes Associés. Avec le même scénariste, il signe Les Phalanges de l’ordre noir (1979) et Partie de Chasse (1983) chez Dargaud.

En 1980, il débute dans Pilote sa trilogie Nikopol, première bande dessinée en solo, qui lui apporte la reconnaissance du public et des critiques. La Femme piège, publiée en 1986, représente un tournant dans sa carrière et son style s’impose à tous comme inimitable par le dessin et le scénario mêlant politique, actualité et fiction.

Le cinéma l’attire très vite avec, en 1982, la création des décors du film d’Alain Resnais, La vie est un roman.

En 1987, il obtient le Grand Prix du 14ème festival International de la Bande Dessinée à Angoulême.

En 1988, son travail fait l’objet d’une exposition au Palais de Tokyo avec Joseph Koudelka et Guy Pellaert, une consécration pour la Bande Dessinée en général portée au rang d’oeuvre d’art et pour le travail d’Enki Bilal en particulier.

En 1989, il réalise son premier film, Bunker Palace Hôtel avec notamment Jean-Louis Trintignant et Carole Bouquet. Il participe également à la création des décors et des costumes de nombreux opéras et pièces de théâtre – OPA Mia de Denis Lavaillant (1990), Roméo et Juliette de Prokoviev chorégraphié par Angelin Preljocaj (1991).

En 1997 sort son second long métrage Tykho Moon avec Jean-Louis Trintignant, Richard Bohringer, Michel Piccoli… et Immortel ad vitam (libre adaptation de son album La Foire aux Immortels) en 2004 avec Linda Hardy, Charlotte Rampling...

En 1998, le premier volume de sa nouvelle trilogie Le Sommeil du Monstre paraît chez les Humanoïdes Associés, suivi en 2003 par 32 décembre puis Rendez-vous à Paris en 2005 aux éditions Casterman.

... En mars 2007, il publie Quatre ? , le dernier album de la tétralogie du Monstre à l’occasion du salon du livre de Paris... et participe à la première vente de l’année Bandes Dessinées chez Artcurial... avec le succès souligné plus haut.

 

ARTCURIAL
Hôtel Dassault
7, rond-point des Champs Elysées
75008 Paris