IMAGES LIÉES
Programmation vidéo - Trait(s) d’union
Commissariat : Josée Gensollen et Martine Robin
Biennale Manifesta 13 Marseille /
Les Parallèles du Sud
Château de Servières, Marseille
9 octobre - 19 décembre 2020
Le Château de Servières dédie son espace à l’exposition Images liées, imaginée par Martine Robin et Josée Gensollen. Les commissaires proposent une réflexion autour de la notion de trait d’union offerte comme piste de recherche par la Biennale Manifesta 13 Marseille, et nous en livrent deux interprétations possibles autour de :
- Trait d’union(s) dans le relationnel, le couple, les dyades filiales
- Trait d’union(s) dans l’exploration des frontières, les révoltes et les
résistances
Et pour finir le trait d’union comme métaphore de notre passage sur terre.
Ce corpus d’oeuvres d’artistes internationaux auxquels sont associés sept artistes du territoire est présenté dans un espace entièrement réaménagé pour l’événement.
Un projet du CHÂTEAU DE SERVIÈRES en partenariat avec LA FABRIQUE Gensollen Marseille et LOOP BARCELONA
Avec les artistes :
Marina Abramović
Iván Argote
Marcos Ávila Forero
Milena Bonilla
Dominique Castell
Jordi Colomer
Ştefan Constantinescu
Nathalie Djurberg & Hans Berg
Caroline Duchatelet
Arthur Eskenazi & Pauline Brun
Harun Farocki
Alexandre Gérard
Clarisse Hahn
Mona Hatoum
Katia Kameli
Bouchra Khalili
Evangelía Kranióti
David Lamelas
João Onofre
Hans Op de Beeck
Daniela Ortiz
Romain Rondet & Gabriele Salvia
Anri Sala
Moussa Sarr
Michèle Sylvander
Javier Téllez
Rona Yefman & Tanja Schandler
Trait d’union(s)
dans le RELATIONNEL, le COUPLE, les DYADES FILIALES
Sont évoqués :
- l’amour à travers les textes de Marguerite Duras, David Lamelas
- la mise en scène du mariage, Hans Op de Beeck
- les tensions chez Ştefan Constantinescu, Arthur Eskenazi & Pauline Brun, João Onofre, Marina Abramović
- les nostalgies Evangelía Kranióti
- l’amour filial Nathalie Djurberg & Hans Berg
- les interrogations familiales Anri Sala, Mona Hatoum
- l’optimisme pas à pas Dominique Castell et Iván Argote
Trait d’union(s)
dans l’exploration des frontières, les révoltes et les résistances
Evocations de :
- la mémoire de la faune et la nature sur le site du rideau de fer Milena Bonilla
- Un desir d’exil en musique du passé au présent Marcos Avila Forero
- le trajet des émigrations jusqu’à l’exploration de Marseille par les nouveaux arrivants Romain Rondet et Gabriele Salvia
- la traversée par un homme canon de la frontière mexicaine vers les USA Javier Téllez
- le combat contre un mur Rona Yefman et Tanja Schandler
- l’exposition de sa nudité pour faire reconnaître son existence Clarisse Hahn
- l’interrogation de l’Europe sur le colonialisme Michèle Sylvander et la valorisation de Christophe Colomb Daniela Ortiz
- les chemins fastidieux de la chaîne des travailleurs Harun Farocki
- l’observation de la ville, ses gagnants, ses perdants Jordi Colomer
- l’utilisation des fables pour exprimer la lutte inégale Moussa Sarr
- le trait d’union entre Marseille et l’Algerie à travers le flux maritime Katia Kameli
- le rappel de la vie semée d’embûche Alexandre Gérard
Trait d’union(s)
Métaphore de notre passage sur terre
Sont évoqués :
- hommage à Jean Genet et à sa fascination pour la typographie Bouchra Khalili
- vidéo inspirée par l’arrivée de la lumière, à l’aube du 25 mars, sur la fresque de l’Annonciation de
Fra Angelico dans le couvent de San Marco à Florence en Italie Caroline Duchatelet
LES ARTISTES ET LEURS OEUVRES
Marina Abramovic
(Belgrade, Serbie 1946)
The artist is present, 2010
Extrait performance vidéo MoMA New-York
Du 14 mars au 31 mai 2010 Marina Abramovic performeuse célèbre depuis 1973 fait une performance au MoMA, musée d’art moderne de New York, durant deux mois et demi. Elle va faire un face à face silencieux avec une personne du public. Habillée d’une longue robe rouge , assise, elle va voir s’asseoir les visiteurs un par un en face d’elle. Ils se fixent sans échanger une parole, puis s’en vont pour laisser la place au suivant. Certains restent une minute, d’autres jusqu’à 7 heures. Certains éclatent en sanglot. Tous ont attendu pour cela plusieurs heures. La performeuse reste toujours silencieuse, impassible, le regard fixe sauf sur un moment très fort ou Ulay s’assoit en face d’elle. Ils se sont rencontrés en 1976, avant cela elle faisait ses performances “Rythme” ou le public pouvait la maltraiter. Elle dit “ Si on laisse le pouvoir au public on peut être tué”. Avec Ulay, ils vivent “un corps à deux têtes” et excellent dans les performances jusqu’en 1988 où ils se quittent. Ils se reverront lors de cette performance.
Ivàn Argote
(Bogota, Colombie 1983)
GALERIE PERROTIN (Paris)
Two 50 years old whites males having emotions, 2013 - 4’26”
Une prise de vue circulaire filme deux hommes blancs de la quarantaine se tenant dans les bras. Cette typologie associée pour l’artiste au pouvoir et à la domination, présente ici une sensibilité ou une fragilité loin des stéréotypes. Pour Ivàn Argote cette vidéo apparaît comme une allégorie de la fragilité actuelle de la domination historique occidentale. L’artiste élabore un travail politique en parallèle, d’interventions parfois audacieuses, mettant en évidence nos réactions, comportements très liés à notre histoire, nos traditions, notre regard sur l’art, la politique, le pouvoir.
Marcos Ávila Forero
(Paris, 1983)
ADN GALERIA (Barcelone)
Atrato, 2014, 13‘52“24
L’Atrato est un fleuve, une route qui traverse la jungle du Chocó en Colombie et l’une des les principales artères du conflit armé. Ce projet est le résultat d’une action menée dans la région par Marcos Ávila Forero, avec un groupe de familles afro-colombiennes vivant sur les rivières. Soutenus par un groupe d’organisations locales - qui protestent contre la destruction de leur patrimoine culturel causée par le conflit - et une équipe de chercheurs de plusieurs disciplines, l’artiste propose à un groupe de jeunes percussionnistes de récupérer une de leurs anciennes coutumes qui consiste à frapper la surface du fleuve avec leurs paumes d’une manière particulière, afin de reproduire différents rythmes musicaux qui résonneraient sur des distances relativement grandes. «Ils devaient être entendus du village». Le but de l’action est que ces jeunes percussionnistes puissent se réapproprient cette tradition en la ré interprétant à l’aide de leurs rythmes modernes et en terminant par une exégèse musicale de leurs expériences du conflit armé.
Milena Bonilla
(Bogota Colombie, 1975)
GALERIE MOR CHARPENTIER (Paris)
An enchanted forest, 2013 - 9’ 15”
Le rideau de fer : séparation idéologique (nommée en 1946 par Churchill) puis physique s’acheva avec la chute du mur de Berlin en 1989. Il créa une zone d’enfermement, de violence, de silence mais de repos écologique. Ce confinement insupportable pour les hommes mais zone de liberté pour les animaux et la flore. Le film s’appuie sur deux ouvrages qui mentionnent l’existence d’une forêt enchantée dans la zone qui couvre l’ancienne forêt de Bohême, divisée entre les parcs naturels de Bavière et de la Šumava. Ces parcs appartiennent à l’Allemagne et à la République tchèque. Le premier livre retrace la découverte d’un groupe de scientifiques qui ont remarqué, alors qu’ils suivaient la population de cerfs rouges dans le cadre d’une routine de contrôle, que les femelles de cerfs rouges des deux pays ne traversent pas l’ancienne frontière du rideau de fer, même si la clôture a été supprimée depuis 1989. Le second livre raconte, sous le même titre, l’histoire d’un groupe anarchiste appelé Ahornia dont les membres se rassemblaient dans la même zone forestière. Le livre est une compilation d’une série de déclarations que le groupe secret a écrites en 1967, un an avant le Printemps de Prague de 1968.
Dominique Castell
(Labastide-Rouairoux, 1969)
Bal d’été, 2012 - 4’30’’
Dominique Castell travaille avec le soufre de l’allumette comme un pigment qui colore son trait en rose mais qu’elle peut aussi brûler pour obtenir, à côté de ses dessins envolés, un rendu plus sombre. Souffre que je t’embrasse, soufre que je t’embrase, revient comme un leitmotiv dans sa pratique du dessin. Dans ce film les jambes de danseuses de tango tracées d’une ligne rose, exécutent des mouvements répétitifs. Pourquoi s’échauffent-on ? Pourquoi danser, pourquoi dessiner ? Pour tracer dans l’espace et dans le temps des figures furtives, des ornements éphémères, pour faire des boucles, créer du vertige…et échapper à la gravité du monde. Sur ces mesures très énergiques qui renvoient une image de la femme de caractère, Dominique Castell nous convie, non sans ironie, à une passe revisitée du tango argentin, dont on se souvient qu’il était, à l’origine dansé entre homme ! On perçoit finalement, toute sa revendication pour une société plus ouverte et plus libre.
Jordi Colomer
(Barcelone, 1962)
GALERIE MICHEL REIN (Paris)
Les villes, part 1 , 2002, 2’
Les villes, part 2, 2002, 2’
Jordi Colomer a un intérêt pour l’urbanisme et l’architecture, la ville et ses usages. Il évoque des utopies. Un pan d’immeuble sur fond de ville en carton pâte qui ne cesse de se faire et de se défaire. Une femme dangereusement accrochée à une corniche au dessus des rumeurs urbaines. Deux dénouements : une femme s’en sort, l’autre lâche prise et tombe alors qu’elle pensait se rétablir. En même temps que ses bifurcations, la ville est témoin des dérives et des drames.
Ştefan Constantinescu
(Bucarest, Roumanie 1968)
BORDERLINE ART SPACE (Lasi, Romania)
On the other Side, 2015, 8’
Une porte fermée à clé sépare un «lui» d’un «elle» invisible et insensible, qui se cache probablement quelque part dans son boudoir. Il essaie d’entrer, en modifiant de plus en plus son comportement, passant de la négociation douce à la menace verbale et aux manifestations physiques de colère. La tension monte à mesure qu’il frappe à la porte, rendant l’atmosphère de plus en plus menaçante, sans pour autant susciter de réponse. La distance entre les deux amants est infinie et la communication impossible. La logique du film est renforcée par ces distinctions de séparation et de convolution en boucle, surtout lorsqu’elle affecte l’incapacité d’intervenir ou le pouvoir d’agir. De l’autre côté poursuit la série de courts métrages de Stefan Constantinescu qui réfléchissent sur les dualismes vécus dans les relations intimes.
Nathalie Djurberg & Hans Berg
(Lysekil, Suède 1978) ( Rättvig, Suède 1978)
GALERIE GIO MARCONI (Milan)
Once Removed on My Mother’s Side, 2008, 5’20”
Une mère démente et assez répugnante est assistée par sa fille décharnée mais totalement dévouée. Aidante parfaite, multitâche, soignante attentive, elle va périr étouffée par cette mère très occupée par ses conduites inadaptées et incohérentes. Le travail des artistes traite des traumatismes, agressions et comportements compulsifs tout en s’évadant parfois dans un univers surréaliste.
Caroline Duchatelet
(Valenciennes 1964 )
COLLECTION GENSOLLEN - LA FABRIQUE (Marseille)
Le 25 mars, 2015 12’25’’ - version courte
Inspiré par l’arrivée de la lumière, à l’aube du 25 mars, sur la fresque de l’Annonciation de Fra Angelico dans le couvent de San Marco à Florence en Italie. « L’Annonciation de San Marco ne représente pas le rayon divin qui touche la Vierge. Fra Angelico a choisi de ne pas le peindre. La disposition de la fresque rend possible l’arrivée sur elle de la lumière, le soleil provenant de la gauche par une fenêtre qui existait déjà à son époque. Le rayon n’a pas eu besoin d’être peint parce que chaque matin la lumière vient réellement sur la fresque. Nous sommes allés voir la fresque de Fra Angelico le matin du 25 mars, jour de l’Annonciation. Nous avons attendu, à l’aube, l’arrivée de la lumière. Nous avons vu le premier rayon du soleil toucher l’ange, puis la Vierge. Nous avons assisté à ce que, sans doute, Fra Angelico avait prévu : l’accomplissement du mystère de l’Annonciation par la lumière de la
peinture. » - Yannick Haenel. Projet conçu avec l’historien de l’art Neville Rowley. La version longue du film est de 40’ avec un texte et la voix off de l’écrivain Yannick Haenel. Réalisé avec le soutien du Centre National des Arts Plastiques, de l’Institut français Firenze, du Polo museale della Toscana et du Musée San Marco.
Arthur Eskenazi & Pauline Brun
(Paris 1986) ( Roubaix 1984)
Objet #2, 2013, 6’
Objets est un projet de recherches vidéo mené par Pauline Brun et Arthur Eskenazi. Ce travail s’inscrit dans une volonté de rendre compte des mouvements, aussi bien des corps filmés que de ceux qui s’opèrent dans le médium même de la vidéo, afin de les inscrire dans un système souvent chorégraphique permettant de raconter leurs histoires et l’histoire de ces déplacements.
Harun Farocki
(Neutitschein Tchequie, 1944-2014)
ANGELS BARCELONA (Barcelone)
Comparison via a third, 2007, 20’50”
Harun Farocki explore le concept du travail en montrant différents procédés utilisés aujourd’hui dans le processus de fabrication des briques. Les images, qui conforment l’oeuvre nous sont montrées en double projection, sans aucun commentaire critique qui les accompagne, de sorte que le spectateur prend conscience des parallèles existant entre les différentes étapes de l’industrialisation d’une société. C’est en laissant les images parler par elles-mêmes, Harun Farocki nous encourage à remettre en question la notion de ce que nous appelons le progrès, car les briques et leurs différents modes de production deviennent les fondements d’une société.
Alexandre Gérard
(Marseille, 1975)
Marche en trompe l’oeil, 2012 - vidéo 2’12
Peinture en trompe-l’œil d’une marche, en bas d’un escalier, sur le sol de la galerie Ygrec Ensapc, lors de l’exposition D’échec en échec, sans perdre son enthousiasme (1er juin - 13 juillet 2012). “ Mon intérêt pour la notion de honte, d’hésitation, de perte de contrôle et de stupeur, m’a amené à recenser certaines situations fréquentes où la maîtrise des codes et ses signes vacille … J’ai réalisé des vidéos ou l’on peut observer sur le vif, les comportements similaires de différentes personnes dans quelques unes de ces circonstances”.
Clarisse Hahn
(Paris, 1973)
Notre corps est une arme - Los desnudos, 2012, 13’
Des paysans mexicains sans terre inventent une nouvelle forme de lutte, en utilisant leur corps comme un instrument de résistance politique et sociale. Puisque le gouvernement ne veut pas reconnaître leur existence, ils manifestent entièrement nus dans les rues de Mexico deux fois par jour jusqu’à obtenir gain de cause.
Mona Hatoum
(Beyrouth, Liban 1952)
COLLECTION GENSOLLEN - LA FABRIQUE (Marseille)
Measures of distance, 1988, 15‘25”
Née à Beyrouth, de parents palestiniens, Mona Hatoum s’est exilé à Londres en 1975 lors de la guerre du Liban. Cette vidéo comprend plusieurs éléments : les lettres en arabe de sa mère écrivant de Beyrouth à sa fille à Londres, que l’artiste lit à haute voix, des conversations franches entre la fille et la mère ou cette dernière parle de sentiment, de sexualité, les objections du père à l’observation intime du corps nu de la mère prenant sa douche. Oeuvre inhabituellement autobiographique où l’artiste parle de déplacement, de désorientation et de l’énorme sentiment de perte à la suite de la séparation causée par la guerre.
Katia Kameli
(Clermont-Ferrand, 1973)
Dissolution, 2010, 3’50’’
Cette vision d’un bateau au large en Méditerranée symbolise pour nous le trait d’union, aller retour incessant entre deux continents pôles d’enrichissement culturel. L’artiste travaillant sur la dissolution, sur l’effacement, sur la zone floue, accentuée par les fumées des cheminées du tanker et les conditions atmosphériques, nous propose un paysage flouté sur lequel les projections géographiques différentes sont possibles pour le regardeur. L’entre-deux culturel alimenté de strates crée une identité originale quel que soit le lieu.
Bouchra Khalili
(Casablanca, Maroc, 1975)
GALERIE MOR CHARPENTIER (Paris)
The typographer, 2019, 3’30’’
Alors que Genet est connu dans le monde entier comme un écrivain d’avant garde, la seule profession qui lui ait été proposée en tant qu’écolier orphelin, fut la typographie, pour laquelle il reçut une courte formation, avant de fuir l’atelier géré par le système de l’aide sociale. En France, la typographie était traditionnellement un métier laissé aux enfants talentueux des ouvriers, qui deviendront essentiels pour faire circuler les idées révolutionnaires parmi la classe ouvrière. Bien que sa formation de typographe ne dure que quelques semaines, Genet a toujours accordé une grande attention à la composition de ses livres, cultivant une fascination pour la typographie en tant que métaphore de la pratique littéraire. Le film de Bouchra Khalili, montre un typographe en train de composer et d’imprimer la dernière phrase que Jean Genet a écrite de son vivant. Cette phrase constitue, selon sa dernière volonté, l’épigraphe du “Captif amoureux” (son poème épique posthume sur les Blacks Panthers et la révolution palestinienne), qui éclaire rétrospectivement l’art poétique de Genet. Tourné en 16 mm et en noir et blanc, le film celluloïd est ici une métaphore du cinéma en tant que technique de composition d’images, soulignant le pouvoir nomade des mots et des images pour naviguer dans les esprits, le temps et les médias.
Evangélia Kranioti
(Athènes, Grèce 1979)
FRAC PACA (Marseille)
Marilyn de los puertos, 2013, 29’47
Embarquée à bord des cargos de la marine marchande grecque, Evangélia Kranioti a parcouru des océans et, avec une esthétique très travaillée, elle interroge les figures archétypales du marin et de la prostituée. Marins et prostituées se rejoignent quand le bateau accoste. Sandy, prostituée chilienne et un vieux capitaine grec se livrent dans un dialogue à distance sur l’errance, le désir et l’oubli. Cependant la mémoire estompée reste là ainsi que la nostalgie.
David Lamelas
(Buenos Aires, Argentine 1946)
GALERIE JAN MOT (Brussel)
Mon amour , 2014 - 25’ 35 ‘’
David Lamelas explore les phénomènes de lecture de film par opposition à celui de leur visionnement . Avec comme constatation : le film doit être lu et non seulement regardé. Il emprunte le scénario à la littérature ici celui de Marguerite Duras dans Hiroshima mon amour. Dans cette oeuvre, nous ne voyons pas d’image mais seulement le scénario et il est flou. Seuls sont lisibles les “Elle” et 3lui” nous tirant vers l’abstraction essentielle du film. La communication , le dialogue sont majeurs mais nous n’en connaissons pas le contenu. L’artiste conceptuel aborde les limites de la temporalité de l’oeuvre et de son potentiel pour créer d’autres processus de communication et de cognition. David Lamelas va reconsidérer ses “reading films” de 1970 tel que “Knots” de R.D. Laing et l’extrait de “ Labyrinthe” de Borges.
João Onofre
(Lisbonne, Portugal 1976)
COLLECTION GENSOLLEN - LA FABRIQUE (Marseille)
Untitled, 1998, 3’’
Dans cette chorégraphie, un couple tente de se rapprocher mais sont repoussés violemment. Héritier des artiste des années 70, de Nauman et Baldessari , l’artiste va conduire les sujets de ses oeuvres vidéos, aux limites du possible tant dans les performances, résistances que dans le son. Cette oeuvre précoce anticipe sur son travail actuel.
Hans Op de Beeck
(Bruxelles, Belgique 1969)
GALERIE KRINZINGER (Vienne)
All together... now, 2005, 6’ 20”
Trois cérémonies : mariage, enterrement, anniversaire sont scénarisés à l’excès par un mouvement circulaire de la caméra (un long travelling plutôt) avec son et gestuelle ralentis. Les protocoles et postures théâtralisés révélant l’absurdité des mouvements collectifs imposés, montrent notre solitude et nos observations personnelles dont nous sommes tous prisonniers.
Daniela Ortiz
(Cusco, Pérou, 1985)
ANGELS BARCELONA (Barcelone)
Réplica, 2014, 4’30”
Dans Replica, Daniela Ortiz réalise une performance parmi les participants concentrés dans le centre de Barcelone lors de la célébration de la fête nationale espagnole du 12 octobre 2014. Daniela Ortiz s’agenouille devant les manifestants et reproduit ainsi la position de la personne indigène devant Bernardo Boyl (prêtre et compagnon de Christophe Colomb lors de son deuxième voyage en Amérique) qui est représentée au monument dédié à Christophe Colomb à Barcelone. La vidéo propose ainsi une réflexion critique sur la colonisation et le symbolisme des monuments qui nous entourent
Romain Rondet & Gabriele Salvia
(Paris, 1990)
La république des autoroutes, 2016 - film documentaire 11’24’’17
La République des Autoroutes suit la marche d’un architecte sur les bords de l’autoroute A7 – A51 de Marseille à Aix-en-Provence. À travers la marche nous découvrons des personnages, des parcs, des cimetières qui sont baignés dans le bruit et le flux permanent des voitures.
Anri Sala
(Tirana, Albanie 1974)
GALERIE CHANTAL CROUSEL (Paris)
Intervista, 2000, 26’
Ce film met en scène l’auteur lui même et sa mère. Trouvant une bobine de film dans une boîte en carton, le jeune homme y découvre un film de propagande de 1977 dans lequel sa mère est interviewée au côté du chef de parti albanais lors d’un congrès international de la jeunesse communiste. L’artiste va mener son enquête, s’adresser à plusieurs protagonistes, faire décrypter les mouvements de la bouche par une traductrice d’un institut de sourd et muet. Il s’agit du déchiffrement d’un entretien dans l’espace public, puis de la recherche du dialogue dans l’espace privé pour dénouer son intrigue. Anri Sala et sa mère se confrontent, il apparaît alors un conflit entre image et parole, avec la confusion paradoxale entre deux temps, l’image de sa mère en 77 et celle contemporaine de la vidéo. Le film remarquable dans le montage des temporalités, historiques, générationnelles et filiales complique la démarche: distance, proximité, fidélité, infidélité, familiarité et de familiarisation.
Moussa Sarr
(Ajaccio, 1984)
COLLECTION GENSOLLEN - LA FABRIQUE (Marseille)
Fredi la mouche, 2010, 35”
C’est l’agitation vaine d’une mouche qui ne saurait se résoudre à son destin et reste combative, même si ce combat est perdu d’avance. Scène tragique ou comique ? Moussa Sarr se présente comme un fabuliste mettant en scène de façon burlesque ou grave des combats intimes, sociaux, politiques en laissant le spectateur en faire l’arbitrage.
Michèle Sylvander
(Marseille, 1944)
Un séjour tout compris, 2018, 5’
Un séjour tout compris est un montage issu d’archives familiales. Les images ont été prises du début des années 1960 au cours d’une croisière pour Haïti "surnommée la perle des Antilles“ à bord du paquebot France. Des passagers jettent des pièces de monnaie à des nageurs indigènes qui tentent comme ils le peuvent de les récupérer. Ce film tout comme pourquoi tu pars s’inscrit dans la réflexion de l’artiste sur l’histoire coloniale.
Javier Tellez
(Valence, Venezuela 1969)
FRAC GRAND LARGE
One flew over the void, 2005, 11’30”
Pendant deux mois l’artiste fait un atelier avec les patients du service de psychiatrie du Baja California Mental Health Center à Mexicali. Le joyeux cortège de patients, déguisés forme une parade et s dirige vers la mer à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. D’une part les patients sont valorisés par le statut d’acteur qu’on leur confie, d’autre part, le film prend une tournure politique, après le cortège, dans la dernière scène de franchissement de la frontière par l’homme canon.
Rona Yefman & Tanja Schandler
(Israël 1972) (Danemark 1973)
SOMMER CONTEMPORARY ART (Tel Aviv)
Pippi longstockings the strongest girl in the world, 2000, 3’5”
Personnage suédois, inventée en 1944, Pippi longstocking (fifi brin d’acier) est devenue une héroïne pour les enfants. C’est la fille la plus forte du monde, icône féminine queer de la littérature pour enfant. Pippi jouée par Tanja est un personnage avec une grande sensibilité et empathie pour le monde entier. Elle essaie absurdement à Abu Dis de déplacer la barrière de Cisjordanie qui sépare le territoire de l’autoroute palestinienne. Elle tente de pousser le béton massif cherchant à créer un changement avec ses propres pouvoirs. Dans le contexte local au moyen orient, les artistes cherchent à encourager l’interaction entre les personnages vivants près du mur afin d’exprimer leur solidarité. Pippi insiste obstinément sur la création d’une nouvelle réalité.
CHÂTEAU DE SERVIÈRES
11-19 boulevard Boisson - 13004 Marseille