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23/02/25

Tous Léger ! Avec Niki de Saint Phalle, Yves Klein, Martial Raysse, Keith Haring… @ Musée du Luxembourg, Paris

Tous Léger !  Avec Niki de Saint Phalle, Yves Klein, Martial Raysse, Keith Haring…
Musée du Luxembourg, Paris
19 mars au 20 juillet 2025

© Affiche GrandPalaisRmn, Paris, 2025

Keith Haring
Untitled (n° 2557), 1986
Acrylique et huile sur toile
240 x 240 cm
Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice
© Ville de Nice 
© Keith Haring Foundation, 2025

Gilbert & George
Flower Worship 
© Ville de Nice - Muriel Anssens 
© Gilbert & George, 2025

Imaginée essentiellement à partir des collections du musée national Fernand Léger, Biot et de celles du Musée d’Art Moderne et d’Art contemporain de Nice (MAMAC), l’exposition fait dialoguer les oeuvres de Fernand Léger (1881-1955), pionnier de l’art moderne avec plus d’une trentaine d’oeuvres d’artistes issus des avant-gardes européennes et américaines des années 1960 à nos jours.

Le parcours de l’exposition est l’opportunité de mettre notamment en avant le lien historique et artistique fort existant entre l’oeuvre de Fernand Léger et la génération qui lui a immédiatement succédé : celle des Nouveaux Réalistes. Lancé en 1960 par le critique d’art Pierre Restany, le mouvement des Nouveaux Réalistes réunit des artistes tels que Arman (1928-2005), César (1921-1998), Raymond Hains (1926-2005), Yves Klein (1928-1962), Martial Raysse (1936), Daniel Spoerri (1930), Niki de Saint Phalle (1930-2002). Ces artistes s’emparent des objets du quotidien de la société de consommation et de l’esthétique de la rue. Leur démarche ne vise pas la représentation du réél mais son appropriation poétique.

Si le rapport à l’objet occupe une place centrale, l’exposition aborde également d’autres thématiques dont la représentation de la société de loisirs, de l’art dans l’espace public et de la construction d’un art accessible à tous en lien avec son temps ou encore, celle des processus créatifs et de la large place accordée au travail collectif. Fervent admirateur de l’oeuvre de Fernand Léger, Restany, présent avec Raymond Hains lors de l’inauguration du musée Fernand Léger, Biot en mai 1960, aurait baptisé ce mouvement artistique en hommage au peintre qui a utilisé cette formule à de nombreuses reprises.

En effet, Fernand Léger a, dès les années 1920, défini sa démarche artistique comme un « Nouveau Réalisme », « une terrible invention à faire du vrai […] dont les conséquences peuvent être incalculables. »

D’autres périodes, d’autres mouvements, y compris à l’échelle internationale, comme le Pop Art américain avec Robert Indiana, Roy Lichtenstein, May Wilson, mais aussi des artistes qui émergent dans les années 1970 et 1980 comme Gilbert & George à Londres et Keith Haring à New York dont les oeuvres sont représentées dans les collections du MAMAC, sont déployés au coeur du parcours en interaction avec l’oeuvre de Fernand Léger. Si le positionnement de Fernand Léger comme précurseur du Pop Art a déjà été évoqué dans plusieurs expositions, notamment dans le cadre du cycle des Vis-à-vis. Fernand Léger et ses amis, proposé au musée national Fernand Léger, Biot, le rapport avec la scène artistique française des années 1960, notamment avec le groupe des Nouveaux Réalistes, est en revanche inédit. Ainsi, au-delà du dialogue fécond qui peut exister entre les formes et les idées, cette exposition vise à illustrer, encore une fois, la modernité, la pluridisciplinarité et la portée visionnaire de l’oeuvre de Fernand Léger.

Liste des artistes

Marcel Alocco
1937, Nice (France) – vit et travaille à Nice (France)

Karel Appel
1921, Amsterdam (Pays-Bas) – 2006, Zurich (Suisse)

ARMAN (Armand Fernandez, dit)
1928, Nice (France) – 2005, New York (États-Unis)

BEN (Benjamin Vautier, dit)
1935, Naples (Italie) – 2024, Nice (France)

César (César Baldaccini, dit)
1921, Marseille (France) – 1998, Paris (France)

Christo & Jeanne Claude
Christo Javacheff, 1935, Gabrovo (Bulgarie) – 2020, New York (États-Unis)
Jeanne-Claude, 1935, Casablanca (Maroc) – 2009, New York (États-Unis)

Gilbert & George
Gilbert, 1943, San Martino (Italie)
George, 1942, Plymouth (Angleterre)
Vivent et travaillent à Londres (Angleterre)

Raymond Hains
1926, Saint-Brieuc (France) - 2005, Paris (France)

Keith Haring
1958, Kunztown (États-Unis) – 1990, New York (États-Unis)

Robert Indiana
1928, New Castle (États-Unis) – 2018, Vinalhaven (États-Unis)

Alain Jacquet
1939, Neuilly-sur-Seine (France) – 2008, New York (États-Unis)

Yves Klein
1928, Nice (France) – 1962, Paris (France)

Fernand Léger
1881, Argentan (France) – 1955, Gif-sur-Yvette (France)

Roy Lichtenstein
1923, New York (États-Unis) – 1997, New York (États-Unis)

Martial Raysse
1936, Golfe-Juan (France) – vit et travaille à Issigeac (France)

Larry Rivers
1923, New York (États-Unis) – 2002, Southampton (États-Unis)

Niki de Saint Phalle
1930, Neuilly-sur-Seine (France) – 2002, San Diego (États-Unis)

Daniel Spoerri
1930, Galati (Royaume de Roumanie) – 2024, Vienne (Autriche)

Jacques Villeglé (Jacques Mahé de La Villeglé, dit)
1926, Quimper (France) – 2022, Paris (France)

May Wilson
1905, Baltimore (États-Unis) – 1986, New York (États-Unis)


Tous Léger !  Avec Niki de Saint Phalle, 
Yves Klein, Martial Raysse, Keith Haring…
Couverture du catalogue de l’exposition 
© GrandPalaisRmnÉditions, Paris, 2025
Publication GrandPalaisRmnÉditions, 2025
Broché, 24 x 28 cm, 39 € - 200 pages - 150 illustrations

Direction d’ouvrage : 
Anne Dopffer, Julie Guttierez et Rébecca François
Auteures : 
Ariane Coulondre, Sophie Cras, Lisa Diop, 
Rébecca François, Julie Guttierez

En librairie le 19 mars 2025
En vente dès parution dans toutes les librairies et sur :

Exposition co-organisée par le GrandPalaisRmn, les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes et le musée d’Art moderne et d’Art contemporain (MAMAC), Nice.

L’exposition a été présentée au musée national Fernand Léger, Biot sous le titre Léger et les Nouveaux Réalismes du 15 juin 2024 au 16 février 2025.

Commissaire générale
Anne Dopffer
Directrice des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes

Commissaires
Julie Guttierez
Conservatrice en chef du patrimoine
Musée national Fernand Léger, Biot
Rébecca François
Attachée de conservation du patrimoine
Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice (MAMAC)

Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard, 75006 Paris

14/04/24

Exposition Match : Design & Sport @ Musée du Luxembourg, Sénat, Paris - Label Olympiade Culturelle

MATCH : Design et sport – une histoire tournée vers le futur
Musée du Luxembourg, Sénat, Paris 
13 mars - 11 août 2024 

Affiche de l’exposition
MATCH : design & Sport - une histoire tournée vers le futur
Graphic Design Concept and Key Visual
© BUREAU BORSCHE- Design : Fabrice Urviez - laika-design.fr

Pierre Coubertin
Les anneaux olympiques
Dessin original, 1913
Graphite et gouache sur carte, 21 x 27,5 cm
© Collection privée

Design: Katsumi Masaru, Yoshiro Yamashita
Boxe (Tokyo), 1964
© International Olympic Committee

Design: Roger Excoffon
Ski alpin, slalom (Grenoble), 1968
© International Olympic Committee

Design: Sarah E. Rosenbaum / Designgruppen’94
Ski acrobatique (Lillehammer), 1994
© International Olympic Committee

L’exposition MATCH : Design & Sport - une histoire tournée vers le futur, est imaginée comme une aire de lancement pour la réflexion sur le futur du sport et souligne le rôle primordial que le design tiendra dans son façonnage.

Le concept curatorial de l’exposition vise ainsi à donner une vision plus large des corrélations entre ces deux disciplines. Plutôt que d’essayer de s’imposer comme une étude historique exhaustive, elle poursuit une approche plus narrative, qui met en parallèle des sujets en apparence éloignés, sans les différencier les uns des autres. 

La scénographie de l’exposition s’inspire du monde du sport pour créer une expérience dynamique et immersive. L’immobilisme muséal est alors remplacé par la mobilité et le dynamisme inspirés des arènes sportives.

Le rôle du design dans le contexte du sport va bien au-delà de la forme, de l’aspect et de la sensation d’une chaussure de course ou d’une raquette. Les jeux, qu’ils soient physiques ou numériques, sont conçus à partir de règles et de régulations ; par exemple, le poids d’une balle ou la réactivité d’un clavier sont conçus pour définir la vitesse d’un même jeu. Les athlètes construisent et sculptent leur corps. La technologie est, quant à elle, conçue pour améliorer et optimiser les performances humaines et pour compenser ses éventuelles faiblesses. L’expérience des spectateurs est également minutieusement pensée, du placement des caméras et des séquences filmées par des drones aux plateformes de diffusion en ligne, en passant par la configuration et les sensations procurées par un stade. 

Luigi Colani & Fritz Egli
MDR-1
Moto de course, 1986
80 x 120 x 260 cm
Acier et plastique renforcé de fibres de verre
© Jo Soppa/SIRS

Design: Lisa Lindahl, Polly Smith, Hinda
JogBra®
Premier prototype de brassière de sport, 1977,
réplique recréé pour l’exposition MATCH, 2024
30 x 30 cm
© JogBra®


Bamboo Bicycle Club, design : James Marr
Gravel Lugged
Kit de construction de cadre, 2012
Bambou, aluminium recyclé
© Bamboo Bicycle Club Team

S’ouvrant sur une représentation classique de l’athlète (le Discobole) et sur la notion de super-héros ou de super-athlète, l’exposition couvre un riche ensemble de sujets illustrant la relation synergique entre le sport et le design. Les objets présentés vont de l’architecture des stades (Temporary Autonomous Zone, Didier Faustino, 2004/2023) aux symboles de l’impact social et politique fort que le sport a sur nos modes de vie (Replica of the JogBra®from 1977 invented by Lisa Lindahl, Polly Smith and Hinda Miller, 2024 ; Refugee Nation flag, Yara Said, 2016), en passant par l’impact sur le développement des prothèses (Cheetah® Xcel pied de sprint, Össur, 2021), sur la robotique (Atlas le robot humanoïde, Boston Dynamics, 2018), les impératifs environnementaux (Gravel Lugged, Frame Build Kit, Bamboo Bicycle Club, 2012), l’impression 3D (1827 F BIONIC biathlon rifle, Anschütz, 2022), la production d’équipements ultra-personnalisés (ensemble Versa Foot + Moto Knee Prosthetic Leg, Mike Schulz), l’e-sport (g.Nautilus RESEARCH (casque EEG utilisé pour les interfaces cerveau-ordinateur), g.tec medical engineering GmbH, 2017), le dopage technologique (Speedo LZR Racer fastskin racer back swimsuit, Speedo and Mectex in collaboration with NASA, 2008), l’entraînement (aiScout, ai.io, 2023), et bien d’autres sujets.

A la fin de l’exposition, les visiteurs découvrent la façon dont le design sportif s’est progressivement concentré sur de nouvelles perspectives, en particulier celles offertes par la data. 

Sans formuler d’opinion ou d’interprétation spécifique, la question du futur du sport reste ouverte, partant du principe que la robotique, la technologie et la digitalisation générale du sport continueront à se développer au même rythme que la progression de la collecte et de l’analyse des données. 

Dans son ensemble, l’expérience immersive associe le passé au présent et à un futur hypothétique, pour créer une exposition libérant une énergie palpable, et rappelant les sensations fortes expérimentées dans le monde sportif.

Cette vision globale, proposée par Konstantin Grcic, se reflète dans la toute dernière image de l’exposition, qui est une citation de la Charte olympique : La pratique du sport est un droit de l’homme.

Exposition produite par GrandPalaisRmn

Ce projet a reçu le label Olympiade Culturelle

Commissariat général et scénographie : Konstantin Grcic, Berlin/Allemagne

CATALOGUE DE L'EXPOSITION

MATCH : Design & Sport - une histoire tournée vers le futur
GrandPalaisRmnÉditions / Musée du Luxembourg
Sous la direction de Konstantin Grcic
Conception graphique : Bureau Borsche
Affiches pliées et assemblées 
par un élastique repositionnable
80 pages, 30 illustrations, 21 x 29 cm (plié)
A travers ce livre-objet hybride, ludique et inclusif que l’on peut afficher aussi bien que recomposer à l’infini, le lecteur est invité à explorer les liens entre design et sport.

Des premiers jeux de la Grèce antique à l’avènement de l’eSport, en passant par les compétitions internationales contemporaines, les athlètes sont au premier plan. À l’occasion des JO de Paris 2024, l’exposition « MATCH : Design & Sport - une histoire tournée vers le futur » explore la relation entre les athlètes et les designers, depuis l’architecture des stades qui mettent en scène les sportifs jusqu’aux créations qui maximisent leurs performances. À mesure que le corps humain a été poussé jusqu’à ses limites, et parfois au-delà, le design s’est en effet tourné vers les nouvelles opportunités offertes par la technologie et les données, mettant en lumière les athlètes et leurs prouesses.

Véritable livre-objet, cette publication entremêle de courts essais de spécialistes d’horizons variés (designers, curators, sportifs, universitaires, prothésistes, etc.) – et de nombreuses images en pleine page (photographies d’événements sportifs, objets, etc.) dont les confrontations sont signifiantes. Reliés par un élastique repositionnable, les feuillets se détachent et peuvent être affichés comme de véritables posters.

SOMMAIRE

Introduction, Konstantin Grcic
Design et Sport : des liens étroits, Vera Sacchetti
L’avenir du sport, Sascha L. Schmidt
L’intelligence artificielle et le design partagé comme modes de fraternité sociale, T. Devine et G. Redgrave (AKQA)
Design inclusif : les outils techniques du parasport, Ottobock
Les sports (et leur avenir) dans la littérature de science-fiction, Ludwig Engel
Repenser l’artisanat de la bicyclette, James Marr
Jeux vidéo, technologie et sports : l’avenir est interactif, immersif et adaptatif, Johanna Pirker
Glossaire
Musée du Luxembourg
19 rue Vaugirard, 75006 Paris 

20/03/23

Léon Monet frère de l’artiste et collectionneur @ Musée du Luxembourg, Paris

Léon Monet frère de l’artiste et collectionneur
Musée du Luxembourg, Paris
15 mars - 16 juillet 2023

Portrait de Léon Monet, par Claude Monet
Claude Monet
Portrait de Léon Monet, 1874
Huile sur toile, 63 x 52 cm
Collection particulière

La renommée de Claude Monet et son rôle en tant que chef de file de l’impressionnisme sont aujourd’hui parfaitement établis, mais la personnalité de son frère Léon, chimiste en couleurs, industriel rouennais et collectionneur, reste encore à découvrir. En 1872, Claude Monet, de retour au Havre, peint Impression, soleil levant (Musée Marmottan Monet), alors que Léon Monet fonde la Société industrielle de Rouen et décide d’apporter un soutien actif à son frère et à ses amis impressionnistes. Ce sont les prémices de la constitution d’une remarquable collection de peintures impressionnistes.

Reconnu pour son « intelligence vive et prompte » et son caractère « cordial et franc », Léon Monet devient une personnalité respectée, très impliquée au sein des nombreuses associations culturelles que compte la ville de Rouen. Il incite Monet et ses amis impressionnistes à participer à la 23e exposition municipale, où il expose lui-même quatre œuvres de sa collection. Grâce à l’intérêt constant qu’il porte aux artistes de sa génération, les impressionnistes et les peintres de l’école de Rouen, il réunit - avec la collection de son ami François Depeaux - une des plus remarquables collections d’art moderne de la région rouennaise.

L’exposition réunit un ensemble d’œuvres majeures, autour d’un parcours mettant en évidence le goût de Léon Monet pour des œuvres qui évoquent les paysages de son enfance passée au Havre et également son épanouissement professionnel et familial entre Rouen et les Petites-Dalles sur la côte normande. Elle met en lumière la personnalité de ce collectionneur, ses liens privilégiés avec son frère Claude et avec quelques artistes de sa génération tels que Alfred Sisley, Camille Pissarro et Auguste Renoir. 

L’exposition présente aussi des recettes de couleur, des échantillons de tissus et des livres de comptes, évoquant le Rouen industriel dans lequel Léon Monet évolua. En faisant dialoguer peintures, dessins, photographies et albums de couleurs, l’exposition apporte un éclairage inédit sur l’intimité de la famille Monet et le goût partagé des deux frères pour la couleur. Alors que la chimie des colorants synthétiques  révolutionne l’impression textile, l’exposition évoque largement le monde professionnel dans lequel Léon Monet a évolué et met en lumière la ville industrielle de Rouen et ses manufactures d’« indiennes ».

Le visiteur est ainsi convié à découvrir les œuvres constituant la collection de Léon Monet, mais également à comprendre le rôle de premier mécène des impressionnistes qu’il a pu jouer. Le premier carnet de dessins de Claude Monet, daté de 1856 et le portrait de son frère Léon, exécuté par l’artiste en 1874, année de la première exposition impressionniste à Paris y sont présentés pour la première fois.

Avec le soutien exceptionnel du Musée d’Orsay, du Musée Marmottan Monet et de l’Académie des beaux-arts, Paris.

Commissaire : Géraldine Lefebvre, Docteure en histoire de l’Art, spécialiste du XIXe siècle

Musée du Luxembourg
19 rue Vaugirard, 75006 Paris

23/01/22

Pionnières. Artistes dans le Paris des Années folles @ Musée du Luxembourg, Paris

Pionnières. Artistes dans le Paris des Années folles
Musée du Luxembourg, Paris
2 mars - 10 juillet 2022

Très longtemps marginalisées et discriminées tant dans leur formation que dans leur accès aux galeries, aux collectionneurs et aux musées, les artistes femmes de la première moitié du XXe siècle ont néanmoins occupé un rôle primordial dans le développement des grands mouvements artistiques de la modernité sans pour autant être reconnues de leur vivant en tant que telles. Ce n’est que récemment que leur rôle dans les avant-gardes est exploré: de fait il est a prévoir que lorsque le rôle de ces femmes sera reconnu a leur juste valeur, ces mouvements seront profondément changés. Cette exposition nous invite à les réinscrire dans cette histoire de l’art en transformation: du fauvisme à l’abstraction, en passant par le cubisme, Dada et le Surréalisme notamment, mais aussi dans le monde de l’architecture, la danse, le design, la littérature et la mode, tout comme pour les découvertes scientifiques. Leurs explorations plastiques et conceptuelles témoignent d’audace et de courage face aux conventions établies cantonnant les femmes à certains métiers et stéréotypes. Elles expriment de multiples manières la volonté de redéfinir le rôle des femmes dans le monde moderne. Les nombreux bouleversements du début du XXe siècle voient s’affirmer certaines grandes figures d’artistes femmes. Elles se multiplient après la révolution russe et la Première Guerre mondiale qui accélèrent la remise en cause du modèle patriarcal pour des raisons pratiques, politiques et sociologiques. Les femmes gagnent en pouvoir et visibilité et les artistes vont donner à ces pionnières le visage qui leur correspond. 

Un siècle après, il est temps de se remémorer ce moment exceptionnel de l’histoire des artistes femmes. Les années 1920 sont une période de bouillonnement et d’effervescence culturelle, d’où sera tiré le qualificatif d’années folles. Synonymes de fêtes, d’exubérance, de forte croissance économique, cette époque est aussi le moment du questionnement de ce que l’on appelle aujourd’hui les «rôles de genre», et de l’invention ainsi que de l’expérience vécue d’un «troisième genre». Un siècle avant la popularisation du mot «queer», la possibilité de réaliser une transition ou d’être entre deux genres, les artistes des années 20 avaient déjà donné forme à cette révolution de l’identité.

La crise économique, la montée des populismes, puis la seconde guerre mondiale vont à la fois restreindre la visibilité des femmes, et faire oublier ce moment extraordinaire des années 20 où elles avaient eu la parole. L’euphorie avant la tempête se joue surtout dans quelques capitales où Paris tient un rôle central, et plus précisément les quartiers latin, de Montparnasse et de Montmartre,

L’exposition Pionnières, artistes dans le Paris des années folles présente 45 artistes travaillant aussi bien la peinture, la sculpture, le cinéma, que des techniques/catégories d’objets nouvelles (tableaux textiles, poupées et marionnettes). Des artistes connues comme Suzanne Valadon, Tamara de Lempicka, Marie Laurencin côtoient des figures oubliées comme Mela Muter, Anton Prinner, Gerda Wegener. Ces femmes viennent du monde entier, y compris d’autres continents où certaines exporteront ensuite l’idée de modernité : comme Tarsila Do Amaral au Brésil, Amrita Sher Gil en Inde, ou Pan Yunliang en Chine. 

Après les “femmes nouvelles” du XIXème siècle liées à la photographie, ces « nouvelles Eves », sont les premières à avoir la possibilité d’être reconnue comme des artistes, de posséder un atelier, une galerie ou une maison d’édition, de diriger des ateliers dans des écoles d’art, de représenter des corps nus, qu’ils soient masculins ou féminins, et d’interroger ces catégories de genre. Les premières femmes à avoir la possibilité de vivre leur sexualité, quelle qu’elle soit, de choisir leur époux, de se marier ou pas et de s’habiller comme elles l’entendent. Leur vie et leur corps, dont elles sont les premières à revendiquer l’entière propriété, sont les outils de leur art, de leur travail, qu’elles réinventent dans toaus les matériaux, sur tous les supports. L’interdisciplinarité et la performativité de leur création a influencé et continue d’influencer des générations entières d’artistes.

Organisation spatiale en neuf chapitres

L’exposition se veut aussi foisonnante que ces années 1920, convoque artistes et femmes de l’art, amazones, mères, androgynes à leurs heures et révolutionnaires presque toujours, qu’elle rassemble dans neuf chapitres thématiques Dans certaines salles/chapitres une sélection d’extraits de films, chansons, partitions, romans, revues évoquent les grands personnages féminins dans les domaines du sport, de la science, de la littérature, de la mode. 

En introduction, « Les femmes sur tous les fronts » examine comment la guerre a promu les femmes engagées volontaires comme infirmières au front, mais aussi remplaçant les hommes décimés par une guerre meurtrière partout où leur présence était nécessaire. Une  galerie de portraits de Berenice Abott, datant de ses années parisiennes, brosse une image de la ville cosmopolite où milieux sociaux, élites aristocratiques et artistiques se mélangent.

Pourquoi Paris? Paris c’est la ville des Académies privées où les femmes sont bienvenues ; la ville des librairies d’avant-garde, des cafés où les artistes croisent les poètes et romanciers dont les livres sont traduits et diffusés dans des librairies uniques au monde, où le cinéma expérimental s’invente…. Tous ces lieux sont tenus ou remplis, par des femmes ; elles sont dans toutes les avant -gardes et toutes les formes d’abstraction. Paris c’est elles, les protagonistes des nouveaux langages (cinéma, littérature, peinture et sculpture).

Pour ces femmes libérées et autonomes, Vivre de son art est un impératif essentiel : elles développent des points entre l’art et les arts appliques, la peinture et la mode, inventent des espaces intérieurs et des architectures ou même des décors de théâtre, et enfin inventent de nouvelles typologies d’objet comme des poupées/portraits, des marionnettes/sculptures, des tableaux en textile. Sonia Delaunay aura sa boutique ainsi que Sarah Lipska

Non contentes de ré-inventer le métier d’artiste, elles se saisissent du temps de loisir et représentent le corps musclé, sous le soleil, voire sportif, transformant le sport masculin en un équivalant à la fois élégant, ambitieux et décontracté féminin, inventant ce qui deviendra un poncif du XXIème siècle. La nouvelle Eve découvre les joies de ne rien faire au soleil (l’héliothérapie), s’inscrit aux Jeux Olympiques ou promeut son célèbre nom grâce à des produits dérivés, pratiquant aussi bien le music hall la nuit, que le golf la journée : elle s’appelle Joséphine Baker.

Tandis que le corps se déploie librement sous le soleil dans des poses nouvelles, il se réinvente aussi Chez soi, sans fard. Ces odalisques modernes se représentent dans leurs intérieurs avec naturalisme. Plus besoin de paraître ni de faire semblant : la maternité peut-être ennuyeuse et fatigante; les poses de nues excentriques, le déshabillage un échappatoire aux diktats du regard du monde.

Ainsi s’élabore dans les années 20 ce nouveau point de vue complexe et informé de femmes éduquées et ambitieuses, déterminées à représenter le monde telles qu’elles le voient, à commencer par leur corps. C’est là que leur regard s’affute, se mesure au passé, rêve un autre futur. Le female gaze des années 20 s’emploie à représenter le corps autrement.

Parmi les tropes que ces années folles inventent et surtout mettent en pratique au grand jour, celui des « deux amies », décrit une amitié forte entre deux femmes sans la présence d’hommes, ou une histoire d’amour, ou un mélange d’amitié et de désir qui permet aux femmes une bisexualité assumée. Les deux amies sont une invention des années 20 que la peinture, la littérature et la société cosmopolite vont représenter, accueillir et dont elles transmettront la mémoire.

Ni les garçonnes qui succombent à la mode de se couper les cheveux, ni les amazones qui ne dédaignent pas d’endosser des costumes masculins, ni les travestis occasionnels ou bals masqués courants, ne recouvrent l’essentielle émergence d’un « troisième sexe », ancêtre de notre fluidité des genres et en particulier de la possibilité de ne pas s’assigner de genre.

Pour conclure, l’exposition rappellera que ces artistes furent aussi des voyageuses : d’un continent à l’autre pour se former et lancer des avant-gardes dans leur pays ; ou exploratrices de pays inconnus, ou peintres et sculpteuses à la découverte d’un « autre » dont elles tentent de saisir l’identité sans les poncifs du regard coloniales. Ces Pionnières de la diversité souffraient de l’invisibilité dans leur pays : elles étaient à même de comprendre d’autres identités mises à l’écart : elles ont beaucoup à nous apprendre.

Commissariat général : Camille Morineau, Conservatrice du Patrimoine et directrice d’AWARE (Archives of WOmen Artists, Research and Exhibitions)

Commissaire associée : Lucia Pesapane, historienne de l’art

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais

Liste des 45 artistes exposées

Berenice Abbott
Laure Albin-Guillot
Tarsila do Amaral
Alice Bailly
Aleksandra Beļcova
Maria Blanchard
Anna Boetty Steiner
Romaine Brooks
Marcelle Cahn
Claude Cahun
Emilie Charmy
Franciska Clausen
Irina Codreanu
Lucie Cousturier
Sonia Delaunay
Gisèle Freund
Natalia Gontcharova
Alicja Halicka
Nina Hamnett
Rita Kern Larsen
Marie Laurencin
Stefania Lazarska
Tamara de Lempicka
Sarah Lipska
Sonia Lewitska
Madame d’Ora
Marevna
Jacqueline Marval
Marcelle Moore
Marlow Moss
Chana Orloff
Mela Muter
Anton Prinner
Anna Fanny Quinquaud
Juliette Roche
Germaine de Roton
Amrita Sher Gil
Sophie Taeuber-Arp
Suzanne Valadon
Marie Vassilieff
Gerda Wegener
Gertrude Whitney

Catalogue de l’exposition

PIONNIÈRES
Artistes dans le Paris des Années folles
Editions de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais
Auteures : Camille Morineau, Lucia Pesapane, 
Emmanuelle Retaillaud, Pauline Créteur, Ewa Bobrowska, 
Paula J. Birnbaum, Lauren Jimerson, Catherine Gonnard, 
Tirza Latimer, Nathalie Ernoult
Relié, 20 x 29 cm, 208 p., 160 illustrations
Parution : 2 mars 2022

MUSÉE DU LUXEMBOURG
19 rue Vaugirard, 75006 Paris

16/09/21

Vivian Maier @ Musée du Luxembourg, Paris

Vivian Maier
Musée du Luxembourg, Paris
15 septembre 2021 - 16 janvier 2022 

Vivian Maier naît à New-York en 1926. Son père est d’origine austro-hongroise et sa mère est française, ce qui la conduit à séjourner à plusieurs reprises en France dans sa jeunesse. Elle commence à exercer le métier de gouvernante d’enfants dès 1951, d’abord à New-York puis, jusque dans les années 90 à Chicago où elle s’éteint au printemps 2009.

Toute une vie passée inaperçue, jusqu’à la découverte, en 2007, de son corpus photographique : un oeuvre imposant, dense, lumineux et brillant, constitué de plus de 120 000 images photographiques, de films super 8 et 16mm, d’enregistrements divers, de photographies éparses, et d‘une multitude de pellicules non développées, comme autant de trouvailles fascinantes. Cette passion qui l’habite et qui deviendra une activité presque quotidienne, l’élève aujourd’hui au rang des plus grands photographes emblématiques de la Street Photography, et la fait figurer dans l’Histoire aux côtés de Diane Arbus, Robert Frank, Helen Levitt ou Garry Winogrand.

On retrouve dans tout l’oeuvre de Vivian Maier des thématiques récurrentes, qui agissent comme des pondérations et équilibrent son architecture générale, définissant d’emblée et dès ses premières images, un vocabulaire, une syntaxe, un langage qu’elle choisit pour raconter son temps. Les scènes de rue, son théâtre de prédilection, et les quartiers ouvriers, là où elle rencontre la vie, constituent la première thématique de son oeuvre. Au travers de nombreux portraits d’inconnus et de personnes auxquels elle s’identifie et à qui elle délivre une fraction de seconde d’éternité en croisant leurs regards, Vivian Maier fixe un geste, une expression, une situation, la grâce de petites choses accessibles.

Et puis il y a l’univers des enfants qui a été le sien durant si longtemps, et qui est aussi le monde de la liberté où le temps n’existe plus. Elle s’attache aux formes, aux rythmes, aux matières et aux objets trouvés au détour de ses longues promenades. D’abord en noir et blanc, et puis à partir des années soixante, avec la musicalité des couleurs, elle joue des spécificités de cette nouvelle technique pour apporter une variation à sa pratique photographique.

Elle s’essaiera au cinéma, avec sa caméra super 8 ou 16mm comme une tentative de ne plus précipiter le temps mais plutôt de le fixer au rythme de son regard. Ce que Vivian Maier filme, ce n’est pas une scène, ce sont les déplacements de son regard dans l’espace, à la recherche de l’image photographique.

Au coeur même des thématiques explorées par Vivian Maier, il y a un enjeu d’importance qui semble structurer tout son oeuvre. C’est celui de la quête de sa propre identité à travers ses autoportraits. Ils sont nombreux et se déclinent sous de multiples variations et typologies, et deviennent un langage dans le langage. Une forme de mise en abîme du dédoublement.

L’exposition du Musée du Luxembourg, s’articule selon ces grands axes thématiques.

Grâce au concours exceptionnel de l’Estate de Vivian Maier dans le cadre de cette exposition, le public accède pour la première fois à des archives inédites de la photographe : sont ainsi présentées de nouvelles analyses scientifiques, mettant en regard plusieurs aspects de sa création. Ces inédits permettent d’effectuer des rapprochements et des correspondances : photographies vintages que Vivian Maier a pu tirer, films super 8 jamais montrés, qui nous renseignent sur sa recherche de l’image photographique, enregistrements audio constituant un éclairage important sur sa pratique.

Enfin, des archives originales seront présentées tel que ses appareils photo, l’un de ses emblématiques chapeaux, ou encore des photographies de studio issues de sa propre collection, qui informent les visiteurs de ses intérêts, et de possibles influences dans son travail. Le propos de cette exposition est donc de tisser ces éléments entre eux et ainsi de reconstruire et de présenter au public, non seulement la partie visible de l’oeuvre, mais aussi son archéologie.

Exposition organisée par la Rmn - Grand Palais et diChroma photography, en collaboration avec la Collection John Maloof, Chicago et la Howard Greenberg Gallery, NY.

Commissariat : Anne Morin, commissaire d’expositions et directrice de diChroma photography

MUSEE DU LUXEMBOURG
19 rue Vaugirard, 75006 Paris
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24/01/21

Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d’un combat @ Musée du Luxembourg, Paris

Peintres femmes, 1780-1830
Naissance d’un combat
Musée du Luxembourg, Paris
3 mars - 4 juillet 2021

Julie Duvidal de Montferrier

JULIE DUVIDAL DE MONTFERRIER
Autoportrait
Huile sur toile, 65 x 53,5 cm
Paris, Ecole nationale supérieure des Beaux-arts (ENSBA)

Parcours du demi-siècle qui s’étend entre les années pré-révolutionnaires jusqu’à la Restauration, l’exposition Peintres femmes 1780-1830. Naissance d’un combat comprend environ 70 oeuvres exposées provenant de collections publiques et privées françaises et internationales. L’exposition s’attache à porter à la connaissance du public une question peu ou mal connue : comment le phénomène alors inédit de la féminisation de l’espace des beaux-arts s’articule à cette époque avec la transformation de l’organisation de l’espace de production artistique (administration, formation, exposition, critique) et une mutation du goût comme des pratiques sociales relatives à l’art.

Entre le XVIIIe des Lumières et le second XIXe siècle, celui du Romantisme puis de l’Impressionnisme, la perception de la période est phagocytée par les figures de David et celles des « trois G. » (Gérard, Gros, Girodet). En ce qui concerne les peintres femmes, il en va de même : après le « coup de théâtre » de la réception à l’Académie royale de peinture d’Elisabeth Vigée-Lebrun et Adélaïde Labille-Guiard en 1783, les noms le plus souvent cités sont ceux de Marie-Guillemine Benoît (et son célèbre Portrait d’une négresse — c’est le titre original), Angélique Mongez pour ces grandes machines historiques davidiennes, Marguerite Gérard qui a survécu stylistiquement au goût Rococo et à la renommée de Fragonard, dont elle fut l’élève puis la collaboratrice ou bien encore Constance Mayer dont le suicide semble l’avoir sauvée de l’oubli davantage que son oeuvre souvent réattribuée à Prud’hon, son compagnon de vie et d’atelier. Or, si on se plaît à rapporter souvent cet épisode tragique, c’est qu’il offre une explication commode à l’ « absence des femmes » et une occasion de s’en indigner pour ne pas pousser plus loin l’analyse historique de la période.

Un des enjeux majeurs de l’exposition est celui de la méthode historique, de l’interrogation de cette méthode et de la conscience critique que doit en avoir l’historien (comme le commissaire d’exposition) pour ne pas rompre le contrat de vérité qui le lie à son lecteur. Pour écrire et mettre en scène une histoire qui n’a pas été racontée (celle des peintres femmes), il apparaît essentiel de se doter de moyens nouveaux et, plus humblement d’interroger sans relâche ceux qui ont été mobilisés jusque-là pour écrire une histoire de l’art « sans femmes ».

On a souvent posé la question de l’absence des « grandes » femmes artistes et trouvé une réponse historique à cette absence et à l’ « empêchement » : l’interdiction faite aux femmes de pratiquer le nu et donc la peinture d’histoire, leur niveau moindre de formation, le numerus clausus à l’académie royale, la vocation matrimoniale, maternelle et domestique que leur attribuent les critères de genre, leur minorisation sociale et politique, la limitation de leur pratique à des genres « mineurs ». Tous ces arguments sont documentés, il n’est pas question de le nier. Le problème est qu’ils sont ceux-là même (arguments et documents) et seulement ceux que fournissent l’histoire de l’art traditionnelle et le récit historique dominant. Dans ce récit, on ne parle pas des peintres femmes parce qu’il n’y en a pas ou peu qui sont « grandes ». Parce que le « grand » (grand homme, grand genre, grande oeuvre, grande Histoire) y est un présupposé tout autant qu’une intention esthétique et politique qui détermine des choix, des omissions et des exclusions dans la recherche documentaire.

Un des intérêts de l’exposition est d’avoir déplacé l’origine du point de vue sur les productions des artistes femmes. Les livrets des salons (avec les commentaires des oeuvres, les noms des exposant-e-s), les articles de la presse en pleine expansion à cette époque, les oeuvres elles-mêmes (par qui ont elles été commandées ? achetées ? etc.), les témoignages contemporains constituent un paysage totalement différent de celui que l’histoire de l’art traditionnelle nous a transmis : il est beaucoup plus complexe, et le sort des artistes femmes y apparaît moins tributaire qu’on a voulu le dire du schéma manichéen opprimées/ oppresseurs, empêchées / favorisés, féminin /masculin. Il s’est donc agi de redonner toute sa place aux témoins et aux acteurs de l’époque dont la parole avait été occultée mais aussi aux oeuvres, à la démarche artistique.

Car à ne considérer les oeuvres des artistes femmes qu’à la lumière de leur statut de femme, qu’il s’agisse de démontrer comment elles en pâtirent, comment elles le transgressèrent ou comment elles le revendiquèrent, on ne fait que corroborer et maintenir les présupposés et les valeurs qui ont conduit le modèle historiographique dominant à oublier leur rôle, leur apport et leur place dans l’espace des beaux–arts entre 1780 et 1830 comme dans les importantes mutations que celui-ci enregistre alors — mutations déterminantes pour la seconde moitié du XIXe siècle. L’exposition est aussi un combat contre l’oubli.

Commissariat de l'exposition : Martine Lacas, Docteure en histoire et théorie de l’art, auteure, chercheuse indépendante
Scénographie : Loretta Gaïtis et Irène Charrat

MUSEE DU LUXEMBOURG
19 rue Vaugirard, 75006 Paris