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19/04/24

Exposition Richard Serra @ Galerie Lelong & Co., Paris - "Casablanca" - Suite de six oeuvres graphiques

Richard Serra : Casablanca
Galerie Lelong & Co., Paris
14 mars - 30 avril 2024

Richard Serra
RICHARD SERRA
Casablanca #1, 2022
Oilstick, encre et silice, 26 exemplaires. 152,4 × 167,6 cm
© Richard Serra. Courtesy Galerie Lelong & Co.

Depuis les années 80, la Galerie Lelong présente régulièrement à Paris l’œuvre gravé de Richard Serra, qui a constitué, d’années en années, un ensemble remarquable.

"Casablanca" (2022) est une suite de six œuvres graphiques réalisées en étroite collaboration avec le maître imprimeur Xavier Fumat à l’atelier Gemini G.E.L. de Los Angeles. Ces estampes sont spectaculaires par leur dimension et leur qualité plastique que l’on ne peut apprécier qu’en les voyant physiquement. L’artiste et l’atelier ont poussé à leur extrême limite ce que peut supporter une grande feuille épaisse presque entièrement recouverte de matière noire. Jouant sur papier avec l’idée de pesanteur et d’équilibre, ces gravures monumentales sont présentées dans un encadrement voulu par l’artiste, sans verre ni plexiglas ; les cinq premières mesurent 153 x 168 cm et la sixième 183 x 213 cm.

Plus que leur dimension, c’est leur matière exceptionnelle qui impressionne et même fascine. Très texturées, réalisées avec un mélange de bâton d’encre à l'huile appliqué à la main, d'encre pour gravure et de silice, elles sont, de la part d’un sculpteur, une autre face de l’expérience de l’"outrenoir" menée par le peintre Pierre Soulages.

Richard Serra a commencé à travailler à ce projet au début de l’année 2020, juste avant le premier confinement provoqué par la pandémie, qui a perturbé gravement l’activité de l’atelier. Le travail étant effectué par intermittence, les essais ont été expédiés à l’artiste à New York jusqu'à ce que le bon à tirer de chaque estampe soit signé. Obtenir ensuite les quantités d’encre et de papier nécessaires au projet, fut un autre défi. Ainsi, du début à la fin, cette entreprise aura pris près de 3 ans. La voici montrée à Paris pour la première fois.

Richard Serra (né en 1939 à San Francisco) est l'un des sculpteurs les plus importants du XXIe siècle. Il a exposé dans de grands musées et créé des œuvres in situ pour des lieux publics et privés à travers le monde. Son travail a fait l’objet de deux rétrospectives au MoMA, en 1986 et 2007. D’autres expositions récentes majeures ont eu lieu au Guggenheim de Bilbao (1999), au Musée d'art de Saint-Louis, Missouri (2003, 2014) au Musée archéologique national, Naples (2004). Ses dessins ont été exposés au Kunsthaus Bregenz (2008) puis au Metropolitan Museum of Art, et au San Francisco Museum of Modern Art (2011-12). On se souvient du spectaculaire "Promenade", dans le cadre de Monumenta au Grand Palais, Paris (2008) ; son œuvre "East-West/West-East" est installée en 2014 de manière pérenne dans le désert, à 70 km de Doha au Qatar.

Richard Serra a participé quatre fois à Documenta (1972, 1977, 1982 et 1987), et à la Biennale de Venise (1980, 1984, 2001, 2013). L’artiste vit et travaille à New York.

Galerie Lelong & Co.
13 rue de Téhéran, 75008 Paris

02/04/24

Exposition Louise Bourgeois @ Galerie Lelong & Co., Paris - "I do, I undo, I redo"

Louise Bourgeois
I do, I undo, I redo
Galerie Lelong & Co., Paris
14 mars – 30 avril 2024 

Louise Bourgeois
LOUISE BOURGEOIS
Sainte Sébastienne, 1992
Gravure, 50 ex. 120.5 x 94.3 cm
© Louise Bourgeois / Courtesy Galerie Lelong & Co.

Louise Bourgeois
LOUISE BOURGEOIS
Henriette, 1998
Lithographie et montage, 50 exemplaires 
Lithograph and montage, edition of 50
118 x 80 cm
© Louise Bourgeois / Courtesy Galerie Lelong & Co. 

Louise Bourgeois
LOUISE BOURGEOIS
Ainu tree, 2000
Lithographie, 100 exemplaires 
Lithograph, edition of 100
74 x 51 cm
© Louise Bourgeois / Courtesy Galerie Lelong & Co

Tissé de nombreux éléments autobiographiques, l’oeuvre de Louise Bourgeois témoigne d’un corps à corps entre le souvenir et la mémoire qui oscille, s’étiole, se distend.

La sculptrice, qui disait "la peinture n’existe pas pour moi", a néanmoins toujours été fortement atachée à l’image gravée ou dessinée. Elle consignait dans ses journaux intimes les idées visuelles qui lui apparaissaient et qu’elle attrapait comme des mouches en plein vol, selon ses propres mots.

Comme ses sculptures aux matières informes et organiques, son oeuvre gravé explore l’ambiguïté des formes de ses souvenirs fantasmés.

Ainsi, Louise Bourgeois collecte, dépèce, déconstruit, modèle et assemble.

Ce jeu fait d’allers et retours, propice à l’activité du graveur, se retrouve nottamment dans la "Sainte Sébastienne", relecture féminine de la figure du célèbre martyr transpercé de flèches. En 1990, Bourgeois en a commencé la première version et reviendra dessus plusieurs fois en recadrant l’image, utilisant même la photocopie pour développer sa composition et/ou à la transférer sur la plaque de cuivre.

Née en France en 1911 et décédée en 2010, Louise Bourgeois est une des artistes majeures de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe. Découverte tardivement, son oeuvre, qui échappe à toute classification artistique a fait l’objet de grandes expositions et rétrospectives à travers le monde ces 30 dernières années. Son oeuvre a été présenté pour la première fois en France en 1985, par la galerie Lelong.

La Galerie Lelong & Co. a publié en 2000 un volume d’écrits et entretiens de Louise Bourgeois sous le titre : "Destruction du père / Reconstruction du père".

GALERIE LELONG & CO.
13 rue de Téhéran, 75008 Paris (Librairie)

07/01/24

Jaume Plensa @ Galerie Lelong & Co., Paris - Exposition "Miroirs (collages)"

Jaume Plensa: Miroirs (collages)
Galerie Lelong & Co., Paris
18 janvier - 9 mars 2024

Jaume Plensa
JAUME PLENSA
Miroir II, 2023
Technique mixte, collage sur papier, 163 x 85 cm.
© Studio Plensa. Courtesy Galerie Lelong & Co

Les grands sculpteurs sont souvent aussi de grands dessinateurs. En général, ils sont peu enclins à la couleur. Chez Plensa, le dessin est une pratique constante, un ressourcement.

Au printemps 2023, Jaume Plensa a réalisé pour le Liceu, l’opéra de Barcelone, la mise en scène, les costumes et les décors de « Macbeth » de Verdi. Les premiers dessins de cette exposition sont issus de ce travail. Le texte (parfois illisible) que l’artiste incorpore à ses dessins-collages provient de la pièce de Shakespeare. Une série de petits portraits s’intitule « Witches » ; ce sont les trois sorcières qui prédisent à Macbeth son avenir.

Pour la série suivante, « Miroirs », l’artiste s’est inspiré d’un poème de Baudelaire, « Les Litanies de Satan » :
« Ô Prince de l’exil, à qui l’on a fait tort,
Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort »
C’est ce texte qui court autour des figures prises dans ces miroirs.

Même quand il se contente de travailler sur papier, le sculpteur n’est jamais loin. On le voit constamment taraudé par le désir de donner au papier une épaisseur par le gaufrage, le froissage, le collage de plusieurs feuilles, l’ajout de peinture acrylique. Peu à peu, il donne un corps à ses images.

Jaume Plensa
Jaume Plensa dans son atelier, Barcelone, 2020 
Photograhie © Inés Baucells

JAUME PLENSA est né en 1955 à Barcelone, où il a étudié à l’école de la Llotja, École supérieure de design et d'art, et à l’École des Beaux-arts de Sant Jordi. Depuis 1980, année de sa première exposition à Barcelone, il a vécu et travaillé à Berlin, à Bruxelles, en Angleterre, en France, aux États-Unis et il est aujourd’hui installé à Barcelone. Plusieurs expositions ont récemment été consacrées à Jaume Plensa telles que La part du sacré au BAM de Mons (Belgique), Poesia del Silencio à la Fundació Catalunya La Pedrera de Barcelone (Espagne) et Invisível e Indizível au Musée Oscar Niemeyer de Curitiba (Brésil). Une monographie consacrée à ses dessins est parue chez Skira en 2022.

GALERIE LELONG & Co.
38 avenue Matignon, 75008 Paris

14/11/23

Nalini Malini @ Galerie Lelong & Co., Paris - Exposition "The Human Stain"

Nalini Malani
The Human Stain
Galerie Lelong & Co., Paris
23 novembre 2023 – 13 janvier 2024

Nalini Malani
NALINI MALANI
The Human Stain, Hippolyte, Phèdre (selon Racine), 2023
Acrylique et peinture émail sur l'envers d’une feuille de Mylar, 
51 x 78 cm
© Nalini Malani / Courtesy Galerie Lelong & Co.

Nalini Malani
NALINI MALANI
The Human Stain, Oenone Phèdre, 2023
Acrylique et peinture émail sur l'envers d’une feuille de Mylar, 
51 x 86 cm
© Nalini Malani / Courtesy Galerie Lelong & Co.

Nalini Malani
NALINI MALANI
Life 1, Variation III, 2023
Digital print, paint and pencil Moab Entrada
© Nalini Malani / Courtesy Galerie Lelong & Co.

Reconnue comme la pionnière de l'art vidéo en Inde, Nalini Malani pratique le dessin, la peinture, la vidéo et le film. Elle développe souvent des sortes de théâtres d’ombres monumentaux et immersifs, constitués d’étonnants assemblages d’images et de sons. Artiste engagée dans les débats de la société contemporaine, Nalini Malani se concentre sur la création d'histoires visuelles dynamiques mettant en scène les ignorés, les oubliés, les marginalisés. Issu de l’histoire, de la culture et de son expérience personnelle de réfugiée lors de l’indépendance et de la partition de l’Inde, marqué par l’héritage du colonialisme et de la décolonisation, le travail de Nalini Malani revisite la violence, la dimension féminine et les questions d’identité nationale.

La technique de Nalini Malani s’inspire de la tradition du fixé sous verre, en peignant sur le revers de feuilles transparentes ; cela lui permet de créer des effets de halo avec des personnages apparaissant sous des formes fluides. L’artiste a emprunté le titre de la série The Human Stain au roman de Philip Roth (en français La Tâche) paru en 2001.
Nalini Malani déclare à ce propos : « Dans le roman de Roth, le personnage principal tente de dissimuler sa ‘race’ derrière la couleur claire de sa peau, car il est avantageux pour lui d’être considéré comme totalement ‘blanc’. La tâche est à la fois une marque sur la peau et une marque sociale, si complexe et confuse que la force morale ne peut à elle seule la dépasser. Les mythes sont notre ‘tache’, ces histoires très anciennes qui nous parviennent à travers les siècles, sans auteur, avec un effet boule de neige, accumulant au fil du temps des informations sur chaque période qu’ils traversent. Dans cette série The Human Stain, je souhaite faire émerger des personnages mythiques, en l'occurrence des mythes grecs, afin qu'ils résonnent dans notre époque. Ainsi des ‘taches’ de Phèdre, de Médée et des figures de l’Orestie apparaissent dans nos vies en provoquant des rapprochements et des associations d’idées, à partir de vérités intemporelles. »
Nalini Malani
NALINI MALANI
The Human Stain, The Oresteia IV, 2023
Reverse painting, acrylic and email paint of Mylar
51 x 138 cm
© Nalini Malani / Courtesy Galerie Lelong & Co.

Nalini Malani
NALINI MALANI
The Human Stain, Medea, 2023
Reverse painting, acrylic and email paint of Mylar
51 x 137,5 cm
© Nalini Malani / Courtesy Galerie Lelong & Co. 

Nalini Malani
NALINI MALANI
Photographie © Luke Walker
Née en 1946 à Karachi, Nalini Malani vit et travaille à Mumbai et à Amsterdam. En 2007, elle est invitée par Robert Storr à la 52e Biennale de Venise. Ce même été, l'IMMA de Dublin lui consacre une rétrospective et un catalogue. Son travail a été ensuite exposé à la Fondation Kiran Nadar à New Delhi et au Stedelijk Museum d'Amsterdam (2017). Deux grandes rétrospectives ont été organisées en 2018 : au Centre Pompidou à Paris et au Castello di Rivoli près de Turin. Le MoMA, le Metropolitan Museum, la Tate et le MNAM-Centre Pompidou ont récemment acquis des œuvres phares de Nalini Malani. Lauréate du prix Joan Miró en 2019, elle a exposé à la Fundación Miró de Barcelone l'année suivante, puis à Hong Kong au nouveau musée M+ en 2021-2022.

En 2022, Nalini Malani a reçu une bourse de recherche de la National Gallery de Londres qui a donné lieu ensuite à l’exposition My Reality is Different. En 2023, le prix Kyoto lui a été décerné au Japon, distinction exceptionnelle souvent considérée comme l'équivalent du prix Nobel en Asie.
GALERIE LELONG & CO.
38 Avenue Matignon, 75008 Paris

10/11/23

Antoni Tapies @ Galerie Lelong, Paris - Exposition Les Armes d’Éros - Centenaire d'Antoni Antoni Tàpies

Antoni Tàpies
Les Armes d’Éros
Galerie Lelong & Co., Paris
23 novembre 2023 – 13 janvier 2024

Antoni Tapies
ANTONI TÀPIES
Gran triangle, 1990
Peinture et vernis sur toile, 285 x 390 cm
© Successió Antoni Tàpies. Courtesy Galerie Lelong & Co.

Antoni Tàpies
ANTONI TÀPIES
Imatge en negre, 1996
Paint and assembly on wood 130 x 195 cm
© Successió Antoni Tàpies/ Courtesy Galerie Lelong & Co

ANTONI TÀPIES (1923-2012) aurait eu 100 ans le 13 décembre prochain. Quand il exposa pour la première fois au 13 rue de Téhéran, en 1967, à l’instigation de Jacques Dupin, il avait 44 ans. C’était un autre temps ; la censure existait encore en France, le film de Rivette La Religieuse était interdit de même que bon nombre de livres publiés par Pauvert ou Losfeld ; mais c’était une autre affaire dans l’Espagne où vivait l’artiste, alors sous le joug franquiste, où régnaient l’ordre moral et la négation des cultures régionales. L’œuvre d'Antoni Tàpies était une vive rupture : sa vigueur matérialiste, son tranchant expressif, son insistance sur la « catalanité » dérangeaient. Entre autres aussi, parce que son œuvre était parcourue d’un érotisme souvent sous-jacent, parfois brutalement exprimé. Implicit/Explicit avait-il titré une de ses peintures.

La Galerie Lelong & Co. a exposé régulièrement ce grand artiste jusqu’à sa mort en 2012. Toujours en montrant ses œuvres les plus récentes. La galerie a ensuite continué de travailler avec la famille de l’artiste, proposant diverses expositions. La galerie n'avait jamais présenté une exposition sous le signe d’Éros, du corps sexué, fragmenté, de la sensualité omniprésente dans son œuvre. Tàpies, artiste d’une grande culture, connaissait bien le dernier livre de Georges Bataille, Les Larmes d’Éros, publié à Paris en 1961. Nul doute que l’iconographie de l’ouvrage a dû nourrir l’imaginaire de cet artiste fervent d’images puisées dans les cultures du monde entier. 

Antoni Tàpies
ANTONI TÀPIES
Somier sobre rombe, 1993
Paint and assembly on canvas 282 x 282 x 9cm
© Successió Antoni Tàpies/ Courtesy Galerie Lelong & Co.

Antoni Tàpies
ANTONI TÀPIES
Boca sobre tors, 2007
Paint and pencil on wood 162 x 130cm
© Successió Antoni Tàpies/ Courtesy Galerie Lelong & Co

Les Armes d’Éros présente un ensemble d’une douzaine de peintures sur bois et sur toile, composées d’assemblages de divers objets et matériaux emblématiques du travail de l’artiste : sable, vernis, peintures, crayons… Elles couvrent la période entre 1990 et 2010, ultimes décennies durant laquelle Antoni Tàpies poursuivait l'expérimentation formelle et matérielle qui a toujours été au cœur de sa pratique ; elles en illustrent l’aboutissement esthétique. Comprenant notamment Gran Triangle, 1990 (285 x 390 cm) (reproduit ci-dessus), Somier sobre rombe, 1993 (282 x 282 x 9 cm) (reproduit ci-dessus), Imatge en negre, 1996 (130 x 195 cm) (reproduit ci-dessus), Boca sobre tors, 2007 (162 x 130 cm) (reproduit ci-dessus), Mirall de vernis, 2010 (116 x 89 cm), Materia sinuosa ̀, 2010 (160 x 160 cm), ces œuvres illustrent les recherches de la dernière période de l’artiste selon différents formats, allant de 60 cm à près de 3 mètres. Les exposer a été rendu possible grâce à l’exceptionnelle collaboration entre la galerie et la succession de l’artiste. Une sélection d’estampes de l’artiste sera également exposée à la librairie de la galerie.

ANTONI TÀPIES - Eléments biographiques

Peintre, sculpteur, essayiste et théoricien de l'art espagnol d'expression catalane, Antoni Tàpies (1923, Barcelone –2012, Barcelone) est considéré comme l’un des artistes espagnols les plus importants du 20e siècle et l’un des principaux représentant de l’Art informel.

Artiste autodidacte, profondément marqué par les atrocités de la guerre civile espagnole, il décide de se consacrer à l’art aux débuts des années 1940 à la suite d’une grave infection pulmonaire qui lui impose deux années de convalescence durant lesquelles il peint et dessine tout en s'intéressant à l'histoire de la philosophie et à la musique romantique. Il est à l’origine d’une œuvre, où tradition et innovation se conjuguent dans un style abstrait non dénué de symbolisme, accordant une grande importance, et pertinence, au substrat matériel de l'œuvre. Dans son travail, le support matériel transcende son état pour signifier une analyse profonde de la condition humaine, non dénuée d’une dimension spirituelle.

Sa première exposition personnelle a lieu en 1950 à la Galerías Layetanas de Barcelone. Il se dirige alors rapidement vers l'abstraction et, bien avant l'Arte Povera, intègre des matériaux non académiques (matériaux organiques végétaux, débris de terre et de pierre) dans ses œuvres. A partir de 1953, il est un des premiers à donner ses lettres de noblesse au mélange des matériaux, ajoutant de la poudre d'argile et de marbre à sa peinture, utilisant le papier déchiré, la corde et des chiffons.

Dès le milieu des années 1950, sa renommée devient internationale et il participe à la Biennale de Venise en 1952. Son travail s'enrichit alors de références politiques qui prennent la forme de symboles et de mots écrits sur les supports. À partir des années 1970, il intègre dans ses œuvres des matériaux plus volumineux, tels que des pièces de mobilier. En 2000, il réalise l'affiche officielle des Internationaux de France de tennis et illustre le numéro 7025 du journal Libération, daté du 13 et du 14 décembre 2003 avec onze œuvres originales ainsi qu'un alphabet complet de lettrines. Antoni Tàpies a publié plusieurs écrits dont La pratique de l’art (Gallimard), L’art et ses lieux (Galerie Lelong) ainsi que La réalité comme art (Galerie Lelong).

Tout au long de sa carrière, Antoni Tàpies a reçu de nombreux prix et distinctions, dont le Prix de la Fondation Wolf (1981), la médaille d'or de la généralité de Catalogne (1983), le Prix Prince des Asturies pour les arts (1990), la Médaille Picasso de l'UNESCO (1993) et le Prix Velázquez des arts plastiques (2003). En reconnaissance de sa carrière artistique, le roi Juan Carlos Ier lui a décerné le titre de marquis de Tàpies le 9 avril 2010.

Autour du Centenaire d’ANTONI TÀPIES

Jusqu’au 7 janvier 2024 est présentée l’exposition ‘Antoni Tàpies. La Pratique de l'Art’ à Bozar (Bruxelles, Belgique). Elle sera ensuite montrée en version augmentée au Reina Sofía à Madrid, puis à Barcelone à la Fondation Tàpies. Pour célébrer le centenaire de la naissance de l’artiste, la Fundació Antoni Tàpies présentera un programme d'expositions, de publications, d'activités éducatives, d'événements et de projets de création et de recherche. Elle se déroulera sur une année, du 13 décembre 2023 au 13 décembre 2024. Avec L'Année Tàpies la Fundació Antoni Tàpies entant souligner son engagement en faveur d'un examen approfondi de l'œuvre et de la pensée de l'artiste, à l'échelle nationale et internationale, tout en apportant des lectures actualisées et en ouvrant de nouvelles perspectives sur son travail.

GALERIE LELONG & CO.
13 Rue de Téhéran, 75008 Paris

04/05/23

Exposition Christine Safa @ Galerie Lelong & Co., Paris - La forme rêvée d’une forme vue

Christine Safa 
La forme rêvée d’une forme vue 
Galerie Lelong & Co., Paris
10 mai - 13 juillet 2023 

Christine Safa
Christine Safa
Visage aimé (Venise), 2023
Huile sur toile, 22 x 16 cm
© Christina Safa / Courtesy Galerie Lelong & Co.

L’irruption de l’artiste franco-libanaise Christine Safa sur la scène de l’art contemporain, en 2021 et 2022 a été très remarquée en France et à l’étranger. A 27 ans, elle rejoint la Galerie Lelong & Co. Elle y a vite trouvé une place prometteuse.

Les peintures de Christine Safa, avec leurs juxtapositions de couleurs et de formes, témoignent d’un souvenir lointain et nostalgique et visent à transmettre des sensations remémorées. L’artiste broie elle-même ses couleurs et prépare sa toile selon une alchimie précise, elle obtient ainsi une qualité de matité et de lumière qui n’appartient qu’à elle. Elle donne vie à des images indéfinissables et évanescentes, comme dans un rêve. Ainsi, d’une forme vue naît un mariage de formes révélant une montagne, un arbre, un horizon, auxquels se mêlent des fragments de figure humaine : un visage, une épaule, une silhouette.

L’exposition présente un ensemble de peintures à l’huile récentes et inédites. Elles sont pour la plupart issues de ses séjours en Grèce, en Espagne et au Liban, durant lesquels Christine Safa observe le paysage et s’en imprègne. Elle laisse ensuite décanter ses souvenirs, avant de faire enfin, de retour à l’atelier, apparaître l’image sur la toile. Ces œuvres, peintes de mémoire, traduisent la ferveur d’une sensation à l’aide d’une palette chaleureuse qui avoue ses origines méditerranéennes. Ce que c’est qu’être là, simplement mais pleinement, voilà ce que disent avec une empathie évidente ces peintures sobres et puissantes. Une sélection d’œuvres sur papier que Christine Safa a réalisées lors de ses voyages, complète l’exposition.
« J’appréhende mes peintures comme des hommages, des fragments de souvenirs, ce qui reste. C’est ce qui reste que je peins. À mesure que je peins j’engendre le contour, la forme de ruines de souvenirs qui accueillent et subissent le temps ; qui pour moi signifie mon vécu de ces paysages intérieurs. Les figures s’y posent, s’effacent, deviennent couche de peinture. La couleur se sature ou laisse transparaître la lumière. Un discernement d’états émotionnels, dictés par la quête d’une lumière familière. » - Christine Safa
Christine Safa
Christine Safa dans son atelier. Paris 2022
 
Photographie © Fabrice Gibert 
Courtesy Galerie Lelong & Co.

CHRISTINE SAFA vit et travaille à Paris. Elle est née en 1994 au Chesnay (France) de parents libanais. En 2018 elle est diplômée de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. En 2021 elle participe à une exposition de groupe, invitée par Etel Adnan à la galerie Levy Gorvy à Paris. La même année elle présente à Paris sa première exposition personnelle à la galerie Praz Delavallade. En 2022 elle a fait l’objet d’une exposition personnelle au ICA de Milan (Italie), participe à une exposition de groupe à la Fondation Pernod Ricard à Paris sous le commissariat d’Anaël Pigeat et Sophie Vigourous et à une exposition de groupe au Mucem à Marseille. En 2023, des peintures de Christine Safa sont exposées au MO.CO. à Montpellier, à la Fondation Carmignac à Porquerolles, au FRAC Auvergne à Clermont-Ferrand, ainsi qu’à la galerie Bortolami à New York.

GALERIE LELONG & CO.
38 avenue Matignon & 13 rue de Téhéran, Paris

03/05/23

Exposition Mildred Thompson @ Galerie Lelong & Co., Paris - L’Appel de la Lumière

Mildred Thompson 
L’Appel de la Lumière 
Galerie Lelong & Co., Paris 
10 mai – 13 juillet 2023 

Mildred Thompson
MILDRED THOMPSON
Radiation Explorations 8, 1994
Huile sur toile, 222 x 139,5 cm
© The Estate of Mildred Thompson / 
Courtesy Galerie Lelong & Co.

Mildred Thompson
MILDRED THOMPSON
Advancing Impulses, 1997
Huile sur vinyle, 127 x 127 cm
© The Estate of Mildred Thompson /
Courtesy Galerie Lelong & Co.

L'exposition présente des peintures et œuvres sur papier de l'artiste afro-américaine MILDRED THOMPSON (1936-2003) qui, pendant une vingtaine d’années, du milieu des années 1960 au milieu des années 1980, a vécu et travaillé en Allemagne et en France. Cette artiste a utilisé les modes d’expression visuelle du modernisme pour interpréter et représenter les phénomènes naturels et cosmiques. L’exposition met en valeur les images de la lumière et de l'énergie, propres à l’œuvre de Mildred Thompson, allant de ses premières influences à Paris au milieu des années 1980 jusqu'aux œuvres ultérieures créées à son retour aux États-Unis.

Pendant plus de cinq années parisiennes, Mildred Thompson a approfondi ses recherches artistiques formelles et conceptuelles. Elle y a développé sa capacité remarquable à interpréter les couleurs observées dans le monde qui l'entourait pour les transposer en des paysages atmosphériques imaginaires. L'exposition tire son titre de deux petits collages de 1982 que Mildred Thompson réalisa à Paris, leurs palettes lumineuses et leurs compositions improvisées sont des précurseurs révélateurs de la plupart des œuvres que Mildred Thompson créera au cours des deux décennies suivantes. "L’Appel de la lumière" présente plusieurs œuvres sur papier créées pendant le séjour de l'artiste à Paris et des pièces réalisées peu après son départ de France. Des gouaches aqueuses et de subtils dessins aux crayons de couleur prismatiques témoignent de l'interprétation personnelle et continuelle de l'univers par Mildred Thompson. La première salle présente également une pièce (circa 1975) illustrant de façon caractéristique son travail du bois.

Dans la deuxième salle, de dynamiques pastels, des aquarelles et des peintures des années 1990 et 2000 se caractérisent par un marquage énergique, une compréhension profonde de la couleur et de complexes compositions. Des œuvres issues de ses deux principales séries de peintures - "Radiation Explorations" et "Advancing Impulses" – y sont présentées et mettent en lumière son approche personnelle de l'abstraction. Ces œuvres ont bénéficié d'un intérêt croissant de la part des institutions au cours de ces dernières années, à mesure que les conceptions de l'abstraction évoluaient vers une plus grande prise en compte de l’apport des femmes de couleur artistes.

Mildred Thompson
MILDRED THOMPSON
Sans titre, 2003
Pastel sur papier, 65 x 50 cm
© The Estate of Mildred Thompson /
Courtesy Galerie Lelong & Co.

MILDRED THOMPSON est née en 1936 à Jacksonville (Floride), et décédée en 2003 à Atlanta (Géorgie). Diplômée de l'Université Howard à Washington, DC en 1957, elle avait étudié auprès de l'historien de l'art afro-américain James A. Porter. Récemment, son travail a fait l'objet d'importantes expositions collectives parmi lesquelles "Magnetic Fields : Expanding American Abstraction, 1960s to Today", présentée au Kemper Museum of Contemporary Art, Kansas City, Missouri puis au National Museum of Women in the Arts, Washington, D.C., et au Museum of Fine Arts, St. Petersburg, Floride ; "The Dirty South : Contemporary Art", "Material Culture and the Sonic Impulse", qui a été présentée au Virginia Museum of Fine Arts, Richmond, Virginie puis au Crystal Bridges Museum of American Art, Bentonville, Arkansas, et au Museum of Contemporary Art, Denver, Colorado ; ainsi que dans l’exposition "Doro Olowu : Seeing Chicago" au Museum of Contemporary Art, Chicago (Illinois). En 2019, le Spelman College Museum of Fine Art a présenté une exposition monographique de ses œuvres intitulée "Mildred Thompson : The Atlanta Years, 1986-2003". En 2018, ses "Wood Pictures" ont fait l'objet d'une exposition personnelle, "Mildred Thompson : Against the Grain" au New Orleans Museum of Art ainsi qu'à la 10e Biennale de Berlin. Les œuvres de Mildred Thompson figurent dans les collections permanentes du Museum of Modern Art de New York, du National Museum of Women in the Arts de Washington, du New Orleans Museum of Art de Louisiane, du Virginia Museum of Fine Arts de Virginie, du Glenstone Museum de Potomac (Maryland), du Museum of Fine Arts de Houston (Texas), des Harvard Art Museums de Cambridge (Massachusetts) et du Smithsonian American Art Museum de Washington D.C.

GALERIE LELONG & CO.
13 rue de Téhéran 75008 Paris

21/04/21

Kiki Smith @ Galerie Lelong & Co., Paris - From Inside

Kiki Smith: From Inside 
Galerie Lelong & Co., Paris 
20 mai – 13 juillet 2021 

Kiki Smith
KIKI SMITH 
Black Madonna, 1992 
Bronze, 182 x 67 cm 
© Kiki Smith, Courtesy Galerie Lelong & Co. 

Pour cette nouvelle exposition (la 8e à la Galerie Lelong), qu'elle a intitulée From Inside, Kiki Smith a réuni un groupe de nouveaux bronzes représentant des mains, qu'elle met en relation avec deux grandes oeuvres emblématiques des années 90 : deux sculptures murales de figures humaines, une masculine Ice Man et une féminine Black Madonna. Elle y ajoute une série de dessins délicats de 1995 représentant des parties du corps féminin ainsi que la rare série de gravures « Possession is nine-tenths of the law », de 1985. L’artiste met de cette façon en évidence la continuité et la cohérence de son travail au fil des années.

Après le succès de sa rétrospective à la Monnaie de Paris à l’automne 2019, Kiki Smith a bénéficié de deux autres grandes expositions muséales : au Storm King Art Center de l’Etat de New York et au Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne : Kiki Smith. Hearing You with My Eyes . L’installation d’une sculpture permanente au Castello Sforzesco de Milan est prévue pour la fin du printemps.

Née en 1954 à Nuremberg, Kiki Smith vit et travaille à New York.

GALERIE LELONG & CO.
38 avenue Matignon, 75008 Paris