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07/07/24

Chefs-d’oeuvre du Musée Langmatt, Boudin, Renoir, Cézanne, Gauguin… @ Fondation de l'Hermitage, Lausanne

Chefs-d’oeuvre du Musée Langmatt
Boudin, Renoir, Cézanne, Gauguin…
Fondation de l'Hermitage, Lausanne
28 juin - 3 novembre 2024

En 2024, la Fondation de l’Hermitage fête ses 40 ans et présente une exposition exceptionnelle en partenariat avec le Museum Langmatt de Baden. Constituée des trésors – majoritairement impressionnistes – rassemblés pour l’essentiel entre 1908 et 1919 par le couple de collectionneurs Jenny et Sidney Brown, cette somptueuse collection, habituellement montrée à la Villa Langmatt, fera escale à l’Hermitage pour sa première présentation hors-les-murs. Quarante ans après son exposition inaugurale L’impressionnisme dans les collections romandes, la Fondation dévoiler ainsi l’une des plus prestigieuses collections impressionnistes de Suisse allemande. Cette présentation-événement permet aussi de célébrer les 150 ans de l’impressionnisme, qui s’est cristallisé en 1874 autour de la première exposition collective d’un groupe de jeunes artistes indépendants, adeptes d’une « nouvelle peinture ».

Tous deux issus de familles de grands entrepreneurs basés à Winterthour, Jenny Sulzer (1871-1968) et Sidney Brown (1865-1941) se marient en 1896. C’est pendant leur voyage de noces à Paris qu’ils achètent leur première oeuvre, un paysage d’Eugène Boudin représentant des lavandières près de Trouville. Ce tableau scelle d’emblée un attrait pour la peinture française, et en particulier pour la couleur et les effets de lumière.

Au tournant du 20e siècle, les Brown effectuent maints voyages pour découvrir la création de leur temps et soutenir des artistes. Dominée par les paysages et les natures mortes, la collection réunit des oeuvres de Pierre Bonnard, Eugène Boudin, Mary Cassatt, Camille Corot, Paul Cézanne, Edgar Degas, Henri Fantin-Latour, Paul Gauguin, Henri Matisse, Claude Monet, Camille Pissarro, Odilon Redon, Pierre-Auguste Renoir, ou encore Alfred Sisley, constituant ainsi l’une des premières et plus significatives collections impressionnistes de Suisse.

Ces chefs-d’oeuvre sont désormais conservés à la Villa Langmatt, que le couple a fait construire dans le style Art nouveau par l’architecte Karl Moser (1860-1936) entre 1899 et 1901. La demeure, inspirée de l’architecture rurale anglaise, est actuellement fermée pour d’importants travaux de rénovation. L’exposition de la collection Langmatt à la Fondation de l’Hermitage réunit plus de 60 oeuvres parmi les plus remarquables de cet ensemble : une occasion unique d’admirer ces trésors hors de leur écrin habituel. L’exposition fera ensuite étape au Wallraf-Richartz-Museum & Fondation Corboud, à Cologne, puis à la Österreichische Galerie Belvedere, à Vienne.

ARTISTES EXPOSÉ·E·S

Pierre BONNARD (1867-1947)
Eugène BOUDIN (1824-1898)
Eugène CARRIÈRE (1849-1906)
Camille COROT (1796-1875)
Mary CASSATT (1844-1926)
Paul CÉZANNE (1839-1906)
Gustave COURBET (1819-1877)
Edgar DEGAS (1834-1917)
Julius EXTER (1863-1939)
Henri FANTIN-LATOUR (1836-1904)
Jean-Honoré FRAGONARD (1732-1806)
Paul GAUGIN (1848-1903)
Henri MATISSE (1869-1954)
Claude MONET (1840-1926)
Max OPPENHEIMER (1885-1954)
Camille PISSARRO (1830-1903)
Odilon REDON (1840-1916)
Pierre-Auguste RENOIR (1841-1919)
Alfred SISLEY (1839-1899)
Victor VIGNON (1847-1909)

COMMISSARIAT
Sylvie Wuhrmann, Directrice de la Fondation de l’Hermitage
Aurélie Couvreur, Conservatrice de la Fondation de l’Hermitage
Corinne Currat, Conservatrice adjointe de la Fondation de l’Hermitage

CATALOGUE
L’exposition est accompagnée d’un ouvrage richement illustré, placé sous la direction de Markus Stegmann, directeur du Musée Langmatt, et publié en co-édition avec les éditions Snoek à Gand.

FONDATION DE L’HERMITAGE 
Route du Signal 2, 1018 Lausanne 

21/11/21

Julie Manet @ Musée Marmottan Monet, Paris - La mémoire impressionniste

Julie Manet. La mémoire impressionniste
Musée Marmottan Monet, Paris
19 octobre 2021 - 20 mars 2022

Le musée Marmottan Monet consacre la première exposition jamais dédiée à Julie Manet (1878-1966). Plus d’une centaine d’œuvres: peintures, sculptures, pastels, aquarelles, gravures, … provenant des musées du monde entier et de collections particulières dont de nombreuses pièces présentées pour la première fois au public retracent la vie de Julie Manet, fille unique de la première impressionniste Berthe Morisot et nièce de l’illustre peintre Édouard Manet. Le propos de l’exposition n’est pas seulement d’évoquer la jeunesse de Julie Manet parmi les impressionnistes mais aussi de lever le voile sur sa vie de femme, d’évoquer l’amour de l’art qu’elle reçoit en héritage, de présenter l’extraordinaire collection qu’elle réunit avec son époux, Ernest Rouart et de mettre en évidence ce qui fut l’engagement de sa vie: faire reconnaitre l’œuvre de sa mère et de son oncle. Pour retracer huit décennies d’une vie sans pareil et révéler ses multiples facettes, l’exposition se déploie au-delà des espaces habituellement dédiés aux manifestations temporaires et comprend également les galerie Rouart situées au premier étage, donnant une envergure exceptionnelle à l’événement.

Rez-de-jardin: Julie Manet, de l’éducation à la mémoire impressionniste

La première partie de l’exposition évoque la jeunesse de Julie Manet. Une première section intitulée une éducation impressionniste présente certains des portraits les plus illustres de celle que l’on peut qualifier de modèle-née. Elle sera le modèle de prédilection de sa mère qui la croque à l’aquarelle dans l’herbe (Paris, musée Marmottan Monet), à Bougival (Paris, musée Marmottan Monet) près de son père, Eugène Manet pour une toile montrée aux expositions impressionnistes. Elle pose seule à 8 ans en 1886 pour le Jersey bleu, Rêveuse en 1894. Renoir lui dédie plusieurs tableaux. L’enfant au chat (Paris, musée d’Orsay) est le plus ancien et sans doute le plus connu. Il est présenté ainsi que deux esquisses, au crayon, au format tableau exposés pour la première fois. Sont également présentés un portrait de Julie Manet l’un peint et la représentant seule (Paris, musée Marmottan Monet) et l’autre au pastel avec Berthe Morisot (Paris, musée du Petit Palais). Après la mort de cette dernière, Renoir veille sur Julie et ses deux cousines Jeannie et Paule Gobillard. Toutes trois posent pour le maître. Julie et Jeannie, inséparables sœurs-cousines, posent de concert pour Le chapeau épinglé (collection particulière). Paule, plus âgée de dix ans, fait l’objet d’une sanguine montrée pour la première fois (collection particulière). Deux tableaux évoquent les passions des nièces de Berthe Morisot. Berthe Morisot qui enseigna à Paule, la présente en peintre (Paule Gobillard peignant, Paris, musée Marmottan Monet) tandis que Julie dépeint dans une harmonie de tons pastel et irisés, Jeannie en pianiste virtuose (collection particulière). Faisant face à ces portraits une section est dédiée à Stéphane Mallarmé. Son portrait par Manet (Paris, musée d’Orsay), un coffret du poème d’Edgar Poe, Le Corbeau (collection particulière) traduit par le poète et illustré par le peintre témoigne de leur complicité. Le bateau de Mallarmé, dit La voile Blanche, peint sur la Seine à Valvins par Berthe Morisot témoigne quant à lui des liens qui uniront la première impressionniste à l’homme de lettre. C’est lui qu’elle choisit pour être le subrogé tuteur de Julie, c’est lui qui offre à sa pupille sa levrette Laërtes que peint sa mère en 1893, lui encore qui compose d’après l’ultime portrait de Julie ébauché par l’impressionniste (collection particulière) le sonnet: Julie au chapeau Liberty.

Orpheline à seize ans, Julie endosse le triste titre de dernière représentante de la branche Manet, aux côtés de la veuve du peintre, sa tante Suzanne Leenhoff. Leur relation est évoquée par son portrait par Manet, La femme au chat (Londres, Tate) présenté non loin des dessins et croquis de Manet qu’elle lui offre, pour ses seize ans notamment. Ces papiers sont présentés pour la première fois. Un tableau spectaculaire, Baigneuses en Seine (São Polo, MASP) que Julie reproche à sa tante d’avoir authentifié, le fond ayant été repris selon elle vers 1899, illustre les divergences d’opinion des deux femmes quant à l’exercice du droit moral de l’artiste. Vient ensuite, le moment de la rencontre amoureuse. À l’instar de sa mère qui avait rencontré Manet au Louvre, Julie y fait, en 1897, la connaissance de son futur époux, le peintre Ernest Rouart. La Vierge au lapin (Paris, musée du Louvre) Jupiter et Antiope (Paris, musée Marmottan Monet) copiés par Manet d’après Titien, Le repas chez Simon esquissé par Berthe Morisot d’après Véronèse (Paris, musée Marmottan Monet) et la copie entreprise par Ernest d’après Minerve chassant les Vices du jardin de la Vertu de Mantegna (Paris, musée d’Orsay) toutes exécutées au Louvre illustrent la place singulière du musée dans l’histoire familiale. Le 31 mai 1900, Julie Manet épouse Ernest Rouart. Julie pose dorénavant pour son époux dont on présente plusieurs portraits tels Portrait de Julie Manet peignant (collection particulière), Portrait de Julie Manet (collection particulière) et L’heure du thé. L’engagement du couple au service de l’art est exemplaire. Julie conserve pieusement l’important patrimoine artistique qu’elle a hérité tels les portraits de M. et mme Auguste Manet (Paris, musée d’Orsay) et deux portraits de sa mère par Manet (Lille, Palais des Beaux-Arts et Paris ; musée Marmottan Monet) et celui de son père, Eugène Manet par Alphonse Legros qui est présenté pour la première fois. Dès le début du siècle, Julie s’attache à promouvoir l’œuvre de sa mère. Par l’intermédiaire de ses proches, elle convainc plusieurs musées d’accepter le don de tableaux de Morisot. L’été est offert au musée Fabre de Montpellier, Sur le banc au musée des Augustins de Toulouse, La fleur aux cheveux au Petit Palais à Paris, Pasie cousant dans le jardin de Bougival au musée de Pau et – grâce à l’entregent des proches de Renoir - Paysanne niçoise est acquis par le musée de Lyon. En 1912, le couple se porte acquéreur d’importantes œuvres provenant de la collection du beau-père de Julie, Henri Rouart (1833-1912). Leurs achats portent aussi bien sur les XVIIe et XVIIIe avec Poussin, Fragonard et Hubert Robert que sur le XIXe avec Delacroix, Corot, Jongkind, Daumier, Puvis de Chavannes, Degas… Redon ou encore Gauguin. Sans attendre, Julie Manet et Ernest Rouart procèdent – en accord avec les autres enfants d’Henri Rouart – à des dons majeurs en faveur du Louvre: La Dame en bleu de Corot (Paris, musée du Louvre), Crispin et Scapin de Daumier (Paris, musée d’Orsay) lui sont offertes en 1913. En 1930, Julie réalise l’un des vœux les plus chers de sa mère faire entrer au Louvre La Dame aux éventails de Manet que Morisot avait acquis en 1884 à cet effet. Il aura fallu 46 ans de patience, deux générations de femmes, la détermination d’une mère et de sa fille, pour mener à bien ce projet. Femme de conviction, Julie est aussi une femme de foi. Membre du tiers Ordre dominicain au même titre que son époux, sa cousine Jeannie devenue Madame Paul Valery, son cousin germain Gabriel Thomas et Maurice Denis dont elle admire le Magnificat (collection particulière) et le Baptême du Christ (collection particulière). Posant pour son époux, elle prend le pinceau pour faire le portrait de ses petitsenfants et réalise pour l’ainé Jean-Michel un touchant catéchisme manuscrit et aquarellé. Au soir de sa vie, Julie Manet reste fidèle à elle-même, offre en 1943 en mémoire de son défunt mari, Tivoli, Les jardins de la villa d’Este de Corot (Paris, musée du Louvre) et conserve la copie que sa mère en avait fait dans sa jeunesse (collection particulière). Porteuse d’une mémoire impressionniste, elle reste fidèle à ses amis de toujours et acquiert en 1957 un grand Nymphéa de Monet. Julie Manet incarne bien la mémoire impressionniste.

Galeries Rouart: Julie Manet, peintre et diariste

On ne peut évoquer Julie Manet sans aborder la question de sa peinture et de son célèbre Journal. L’un et l’autre sont présentés au premier étage. Si la fille de Berthe Morisot ne s’est jamais considérée comme un peintre à part entière, elle maniera crayon et pinceau toute sa vie. Les peintures au musée Marmottan Monet se concentrent principalement sur la période 1895-1900 alors que Julie travaille sous la houlette de Renoir. Citons Femme avec Laërtes exposé au Salon des Indépendants en 1898, Avant le bal peint rue de Villejust où l’on aperçoit dans l’embrasure de la porte son cousin Edmé Pontillon. Les Cygnes et La cueillette des pêches reprennent un thème cher à sa mère, et se rapproche de son travail par la facture. Les différentes éditions du Journal de Julie Manet composé entre 1893 et 1899 et publié en 1979 sont présentés aux côtés du tapuscrit original et d’un manuscrit inédit signé de Jeannie Gobillard. 120 feuillets évoquent la genèse des fiançailles jusqu’au double mariage, dans lequel Jeannie Gobillard y décrit tout ce que Julie Manet n’a pas écrit: les déclarations chez M. Degas, la visite au cimetière de Passy et le rôle des Impressionnistes dans le dessein de leurs vies de femmes. Cet ouvrage fait l’objet d’une publication préfacée, annotée et illustrée de photos inédites, coéditée avec les éditions des Cendres. Au mur, des vues du Mesnil signée de son époux et de sa cousine Paule illustrent l’atmosphère bucolique et chaleureuse que Julie sut donner au château du Mesnil, autre patrimoine qu’elle tint de ses parents.

Julie Manet
Julie Manet. La mémoire impressionniste
Catalogue de l'exposition
Coédition musée Marmottan Monet / Éditions Hazan
Broché, 22×28,5 cm, 324 pages, 250 illustrations / Prix 45 euros
ISBN: 9782754112314
Ouvrage sous la direction de Marianne Mathieu, Historienne de l’art, Directeur scientifique du musée Marmottan Monet
Les auteurs : Marianne Mathieu, Dominique d’Arnoult, Docteure en histoire de l’art et Claire Gooden, attachée de conservation au musée Marmottan Monet
Le catalogue est édité en français et en anglais.
MUSÉE MARMOTTAN MONET 
Académie des Beaux-Arts
2 rue Louis-Boilly, 75016 Paris

24/07/19

Berthe Morisot @ Musée d'Orsay, Paris

Berthe Morisot (1841-1895)
Musée d'Orsay, Paris
Jusqu'au 22 septembre 2019

Berthe Morisot (1841-1895)
Affiche de l'exposition

Pour la première fois depuis son ouverture en 1986, le musée d’Orsay consacre une exposition à l’une des figures majeures de l’impressionnisme, Berthe Morisot (1841-1895). C'est aussi la première manifestation monographique consacrée à l’artiste par un musée national depuis la rétrospective de 1941 à l’Orangerie.

Née en 1841 dans ce que son ami Renoir qualifiait de « milieu le plus austèrement bourgeois », mais ouvert aux arts, Berthe Morisot affiche très tôt un goût de l’indépendance. Elle s’affranchit d’une pratique amateure, où la peinture est considérée comme un talent d’agrément, et affirme, à rebours des usages de son milieu, l’ambition de travailler en professionnelle. Ainsi, elle expose au Salon, manifestation officielle essentielle pour qui veut faire carrière, place des oeuvres sur le marché et, surtout décide de participer à la première exposition dite impressionniste de 1874. Elle est alors la seule femme à prendre part à cette manifestation et, l’une des rares avec Pissarro, qui restera fidèle à la stratégie de l’indépendance, c’est-à-dire au développement d’une carrière en marge des circuits officiels. Figure centrale du mouvement, elle participe à toutes les expositions du groupe, sauf celle de 1879, affaiblie par la naissance de sa fille Julie. Mariée à l’un des frères d’Edouard Manet, Eugène, Berthe Morisot travaille jusqu’à sa mort prématurée en 1895, laissant un ensemble d’un peu plus de 400 tableaux. Toute sa vie, elle a été au coeur des avant-garde artistiques et littéraires, engageant des échanges artistiques féconds avec Manet, Degas, Renoir, Monet ou Mallarmé pour ne citer que quelques noms.

Cette exposition veut marquer une nouvelle étape dans la diffusion et la connaissance de Berthe Morisot en proposant et suscitant de nouvelles approches, tout en déjouant les clichés d’une peinture « féminine » encore attachés à son oeuvre. Ainsi, le choix a été fait d’explorer une facette essentielle de sa création, les tableaux de figures et les portraits.

Dans l’édition de 1919 de son histoire des peintres impressionnistes, Théodore Duret distinguait les paysagistes et les peintres de figures. Berthe Morisot se range assurément dans cette dernière catégorie, aux côtés de Renoir, Degas ou Cassatt. Sur les 423 peintures répertoriées par le plus récent catalogue raisonné, 69,5 % sont donc consacrées à la figure, qu’il s’agisse de portraits, de scènes d’intérieur ou de plein air avec des personnages. C’est également la part de son oeuvre que l’artiste a choisi de montrer en priorité : de son vivant, on peut estimer qu’elle a exposé quatre-vingt-dix-huit tableaux de figures et portraits, contre trente-six paysages et trois natures mortes.

Pour Berthe Morisot, portraits et tableaux de figures sont autant de scènes de la vie moderne. Peindre d’après modèle lui permet en effet d’explorer plusieurs thématiques de la vie de son temps, telles que l’intimité de la vie bourgeoise de l’époque, le goût de la villégiature et des jardins, l’importance de la mode, le travail domestique féminin, tout en brouillant les frontières entre intérieur/extérieur, privé/public ou fini/non fini. Pour Morisot en effet, la peinture doit s’efforcer de « fixer quelque chose de ce qui passe ». Sujets modernes et rapidité d’exécution ont donc à voir avec la temporalité de la représentation, et l’artiste se confronte inlassablement à l’éphémère et au passage du temps. Ainsi, les dernières oeuvres de Berthe Morisot, aux accents symbolistes, caractérisées par une expressivité et une musicalité nouvelles, invitent à une méditation souvent mélancolique sur ces relations entre l’art et la vie. Souvent réduite à des scènes de la vie quotidienne, ces tableaux de figures et portraits se caractérisent au contraire par ce que la grande historienne de l’art américaine, récemment disparue, Linda Nochlin, appelait de « stimulantes ambiguïtés ». Ces « ambiguïtés », ce mystère, s’expriment tant du point de vue des modèles que des espaces mis en jeu et en scène et d’une technique audacieuse et énergique, qui vise à suggérer plutôt qu’à décrire. C’est à cette exploration qu’invitent l’exposition et le catalogue, à la fois en renouvelant le corpus et en croisant les approches.

Près de la moitié des tableaux réunis sont issus de collections particulières et certains n’ont pas été vus en France depuis plus de cent ans. Le parcours, chronologique et thématique, invite à s’interroger sur les sujets représentés (la mode, la toilette, le travail), qui traduisent en effet le statut de la femme au XIXe siècle, mais aussi sur la technique unique de Berthe Morisot (le plein air, l’intérieur, l’importance des espaces intermédiaires tels fenêtres, le fini). Ses tableaux sont une exploration de l’identité moderne que Berthe Morisot a délibérément voulu ambiguë, en équilibre fragile, à la fois paisible et intranquille, limpide et mystérieuse, mais toujours exigeante et profondément novatrice. L’exposition met ainsi en valeur les choix, la détermination sans faille d’une artiste qui affirmait dès l’âge de vingt-ans ne pouvoir obtenir son indépendance « qu’à force de persévérance et en manifestant très ouvertement l’intention de [s]’émanciper ».

Cette exposition est organisée par les musées d’Orsay et de l’Orangerie, Paris, le Musée des beaux-arts, Québec, la Fondation Barnes, Philadelphie, et le Dallas Museum of Art, Dallas.

Commissaires de l'exposition : Sylvie Patry, conservatrice générale, directrice de la conservation et des collections du musée d'Orsay. 
Nicole R. Myers, The Barbara Thomas Lemmon Senior Curator of European Art au Dallas Museum of Art.
Assistante pour la présentation au musée d’Orsay, Lucile Pierret, chargée d’études documentaires.

Berthe Morisot
Catalogue de l’exposition
Sous la direction de Sylvie Patry
Coédition Musées d’Orsay et de l’Orangerie / Flammarion
304 pages – 22,5 x 30 cm – 200 ill.
ISBN : 978-2-35433-288-4

Sommaire du catalogue de l'exposition

Berthe Morisot aujourd’hui : « ambiguïtés stimulantes »
Sylvie Patry, Conservatrice générale et directrice de la conservation et des collections du musée d’Orsay

La modernité vue de l’intérieur
Anne Higonnet, Ann Witney Olin Professor, Barnard, Columbia University

Peindre la vie moderne
« Mettre une figure en plein air »
Femmes à leur toilette
La « beauté de l’être en toilette »
Fini / non-fini : « Fixer quelque chose de ce qui passe »
Femmes au travail
Fenêtres et seuils
Un atelier à soi
Sylvie Patry, Conservatrice générale et directrice de la conservation et des collections du musée d’Orsay

Une artiste en devenir
Marianne Mathieu, Directrice scientifique du musée Marmottan Monet

Morisot et la femme moderne
Nicole R. Myers, The Barbara Thomas Lemmon Senior Curator of European Art, Dallas Museum of Art

Morisot sur le seuil
Cindy Kang, Conservatrice adjointe à la Fondation Barnes, Philadelphie

Peintre pour peintres
Bill Scott, Peintre et graveur abstrait

Annexes
Chronologie, Amalia Wojciechowski, Doctorante au Bryn Mawr College
Les carnets de Berthe Morisot, Samuel Rodary, Chercheur indépendant en histoire de l’art
Expositions tenues de son vivant et posthume, Liste des oeuvres exposées, Liste des images de comparaison, Bibliographie

MUSEE D'ORSAY
1 rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris
www.musee-orsay.fr

02/12/17

Monet collectionneur au Musée Marmottan Monet, Paris

Monet collectionneur : Chefs-d'oeuvre de sa collection privée
Musée Marmottan Monet, Paris

14 septembre 2017 - 14 janvier 2018


PIERRE-AUGUSTE RENOIR Jeune fille au bain, 1892
Huile sur toile – 81,3 x 64,8 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
© New York, The Metropolitan Museum of Art

Claude Monet, le plus célèbre des impressionnistes, fut aussi le plus secret des collectionneurs. A l’exception de ses estampes japonaises, on ignore les chefs-d’oeuvre qu’il a réunis tout au long de sa vie. Ils constituent pourtant le panthéon artistique et sentimental du maître de Giverny. Pour la première fois, le musée Marmottan Monet lève le voile sur cette passion privée et organise une exposition inédite intitulée « Monet collectionneur ».

Légataire universel du fils du peintre, dépositaire du premier fonds mondial d’oeuvres de Claude Monet ainsi que de certaines oeuvres de ses amis, le musée Marmottan Monet a entrepris de reconstituer la collection personnelle du chef de file de l’impressionnisme. En partie dispersée à sa mort et tombée depuis dans l’oubli, il aura fallu mener une étude approfondie – digne d’une enquête policière – pour reconstituer cet ensemble disparu et établir la date et les circonstances dans lesquelles peintures, dessins, sculptures entrèrent à Giverny.

L’exposition présente une centaine d’oeuvres provenant du musée Marmottan Monet, mais aussi des Etats-Unis, d’Amérique Latine, du Japon et d’Europe. Le Moma, Le Metropolitan Museum de New York, la National Gallery de Washington, les musées de Houston, de San Francisco, de Saint-Louis, le Musée de Sao Paulo, le Musée National d’art occidental et le Sompo Museum à Tokyo, Le Staatsgalerie de Stuttgart, le musée de Langmatt à Baden, le musée d’Orsay et le musée Rodin à Paris ainsi que plusieurs collections particulières ont prêté certains de leurs fleurons. On retrouve Delacroix, Corot, Boudin, Jongkind, Manet, Renoir, Caillebotte, Cézanne, Morisot, Pissarro, Rodin, Signac et Toulouse-Lautrec. Au-delà de ses grands noms, Monet nous fait découvrir d’autres talents : Paul Baudry, Carolus-Duran, Jules Chéret, Henri Fantin-Latour, Jean-Louis Forain, Constantin Guys, Jean-Jacques Henner, Charles Lhullier, Georges Manzana et Lucien Pissarro (deux des fils de Camille Pissarro), Gilbert de Séverac.


PIERRE-AUGUSTE RENOIR
Madame Monet et son fils, 1874
Huile sur toile, 50,4 x 68 cm
© Washington, National Gallery of Art, collection Ailsa Mellon Bruce
© Courtesy National Gallery of Art, Washington

Le parcours retrace l’histoire inconnue de la collection et les différentes phases de sa constitution. Durant sa jeunesse, Monet, sans le sou, ne peut acquérir d’oeuvre d’art. Les peintures qu’il réunit sont avant tout des cadeaux : des portraits de lui et de sa première épouse, Camille peints par ses proches durant leurs années de compagnonnage. Une imposante toile de Manet représentant le couple dans le bateau-atelier connu sous le titre Monet peignant dans son atelier (Stuttgart, Staatsgalerie) est au coeur de cette section qui compte de nombreuses toiles de Renoir dont Madame Monet et son fils au jardin (National Gallery, Washington). Vient ensuite le temps des échanges et de la reconnaissance mutuelle. A Rodin, Monet offre une toile de Belle-Ile contre un bronze : Jeune mère à la grotte (Musée Marmottan Monet). Le peintre possède également deux plâtres dont Bacchantes s’enlaçant dédicacée sur la base : « Au grand maître C. Monet, son ami Rodin » (collection particulière), l’une des découvertes de l’exposition, présentée pour la première fois au public. Dans cette section, sont également montrées les oeuvres de Caillebotte et de Berthe Morisot. Si certaines sont offertes par leur auteur de leur vivant au maître d’autres tels Chrysanthèmes de Caillebotte (Paris, musée Marmottan Monet) et de Julie et Laërte de Berthe Morisot (Paris, musée Marmottan Monet) sont reçues par le peintre en souvenir de ses amis défunts. Dorénavant Monet porte le plus grand intérêt aux oeuvres qui enrichissent sa collection. Il les sélectionne avec attention. C’est le cas de Paysannes plantant des rames (Sheffield Museum) de Pissarro que son auteur destinait aux musées nationaux et que Monet choisit en remerciement de l’aide apportée à son ami pour l’achat de sa maison.

A partir des années 1890, la situation financière de Claude Monet s’améliore. L’artiste achète de nombreuses oeuvres d’art. C’est le moment où il acquiert des souvenirs de ses prédécesseurs : aquarelles, pastels, dessins et peintures parmi lesquelles il faut citer Corot « Ariccia, Palais Chigi » (musée Langmatt) et « Rue en Avignon » de Jongkind (Paris, musée Marmottan Monet). Monet se fournit auprès des marchands de Renoir et de Cézanne qui sont les deux artistes les mieux représentés de sa collection. Il débourse d’importantes sommes pour Baigneuse assise (Metroplitan Museum, New York) et Mosquée. Fête arabe (musée d’Orsay, Paris) de Renoir. Parmi les nombreux Cézanne qu’il emporte, citons l’un de ses plus grands chefs-d’oeuvre : Le Nègre Scipion (Museu de Arte, São Paulo) exceptionnellement prêté pour l’exposition.

A partir de 1892, Claude Monet acquiert également plusieurs portraits de la famille de sa seconde épouse, Alice Hoschedé. Les effigies de sa femme, de ses beaux-enfants et de leur père, Ernest Hoschedé leurs sont offerts. Un portrait de son beau-fils Jacques Hoschedé enfant peint par Manet en 1876 et intitulé Garçon dans les fleurs (Tokyo, Musée National d’art occidental), est quant à lui au coeur d’une bataille judiciaire qui déchire la famille au lendemain de la mort d’Alice et révèle un aspect tout à fait inconnu de sa vie de Monet.

Une large sélection d’estampes japonaises provenant de la maison de Giverny rend hommage à l’aspect le mieux connu de la collection de Claude Monet. Considérée comme ayant peu de valeur à la mort du peintre comme c’est aussi le cas des Nymphéas exposés dans leur continuité, ces oeuvres restent dans la demeure du peintre pendant de nombreuses années tandis que les Corot, Cézanne, Manet et autre Renoir sont vendus à grand prix par le fils du peintre, Michel, dès 1927. Pour la première fois depuis lors, la collection dispersée de Claude Monet renait en son musée, le musée Marmottan Monet.

Commissariat de l'exposition :
Marianne Mathieu, Adjointe au directeur, Chargée des collections du musée Marmottan Monet
Dominique Lobstein, Historien de l'art

Musée Marmottan Monet
2, rue Louis-Boilly - 75016 Paris
www.marmottan.fr

29/06/13

Expo Impressionnistes, MBA Caen : Un été au bord de l’eau : loisirs et impressionnisme

Un été au bord de l’eau : loisirs et impressionnisme
Musée des Beaux-Arts de Caen
Jusqu'au 29 Septembre 2013

C'est l'une des plus grandes expositions de l'été 2013. Il suffirait pour s'en convaincre de jeter un coup d'oeil à la liste des artistes exposés (reproduite en fin de post) pour s'en convaincre. Les artistes impressionnistes ont bouleversé la peinture, et l'art en général, en la faisant entré dans la modernité. Et cette exposition au musée des Beaux-Arts de Caen nous les présente sur un de leur thème de prédilection. Un vrai bonheur.

Parmi les grandes mutations dont le 19e siècle fut témoin, le prodigieux essor des villégiatures et des loisirs de plein air est un phénomène qui concerne également l’histoire de l’art. Toute une société, qui se déplace volontiers en train, part à la conquête de nouveaux territoires : la côte, la plage, la mer… La Normandie mais bien d’autres régions également, vont prendre une part essentielle à cet engouement. Pour la première fois l’atelier du peintre quitte la ville, se transposant dans la nature même, signe marquant et prometteur. Désormais, avec les Impressionnistes, le sujet des tableaux ne se trouve plus dans les livres ou dans l’imaginaire des peintres mais au cœur de la réalité et de la vie, dans ces territoires nouvellement conquis, ces lieux de détente et de loisirs qu’offrent en si grand nombre les bords de l’eau.

L’exposition Un été au bord de l’eau : loisirs et impressionnisme décline son propos en quatre chapitres qui illustrent les différents modes d’exploration de ces thèmes par le peintre, depuis les scènes de plage, les paysages de bord de mer et leurs infinies variations atmosphériques, jusqu’à l’incursion des corps dévêtus dans un paysage marin ; devenus sujets exclusifs d’étude du peintre, ces corps solaires consacrent la métamorphose du nu académique, conjuguant tradition et modernité.

Les impressionnistes sur le sable

La plage devient naturellement un espace privilégié par les premiers vacanciers à la découverte des plaisirs de la mer. Sous le Second Empire, les villages de pêcheurs deviennent en quelques années de mondaines stations balnéaires, voyant apparaître riches villas et luxueux hôtels. A la recherche de dépaysement et de pittoresque, les vacanciers s'appliquent paradoxalement à reconstituer la société parisienne sur les plages normandes qui deviennent bientôt le « boulevard d'été de Paris ». 

MARY CASSATT
Enfants jouant sur la plage, 1884
Huile sur toile ; 97,4 x 74,2 cm
Washington, National Gallery of  Art, Alisa Mellon Bruce Collection
© National Gallery of Art, Washington

PAUL-CESAR HELLEU
Madame Helleu lisant sur la plage, 1896
Huile sur toile ; 81 x 65 cm
Bayonne, Musée Bonnat-Helleu, legs Howard-Johnston 2009
© Musée Bonnat-Helleu, Bayonne / photo A. Vaquero

JOAQUIN SOROLLA
Instantanea, Biarritz, 1906
Huile sur toile ; 62 x 93,5 cm
Madrid, Musée Sorolla
© Fondation Museo Sorolla, Madrid

Lors de leurs séjours, Edouard Manet, Claude Monet, Berthe Morisot, Edgar Degas, vont réaliser des scènes de plages suggestives, conçues comme des esquisses libres et spontanées. Sous l'influence de Boudin, Claude Monet peint les plages de Trouville et de Sainte-Adresse, inaugurant un genre enrichi par les expériences de Manet à Boulogne ou Gauguin en Bretagne… Cette séquence évoquera aussi les peintres réalistes et descriptifs tels Prinet, Blanche, Helleu, qui mènent aux interprétations lumineuses de Maurice Denis, séduisant metteur en scène de sa famille lors de ses séjours réguliers à Perros-Guirec. Gardons-nous aussi d’oublier les importantes contributions des peintres étrangers tels que Kroyer, Liebermann, et l’espagnol Joaquin Sorolla…

Les impressionnistes et le spectacle de l’eau
Sous l’effet du tourisme, la côte se transforme et les plages se couvrent de cabines de bain, abri indispensable pour se préparer à affronter les vagues. On se baigne et on se promène vêtu, avec une ombrelle, par décence mais aussi parce que le teint clair demeure la fierté des classes aisées. Les peintres plantent leur chevalet le long des promenades ou directement sur la plage, à l’affut de sensations nouvelles. On a retrouvé du sable dans la pâte des tableaux de Monet. Le genre qu’est devenue la marine se régénère avec la présence de promeneurs en quête de panoramas dégagés. La promenade en mer offre des points de vue inédits, certains peintres comme Monet ou Bonnard, représentent des scènes depuis les embarcations elles-mêmes.

BERTHE MORISOT
Vue du petit port de Lorient, 1869
Huile sur toile ; 43,5 x 73 cm
Washington, National Gallery of Art, Alisa Mellon Bruce Collection
© National Gallery of Art, Washington

Les impressionnistes : Barques et voiles

Simples barques, voiliers, yachts, vont captiver les peintres, pour eux-mêmes mais surtout pour les activités qu’ils permettent, courses, régates, promenades. L’installation de Monet à Argenteuil, au bord de la Seine, en 1871, est décisive ; les nombreux artistes qui le rejoignent vont offrir à l’impressionnisme l’un de ses chapitres les plus créatifs. 

FRANCOIS BOCION
La promenade devant Chillon, 1868
Huile sur bois ; 29,5 x 45 cm
Lausanne, Fondation de soutien à l’Hermitage, Don du Dr Michel Bugnion, 2000
© Fondation de l’Hermitage, Lausanne / photo Arnaud Conne, Lausanne

CLAUDE MONET
Voiliers en mer, 1868
Huile sur toile ; 50 x 61 cm
Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts, Legs de Mlle Edwige Guyot
© Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne / photo J-C. Ducret

JOHN SINGER SARGENT 
Deux femmes endormies dans une barque sous les saules, 1887
Huile sur toile ; 58 x 68,5 cm
Lisbonne, Museu Calouste Gulbenkian
© Musée Calouste Gulbenkian / photo Catarina Gomes Ferreira

Les impressionnistes au bain… A l'eau !

Cette dernière section, point d'orgue de l'exposition, rassemblera de grandes illustrations du thème, aux compositions souvent ambitieuses. Cette séquence nous éloignera des rivages normands, rappelant que l’Impressionnisme possède un volet méditerranéen. En cherchant la confrontation avec le grand genre et sa tradition séculaire, les peintres s’approprient le traitement académique du nu pour le transcender et peindre les corps en pleine lumière, sous le soleil, au sein d'une nature triomphante. On retrouve là Frédéric Bazille, Edgar Degas avec ses étranges Petites paysannes se baignant à la mer vers le soir, baigneuses nues privées de toute inhibition, Georges Seurat (remarquable série d’ébauches pour son chef-d’œuvre, Baignade à Asnières), Henri-Edmond Cross, un inattendu Frantisek Kupka, et bien sûr Auguste Renoir, Paul Cézanne, les plus assidus dans ce genre. Tous deux s’efforcent de placer la figure au centre de leur pensée et de leur esthétique: plénitude solaire et voluptueuse chez Renoir, recherches de structures et de rythmes chez Cézanne. Souvenons-nous qu’avec ses séries des Baigneurs, ce dernier allait marquer un jalon essentiel dans l’aventure de la modernité, passant magistralement le relais à Matisse, Picasso…

EDGAR DEGAS
Petites paysannes se baignant à la mer, vers le soir, 1875-1876
Huile sur toile ; 65 x 81 cm 
Collection privée 
© Photography Bryan Rutledge B.A.

FREDERIC BAZILLE
Pêcheur à l’épervier, 1868
Huile sur toile ; 134 x 83 cm 
Arp Museum Bahnhof  Rolandsec, collection Rau pour l’UNICEF
© Collection Rau pour l’UNICEF / photo Peter Schälchli, Zurich

AUGUSTE RENOIR
Baigneuse aux cheveux longs, Vers 1895
Huile sur toile ; 82 x 65 cm
Paris, musée de l’Orangerie
© Rmn-Grand Palais / Franck Raux 

Catalogue de l’exposition
22 x 28 cm, 144 pages, 100 illustrations, broché 
Editions de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, Paris 2013

Sommaire du catalogue de l'exposition : 

Essais 
L’atelier du peintre, par André Rauch, professeur émérite de l’Université de Strasbourg
Plages impressionnistes : sujet moderne et tradition, par Sylvie Patry, conservateur en chef du patrimoine, musée d’Orsay
Salons… avec vue sur les plages, par Dominique Lobstein, historien de l’art, ancien responsable de la Bibliothèque du Musée d’Orsay
Oeuvres exposées, catalogue établi par : 
Patrick  Ramade,  commissaire  de  l’exposition  et  directeur  du  Musée  des  Beaux-Arts  de  Caen 
Alice Gandin, conservateur du Patrimoine, Musée de Normandie, Caen 
Christophe Marcheteau, attaché de conservation, Musée des Beaux-Arts, Caen 
    Prélude
    Sur le sable
    Le spectacle de l’eau
    Barques et voiles
    A l’eau !
    Epilogue
Notes
Liste des œuvres exposées
Bibliographie

Commissaire de l'exposition : Patrick Ramade, Directeur du musée des Beaux-Arts de Caen

Liste des peintres exposés :
Louise Abbéma (Etampes, 1853 - Paris, 1927)
Charles Théophile Angrand (Criquetot-sur-Ouville, 1854 - Rouen, 1926)
Frédéric Bazille (Montpellier, 1841 - Beaune-la-Rolande, Loiret, 1870) 
Jacques-Emile Blanche (Paris, 1861 - Offranville, 1942)
François Bocion (Lausanne, Suisse, 1818 - Lausanne, 1890) 
Pierre Bonnard (Fontenay-aux-Roses, 1867 - Le Cannet, 1947)
Eugène Boudin (Honfleur, 1828 - Deauville, 1898)
Mary Cassatt (Allegheny City, Etats-Unis, 1844 - Mesnil-Théribus, 1926)
Paul Cézanne (Aix-en-Provence, 1839 - Aix-en-Provence, 1906) 
Henri-Edmond Cross (Douai, 1856 - Saint-Clair, 1910) 
Edgar Degas (Paris, 1834 - Paris, 1917) 
Maurice Denis (Granville, 1870 - Saint-Germain-en-Laye, 1943)
Louis-Alexandre Dubourg (Honfleur, 1821 - Honfleur, 1891)
Ernest-Ange Duez (Paris, 1843 - Bougival, 1896)
Paul Gauguin (Paris, 1848 - Atuona, îles Marquises, 1903)
Paul-César Helleu (Vannes, 1859 - Paris, 1927)
Peder Severin Krøyer (Stavanger, Norvège, 1851 - Skagen, Danemark, 1909) 
František Kupka (Opočno, République Tchèque, 1871 - Puteaux, 1957)
Lucien Laurent-Gsell, dit Laurent-Gsell (Paris, 1860 - Paris, 1944) 
Eugène-Modeste-Edmond Poidevin, dit Le Poittevin (Paris, 1806 - Auteuil, 1870)
Max Liebermann (Berlin, Allemagne, 1847 - Berlin, 1935)
Edouard Manet (Paris, 1832 - Paris, 1883)
Henri Matisse (Cateau-Cambrésis, 1869 - Nice, 1954)
James Abbott Mc Neill Whistler (Lowell, Etats-Unis, 1834 - Londres, Royaume-Uni 1903)
Claude Monet (Paris, 1840 - Giverny, 1926)
Berthe Morisot (Bourges, 1841 - Paris, 1895)
Charles Mozin (Paris, 1806 - Trouville-sur-Mer, 1862)
Edward Henry Potthast (Cincinnati, Etats-Unis, 1857 - New York, 1927)
René-Xavier Prinet (Vitry-le-François, 1861 - Bourbonne-les-Bains, 1946)
Pierre-Auguste Renoir (Limoges, 1841 - Cagnes, 1919) 
John Singer Sargent (Florence, Italie, 1856 - Londres, Royaume-Uni, 1925) 
Georges Seurat (Paris, 1859 - Paris, 1891) 
Joaquín Sorolla y Bastida (Valence, Espagne, 1863 - Cercedilla, 1923)
Carl Spitzweg (Unterpfaffenhofen, Allemagne, 1808 - Munich, 1885)
Alfred Stevens (Bruxelles, Belgique, 1923 - Paris, 1906)
Félix Valloton (Lausanne, Suisse, 1865 - Neuilly, 1925) 
Théo van Rysselberghe (Gand, Belgique, 1862 - Saint-Clair, 1926)
Jacques-Emile Villon (Damville, 1875 - Puteaux, 1963)
Otto von Thoren (Vienne, Autriche, 1828 - Paris, 1889)
Jens Ferdinand Willumsen (Copenhague, Danemark, 1863 - Cannes, 1958)

Un été au bord de l’eau : loisirs et impressionnisme est organisée par la Ville de Caen / Musée des Beaux-Arts de Caen et la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, Paris, dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste. Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication / Direction générale des patrimoines / Service des musées de France. 

Horaires : tous les jours de 10h à 18h.

Musée des Beaux-Arts de Caen
Le Château, 14000 Caen
Site internet : www.mba.caen.fr

29/09/10

Exposition Monet-Rodin au Musée Rodin, Paris

Monet-Rodin. Rien que vous et moi
Musée Rodin, Paris

Commissariat général : Dominique Viéville
Commissaires de l’exposition : Nadine Lehni et Véronique Matiussi
1er octobre 2010 - 30 janvier 2011



En marge de la rétrospective qui sera consacrée à Monet à l’automne 2010 au Grand Palais, le musée Rodin propose une exposition-dossier à partir d’un des chefs-d’oeuvre de ses collections : la peinture représentant Belle-Île, par CLAUDE MONET.

Photographie de Claude Monet par Adolphe Braun Photographie de Claude Monet par Adolphe Braun
Courtesy Musée Rodin, Paris

Claude Monet, Belle-Ile-en-Mer
CLAUDE MONET, Belle-Ile-en-Mer
Courtesy Musée Rodin, Paris

Cette peinture fut probablement donnée vers 1888 par le peintre à AUGUSTE RODIN, en remerciement ou en échange de La Jeune Mère à la grotte que le sculpteur venait de lui offrir.

Deux ans auparavant, à l’automne 1886, CLAUDE MONET s’était isolé durant dix semaines pour peindre la côte rocheuse de Belle-Ile luttant alternativement contre le soleil, le vent, la pluie et les tempêtes pour réaliser en un travail déjà sériel et d’une grande virtuosité, trente-neuf toiles de cette falaise sauvage. Le plus grand des impressionnistes et le sculpteur le plus célèbre de son temps partagent un réel attachement à la nature qui les unit dans cette quête vers un même idéal artistique. Leurs rencontres lors des célébrations officielles et mondaines ou plus intimes, dans la campagne de Giverny sont régulières. Cette exposition-dossier évoque à travers quelques plâtres, manuscrits et autres documents la relation particulièrement riche et longue entre les deux hommes dont l’exposition commune en 1889, à la galerie Georges Petit constitue un événement marquant. Ensemble mais sur l’initiative de Monet, ils contribuèrent à l’organisation de cette exposition retentissante, qui allait célébrer, avant l’heure, ces deux précurseurs. Désormais en possession des clés pour établir leurs propres règles ils allaient explorer certaines des voies les plus fécondes, à l’origine de la modernité.

« Ils devaient se grouper. L’un semble compléter l’autre – écrivait-on dans la presse au lendemain du vernissage – Rodin ne pouvait trouver de meilleur cadre à sa sculpture que la peinture de Claude Monet… A première vue, on voit que les deux artistes ne relèvent que d’eux-mêmes. On est bien réellement chez eux, et la nature y est bien chez elle. C’est à elle seule qu’ils se sont adressés, bannissant impitoyablement toute réminiscence étrangère. Résultat : étonnement, nouveauté, originalité… Ce qu’ils ont trouvé, c’est la vie. »

Catalogue de l’exposition : Editions du musée Rodin / Flammarion

Commissariat général
Dominique Viéville, Conservateur général du patrimoine, Directeur du musée Rodin

Commissaires de l’exposition
Nadine Lehni, Conservateur en chef chargée des dessins et des peintures
Véronique Matiussi, Service de la recherche, de la documentation, de la bibliothèque et des archives, Adjointe au responsable de service

Musée Rodin, Paris
www.musee-rodin.fr

30/06/10

Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen - Exposition au Musée des Beaux Arts de Rouen

Une ville pour l’Impressionnisme  : 
Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen
Musée des Beaux-Arts de Rouen
Commissariat  : Laurent Salomé, Directeur des musées de Rouen
Jusqu’au 26 septembre 2010

Le rôle joué par Rouen dans l’histoire de l’art à la fin du XIXe siècle est considérable. Si la ville n’a cessé d’attirer les artistes depuis la Renaissance, la fascination qu’elle exerce atteint son apogée à l’époque impressionniste, alors que se mêlent les prestiges de son essor industriel, de son site spectaculaire et de son patrimoine architectural intact. Cette ville que Camille Pissarro trouve « aussi belle que Venise » devient dès lors un lieu emblématique de la peinture moderne.

Une centaine de chefs-d’oeuvre de Claude Monet, Paul Gauguin, Camille Pissarro et d’autres grands peintres de la fin du XIXe siècle, sont réunis pour explorer l’un des derniers grands thèmes de l’histoire de l’impressionnisme qui n’ait pas fait l’objet d’une exposition  : la cité normande comme laboratoire de la nouvelle peinture, entre agitation urbaine et ruralité, vieilles pierres et industrie galopante, le tout vibrant des reflets de la Seine.

Une destination pour les peintres voyageurs du XIXe siècle

Bénéficiant d’une situation privilégiée sur la Seine, entre Paris et la côte normande, Rouen est une ville prisée par les paysagistes dès le début du XIXe siècle. L’exemple donné par le peintre anglais Richard Parkes Bonington, dont le style résolument moderne s’exprime dans des œuvres aux qualités atmosphériques saisissantes, a profondément changé l’appréhension du paysage par les peintres français. Ayant parcouru la Normandie à ses côtés, Paul Huet, initiateur du paysage romantique, offre des vues de la campagne rouennaise en rupture avec le courant classique, tandis que Jean-Baptiste Camille Corot privilégie lui aussi le travail sur le motif et sur la lumière. Considéré par beaucoup comme « le premier des impressionnistes », Johan Barthold Jongkind livre également des vues de Rouen marquées par un sens aigu de la lumière et une recherche manifeste de l’effet pur. C’est néanmoins avec Joseph Mallord William Turner que Rouen devient un motif d’étude à part entière, ce dont témoigne un grand nombre d’esquisses et d’aquarelles. Non seulement les oeuvres qu’il réalisa sur les bords de la Seine lui valurent ensuite l’admiration de Claude Monet et Camille Pissarro, mais on note aussi que les Cathédrales de Monet ne sont pas sans évoquer les vues de cet illustre prédécesseur.

Une ville sur l’eau : reflets impressionnistes

Installée dans une boucle de la Seine, Rouen offrait aux peintres de nombreux motifs à explorer. La Seine, d’abord, devient le motif même de nombreuses toiles  ; à l’image de Claude Monet lors de son premier séjour en 1872 ou de Camille Pissarro en 1883, l’attention des peintres se porte principalement sur le fleuve, animé parfois des tours de la cathédrale gothique et de grands voiliers. La Seine se prête en outre à des études d’atmosphère particulièrement prisées par les peintres de la mouvance impressionniste ; Armand Guillaumin devait développer à Rouen un art du paysage teinté d’un certain romantisme, manifeste notamment dans les représentations enneigées des rives du fleuve. C’est ensuite l’effervescence du port que les peintres mettent à l’honneur dans leurs toiles. Claude Monet et Camille Pissarro certes, mais encore Albert Lebourg, se sont attachés à rendre compte de l’industrialisation de la ville. Enfin cette silhouette même de « ville aux cent clochers » se prêtait particulièrement bien aux variations impressionnistes ; quelques sites de la ville, particulièrement pittoresques, à l’image de la Rue de l’Épicerie, ont plus particulièrement retenu l’attention des artistes.

Une ville au coeur de la campagne normande

La campagne rouennaise offrait également aux peintres de nombreux motifs propres à stimuler leurs recherches esthétiques d’un nouveau genre. Parmi d’autres, Charles Angrand fut l’un de ces peintres de plein air qui mirent la lumière au cœur de leurs œuvres. De façon plus significative encore, la parenthèse rouennaise de Paul Gauguin, en 1884, est à l’origine d’une trentaine de tableaux, parmi lesquels une majorité de paysages. Dans ces vues peintes au rythme des saisons, de janvier à novembre, Paul Gauguin réalise des œuvres impressionnistes denses et équilibrées, dans lesquelles se lisent les influences conjointes de Paul Cézanne et de Camille Pissarro. De même, Alfred Sisley, qui séjourne chez François Depeaux en 1894, met à profit la proximité immédiate de l’eau et d’une végétation luxuriante pour traduire dans une gamme très diversifée d’effets colorés la richesse de la nature normande.

Rouen, objet de séries d’oeuvres

La série des Cathédrales de Rouen par Claude Monet constitue l’un des sommets de l’impressionnisme. Mené en deux campagnes distinctes dont les détails sont bien connus, ce travail est une étape majeure dans la disparition du motif, certes toujours identifié mais dissout dans l’étude atmosphérique. Chaque jour, le peintre, qui mène plusieurs toiles de front, se trouve confronté à d’importantes difficultés, inhérentes au motif lui-même, cette dentelle de pierre gothique animée de jeux de lumière en perpétuel mouvement. Ce sont incontestablement ces œuvres, dont la juxtaposition est saisissante, qui ont fait de Rouen un motif significatif de modernité et un jalon important de l’histoire de l’art.

C’est à Rouen, en 1896, que Camille Pissarro lança ses premières vraies séries de paysages urbains. L’influence picturale de Claude Monet joua probablement un rôle dans le choix de Rouen, que Camille Pissarro arpenta en 1895 juste après la présentation de la série des Cathédrales à la Galerie Durand-Ruel. A son tour, il produit en tout trente-huit vues de la ville en 1896, dix-neuf en 1898, caractérisées par une large touche et une rapidité d’exécution inédite. Pour la première fois, toutes les oeuvres de la série sont centrées autour de la Seine, sujet éminemment pictural autant que poétique.

Un attachement durable des artistes à Rouen 

La permanence des motifs impressionnistes caractérise un large pan de la production picturale des années 1890-1920. Qu’il s’agisse de Charles Angrand, de Paul Signac ou de Raoul Dufy, nombreux sont les peintres à s’installer à Rouen, pour une période plus ou moins longue, mais toujours pour s’approprier à leur tour un site peint par d’illustres aînés. Le fleuve, les ponts qui le traversent et le port qui l’anime, ainsi que la ville et ses clochers, restent au début du XXe siècle des sources d’inspiration fécondes. On peut lier à cet attachement le développement spectaculaire de « l’école de Rouen »  : les « mousquetaires » (Charles Angrand, Charles Frechon, Joseph Delattre, Léon-Jules Lemaître), ont produit dès les années 1880 un certain nombre d’authentiques chefs-d’œuvre, et la génération suivante apporte d’autres grandes figures, dominées par Robert Antoine Pinchon qui, après une période fauve au tournant du siècle, prolongent le rayonnement de l’impressionnisme au-delà de la première guerre mondiale.

Musée des Beaux-Arts de Rouen
4 juin - 26 septembre 2010

07/05/10

De Manet à l’impressionnisme : Une renaissance moderne

Exposition Art moderne > Impressionnistes
Exposition Art moderne > Espagne > Madrid
Exposition Art moderne > Etats-Unis > San Francisco
Exposition Art moderne > Etats-Unis > Nashville

De Manet à l’impressionnisme :
Une renaissance moderne
Exposition Hors les murs du Musée d'Orsay, Paris
De Madrid à San Francisco et Nashville

De Manet à l’impressionnisme : Une renaissance moderne est une exposition hors les murs du Musée d'Orsay. Elle ne comprend donc que des tableaux du musée choisis par les commissaires d'exposition en fonction de la problématique retenue.
De Manet à l’impressionnisme : Une renaissance moderne a déjà été exposé à la Fondation Mapfre à Madrid (11 janvier - 22 avril 2010). A partir de mai, elle sera aux Etats-Unis, à San Francisco, au Fine Arts Museums of San Francisco (22 mai - 6 septembre 2010), puis à Nashville au Frist Center for Visual Arts Nashville (14 octobre 2010 - 23 janvier 2011).

Un succès à Madrid
Avec 90 des grands chefs-d'oeuvre de Manet, Monet, Renoir, Sisley, Pissarro et Cézanne, la Fondation Mapfre souligne que c'est la première fois qu'un ensemble d'oeuvres impressionnistes de cette importance est présenté en Espagne. Le bilan de la fréquentation de l'exposition est des plus positif. Entre janvier et avril 2010, plus de 327.000 visiteurs ont pu admirer les oeuvres des plus grands peintres de l'impressionnismes du Musée d'Orsay. La Fondation Mapfre note que l'exposition "a été l'une des plus grandes réalisations culturelles de la saison d'hiver à Madrid et a battu tous les records de fréquentation".

Impresionismo
Couverture du catalogue de l'exposition à la Fondation Mapfre
Impresionismo. Un nuevo renacimiento

Textes de Stéphane Guégan et Alice Thomine, Conservateurs au Musée d'Orsay
Fundacion Mpfre, Madrid, 2010 - ISBN : 978-84-9844-203-8 - Langue: Espagnol - Prix: € 48

L’impressionnisme a-t-il encore quelque chose à nous apprendre sur ses sources, sa naissance, ses mutations et ses accointances avec l’époque de son premier épanouissement ? C’est le pari de cette exposition qui s’efforce de décloisonner le mouvement en le confrontant à la production des années 1870 dans son ensemble. L’exposition débute avec Manet et se referme sur lui : la période couverte, en somme, va du Fifre à l’Evasion de Rochefort, de la fin des années 1860 au début des années 1880. Elle vise avant tout à restituer l’unité d’une période et non à durcir l’opposition entre les mouvances qui la constituent. De salle en salle, le visiteur est amené à en évaluer les différentes composantes : l’influence hispanique sur des artistes aussi différents que Whistler et Carolus-Duran, l’“école des Batignolles” au sein de laquelle Bazille, Monet, Renoir font leurs premières armes après voir quitté l’atelier de Gleyre, l’héritage de Courbet et Millet sur le naturalisme de Salon (Breton, Bastien-Lepage, Falguières, etc.), l’aventure impressionniste et sa légende noire, la cordée Cézanne/Pissarro, la question du féminin à travers la figure de Berthe Morisot et l’évolution de l’art dit académique, loin des supposés diktats de l’école des Beaux-Arts.

Même au Salon, la peinture échappe pour partie aux catégories et aux canons traditionnels. A côté de l’expression baroque d’Henri Lévy ou des chairs satinées de William Bouguereau, la poésie de Gustave Moreau ou de Puvis de Chavannes ouvre la voie au symbolisme sans tourner le dos aux préoccupations actuelles. Bref, chacun affronte un monde de l’art aussi mobile que les lignes de partage esthétiques. “Notre but néanmoins se veut résolument étranger au révisionnisme qui a parfois accompagné la réhabilitation des “pompiers” “ précisent les commissaires de l’exposition du musée d’Orsay.

Tenir compte de la dimension collective d’une période donnée, aussi anarchique que soient les années 1870 en apparence, ne suppose pas qu’on ignore ce qui distingue les grands créateurs des moindres artistes. Rapprocher n’est pas confondre.

Le musée d’Orsay depuis vingt ans est partie liée à cette nouvelle appréciation des années 1870. Sa vocation reste de montrer la seconde moitié du XIXe siècle dans toute sa diversité artistique en rapprochant Manet de Couture et Moreau de Degas, puisque leurs chemins se sont croisés. A l’occasion des travaux que le musée connaîtra en 2010, cette exposition riche en chefs-d’oeuvre illustre parfaitement la position singulière qu’occupe Orsay dans le paysage international. Telle qu’elle est envisagée ici, soulignent les commissaires, la modernité ne ressemble plus au club fermé qu’a chéri le XXe siècle. Elle se signale plutôt par cet accord, variable mais authentique, qui rattache chacun des tableaux sélectionnés à son acte de naissance et à son entrée dans l’espace public. Manet, aux deux extrémités du parcours, rappelle que l’époque fut en effet hantée par la question du Salon et sa réforme perpétuelle, jusqu’au moment où Jules Ferry, en 1880, l’affranchit du contrôle de l’Etat. Le décès précoce de Manet coïncide avec ce tournant majeur de l’histoire de l’art moderne. Les années 1866-1883 voient donc simultanément la “mort du Salon” et l’essor d’un marché des images plus ouvert. 

Les années 1870 constituèrent à tous égards une période de renaissance. Profondément meurtri par la guerre, amputé de ses provinces de l’Est, traumatisé par la Commune et sa terrible répression, la France aspirait à un renouvellement. La municipalité parisienne venait de lancer la reconstruction de l’Hôtel de ville (1873), tandis que la France conservatrice se mobilisait autour du Sacré-Coeur (concours en 1874), chantier destiné à racheter les “fautes”. La République des ducs mit aussi un point d’honneur à décorer le Panthéon de peintures réparatrices ou réconfortantes.

Puvis de Chavannes, actif durant le siège et très présent au Salon, réalise son grand cycle décoratif dédié à sainte Geneviève. Alors que Courbet est condamné à l’exil, puis à mourir en Suisse, son exemple reste marquant. Manet n’est pas le seul à lui rendre hommage à distance, tout en restant libre du réalisme de son aîné. Il n’adhère pas davantage à l’esthétique de ses amis Monet et Degas. Certains des chefsd’oeuvre de l’exposition réveillent le souvenir du combat politique qui fut le sien avant 1879, et auquel s’associaient naturellement son obstination à forcer les portes de l’exposition officielle et son soutien à l’entreprise des peintres impressionnistes...

Sections de l'exposition
– Triomphe de Manet ?
– Hispanisme parisien
– L’Ecole des Batignolles
– L’année terrible (1870-1871)
– Réalismes : l’héritage de Millet et Courbet
– Le Salon : anciens et modernes
– Monet / Renoir / Sisley
– Pissarro / Cézanne
– Peintres femmes / Femmes peintes
– Degas : saisir la vie moderne
– Manet entre impressionnisme et retour au Salon

Commissaires de l'exposition Paris : Guy Cogeval, président du musée d’Orsay ; Stéphane Guégan et Alice Thomine, conservateurs au musée d’Orsay
Madrid : Pablo Jimenez Burillo, directeur général de l’Institut culturel de la Fondation Mapfre
San Francisco : John E.Buchanan, Directeur du Fine Arts Museums of San Francisco
Nashville : Susan Edwards, Directrice du Frist Center for Visual Arts.

De Manet à l’impressionnisme : Une renaissance moderne
Exposition hors les murs du Musée d’Orsay, Paris
Fondation Mapfre, Madrid : 11 janvier - 22 avril 2010
Fine Arts Museums of San Francisco, De Young, San Francisco : 22 mai - 6 septembre 2010
Frist Center for Visual Arts Nashville : 14 octobre 2010 - 23 janvier 2011

24/03/10

Exposition L’impressionnisme au fil des la Seine. De Renoir et Monet à Matisse, Musée des impressionnismes, Giverny

 

impressionnisme_giverny

L’Impressionnisme  au fil de la Seine
de Renoir et Monet à Matisse
Musée des impressionnismes, Giverny
1er avril - 18 juillet 2010

A l’occasion de la première édition du festival Normandie impressionniste, le musée des impressionnismes Giverny organise une exposition qui se veut essentiellement didactique.

L'exposition réunit cinquante-cinq tableaux peints sur les bords de la Seine, issus de collections publiques et privées. L'ensemble de ces peintures retrace l'histoire de  l'impressionnisme et du post-impressionnisme, d'Eugène Boudin à Henri Matisse.  

Cette manifestation compte de nombreux chefs d'œuvres signés par les impressionnistes les plus célèbres. Citons notamment Alphonsine Fournaise (1879, Paris, musée d'Orsay) et Canotiers à Chatou (1879, Washington, National Gallery of Art) peints par Auguste Renoir, Les Déchargeurs de charbon (1875, Paris, musée d'Orsay) ou Argenteuil (1875, Paris, musée de l'Orangerie) de Claude Monet. Sans omettre l'étonnante  Partie de Bateau, dit  Canotier au chapeau haut de forme, vers 1877-1878, collection particulière, de Gustave Caillebotte (c’est cette peinture qui illustratre la présentation de l’exposition reproduite ci-dessus). Alfred Sisley et Camille Pissarro sont également largement représentés, ainsi qu'Armand Guillaumin ou Henri Rouart qui, moins célèbres, ont eux aussi accompagné l'histoire  de l'impressionnisme. La colonie de peintres américains qui s'est installée à Giverny à la suite de Monet ne pouvait pas non plus être oubliée. Theodore Robinson, Theodore Wendel et Willard Leroy Metcalf rappellent cet épisode si particulier de l'histoire de l’impressionnisme en Normandie.

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Willard Leroy Metcalf (1858-1925), Le bassin aux Nymphéas, 1887
Huile sur toile, 30,8x38,3 cm
Chicago, Terra Foundation for American Art, Daniel J. Terra Collection, 1993.5
© Chicago, Terra Foundation for American Art.

La plupart des post-impressionnistes ont choisi eux aussi de peindre la Seine. Georges Seurat sur l'Ile de la Grande Jatte (La Seine à Courbevoie, 1885, collection particulière), Paul Signac à Asnières (Avant du Tub, 1888, collection particulière), Pierre Bonnard à Vernon ou Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye ont également travaillé sur les sites qui avaient inspiré leurs prédécesseurs.

Les œuvres sont présentées suivant un parcours chronologique et thématique qui se prête à divers niveaux de lecture. 

La première salle est consacrée au  pré-impressionnisme : la Seine du Havre à Paris vue par Camille Corot, Stanislas Lépine, Eugène Boudin, ainsi que Monet, Renoir, Sisley et Pissarro avant 1874.

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Claude Monet (1840-1926), Le Bassin du Commerce, Le Havre, 1874
Huile sur toile, 37 x 45 cm
Liège, Collection du Musée d'Art moderne et d'Art contemporain, AM 399/151
© Collection du Musée d'Art moderne et d'Art contemporain, Ville de Liège

La deuxième section illustre les travaux et les activités économiques liés à l'existence du fleuve. Car dans la seconde moitié du XIXe siècle, le paysage des bords de Seine change sous l'effet de l'industrialisation. Si les activités traditionnelles, celles des haleurs ou des lavandières par exemple, continuent d'exister, les grands ports — Le Havre, Rouen et Paris — se modernisent. Les ponts métalliques, les grues et les cheminées d'usines se multiplient sur les rivages et les jeunes peintres impressionnistes peignent sans états d'âme ce paysage neuf.

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Auguste Renoir (1841-1919), Les Canotiers à Chatou, 1879
Huile sur toile, 81,2 x 100,2 cm
© National Gallery of Art, Washington. Don de Sam A. Lewisohn  1951.5.2  

Corollaire de l'industrialisation, les loisirs se développent également et transforment eux aussi l'apparence des bords de Seine. Promenades dominicales, déjeuners sur l'herbe, baignades, canotage ou régates sont à la mode... Peu après l'Angleterre, la France découvre les joies du sport et la Seine devient « le miroir des joies somptuaires du dimanche ». Les guinguettes, les restaurants et les lieux de plaisirs attirent les citadins à la mode. Avec leurs canotiers, leurs robes claires et leurs ombrelles colorées ils font désormais partie du paysage de la vallée de la Seine. Les peintres impressionnistes décrivent cet univers hédoniste et la Grenouillère, le restaurant Fournaise ou l'Ile de la Grande Jatte ne tardent pas à devenir de hauts lieux de l'histoire de la peinture.  

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  Gustave Caillebotte (1848-1894), Les Péroissoires, 1877
  Huile sur toile, 88,9 x 116,2 cm
  National Gallery of Art, Whashington
  Collection de M. et Mme Paul Mellon, 1985.64.6
  © National Gallery of Art, Washington.

Enfin, une salle est consacrée aux lieux de villégiatures et aux résidences d’artistes. Car ils sont nombreux à s’installer plus ou moins durablement hors de Paris, et de préférence le long du fleuve. Renoir, Sisley, Pissarro, Caillebotte, Berthe Morisot, Signac, Luce et Bonnard ont tous habité sur les rives de la Seine. Claude Monet  quant à lui n'a jamais choisi d'autre résidence. En 1871, il s'installe à Argenteuil, puis à Vétheuil en 1878 et Poissy en 1881, avant de s'établir définitivement à Giverny en 1883. 

L'exposition s'achève sur un choix d'œuvres fauves car Henri Matisse, Maurice de Vlaminck ou Othon Friesz eux aussi trouvent leurs premiers motifs d'inspiration près du fleuve, avant de célébrer les lumières plus crues du Midi. 

Cette exposition bénéficie de prêts exceptionnels du musée d’Orsay et de la National Gallery of Art de Washington DC.

Commissariat de l’exposition : Marina Ferretti Bocquillon assistée de Vanessa Lecomte

Liste des artistes exposés

Pierre Bonnard (1867-1947)
Eugène Boudin (1824-1898)
Gustave Caillebotte (1848-1894)
Camille Corot (1796-1875)
Henri-Edmond Cross (1856-1910)
Maurice Denis (1870-1943)
Othon Friesz (1879-1949)
Armand Guillaumin (1841-1927)
Louis Hayet (1864-1940)
Stanislas Lépine (1835-1892)
Maximilien Luce (1858-1941)
Albert Marquet (1875-1947)
Henri Matisse (1869-1954)
Willard Leroy Metcalf (1858-1925)
Claude Monet (1840-1926)
Berthe Morisot (1841-1895)
Camille Pissarro (1830-1903)
Auguste Renoir (1841-1919)
Theodore Robinson (1852-1896)
Georges Seurat (1859-1891)
Paul Signac (1863-1935)
Alfred Sisley (1839-1899)
Maurice de Vlaminck (1876-1958)
Theodore Wendel (1859-1932)

Liste des prêteurs

Belgique
Collection Liège, Collection du Musée d'Art moderne et d'Art contemporain

Etats-Unis
Chicago, Terra Foundation for American Art
Washington, National Gallery of Art

France
Brest, musée des Beaux-Arts
Cergy-Pontoise, Conseil général du Val d’Oise
Évreux, musée d’Art, Histoire et Archéologie
Le Havre, musée Malraux 
Paris, Centre Pompidou, musée national d'Art moderne / Centre de création industrielle
Paris, musée national de l'Orangerie
Paris, musée d’Orsay
Pontoise, musée Camille Pissarro
Reims, musée des Beaux-Arts
Rouen, musée des Beaux-Arts, dépôt musée d’Orsay, Paris
Saint-Tropez, L’Annonciade, musée de Saint-Tropez, dépôt Centre
Pompidou, musée national d'Art moderne / Centre de création industrielle, Paris
Toulouse, fondation Bemberg 
Ville du Havre, musée Malraux

Pays-Bas
Collection Fondation Triton

Royaume-Uni
Londres, The National Gallery

Suisse
Genève, Association des Amis du Petit Palais

Et tous les prêteurs qui ont souhaité conserver l’anonymat.

Catalogue de l’exposition

L’Impressionnisme au fil de la Seine
Directeur d’ouvrage : Marina Ferretti Bocquillon 
Edition : française et anglaise
Coédition : Musée des impressionnismes Giverny et Silvana Editoriale
Publication : mars 2010
24 x 29 cm - 144 pages
50 illustrations en couleur - 29 euros

Le catalogue est publié sous la direction de Marina Ferretti Bocquillon. Il réunit les essais de Marina Ferretti Bocquillon, Anne L. Cowe, Vanessa Lecomte et Dominique Lobstein. 

Il propose aussi un parcours en  images de l'exposition qui réunit cinquante-cinq peintures, issues de collections publiques et privées. Peintes sur les bords de la Seine,  ces œuvres retracent l'histoire de l'impressionnisme et du post-impressionnisme, de Boudin à Matisse. Toutes les œuvres exposées  sont reproduites en pleine page couleur. 

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Sommaire du catalogue

Remerciements
Préfaces
Sommaire

Contributions

Marina Ferretti Bocquillon, L’Impressionnisme au fil de la Seine

Anne L. Cowe, Alfred Sisley à Saint-Mammès (titre provisoire)

Vanessa Lecomte, Paul Signac et Félix Vallotton aux Andelys

Dominique Lobstein, Asnières-sur-Seine. Quels sujets pour quels artistes ?

Annexes
Biographies (Marina Ferretti Bocquillon, Hélène Furminieux, Vanessa Lecomte et Céline Mittelette)
Bibliographie sélective

Auteurs du catalogue

Marina Ferretti Bocquillon

Spécialiste de l’impressionnisme et du post-impressionnisme, Marina Ferretti Bocquillon est directeur scientifique-conservateur du musée des impressionnismes Giverny. Elle est également chargée de mission au musée d'Orsay et au futur musée Bonnard du Cannet. Elle est aussi responsable des Archives Signac. 

Co-auteur, avec Françoise Cachin, du catalogue raisonné de l’œuvre peint de Paul Signac, elle a publié de nombreux essais et études, parmi lesquels  Signac aquarelliste en 2001 (Adam Biro, 2001), L’Impressionnisme (Que sais-je ?, 2004) ou  Seurat et le dessin néo-impressionniste (5 Continents, musée d’Orsay, en 2005). Elle a été commissaire de plusieurs expositions en France et à l’étranger, notamment  Signac (Grand Palais, Vincent van Gogh Museum et Metropolitan Museum of Art, 2001), Le Néo-impressionnisme. De Seurat à Paul Klee (musée d’Orsay, 2005),  Bonnard photographe/Bonnard photographié (Le Cannet, Espace Bonnard, 2007), ainsi que  Seurat, Signac et le néo-impressionnisme (Palazzo Reale de Milan, 2008) ou Le Jardin de Monet à Giverny : l’invention d’un paysage (musée des impressionnismes Giverny, 2009).

Anne L. Cowe

En 2008, Anne L. Cowe a été nommée attachée de conservation de l'art historique à Amgueddfa Cymru – National Museum Wales. Titulaire d’un doctorat à  l’University of Edinburgh (Community and Nation: The Representation of the Village in French Landscape Painting (1870-1890), 2005), elle a publié de  nombreux essais dont Monet et Sisley à Vétheuil et Saint-Mammès dans l’ouvrage de Frances Fowle, Monet et le paysage français : Vétheuil et la Normandie (Edinburgh, 2008).  Elle a également mené des recherches sur la peinture européenne conservée dans les collections anglaises régionales pour le National Inventory Research project et a  collaboré à de nombreuses expositions notamment Monet : The Seine and The Sea (Edinburgh, 2003) et Sisley in England and Wales (Londres et Cardiff, 2009). 

Dominique Lobstein

Chargé d'études documentaires au musée d'Orsay depuis 1993, et responsable de la Bibliothèque de  la Conservation du musée d'Orsay depuis 2008, Dominique Lobstein a  particulièrement travaillé sur les manifestations artistiques (Les Salons au XIXe siècle. Paris, capitale des arts, Paris, La Martinière, 2006), les collectionneurs et les critiques du XIXe siècle (Défense et illustration de l'impressionnisme. Ernest Hoschedé et son "Brelan de Salons", Dijon, L'Échelle de Jacob, 2008) et a participé à de nombreuses expositions, en tant que commissaire : Daumier. Du rire aux armes, Saint-Denis, musée d'art et d'histoire, 2008, Albert Dagnaux, Mantes-la-Jolie, musée de l'Hôtel-Dieu, 2009, ou en tant que collaborateur : Fernand Pelez. La parade des humbles, Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, 2009-2010 et bientôt  Les Duval-Lecamus, père et fils à Saint-Cloud et Cabanel à Montpellier.

En marge de ces études des aspects académiques de l'art de la seconde moitié du XIXe siècle, il a aussi publié plusieurs articles et livres consacrés à l'impressionnisme et aux impressionnistes (Les Impressionnistes, Paris, Le Cavalier bleu, 2007).

Vanessa Lecomte

Vanessa Lecomte est attachée de conservation au musée des impressionnismes Giverny où elle a contribué aux expositions Le Jardin de Monet à Giverny : l’invention d’un paysage et Joan Mitchell, peintures. Elle a été commissaire de l’exposition Portrait of a Lady » (musée d’Art Américain Giverny, musée des Beaux-Arts, Bordeaux, 2008-2009) et a contribué à de nombreuses expositions et publications du musée d’Art Américain Giverny notamment  Visions de l’Ouest : photographies américaines dans les collections françaises, 1860-1880  ;  Giverny impressionniste : une colonie d’artistes, 1885-1915 (2007) ;  Winslow Homer : poète des flots (2006) et  ‘Paris, capitale de l’Amérique’ : l’avant-garde américaine à Paris, 1918-1939 (2003). Chef de projets à la Réunion des musées nationaux, elle a également collaboré à l’exposition Mélancolie : Génie et folie en Occident (Grand Palais, et Nationalgalerie, Berlin 2005-2006).

Musée des impressionnismes, Giverny