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09/07/10

Le jeu comme art - Ecce Homo Ludens au Musée de Sérignan - Musée régional d’Art Contemporain Languedoc Roussillon

Ecce Homo Ludens
le jeu comme art et comme mode de vie
Musée Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon, Sérignan
Commissaires : Hélène Audiffren, Cyril Jarton
Jusqu'au 24 octobre 2010

Liste des artistes : Michel Aubry, Richard Baquié, Ben, Samuel-Olivier Beorchia, Stéphane Bérard, Alighiero & Boetti, George Brecht, Marcel Broodthaers, Chris Burden, Alex Chan, Arthur Cravan, Peter Downsbrough, Marcel Duchamp, Jean Dupuy, Florian Faelbel, Sylvie Fanchon, Richard Fauguet, Robert Filliou, la bibliothèque de Michel Giroud,  Raymond Hains, Joël Hubaut, Internationale Situationniste, Liu Jianhua, Allan Kaprow, Garry Kasparov, Roman de Kolta, Arnaud Labelle-Rojoux, Frédéric Lecomte, Pascal Le Coq, George Maciunas, Man Ray, Christophe Masseron, Philippe Mayaux, Guy Mees, Thierry Mouillé, Vik Muniz, Gabriel Orozco, Bruno Peinado, Présence Panchounette, Clotilde Potron, Yves Reynier, Jean-Claude Ruggirello, Takako Saïto, Stéphane Sautour, Axel Straschnoy, Taroop & Glabel, Pierre Tilman, Narcisse Tordoir, Patrick van Caeckenbergh, Sarah Venturi, Andy Warhol, Robert Watts, John Wood & Paul Harrison…

Giacomo Casanova  incarne  par  excellence  la  figure  du  joueur. Issu  d’une  famille  d’acteurs,  dans  une  ville, Venise,  où  l’on sort masqué pas seulement les soirs de carnaval, il fut joueur de violons et de cartes, parieur, tricheur. Il crée avec l’assentiment du mathématicien d’Alembert en 1757  la Loterie royale qui deviendra notre loterie nationale. Philosophe, chevalier, magicien et devin, capable de prédire l’avenir et d’entrer dans n’importe quel rôle, Casanova ne pratique pas le jeu comme un loisir - c’est une manière d’être, une philosophie.

Le titre de l’exposition, « Ecce Homo Ludens », se place sur deux plans. Il peut d’abord se traduire par « Voilà l’homme qui joue », c’est-à-dire Casanova dont la mémoire est présente dans l’exposition à travers un ensemble de jeux du XVIIIe siècle : tarots italiens, dés, billets de loterie... Mais l’exposition évoque en même temps « l’humain-joueur » dans un sens plus large, qui prolonge et développe jusqu’à nous cet esprit ludique. Malgré la morale bourgeoise qui condamne le jeu pendant le  XIXe  siècle, certaines exceptions font rupture, comme le gai savoir de Nietzsche dont l’autobiographie s’intitule Ecce Homo ; sur un autre plan, celui de la dérision, on trouve l’humour décapant d’Alphonse Allais et des Incohérents, qui se radicalise pendant la Première Guerre mondiale avec Dada, puis tout au long du XXe siècle, à travers le Surréalisme, l’Internationale Situationniste et Fluxus.

L’exposition se développe autour des six facettes du joueur : le masque sous lequel il prend tous les rôles et échappe aux contrôles politique et social ; le hasard qu’il provoque à travers les dés, la loterie... ; le défi par lequel il cherche à tout prix à gagner la partie, fusse pour un trophée ridicule ; le vertige, sa manière de ressentir les événements ; l’humour ; le sentiment vif de la fugacité des choses.

Samedi 18 septembre, 15 h : visite de l’exposition par les deux commissaires, Hélène Audiffren, directrice, et Cyril Jarton, historien et critique d’art, et en présence de l’artiste Thierry Mouillé.  Intervention  de  l’artiste  Cédric Torne  les  18 et 19 septembre  dans le cadre des Journées du Patrimoine.

Musée Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon
146, avenue de la Plage, 34410 Sérignan

19 juin - 24 octobre 2010
Horraires : mardi-vendredi de 10 h à 18 h, le week-end de 13 h à 18 h / fermé le lundi et les jours fériés

21/01/07

Dado – Dubuffet. Le temps d’une rencontre, Exposition au Musée de Sérignan

Dado – Dubuffet
Le temps d’une rencontre
Musée de Sérignan
20 janvier - 15 avril 2007

Le 23 septembre 2006, la commune de Sérignan, située à 9 kilomètres au sud de Béziers, inaugurait le musée de Sérignan, premier musée d’art contemporain de l’Hérault. Ce musée présente sur près de 2500 m2 une collection permanente constituée principalement de dons d’artistes et des expositions temporaires.

Après A means to an end / un moyen une finalité - Lawrence Weiner (23 septembre 2006 - 7 janvier 2007), la seconde exposition temporaire du musée de Sérignan met en parallèle le travail des artistes Miodrag Djuric dit Dado et de Jean Dubuffet. 

Après la Seconde Guerre mondiale, quelques artistes, adeptes d’une peinture improvisée, ressentent la nécessité de profondes remises en question. Leur art, dit "informel", ne doit rien au passé et ne subit aucune influence. Jean Dubuffet fait partie de ces peintres dont l’objectif est de s’arracher de l’emprise de la tradition et d’explorer des territoires inconnus, afin de retrouver la "spontanéité ancestrale de la main humaine quand elle trace des signes". Arrivé en France en 1956, à l’age de 23 ans Dado travaille dans un atelier de lithographie où il rencontre Jean Dubuffet. Ce dernier lui fait rencontrer Daniel Cordier qui deviendra son marchand. De la fin des années cinquante à la fin des années soixante, les deux artistes vont s’influencer mutuellement aussi bien dans leur production picturale que dans leurs éditions. L’exposition s’attache à présenter un ensemble complet de leur rencontre et influences réciproques.

« En 1959, rue de Miromesnil, Daniel Cordier présente « Célébration du sol » : des topographies et « des texturologies » à la gloire de l’humble terre piétinée par les hommes (...). A la gouache, à l’huile, avec des collages, il imite la glaise et le goudron avec une remarquable exactitude » (Philippe Dagen). Au contact de ces œuvres, paysages et personnages de Dado apparaissent taillés dans une même matière inqualifiable. Dado ne cherche pas à reproduire le motif naturel et se soucie bien peu de l’exactitude ; il n’imite pas, il ne procède pas à un relevé, il imagine un monde irréaliste ou le nuage et la roche peuvent être de même substance. Les histoires monténégrines et la sensibilité d’enfant dont fait preuve Dado qui n’hésite pas à grossir monstrueusement certains détails, mélanger la réalité visible et la réalité racontée, faire côtoyer sans les distinguer l’horreur et le merveilleux semble directement marquer le travail de Jean Dubuffet. Le trait des œuvres de ce dernier, surtout ses gravures, acquiert un dessin volontairement malhabile, proche de la caricature ou du graffiti. Sa passion pour les dessins d’enfant, de malades mentaux ou encore de prisonniers confirme le trait du jeune artiste yougoslave. Dans les matériologies, Dubuffet n’inscrit ni de figures, à l’exception de rares dessins de personnages dans les paysages, ni d’éléments tragiques contrairement à Dado. Dubuffet s’attache à un sujet précisément circonscrit, il l’impose fortement par une représentation simplifiée et absolument explicite. Ce dernier n’hésitant pas à déclarer qu’il est « passionné d'être l'homme du commun du plus bas étage » car ses véritables maîtres sont les enfants, les gens du commun, les malades mentaux. Aucune équivoque également par les titres qui évitent au spectateur toute hésitation dans les œuvres de Dubuffet, « à l’inverse Dado, se satisfait le plus souvent d’un laconique « sans titre » qui laisse toute liberté, y compris celle de se perdre »  (Philippe Dagen).

La passion de Sérignan pour Dado est ancienne. En effet, en 1994 Dado investit le domaine des Orpellières, domaine vinicole désaffecté situé à Sérignan Plage. L’artiste y séjourne régulièrement jusqu’en 1999 – date de l’inauguration – et y réalise des peintures murales et des sculptures objets. L’ancien Espace d’art contemporain Gustave Fayet a consacré deux expositions temporaires au travail de l’artiste. Afin d’apporter un nouveau regard sur le travail du peintre monténégrin et de l’inventeur de l’art brut, le Musée de Sérignan a décidé de regrouper leur travail.

En parallèle, les vitrines expérimentales seront investies par les éditions Fata Morgana. A l’occasion des 40 ans de la maison d’édition languedocienne, le musée présente le travail de collaboration avec les artistes notamment avec des livres illustrés par Pierre Alechinsky, Bernard Dufour, Jean Messagier, Dado, Capdeville, Michel Tapiès, Geer Van Velde, Rougemont, Saura…

Exposition réalisée en collaboration avec la galerie Alain Margaron, la galerie Baudoin Lebon, Pierre et Marianne Nahon et les Editions Fata Morgana.

Musée de Sérignan
146 avenue de la Plage, 34410 Sérignan