28/03/14

Hommage à l'artiste Chu Teh-Chun

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, témoigne de son émotion suite au décès de l'artiste franco-chinois Chu Teh-Chun

Avec Chu Teh-Chun disparaît l'une des figures majeures de la peinture chinoise du XXème siècle.

Au carrefour des cultures chinoises et françaises - il s'installa en France en 1955 - Chu Teh-Chun aura été avec son compatriote Zao Wou-Ki et le français Georges Mathieu l'un des maîtres de l’abstraction lyrique.

Chu Teh-Chun est né le 24 octobre 1920 à Baitou Zhen, dans la province chinoise de l'Anhui. Très tôt il pratique la calligraphie et entre en 1935 à l’École des Beaux-Arts de Hangzhou. C'est au travers de l'œuvre de Cézanne qu'il découvre l'Occident et l'abstraction. 

La guerre sino-japonaise de 1937 l'obligera à traverser tout le pays, itinérance au cours de laquelle il s'imprègnera des somptueux paysages chinois qui l'inspireront tout au long de sa vie. Arrivé à Paris en 1955, il y rencontrera le succès quelques années plus tard et son œuvre est désormais connue du monde entier.

Lors de son élection à l'Académie des Beaux-Arts le 17 décembre 1997, prononçant l'éloge de Jacques Despierre auquel il succédait, il avait déclaré : " Peu importe que lui et moi ayons choisi des voies si dissemblables : sans nous connaître, mais animés d'une intense passion pour notre art, nous avons œuvré l'un et l'autre à transmettre un même idéal, celui de l'unique et inépuisable Beauté."

Chu Teh-Chun était Doyen de l'Académie des Beaux-Arts et Officier de l'Ordre national du Mérite.

La France perd un grand ambassadeur de l'amitié qui l'unit à la Chine, un grand artiste qui avait su tirer le meilleur parti des formes et des traditions plastiques de ses deux patries.