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16/05/24

Exposition When We See Us : Un siècle de peinture figurative panafricaine @ Kunstmuseum Basel | Gegenwart

When We See Us
Un siècle de peinture figurative panafricaine
Kunstmuseum Basel | Gegenwart
25 mai - 27 octobre 2024

Sungi Mlengeya
Sungi Mlengeya
Constant III, 2019
Acrylic paint on canvas, 140 x 140 cm
Courtesy of the Ditau Collection

Zéh Palito
Que Se Chama Amor, 2022
Acrylic on canvas, 162 x 125 cm
Courtesy the artist, Simões de Assis and Luce Gallery

Avec l’exposition When We See Us, le Kunstmuseum Basel présente un kaléidoscope qui raconte un siècle de peinture figurative noire. Il s'agit d’une reprise de l’exposition organisée au Zeitz Museum of Contemporary Art of Africa au Cap. Installée dans les espaces du Gegenwart, elle réunit plus de 150 peintures d’environ 120 artistes, jamais exposées en Suisse pour la plupart, et apporte un éclairage sur la puissance et la dimension politique de la « Black Joy ».

Le titre de l’exposition s’inspire de la mini-série de Netflix When They See Us (2019). La réalisatrice afro-américaine Ava DuVernay y aborde la manière dont des Blancs perçoivent indifféremment de jeunes Noirs innocents comme de potentiels criminels constituant une menace. En remplaçant « They » par « We », l’exposition opère un changement de perspective et offre ainsi un espace aux artistes pour montrer la manière dont il voient leur condition. Elle accorde une place centrale à leur perception propre et révèle comment la vie des Noirs ne cessa d’être représentée par d’autres de manière biaisée et fausse.

When We See Us est le résultat de recherches approfondies menées par Koyo Kouoh, directrice et cheffe curatrice du Zeitz MOCAA au Cap, et son équipe. De novembre 2022 à septembre 2023, ce musée dédié à l’art contemporain africain le plus grand au monde a présenté cette vaste exposition. Celle-ci est représentative d’une nouvelle perception de soi et de l’autodétermination d’artistes noir.e.s qui, après des siècles de domination par le canon artistique blanc, écrivent leur propre histoire de l’art. Au Kunstmuseum Basel, elle succède à une série d’expositions monographiques consacrées à des artistes afro-américain.e.s : Theaster Gates, Sam Gilliam, Kara Walker et dernièrement Carrie Mae Weems. Ces expositions et bien d’autres explorent la « Blackness » dans le monde, notamment au regard des traumatismes et des aspects du colonialisme. D’après les commissaires Koyo Kouoh et Tandazani Dhlakama, When We See Us se concentre quant à elle sur le quotidien ainsi que sur la « puissance de la joie », éliminant ainsi les stéréotypes liés au racisme, à la violence ou aux crises. L’exposition s’attache à proposer aux individus un nouvel angle de vue tour à tour solennel, puissant et digne : « Il faut que nous parlions beaucoup plus de nous-mêmes, d’une manière qui stimule notre esprit » disent-elles. 

Wangari Mathenge
Wangari Mathenge
Sundials and Sonnets, 2019
Oil on canvas, 137.2 x 172.7 cm
Credit : Pascale M. Thomas and Tayo E. Famakinwa

Six sections du quotidien

Plus de cent cinquante oeuvres d’art sont réparties en six chapitres d’exposition : Le quotidien, Joie et allégresse, Repos, Sensualité, Spiritualité et Triomphe et émancipation. Les salles ne sont pas aménagées de manière chronologique, ni selon le pays d’origine ou le lieu de travail des artistes.

La déclinaison en des thèmes universels indique également pour la première fois que les artistes ont travaillé aux mêmes thématiques à différents endroits en Afrique et au sein de la diaspora africaine. Ainsi, des parallèles iconographiques s’esquissent entre les oeuvres de Romare Bearden (1911–1988), artiste afro-américain, et de George Pemba (Afrique du Sud, 1912–2001), ou entre le Congolais Chéri Samba (*1956) et l’Afro-Américain Barkley L. Hendricks (1945–2017).

When We See Us occupe l’ensemble des espaces du Kunstmuseum Basel | Gegenwart. Comme au Zeitz MOCAA, Ilze Wolff, associée de l’agence Wolff Architects au Cap, a été chargée de la scénographie, tandis que le musicien Neo Muyanga a conçu les stations sonores. Une frise chronologique précise le contexte de création des oeuvres exposées et un audioguide adapté pour le Kunstmuseum Basel fournit des informations sur les oeuvres.

Le programme qui accompagne l’exposition met en avant différentes voix noires à travers la musique, la littérature, des ateliers, des visites guidées, des groupes de discussion et des événements universitaires. Au rez-de-chaussée, une salle spécialement conçue pour accueillir ce programme sert de lounge public ainsi que de lieu de rassemblement et d’événements pour les ateliers, séminaires, concerts et autres.

Chapitres d’exposition et liste des artistes

Triomphe et émancipation

Le sentiment de fierté envers sa propre histoire et ses réussites malgré l’adversité et une oppression longue de plusieurs siècles figure au coeur de ce chapitre. Au rez-de-chaussée du musée, les visiteur.euse.s croisent des icônes mondialement connues, à l’instar du tableau de Chéri Chérin Obama Revolution (2009), sur un pied d’égalité avec des figures certes anonymes, mais fortes, comme dans le Portrait of a Sudanese Gentleman (1951) d’Ibrahim El-Salahi. Les personnes représentées s’occupent des biens culturels des ancêtres ou sont des hommes et des femmes politiques engagés et des individus ayant obtenu le succès et la reconnaissance sociale.

Chéri Samba
Chéri Samba 
Hommage aux anciens créateurs, 2000 
Acrylic on canvas, 135 x 200 cm 
Private Collection, courtesy of MAGNIN-A Gallery, Paris 

Artistes : Benny Andrews, Margaret Taylor Burroughs, Chéri Chérin, Kudzanai Chiurai, Aboubacar Diané, Ibrahim El-Salahi, Ben Enwonwu, Gherdai Hassell, Wifredo Lam, Akinola Lasekan, Mustafa Maluka, Eria Nsubuga ‘Sane’, Augustin Okoye, George Pemba, Chéri Samba, Mmapula Mmakgabo Helen Sebidi, Gerard Sekoto, Katlego Tlabela, Cyprien Tokoudagba

Sensualité

Sensualité présente des corps noirs de manière intime et avec aplomb comme ne l’avait guère permis le canon visuel occidental. Le modèle noir, d’après Félix Vallotton (2019) de Roméo Mivekannin fait directement écho à ce canon, de même que Reclining Nude with Lemon (2021) de Sahara Longe. Ce chapitre montre toute la palette de la sensualité, de l’amour et des relations intimes. L’ensemble des oeuvres ont en commun l’autodétermination des protagonistes. 

Chris Ofili
Chris Ofili 
Within Reach 7, 2002 
Gouache, India ink, charcoal and gold leaf on paper, 114 x 69 cm 
© Courtesy of Jochen Zeitz Collection 

Artistes : Nina Chanel Abney, Olusegun Adejumo, Tunji Adeniyi-Jones, Maxwell Alexandre, Tiffany Alfonseca, Dominic Chambers, Somaya Critchlow, Njideka Akunyili Crosby, Elladj Lincy Deloumeaux, Aboubacar Diané, Ibrahima Kébé, Yoyo Lander, Sahara Longe, Danielle McKinney, Roméo Mivekannin, Moké, Geoffrey Mukasa, Chris Ofili, Kambui Olujimi, Tschabalala Self, Monsengo Shula, Mickalene Thomas, Bob Thompson, Kehinde Wiley.

Spiritualité

Selon les commissaires de l’exposition, il est difficile d’imaginer un quotidien noir sans spiritualité. Cette section représente le « triple héritage » décrit par l’écrivain kenyan et américain Ali Mazrui (1933-2014) dans son livre The Africans: A Triple Heritage : la "Black Life" perméable aux rituels et traditions locales, islamiques et chrétiennes. Les oeuvres présentées ici montrent une spiritualité vivante, à l’instar de Genesis Creation (1989) de Jacob Lawrence et The Dumb Oracle (2019) de Michael Armitage.

Michael Armitage
Michael Armitage
You, Who Are Still Alive, 2022
Oil on Lubugo barkcloth, 150 x 200 cm
Kunstmuseum Basel, purchase with funds from the Efren Fund,
Freiwillige Akademische Gesellschaft Basel
Photo : Max Ehrengruber 
© Michael Armitage 

Cassi Namoda
Cassi Namoda 
To Live Long Is To See Much (Ritual Bathers III), 2020 
Oil on canvas, 152.4 x 233.6 cm 
Courtesy of Jorge M. Pérez Collection, Miami 

Artistes : Michael Armitage, Gerard Bhengu, Wilson Bigaud, Edouard Duval-Carrié, Aaron Douglas, Scherezade García, Jacob Lawrence, Cassi Namoda, Malangatana Ngwenya, Kambui Olujimi, Emma Pap’, Naudline Pierre, Prosper Pierre-Louis, María Magdalena Campos Pons, Cinga Samson, Gerard Sekoto, Devan Shimoyama, Alex Shyngle, Sthembiso Sibisi, Olivier Souffrant, Pamela Phatsimo Sunstrum, Nirit Takele.

Le quotidien

Des tableaux à l’instar de Boy with a Toy Plane (1938) d’Aaron Douglas, The Reader (1939) de William H. Johnson, Gisting in the Kitchen (2018) de Joy Labinjo ou encore l’affiche publicitaire de Johnny Arts pour Ozor International Barber also Specialist in Hair Dying and Shamporing (1962) montrent la beauté de la vie quotidienne. Ce chapitre présente des scènes de la vie publique et privée avec des moments de joie ou de contemplation, que ce soit au sein de la famille ou de la communauté, à l’occasion de jeux, à l’école, lors du portage de l’eau ou de la réalisation de tresses.

Artistes : Johnny Arts, Malang Badji, Romare Bearden, Aaron Douglas, Gervais Emmanuel Ducasse, Ben Enwonwu, Ablade Glover, Gavin Janties, William H. Johnson, Kangudia, Ibrahima Kébé, Joy Labinjo, Petson Lombe, Marvelous Mangena, Luis Meque, Moké, Meleko Mokgosi, Richard Mudariki, Theresa Mungure, Lavar Munroe, Chemu Ng’ok, Nicholous Njau, Boris Nzebo, Antoine Obin, Télémaque Obin, Bruce Onobrakpeya, George Pemba, Horace Pippin, Kingsley Sambo, Gerard Sekoto, Ancent Soi, Moustapha Souley, Edward Saidi Tingatinga, Zandile Tshabalala, Sane Wadu, Richard Witikani

Joie et allégresse

Cette section est consacrée aux moments d’allégresse et de loisir : d’après les commissaires, il reste toujours du temps pour une chanson ou une danse. Dans The Birthday Party (2021) d’Esiri Erheriene-Essi, on chante pour Steve Biko ; dans Un mardi de Carnaval (1960) de Philomé Obin, on participe aux célébrations au sein d’un défilé ; dans Jazz Rhapsody (1982) de Romare Bearden, on écoute les rythmes musicaux.

Esiri Erheriene-Essi
Esiri Erheriene-Essi
The Birthday Party, 2021
Oil, ink and Xerox transfer on linen, 150 x 200 cm
Courtesy of Jorge M. Pérez Collection, Miami

Cinthia Sifa Mulanga
Cinthia Sifa Mulanga
Wait your turn – Competitive Sisterhood, 2021
Mixed media on canvas, 76 x 101 cm
Courtesy of Serge Tiroche and the Africa First Collection 
© Courtesy African Arty Gallery

Moké
Moké
Kin oyé ou Couloir Madiokoko à Matonge, 1983
Oil on canvas, 67 x 87 cm
André Magnin Collection, 
Courtesy of MAGNIN-A Gallery, Paris

Artistes : Romare Bearden, Esiri Erheriene-Essi, Barkley L. Hendricks, Clementine Hunter, Jacob Lawrence, Arjan Martins, Moké, Cinthia Sifa Mulanga, Eric Ndlovu, Nicholous Njau, Nestor Vuza Ntoko, Philomé Obin, George Pemba, Chéri Samba, Matundu Tanda, Katlego Tlabela, Charles White.

Repos

Le troisième étage du Gegenwart réserve une place aux moments de repos, équivalents à ceux d’allégresse. Ici, on s’étire dans un canapé dans Sundials and Sonnets (2019) de Wangari Mathenge, on se promène dans la campagne dans Surveying the Family Seat (2017) de Toyin Ojih Odutola ou bien on savoure simplement le calme assis sur une chaise comme dans An evening in Mazowe (2019) de Kudzanai-Violet Hwami. Partout, des personnes détendues, seules ou dans une atmosphère familière. 


Lynette Yiadom-Boakye
Lynette Yiadom-Boakye
A Culmination, 2016
Oil on canvas, 200.5 x 250 x 3.8 cm
Kunstmuseum Basel, purchase
Photo credit: Jonas Hänggi
© Lynette Yiadom-Boakye

Zandile Tshabalala
Zandile Tshabalala 
Two Reclining Women, 2020
Acrylic paint on canvas, 91.5 x 122 cm
Courtesy of the Maduna Collection 
© Zandile Tshabalala Studio

Artistes : Cornelius Annor, Gideon Appah, Firelei Báez, Amoako Boafo, Beauford Delaney, Kudzanai-Violet Hwami, Wangari Mathenge, Neo Matloga, Sungi Mlengeya, Ian Mwesiga, Thenjiwe Niki Nkosi, Toyin Ojih Odutola, Eniwaye Oluwaseyi, Marc Padeu, Zéh Palito, Otis Kwame Kye Quaicoe, Henry Taylor, Zandile Tshabalala, Kehinde Wiley, Lynette Yiadom-Boakye

A propos des commissaires de l'exposition

Koyo Kouoh

Depuis 2019, Koyo Kouoh est directrice et cheffe curatrice du Zeitz Museum of Contemporary Art Africa (Zeitz MOCAA) au Cap. Elle a grandi en Suisse puis s’est installée à Dakar, au Sénégal, dans les années 1990, où elle a fondé le RAW Material Company, un centre pour l’art, le savoir et la société en 2008. Elle en fut également la directrice artistique. Avant et parallèlement à cela, elle a organisé et assuré le commissariat d’expositions majeures et de biennales dans le monde entier (notamment Ataraxia au Salon Suisse de la Biennale de Venise en 2017). Koyo Kouoh a beaucoup publié sur la portée internationale de la communauté artistique panafricaine. En 2020, elle a reçu le Prix Meret Oppenheim et a été reconnue comme l’une des personnalités les plus importantes et influentes du monde artistique. En tant que curatrice et critique ainsi que fondatrice d’institutions culturelles, elle a proposé de nouvelles formes de médiation et a fortement contribué à porter l’art africain sur la scène internationale.

Tandazani Dhlakama

Née au Zimbabwe, Tandazani Dhlakama travaille depuis 2017 au Zeitz MOCAA comme curatrice et dans le domaine de la médiation artistique. Auparavant, elle a travaillé à la National Gallery of Zimbabwe et occupé différentes fonctions lors d’expositions, de conférences et de biennales en Afrique. Tandazani Dhlakama possède un master en Art Gallery and Museum Studies de l’université de Leeds au Royaume-Uni (2015) et un bachelor en Beaux-Arts et Sciences Politiques de l’université St. Lawrence de New York aux États-Unis (2011). Dernièrement, elle a assuré le commissariat de Witness: Afro Perspectives from the Jorge M. Pérez Collection à El Espacio 23 de Miami – une exposition consacrée à l’oppression systématique, aux traumatismes intergénérationnels, aux nouvelles visions du monde, à l’identité et au territoire.
Le Kunstmuseum remercie Kadiatou Diallo, Sindi-Leigh McBride et Lorena Rizzo du Centre d'études africaines de l'Université de Bâle pour leur regard critique sur l'adaptation de l'exposition au Kunstmuseum de Bâle.
KUNSTMUSEUM BASEL
St. Alban-Graben 8 - 4010 Basel

21/04/19

Félix Fénéon @ Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, Paris

Félix Fénéon 1861 - 1944. Les arts lointains
Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, Paris
28 mai - 29 septembre 2019

Maximilien Luce, Félix Fénéon, 1901
Huile sur toile, 45,5 x 39 cm
© musée d’Orsay, Paris

Critique d’art, éditeur, directeur de galerie, collectionneur de peintures et d’arts « lointains », Félix Fénéon – figure centrale du monde intellectuel et artistique au tournant du 20e siècle – défend une vision décloisonnée de la création. Le musée du quai Branly–Jacques Chirac, les musées d’Orsay et de l’Orangerie, The Museum of Modern Art, New York rendent pour la première fois hommage à sa personnalité hors du commun avec une exposition conçue tel un portrait en deux chapitres.

Le premier chapitre, exposé au musée du quai Branly–Jacques Chirac, revient sur les choix de Félix Fénéon en tant que collectionneur et sur la constitution de sa collection remarquable, comptant un nombre considérable de peintures et l’un des plus importants ensembles d’arts extra-européens de son époque.

Le second chapitre, présenté au musée de l’Orangerie, évoque les convictions anarchistes de Félix Fénéon et son action en faveur des artistes à travers ses critiques, expositions et acquisitions. Promoteur du Néo-impressionnisme, Fénéon a défendu avec passion un art nouveau à travers les oeuvres de ses amis pointillistes, Seurat et Signac en particulier. Il fut également un membre actif du cercle de La Revue blanche avant de s’engager, en 1906, aux côtés des Fauves et des Futuristes à l’époque où il était directeur artistique de la galerie Bernheim-Jeune.

De la révélation des arts non-européens à la publication des Illuminations de Rimbaud en passant par la défense des symbolistes et l’émergence d’un nouvel ordre esthétique, cette exposition en deux temps célèbre la sensibilité moderne de Félix Fénéon, à la fois passeur et découvreur. En 2020, The Museum of Modern Art, New York présentera une synthèse de ces deux expositions.

Étrier de poulie de métier à tisser
© musée du quai Branly - Jacques Chirac,
Photo Claude Germain

Au musée du quai Branly–Jacques Chirac, les œuvres africaines et océaniennes montrées en regard de toiles contemporaines de certains artistes qu’il a défendus retracent l’histoire de sa collection et son rôle décisif dans l’évolution du regard porté sur les arts extra-européens. Auteur d’une enquête sur les « arts lointains », publiée en 1920 dans le Bulletin de la Vie Artistique, Félix Fénéon œuvre pour la reconnaissance des arts non-occidentaux en questionnant le statut de ces sculptures et objets. « Seront-ils admis au Louvre ? » s’interroge-t-il alors dans un article perçu aujourd’hui comme l’un des textes fondateurs du musée du quai Branly–Jacques Chirac, près d’un siècle avant le manifeste de Jacques Kerchache (Les chefs-d’œuvre du monde entier naissent libres et égaux, 1990). Au travers d’une sélection d’œuvres majeures qu’il a aimées, défendues et collectionnées tout au long de sa vie, l’exposition révèle l’importance de la collection de Fénéon.

Le parcours qui s’ouvre sur un portrait par Maximilien Luce, présente les multiples facettes de l’homme, à la fois critique, directeur de La Revue Blanche, éditeur. La première section, « L’Afrique noire et ses amateurs », permet au visiteur de comprendre dans quel contexte historique et culturel Félix Fénéon a constitué sa collection. Le visiteur découvre autour de figures artistiques et littéraires de l’époque comme le marchand d’art Paul Guillaume, l’artiste Lucie Cousturier ou d’autres amis de Félix Fénéon, la passion croissante pour « l’Art Nègre » dans les années 1920.

La seconde section évoque plus précisément l’engagement de Félix Fénéon pour les arts extra-européens au travers de l’enquête publiée dans le Bulletin de la Vie Artistique et de sa participation, par des prêts généreux, aux grandes expositions d’art primitif dans l’entre-deux guerre.

Enfin, la troisième séquence de l’exposition offre un panorama de la collection de Fénéon, qui en son temps apparu rapidement comme incontournable.

Des statues africaines anthropomorphes et féminines au Poseuses de Seurat, la proximité des œuvres permet un dialogue entre des techniques, époques et origines différentes. L’exposition rend compte du regard visionnaire de Félix Fénéon – dépourvu de frontières. Fidèle à ce regard près d’un siècle plus tard, le musée du quai Branly–Jacques Chirac lui rend hommage.

Commissaires de l’exposition
Isabelle Cahn, conservateur général des peintures, musée d’Orsay
Philippe Peltier, ancien responsable de l’Unité patrimoniale Océanie – Insulinde au musée du quai Branly–Jacques Chirac
Au Museum of Modern Art, New York, le commissariat est assuré par Starr Figura, conservatrice, et Anna Blaha, assistante curatoriale du département des dessins et estampes du Museum of Modern Art, New York

MUSEE DU QUAI BRANLY - JACQUES CHIRAC, PARIS
Exposition Mezzanine Est
www.quaibranly.fr

09/10/16

AKAA, Foire d'art contemporain et de design : Les Special Projects

AKAA - Also Known As Africa
Foire d'art contemporain et de design
Carreau du temple, Paris

11 - 13 novembre 2016

LES SPECIAL PROJECTS

Cette année AKAA accueille cinq Special Projects. Ces expositions sont pour AKAA un contenu incontournable dans une programmation culturelle qui a pour objet la mise en valeur d'initiatives participant au rayonnement des artistes en Afrique et au delà des frontières du continent.


Nyaba Leon OUEDRAOGO
Atelier danse, Ouagadougou, Burkina Faso, 2016
Courtesy Nyaba Leon Ouedraogo

AAD
AAD, African Artists for Development, est une organisation d'intérêt général qui soutient des projets de développement communautaire associés à des créations d'artistes africains contemporains. Cette exposition vous fera découvrir le projet « Refugees on the Move » à travers les yeux des photographes burkinabés Teddy Mazina et Nyaba Ouedraogo.


Bandjoun Station, front view
(c) Bandjoun Station

BANDJOUN STATION
Bandjoun Station est un site culturel durable et une résidence d'artistes créée au Cameroun par Barthélémy Toguo. Bandjoun Station présente le projet « Walk on the Moon », un résumé de ses activités artistiques et culturelles, et une sélection d'oeuvres réalisées et exposées au sein de cette structure.


Girma BERTA
(c) Girma Berta & Addis Fine Art

INSTAGRAM
Le prix Getty Images a été lancée en 2015 afin de soutenir le travail de photographes utilisateurs de la plateforme globale Instagram pour partager des histoires traitant de sujets et de communautés encore méconnues. Instagram et Getty Images présentent à AKAA le lauréat 2016 Girma Berta avec son projet: « Moving Shadows »


Chris SAUNDERS
The Perfect Storm- Soweto, 2013
Courtesy Chris Saunders

NATAAL
Pour AKAA, Nataal, plateforme internationale de global media, présente un choix de photographies réalisées par des artistes utilisant le langage du portrait, de la mode et de la beauté pour réfléchir sur les thèmes d'auto-représentation qui influencent les énergies créatives du continent, d'aujourd'hui et de demain.


Piratas do Pao
Bookshelf Water Heater
Courtesy Piratas do Pao

ESPACE DESIGN
Cette année AKAA produit une exposition pour la mise en valeur et le rayonnement du design contemporain d'Afrique. Aaron Kohn, directeur du MOAD, et commissaire invité pour l'édition 2016 explore le dialogue entre design et architecture.

AKAA
http://akaafair.com

Carreau du temple
4 rue Eugène Spuller
75003 – Paris

24/11/11

Bamako 2011 Expo Photo Panafricaine, Musée national du Mali - National Museum of Mali

9e RENCONTRES DE BAMAKO
BIENNALE AFRICAINE DE LA PHOTOGRAPHIE
Bamako, 1er novembre 2011 - 1er janvier 2012

Exposition Panafricaine au Musée national du Mali / Pan-African Exhibition at National Museum of Mali

L’exposition panafricaine, au sein des salles d’expositions temporaires du Musée National du Mali, réunit 45 photographes et 10 vidéastes, issus de 27 pays. Elle présente un panorama de la création contemporaine en Afrique, avec environ 280 photographies exposées.

The Pan-African Exhibit, in the temporary exhibition rooms of the National Museum of Mali, brings together 45 photographers and 10 videographers from 27 countries. The exhibit presents a panorama of contemporary photography in Africa, with about 280 photographs.

Commissaires de l'exposition / Curators : Michket Krifa & Laura Serani

PHOTOGRAPHIE / PHOTOGRAPHY

Nana Kof ACQUAH, Ghana
Akintunde AKINLEYE, Nigeria
Uzoma ANYANWU, Nigeria

Photo Uzoma ANYANWU 

Uzoma Anyanwu
Série « Log Jam »
© Uzoma Anyanwu


Sophia BARAKET, Tunisie / Tunisia
Arturo BIBANG, Guinée Equatoriale / Equatorial Guinea
Lien BOTHA, Afrique du Sud / South Africa
Drissa COULIBALY, Mali
Raymond DAKOUA, Côte d’Ivoire / Ivory Coast

Photo Raymond Dakoua Raymond Dakoua
La grande période de la traversée des animaux
Série « Djoliba et les gens du fleuve », 2009
© Raymond Dakoua

Emmanuel B DAOU, Mali-Côte d’Ivoire / Mali-Ivory Coast
Fatoumata DIABATE, Mali
Omar Victor DIOP, Senegal

Photo Victor Omar Diop Victor Omar Diop
Soif, série « Fashion 2112, L’élégance du 22e siècle », 2011
© Victor Omar Diop


Calvin DONDO, Zimbabwe

Hichem DRISS, Tunisie / Tunisia

Photo Hichem Driss Hichem Driss
Série « Le grand parcours », 2009-2010
© Hichem Driss


Hasan et Husain ESSOP, Afrique du Sud / South Africa

Photo Hasan et Husain Essop Hasan et Husain Essop
Fast Food, série « Hallal Art 2008 »
© Hasan et Husain Essop

Ymane FAKHIR, Maroc / Morocco
Amr FEKRY, Egypte / Egypt

Photo Amr Fekry Amr Fekry
Série « Cairo flying patterns »
© Amr Fekry

Elise FITTE-DUVAL, Martinique
Faten GADDES, Tunisie / Tunisia
François-Xavier GBRE, Côte d’Ivoire / Ivory Coast
Lotf GHARIANI, Tunisie / Tunisia
Bruno HADJIH, Algérie / Algeria
Nermine HAMMAM, Egypte / Egypt
Pieter HUGO, Afrique du Sud / South Africa
Délio JASSE, Angola
Mouna KARRAY, Tunisie / Tunisia

Photo Mouna KARRAY Mouna Karray
Série « L’équilibre précaire », 2006 et 2011
© Mouna Karray


Kiripi KATEMBO, Congo
Francis KODIA, Congo
Mamadou KONATE, Mali
N’Krumah LAWSON DAKU, Togo

Photo N’Krumah Lawson Daku N’Krumah Lawson Daku
Série « Kraftwerk made in Cotonou », 2009
© N’Krumah Lawson Dakou

Armel LOUZALA, Congo
Mário MACILAU, Mozambique
Sabelo MLANGENI, Afrique du Sud / South Africa
Fabrice MONTEIRO, Bénin / Benin
Tsvangirayi MUKWAZHI, Zimbabwe
Daniel NAUDE, Afrique du Sud / South Africa

Photo Daniel NAUDE Daniel Naudé
Quagga. Elsenburg, Stellenbosch, Western Cape
Série « Animal farm » 2010
© Daniel Naudé

Khalil NEMMAOUI, Maroc / Morocco

Jehad NGA, Libye / Libya

Photo Jehad Nga Jehad Nga
Série « Turkana », 2009
© Jehad Nga

Charles OKEREKE, Nigeria
Adolphus OPARA, Nigeria

Photo Adolphus Opara Adolphus Opara
Série « Neglect », 2010
© Adolphus Opara

Nyaba Léon OUEDRAOGO, Burkina Faso
Nyani QUARMYNE, Ghana
Jo RACTLIFFE, Afrique du Sud / South Africa
Roberto STEPHENSON, Haiti
Michael TSEGAYE, Ethiopie / Ethiopia
Thandile ZWELIBANZI, Afrique du Sud / South Africa

Photo Thandile ZWELIBANZI  Thandile Zwelibanzi
Market Photo Workshop, série « Still Existence 2010 »
© Thandile Zwelibanzi

VIDEO

Bakary DIALLO, Mali
Dimitri FAGBOHOUN, Benin
Em’Kal EYONGAKPA, Cameroun / Cameroon
Khaled HAFEZ, Egypte / Egypt
Katia KAMELI, Algérie / Algeria
Amal KENAWY, Egypte / Egypt
Brent MEISTRE, Afrique du Sud / South Africa
Grace NDIRITU, Kenya
Rina RALAY-RANAIVO, Madagascar
Ahmed SABRY, Egypte / Egypt

 

BAMAKO 2011 WEBSITE: www.rencontres-bamako.com

14/04/11

Expo Arts d' Afrique à Bordeaux au Musée d'Aquitaine. Plus de 200 oeuvres d'art exceptionnelles

Exposition : Arts d'Afrique. Voir l'invisible 
Musée d'Aquitaine, Bordeaux 
Jusqu'au 21 août 2011 



Masque Biombo. République démocratique du Congo.
Copyright Mairie de Bordeaux - Photo Lysiane Gauthier 
Courtesy Mairie de Bordeaux

En réunissant plus de 200 oeuvres d’art exceptionnelles – pour la plupart jamais présentées au public – provenant de grandes collections privées et publiques européennes, le musée d’Aquitaine propose une lecture originale de la création africaine. Son rapport à l’invisible, révélateur d’une vision du monde singulière, est indispensable pour comprendre et découvrir les richesses passées et présentes des cultures du continent africain. 

A la suite de la réouverture de ses salles XVIIIe consacrées aux rapports historiques de la ville de Bordeaux et de sa région avec l’Afrique, le musée d’Aquitaine renoue avec des expositions dédiées à l’art africain : exposition Mauritanie, Terre des Hommes, en 1993, exposition L’Esprit de la Forêt. Terres du Gabon en 1997).  

L’exposition propose une vision générale de la création matérielle traditionnelle du continent africain envisagée comme une mise en forme de l’invisible. C’est principalement à travers les masques, la statuaire et les accessoires de magie ou de divination que sont évoquées ces relations à l’invisible ainsi que les corrélations particulières qu’elles manifestent entre les entités qui peuplent le monde.  

Un premier espace couvre les principales aires culturelles de production des masques. Il présente des ensembles complets de masques avec costumes exceptionnels. 

Le deuxième espace évoque la spécificité de la statuaire africaine également perçue comme agent de communication avec l’invisible (esprits, entités, ancêtres, doubles, jumeaux…) dont l’expression semble relever d’une sphère plus confidentielle qui se manifeste entre autres au travers de rituels de protection ou de guérison davantage individuels que collectifs. 

Le dernier espace traite de différents accessoires (boîtes, paniers, plateaux, figurines, cloches, talismans, agrégats…) qui, entre les mains des praticiens (devins, guérisseurs, prêtres…) permettent le contact avec l’invisible et restent des instruments énigmatiques dont la force opératoire est révélatrice, de la même façon que pour les masques ou la statuaire, d’une vision analogiste du monde présente dans toute l’Afrique de l’Ouest. Des images traditionnelles ou contemporaines illustrent également cette dernière partie. 

L’authenticité, la représentativité et le caractère inédit des oeuvres ont guidé le choix des objets provenant de musées français et européens (Quai Branly, Tervuren, Neuchâtel, Dapper) et de collectionneurs privés qui ont consenti des prêts exceptionnels au musée d’Aquitaine.

MUSEE D' AQUITAINE
20, cours Pasteur
33000 BORDEAUX 

04/10/10

Rencontres Chorégraphiques Bamako 2010 - Biennale Danse l’Afrique Danse

8èmes Rencontres chorégraphiques 
de l'Afrique et de l'Océan indien

Biennale « Danse l’Afrique danse ! »

Bamako, 29 octobre - 5 novembre 2010

La sélection des chorégraphes africains appelés à concourir

Mise en œuvre avec la direction artistique associée de Kettly Noël, la 8ème édition de la Biennale Danse l’Afrique danse ! se déroulera du 29 octobre au 5 novembre 2010 à Bamako. Proposée cette année dans le cadre du festival Danse Bamako Danse, elle contribuera de nouveau à tisser des liens entres artistes et professionnels et permettra de faire émerger de jeunes artistes du continent africain.

La partie concours de la manifestation, comportant un volet Pièces collectives et un volet Solos, occupe une place centrale dans la Biennale et se déroulera dans deux espaces principaux que sont le Palais de la Culture et le Centre culturel français de Bamako. 

Ont été sélectionnés, dans la catégorie Pièces collectives :
o  Alou CISSE / Cie Doudadou - Apokalyps (Mali)
o  Julie IARISOA / Cie Anjorombala - Sang Couleur (Madagascar)
o  Boris  GANGA BOUETOUMOUSSA / Cie Bô Zu Dia Katiopa /  Port du casque obligatoire (Congo)
o  Aly KAREMBE / Cie Karembastudio - Danse esprit, danse en corps et encore (Mali)
o  Horacio MACUACUA / Horacio Macuacua Company - Orobroy, stop ! (Mozambique)
o  Florent MAHOUKOU / Studio Maho - On the Steps (Congo)
o  Harimalala Angela RAKOTOARISOA / Cie Soranihafa - Sora (Madagascar)
o  Peter John SABBAGHA / The Forgotten Angle Theatre Collaborative - Deep Night (Afrique du Sud)
o  Aguibou Bougobali SANOU / Cie Tamadia - Anhumanus (Burkina Faso)
o  Sayouba SIGUE / Teguérér Danse  - A suivre (Burkina Faso)

Ont été sélectionnés, dans la catégorie Solos :
o  Fernando ANUANG’A - A journey into the future (Kenya) 
o  Selim BEN SAFIA - Smurfeddin (Tunisie)
o  Lebau BOUMPOUTOU - Carrefour 2 transits (Burkina Faso)
o  Marcel GBEFFA - Et si ? (Bénin)
o  Pierre Arnold MAHOUKOU - Fond fou (Congo) 
o  Prince Dethmer NZABA - Pénombre (Congo)
o  Qudus ONIKEKU - My exile is in my head (Nigéria) 
o  Abdallah OUSMANE - Et alors ? (Niger)
o  Sayouba SIGUE - Avec des mots (Burkina Faso) 
o  Junior ZAFIALISON - Ail ? Aïe ! Aïe ! (Madagascar)


Véritable tremplin pour ces artistes, la Biennale offre aux deux compagnies et au solo lauréats une tournée en Afrique en novembre et décembre, suivie d’une tournée en Europe de plusieurs mois en 2011. Outre le concours, la Biennale sera l’occasion de mettre en avant la création malienne et de présenter de nombreux autres artistes du continent africain. Marquée par la volonté de créer un événement populaire auquel tous les habitants de Bamako pourront prendre part, cette édition investira l’espace urbain et cherchera à créer des temps forts s’inscrivant dans le quotidien de la capitale, notamment lors de mariages, baptêmes, rencontres dans les écoles, etc. Artistes et public seront également invités à fréquenter l’Espace Donko Seko ou encore la Rue Princesse en soirée. 

www.culturesfrance.com

22/07/09

L' Afrique en Noir et Blanc - Exposition

L’Afrique en Noir & Blanc
Du fleuve Niger au golfe de Guinée (1887-1892)
Louis Gustave BINGER « explorateur »
Jusqu'au 20 septembre 2009
au Musée d’art et d’histoire Louis Senlecq
à L’Isle-Adam (Val-d’Oise)
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Nourrie des expéditions de Louis Gustave Binger (Strasbourg, 1856 - L’Isle-Adam, 1936) au temps de l’Afrique précoloniale, cette exposition historique, artistique et ethnologique fait découvrir l’action et l’oeuvre de cet explorateur humaniste, ainsi que l’art et le quotidien des ethnies qui l’accueillirent dès sa première expédition, de 1887 à 1889, du Niger au golfe de Guinée. L’Afrique en Noir & Blanc présente de nombreux clichés originaux et inédits du reporter Marcel Monnier (1853-1918), ainsi qu’une centaine d’oeuvres provenant à la fois du Musée du Quai Branly et d’une trentaine de collections privées et publiques. Cette manifestation est co-organisée avec le Centre des Archives Nationales d’Outre-Mer d’Aix-en-Provence (ANOM) et l’association Images et Mémoires. L’exposition est complétée par un catalogue, publié aux Editions Somogy, conçu comme un véritable ouvrage scientifique.
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Afin de situer l’exposition dans un contexte historique strict, Frédéric Chappey et Claude Auboin, commissaires de l’événement, ont sollicité les meilleurs spécialistes européens et africains de l’exploration française en Afrique de l’Ouest.
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L’exposition répond à plusieurs objectifs : Rendre compte d’un parcours humain exceptionnel dans un moment crucial de l’histoire de France, évoquer les rapports entre l’Europe et l’Afrique, témoigner de la découverte par l’Occident de l’art africain, ainsi que valoriser la beauté d’un continent et la richesse des cultures explorées par « Binger l’Africain ».
Photo de Marcel Monnier (c) Tous droits réservés
Des photographies exceptionnelles, des documents rares et des objets précieux
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L’exposition montre des clichés pris par Marcel Monnier lors de la seconde expédition conduite par Louis Gustave Binger, en 1891 et 1892, à travers les anciens royaumes africains situés dans l’actuelle Côte d’Ivoire. Ce sont vraisemblablement parmi les toutes premières photographies réalisées de l’intérieur de l’Afrique occidentale.
Photo de Marcel Monnier (c) Tous droits réservés .
Sont aussi présentées de grandes reproductions de clichés de François Edmond Fortier (1862-1928) – pionnier de la carte postale en Côte d’Ivoire dès 1905 – et d’une douzaine d’autres photographes, français et autochtones, évoquent l’évolution de la présence européenne, ainsi que les populations indigènes en voie d’européanisation dans cette région d’Afrique.
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Une centaine d’objets d’art et du quotidien, exécutés par les peuples africains rencontrés par Binger, sont mis en scène autour de ces émouvantes images et d’un campement d’explorateur du XIXe siècle.
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Sont également présentés et commentés, des documents originaux (traités diplomatiques, correspondances officielles, carnets de route, cartes, croquis) relatifs aux explorations de Binger avant que celui-ci ne devienne le premier gouverneur de la Côte-d’Ivoire, en 1893, et directeur des Affaires d’Afrique, en 1897, au ministère des Colonies.
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Des agrandissements photographiques des clichés de Marcel Monnier et des gravures d’Edouard Riou (1833-1900) – auteur des illustrations des romans de Jules Verne parus chez Hetzel et du best-seller de Binger Du Niger au golfe de Guinée (1892) – illustrent certains écrits de l’explorateur.
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Depuis l’automne 2009, « L’Afrique en Noir & Blanc » est aussi présentée dans plusieurs bibliothèques et musées français. Elle sera présentée en 2010, au Musée national des Civilisations ivoiriennes à Abidjan (Côte d’Ivoire) et au Musée du district de Bamako (Mali). .
Exposition L’Afrique en Noir & Blanc
Du fleuve Niger au golfe de Guinée (1887-1892)
Louis Gustave BINGER « explorateur »
3 mai - 20 septembre 2009
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Adresse : 31, Grande Rue - 95290 L’Isle-Adam - Tel : 01 34 69 45 44 - Site : ville-isle-adam.fr
Horaires : Ouvert tous les jours, de 14h à 18h sauf le mardi et certains jours fériés.
Tarifs : Plein tarif : 3.20 € - Tarif réduit : 2.50 € - Gratuit pour tous le dimanche et tous les jours pour les scolaires, les enfants, les étudiants en arts plastiques et en histoire de l’art et les Amis du Louvre.
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08/12/96

Arman et l’Art Africain, Exposition au Musée National des Arts d'Afrique et d'Océanie, Paris

Arman et l’Art Africain
Musée National des Arts d'Afrique et d'Océanie, Paris
4 décembre 1996 - 17 février 1997

Cette exposition, réalisée par le Musée d'Arts Africains, Océaniens, Amérindiens de Marseille, est organisée à Paris par la Réunion des Musées Nationaux et le musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie.

Le sculpteur Arman (Armand Fernandez, né en 1928) s’intéresse aux arts dits “primitifs” depuis les années 50, au moment où il les découvre dans deux expositions, à Paris et à Cannes ; c’est à cette époque qu’il achète, aux Puces à Nice, son premier objet africain, un masque dan. Il commence alors sa collection, qui compte aujourd’hui quelques centaines de pièces, une collection composée, dit Arman, “de plusieurs parties : des coups de coeur, c’est-à-dire des pièces qui m’ont intéressé esthétiquement, dont j’ai eu envie ; mais aussi des sortes de gestes systématiques, d’accumulations, avec l’idée de mettre des choses du même type ensemble, en suivant toujours ce dessein, qui est le mien dans beaucoup de mes oeuvres, celui de l’accumulation”.

Arman collectionne également des oeuvres d’art océanien et divers objets : des armures japonaises, des radios des années cinquante, des voitures anciennes, des couteaux, des stylos... On voit ainsi que, chez lui, la notion de collection rejoint bien celle d’accumulation, pour autant que l’on accorde à cette dernière une fonction qualitative et esthétique, et pas seulement quantitative. La collection-accumulation révèle à la fois le regard toujours plus aigu de l’amateur et celui de l’artiste en quête d’une approche nouvelle de l’oeuvre d’art, où la notion de série joue un rôle important.

La collection d’art africain d’Arman réunit plusieurs ensembles exceptionnels :

- une série de pièces du Gabon, que l’artiste dit être celles qu’il préfère : des masques fang et des figures de reliquaire kota ;
- des fétiches à clous kongo (provenant de la région de l’embouchure du fleuve Zaïre) qui évoquent, d’une certaine façon, le travail du sculpteur français ; 
- des masques-heaumes mendé (Sierra Leone et Liberia) dont l’intérêt n’est sans doute pas assez reconnu aujourd’hui.

A ces ensembles s’ajoutent de nombreuses et remarquables pièces isolées : masque kuba-kété (Zaïre), statue dogon (Mali), statue mumuyé (Nigéria)... 

En tout l’exposition présente 183 oeuvres, avec 63 ethnies représentées : Anang, Baga, Bamana, Bamiléké, Baoulé, Basikasingo, Beembé, Bété, Bijogo, Bobo, Bwa, Dan, Dogon, Fang, Guro, Hemba, Ibibio, Idoma, Igbo, Kongo, Konso, Kota, Kota-Mahongwé, Kuba, Kulango, Kuyu, Kwélé, Lobi, Luba, Lulua, Makonbé, Mama, Mambila, Mau, Mayombé, Mbala, Mbembé, Mbolé, Mboyé, Mendé, Mossi, Mumuyé, Nuna, Ovimbundu, Owé, Pendé, Pounou, Sakalava, Salampasu, Sénoufo, Songyé, Tabwa, Téké, Tetela, Toma, Tshokwé, Tsogho, Urhobo, Wongo, Yaka, Yaouré, Yoruba, Zulu.
“Quand j’ai découvert les chefs-d’oeuvre d’autres cultures, des cultures dites “primitives”, j’ai été soulagé d’avoir la confirmation de cette idée que l’homme est partout le même : un bébé né dans une certaine culture mais élevé dans une autre l’absorbe comme une éponge, il appartient à la nouvelle culture dans laquelle il est élevé. Nous avons donc tous à peu près le même matériel de base, que ce soit dans la peinture ou dans la statuaire [...]” (Arman, entretien avec Monique Barbier-Mueller, dans le catalogue de l’exposition).
L'exposition a d’abord été présentée à Marseille, au musée d'Arts Africains, Océaniens et Amérindiens (Chapelle de la Vieille Charité) du 23 juin au 30 octobre 1996. Après Paris, la prochaine étape sera Cologne du 13 mars au 15 juin 1997.

Commissaires à Marseille : Alain Nicolas, directeur du Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens, Marianne Sourrieu, attachée de conservation
Commissaires à Paris : Etienne Féau, conservateur au musée des Arts d’Afrique et d’Océanie, chef de la section Afrique, Hélène Joubert, section Afrique

Arman et l'Art Africain
ARMAN ET L’ART AFRICAIN
Catalogue de l’exposition
Coédition RMN/Musées de Marseille
279 pages, 264 illustrations noir et blanc, 180 illustrations couleur

Sommaire du catalogue

• Alain Nicolas, L'art Africain et la manière
• Jean-Hubert Martin, La sagacité de l'artiste
• Jacques Kerchache, Amateur, accumulateur, collectionneur, connaisseur
• Interview : Arman / Alain Nicolas
• Une rencontre : Monique Barbier-Mueller / Arman
• Catalogue des oeuvres : Photos de Gérard Bonnet
• Notices : Textes de Anne-Marie Bouttiaux-Ndiaye, Luc de Heusch, Els De Palmenaer, Hélène Joubert, Jacques Lombard, Alain Nicolas, Louis Perrois, Christopher Roy, Gustaaf Verswijver. Historique et bibliographie des objets par Marianne Sourrieu
• Bibliographie des auteurs
• Biographie d’Arman
• Liste des oeuvres exposées

CD-Rom : Arman, Collection d'Art Africain

Un CD-Rom a également été réalisé à l'occasion de l'exposition. Ce CD-Rom présente les 300 pièces de la collection d’art africain d’Arman. Accessible interactivement, chacune de ces pièces peut être admirée et étudiée à partir d’images fixes et de vidéos, accompagnés de notices en hypertexte. Un module spécifique est consacré aux réflexions d’Arman sur les relations qu’il entretient, dans son travail, avec l’art africain, et sur son parcours de collectionneur. Le programme inclut aussi un historique du primitivisme dû à Alain Nicolas, conservateur en chef au musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens de Marseille : on y apprend que Dürer fut le premier amateur d’arts dits “primitifs”, on y découvre le cabinet de curiosités de François 1er et les grandes collections d’artistes et d’écrivains du XXème siècle (Braque, Derain, Léger, Breton, Tzara, Eluard)...

Composition du CD-Rom 
• plus de 10 000 photographies 
• plus de 2 heures de commentaires d’Arman 
• 10 minutes d’extraits de films ethnographiques en vidéo
• plus de 2000 pages de texte
Coédition ARTE Editions / Hypervision
Coproduction Hypervision / ARTE Editions / Musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens de Marseille / Office Régional de la Culture-Région Provence-Alpes-Côte d’Azur / avec le soutien de la Traditional Art Foundation de New York, du Centre Européen de Recherche et Développement Multimédia de Marseille, de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et de la Ville de Marseille
Distribution : Réunion des musées nationaux
Format : MacIPC
Langues : Français, anglais et allemand sur le même CD-Rom

MUSÉE NATIONAL DES ARTS D’AFRIQUE ET D’OCÉANIE
293 avenue Daumesnil, 75012 Paris