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04/06/25

« Forever Young », MAC VAL, Vitry-sur-Seine - Exposition des 20 ans du MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne

« Forever Young »
MAC VAL, Vitry-sur-Seine
14 juin 2025 — 4 janvier 2026

Mac Val
© MAC VAL 

Camille Brée
Camille Brée 
Boîte à disparaître, 2022 
Bois, éléments métalliques. 
Vue de l’exposition Homely, 
avec Claudine Debelle, Bagnoler, Bagnolet, 2022 

Grichka Commaret
Grichka Commaret 
Cent quatre-vingt-trois, 2020 
Acrylique sur coton, 34 x 22 cm
© Grichka Commaret 

Emma Cossée Cruz
Emma Cossée Cruz 
Théâtre de machines, 2024 
Photographies noir et blanc transférées manuellement sur plâtre, 
250 x 120 x 1.3 cm 
Vue de l’exposition « Ex machina », Centre Claude Cahun 
pour la photographie contemporaine, Nantes, 2024 
Photo © Emma Cossée Cruz

Sarah-Anaïs Desbenoit
Sarah-Anaïs Desbenoit 
Night Stalker, 2018
Photographie, 59 x 84 cm
© Sarah-Anaïs Desbenoit 

Le MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne célèbre 20 ans d’ouverture au public, d’expositions, d’innovation et d’avenir. En résonnance avec l’exposition des oeuvres de la collection spéciale anniversaire « Le genre idéal » inaugurée en mars 2025, ouvre une exposition temporaire symbolique et programmatique, orientée sur la découverte : « Forever Young » ou 20 et 1 artistes. 

Au coeur du Val-de-Marne, le MAC VAL, musée référence pour l’art contemporain en France des années 50 à aujourd’hui, célèbre cette année son 20e anniversaire. Depuis sa création en 2005, l’institution s’est engagée à offrir des programmations innovantes et de qualité à ses publics toujours renouvelés, tout en s’adaptant aux évolutions du monde, en veillant aux meilleures collaborations avec ses partenaires artistiques, culturels, institutionnels ou médiatiques. « Forever Young » présente les oeuvres de 20 jeunes artistes (nées et nés pour la plupart entre 1990 et 2000), qui prennent à bras le corps les thèmes de notre temps, traduits dans une grande pluralité d’expressions formelles : photo, sculpture, installation, dessin, vidéo, peinture.

Coco de RinneZ
Coco de RinneZ 
Pour qui se prend Coco de RinneZ ?, 2014 – 2015.
Tirage photographique, 60 x 40 cm
Photo © Coco de RinneZ

Yann Estève
Yann Estève 
Contextes Imaginaires, 2024 
Série d’objets-photo, dimensions variables 
Photo © Yann Estève

Kim Farkas
Kim Farkas 
22-20, 2022 
Composites personnalisés, PETG, LED, 
composants électronique, 
hauteur 248 cm, diamètre 60 cm 
Photo © Gregory Copitet 

Maïlys Lamotte-Paulet
Maïlys Lamotte-Paulet 
Sans Titre, 2024 
Chaise goudron, 47 x 40 x 34 cm 
© Maïlys Lamotte-Paulet 

Au fil des deux dernières décennies, le MAC VAL a su se démarquer par sa capacité à imaginer et à accompagner les mouvements du monde. Dans cette nouvelle exposition, les artistes font référence à leurs histoires certes toutes très singulières mais qui ont pour point commun la découverte au MAC VAL, d’un artiste, d’une oeuvre, d’une médiation, d’un élément architectural, d’un accueil, d’un lieu de vie. Elles et ils sont toutes et tous des prophètes en leur pays, sur leurs terres de découvertes et parfois même de révélations, relais vivants et généreux d’un art en mutation permanente.

Avec les oeuvres de Aïda Bruyère, Camille Brée, Chadine Amghar, Coco de RinneZ, Emma Cossée Cruz, Garush Melkonyan, Grichka Commaret, Hugo Vessiller—Fonfreide, Jordan Roger, Kim Farkas, Lassana Sarre, Loreto Martinez Troncoso, Maïlys Lamotte-Paulet, Mario D’Souza, Raphaël Maman, Rebecca Topakian, Richard Otparlic, Sarah-Anaïs Desbenoit, Tohé Commaret, Yann Estève. 
Et Mehryl Ferri Levisse.

Un regard particulier est porté sur l’oeuvre de Mehryl Ferri Levisse, artiste qui a développé toutes ses dimensions et sensibilités lors d’expositions clés précédentes au MAC VAL, décédé en 2023, sans lequel, certainement, l’équilibre de cette exposition n’aurait pas été juste.

Loreto Martinez Troncoso
Loreto Martinez Troncoso 
Battement, 16 novembre 2024
Prise de parole, exposition collective 
« La République (Cynique) », 
Palais de Tokyo, Paris

Jordan Roger
Jordan Roger 
Burn Them All: Die Soon, (le château “bleu»), 2024 
Faïence cuite et émaillée, 200 × 200 cm 
ArtCastle Gallery, Amsterdam 
Photo © Lotta Kestens

Hugo Vessiller—Fonfreide
Hugo Vessiller—Fonfreide 
Mothership, 2025 
Dessin préparatoire, crayon et feutre sur papier, 210 x 297mm
© Hugo Vessiller—Fonfreide

Mot du commissaire Frank Lamy
Let’s dance in style, let’s dance for a while
Heaven can wait, we’re only watching the skies
Hoping for the best, but expecting the worst
Are you gonna drop the bomb or not?
Alphaville, Forever Young, 1984

« En juin 2005, l’équipe s’installait, après quelques années de chantier et de projections, fébrile, dans le bâtiment livré. En novembre de la même année, le MAC VAL ouvrait joyeusement ses portes aux publics. Cinq ans plus tard, l’exposition collective « Let’s Dance » interrogeait l’idée même de célébration et d’anniversaire. En 2015, avec « Chercher le garçon », ce sont les masculinités contemporaines qui ont été interrogées. En 2020, le confinement a bloqué toute volonté festive.

Nous sommes aujourd’hui en 2025 et célébrons le 20e anniversaire.

Tournée vers le futur, en célébrant le passé, « Forever Young » réunit 20 artistes pour qui, la fréquentation du MAC VAL a été une rencontre, un marqueur, un moment tournant, pivot dans leurs parcours artistiques. Un avant et un après.

Pour préparer cette exposition commémorative, j’ai donc enquêté auprès de collègues anciens et actuels, de partenaires divers, d’artistes enseignant en écoles d’art… Au terme de ces entretiens informels, j’ai retenu 20 artistes, pour la plupart de la génération Y, dite des milennials.

Il y aura du rose, beaucoup de rose. Il y aura des fantômes, beaucoup de fantômes. Des bâtons de couleurs à lèvres, des évènements lumineux, des trottinettes encapsulées et du dentifrice, des autoportraits empuissancés, des images et encore des images, des machines de toutes sortes (à photographier, à voyager dans le temps et l’espace, à rêver), de la narration spéculative, de la science-fiction, des façades vitriotes, des évocations, un vaisseau générationnel, des énergies canalisées ou pas, un château au bord de l’effondrement et un parfum d’apocalypse, des cocons et une langue quasi oubliée, des corps peints, des slogans et sentences, un espace en attente, des tissus pliés et de la couleur, du béton et des standards questionnés, des pierres et une histoire d’amour, un amant qui dort et des oracles, des paysages traversés, des lieux emplis de souvenirs, de mémoire.

Comme autant de propositions alternatives d’habitation du monde. »

Frank Lamy

Commissariat : Frank Lamy, assisté de Julien Blanpied

MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne
Place de la Libération 94400, Vitry-sur-Seine

25/08/23

Ange Leccia @ Casa Conti, Oletta - Exposition De Guerre et de Mode

Ange Leccia
De Guerre et de Mode
Casa Conti - Ange Leccia, Oletta
Jusqu'au 29 octobre 2023

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Audrey, 2018
Vidéo, 12min 27s, en boucle

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Girls, Ghosts and War, 2018
Vidéo, 23min, en boucle

Ange Leccia n’avait pas présenté son travail à la Casa Conti depuis l’ouverture du lieu. Son exposition intitulée De Guerre et de Mode peut être vu comme une extension à sa première monographie dans les salles du FRAC à Corti, Je veux ce que je veux, l’artiste propose ici un ensemble de cinq vidéos récentes qui confrontent la fragilité à l’horreur, comme l’amour à la violence.

Sur un mode fantomatique, il laisse planer les présences féminines dans l’ensemble des pièces pour dévoiler un regard inquiet sur notre monde contemporain. Avec Audrey, un jeu de transparence associe le visage d’une adolescente à un traveling aérien qui montre un lâcher de bombes enflammant le paysage. Comme un cauchemar dont nous ne parviendrions pas à nous réveiller, les images reviennent en boucle et apparaissent aussi entêtantes que la musique planante de Perez. Cette confrontation dialectique est en fait un extrait de Girls, Ghosts and War : les surimpressions ajoutent dans ce cas une présence militaire dans la Syrie dictatoriale de Bashar al-Assad au tournant des années 2000 ou encore l’enterrement des leaders de la Bande à Baader dans la République fédérale d’Allemagne en 1977. Si les contextes diffèrent, une même hantise se retrouve. C’est que les images sont comme des champs de force qui s’interpénètrent et connaissent une forme de survivance. Là où l’actualité médiatique nous place face à un présent piégé dans une constante immédiateté, l’art peut s’approprier ce flux continu et lui redonner une épaisseur sensorielle.

Le reste de l’exposition se fait alors baudelairien en convoquant des figures sophistiquées issues de la mode qui émergent du calme de la mer et du ciel. Surfaces de projection, elles peuvent être considérées comme des allégories contemporaines sans signification codifiée. La charge symbolique s’allège comme en attente d’une nouvelle potentialité. On se souvient du mot de Stendhal qui expliquait que la beauté est toujours une promesse de bonheur. Entravée, incertaine, ou même aujourd’hui diminuée, la grâce qui ponctue ces moments suspendus dessine à elle seule une résistance à l’égard de la destruction et des tensions géopolitiques qui sont plus terribles que jamais. Il ne s’agit pas d’une simple échappatoire, qui ajouterait à la cruauté, mais plutôt d’une éthique qui cherche à cultiver l’art du détachement et la vigilance, la superficialité et l’alerte. Pareille ambivalence est une façon de retrouver le pouls du monde à travers une observation qui n’est pas entièrement désenchantée. 

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Dipti 1, 2021
Vidéo, 12min, en boucle

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Bijoux, 2021
Vidéo, 21min 50s, en boucle

Ange Leccia
ANGE LECCIA
Dipti 2, 2021
Vidéo, 12min, en boucle

ANGE LECCIA - BIOGRAPHIE

Après une formation dans la section art du lycée de Bastia emmené par José Lorenzi, puis des études d’arts plastiques à l’Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne entre 1972 et 1976), Ange Leccia s’engage dans une double activité de plasticien et de cinéaste, et initie ses recherches en tant que pensionnaire à la Villa Médicis – Académie de France à Rome de 1981 à 1983.

À la croisée entre cinéma expérimental, installation et vidéo, les images de Leccia mêlent portraits, paysages, histoires, puisent souvent leurs motifs dans la nature et captent des moments où intimité et intensité créent une texture visuelle particulièrement sensible. L’épure et l’abstraction deviennent alors les vecteurs d’une approche vibrante propice à la contemplation. Son travail propose une analyse charnelle de l’image où la lumière et les éléments naturels affirment l’énergie de la création.

Créateur d’un univers singulier, Ange Leccia est aussi un fédérateur de talents. Enseignant à l’École supérieure d’art de Grenoble puis de Paris-Cergy, et enfin au Pavillon, laboratoire de création au Palais de Tokyo qu’il a créé et dirigé de 2000 à 2017, on lui doit d’avoir repéré et développer les talents de Dominique Gonzalez-Foerster, mais aussi Philippe Parreno, Apichatpong Weerasethakul (Palme d’Or au Festival de Cannes de 2010) ou encore Isabelle Cornaro. Il a également enseigné à Geidai Tokyo University of the Arts et a été résident de la Villa Kujoyama à Kyoto en 1992.

Les oeuvres d’Ange Leccia sont régulièrement exposées en France et à l’international, notamment au Centre Georges Pompidou et au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, au Guggenheim Museum à New York, à la documenta à Cassel, au Skulptur Projekte à Münster, à la Biennale de Venise, au Seibu Museum of Art à Tokyo et à la National Gallery of Iceland à Reykjavík. En 2013, le MAC/VAL lui consacre une exposition monographique, ainsi que le Palais de Tokyo en 2014, la HAB galerie à Nantes durant l’été 2016 et l’Akureyri Art Museum (Islande) en 2019. En 2017, il fait l’objet d’une exposition rétrospective à la National Gallery de Reykjavik, en 2018 à la Maison Salvan (Labège), en 2019 au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains, et en 2022 au musée de l’Orangerie et au musée des impressionismes à Giverny.

Son travail fait partie des prestigieuses collections internationales du Guggenheim Museum de New-York, du musée de la ville d’Hiroshima au Japon, le musée d’Art Contemporain Helsinki en Finlande ou encore The Progressive Collection de Cleveland aux États-Unis. En France, on peut citer le Centre George Pompidou et le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris à Paris, ainsi que dans de nombreux Fonds Régionaux d’Art Contemporain (Corse, Rhône Alpes, Pays de la Loire, Alsace, Grand Large, Hauts-de-France, Nouvelle Aquitaine Méca, etc.)

En 2022, le film Christophe…Définitivement, co-réalisé avec Dominique Gonzalez-Foerster, est sélectionné au festival de Cannes et sort au cinéma à l’échelle nationale.

Ange Leccia est représenté par la galerie Jousse Entreprise à Paris et la galleria Six à Milan. 


CASA CONTI - ANGE LECCIA
62 Saliceto - 20232 Oletta, Corse




Ange Leccia - De Guerre et de Mode - Casa Conti - Ange Leccia - 2.07 / 29.10.2023

03/04/21

Inquiétances des temps. Un parcours dans les collections vidéo du Cnap @ Abbaye de Maubuisson, Saint-Ouen l'Aumône - En ligne sur YouTube

Inquiétances des temps 
Un parcours dans les collections vidéo du Cnap 
Abbaye de Maubuisson, Saint-Ouen l'Aumône - Chaîne YouTube 
25 avril – 29 août 2021 

En fonction des conditions sanitaires dues à l’évolution du Covid-19, le premier volet de l’exposition (du 24 avril au 24 mai 2021) sera accessible en ligne sur la chaîne YouTube de l’Abbaye de Maubuisson, Site d'art contemporain du Conseil départemental du Val d'Oise : 

(c) Paul Grivas, Film catastrophe, 2018, 55' 
pour la photo de l'affiche de l'exposition

Avec les œuvres de : Basma Alsharif, Lamine Ammar-Khodja, Marwa Arsanios, Mali Arun, Marcos Avila Forero, Yael Bartana, Éric Baudelaire, Louidgi Beltrame, Guy Ben-Ner, Wang Bing, Shirley Bruno, Filipa César, Jordi Colomer, Willie Doherty, Olivier Dollinger, Stan Douglas, Harun Farocki, Hassen Ferhani, Dora Garcia, Joanna Grudzinska, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Salomé Lamas, Florence Lazar, Marie Losier, Randa Maroufi, Gordon Matta-Clark, Narimane Mari, Deimantas Narkevicius, Jhafis Quintero, Naufus RamirezFigueroa, Dania Reymond, Allan Sekula, Albert Serra, Hito Steyerl, Ana Vaz, Marie Voignier, Olivier Zabat. 

Conçue pour l’Abbaye de Maubuisson, l’exposition « Inquiétances des temps » propose un parcours dans la collection vidéo du Centre national des arts plastiques, déployées en cinq chapitres successifs — cinq plateaux — qui exposent et déclinent des formes de résistance, « d’inquiétance ».

« Inquiétances des temps » s’inspire de l'œuvre littéraire du cinéaste et écrivain allemand Alexander Kluge, Chronique des sentiments- Livre II - Inquiétance du temps, dont l'instabilité, l’étrangeté et l’inquiétude constituent les motifs principaux. Dans son œuvre, Alexander Kluge expose des formes de résistance qui font écho à bien des œuvres contemporaines.

Une soixantaine de films choisis parmi les 1000 films de la collection vidéo du Cnap

Le Cnap présente pour cette exposition en ligne et sur site près de 60 films issus de sa collection. L’ensemble des films choisis est imprégné des problématiques de notre époque : celle de l’exil, des lieux de vie, de figures de résistances et d’utopie engagées pour faire face à « l’inquiétance du temps ».

L’ensemble met en perspective des générations, des origines nationales et géographiques et des formes narratives extrêmement variées. Il reflète la diversité des quelques 1000 films rassemblés au sein de la collection vidéo du Cnap, qui témoignent de la richesse et de la complexité d’une production vidéographique internationale ainsi que de la capacité des œuvres à inventer un art filmique et sonore mettant en perspective une géographie mondiale et une cartographie du temps.

Une diversité de courants esthétiques

Véritable collection au sein du Fonds national d'art contemporain, les œuvres vidéo composent un ensemble cohérent, témoin des différents courants esthétiques qui traversent la création contemporaine. Certains films révèlent la faculté qu’ont les œuvres à construire des situations, à témoigner également d’expériences de la réalité, sous la forme d’images animées qui restituent cette dimension performative de l’art. D’autres mettent en perspective l’élaboration d’architectures plastiques ou des micros-récits énigmatiques.

Les œuvres, qui composent l’exposition « Inquiétances des temps », tissent de multiples échos contemporains avec les questions humanistes qui n’ont cessé de traverser l’espace culturel cistercien : les cultures minoritaires et vernaculaires, le travail, l’habitat, l’économie, les territoires en temps de guerre, la communauté, l’histoire. Pour une cartographie du temps présent, qui résonne avec l’esprit et le génie du lieu.

Une exposition en ligne et sur site

Les quatre premiers plateaux de l’exposition seront présentés en ligne, et le 5ème plateau, l'exposition sur site, se déroulera à l’Abbaye durant l’été. Les films seront diffusés sur un site internet dédié à l’exposition, ainsi que sur la chaîne YouTube et le site du Cnap.

Cinq épisodes du cycle « Hors-Champ », diffusés sur la chaîne YouTube de l’Abbaye de Maubuisson et relayés sur le site Internet du Cnap, comme autant de contrepoints réflexifs, et suivis de projections spéciales, accompagneront les cinq plateaux de l’exposition.

Un écrin de choix : l’Abbaye royale cistercienne de Maubuisson

Nul lieu autre que l’Abbaye royale cistercienne de Maubuisson - fondée en 1236 par Blanche de Castille - ne saurait mieux incarner un foyer d’hospitalité pour ces œuvres. Lieux de vie des communautés monastiques, les abbayes cisterciennes ont joué tout au long des siècles un rôle important en matière d’art et de culture, de par leurs bibliothèques et leurs universités, organisées en véritables réseaux à travers l’Europe.

Les œuvres, qui composent l’exposition Inquiétances des temps, tissent de multiples échos contemporains avec les questions humanistes qui n’ont cessé de traverser l’espace culturel cistercien : les cultures minoritaires et vernaculaires, le travail, l’habitat, l’économie, les territoires en temps de guerre, la communauté, l’histoire. Pour une cartographie du temps présent, qui résonne avec l’esprit et le génie du lieu.

D’avril à août 2021, des écrans parallèles se tiendront au cinéma Utopia de Saint-Ouen-l’Aumône pour des projections inédites, ainsi que dans des salles parisiennes, accompagnées de rencontres-débats et de lectures avec les artistes. 

Commissariat : Pascale Cassagnau, responsable de la collection Vidéo et Image animée du Centre national des arts plastiques.

Publication :
Inquiétances des temps
(Enquête sur une exposition potentielle/Une traversée des films de la collection du Centre national des arts plastiques)

Une co-édition du Cnap et des éditions HYX , Orléans
Les textes de Pascale Cassagnau, Sylwia Chrostowska, Christophe David, Alexander Kluge, Vincent Pauval, Florent Perrier et Muriel Pic, rassemblés dans cet ouvrage, constituent des contrepoints réflexifs aux films de la collection du Cnap, afin de questionner la double perspective de l’inquiétude du temps et du faire histoire avec les images, tout en traçant de multiples actes de résistances : ceux d’un cinéma comme métaphore d’un réel déformé par l’imaginaire, d’une contre- histoire, d’une archive-temps critique, de l’essai comme forme documentaire. Essais-enquêtes sur le présent des films, ces textes modélisent en outre les contours d’une exposition idéale disposée en quatre plateaux, tout en « exposant » la nature rêvée des œuvres, leur prolongement par l’écriture qui révèle la latence de leur charge esthétique et politique. 

ABBAYE DE MAUBUISSON
Site d'art contemporain du Conseil départemental du Val d'Oise 
Avenue Richard de Tour, 95310 Saint-Ouen-l'Aumone

09/10/20

Images liées - Programmation vidéo @ Château de Servières, Marseille - Biennale Manifesta 13 Marseille / Les Parallèles du Sud

IMAGES LIÉES 
Programmation vidéo - Trait(s) d’union
Commissariat : Josée Gensollen et Martine Robin
Biennale Manifesta 13 Marseille / 
Les Parallèles du Sud
Château de Servières, Marseille 
9 octobre - 19 décembre 2020

Le Château de Servières dédie son espace à l’exposition Images liées, imaginée par Martine Robin et Josée Gensollen. Les commissaires proposent une réflexion autour de la notion de trait d’union offerte comme piste de recherche par la Biennale Manifesta 13 Marseille, et nous en livrent deux interprétations possibles autour de :

- Trait d’union(s) dans le relationnel, le couple, les dyades filiales

- Trait d’union(s) dans l’exploration des frontières, les révoltes et les
résistances

Et pour finir le trait d’union comme métaphore de notre passage sur terre.

Ce corpus d’oeuvres d’artistes internationaux auxquels sont associés sept artistes du territoire est présenté dans un espace entièrement réaménagé pour l’événement. 

Un projet du CHÂTEAU DE SERVIÈRES en partenariat avec LA FABRIQUE Gensollen Marseille et LOOP BARCELONA

Avec les artistes :

Marina Abramović
Iván Argote
Marcos Ávila Forero
Milena Bonilla
Dominique Castell
Jordi Colomer
Ştefan Constantinescu
Nathalie Djurberg & Hans Berg
Caroline Duchatelet
Arthur Eskenazi & Pauline Brun
Harun Farocki
Alexandre Gérard
Clarisse Hahn
Mona Hatoum
Katia Kameli
Bouchra Khalili
Evangelía Kranióti
David Lamelas
João Onofre
Hans Op de Beeck
Daniela Ortiz
Romain Rondet & Gabriele Salvia
Anri Sala
Moussa Sarr
Michèle Sylvander
Javier Téllez
Rona Yefman & Tanja Schandler

Trait d’union(s)
dans le RELATIONNEL, le COUPLE, les DYADES FILIALES

Sont évoqués :

- l’amour à travers les textes de Marguerite Duras, David Lamelas
- la mise en scène du mariage, Hans Op de Beeck
- les tensions chez Ştefan Constantinescu, Arthur Eskenazi & Pauline Brun, João Onofre, Marina Abramović
- les nostalgies Evangelía Kranióti
- l’amour filial Nathalie Djurberg & Hans Berg
- les interrogations familiales Anri Sala, Mona Hatoum
- l’optimisme pas à pas Dominique Castell et Iván Argote

Trait d’union(s)
dans l’exploration des frontières, les révoltes et les résistances

Evocations de :

- la mémoire de la faune et la nature sur le site du rideau de fer Milena Bonilla
- Un desir d’exil en musique du passé au présent Marcos Avila Forero
- le trajet des émigrations jusqu’à l’exploration de Marseille par les nouveaux arrivants Romain Rondet et Gabriele Salvia
- la traversée par un homme canon de la frontière mexicaine vers les USA Javier Téllez
- le combat contre un mur Rona Yefman et Tanja Schandler
- l’exposition de sa nudité pour faire reconnaître son existence Clarisse Hahn
- l’interrogation de l’Europe sur le colonialisme Michèle Sylvander et la valorisation de Christophe Colomb Daniela Ortiz
- les chemins fastidieux de la chaîne des travailleurs Harun Farocki
- l’observation de la ville, ses gagnants, ses perdants Jordi Colomer
- l’utilisation des fables pour exprimer la lutte inégale Moussa Sarr
- le trait d’union entre Marseille et l’Algerie à travers le flux maritime Katia Kameli
- le rappel de la vie semée d’embûche Alexandre Gérard

Trait d’union(s)
Métaphore de notre passage sur terre

Sont évoqués :

- hommage à Jean Genet et à sa fascination pour la typographie Bouchra Khalili
- vidéo inspirée par l’arrivée de la lumière, à l’aube du 25 mars, sur la fresque de l’Annonciation de
Fra Angelico dans le couvent de San Marco à Florence en Italie Caroline Duchatelet

LES ARTISTES ET LEURS OEUVRES

Marina Abramovic
(Belgrade, Serbie 1946)

The artist is present, 2010
Extrait performance vidéo MoMA New-York

Du 14 mars au 31 mai 2010 Marina Abramovic performeuse célèbre depuis 1973 fait une performance au MoMA, musée d’art moderne de New York, durant deux mois et demi. Elle va faire un face à face silencieux avec une personne du public. Habillée d’une longue robe rouge , assise, elle va voir s’asseoir les visiteurs un par un en face d’elle. Ils se fixent sans échanger une parole, puis s’en vont pour laisser la place au suivant. Certains restent une minute, d’autres jusqu’à 7 heures. Certains éclatent en sanglot. Tous ont attendu pour cela plusieurs heures. La performeuse reste toujours silencieuse, impassible, le regard fixe sauf sur un moment très fort ou Ulay s’assoit en face d’elle. Ils se sont rencontrés en 1976, avant cela elle faisait ses performances “Rythme” ou le public pouvait la maltraiter. Elle dit “ Si on laisse le pouvoir au public on peut être tué”. Avec Ulay, ils vivent “un corps à deux têtes” et excellent dans les performances jusqu’en 1988 où ils se quittent. Ils se reverront lors de cette performance. 

Ivàn Argote
(Bogota, Colombie 1983)

GALERIE PERROTIN (Paris)

Two 50 years old whites males having emotions, 2013 - 4’26”

Une prise de vue circulaire filme deux hommes blancs de la quarantaine se tenant dans les bras. Cette typologie associée pour l’artiste au pouvoir et à la domination, présente ici une sensibilité ou une fragilité loin des stéréotypes. Pour Ivàn Argote cette vidéo apparaît comme une allégorie de la fragilité actuelle de la domination historique occidentale. L’artiste élabore un travail politique en parallèle, d’interventions parfois audacieuses, mettant en évidence nos réactions, comportements très liés à notre histoire, nos traditions, notre regard sur l’art, la politique, le pouvoir. 

Marcos Ávila Forero
(Paris, 1983)

ADN GALERIA (Barcelone)

Atrato, 2014, 13‘52“24

L’Atrato est un fleuve, une route qui traverse la jungle du Chocó en Colombie et l’une des les principales artères du conflit armé. Ce projet est le résultat d’une action menée dans la région par Marcos Ávila Forero, avec un groupe de familles afro-colombiennes vivant sur les rivières. Soutenus par un groupe d’organisations locales - qui protestent contre la destruction de leur patrimoine culturel causée par le conflit - et une équipe de chercheurs de plusieurs disciplines, l’artiste propose à un groupe de jeunes percussionnistes de récupérer une de leurs anciennes coutumes qui consiste à frapper la surface du fleuve avec leurs paumes d’une manière particulière, afin de reproduire différents rythmes musicaux qui résonneraient sur des distances relativement grandes. «Ils devaient être entendus du village». Le but de l’action est que ces jeunes percussionnistes puissent se réapproprient cette tradition en la ré interprétant à l’aide de leurs rythmes modernes et en terminant par une exégèse musicale de leurs expériences du conflit armé.

Milena Bonilla
(Bogota Colombie, 1975)

GALERIE MOR CHARPENTIER (Paris)

An enchanted forest, 2013 - 9’ 15”

Le rideau de fer : séparation idéologique (nommée en 1946 par Churchill) puis physique s’acheva avec la chute du mur de Berlin en 1989. Il créa une zone d’enfermement, de violence, de silence mais de repos écologique. Ce confinement insupportable pour les hommes mais zone de liberté pour les animaux et la flore. Le film s’appuie sur deux ouvrages qui mentionnent l’existence d’une forêt enchantée dans la zone qui couvre l’ancienne forêt de Bohême, divisée entre les parcs naturels de Bavière et de la Šumava. Ces parcs appartiennent à l’Allemagne et à la République tchèque. Le premier livre retrace la découverte d’un groupe de scientifiques qui ont remarqué, alors qu’ils suivaient la population de cerfs rouges dans le cadre d’une routine de contrôle, que les femelles de cerfs rouges des deux pays ne traversent pas l’ancienne frontière du rideau de fer, même si la clôture a été supprimée depuis 1989. Le second livre raconte, sous le même titre, l’histoire d’un groupe anarchiste appelé Ahornia dont les membres se rassemblaient dans la même zone forestière. Le livre est une compilation d’une série de déclarations que le groupe secret a écrites en 1967, un an avant le Printemps de Prague de 1968. 

Dominique Castell
(Labastide-Rouairoux, 1969)

Bal d’été, 2012 - 4’30’’

Dominique Castell travaille avec le soufre de l’allumette comme un pigment qui colore son trait en rose mais qu’elle peut aussi brûler pour obtenir, à côté de ses dessins envolés, un rendu plus sombre. Souffre que je t’embrasse, soufre que je t’embrase, revient comme un leitmotiv dans sa pratique du dessin. Dans ce film les jambes de danseuses de tango tracées d’une ligne rose, exécutent des mouvements répétitifs. Pourquoi s’échauffent-on ? Pourquoi danser, pourquoi dessiner ? Pour tracer dans l’espace et dans le temps des figures furtives, des ornements éphémères, pour faire des boucles, créer du vertige…et échapper à la gravité du monde. Sur ces mesures très énergiques qui renvoient une image de la femme de caractère, Dominique Castell nous convie, non sans ironie, à une passe revisitée du tango argentin, dont on se souvient qu’il était, à l’origine dansé entre homme ! On perçoit finalement, toute sa revendication pour une société plus ouverte et plus libre.

Jordi Colomer
(Barcelone, 1962)

GALERIE MICHEL REIN (Paris)

Les villes, part 1 , 2002, 2’
Les villes, part 2, 2002, 2’

Jordi Colomer a un intérêt pour l’urbanisme et l’architecture, la ville et ses usages. Il évoque des utopies. Un pan d’immeuble sur fond de ville en carton pâte qui ne cesse de se faire et de se défaire. Une femme dangereusement accrochée à une corniche au dessus des rumeurs urbaines. Deux dénouements : une femme s’en sort, l’autre lâche prise et tombe alors qu’elle pensait se rétablir. En même temps que ses bifurcations, la ville est témoin des dérives et des drames. 

Ştefan Constantinescu
(Bucarest, Roumanie 1968)

BORDERLINE ART SPACE (Lasi, Romania)

On the other Side, 2015, 8’

Une porte fermée à clé sépare un «lui» d’un «elle» invisible et insensible, qui se cache probablement quelque part dans son boudoir. Il essaie d’entrer, en modifiant de plus en plus son comportement, passant de la négociation douce à la menace verbale et aux manifestations physiques de colère. La tension monte à mesure qu’il frappe à la porte, rendant l’atmosphère de plus en plus menaçante, sans pour autant susciter de réponse. La distance entre les deux amants est infinie et la communication impossible. La logique du film est renforcée par ces distinctions de séparation et de convolution en boucle, surtout lorsqu’elle affecte l’incapacité d’intervenir ou le pouvoir d’agir. De l’autre côté poursuit la série de courts métrages de Stefan Constantinescu qui réfléchissent sur les dualismes vécus dans les relations intimes.

Nathalie Djurberg & Hans Berg
(Lysekil, Suède 1978) ( Rättvig, Suède 1978)

GALERIE GIO MARCONI (Milan)

Once Removed on My Mother’s Side, 2008, 5’20”

Une mère démente et assez répugnante est assistée par sa fille décharnée mais totalement dévouée. Aidante parfaite, multitâche, soignante attentive, elle va périr étouffée par cette mère très occupée par ses conduites inadaptées et incohérentes. Le travail des artistes traite des traumatismes, agressions et comportements compulsifs tout en s’évadant parfois dans un univers surréaliste. 

Caroline Duchatelet
(Valenciennes 1964 )

COLLECTION GENSOLLEN - LA FABRIQUE (Marseille)

Le 25 mars, 2015 12’25’’ - version courte

Inspiré par l’arrivée de la lumière, à l’aube du 25 mars, sur la fresque de l’Annonciation de Fra Angelico dans le couvent de San Marco à Florence en Italie. « L’Annonciation de San Marco ne représente pas le rayon divin qui touche la Vierge. Fra Angelico a choisi de ne pas le peindre. La disposition de la fresque rend possible l’arrivée sur elle de la lumière, le soleil provenant de la gauche par une fenêtre qui existait déjà à son époque. Le rayon n’a pas eu besoin d’être peint parce que chaque matin la lumière vient réellement sur la fresque. Nous sommes allés voir la fresque de Fra Angelico le matin du 25 mars, jour de l’Annonciation. Nous avons attendu, à l’aube, l’arrivée de la lumière. Nous avons vu le premier rayon du soleil toucher l’ange, puis la Vierge. Nous avons assisté à ce que, sans doute, Fra Angelico avait prévu : l’accomplissement du mystère de l’Annonciation par la lumière de la
peinture. » - Yannick Haenel. Projet conçu avec l’historien de l’art Neville Rowley. La version longue du film est de 40’ avec un texte et la voix off de l’écrivain Yannick Haenel. Réalisé avec le soutien du Centre National des Arts Plastiques, de l’Institut français Firenze, du Polo museale della Toscana et du Musée San Marco.

Arthur Eskenazi & Pauline Brun
(Paris 1986) ( Roubaix 1984)

Objet #2, 2013, 6’

Objets est un projet de recherches vidéo mené par Pauline Brun et Arthur Eskenazi. Ce travail s’inscrit dans une volonté de rendre compte des mouvements, aussi bien des corps filmés que de ceux qui s’opèrent dans le médium même de la vidéo, afin de les inscrire dans un système souvent chorégraphique permettant de raconter leurs histoires et l’histoire de ces déplacements.

Harun Farocki
(Neutitschein Tchequie, 1944-2014)

ANGELS BARCELONA (Barcelone)

Comparison via a third, 2007, 20’50”

Harun Farocki explore le concept du travail en montrant différents procédés utilisés aujourd’hui dans le processus de fabrication des briques. Les images, qui conforment l’oeuvre nous sont montrées en double projection, sans aucun commentaire critique qui les accompagne, de sorte que le spectateur prend conscience des parallèles existant entre les différentes étapes de l’industrialisation d’une société. C’est en laissant les images parler par elles-mêmes, Harun Farocki nous encourage à remettre en question la notion de ce que nous appelons le progrès, car les briques et leurs différents modes de production deviennent les fondements d’une société.

Alexandre Gérard
(Marseille, 1975)

Marche en trompe l’oeil, 2012 - vidéo 2’12

Peinture en trompe-l’œil d’une marche, en bas d’un escalier, sur le sol de la galerie Ygrec Ensapc, lors de l’exposition D’échec en échec, sans perdre son enthousiasme (1er juin - 13 juillet 2012). “ Mon intérêt pour la notion de honte, d’hésitation, de perte de contrôle et de stupeur, m’a amené à recenser certaines situations fréquentes où la maîtrise des codes et ses signes vacille … J’ai réalisé des vidéos ou l’on peut observer sur le vif, les comportements similaires de différentes personnes dans quelques unes de ces circonstances”. 

Clarisse Hahn
(Paris, 1973)

Notre corps est une arme - Los desnudos, 2012, 13’

Des paysans mexicains sans terre inventent une nouvelle forme de lutte, en utilisant leur corps comme un instrument de résistance politique et sociale. Puisque le gouvernement ne veut pas reconnaître leur existence, ils manifestent entièrement nus dans les rues de Mexico deux fois par jour jusqu’à obtenir gain de cause. 

Mona Hatoum
(Beyrouth, Liban 1952)

COLLECTION GENSOLLEN - LA FABRIQUE (Marseille)

Measures of distance, 1988, 15‘25”

Née à Beyrouth, de parents palestiniens, Mona Hatoum s’est exilé à Londres en 1975 lors de la guerre du Liban. Cette vidéo comprend plusieurs éléments : les lettres en arabe de sa mère écrivant de Beyrouth à sa fille à Londres, que l’artiste lit à haute voix, des conversations franches entre la fille et la mère ou cette dernière parle de sentiment, de sexualité, les objections du père à l’observation intime du corps nu de la mère prenant sa douche. Oeuvre inhabituellement autobiographique où l’artiste parle de déplacement, de désorientation et de l’énorme sentiment de perte à la suite de la séparation causée par la guerre.

Katia Kameli
(Clermont-Ferrand, 1973)

Dissolution, 2010, 3’50’’

Cette vision d’un bateau au large en Méditerranée symbolise pour nous le trait d’union, aller retour incessant entre deux continents pôles d’enrichissement culturel. L’artiste travaillant sur la dissolution, sur l’effacement, sur la zone floue, accentuée par les fumées des cheminées du tanker et les conditions atmosphériques, nous propose un paysage flouté sur lequel les projections géographiques différentes sont possibles pour le regardeur. L’entre-deux culturel alimenté de strates crée une identité originale quel que soit le lieu.

Bouchra Khalili
(Casablanca, Maroc, 1975)

GALERIE MOR CHARPENTIER (Paris)

The typographer, 2019, 3’30’’

Alors que Genet est connu dans le monde entier comme un écrivain d’avant garde, la seule profession qui lui ait été proposée en tant qu’écolier orphelin, fut la typographie, pour laquelle il reçut une courte formation, avant de fuir l’atelier géré par le système de l’aide sociale. En France, la typographie était traditionnellement un métier laissé aux enfants talentueux des ouvriers, qui deviendront essentiels pour faire circuler les idées révolutionnaires parmi la classe ouvrière. Bien que sa formation de typographe ne dure que quelques semaines, Genet a toujours accordé une grande attention à la composition de ses livres, cultivant une fascination pour la typographie en tant que métaphore de la pratique littéraire. Le film de Bouchra Khalili, montre un typographe en train de composer et d’imprimer la dernière phrase que Jean Genet a écrite de son vivant. Cette phrase constitue, selon sa dernière volonté, l’épigraphe du “Captif amoureux” (son poème épique posthume sur les Blacks Panthers et la révolution palestinienne), qui éclaire rétrospectivement l’art poétique de Genet. Tourné en 16 mm et en noir et blanc, le film celluloïd est ici une métaphore du cinéma en tant que technique de composition d’images, soulignant le pouvoir nomade des mots et des images pour naviguer dans les esprits, le temps et les médias. 

Evangélia Kranioti
(Athènes, Grèce 1979)

FRAC PACA (Marseille)

Marilyn de los puertos, 2013, 29’47

Embarquée à bord des cargos de la marine marchande grecque, Evangélia Kranioti a parcouru des océans et, avec une esthétique très travaillée, elle interroge les figures archétypales du marin et de la prostituée. Marins et prostituées se rejoignent quand le bateau accoste. Sandy, prostituée chilienne et un vieux capitaine grec se livrent dans un dialogue à distance sur l’errance, le désir et l’oubli. Cependant la mémoire estompée reste là ainsi que la nostalgie. 

David Lamelas
(Buenos Aires, Argentine 1946)

GALERIE JAN MOT (Brussel)

Mon amour , 2014 - 25’ 35 ‘’

David Lamelas explore les phénomènes de lecture de film par opposition à celui de leur visionnement . Avec comme constatation : le film doit être lu et non seulement regardé. Il emprunte le scénario à la littérature ici celui de Marguerite Duras dans Hiroshima mon amour. Dans cette oeuvre, nous ne voyons pas d’image mais seulement le scénario et il est flou. Seuls sont lisibles les “Elle” et 3lui” nous tirant vers l’abstraction essentielle du film. La communication , le dialogue sont majeurs mais nous n’en connaissons pas le contenu. L’artiste conceptuel aborde les limites de la temporalité de l’oeuvre et de son potentiel pour créer d’autres processus de communication et de cognition. David Lamelas va reconsidérer ses “reading films” de 1970 tel que “Knots” de R.D. Laing et l’extrait de “ Labyrinthe” de Borges. 

João Onofre
(Lisbonne, Portugal 1976)

COLLECTION GENSOLLEN - LA FABRIQUE (Marseille)

Untitled, 1998, 3’’

Dans cette chorégraphie, un couple tente de se rapprocher mais sont repoussés violemment. Héritier des artiste des années 70, de Nauman et Baldessari , l’artiste va conduire les sujets de ses oeuvres vidéos, aux limites du possible tant dans les performances, résistances que dans le son. Cette oeuvre précoce anticipe sur son travail actuel. 

Hans Op de Beeck
(Bruxelles, Belgique 1969)

GALERIE KRINZINGER (Vienne)

All together... now, 2005, 6’ 20”

Trois cérémonies : mariage, enterrement, anniversaire sont scénarisés à l’excès par un mouvement circulaire de la caméra (un long travelling plutôt) avec son et gestuelle ralentis. Les protocoles et postures théâtralisés révélant l’absurdité des mouvements collectifs imposés, montrent notre solitude et nos observations personnelles dont nous sommes tous prisonniers. 

Daniela Ortiz
(Cusco, Pérou, 1985)

ANGELS BARCELONA (Barcelone)

Réplica, 2014, 4’30”

Dans Replica, Daniela Ortiz réalise une performance parmi les participants concentrés dans le centre de Barcelone lors de la célébration de la fête nationale espagnole du 12 octobre 2014. Daniela Ortiz s’agenouille devant les manifestants et reproduit ainsi la position de la personne indigène devant Bernardo Boyl (prêtre et compagnon de Christophe Colomb lors de son deuxième voyage en Amérique) qui est représentée au monument dédié à Christophe Colomb à Barcelone. La vidéo propose ainsi une réflexion critique sur la colonisation et le symbolisme des monuments qui nous entourent

Romain Rondet & Gabriele Salvia
(Paris, 1990)

La république des autoroutes, 2016 - film documentaire 11’24’’17

La République des Autoroutes suit la marche d’un architecte sur les bords de l’autoroute A7 – A51 de Marseille à Aix-en-Provence. À travers la marche nous découvrons des personnages, des parcs, des cimetières qui sont baignés dans le bruit et le flux permanent des voitures.

Anri Sala
(Tirana, Albanie 1974)

GALERIE CHANTAL CROUSEL (Paris)

Intervista, 2000, 26’

Ce film met en scène l’auteur lui même et sa mère. Trouvant une bobine de film dans une boîte en carton, le jeune homme y découvre un film de propagande de 1977 dans lequel sa mère est interviewée au côté du chef de parti albanais lors d’un congrès international de la jeunesse communiste. L’artiste va mener son enquête, s’adresser à plusieurs protagonistes, faire décrypter les mouvements de la bouche par une traductrice d’un institut de sourd et muet. Il s’agit du déchiffrement d’un entretien dans l’espace public, puis de la recherche du dialogue dans l’espace privé pour dénouer son intrigue. Anri Sala et sa mère se confrontent, il apparaît alors un conflit entre image et parole, avec la confusion paradoxale entre deux temps, l’image de sa mère en 77 et celle contemporaine de la vidéo. Le film remarquable dans le montage des temporalités, historiques, générationnelles et filiales complique la démarche: distance, proximité, fidélité, infidélité, familiarité et de familiarisation. 

Moussa Sarr
(Ajaccio, 1984)

COLLECTION GENSOLLEN - LA FABRIQUE (Marseille)

Fredi la mouche, 2010, 35”

C’est l’agitation vaine d’une mouche qui ne saurait se résoudre à son destin et reste combative, même si ce combat est perdu d’avance. Scène tragique ou comique ? Moussa Sarr se présente comme un fabuliste mettant en scène de façon burlesque ou grave des combats intimes, sociaux, politiques en laissant le spectateur en faire l’arbitrage.

Michèle Sylvander
(Marseille, 1944)

Un séjour tout compris, 2018, 5’

Un séjour tout compris est un montage issu d’archives familiales. Les images ont été prises du début des années 1960 au cours d’une croisière pour Haïti "surnommée la perle des Antilles“ à bord du paquebot France. Des passagers jettent des pièces de monnaie à des nageurs indigènes qui tentent comme ils le peuvent de les récupérer. Ce film tout comme pourquoi tu pars s’inscrit dans la réflexion de l’artiste sur l’histoire coloniale.

Javier Tellez
(Valence, Venezuela 1969)

FRAC GRAND LARGE

One flew over the void, 2005, 11’30”

Pendant deux mois l’artiste fait un atelier avec les patients du service de psychiatrie du Baja California Mental Health Center à Mexicali. Le joyeux cortège de patients, déguisés forme une parade et s dirige vers la mer à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. D’une part les patients sont valorisés par le statut d’acteur qu’on leur confie, d’autre part, le film prend une tournure politique, après le cortège, dans la dernière scène de franchissement de la frontière par l’homme canon.

Rona Yefman & Tanja Schandler
(Israël 1972) (Danemark 1973)

SOMMER CONTEMPORARY ART (Tel Aviv)

Pippi longstockings the strongest girl in the world, 2000, 3’5”

Personnage suédois, inventée en 1944, Pippi longstocking (fifi brin d’acier) est devenue une héroïne pour les enfants. C’est la fille la plus forte du monde, icône féminine queer de la littérature pour enfant. Pippi jouée par Tanja est un personnage avec une grande sensibilité et empathie pour le monde entier. Elle essaie absurdement à Abu Dis de déplacer la barrière de Cisjordanie qui sépare le territoire de l’autoroute palestinienne. Elle tente de pousser le béton massif cherchant à créer un changement avec ses propres pouvoirs. Dans le contexte local au moyen orient, les artistes cherchent à encourager l’interaction entre les personnages vivants près du mur afin d’exprimer leur solidarité. Pippi insiste obstinément sur la création d’une nouvelle réalité. 

CHÂTEAU DE SERVIÈRES
11-19 boulevard Boisson - 13004 Marseille

22/11/09

Christine Crozat - Musée des Beaux-Arts de Caen - Exposition Et à partir de là. Dessins, estampes et vidéos de Christine Crozat

Et à partir de là 
Dessins, estampes et vidéos de Christine Crozat
Musée des Beaux-Arts de Caen
21 novembre 2009 - 28 février 2010

Derrière les vitres du TGV qui la mène régulièrement de Paris à Lyon, Christine Crozat (*1952) à Lyonpoursuit une sorte de promenade mentale. Pendant ses allers et retours, elle note et dessine directement sur une feuille de papier les fragments d’un paysage qui disparaît, le vol des oiseaux, un champ de colza, une girouette sur un clocher; son regard parcimonieux prélève au gré des trajets les formes furtives qui viennent se superposer aux souvenirs et aux projections plus intimes de la conscience.

De grands dessins, réalisés entre 2007 et 2009, sont plus particulièrement inspirés par le mobilier urbain. Sur les papiers fins et transparents cohabitent horloges, panneaux de signalisation, noms de rues et pictogrammes rencontrés au cours de déambulations à Lyon et à Prague, ou bien encore lors de voyages en Suisse, en Italie, en Allemagne et plus récemment en Géorgie. Anodins et invisibles à force d’être vus, ces éléments épars participent à la recomposition d’espaces poétiques et ludiques qui invitent le spectateur à une nouvelle circulation. 

Une suite de dessins, exécutée à Caen, complète et renforce la cohérence de cet ensemble placé sous le double signe de la mobilité et de la légèreté.

Les vidéos, conçues et réalisées avec Pierre Thomé, s’inscrivent résolument dans la même veine. Elles transforment les actions et les choses du quotidien en récits à moins qu’elles ne les convertissent, comme dans Galata, en un séduisant ballet de signes graphiques.

Commissariat : Caroline Joubert

MUSEE DES BEAUX-ARTS DE CAEN
Le château -14000 Caen