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16/02/26

Zineb Sedira @ Marseille, Friche La Belle de Mai - Installation "Les rêves n’ont pas de titre" - Saison Méditerranée 2026

Zineb Sedira 
Les rêves n’ont pas de titre
Friche La Belle de Mai, Marseille
21 mai — 27 septembre 2026

Présentée pour la première fois en France, l’installation Les rêves n’ont pas de titre de Zineb Sedira a été conçue pour le pavillon français de la 59e édition de la Biennale de Venise en 2022 qui a reçu la mention spéciale du jury. Cette présentation à Marseille, à la Friche La Belle de Mai, à lieu dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.

Zineb Sedira propose une expérience de la fiction du réel et brouille les frontières entre intimité et mémoire collective. À travers un récit autobiographique, l’artiste relie des moments clés de sa vie à des événements géopolitiques plus larges, au cinéma d’avant-garde et à des expériences diasporiques.

Depuis 25 ans, Zineb Sedira développe une pratique sensible portant sur la migration, l’acte de raconter et les biais inhérents aux récits officiels. Ses films constituent une exploration archivistique approfondie de l’identité et de l’activisme culturel.

Née en France en 1963 au sein d’une famille algérienne, elle s’implante à Londres au milieu des années 1980. Son histoire et celle de sa famille deviennent vite un terrain propice aux expérimentations artistiques.

L’installation Les rêves n’ont pas de titre de Zineb Sedira constitue une réflexion majeure sur les enjeux contemporains de la décolonisation et de l’identité hybride. À travers un dispositif immersif mêlant film, archives, reconstitutions scénographiques et éléments autobiographiques, l’artiste élabore une œuvre qui interroge simultanément les récits historiques, les formes de représentation et les constructions identitaires issues de l’histoire coloniale. Loin d’adopter une posture strictement documentaire ou militante, Zineb Sedira choisit une approche complexe et stratifiée, où le cinéma devient à la fois sujet, médium et métaphore.

L’un des axes fondamentaux de l’installation réside dans la réactivation du cinéma militant et tiers-mondiste des années 1960 et 1970, période charnière qui suit l’indépendance de l’Algérie en 1962. À cette époque, le cinéma ne se limite pas à un divertissement ou à une production culturelle nationale : il devient un instrument politique, un espace de construction symbolique et un vecteur de solidarités internationales. Les coproductions entre l’Algérie, la France et l’Italie témoignent d’un moment d’effervescence où l’image filmique participe activement à la formulation d’un imaginaire post-colonial. En revisitant ces références, Zineb Sedira ne se contente pas d’en proposer une lecture nostalgique. Elle en explore la dimension utopique : celle d’un art pensé comme outil d’émancipation collective et de dialogue transnational.

Toutefois, la décolonisation qu’elle met en scène ne se réduit pas à un événement historique clos. Elle apparaît comme un processus critique en cours, notamment dans la manière dont les récits sont produits et transmis. En brouillant les frontières entre fiction et archive, en mêlant images authentiques, reconstitutions et mises en abyme cinématographiques, l’artiste remet en question l’autorité des discours historiques stabilisés. Le spectateur est placé dans une situation d’incertitude : ce qu’il voit relève-t-il du document ou de la fiction ? Cette indétermination constitue précisément un geste de décolonisation formelle. Elle souligne que toute archive est construite, que toute mémoire est médiatisée, et que l’histoire officielle peut – et doit – être réécrite à partir de points de vue marginalisés. Décoloniser, chez Zineb Sedira, signifie ainsi déplacer le regard, interroger les hiérarchies narratives et réinscrire des voix longtemps tenues à l’écart dans l’espace symbolique de la représentation.

L’installation constitue un récit fondamentalement transnational. Les langues s’y croisent – français, arabe, anglais, italien – et les références culturelles circulent d’un territoire à l’autre. Cette pluralité linguistique et culturelle vient fissurer l’idée d’une identité nationale homogène. La décolonisation ne s’opère donc pas uniquement au niveau du contenu, mais également dans l’occupation symbolique de l’espace institutionnel.

Parallèlement à cette dimension politique et historique, l’œuvre développe une réflexion approfondie sur l’identité hybride. Née en France de parents algériens et vivant entre plusieurs pays, Zineb Sedira inscrit son propre parcours dans la trame de l’installation. La présence de membres de sa famille et de proches dans le film renforce l’articulation entre mémoire intime et mémoire collective. L’identité qui se dessine n’est ni univoque ni stable ; elle se construit dans l’entre-deux, dans la circulation et la superposition des appartenances. L’artiste ne choisit pas entre France et Algérie, entre héritage et contemporanéité : elle revendique la complexité d’une identité diasporique façonnée par les déplacements, les transmissions et les fractures historiques.

L’organisation spatiale de l’installation participe pleinement de cette réflexion. Elle comprend un ensemble de décors – studio de cinéma, salon domestique, bar, salle de projection – qui se répondent et se superposent. Cette pluralité d’espaces crée une expérience immersive où le visiteur circule entre différentes strates de réalité. Comme l’identité hybride, l’espace n’est pas unifié ; il est fragmenté, composite, en constante reconfiguration. L’oscillation entre plateau de tournage et intérieur familial matérialise la tension entre représentation publique et mémoire privée. L’identité apparaît alors comme une construction scénographique, toujours en train de se jouer et de se rejouer.

Le titre même, Les rêves n’ont pas de titre, offre une clé de lecture essentielle. Le rêve échappe à la catégorisation et aux assignations fixes. Il renvoie à un espace de liberté où les frontières nationales et identitaires se dissolvent. En suggérant l’impossibilité de nommer ou de circonscrire le rêve, Zineb Sedira affirme que l’identité post-coloniale ne peut être réduite à une étiquette. Elle est mouvante, plurielle, traversée par des mémoires contradictoires. L’absence de titre devient ainsi un refus de l’enfermement symbolique.

FRICHE LA BELLE DE MAI
41 rue Jobin, 13003 Marseille

02/02/26

Anselm Kiefer @ Palazzo Reale, Milan - Exposition Le Alchimiste / Les Alchimistes

Kiefer. Le Alchimiste
Palazzo Reale, Milan
7 février - 27 septembre 2026

"Le Alchimiste" est un projet lancé en 2023 qui rassemble près de quarante oeuvres monumentales conçues pour dialoguer avec un site marqué par le bombardement de 1943. Ce projet met au cœur de son approche la relation avec Milan et la figure de Caterina Sforza, ainsi que de nombreuses autres femmes liées à la tradition alchimique. A travers une forme de peinture matérielle et symbolique, Anselm Kiefer donne une voix aux figures féminines oubliées et reconnaît leur rôle fondamental dans la naissance de la pensée scientifique moderne. Outre Caterina Sforza, on peut citer Sophie Brahe, Marie de Bachimont, Isabella Cortese, Maria the Jewess, Marie Meudrac, Rebecca Vaughan ou encore Mary Anne Atwood. Ces noms sont autant de personnages - symboles autour desquels Anselm Kiefer construit une constellation narrative et picturale à travers ses vastes peintures.

L’exposition Le Alchimiste, présentée au Palazzo Reale de Milan, s’inscrit de manière cohérente et profonde dans la démarche artistique d’Anselm Kiefer. Loin de constituer un simple thème parmi d’autres, l’alchimie apparaît ici comme un principe structurant, à la fois conceptuel, matériel et symbolique, qui traverse l’ensemble de son œuvre depuis plusieurs décennies. Cette exposition peut ainsi être comprise comme une forme de mise en lumière explicite d’un paradigme déjà central dans sa pratique.

Depuis ses débuts, Anselm Kiefer conçoit l’art comme un processus de transformation, dans lequel la matière picturale, chargée d’histoire et de mémoire, est soumise à des forces de dégradation, de combustion et de recomposition. L’alchimie, entendue non comme science proto-chimique mais comme pensée métaphorique de la transmutation, offre un modèle opératoire particulièrement fécond pour cette conception de la création. Transformer le plomb en or, dans l’imaginaire alchimique, équivaut chez Anselm Kiefer à tenter de convertir les ruines de l’histoire, les traumatismes collectifs et les savoirs enfouis en formes sensibles. La peinture devient alors un champ expérimental où se rencontrent destruction et renaissance, perte et révélation.

Dans Le Alchimiste, cette logique se déploie à travers une série monumentale de toiles consacrées à des figures historiques féminines liées à l’alchimie et aux savoirs scientifiques anciens. Ce choix s’inscrit dans une démarche constante de Kiefer visant à interroger les mécanismes de l’oubli culturel. Depuis les années 1970, l’artiste explore les zones marginalisées de l’histoire occidentale : mythes effacés, récits interdits, bibliothèques détruites, noms condamnés au silence. En mettant en avant des femmes alchimistes et savantes – longtemps exclues des récits dominants de la science et de la philosophie –, Anselm Kiefer poursuit ce travail de réactivation mémorielle. Les noms peints, souvent partiellement recouverts ou intégrés à la matière même de l’œuvre, ne sont pas de simples références érudites, mais des traces fragiles, menacées d’effacement, qui témoignent de la précarité du savoir humain.

La matérialité des œuvres joue un rôle central dans cette réflexion. Fidèle à son langage plastique, Anselm Kiefer mobilise des matériaux instables et symboliquement chargés – plomb, cendres, pigments épais, oxydations – qui évoquent directement les opérations alchimiques. Ces substances ne sont pas neutres : elles portent en elles un temps propre, un processus de vieillissement et de transformation qui échappe partiellement au contrôle de l’artiste. Ainsi, l’œuvre n’est jamais figée ; elle demeure en devenir, soumise à une lente métamorphose. Cette dimension temporelle renforce l’idée d’une peinture pensée comme expérience, plutôt que comme image achevée.

Le choix de la Salle des Cariatides du Palazzo Reale accentue encore cette cohérence. Marqué par les bombardements de 1943, cet espace conserve les cicatrices visibles de l’histoire, transformant le lieu d’exposition en un véritable palimpseste mémoriel. Anselm Kiefer a toujours accordé une importance fondamentale au dialogue entre l’œuvre et l’architecture, en particulier lorsque celle-ci est porteuse de ruines ou de traces traumatiques. Dans ce contexte, les toiles de Le Alchimiste ne viennent pas masquer les blessures du lieu, mais les prolonger symboliquement, inscrivant la réflexion sur l’alchimie et la transformation au cœur même d’un espace historiquement marqué par la destruction.

La monumentalité des oeuvres exposées participe pleinement de la démarche de l’artiste. Les formats imposants ne relèvent pas d’une simple volonté spectaculaire, mais traduisent une pensée de l’art à l’échelle du mythe, du cosmos et du temps long. Le spectateur n’est pas placé dans une relation de contemplation distante, mais immergé dans un environnement pictural qui sollicite autant le corps que l’intellect. L’expérience esthétique devient ainsi une confrontation avec l’épaisseur de l’histoire et avec les cycles incessants de disparition et de régénération.

PALAZZO REALE, MILAN

14/11/25

Bernard Plossu et Pierre Buraglio @ Galerie 8 + 4, Paris - Exposition 'Suivre Favignana'

Bernard Plossu et Pierre Buraglio
Suivre Favignana
Galerie 8 + 4, Paris
4 octobre - 20 décembre 2025

Pierre Buraglio Dessin
Pierre Buraglio
, Favignana, 2009
Crayon sur papier, 21 x 30  cm
© Pierre Buraglio

Bernard Plossu Photographie

Bernard Plossu
, Favignana, 2008
Photographie noir & blanc, 24 x 30 cm
© Bernard Plossu
« On sait juste que depuis longtemps, instinctivement, l’on adore tous les deux les travaux l’un de l’autre. « Ensemble », cela ne peut que fonctionner ! ».
Bernard Plossu
L’exposition Suivre Favignana, que présente la Galerie 8+4, réunit enfin Bernard Plossu et Pierre Buraglio qui espéraient poursuivre dans un espace d’exposition un dialogue imaginé il y a de nombreuses années et sans cesse reporté. Elle met en scène de façon dynamique un ensemble de dessins, collages et photographies. Constituée d’œuvres inédites, certaines réalisées pour cette occasion, l’exposition se veut une ode à la substance de notre monde : fragments de paysages épurés chez l’un comme chez l’autre, surgissements d’architectures vernaculaires, objets saisis dans leurs dépouillements…

Il s’agit ici d’une conversation laissée depuis trop longtemps en suspens, qui soudain se cristallise dans de joyeux allers-retours, et dévoile une amitié forgée à distance, par le truchement des œuvres, des prises de positions et de conversations intenses lors de rencontres interminables. L’estime que l’un porte à l’autre fut longtemps affaire de circonstances, presque de hasards. Si Bernard Plossu se souvient d’une évidence devant les dessins de Pierre Buraglio lors d’une exposition en 1989 au Musée Réattu à Arles, Buraglio aime à mentionner le Musée du quai Branly comme moment inaugural de leur rencontre, marqué entre autres par un portrait photographique réalisé in situ par Plossu. L’affinité est aussi vagabonde lorsqu’ils évoquent, ébahis, leur amour de l’Italie, le sud, les îles Favignana et Ponza, certains villages oubliés de la Sicile que tous deux ont traversé avec pour unique bagage l’envie d’arrêter le temps et de rendre cette suspension palpable.

Cette exposition est née de cette passion commune qu’ils portent à une contrée où la pesanteur du soleil les pousse à la sobriété. Austérité dans les compositions de Bernard Plossu, économie du trait dans un paysage à peine esquissé chez Pierre Buraglio. Ce territoire méridional se révèle être un terrain de jeu trop étroit pour leurs aspirations qu’ils élargissent à d’autres lieux en France, mais aussi aux États-Unis, au Mexique ou en Espagne, pour Plossu.

L’exposition, qui présente une trentaine d’oeuvres pour chacun des artistes, s’impose comme un échange entre les territoires de la photographie et ceux du dessin ou du collage. Si Pierre Buraglio perçoit dans les images noir et blanc de Bernard Plossu une sorte de singularité à contre-courant d’une photographie couleurs, si bavarde et criarde, s’il reconnaît justement dans les œuvres de Plossu ce même souci humaniste qu’il ne cesse de décliner dans ses oeuvres, s’il croit qu’il y a là justement un rapport au monde que lui-même défend depuis si longtemps en affirmant que l’engagement politique débute en capturant l’inframince du monde, alors cette exposition est bien un manifeste en faveur d’une « abstraction discrète » comme aime à l’affirmer Bernard Plossu. Une abstraction refusant l’évidence du formalisme pour aller vers une métaphysique abordant des territoires qui ouvriraient sur la substance même du monde. Nul besoin d’y convoquer l’être humain. Un pan de mur, un nuage, un panneau indicateur ou un camion, un simple intérieur avec deux jarres pour tout mobilier, la solitude d’un arbre brulé par le soleil sont autant de motifs qui se répondent pour nous parler d’un monde que l’on ne sait plus voir. Notre univers est tout autant marqué par le permanent que par le transitoire et il semble possible, à condition de prendre un certain recul, de lier les deux ensembles.

Cette union prend chez Pierre Buraglio la forme de dessins, certains simples croquis, d’autres plus détaillés et aboutis. Un ensemble de vêtements sur un portant, une cheminée d’usine, un coin de mur ou un balcon d’une maison italienne, une colline abritant un hameau, un tronc noueux. Comme pour mieux magnifier cette perception du monde, Buraglio a imaginé pour l’occasion une série étonnante de collages. Parmi ceux-ci, il enchâsse, dans une logique de montage très épuré, des morceaux de cette réalité volée. Bernard Plossu y répond par un choix d’images noir et blanc au cadrage serré. Si la plupart s’amusent à capturer la lumière et lui donner un poids singulier, d’autres s’aventurent vers une déambulation du regard envers les choses les plus ordinaires du réel mais soudain illuminées par le regard du photographe. Dans ses fameuses Histoire(s) du cinéma, Jean-Luc Godard nous rappelait « une image n’est pas forte parce qu’elle est brutale ou fantastique, mais parce que l’association des idées est lointaine et juste ». Plossu, comme Godard, mais aussi Buraglio tentent dans leurs compositions de montrer un œil qui écoute le temps pour le suspendre, le mettre dans l’évidence de nos regards.

L'exposition "Suivre Favignana" est réalisée en partenariat avec les galeries Ceysson Bénétieres et Camera Obscura.

PIERRE BURAGLIO

Pierre Buraglio
Pierre Buraglio 
© Bernard Plossu

Pierre Buraglio, né en 1939 à Charenton-le-Pont, se forme à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1959. Après un séjour à New York en 1963, il produit ses premiers « Papiers » et « Recouvrements ». Proche de Claude Viallat, Michel Parmentier et François Rouan, il se sent alors proche du mouvement Supports/Surfaces naissant. Dans les années 1960, il compose des oeuvres à partir de chutes de tableaux qu’il juge mauvais. En 1968, il participe à « Salle Rouge pour le Vietnam » à l’ARC puis s’investit dans l’atelier populaire des Beaux-arts de Paris en produisant nombre d’affiches murales. Dans les années 1970, il produit ses premiers « Camouflages » puis la série « Dessins… d’après… autour… selon… » et les « Caviardages » qui le rendent célèbre. Bénéficiant de nombreuses expositions en institutions, il développe en parallèle les « Fenêtres » et les « Cadres » dans les années 1980. En France, Pierre Buraglio a exposé au CAPC de Bordeaux (1999), au Musée des Beaux-Arts de Lyon (2004), au Musée National d’Art Moderne (2008), au Musée Fabre à Montpellier (2009), au Musée du Louvre (2011). Il a également été présenté à la Biennale de São Paulo, à la Fondation Joan Miró (Barcelone)… Une vaste rétrospective s’est déroulée en 2019 au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC+). Pour la seule année 2025, l’oeuvre de Pierre Buraglio est exposée dans les musées des Beaux-Arts de Grenoble, d’Orléans et de Caen. Ses oeuvres sont présentes dans les principaux musées français et européens.

BERNARD PLOSSU

Bernard Plossu
Bernard Plossu 
© Bernard Plossu

Né en 1945, Bernard Plossu appartient à cette génération française qui dans l’immédiat après-guerre révolutionne l’idée de la photographie. Au lieu de s’attacher à l’idée de reportage ou même d’instant décisif, Bernard Plossu développe dès le milieu des années 1960 une photographie du voyage où dans les contrées qu’il traverse – le Mexique (1965) puis l’Ouest américain (1967-1977), l’Afrique (1975) et l’Europe – il saisit une forme de suspension du temps. Humains, paysages mais surtout architectures ou simples objets, deviennent sous son regard des évocations de notre condition, des sortes de poèmes révélant l’inframince du monde ou ce qu’il nomme des « paysages intermédiaires ». Essentiellement en noir et blanc ses photographies tracent en creux une écriture intime qui loin d’être autobiographique atteste surtout d’un regard décalé, empreint de tendresse envers la richesse du réel. La considération dont il bénéficie dès les années 1970 l’entraîne à exposer dans les grandes institutions européennes et internationales (exposition itinérante aux États-Unis en 1987) et permet à ses images d’intégrer de prestigieuses collections. Depuis le milieu des années 1980, il a bénéficié de plusieurs expositions telle une rétrospective au Centre Pompidou en 1988, puis sous la direction de Gilles Mora, une deuxième qui circule quelques années plus tard en Europe (Salzbourg, Barcelone, Lisbonne, Paris), complétée en 1997 par celle de l’IVAM à Valence (Espagne). Il fut également présenté par la Maison européenne de la photographie (2015), aux Rencontres d’Arles (2016), et au musée Granet (2022). Il est également l’auteur de plus de 300 ouvrages sur ses photographies.

GALERIE 8 + 4
13 rue d'Alexandrie, 75002 Paris

09/11/25

Resistance. The Power of the Image @ SMAK Gand - Exposition dans le cadre de EUROPALIA ESPAÑA

Resistance. The Power of the Image 
EUROPALIA ESPAÑA
S.M.A.K. Gand
29 novembre 2025 - 8 mars 2026

Avelino Sala Oeuvre
Avelino Sala
'4,33 minutes of silence', 2021
Film still 
© Avelino Sala

Dans le cadre d’EUROPALIA ESPAÑA, S.M.A.K. présente l’exposition collective Resistance. The Power of the Image, dans laquelle vingt artistes espagnols explorent le pouvoir de l’image dans la lutte pour la défense des valeurs démocratiques.

Artistes participants :  Carlos Aires, Xavier Arenós, Pilar Aymerich, Alán Carrasco, Colita, Lúa Coderch, Eli Cortiñas, Daniel G. Andujar, Ana García Pineda, Eulàlia Grau, Núria Güell, Agustín Ibarrola, José Ortega, Joan Rabascall, Josep Renau, María Ruido,  Avelino Sala, Fernando Sánchez Castillo, Diego del Pozo Barriuso, Darío Villalba 

L’exposition étudie comment, à compter de l’avènement de la Deuxième République (1931-1939) – qui sera renversée pendant la Guerre d’Espagne –, les artistes espagnols ont utilisé l’art comme moyen de protestation, pour revendiquer de nouveaux droits et mettre en avant des situations intolérables. Le pavillon espagnol à l’Exposition universelle de Paris en 1937 a joué un rôle crucial dans ce contexte. La dénonciation des atrocités de la guerre civile espagnole a trouvé là une plateforme internationale où s’exprimer sous les formes artistiques les plus diverses. C’est à cette occasion que Picasso a peint son tableau Guernica, qui est aujourd’hui encore le symbole de la résistance et du rôle que l’art peut jouer dans celle-ci.

L’exposition invite les visiteurs à jeter un regard neuf sur le sens à donner à la démocratie, sur sa raison d’être et sur les défis qu’elle est amenée à relever. Dans le même temps, elle ouvre la voie à une réflexion critique sur la façon dont nous formons notre identité en tant que société. 

Augustin Ibarralo Oeuvre
Augustin Ibarralo
 
Paisajes de Euskadi series, ca. 1970-1979
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía
© Augustin Ibarralo
Courtesy Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía

Augustin Ibarralo Oeuvre
Augustin Ibarralo 
Paisajes de Euskadi series, ca. 1970-1979
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía
© Augustin Ibarralo
Courtesy Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía

Resistance. The Power of the Image se concentre sur deux moments importants du processus de démocratisation de l’Espagne, au cours desquels l’art s’est manifesté en tant qu’instrument politique. D’une part les années 1970, période de l’ultime opposition à la dictature de Franco (1939-1975) et de la transition vers la démocratie. 

Ana Garcia Pineda Oeuvre
Ana García Pineda 
‘La Curva del Olvido [The curve of Forgetting]’, 2015
Film still
© Ana Garcia Pineda 

Xavier Arenos Oeuvre
Xavier Arenós
Teorética del pan (El pueblo español tiene 
un camino que conduce a una estrella), 2019
© Xavier Arenós. Courtesy of the artist

L'exposition porte ensuite sur ces dix dernières années (2015-2025), marquées par une nouvelle vague de protestation initiée par l’Espagne – avec notamment le mouvement des Indignados — en réaction contre la crise bancaire et immobilière et plus largement contre l’atteinte aux principes mêmes de la démocratie. Dans le contexte actuel, les artistes espagnols invités poursuivent le dialogue visuel avec des œuvres qui, à travers divers médias et des techniques variées, abordent toutes sortes de formes d’injustice. Ils prennent la relève de ceux qui veulent se faire entendre – une voix qui dénonce la violence structurelle et révèle des histoires oubliées. Dans le même temps, ils s’interrogent sur les modes d’expression de la protestation : par de nouveaux langages visuels, par l’opposition silencieuse ou par le remaniement d’images existantes.

Chaque oeuvre soulève des questions à propos de l’identité collective, et fait le lien entre le passé et les thèmes sociétaux pressants d’aujourd’hui.

Dans le cadre de EUROPALIA ESPAÑA

Commissaires de l’exposition : Marta Ramos-Yzquierdo et Sam Steverlynck 

S.M.A.K
Jan Hoetplein 1, 9000 Gand

08/11/25

Jeffrey Gibson @ Hauser & Wirth Paris - Exposition 'This is dedicated to the one I love'

Jeffrey Gibson 
This is dedicated to the one I love
Hauser & Wirth Paris
20 octobre – 20 décembre 2025

Jeffrey Gibson Portrait
Jeffrey Gibson in the studio, 2025
© Jeffrey Gibson
Courtesy the artist and Hauser & Wirth
Photo: Emiliano Granado

La première exposition personnelle de l'artiste américain Jeffrey Gibson en France est actuellement présentée par la galerie Hauser & Wirth à Paris. Célébrant l’ampleur de la création de l’artiste, elle réunit trois nouveaux ensembles de peintures, du grand au petit format, ainsi que de nouvelles oeuvres issues de sa célèbre série de sacs de frappe, des parures suspendues, des peintures sur papier, toile et panneau perlé, et un groupe inédit de sculptures en céramique autoportantes en forme de têtes. Le titre de l’exposition, « This is dedicated to the one I love », convie à un appel d’empathie et de méditation sur nos façons d’agir et de créer en temps de crise. 

Depuis plus de trois décennies, Jeffrey Gibson développe une pratique interdisciplinaire nourrie par l’histoire américaine, autochtone et queer, tout en convoquant la musique populaire, la littérature et les récits de l’histoire de l’art. Son langage visuel distinctif embrasse un vaste panorama d’expressions culturelles et d’identités, assemblées de manière à la fois intime et résolument luxuriante. Les oeuvres exposées témoignent de sa sensibilité chromatique audacieuse et de son goût pour les motifs et l’abstraction, tout en s’inspirant de l’histoire des théories de la couleur et du concept de « psycho-prismatique », selon lequel la couleur, la lumière et les prismes ouvrent simultanément une multiplicité de perceptions. 

Jeffrey Gibson est le sixième artiste choisi pour la Genesis Facade Commission 2025 du Metropolitan Museum of Art de New York, pour laquelle il a réalisé quatre oeuvres exposées à l’extérieur historique du musée jusqu'au 9 juin 2026. Parmi ses projets en cours figurent une installation immersive au MASS MoCA (North Adams, Massachusetts), jusqu’en août 2026, ainsi qu’une installation au Kunsthaus Zürich (Suisse), jusqu’en décembre 2026, marquant sa première présentation dans un musée européen après son exposition personnelle au pavillon des États-Unis lors de la 60e Biennale di Venezia en Italie. 

La genèse des nouvelles oeuvres dans cette exposition réside dans une série de petites peintures évoquant des bijoux, inspirées par les recherches de Jeffrey Gibson sur les projections astrales et le psycho-prismatisme. Ces créations s’inscrivent dans l’histoire des études chromatiques du XVIIe siècle à nos jours, avec un intérêt particulier pour celles du XIXe siècle. Leurs compositions formelles combinent des diagrammes colorés et des références à l’abstraction autochtone et moderne. L’exploration du psycho-prismatisme par Jeffrey Gibson prend forme dans une série de grandes peintures « horizontales », dans lesquelles des motifs circulaires superposés produisent des assemblages polychromes oscillant entre paysages et étendues temporelles. A ces oeuvres s’ajoutent une sélection de toiles à cadre perlé plus grandes encore, aux couleurs extatiques. Malgré leur format imposant, les couches plurielles de pigments demeurent indéchiffrables : de subtils dégradés de teintes adoucissent les contrastes graphiques et laissent simultanément transparaître toutes les strates de la composition. 

Formé à la peinture, Jeffrey Gibson s’intéresse au processus et à la matérialité. Il puise des techniques sophistiquées et esthétiques culturelles dans diverses traditions artisanales : perlage, travail du cuir, matelassage, qu’il applique à des objets quotidiens et vernaculaires, créant ainsi des formes hybrides, ludiques et évocatrices qui échappent à toute catégorisation convenue. Cette approche se manifeste notamment dans les parures murales ornées de perles et de franges et les sacs de frappe présentés aux côtés des peintures. 

Référence aux tenues traditionnelles d’apparat autochtones, ces parures deviennent des outils conceptuels pour réfléchir au pouvoir transformateur de ce qui nous habille : comment le vêtement active le corps et inversement. Jeffrey Gibson les envisage comme des sculptures figuratives. Le rez-de-chaussée à double hauteur de la galerie presente des sacs de frappe ornés de perles et inscrits de phrases telles que « NEVER LET YOUR SPIRIT BEND » (« ne laisse jamais ton esprit faiblir ») ou « I WANT TO TAKE YOU HIGHER » (« je veux t’élever »). Comme les parures, ces sacs illustrent le détournement d’objets fonctionnels en ready-mades assistés. L’usage du langage reste au coeur de son travail, nourri par la culture populaire, l’expression de soi et une réflexion sur l’histoire humaine. Pour la première fois, Jeffrey Gibson présente également de nouvelles sculptures autonomes en céramique en forme de têtes, inspirées par son intérêt pour les têtes de poterie mississippiennes, une tradition précolombienne autochtone nord-américaine. 

HAUSER & WIRTH PARIS
26 bis rue François 1er, 75008 Paris

05/11/25

Exposition Paul Sietsema @ Galerie Marian Goodman, Paris

Paul Sietsema 
Galerie Marian Goodman, Paris 
18 octobre - 20 décembre 2025

Paul Sietsema Art
Paul Sietsema 
Arrangement, 2025 
Peinture émail sur lin 
121.9 x 121.9 x 2.9 cm (48 x 48 x 1 1/8 in.)
© Paul Sietsema, courtesy Marian Goodman Gallery

La Galerie Marian Goodman à Paris présente actuellement la deuxième exposition personnelle de l'atiste américain Paul Sietsema en France. Cette exposition rassemble des oeuvres nouvelles et plus anciennes, dont deux films 16 mm. Le travail de Paul Sietsema explore la nature complexe de la représentation, en examinant comment le sens se construit à l'intersection de l'image et de la matière. Si l'art est une forme de langage culturel, l’artiste adopte une approche dialectique qui interrompt, détourne ou reconfigure le flux naturel de la communication.

Sept oeuvres créées cette année sont exposées au rez-de-chaussée de la galerie. A première vue, chacune d'entre elles représente un objet familier – un téléphone, une pièce de monnaie, un pinceau, etc. – et pourtant, de par différents dégrés de mises à distance propres au procédé de Paul Sietsema, ces images apparaissent comme des spectres ou des réceptacles de ces représentations. Ces reliquaires se déploient de manière critique pour redéfinir leur fonction, à mesure qu’ils évoluent dans le temps au sein d’un système dont la constante mutation dépend des valeurs culturelles héritées du passé. Object painting (2025), figure une machine obsolète, conçue dans sa physiologie pour permettre au corps humain de transformer une action laborieuse en langage. Le téléphone à cadran, déconnecté, de Arrangement (2025) évoque, quant à lui, la dimension métaphysique de la peinture tout en suggérant un potentiel de transmission et d’échanges réels, rendu ici irréalisable. 

A travers ces oeuvres, Paul Sietsema représente ou présente des matières premières : métal, toiles naturelles et peinture dans leurs formes les plus brutes. Dans cette optique, réfléchissant à la valeur symbolique de la peinture, Gray painting (2025) est une composition abstraite et monochrome qui joue des codes du matérialisme concret et laisse apparaître certaines parties de la toile vierge. Cette oeuvre renvoie tant à un travail antérieur de l’artiste qu'à la peinture abstraite du milieu du XXe siècle, période durant laquelle la peinture est passée d’un statut spirituel et politique à celui d'une monnaie culturelle dotée d'une valeur symbolique. De même, Action painting (black line) (2025) et Action painting (white on black) (2025) évoquent la portée emblématique du geste pictural autonome dans la peinture abstraite occidentale et de la valeur qui lui est attribuée. Action painting (black line), représentant l'image peinte d'une pièce de monnaie répandant une trainée de peinture sur la toile, met en parallèle le commerce et la valeur d'échange de l’oeuvre avec une action concrète.

Les oeuvres Action painting (black line) et Figure ground study (white on white) (2025) ont été peintes au verso d’imitations de tableaux de Jackson Pollock achetées sur des sites d'enchères en ligne, estampillées de faux tampons d'authenticité. Dans Figure ground study (white on white) (2025) et Arrangement (2025), des fragments de CD et de vinyles brisés ont été recouverts de peinture. Les objets initiaux sont littéralement et métaphysiquement ‘réduits au silence’ par les différentes interventions opérées par l’artiste, marquant leur transformation d'objet en image.

Au sous-sol de la galerie est présentée une sélection d'oeuvres datant de 2009 à 2020. Les ‘date paitings’ 1992 (2015) et 1994 (2015) ont été réalisées, entre autres outils de retouche photo argentique, avec un pinceau enduit de liquide de masquage au latex et un aérographe en partie cassé pour représenter des dalles de pierre minimalistes. La figuration des dates sur les pierres traduit l'échelle d'une histoire personnelle plutôt que collective. De même, Collection 5 (2016) donne à voir des jetons de vestiaire de musée collectés par l’artiste, réalisés à la peinture émail sur du papier incrusté de poussières provenant de son atelier. Lors de nombreuses visites dans des musées, l'artiste a régulièrement échangé des effets personnels contre ces jetons souvent marqués du nom des institutions. Si la première fois, il a oublié un vêtement, il a ensuite délibérément abandonné divers articles de sa propre garde-robe, essaimant ainsi, en quelque sorte, ses ‘oeuvres’ dans les musées du monde entier.

Une autre oeuvre est en partie issue des effets du travail en atelier. Le film muet, en noir et blanc, Anticultural Positions (2009), montre des images de traces résiduelles provenant de l'espace de travail de Paul Sietsema. Celles-ci sont accompagnées de sous-titres extrait d'une conférence donnée en 1951 par Jean Dubuffet, dans laquelle celui-ci énonce l'absence de forme et l'ambiguïté comme éléments essentiels du processus artistique. Le film a été projeté pour la première fois à la New School de New York en remplacement inattendu d'une conférence de Paul Sietsema alors que celui-ci était dans un avion en route vers la côte ouest des Etats-Unis.

Les deux films 16 mm dans l’exposition mettent en lumière le médium de prédilection initialement choisi par l'artiste pour interroger les constructions de la matérialité et leur relation plus large avec les médias. Dans Telegraph (2012), des fragments de bois trouvés sont utilisés pour former et incarner le langage. Reliés par une série de fondus enchaînés, ces morceaux sont configurés et reconfigurés au sein d'une structure répétitive et minimale qui finit par composer la phrase «L/E/T/T/E/R/T/O/A/Y/O/U/N/G/P/A/I/N/T/E/R». Le film explore l'idée de l’oeuvre d'art comme transmission en atténuant l'ordre de lisibilité linguistique et en soulignant l'abstraction inhérente à chaque forme de lettre.

Antérieures aux oeuvres présentées au rez-de-chaussée, Action painting (1977) (2017) et Action painting (City National) (2016) sont composées d'un unique geste réalisé en raclant ou frottant un objet sur la couche picturale, respectivement une pièce de monnaie et une carte de crédit. L'objet physique reste incrusté dans la peinture, l’amenant à perdre sa valeur monétaire au profit d’une valeur symbolique lors de sa transformation en oeuvre d’art. Pour Blue Picasso (2020), Paul Sietsema a sérigraphié sur toile une affiche originale du Guggenheim, avant d’y superposer la couleur de sa bordure originelle, créant ainsi un masque monochrome recouvrant l’intégralité de image. Cette technique affadit subtilement l’image, diminuant, voire suspendant, la fonction première de l’affiche.

Paul Sietsema (né en 1968 en Californie) vit et travaille à Los Angeles. Il est diplômé de l'université de Californie à Los Angeles en 1999 et de l'université de Californie à Berkeley en 1992. De nombreuses institutions ont consacré des expositions individuelles à son oeuvre, notamment le Nouveau Musée National de Monaco (2015), le Museum of Contemporary Art de Denver (2014), le Museum of Contemporary Art de Chicago (2013), le Wexner Center for the Arts de Columbus, dans l'Ohio (2013), le Mercer Union de Toronto (2013), la Kunsthalle Basel (2012), The Drawing Room de Londres (2012), le Schinkel Pavilion de Berlin (2010), le Cubitt de Londres (2010), le Midway Contemporary Art de Minneapolis (2010) ; le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía de Madrid (2009) ; le Museum of Modern Art de New York (2009) ; le San Francisco Museum of Modern Art (2008) ; la de Appel Foundation d’Amsterdam (2008) et le Whitney Museum of American Art de New York (2003).

GALERIE MARIAN GOODMAN, PARIS
79 rue du Temple, 75003 Paris

04/11/25

Aziz Hazara: Bow Echo @ SMAK Gand - Installation vidéo sur cinq écrans géants

Aziz Hazara: Bow Echo 
S.M.A.K. Gand
29 novembre 2025 – 3 mai 2026

Aziz Hazara Bow Echo
Aziz Hazara 
Bow Echo, 2019 
Collection S.M.A.K

Bow Echo est une puissante installation vidéo en cinq parties de l’artiste afghan Aziz Hazara. Depuis sa donation à S.M.A.K. en 2022, l’oeuvre est exposée pour la première fois dans le musée.

L’installation Bow Echo (2019) est composée de cinq écrans géants sur lesquels on voit cinq jeunes garçons qui affrontent un vent violent pour escalader un gros rocher. Une fois arrivés au sommet, ils jouent presque solennellement du kazoo, un petit instrument à vent qui produit un son nasillard. Le contraste entre la rigueur des conditions climatiques sur le haut plateau près de Kaboul et le maigre son du kazoo est une métaphore poétique de l’âpre situation de guerre qui règne en Afghanistan. 

Aziz Hazara dévoile les mécanismes du pouvoir sous-jacents qui sont à l’œuvre et montre comment une population traumatisée tente de s’accommoder du conflit et de l’oppression. Dans ce contexte, les notes qui sortent du kazoo résonnent comme une bande son ténue et macabre au-dessus d’un territoire occupé et en même temps comme un puissant appel à l’expression individuelle, l’espoir et la vie. 

AZIZ HAZARA (né en 1992, Wardak, Afghanistan) vit et travaille à Kaboul et à Berlin. À travers son art – dans lequel il combine photographie, vidéo, son, langages de programmation, texte et installations multimédias –, il étudie des thèmes tels que l’identité, le souvenir, les archives, le conflit, l’occupation et la migration, invariablement dans une perspective plus large, à la fois géopolitique et critique envers le pouvoir.

S.M.A.K
Jan Hoetplein 1, 9000 Gand

02/11/25

Kader Attia @ Lehmann Maupin, NYC - 'Shattering and Gathering our Traces' Exhibition

Kader Attia 
Shattering and Gathering our Traces 
Lehmann Maupin, New York 
October 30 – December 13, 2025 

Lehmann Maupin presents Shattering and Gathering our Traces, an exhibition of new work by French-Algerian artist KADER ATTIA, marking his first solo presentation in New York in over five years and the US debut of several new bodies of work. Featuring sculpture, installation, collage, and film, the exhibition bridges Attia’s long-standing engagement with repair, identity, and postcolonial critique with a new body of work centered around shattering and gathering. Across the exhibition, Attia seeks to reconstruct interpersonal connection and understanding by engaging viewers in a collective and poetic space. This exhibition comes on the heels of a string of institutional presentations around the world, including the solo exhibitions A Descent into Paradise, which traveled to MUAC in Mexico City and the Amparo Museum in Puebla, Mexico, and The Lost Paradise at CAAC Sevilla in Spain. Additionally, Kader Attia is currently included in the 36th São Paulo Biennial, entitled Not All Travelers Walk Roads / Of Humanity as Practice, on view through January 11, 2026. He recently served as an artist in residence at the Louvre Museum in Paris, France, through the institution’s “Les Hôtes du Louvre” (The Hosts of the Louvre) program, where he maintained an on-site studio.

Kader Attia grew up between Bab el Oued, Algeria and the suburbs of Paris. Drawing from his experience of living within two disparate cultures, he has developed a complex, multi-media practice that examines the intricacies of social, historical, and cultural differences across the globe, demonstrating how individual and cultural identity is constructed within the context of political domination and conflict. Often using artifacts, discarded quotidian objects, and wartime ephemera to create poetic installations, Kader Attia transforms the space of a gallery into one of introspection, allowing the viewer to become aware of the complicated and often inaccurate depiction of our multiple histories. 

Shattering and Gathering our Traces draws on Attia’s background in history and politics to speak to the reconstruction of identity within the structures of contemporary society. As with much of his work, Attia introduces sculptural interventions across the exhibition through the use of fragmented mirrors, interactive elements, and familiar objects like suitcases to turn his works into sites of self-reflection by implicating the viewer in their activation. Here, Attia focuses on gathering in response to shattering; specifically, the artist positions gathering as a means of collective identity building by resisting the lure of individualism enabled by an increasingly digital world. In particular, the works in Shattering and Gathering our Traces address our contemporary fixation with technology and social media, which creates digital crowds of countless isolated individuals under the guise of connection.

Resonance /ˈrezənən(t)s/ (noun):
Resonance describes the amplified vibration of a system when stimulated at its natural frequency, as well as the quality of a sound that is loud and clear, or a deep connection and shared understanding between people or ideas
Anchoring the exhibition is an interactive site-specific installation entitled Resonance (2025), which seeks to foster gathering as an individuating space of freedom. Filling the main gallery, numerous bird cages hang by slender rope from the ceiling, each at a different height and with a small bell inside. Additional pieces of bulky rope hang from the bottom of each birdcage, extending the installation to the floor. As viewers navigate the gallery and brush against or even pull on the lower ropes, the bells within each cage move and tinkle, filling the space with sound. In this way, Resonance brings viewers into the experience of art as a tangible interaction between their gaze and body and the artwork; they are invited to interact with the installation as subjects, both concretely and metaphorically. Each bird cage could refer to an isolated individual expressing themselves under the guise of freedom, yet barely audible when they all speak at once—a cacophony similar to social media. Indeed, when engaging on various digital platforms, users think they are communicating with the whole world, while in reality they are part of a small echo chamber filled with like-minded individuals, as explained by Cass Sunstein 20 years ago in his book Republic.com 2.0. The artwork Resonance creates a space of gathering that allows both escape from and criticism of the alienating grip of algorithmic governance and the isolation of digital social networks.

Meanwhile, in the film La Valise oubliée [The Forgotten Suitcase] (2024)—which is on view in Not All Travelers Walk Roads / Of Humanity as Practice, the 36th São Paulo Biennial—Kader Attia takes the suitcase as a dynamic metaphor for both past obscurities and future potentialities, playing with the idea of an unfinished narrative. Kader Attia unpacks archival materials (primarily Algerian War [1954-1962] memorabilia like letters, photographs, and journal entries) from three suitcases attributed to three individual stories that interweave threads of our collective history: those of French artist and Algerian sympathizer Jean-Jacques Lebel, feminist decolonial thinker Françoise Vergès, and Attia’s own mother. Through this act of gathering fragments, Kader Attia tells the story both of his family and of the countless, nameless men and women who resisted and organized in the shadows against colonialism.

Kader Attia transformed three similar suitcases into sculptural installation works, which provide a tangible experience of the powerful symbolic abstraction that these items have on our psyche. Each suitcase lays open and is filled with shards of broken glass, brightly illuminated in a manner that casts sparkling reflections onto the walls. In these sculptures, Attia invites viewers to gather around that which has been shattered—and that which reflects. The shattered mirrors and their reflections materialize the traces that the suitcases carry as memories. These mnemonic traces are at once abstract, diverse, and unpredictable—they are the ghosts that make us what we are, individually and collectively.

LEHMANN MAUPIN NEW YORK
501 West 24th Street, New York, NY 10011

27/10/25

Ed Ruscha @ Gagosian, Paris - Exposition 'Talking Doorways'

Ed Ruscha
Talking Doorways
Gagosian, Paris
22 octobre – 3 décembre, 2025

Galerie Gagosian Paris - Exposition Ed Ruscha
Ed Ruscha
Talking Doorways, 2025, installation view
© Ed Ruscha
Photo: Maris Hutchinson
Courtesy Gagosian

Gagosian présente actuellement l'exposition Ed Ruscha: Talking Doorways à la galerie de la rue de Castiglione à Paris. Dans ces nouvelles peintures, Ed Ruscha délaisse les façades tournées vers l’espace public pour explorer le drame silencieux des intérieurs privés. Talking Doorways coïncide avec Ed Ruscha: Says I, to Myself, Says I, une exposition d’une autre série de travaux de l'artiste présentée à la galerie Gagosian de Davies Street à Londres.

Depuis plus de six décennies, Ed Ruscha revient fréquemment à l’architecture et aux infrastructures comme sujets, représentant stations-service, immeubles, parkings, musées, maisons ou des sites industriels vus depuis la rue ou du ciel. Avec Talking Doorways, il délaisse pour la première fois les extérieurs au profit d’intérieurs, utilisant de subtils dégradés en pointillés pour représenter des pièces nues, décorées uniquement de moulures et d’encadrements de portes. Chaque œuvre présente en outre une porte à travers laquelle apparaît une phrase peinte, franchissant le seuil, accompagnée de bandes linéaires évoquant à la fois des faisceaux lumineux et les ondes sonores de paroles prononcées.

Gagosian Paris - Ed Ruscha
Ed Ruscha
Talking Doorways, 2025, installation view
© Ed Ruscha
Photo: Maris Hutchinson
Courtesy Gagosian

L’intérêt de Ed Ruscha pour les intérieurs a, en partie, été suscité par l’oeuvre du peintre danois Vilhelm Hammershøi (1864–1916). Célèbre pour ses tableaux énigmatiques de pièces baignées de lumière, vides ou habitées par une seule figure, Hammershøi a créé des oeuvres à la palette restreinte, empreintes d’une observation minutieuse, évoquant une attention silencieuse. En évoquant sa réflexion sur les peintures de Hammershøi, Ed Ruscha explique:
J’ai commencé à voir l’intérieur des murs, avec des moulures, des lambris, des petites corniches, des détails qui m’ont intrigué. Et bien que mon travail ne ressemble en rien au sien, je peux dire qu’il m’a inspiré. Il est plus direct, franchement rigide comparé à ce que font les artistes aujourd’hui. Formel, rigide et froid, mais porteur d’un véritable propos.
 
Ed Ruscha Oeuvre
Ed Ruscha
Says I To Myself Says I, 2025
Acrylic and graphite on canvas
54 x 120 inches (137.2 x 304.8 cm)
© Ed Ruscha
Photo: Jeff McLane
Courtesy Gagosian

Ed Ruscha - Gagosian Paris
Ed Ruscha
Talking Doorways, 2025, installation view
© Ed Ruscha
Photo: Maris Hutchinson
Courtesy Gagosian

Les nouvelles œuvres de Ed Ruscha expriment elles aussi une forme d’intériorité, bien que leur quiétude soit perturbée par les textes peints, suggérant une conversation ou un monologue. Says I to Myself Says I (2025), une toile de trois mètres de long, met en avant la phrase éponyme tirée du langage vernaculaire, divisée en trois bandes qui soulignent la répétition palindrome (mot ou groupe de mots qui peut se lire indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche en gardant le même sens)  de « Says I ». Cette œuvre, qui représente la parole franchissant un encadrement de porte, constitue aussi une nouvelle déclaration de l’artiste sur l’art et le langage.

Gagosian publiera un catalogue dédié à ces nouvelles œuvres de Ed Ruscha à l’occasion de l’exposition.

Pour consulter la biographie d’Ed Ruscha ainsi que l’historique de ses expositions, rendez-vous sur gagosian.com.

GAGOSIAN PARIS
9 rue de Castiglione, 75001 Paris 

26/10/25

Daniel Arsham @ Perrotin Dubai - 'What Remains' Inaugural Exhibition of the New Gallery

Daniel Arsham
What Remains
Perrotin Dubai
October 30, 2025 – January 10, 2026

Daniel Arsham Art
Daniel Arsham
Members of the Future, Cenote Exploration, 2024 
Acrylic on canvas panel 
Unframed: 121.9 × 147.3 × 5.7 cm | 48 × 58 × 2.25 in. 
Framed: 110.5 × 134.6 × 5.7 cm | 43 1/2 × 53 1/2 × 2.25 in. 
Photo: Guillaume Ziccarelli 
© Daniel Arsham. Courtesy of the artist and Perrotin

Daniel Arsham Art
Daniel Arsham
Audio Bonsai 003, 2025
Copper wire, wood, speakers
153 × 132.1 × 101.6 cm | 60 1/4 × 52 × 40 in
© Daniel Arsham. Courtesy of the artist and Perrotin

Perrotin Dubai presents a debut solo exhibition What Remains by American artist Daniel Arsham. This exhibition marks the first solo show since the opening of the Perrotin Dubai gallery. What Remains features several new series from Arsham's extensive practice, including sculpture, painting and drawing, and a new sound installation, focusing on themes of cultural memory, and the passage of time.

Daniel Arsham transforms the gallery into a sonic installation with his latest sculptural series of copper wrapped bonsai tree sculptures. Doubling as functional stereo speakers, these works will play ambient music throughout the exhibition. This new series pays homage to Japanese Zen Buddhist culture and Arsham’s past presentations of sand zen gardens, which he has exhibited around the world at the Lotte Museum, South Korea and the Musée Guimet, France, among others.

Daniel Arsham Art
Daniel Arsham
Stairs in the Labyrinth, 2025
Sand. 72 × 44.5 × 45.7 cm | 28 3/8 × 17 1/2 × 18 in.
© Daniel Arsham. Courtesy of the artist and Perrotin

Daniel Arsham also unveils a new suite of works relating to his recent Labyrinth series. Composed in cast sand, Arsham’s Stairs in a Labyrinth draws influence from artists like M.C. Escher and Renee Magritte’s maze-like works to create a sculptural double portrait. From head-on the work appears as a portrait bust of a sitter, transforming in the profile view into a maze of architectural levels and stairwells. Alongside the sculpture, Daniel Arsham presents a stilllife painting of another labyrinth bust and a selection of charcoal prepatory drawings. In this series, Daniel Arsham beckons viewers to navigate intricate compositions, suggesting an interplay of layers and pathways reminiscent of archeological sites where the past reveals itself in unexpected ways.

Alongside these new series, Daniel Arsham expands his decades-long project of “Fictional Archaeology,” where the artist examines objects from the twentieth century that are containers for collective cultural memory. Cast in his signature materials of geologic crystals and pigmented hydrostone, patinated bronze, and fiberglass, Daniel Arsham presents objects like a Rolling Stone magazine eroded with pink quartz crystals, a NY Yankees hat that appears to be emerging out of the architecture of the wall, and a bronze scaled replica of a 1985 DMC Delorean car - immortalized in the film Back to the Future.

Daniel Arsham has spent over twenty years cultivating an artistic universe that challenges conventional perceptions of time and reality. His works often evoke a sense of nostalgia and imaginative exploration, encouraging viewers to reflect on our collective history and the artifacts that shape our cultural identity. 

Artist Daniel Arsham Biography

Born in Cleveland, Ohio, in 1980, New York based artist Daniel Arsham’s work explores the fields of fine art, architecture, performance, design and film. Raised in Miami, Daniel Arsham attended the Cooper Union in New York City where he received the Gelman Trust Fellowship Award in 2003. Soon thereafter Daniel Arsham toured worldwide with the Merce Cunningham Dance Company as the company’s stage designer. The experience led to an ongoing collaborative practice which continues as Arsham works with world renowned artists, musicians, designers, and brands including Moët & Chandon, Tiffany’s, Porsche and Dior, among others. In 2021 Arsham was appoint ed the role of creative director of the Cleveland Cavaliers, becoming the first ever fine artist to hold a position of this nature.

Arsham’s uchronic aesthetics revolves around his concept of fictional archaeology. Working in a multitude of disciplines he creates and crystallizes ambiguous in-between spaces and situations, and stages what he refers to as future relics of the present. Always iconic, most of the objects that he turns into stone refer to the late 20th century or millennial era, when technological obsolescence unprecedentedly accelerated along with the digital dematerialization of our world. While the present, the future and the past poetically collide in his haunted yet playful visions between romanticism and pop art, Arsham also experiments with the timelessness of certain symbols and gestures across cultures.

Daniel Arsham has presented solo exhibitions at the Lotte Art Museum in Seoul, South Korea; Sculpture Center, Cleveland, Ohio; Orange County Museum of Art, Costa Mesa and the Petersen Automobile Museum, Los Angeles, California; Yorkshire Sculpture Park, Leeds, U.K.; Musée Guimet, Paris and MAMO Cité Radieuse Arts Center, Marseille, France; UCCA Center for Contemporary Art, Dune, Beidaihe, and HOW Museum, Shanghai, China; MOCO Museum London and Amsterdam; Contemporary Arts Center Cincinnati, Ohio; and the High Museum of Art in Atlanta, Georgia, among others.His work has been presented at MoMA PS1, The New Museum and LongHouse Reserve in New York, Norton Museum in Palm Beach, The Athens Biennale in Athens; Musée Fenaille in Rodez, La Defense in Paris, and Carré d’Art de Nîmes in France, and SCAD Museum of Art in Savannah, Georgia, among others.

Arsham’s works are in the public collections of Blanton Museum of Art, Texas; Centre Pompidou, Paris; Georgia Museum of Art, Athens; ICA Miami, Florida; Musée Guimet, Paris; National Gallery of Victoria, Melbourne, Australia; National Museum of Qatar, Doha; Pérez Art Museum Miami (PAMM), Florida; Rhode Island School of Design (RISD); and the Walker Art Center, Minneapolis.

PERROTIN DUBAI
DIFC, Gate Village, Building 5, Unit 1, Podium Level, Dubai

25/10/25

Eric Fischl @ Skarstedt Gallery, Paris - 'Couples' Exhibition of Recent Paintings

Eric Fischl: Couples
Skarstedt, Paris
October 20 – December 6, 2025 

Skarstedt presents the exhibition Eric Fischl: Couples, an exhibition devoted to the artist’s recent work, in Paris. Four years after his first exhibition Eric Fischl: My Old Neighborhood, which inaugurated the Paris gallery, ERIC FISCHL returns with a series on the historical theme of couples - whether mythological, literary or cinematic – as well as the feelings that are intrinsically linked to relationships: fidelity, passion, and love, but also breakups, betrayal and solitude.

Renowned for his depiction of the human figure, Eric Fischl’s naturalistic paintings captures moments of everyday life, featuring characters from the American middle class. Having been raised in the suburbs of Long Island, Fischl’s quasi-autobiographical works provide food for thought about American society, where image culture, sexuality and the troubles of couple relations are recurrent themes.

Each painting is imbued with a tragic tranquillity, the characters belonging to a true “casting” of actors that the artist mobilises to tell an intimate story. The direction of his narratives guides the choice of protagonists he employs, taken from his own photographs, working, in a way, as a director. Roadsides, hotel rooms, suburbs, swimming pools: these are all cinematic settings that serve as backdrops for his works, where apparent stillness masks deeper psychological unease.

Fischl’s characters rarely make eye contact—either with the viewer of the others in the composition— but are often driven by a desire to get closer to one another. The viewer becomes a witness to scenes populated by the unspoken, where an imminent incident risks triggering a rift or, alternatively, a healing complicity. The proximity of bodies juxtaposed to their emotional distance and nebulous dynamics are at the heart of Couples. The series presents duos - companions or strangers - suspended in moments of immobility, where narrative certainty is withheld and the viewer is left to navigate the emotional terrain between the figures.

Since the 1980s, the artist has been constructing these pictorial episodes of great intensity from his memories and his own photographic montages. With lucidity, Eric Fischl reveals the other side of the American way of life, exploring the invisible flaws of intimacy, desire and the human condition in a tragicomic tone. In Fischl’s own words, “When something happens beyond what is expected, and whose very nature strips you of your armour, that’s the definition of tragedy. Ambiguity is then the only way to move towards understanding.”

SKARSTED PARIS
2 Avenue Matignon 75008 Paris

Previous Exhibitions at Skarstedt Paris:

Sue Williams, June 5 – July 25, 2025

Chantal Joffe: The Dog's Birthday, April 3 – May 31, 2025

Self-Portraits , February 13 – March 29, 2025

Andy Warhol: Who is Who?, October 14 – December 21, 2024

16/10/25

Gerhard Richter @ Galerie David Zwirner, Paris - Exposition + Biographie

Gerhard Richter
Galerie David Zwirner, Paris
20 octobre - 20 décembre 2025

David Zwirner présente dans sa Galerie de Paris une sélection de peintures, dessins et installations de miroirs de Gerhard Richter. L’exposition marque la troisième collaboration du célèbre artiste allemand avec la Galerie depuis l’annonce de sa représentation en 2023. Elle fait suite aux expositions monographiques tenues à New York (2023) et à Londres (2024), et coïncide avec une rétrospective d’envergure s’ouvrant le 17 octobre 2025 à la Fondation Louis Vuitton à Paris, sous le commissariat de Nicholas Serota et Dieter Schwarz.

Gerhard Richter Oeuvre
Gerhard Richter
Kl. Badende (Petite baigneuse), 1994
© Gerhard Richter 2025 (20102025) 
Courtesy the artist and David Zwirner

Gerhard Richter Oeuvre
Gerhard Richter
Blumen, (Fleurs), 1992
Oil on canvas
© Gerhard Richter 2025 (20102025) 
Courtesy the artist and David Zwirner

Les oeuvres présentées chez David Zwirner témoignent de l’impressionnante diversité d’enjeux, d’échelles et de techniques que mobilise l’artiste dans son travail. Prises dans leur ensemble, elles mettent en lumière sa profonde compréhension du médium pictural et l’enquête sans cesse renouvelée qu’il mène autour du fait même de créer une oeuvre. Dans ses Fotobilder (Photo-peintures) – par exemple Blumen (Fleurs, 1992), Torso (Torse, 1997) ou Kl. Badende (Petite baigneuse, 1994) –, l’artiste utilise ses propres photographies comme point de départ, mais aussi des images trouvées au hasard de journaux, magazines ou publicités. Souvent, l’artiste floute ou dénature d’une façon ou d’une autre l’image qui résulte de ce travail de composition, rendant plus complexe encore la relation qui unit la photographie à la peinture : une expérience conceptuelle se joue dans ces transpositions itératives entre les deux médiums.

Gerhard Richter Oeuvre
Gerhard Richter
Abstraktes Bild (Tableau abstrait), 2001
Oil on alu dibond
© Gerhard Richter 2025 (20102025)
Courtesy the artist and David Zwirner

Gerhard Richter Oeuvre
Gerhard Richter
Abstraktes Bild (Tableau abstrait), 2001
Oil on alu dibond
© Gerhard Richter 2025 (20102025)
Courtesy the artist and David Zwirner

Avec la série des Abstrakte Bilder (Tableaux abstraits), Gerhard Richter explore le potentiel formel et conceptuel de la peinture sous un autre angle. Exécutées selon des principes de composition extrêmement rigoureux, ces oeuvres ont recours à l’abstraction pour mettre en exergue la matérialité de la peinture et de la couleur – une méthode de création à la fois aléatoire et planifi ée avec soin. Deux Tableaux abstraits datant de 2001 sont exposés, marbrés de peinture verte, rose vif ou jaune d’or se déployant harmonieusement sur toute la surface de la toile. Les deux oeuvres contrastent ainsi avec les dernières peintures à l’huile réalisées par l’artiste de 2015 à 2017, qui se caractérisent au contraire par des entrelacs complexes où la superposition de lignes et de touches appliquées avec vigueur créent une impression de relief. Ces peintures sont confrontées à Strip, tableau de 2024 s’étirant sur quatre mètres de largeur. Revisitant ses Tableaux abstraits grâce aux technologies numériques, Gerhard Richter orchestre dans la série des Strips un dialogue entre la peinture, la photographie, la reproduction d’images par impression et l’abstraction.

Des dessins récents de l’artiste figurent aussi dans l’exposition ; certains totalement inédits et d’autres ayant été présentés plus tôt cette année dans le cadre de Gerhard Richter: 81 Zeichnungen, 1 Strip-Bild, 1 Edition à la Staatliche Graphische Sammlung de Munich. Gerhard Richter a toujours accordé une place importante au médium du dessin dans sa pratique artistique, et le passage des années n’a pas démenti cet engagement fructueux. Les oeuvres présentées, incorporant souvent des encres de couleur et du crayon à mine de graphite, lui permettent d’explorer une autre dimension du rôle de la main de l’artiste dans le processus menant à la création d’un « récit » pictural abstrait mais dynamique.

L’exposition à Paris comprend également trois installations de surfaces réfl échissantes montées au mur, de tailles différentes, ainsi que 3 Scheiben (3 Panneaux de verre, 2023), où trois pans de verre transparent et réfl échissant sont dressés au sein d’un cadre en métal. Depuis 1967 et la création de son installation 4 Glasscheiben (4 Panneaux de verre), qui a marqué un tournant dans sa carrière, Gerhard Richter nourrit un grand intérêt analytique – qui confine à la fascination – pour le verre. De façon très personnelle, il mobilise ce matériau moins comme un élément de sculpture pure que comme une « réflexion », dans les deux sens du terme, de son investigation de la peinture et de la création d’image. Contempler ces oeuvres – et donc aussi les images qui se forment à leur surface – est une expérience radicalement paradoxale où la réalité, répliquée par le miroir de manière forcément fi dèle au monde réel qui entoure nécessairement l’oeuvre, devient pourtant inaccessible en tant que refl et, à la fois hors de portée et déformée. 
Dans les oeuvres en verre de Gerhard Richter, comme le soulignent Janice Bretz et Kerstin Küster, « les visiteurs ne restent pas spectateurs mais deviennent eux-mêmes créateurs ; ils se confrontent à l’écart entre l’espace d’exposition réel et le refl et aléatoire de la réalité sur le verre. […] L’artiste nous invite à réfl échir au fait même de voir et à considérer ce que l’on voit comme une seule réalité potentielle parmi de nombreuses autres. Voir est contextuel : la réalité dépend toujours de celui qui regarde ». – Janice Bretz and Kerstin Küster, “Transparent and Reflected: Mirrors, Glass, and Strips,” in Gerhard Richter: Abstraction. Exh. cat. (Potsdam: Museum Barberini, 2020), p. 198.
Artiste Gerhard Richter

Gerhard Richter est né en 1932 à Dresde en Allemagne. Il étudie les beaux-arts de 1951 à 1956 à la Hochschule für Bildende Künste de Dresde et se spécialise en peinture murale. En 1959, il visite la documenta II qui se tient à Cassel, alors en Allemagne de l’Ouest : une expérience fondatrice qui le mène à infl échir sa trajectoire artistique. Après avoir réussi à fuir l’Allemagne de l’Est en 1961, il entreprend un second cycle d’études à la Staatliche Kunstakademie de Düsseldorf. Il y cofonde un mouvement éphémère appelé « réalisme capitaliste » avec ses condisciples Sigmar Polke, Konrad Lueg (qui deviendra galeriste, plus connu sous le nom de Konrad Fischer) et Manfred Kuttner.

À partir de 1964, son travail fait l’objet de nombreuses expositions personnelles dans des galeries et musées du le monde entier. Sa première exposition monographique dans une institution publique se tient en 1969 au Gegenverkehr du Zentrum für aktuelle Kunst d’Aachen, en Allemagne de l’Ouest. En 1972, il est choisi pour représenter l’Allemagne à la Biennale de Venise, où il investit le pavillon national de ses seules oeuvres. Il est aussi l’artiste ayant présenté son travail le plus grand nombre de fois à la documenta (en 1972, 1977, 1982, 1987, 1992, 1997, 2007 et 2017). Le travail de Gerhard Richter a été montré tout autour du monde au fi l de nombreuses rétrospectives et expositions monographiques au sein d’institutions de premier plan, parmi lesquelles le Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen à Düsseldorf (1971, 1986), la Kunsthalle de Brême en Allemagne de l’Ouest (1975), le Centre Pompidou à Paris (1977, 2012), la Städtische Kunsthalle de Düsseldorf (1986), la Neue Nationalgalerie de Berlin (1986, 2012), le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington D.C. (1988, 2003), le San Francisco Museum of Modern Art (1989, 2002), la Tate à Londres (1991, 2011), le Moderna Museet à Stockholm (1993), l’Art Institute de Chicago (2002), le MoMA à New York (2002), la Queensland Art Gallery à Brisbane (2017), le Met Breuer à New York (2020) et le National Museum of Modern Art de Tokyo (2022). En avril 2023, la Neue Nationalgalerie de Berlin inaugurait une installation semi-permanente intitulée Gerhard Richter: 100 Works for Berlin, rassemblant des prêts à très long terme consentis par la Fondation Gerhard Richter en 2021, parmi lesquels le cycle d’oeuvres Birkenau (2014), série de peintures abstraites de grandes dimensions.

Gerhard Richter est le lauréat de nombreux prix et distinctions prestigieux comme, parmi d’autres, le Kunstpreis Junger Westen de la Kunsthalle de Recklinghausen en Allemagne de l’Ouest (1967), le prix Arnold Bode de Cassel en Allemagne de l’Ouest (1982), le prix Oskar Kokoschka de Vienne (1985), le Goslarer Kaiserring de Goslar en Allemagne de l’Ouest (1988), le Lion d’or de la 47e Biennale de Venise (1997), le Praemium Imperiale de la Japan Art Association de Tokyo (1997), le prix Wexner du Wexner Center for the Arts de Columbus en Ohio (1998), le Foreign Honorary Membership de l’American Academy of Arts and Letters de New York (1998), le Staatspreis du Lander de Rhénanie-du-Nord-Westphalie de Düsseldorf (2000) et le Kunst- und Kulturpreis der deutschen Katholiken de la Deutsche Bischofskonferenz de Bonn (2004). En 2007, année où il crée un vitrail spectaculaire pour la cathédrale de Cologne, Gerhard Richter est élevé au rang de citoyen d’honneur de la ville.

David Zwirner représente Gerhard Richter depuis 2023. Cette année-là, sa galerie new-yorkaise accueille une exposition personnelle de l’artiste allemand. Rassemblant des peintures abstraites récentes, elle s’accompagne d’un catalogue richement illustré comportant un essai inédit de Dieter Schwarz. Au début 2024, une exposition monographique est consacrée à l’artiste chez David Zwirner London. Parmi les précédentes expositions de son travail s’étant tenues à New York, notons Gerhard Richter: Prints and Multiples 1966–1993 (1994), Gerhard Richter: Early Paintings (2000) et Gerhard Richter: Landscapes (2004). Les oeuvres de l’artiste sont présentes dans des collections publiques et privées de tout premier plan à travers le monde. Gerhard Richter vit et travaille à Cologne.

DAVID ZWIRNER, PARIS
108, rue Vieille du Temple, 75003 Paris