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14/11/25

Bernard Plossu et Pierre Buraglio @ Galerie 8 + 4, Paris - Exposition 'Suivre Favignana'

Bernard Plossu et Pierre Buraglio
Suivre Favignana
Galerie 8 + 4, Paris
4 octobre - 20 décembre 2025

Pierre Buraglio Dessin
Pierre Buraglio
, Favignana, 2009
Crayon sur papier, 21 x 30  cm
© Pierre Buraglio

Bernard Plossu Photographie

Bernard Plossu
, Favignana, 2008
Photographie noir & blanc, 24 x 30 cm
© Bernard Plossu
« On sait juste que depuis longtemps, instinctivement, l’on adore tous les deux les travaux l’un de l’autre. « Ensemble », cela ne peut que fonctionner ! ».
Bernard Plossu
L’exposition Suivre Favignana, que présente la Galerie 8+4, réunit enfin Bernard Plossu et Pierre Buraglio qui espéraient poursuivre dans un espace d’exposition un dialogue imaginé il y a de nombreuses années et sans cesse reporté. Elle met en scène de façon dynamique un ensemble de dessins, collages et photographies. Constituée d’œuvres inédites, certaines réalisées pour cette occasion, l’exposition se veut une ode à la substance de notre monde : fragments de paysages épurés chez l’un comme chez l’autre, surgissements d’architectures vernaculaires, objets saisis dans leurs dépouillements…

Il s’agit ici d’une conversation laissée depuis trop longtemps en suspens, qui soudain se cristallise dans de joyeux allers-retours, et dévoile une amitié forgée à distance, par le truchement des œuvres, des prises de positions et de conversations intenses lors de rencontres interminables. L’estime que l’un porte à l’autre fut longtemps affaire de circonstances, presque de hasards. Si Bernard Plossu se souvient d’une évidence devant les dessins de Pierre Buraglio lors d’une exposition en 1989 au Musée Réattu à Arles, Buraglio aime à mentionner le Musée du quai Branly comme moment inaugural de leur rencontre, marqué entre autres par un portrait photographique réalisé in situ par Plossu. L’affinité est aussi vagabonde lorsqu’ils évoquent, ébahis, leur amour de l’Italie, le sud, les îles Favignana et Ponza, certains villages oubliés de la Sicile que tous deux ont traversé avec pour unique bagage l’envie d’arrêter le temps et de rendre cette suspension palpable.

Cette exposition est née de cette passion commune qu’ils portent à une contrée où la pesanteur du soleil les pousse à la sobriété. Austérité dans les compositions de Bernard Plossu, économie du trait dans un paysage à peine esquissé chez Pierre Buraglio. Ce territoire méridional se révèle être un terrain de jeu trop étroit pour leurs aspirations qu’ils élargissent à d’autres lieux en France, mais aussi aux États-Unis, au Mexique ou en Espagne, pour Plossu.

L’exposition, qui présente une trentaine d’oeuvres pour chacun des artistes, s’impose comme un échange entre les territoires de la photographie et ceux du dessin ou du collage. Si Pierre Buraglio perçoit dans les images noir et blanc de Bernard Plossu une sorte de singularité à contre-courant d’une photographie couleurs, si bavarde et criarde, s’il reconnaît justement dans les œuvres de Plossu ce même souci humaniste qu’il ne cesse de décliner dans ses oeuvres, s’il croit qu’il y a là justement un rapport au monde que lui-même défend depuis si longtemps en affirmant que l’engagement politique débute en capturant l’inframince du monde, alors cette exposition est bien un manifeste en faveur d’une « abstraction discrète » comme aime à l’affirmer Bernard Plossu. Une abstraction refusant l’évidence du formalisme pour aller vers une métaphysique abordant des territoires qui ouvriraient sur la substance même du monde. Nul besoin d’y convoquer l’être humain. Un pan de mur, un nuage, un panneau indicateur ou un camion, un simple intérieur avec deux jarres pour tout mobilier, la solitude d’un arbre brulé par le soleil sont autant de motifs qui se répondent pour nous parler d’un monde que l’on ne sait plus voir. Notre univers est tout autant marqué par le permanent que par le transitoire et il semble possible, à condition de prendre un certain recul, de lier les deux ensembles.

Cette union prend chez Pierre Buraglio la forme de dessins, certains simples croquis, d’autres plus détaillés et aboutis. Un ensemble de vêtements sur un portant, une cheminée d’usine, un coin de mur ou un balcon d’une maison italienne, une colline abritant un hameau, un tronc noueux. Comme pour mieux magnifier cette perception du monde, Buraglio a imaginé pour l’occasion une série étonnante de collages. Parmi ceux-ci, il enchâsse, dans une logique de montage très épuré, des morceaux de cette réalité volée. Bernard Plossu y répond par un choix d’images noir et blanc au cadrage serré. Si la plupart s’amusent à capturer la lumière et lui donner un poids singulier, d’autres s’aventurent vers une déambulation du regard envers les choses les plus ordinaires du réel mais soudain illuminées par le regard du photographe. Dans ses fameuses Histoire(s) du cinéma, Jean-Luc Godard nous rappelait « une image n’est pas forte parce qu’elle est brutale ou fantastique, mais parce que l’association des idées est lointaine et juste ». Plossu, comme Godard, mais aussi Buraglio tentent dans leurs compositions de montrer un œil qui écoute le temps pour le suspendre, le mettre dans l’évidence de nos regards.

L'exposition "Suivre Favignana" est réalisée en partenariat avec les galeries Ceysson Bénétieres et Camera Obscura.

PIERRE BURAGLIO

Pierre Buraglio
Pierre Buraglio 
© Bernard Plossu

Pierre Buraglio, né en 1939 à Charenton-le-Pont, se forme à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1959. Après un séjour à New York en 1963, il produit ses premiers « Papiers » et « Recouvrements ». Proche de Claude Viallat, Michel Parmentier et François Rouan, il se sent alors proche du mouvement Supports/Surfaces naissant. Dans les années 1960, il compose des oeuvres à partir de chutes de tableaux qu’il juge mauvais. En 1968, il participe à « Salle Rouge pour le Vietnam » à l’ARC puis s’investit dans l’atelier populaire des Beaux-arts de Paris en produisant nombre d’affiches murales. Dans les années 1970, il produit ses premiers « Camouflages » puis la série « Dessins… d’après… autour… selon… » et les « Caviardages » qui le rendent célèbre. Bénéficiant de nombreuses expositions en institutions, il développe en parallèle les « Fenêtres » et les « Cadres » dans les années 1980. En France, Pierre Buraglio a exposé au CAPC de Bordeaux (1999), au Musée des Beaux-Arts de Lyon (2004), au Musée National d’Art Moderne (2008), au Musée Fabre à Montpellier (2009), au Musée du Louvre (2011). Il a également été présenté à la Biennale de São Paulo, à la Fondation Joan Miró (Barcelone)… Une vaste rétrospective s’est déroulée en 2019 au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC+). Pour la seule année 2025, l’oeuvre de Pierre Buraglio est exposée dans les musées des Beaux-Arts de Grenoble, d’Orléans et de Caen. Ses oeuvres sont présentes dans les principaux musées français et européens.

BERNARD PLOSSU

Bernard Plossu
Bernard Plossu 
© Bernard Plossu

Né en 1945, Bernard Plossu appartient à cette génération française qui dans l’immédiat après-guerre révolutionne l’idée de la photographie. Au lieu de s’attacher à l’idée de reportage ou même d’instant décisif, Bernard Plossu développe dès le milieu des années 1960 une photographie du voyage où dans les contrées qu’il traverse – le Mexique (1965) puis l’Ouest américain (1967-1977), l’Afrique (1975) et l’Europe – il saisit une forme de suspension du temps. Humains, paysages mais surtout architectures ou simples objets, deviennent sous son regard des évocations de notre condition, des sortes de poèmes révélant l’inframince du monde ou ce qu’il nomme des « paysages intermédiaires ». Essentiellement en noir et blanc ses photographies tracent en creux une écriture intime qui loin d’être autobiographique atteste surtout d’un regard décalé, empreint de tendresse envers la richesse du réel. La considération dont il bénéficie dès les années 1970 l’entraîne à exposer dans les grandes institutions européennes et internationales (exposition itinérante aux États-Unis en 1987) et permet à ses images d’intégrer de prestigieuses collections. Depuis le milieu des années 1980, il a bénéficié de plusieurs expositions telle une rétrospective au Centre Pompidou en 1988, puis sous la direction de Gilles Mora, une deuxième qui circule quelques années plus tard en Europe (Salzbourg, Barcelone, Lisbonne, Paris), complétée en 1997 par celle de l’IVAM à Valence (Espagne). Il fut également présenté par la Maison européenne de la photographie (2015), aux Rencontres d’Arles (2016), et au musée Granet (2022). Il est également l’auteur de plus de 300 ouvrages sur ses photographies.

GALERIE 8 + 4
13 rue d'Alexandrie, 75002 Paris

05/09/25

Alexia Fabre, directrice du Centre Pompidou Francilien - fabrique de l'art, à Massy

Alexia Fabre, directrice du Centre Pompidou Francilien - fabrique de l'art, à Massy

Alexia Fabre
Alexia Fabre
 
Photographie © Blandine Soulage

Le Centre Pompidou vient d’annoncer la nomination d’Alexia Fabre au poste de directrice déléguée du Centre Pompidou Francilien - fabrique de l'art, à Massy, dont l'ouverture est prévue dans un an, à l'automne 2026.

Conservatrice en chef du patrimoine, Alexia Fabre possède une solide expérience à la tête d’institutions culturelles majeures. Elle a dirigé le musée départemental de Gap (1993-1998), le Musée d’Art contemporain du Val-de-Marne – MAC VAL (1998-2022), puis les Beaux-Arts de Paris (2022-2025). Elle a également été directrice artistique de la Nuit Blanche en 2009 et 2011, et commissaire invitée de la 17e Biennale d’art contemporain de Lyon (2024-2025).

Son parcours reconnu, à la croisée de la création contemporaine, de la gestion d’institutions culturelles et du développement des politiques culturelles territoriales, témoigne de son engagement en faveur d’un art ouvert sur le monde et ancré dans les territoires. Son expérience au sein des collectivités locales, notamment à Gap et à Vitry-sur-Seine, et sa capacité à créer du lien entre les artistes et les habitants, sont considérés comme des atouts essentiels pour animer et faire rayonner le Centre Pompidou Francilien.

CENTRE POMPIDOU

17/08/25

Antoni Clavé @ Galerie Minsky, Paris

Antoni Clavé
Galerie Minsky, Paris
18 septembre - 18 octobre 2025

Photographie : Antoni Clavé à Montparnasse
Antoni Clavé à Montparnasse 
© Archives Antoni Clavé

Antoni Clavé
Antoni Clavé 
Nature morte au compotier, 1945 
Huile sur panneau d'Isorel, 81 cm x 65 cm
Photo Courtesy Galerie Minsky

Antoni Clavé
Antoni Clavé
Guerrier, c. 1962 
Technique mixte sur papier marouflé 
sur panneau, 74,5 x 54,5 cm
Photo Courtesy Galerie Minsky

La Galerie Minsky souhaite accompagner la redécouverte de l’artiste catalan Antoni Clavé. Elle présente à Paris une lecture sensible et incarnée de l’oeuvre d’un artiste entre deux mondes : l’Espagne et la France, le théâtre et la peinture, l’intime et le monumental. Alors qu’une rétrospective d’envergure se prépare au centre d’art Palau Martorell à Barcelone, la Galerie Minsky présente à Paris pour la première fois une vingtaine d’oeuvres d’Antoni Clavé (1913–2005). Cette exposition couvre les années 1945 à 1975, une période qui témoigne de ses différentes évolutions.

L’exposition présente l’univers de Clavé, à la fois théâtral, lyrique, intuitif et symbolique. Dès les années 40, le peintre catalan installé récemment à Paris développe un style singulier, entre raffinement intimiste et expérimentation formelle. Inspiré par les Nabis et profondément marqué par sa rencontre avec Picasso en 1944, Clavé explore un large registre de médiums : peinture, collage, gravure où s’entremêlent décors et costumes. En 2015, le Musée Picasso de Münster lui a dédié une exposition intitulée Antoni Clavé - Ein Spanier in Paris.

L’exposition réunit une vingtaine d’oeuvres majeures, de la Nature morte au compotier (c. 1945) à la série emblématique des Rois et Guerriers des années 60, en passant par le triptyque de paravents conçu en 1949 pour la pièce de théâtre Carmen dans les Ballets de Roland Petit. Ce volet scénographique, essentiel dans sa pratique, est mis en lumière ici : Antoni Clavé reste en dialogue avec le théâtre, et ce, tout au long de sa carrière.

Ses oeuvres deviennent des objets-théâtres, où lettres, mots, fragments et textures agissent comme des personnages silencieux. On y retrouve un goût marqué pour les techniques mixtes et l’assemblage, dans un désordre bouillonnant, proche de celui de son atelier.

Antoni Clavé joue sur les tensions : entre figuration et abstraction, entre brutalisme et poésie, entre ordre et chaos. Les matériaux pauvres qu’il emploie tels que le carton, bois, tissu ou des encore objets usés prennent une force symbolique inattendue.

Ses oeuvres, comme son atelier, sont des juxtapositions vibrantes, riches de résonances intimes et collectives.

Antoni Clavé — Biographie

Né à Barcelone en 1913, Antoni Clavé débute très tôt dans le dessin : à 18 ans, il crée des bandes dessinées et des affiches publicitaires. Son premier métier est celui de peintre en bâtiment, une expérience qui façonne son approche artisanale de l’art. Entre 1934 et 1936, alors qu’il réalise des affiches de cinéma dans sa ville natale, il s’initie au collage et aux assemblages : papiers, cartons, matériaux de récupération, lithographies, plâtre, tissus, textures sales ou accidentées deviennent ses terrains d’exploration.

Exilé en France à la suite de la guerre civile espagnole, il s’installe à Paris, ville où il entre dans l’histoire de l’art moderne. Il est exposé dès 1957 par Ernst Beyeler dans sa mythique galerie de Bâle, puis en 1978 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. En 2006, une exposition d’Antoni Clavé a eu lieu à l’Espace d’Art Contemporain Fernet Branca.

Photographie : Antoni Clavé dans son atelier
Antoni Clavé dans son atelier, Saint-Tropez, 1968 
Photographie © Jacques Gomot
« Mon atelier à moi, c’est mon cocon, mon village, ma rue, mon quartier »
— Antoni Clavé
En 1963, Antoni Clavé s’installe au Cap-Saint-Pierre à Saint-Tropez, où il se fait construire une maison et un vaste atelier, bientôt complété par un second espace dédié à la gravure. Les estampes d’Antoni Clavé ont d’ailleurs été exposées en 2018 à la BnF à Paris.

GALERIE MINSKY
37 rue Vaneau, 75007 Paris

24/05/25

Exposition Steve McQueen @ Schaulager, Münchenstein - "Bass"

Steve McQueen: Bass 
Schaulager, Münchenstein
15 juin - 16 novembre 2025

Steve McQueeen
Steve McQueen
 
Bass, 2024
LED Light and Sound 
Courtesy the artist 
Co-commissioned work by Laurenz Foundation, Schaulager Basel 
and Dia Art Foundation 
Photo: Irma Boom

La Fondation Laurenz, Schaulager présente Bass (2024), l’une des oeuvres les plus récentes de Steve McQueen, artiste plusieurs fois primé et réalisateur oscarisé. Douze ans après son exposition novatrice, conçue comme une ville de cinémas avec plus de vingt installations vidéo et cinématographiques offrant un aperçu du travail de Steve McQueen, l’artiste revient à Münchenstein, au Schaulager, avec cette fois son oeuvre la plus abstraite à ce jour. Bass est une gigantesque réalisation, spécialement conçue selon l’architecture du bâtiment, et fortement inspirée par l’intérêt que Steve McQueen porte à la lumière, à la couleur et au son mais aussi par leur influence sur notre perception physique de l’espace et du temps.
« Ce que j’aime dans la lumière et le son, c’est leur fluidité, ils peuvent se couler dans n’importe quelle forme. Comme une vapeur ou un parfum, la lumière et le son peuvent se glisser dans tous les recoins, dans toutes les cachettes. Et j’aime ce point de départ, où quelque chose n’a pas encore de forme concrète, mais englobe pourtant tout. »

Steve McQueen, 2025
Bass est à la fois immersif et radicalement immatériel et n’est constitué, précisément, que de couleurs et de sons : des fréquences basses, graves donc, résonnent dans l’espace – tantôt fortement, tantôt plus faiblement, audibles sous forme de sons individuels ou comme le fil d’une mélodie. Dans le même temps, l’espace est inondé d’une lumière colorée qui traverse lentement, presque imperceptiblement, tout le spectre de couleurs perceptible, du rouge profond à l’ultraviolet quasiment. Il suffit d’entrer dans le Schaulager pour être aussitôt captivé par la lumière et le son. L’effet imposant de l’oeuvre est multiplié par la seule ampleur de son étendue : Bass investit intégralement l’intérieur monumental du Schaulager, dans toute sa hauteur et toute la largeur des espaces d’exposition. Ce faisant, le volume spatial devient le corps de résonance d’une intervention temporaire qui incite à s’engager pleinement dans une expérience immédiate et puissante.

La bande originale de Bass a été créée en collaboration avec un groupe intergénérationnel de musiciennes et musiciens de la diaspora noire, dirigé par Steve McQueen et le célèbre bassiste Marcus Miller, lequel a fait appel à d’autres sommités : Meshell Ndegeocello et Aston Barrett Jr. (basses électriques tous les deux), Mamadou Kouyaté (ngoni, instrument à cordes traditionnel d’Afrique de l’Ouest) et Laura-Simone Martin (contrebasse acoustique). La fascination de Steve McQueen pour la basse ne relève pas du hasard : enracinée dans la musique noire, l’instrument symbolise un lien profond avec une histoire et identité culturelle propres.

Elle permet d’articuler des émotions difficiles à mettre en mots et, en tant que socle de nombreuses compositions, elle apporte de la stabilité et une gravité perceptible.

Bass est une oeuvre commandée conjointement par la Fondation Laurenz, Schaulager et la Dia Art Foundation de New York. En 2022, Steve McQueen a été invité à concevoir un nouveau projet, qui serait exposé d’abord dans l’une des salles de la Dia Art Foundation, puis au Schaulager. Inspiré par la colonnade du sous-sol de Dia Beacon, Steve McQueen a décidé, contre toute attente, de ne pas faire de film, mais de créer une intervention temporaire composée exclusivement de lumière et de son. Après sa présentation pour la première fois au Dia Beacon en 2024, Bass est présenté dans l’impressionnante architecture du Schaulager.

Publications

La présentation est accompagnée de deux livres : Steve McQueen. Bass (2024), publié en collaboration entre la Fondation Laurenz et la Dia Art Foundation. La deuxième publication porte essentiellement sur la présentation de Bass à Schaulager et paraîtra en été 2025. Les deux ouvrages ont été développés en étroite collaboration avec l’artiste et la graphiste Irma Boom. L’intensité immatérielle de Bass trouve une transposition unique au fil des pages des deux publications.

A propos de Steve McQueen

Le réalisateur et cinéaste britannique Steve McQueen (né à Londres en 1969, il vit et travaille à Londres et à Amsterdam) s’est forgé, au cours des vingt dernières années, une réputation exceptionnelle pour son travail. Son oeuvre primée a fait l’objet de grandes expositions dans des musées du monde entier, notamment à la Dia Art Foundation (2024), au Pirelli Hangar Bicocca de Milan (2022), à la Tate Modern (2020), à l’Institute of Contemporary Art de Boston (2017), au Museum of Modern Art de New York (2017), au Schaulager (2013) et à l’Art Institute Chicago (2012). En 2019, son projet Year 3 est présenté à la Tate Britain. En 1999, Steve McQueen reçoit le Turner Prize et en 2009, il représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise. En 2014, l’université de Harvard lui décerne la médaille W.E.B. Du Bois pour ses mérites particuliers dans le domaine des études africaines et afro-américaines, et en 2016, il est lauréat du Prix Johannes Vermeer du gouvernement néerlandais. Il a produit cinq longs métrages : Hunger (2008), Shame (2011), 12 Years a Slave (2013), Widows (2018) et récemment sorti, Blitz (2024). En 2020, il a réalisé Small Axe, une anthologie de cinq films sur la communauté antillaise de Londres, et, en 2021, Uprising, un documentaire en trois parties avec James Rogan, sur l‘incendie de New Cross à Londres en 1981. En 2014, Steve McQueen a remporté l’Oscar du meilleur film en tant que producteur pour 12 Years a Slave. Pour ses services rendus à l’art et au cinéma, Steve McQueen a été nommé Officer of the Order of the British Empire (OBE) en 2002, a reçu en 2011 le rang de Commander of the Order of the British Empire (CBE) et le titre de Knight Commander of the Order of the British Empire (KBE) en 2020. Récemment, Steve McQueen et son épouse Bianca Stigter ont reçu un doctorat honoris causa de l’université d’Amsterdam en reconnaissance de leur projet commun Occupied City (2024).

SCHAULAGER
Ruchfeldstrasse 19, 4142 Münchenstein

22/03/25

Exposition Frank Bowling @ Hauser & Wirth Paris - « Frank Bowling. Collage »

Frank Bowling. Collage
Hauser & Wirth Paris
22 mars – 24 mai 2025

« Frank Bowling. Collage », la première exposition personnelle de l’artiste en France, s’intéresse à sa pratique du collage en tant qu’outil à la fois conceptuel et technique. Cette exposition rassemble des oeuvres réalisées depuis le début des années 2000 jusqu’à aujourd’hui — de fait, à l’âge de 91 ans, Frank Bowling continue de peindre quotidiennement. L’exposition s’articule autour de quatre nouvelles peintures monumentales, présentées dans la galerie du rez-de-chaussée. Ces oeuvres de grand format, dont l’impressionnante « Skid » (2023) de 4,4 mètres de haut, composées de plusieurs panneaux, renouvellent son usage des toiles collées et du marouflage, des techniques qui occupent depuis longtemps une place importante dans son processus artistique. L’exposition s'accompagne d’un programme éducatif, le premier du genre pour la galerie parisienne de Hauser & Wirth. Porté par la passion commune de l’artiste et de Hauser & Wirth pour l’éducation et la pédagogie, ce programme propose une journée d’étude le lundi 28 avril 2025 dans les espaces de la galerie, ainsi que des ateliers dédiés aux élèves des écoles de la région parisienne. (voir ci-dessous).

L’attirance de Frank Bowling pour le collage s’inspire en partie des découpages d’Henri Matisse, qu’il découvre pour la première fois à la fin des années 1950, puis à nouveau lors de la rétrospective organisée par le MoMA à New York en 1992. Dans un article paru dans le numéro d’hiver 1999 de « Modern Painters », Bowling est invité à réfléchir sur sa carrière et à sélectionner une oeuvre ayant profondément nourri, voire transformé sa vision artistique. Il choisit « L’escargot » (1953) de Matisse, dont il rend hommage à travers plusieurs de ses collages qui font directement référence au motif en spirale, notamment « Back to Snail » (2000). 

Les premières expériences conceptuelles de Frank Bowling avec le collage se retrouvent dans ses créations dès les années 1960. En évoquant ses ambitions matérielles, il explique : « Je voulais marier tous ces éléments disparates – la couleur, le maniérisme, le lieu où l’on peint, ce fandango de styles – pour composer une oeuvre puissante qui rassemble des aspects de la peinture, de la sculpture et de l’architecture [...] s’associant pour former quelque chose de nouveau ». 

Les oeuvres sélectionnées pour cette exposition témoignent également de l’évolution de l’intégration d’objets trouvés dans la pratique de Bowling. Depuis les années 1980, divers matériaux, tels que des jouets d’enfants ou du matériel médical, ont été incorporés dans ses peintures. Dans « Skid », par exemple, on distingue des fragments découpés dans un sac en plastique médical, un tube en relief, des ficelles et des bandes de toile détachées. Ces éléments, extraits d’un quotidien spécifique, offrent un premier point d’accès à l’oeuvre, tout en portant une signification personnelle pour Bowling, dessinant ainsi une sorte de document autobiographique. Ces objets, intégrés directement à la surface plane de l’image avec la fluidité translucide du gel acrylique et de la peinture, rompent et jaillissent de la toile. « J’ai envie d’y jeter des détritus et de les regarder nager avant qu’ils ne se fixent », confie Bowling, « cela me donne l’impression d’avoir une vue d’ensemble sur ce que j’ai traversé dans ma vie ». 

Programme éducatif

L’exposition sera accompagnée d’un programme éducatif, dans le cadre des activités d’éducation globales de Hauser & Wirth. Coorganisée par les universitaires Altair Brandon-Salmon et Ed Kettleborough, cette journée d’études s’articulera autour de trois tables rondes thématiques consacrées à plusieurs facettes de l’œuvre de Frank Bowling : la peinture et le processus, un art transatlantique et le modernisme. Des spécialistes tels que Ben Bowling, Leon Wainwright, Indie A. Choudhury, Ana Teles, Kate Keohane et Artie Foster interviendront au cours de ces discussions tandis que le public sera encouragé lui aussi à s’exprimer librement en présence des peintures exposées.

Cet évènement est la première rencontre académique dédiée à Frank Bowling depuis sa rétrospective à la Tate Britain à Londres en 2019. Elle représente une opportunité précieuse d’enrichir les perspectives de l’histoire de l’art sur son travail.

Dans un souci d’accessibilité et de sensibilisation à l’art, des ateliers destinés aux élèves de cinquième et quatrième des écoles de la région seront organisés dans le cadre de l’exposition. Animés par Susi Sahmland, responsable des programmes éducatifs du Frank Bowling Studio, en collaboration avec l’équipe éducative de Hauser & Wirth, ces ateliers stimuleront la réflexion et l’expérimentation artistique en lien avec l’œuvre du peintre. 

Frank Bowling - Brève biographie

Sir Frank Bowling OBE RA est reconnu comme l’un des grands peintres contemporains. Né au Guyana en 1934, il arrive à Londres en 1953 et obtient la médaille d’argent en peinture au Royal College of Art en 1962. Dès le début des années 1960, Bowling se distingue sur la scène artistique londonienne, en développant un style singulier alliant figuration, symbolisme et abstraction.

Après s’être installé à New York en 1966, son adhésion au modernisme le conduit à se concentrer davantage sur le matériau, le processus et la couleur, si bien qu’en 1971, il abandonne le recours à l’imagerie figurative. Les emblématiques « Map Paintings » (1967-1971), qui présentent des étendues terrestres reconnaissables d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Australie peintes au pochoir, figurent sa transition vers l’abstraction pure. Il expose six de ses grandes « Map Paintings » dans le cadre d’une exposition personnelle au Whitney Museum of American Art en 1971. De 1973 à 1978, Bowling expérimente avec les notions de hasard et d’« accidents contrôlés » avec ses saisissantes « Poured Paintings », réalisées en déversant la peinture d’une hauteur de deux mètres.

Frank Bowling devient membre de la Royal Academy en 2005, reçoit l’Ordre de l’Empire britannique pour sa contribution aux arts en 2008 et est nommé chevalier à l’occasion de l’anniversaire de la Reine en 2020. Ses œuvres figurent dans une soixantaine de collections à travers le monde et ont fait l’objet de nombreuses expositions collectives et individuelles, notamment l’exposition itinérante « Mappa Mundi » de 2017 à 2019, la très populaire rétrospective à la Tate Britain en 2019 et l’exposition magistrale « Frank Bowling: Americas », qui a voyagé du MFA Boston au SFMOMA entre 2022 et 2023. En 2022, il est lauréat du prix Wolfgang Hahn, qui récompense des artistes d’exception de la scène de l’art contemporain.

Aujourd’hui, la grande maîtrise de Frank Bowling en matière de peinture et ses explorations de la lumière, de la couleur et de la géométrie intègrent l’utilisation innovante d’ammoniaque et de lavis multicouches. Son incessante réinvention de la surface peinte se poursuit dans ses œuvres récentes, expérimentant avec des empâtements texturés, des gels acryliques, des collages, des toiles cousues ainsi que des pigments métalliques et nacrés. Travaillant quotidiennement dans son atelier du sud de Londres, Frank Bowling demeure inlassablement animé par sa fascination pour les possibilités infinies et radieuses offertes par la peinture.

HAUSER & WIRTH PARIS
26 bis rue François 1er, 75008 Paris

Corneliu Poromboiu @ Visions du Réel 2025 - Invité spécial - Biographie - Filmographie

Corneliu Poromboiu
Invité spécial de Visions du Réel 2025
4 – 13 avril 2025

Corneliu Poromoiu
Corneliu Porumboiu
Photographie courtesy Visions du Réel

Corneliu Porumboiu, 12h08 à l’est de Bucarest
Corneliu Porumboiu
, 12h08 à l’est de Bucarest, 2005
Image courtesy Visions du Réel

Le réalisateur roumain, Corneliu Porumboiu sera l’Invité spécial de la 56e édition du Festival Vision du Réel. Corneliu Porumboiu prendra part à Vision du Réel 2025 à l’occasion d’une masterclass et d’une rétrospective de tous ses longs métrages. Empreint d’humour noir, le cinéma de Corneliu Porumboiu joue sur l’absurdité qui a imprégné la société roumaine, passée brutalement du joug communiste au capitalisme débridé après la chute de Nicolae Ceausescu et la révolution de 1989. Composée d’oeuvres majeures, sa filmographie fait de Corneliu Porumboiu l’un des cinéastes européens les plus appréciés et respectés du 21e siècle.

Corneliu Porumboiu, Policier, Adjectif, 2009
Corneliu Porumboiu
, Policier, Adjectif, 2009
Image courtesy Visions du Réel

Corneliu Porumboiu, Le Trésor, 2015
Corneliu Porumboiu
, Le Trésor, 2015
Image courtesy Visions du Réel

Né à Vaslui (Roumanie) en 1975, Corneliu Porumboiu compte à son actif treize films (dont 6 courts métrages), sur une carrière s’étendant sur près de vingt ans. Il s’est fait connaître sur la scène internationale grâce à son premier long métrage, 12h08 à l’est de Bucarest, lauréat de la prestigieuse Caméra d’or au Festival de Cannes en 2006. Ses longs-métrages, tels que Policier, Adjectif (2009) et Le Trésor (2015), ont également été salués par la critique et ont remporté d’autres distinctions à Cannes, consolidant sa place de conteur talentueux et l’imposant comme l’un des réalisateurs majeurs du nouveau cinéma roumain – aux côtés de Cristian Puiu, Lucian Pintilie, Radu Jude, Andrei Ujica ou Christian Mungiu. 

Inspiré par une démarche réaliste et politique, le cinéma de Corneliu Porumboiu arpente l’histoire sociale récente de la Roumanie, en assumant avec malice sa dimension parfois tragi-comique. A travers des dialogues ciselés à l’humour pince-sans-rire, une esthétique discrète mais rigoureuse qui met en œuvre des cadres finement composés et de longs plans séquences, il façonne l’observation méticuleuse de personnages perplexes s’efforcant de comprendre une réalité opaque et d’y trouver une forme d'épanouissement. 

Corneliu Porumboiu, Les Siffleurs, 2019
Corneliu Porumboiu
, Les Siffleurs, 2019
Image courtesy Visions du Réel

Son dernier long métrage, Les Siffleurs (2019) – présenté dans la compétition Un Certain Regard du Festival de Cannes –, un polar paranoïaque captivant et grinçant a été un nouveau succès critique et confirme le penchant pour l’absurde du cinéaste roumain – un aspect qu’il considère inhérent à son pays.

Corneliu Porumboiu, Match retour, 2014
Corneliu Porumboiu
, Match retour, 2014
Image courtesy Visions du Réel

Corneliu Porumboiu, Football infini, 2018
Corneliu Porumboiu
, Football infini, 2018
Image courtesy Visions du Réel

Corneliu Porumboiu s’est aussi intéressé au monde du football, sujet éminemment personnel puisque son père était arbitre professionnel international. Dans Match retour (2014), père et fils commentent, dans un dispositif minimal, un match de 1988 arbitré par le père, en pleine tempête de neige, sous l’œil des caméras de la télévision propagandiste roumaine. Son autre documentaire, Football infini (2018) est une plongée dans sa ville natale, Vaslui, en compagnie d’un ami d’enfance, haut fonctionnaire travaillant en préfecture et obsédé par une idée fixe : améliorer les règles du football ou le remplacer par un nouveau sport plus équilibré.
« Portés par un humour singulier et extrêmement référencé, les films de Corneliu Porumboiu, qui souvent s’apparentent à des fables, offrent un regard critique et décalé sur les mutations de la société roumaine avec affection et grande finesse. C’est un très grand cinéaste que nous rêvions d’accueillir depuis longtemps ; il sera passionnant d’aborder son œuvre à travers le prisme du rapport au réel. » commente Emilie Bujès, directrice artistique de Visions du Réel. 
BIOGRAPHIE- FILMOGRAPHIE DE COUNELIU PORUMBOIU

Corneliu Porumboiu a suivi des études en réalisation à l’Université nationale de théâtre et de cinéma de Bucarest de 1999 à 2003. En 2005, il écrit et met en scène son premier long métrage intitulé 12h08 à l’est de Bucarest. Ce film a été sélectionné dans la section Quinzaine des Réalisateurs et a remporté la Caméra d’or du premier film ainsi que le Label Europe, un prix décerné par les distributeurs de films.

En 2009, Corneliu Porumboiu écrit et réalise son deuxième long métrage Policier, Adjectif. Il remporte le prix FIPRESCI et le Prix du Jury dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2009.

En 2013, Corneliu Porumboiu sort son troisième long métrage, Métabolisme ou quand le soir tombe sur Bucarest, dont la première a eu lieu au Locarno Film Festival. Il a ensuite réalisé le documentaire Match retour, qui a été présenté au Forum de la Berlinale en 2014.

Son long métrage Le Trésor a remporté le prix Un Certain Talent dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2015. 

En 2018, Corneliu Porumboiu est de retour avec un documentaire sportif intitulé Football infini qui a été à nouveau inclus dans la sélection du Forum de la Berlinale.

En 2019, il achève sa cinquième réalisation, un film intitulé Les Siffleurs qui a fait l’objet d’une projection inaugurale à la 72e édition du prestigieux Festival de Cannes, où il était en compétition.

VISIONS DU REEL

17/03/25

Alberto Giacometti / Petrit Halilaj @ Institut Giacometti, Paris - Exposition « Nous construisions un fantastique palais la nuit... »

Alberto Giacometti / Petrit Halilaj
« Nous construisions un fantastique palais la nuit... »
Institut Giacometti, Paris
14 mars - 8 juin 2025

L’exposition « Nous construisions un fantastique palais la nuit... », présentée à l’Institut Giacometti, met en dialogue les œuvres et installations originales du plasticien contemporain Petrit Halilaj et un choix d’oeuvres d’Alberto Giacometti. Marqué par son enfance dans un Kosovo en guerre, Petrit Halilaj développe une pratique où les histoires individuelles et collectives se nouent dans des espaces de liberté, non dénués de jeu et de légèreté. Le dessin d’enfant nourrit son travail dans lequel il ouvre un horizon onirique, voire magique, à la sculpture ; un espace onirique qui fait écho à la part de l’enfance souvent discernable dans l’oeuvre de Giacometti. 

Prenant appui sur une pensée de Giacometti à partir de son oeuvre Le Palais à 4h du matin (1932), le titre et les oeuvres de l’exposition explorent la force des constructions fantasmatiques et fragiles que sont les oeuvres des artistes. Dans une installation originale pensée par Petrit Halilaj, l’exposition tisse un réseau subtil de lignes entre les oeuvres de Giacometti. Rêves, espoirs, mais aussi craintes et peurs s’y lient dans des structures fragiles qui emportent et témoignent d’une capacité à communiquer de puissants imaginaires. Face au sentiment d’un monde précaire, les oeuvres d’Halilaj et de Giacometti mobilisent une capacité salvatrice d’invention.

En près d’une trentaine d’oeuvres produites spécifiquement pour l’exposition, Petrit Halilaj explore dans le vocabulaire enfantin de ses « Abetare » une forme de dessin dans l’espace qui est devenu un moyen d’expression propre. L’exposition, nourrie du rapport intense d’Halilaj au dessin d’enfant comme témoignage du monde contemporain, révèle de manière inédite un intérêt et un usage proche chez Alberto Giacometti, déployant les thèmes riches de l’enfance, du rêve, des associations d’idées, du rapport à la merveille.

Un catalogue sous la direction d’Hugo Daniel, richement illustré, en édition bilingue français / anglais, coédité par la Fondation Giacometti, Paris, et FAGE éditions, Lyon, accompagne l’exposition.

PETRIT HALILAJ

Né en 1986 à Kostërrc, Kosovo, Petrit Halilaj vit et travaille entre l’Allemagne, le Kosovo, l’Italie et la France. Il a étudié à l’Académie des beaux-arts de Brera à Milan. Il est actuellement professeur à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, en France, avec son partenaire et collaborateur artistique, Álvaro Urbano. Il est membre de l’Akademie der Künste der Welt.

Petrit Halilaj a représenté le Kosovo dans son premier pavillon national à la 55e  Biennale de Venise en 2013. En 2021, la Tate St Ives a présenté son exposition personnelle «Very volcanic over this green feather». En 2024, Petrit Halilaj a ouvert une installation in situ dans le cadre de la commission pour le jardin sur le toit du Met, New York. En 2025, Petrit Halilaj présentera une exposition personnelle au Hamburger Bahnhof, à Berlin. Petrit Halilaj a présenté des expositions individuelles au Musée Tamayo au Mexico, au Musée de la Croix et du Croissant-Rouge, Genève ; au Fries Museum, Leeuwarden, Pays-Bas ; à la Tate St Ives, UK ; au Palacio de Cristal, Museo Reina Sofía, Madrid ; au New Museum, New York ; à la Fondazione Merz, Turin, Italie ; au Hammer Museum, Los Angeles, USA ; au Paul Klee Zentrum, Berne ; au Pirelli HangarBicocca, Milan, Italie ; au Kölnischer Kunstverein, Cologne, Allemagne ; à la Bundeskunsthalle, Bonn, Allemagne ; à la Fondation d’Entreprise Galeries Lafayette, Paris ; à la National Gallery of Kosovo, Pristina ; à la Kunsthalle Sankt Gallen, Suisse ; à la Kunsthalle Lissabon, Lisbonne ; et au WIELS, Bruxelles. Son travail a été présenté dans le cadre d’expositions collectives à la 15e Biennale de Lyon ; au Louisiana Museum, Danemark ; au Palais de Tokyo, Paris ; au MAK Center for Art and Architecture, Los Angeles, USA ; au Palazzo Grassi, Pinault Collection, Venise, Italie ; à NEON, Mykonos, Grèce ; et au Westfälischer Kunstverein, Münster, Allemagne.

Petrit Halilaj a reçu le Kunstpreis Berlin de l’Akademie der Künste en 2023 et a été honoré par la Smithsonian Artist Research Fellowship (SARF) en 2018. En 2017, il a obtenu le prix Mario Merz ainsi qu’une mention spéciale du jury lors de la 57e Biennale de Venise. Avant cela, il a suivi le programme de bourses MAK-Schindler aux Mackey Apartments (Los Angeles, 2016) et a participé à des résidences à la Villa Romana (Florence, 2014) et à Fürstenberg Contemporary (Heiligenberg, 2012).

Commissaire de l'exposition : Hugo Daniel

INSTITUT GIACOMETTI
5 rue Victor-Schoelcher, 75014 Paris

05/03/25

Exposition Alice Pauli @ MCBA, Lausanne - "Alice Pauli. Galeriste, collectionneuse et mécène, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne + Catalogue

Alice Pauli
Galeriste, collectionneuse et mécène
Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne
14 février - 4 mai 2025
En hommage à la générosité d’Alice Pauli, l’exposition salue le parcours hors norme d’une pionnière. Figures de l’art contemporain international, personnalités de la scène suisse: l’accrochage présente des artistes que cette femme d’exception se réjouissait de voir réuni·e·s.
Plus de 40 artistes présenté.e.s : Magdalena Abakanowicz, Geneviève Asse, Enrico Baj, Balthus, Georg Baselitz, Julius Bissier, Pierrette Bloch, Jagoda Buić, Philippe Cognée, Roberto Crippa, Willem de Kooning, Jim Dine, Jean Dubuffet, Dušan Džamonja, Émilienne Farny, Lucio Fontana, Sam Francis, Alberto Giacometti, Elsi Giauque, Sheila Hicks, Rebecca Horn, Alain Huck, Rolf Iseli, Anselm Kiefer, Maria Łaszkiewicz, Jean Lecoultre, Jean Lurçat, Zbigniew Makowski, Juan Martínez, Louise Nevelson, Nunzio, Alicia Penalba, Giuseppe Penone, Jean-Pierre Pincemin, Arnulf Rainer, Jean Paul Riopelle, Mariette Rousseau-Vermette, Erica Rutherford, Wojciech Sadley, Emil Schumacher, Sean Scully, Pierre Soulages, Louis Soutter, Frank Stella, Miroslav Šutej, Mark Tobey, Maria Helena Vieira da Silva, Rajmund Ziemski.

À sa mort, Alice Pauli (Moutier, 1922 – Lausanne, 2022) institue l’État de Vaud son unique héritier, en faveur du Musée cantonal des Beaux-Arts. L’exposition Alice Pauli. Galeriste, collectionneuse et mécène permet à l’institution d’inviter les publics à découvrir ce nouveau pan de leur patrimoine, et de retracer la trajectoire singulière de cette personnalité lausannoise.

Au fil d’une dizaine de sections thématiques, l’exposition donne les clés contextuelles du parcours de vie d’une femme en avance sur son temps. Aux côtés des œuvres entrées dans la collection du MCBA, des prêts de musées, fondations et collections privées témoignent de l’engagement de la galeriste et collectionneuse en faveur des artistes qu’elles a défendu·e·s et souvent révélé·e·s. Des grands formats d’art textile de Magdalena Abakanowicz, Jagoda Buić ou Jean Lurçat rendent un hommage à celle qui, en compagnie de son époux Pierre Pauli, a contribué au lancement des Biennales internationales de la tapisserie. Les travaux de figures incontournables de l’art contemporain international, parmi lesquelles Louise Nevelson, Giuseppe Penone, Pierre Soulages et Maria Helena Vieira da Silva, font écho aux rencontres faites lors du Salon international de galeries pilotes. Ses relations avec la scène artistique suisse sont illustrées par la présentation d’œuvres de Louis Soutter, Jean Lecoultre et Juan Martínez. Une salle dédiée aux scènes polonaise et yougoslave dans les années 1960 et une autre à l’œuvre d’Alicia Penalba soulignent encore les talents de précurseure d’une femme animée par le désir de partager ses émotions artistiques et sa passion de l’art avec les publics.

LALICE PAULI - BIOGRAPHIE

À la fin des années 1940, Alice Pauli (Moutier, 1922 – Lausanne, 2022), alors commerciale dans le domaine de l’horlogerie, développe un intérêt pour l’art et les expositions. Elle fait ses premiers pas dans le milieu du marché de l’art dès 1954, en s’occupant de la diffusion des tapisseries de Jean Lurçat. Avec son époux Pierre Pauli, elle contribue au lancement des Biennales internationales de la tapisserie qui se tiennent dans les salles du MCBA, au Palais de Rumine.

En 1961, Alice Pauli ouvre une galerie à Lausanne, avenue de Rumine. Souhaitant d’emblée donner un écho international à son activité, elle dédie l’une de ses premières expositions aux lithographies de Sam Francis. Grâce notamment au Salon international de galeries-pilotes au MCBA, elle rencontre de nombreux artistes contemporains étrangers (Maria Helena Vieira da Silva, Mark Tobey, Alicia Penalba, …), dont elle présente l’oeuvre au public lausannois, et promeut des artistes suisses tels que Jean Lecoultre, Catherine Bolle et Juan Martinez. Les projets qu’elle mène avec eux impriment alors à la vie artistique romande un élan exceptionnel et contribuent à la renommée de la Galerie Alice Pauli. Elle participe en même temps aux grandes foires internationales, développant ainsi son activité et son réseau. Rejointe en 1989 par son fils Olivier, Alice Pauli décide de déménager sa galerie dans le quartier du Flon à Lausanne, dans des espaces plus à même d’accueillir des œuvres de grands formats.

Des artistes, dont elle suit le parcours avec passion – nouant parfois des liens d’amitié durables avec eux –, Alice Pauli conserve des œuvres pour sa collection personnelle. Leurs créations, accrochées aux murs de sa maison et installées dans son jardin, l’accompagnent au quotidien et l’aident à surmonter les épreuves douloureuses de la vie.

Alice Pauli et le MCBA

Dans les années 1990, Alice Pauli compte parmi les premiers et les plus actifs soutiens d’un projet de construction d’un nouveau musée des beaux-arts. Elle poursuit son engagement en contribuant au financement du nouveau bâtiment inauguré en 2019 sur le site de Plateforme 10. Pour orner son hall, elle offre une sculpture monumentale de Giuseppe Penone. Puis elle enrichit régulièrement sa collection d’art contemporain international par le don d’œuvres d’art majeures, notamment de Pierre Soulages, Anselm Kiefer, Louise Nevelson, William Kentridge, Rebecca Horn ou encore Anish Kapoor.

Commissariat: Camille Lévêque-Claudet, conservateur art ancien et moderne, MCBA

Alice Poli, Galleriste, Collectionneuse et Mécène
Alice Pauli
Galeriste, Collectionneuse, Mécène
Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne  
Fage éditions, Lyon, 2025
Publication: Camille Léveque-Claudet avec des textes de Magali Junet, Alice Pauli. Galeriste, collectionneuse et mécène, Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lyon, Fage éditions, 2025, 200 p. fr., CHF 32.–
Musée cantonal des Beaux-Arts - Lausanne
Platerforme 10
Place de la Gare 16, 1003 Lausanne 

04/04/24

Exposition Béatrice Helg @ Maison Caillebotte, Yerres - "Un monde lumineux"

Béatrice Helg - Un monde lumineux 
Maison Caillebotte, Yerres
3 avril - 23 juin 2024

Béatrice Helg
BÉATRICE HELG
Natura I, 2023
Tirage pigmentaire d’archive
115 x 68,4 cm
© Béatrice Helg

Béatrice Helg
BÉATRICE HELG
Résonance XIV, 2020
Tirage pigmentaire d’archive
100 x 150,2 cm
© Béatrice Helg

L'oeuvre de l’artiste suisse BÉATRICE HELG occupe une place singulière dans la tradition de la photographie mise en scène qui a vu le jour dans les années 80. En effet, bien loin des œuvres hyperréalistes ou narratives, des reconstitutions de scènes de la vie quotidienne, son travail donne à voir des formes abstraites, un monde lumineux.

Influencée par l’avant-garde russe et le constructivisme, passionnée de musique, sensible aux notions d’espace et de temps, à l’architecture, à la mise en scène de théâtre et d’opéra, l’artiste crée des espaces monumentaux où la sculpture, la peinture, l’installation et surtout la lumière interagissent. 
« Quelle est cette lumière hors de la mesure du temps
qui naît du silence et agrandit l’espace ? »
s’interrogeait le metteur en scène Claude Régy dans L‘état d’incertitude.

Plus que tout autre, la lumière est ici le matériau sans quoi l’œuvre n’existe pas. Elle est le médium par lequel toute révélation est possible. Les photographies de Béatrice Helg présentent des univers d’ombre et de clarté d’une étrange beauté, aussi poétiques que spirituels, son œuvre ouvre sur un infini ou la recherche d’un mystère intérieur.

Dans l’Orangerie de la Maison Caillebotte, Béatrice Helg présente une sélection d’œuvres de grands formats des séries Cosmos, Résonance et des photographies inédites de la série Natura, 2023. Il y a une qualité presque sacrée dans ces œuvres récentes qui évoquent la vulnérabilité de la nature millénaire et nous rappellent que notre esprit, notre âme est indissociable de la nature et de notre environnement.

Béatrice Helg
BÉATRICE HELG
Photographie © JCF

BÉATRICE HELG est née à Genève en 1956. Elle étudie la photographie au California College of Arts and Crafts, Oakland, et au Brooks Institute, Santa Barbara, Californie. En 1978-1979, elle poursuit sa formation à l’International Center of Photography (ICP) à New York. En 1979, elle participe à l’organisation de Venezia’79 – la Fotografia à Venise. En 1981-1982, elle travaille dans le département des expositions d’ICP à New York. Béatrice Helg vit et travaille à Genève.

Dès ses débuts, l’artiste développe une écriture spécifique d’espace, lumière, matière, qui sera reconnue au niveau international. Près de 70 expositions personnelles ont été consacrées à son œuvre en Europe, aux États-Unis et au Japon, parmi lesquelles une exposition au Palazzo Fortuny, Venise ; au musée Tinguely, Bâle ; à l’IVAM – Institut Valencià d’Art Modern, Valence ; au Museum of Contemporary Photography, Chicago ; au Museum of Photographic Arts, San Diego ; à Paris Photo et aux Rencontres d’Arles.

Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections renommées : la Bibliothèque nationale de France et la Maison européenne de la photographie, Paris ; la Fondation Martin Bodmer, Cologny (Genève) ; Photo Elysée, Lausanne; le Brooklyn Museum et l’International Center of Photography, New York ; le Los Angeles County Museum of Art et Museum of Fine Arts, Houston, le Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.

Parmi ses récentes publications, citons l’importante monographie Béatrice Helg, avec un poème dédicace de Robert Wilson, des textes de Serge Linarès et Philippe Piguet, un poème de Sylviane Dupuis parue chez 5 Continents Editions, Milan.

A l’occasion de l’exposition Béatrice Helg - Un monde lumineux, la Maison Caillebotte publie un catalogue d’exposition comprenant un entretien de Valérie Dupont-Aignan avec Béatrice Helg, un texte de Béatrice Andrieux, commissaire d’exposition indépendante, spécialisée en photographie et en art contemporain, une biographie de l’artiste et la reproduction de toutes les œuvres exposées.

MAISON CAILLEBOTTE
8 rue de Concy, 91330 Yerres

29/03/24

Adrien Couvrat - Exposition @ Galerie Maubert, Paris - "Devant toi coule un fleuve"

Adrien Couvrat 
Devant toi coule un fleuve
Galerie Maubert, Paris
27 avril - 15 juin 2024

Adrien Couvrat
Adrien Couvrat 
Villa Madama, 2024 
Acrylique sur toile, 120 x 85 cm

« Devant toi coule un fleuve » est une phrase tirée de l’œuvre Eupalinos ou l’architecte de Paul Valéry. Un dialogue entre Phèdre et Socrate qui, se retrouvant dans le monde des morts, font de l’architecture une métaphore de l’acte de création à travers l’évocation de la figure d’Eupalinos.

     Pour cette troisième exposition personnelle à la Galerie Maubert, Adrien Couvrat rassemble un ensemble de toiles, abstraites et figuratives, une vidéo et un mur de céramiques émaillées qui proposent un dialogue entre le spectateur et l’architecture : à la fois l’espace de la galerie mais surtout des architectures connues qui se vident de toute existence humaine par la présence contradictoire du spectateur. Des espaces pensés pour et autour de l’Homme, désormais inhabités, à l’instar de la Villa Madame, une ’’villa de campagne’’ conçue par Raphael dans la périphérie romaine, devenue un bureau de représentation ministériel. Ou encore d’architectures de Le Corbusier aujourd’hui transformées en espaces muséaux (la Villa Le Lac et la Villa Savoye), dans lesquelles le corps va jusqu’à régir les dimensions des espaces que l’Homme arpente (le système du Modulor). 

Des architectures qui s’articulent autour du corps, tout comme les tableaux d’Adrien Couvrat, pensés en fonction des déplacements du regardeur. C’est d’ailleurs l’étroite relation de ces espaces à des questions d’ordre pictural qui intéresse l’artiste. Chez Le Corbusier, la composition, l’appréciation de la perspective, et surtout les couleurs, inspirées de célèbres tableaux de la Renaissance, sont déterminantes. Aussi l’architecture se pense comme une image, non pas fixe mais mouvante, en lien avec la déambulation des corps. 

Dans cette interaction avec le regard, la lumière trouve une place essentielle : quasi matérielle, jaillissant de percées ou traversant le format, elle permet chez Adrien Couvrat de créer des phénomènes d’apparition et de disparition de l’image. Dans le langage des images de synthèse, cet effet lumineux est appelé ‘’god rays’’ : une certaine artificialité de la lumière qui procure une dimension sacrée à l’image. La lumière voile mais révèle en même temps, redoublant l’aura particulière de ces lieux, provoquant une forme d’étrange présence.

La lumière permet d’envisager l’espace différemment : c’est ce que souhaite dévoiler l’artiste dans une sorte de peinture animée. Adrien Couvrat - issu d’un double cursus à l’Ecole National des Beaux-Arts de Paris et à l’IRCAM - dont le travail pictural trouve ses racines dans l’image vidéo, propose une recréation en 3D de L’Annonciation de Fra Angelico. Le tableau se retrouve entièrement vidé de ses protagonistes ; seule la lumière centrale, qui possède cet éclat divin, demeure au fil des heures qui passent et qui transforment l’espace. Une peinture qui se métamorphose cette fois-ci non pas en fonction des déplacements du spectateur, mais du cycle de la journée. 

En liant des questions d’ordre picturale avec l’architecture tout en incorporant des outils contemporains de mise en image, Adrien Couvrat questionne les spécificités du médium de la peinture, interrogeant les notions de surface, de limite (spatiale et temporelle) de l’œuvre et de l’image.

ADRIEN COUVRAT

Né en 1981 (FR), Andrien Couvrat vit et travaille à Paris. Formé à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris et à l’IRCAM, Adrien Couvrat déploie ses recherches à travers la peinture, le dessin, le son, la vidéo… Quel que soit le medium, il expérimente les mouvements optiques, les métamorphoses lumineuses et la vibration sensible des couleurs. En 2015, il a participé à l’exposition Desdémone, entre désir et désespoir à l’Institut du Monde Arabe avec une installation de 20 mètres et a exposé au Qingdao Sculpture Art Museum de Shandong (Chine). En 2016, il expose au Musée des Arts et Métiers (Paris). En 2017, il bénéficie d’une exposition personnelle à la Villa Le Corbusier « Le Lac » (Corseaux, Suisse). En 2023, il déploie l’oeuvre monumentale Myriades au sein du cabinet d’architecture Franklin Azzi, dans le cadre de la Nuit Blanche.
“Adrien Couvrat s’efforce de révéler la part instable, fragile et immatérielle de la peinture abstraite. Entre apparition et respiration lumineuse, sa peinture, faite de couches creusées de sillons et de pigments, ne cesse de capter le regard, par saccades et soubresauts. Incitant le spectateur à s’approcher pour percevoir sa peinture, Adrien Couvrat intègre en cela dans ses compositions l’attitude en mouvement du spectateur, et l’oblige ainsi à une nouvelle dimension de perception. Le corps est sollicité ; l’oeuvre entre en relation avec le spectateur, crée un lien avec l’espace d’exposition. Invitant le spectateur à une danse rétinienne, ces peintures proposent une transformation ultime de notre rapport à l’espace.” Marianne Derrien, critique d’art.
GALERIE MAUBERT
20 rue Saint-Gilles, 75003 Paris

03/01/24

Eric Bourret @ Galerie Esther Woerdehoff, Paris - Exposition de photographies

Eric Bouvet
Galerie Esther Woerdehoff, Paris
11 janvier - 17 février 2024

Eric Bourret
ERIC BOURRET
PANGAE, Alpes, 2020
© Eric Bourret, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Eric Bourret
ERIC BOURRET
PANGAE, Alpes, 2020
© Eric Bourret, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Eric Bourret
ERIC BOURRET
PANGAE, Alpes, 2020
© Eric Bourret, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Né en 1964 à Paris, Eric Bourret vit et travaille dans le Sud de la France et en Himalaya. Son oeuvre d’« artiste marcheur », s’inscrit dans la lignée des Land-Artists Anglais et des photographes-arpenteurs de paysages. Depuis le début des années 1990, Il parcourt le monde à pied, traversant tout horizon à toute altitude, effectuant des prises de vues photographiques qu’il nomme « expérience de la marche, expérience du visible ». Dans ces images, Eric Bourret exprime les transformations sensorielles et physiques profondes que provoque la marche. L’expérience du trajet parcouru exacerbe la perception et la réceptivité au paysage.

Au cours de ses marches, de quelques jours à plusieurs mois, selon un protocole précis qui détermine le nombre et les espacements des prises de vue, l’artiste superpose différentes vues du même paysage sur un seul négatif. Ces séquences intensifient et accélèrent l’imperceptible mouvement des strates géologiques et fige l’éphémère temporalité de l’homme.

L’accident, l’imprévu sont assumés dans ce concept de saisies photographiques aléatoires. Cet éphéméride photographique désintègre la structure de l’image initiale et crée une autre réalité mouvante, sensible. L’image née de ce « feuilleté temporel » est vibrante, oscillante, presque animée.

Elles témoignent d’une expérience subjective, ainsi qu’il le confie lui-même : « Je suis constitué des paysages que je traverse et qui me traversent. Pour moi, l’image photographique est un réceptacle de formes, d’énergie et de sens. ». Des séries plus factuelles insèrent date, lieu, durée, distance parcourue et transmettent ainsi le rythme et l’espace de ce carnet de marche.

Eric Bourret
ERIC BOURRET
Zhangjiajie, Chine, 2018
© Eric Bourret, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Depuis 1990, son travail a fait l’objet de nombreuses expositions et acquisitions dans les musées et Centres d’art, en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique, notamment the Finnish Museum of Photography à Helsinki ; the Museum of Contemporary Art of Tamaulipas au Mexique ; le musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice ; le musée Picasso à Antibes ; la Maison Européenne de la Photographie de Paris.

En 2015-22, il a participé à plusieurs expositions collectives et individuelles ; la 56e Biennale de Venise ; Joburg Contemporary African Art ; Shenzhen Art Museum, Chine ; l'Espace de l'Art Concret, Mouans-Sartoux ; Sapar Contemporary, New-York ; Xie Zilong Art Museum XPM, Chine ;  le Centre de la Vieille Charité, Marseille ; le Domaine de Chaumont-sur-Loire ; le MuMA, Musée d'art moderne André Maraux, le Havre.

GALERIE ESTHER WOERDEHOFF
36 rue Falguière, 75015 Paris

19/11/23

Chana Orloff. Sculpter l’époque @ Musée Zadkine, Paris - Exposition + Catalogue

Chana Orloff. Sculpter l’époque
Musée Zadkine, Paris
15 novembre 2023 - 31 mars 2024

Le musée Zadkine présente la première exposition parisienne monographique dédiée à Chana Orloff, depuis 1971. Rassemblant une centaine d’œuvres, elle invite à (re)découvrir une artiste remarquablement célébrée de son vivant mais injustement méconnue aujourd’hui, dont l’oeuvre est pourtant bien représentée dans les collections françaises et internationales, notamment en Israël.

Le musée Zadkine situé à deux pas de l’atelier qu’occupa l’artiste rue d’Assas au début de sa carrière, semble tout indiqué pour lui rendre cet hommage : les sculptures de Chana Orloff dialoguent ponctuellement avec celles du maître des lieux, le sculpteur Ossip Zadkine, qui connaissait l’artiste dont il était l’exact contemporain. Leurs parcours présentent d’ailleurs de nombreuses similitudes : ils sont tous les deux d’origine juive et nés dans l’Empire russe, elle dans l’actuelle Ukraine et lui dans l’actuelle Biélorussie. Parisiens de coeur, familiers du quartier de Montparnasse, Chana Orloff et Ossip Zadkine ont mené une route parallèle et indépendante.

L’exposition Chana Orloff dévoile une figure féminine forte et libre, dont le travail emblématique de l’Ecole de Paris marqua son époque. Elle met en avant les grands thèmes chers à Chana Orloff : le portrait grâce auquel l’artiste s’est fait connaître et a acquis son indépendance économique, mais aussi la représentation du corps féminin et de la maternité – thèmes classiques de la sculpture occidentale dont elle propose une vision particulièrement sensible et actuelle. L’exposition offre également un aperçu du bestiaire sculpté par Chana Orloff, nourri par la symbolique et la culture juive. Elle se termine, dans l’atelier du jardin, par une évocation de l’œuvre d’après-guerre, marquée par l’horreur de la Seconde Guerre mondiale et la réalisation de grandes commandes monumentales pour l’État d’Israël.

CHANA ORLOFF (1888-1968) : 
Une artiste emblématique au parcours hors du commun

Rien ne prédestinait Chana Orloff, née en 1888 dans l’actuelle Ukraine, à devenir l’une des sculptrices les plus renommées de l’Ecole de Paris. Elevée dans une famille juive émigrée en Palestine, la jeune femme arrive à Paris en 1910, pour obtenir un diplôme de couture. Mais, dans une capitale en pleine effervescence, Chana Orloff se découvre une vocation pour la sculpture. Au contact des artistes de Montparnasse, dont beaucoup, tels Modigliani ou Soutine, deviennent ses amis, Chana Orloff se forge un style personnel et inimitable. Ce sont surtout ses portraits, à la fois stylisés et ressemblants qui lui assurent le succès : avec eux, l’artiste entend « faire l’époque ».

La réussite de Chana Orloff dans l’entre-deux-guerres est impressionnante : elle expose en France et à l’étranger et, en 1926 elle obtient la nationalité française après avoir reçu la Légion d’honneur l’année précédente. La même-année, elle se fait construire par l’architecte Auguste Perret une maison-atelier sur mesure, près du parc Montsouris dans le 14e arrondissement de Paris, qui se visite toujours aujourd’hui. Preuve de son renom, Chana Orloff est l’une des rares sculptrices à prendre part à la grande exposition des Maîtres de l’art indépendant organisée au Petit Palais à Paris en 1937.

Cependant, la Seconde Guerre mondiale vient interrompre brutalement son succès. Persécutée en raison de ses origines juives, Chana Orloff échappe de peu à la rafl e du Vel d’hiv avec son fils et parvient à fuir en Suisse. De retour d’exil en 1945, elle découvre sa maison-atelier saccagée. Elle se remet pourtant à la sculpture et partage sa vie entre la France et Israël où elle réalise plusieurs monuments, comme l’émouvante Maternité Ein Gev, dont le modèle à grandeur est présenté dans l’exposition. Elle disparait en 1968, un an après Zadkine.

L’exposition est conçue en partenariat avec les Ateliers-musée Chana Orloff et bénéficie du soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. 

Ariane Tamir et Eric Justman, commissaires associés et petits-enfants de Chana Orloff, qui veillent aux destinées de l’oeuvre de l’artiste, ont contribué activement à la réalisation de l’exposition, avec de nombreux prêts issus de la maison-atelier de l’artiste (signée Auguste Perret), ouverte ponctuellement à la visite.

En écho à l’exposition du musée Zadkine, le MAHJ organise une exposition-dossier (19 novembre 2023 - 19 septembre 2024) consacrée à la sculpture L’Enfant Didi, volée dans l’atelier de Chana Orloff en 1942 et tout juste restituée aux ayants-droits de l’artiste. Cet automne, le Petit Palais met également à l’honneur Chana Orloff à l’occasion de l’exposition Le Paris de la modernité (1905-1925) qui met en scène la folle créativité de la capitale au début du XXe siècle. Du musée Zadkine au MAHJ, en passant par le Petit Palais et les Ateliersmusée Chana Orloff, c’est ainsi une véritable « saison » qui consacre à nouveau l’artiste dans la capitale qu’elle a tant aimée et qui fut le creuset de sa création.

Chana Orloff. Sculpter l’époque
Éditions Paris Musées, 2023
Première publication scientifique d’envergure en français sur Chana Orloff et son oeuvre depuis 1991, le catalogue de l’exposition se compose de sept essais explorant les facettes les plus importantes de son travail et de sa vie, rédigés par des spécialistes de l’artiste et de la période. Textes de Paula Birnbaum, Emmanuel Bréon, Cécilie Champy-Vinas, Pauline Créteur, Itzhak Goldberg, Anne Grobot Dreyfus, Dominique Justman, Éric Justman, Anne-Cécile Moheng, Maxime Paz, Pascale Samuel, Didier Schulmann et Ariane Tamir. 16 x 24 cm, relié, 176 pages, 130 illustrations. En partenariat avec Les Ateliers-musée Chana Orloff et le musée d’art et d’histoire du Judaïsme. L’ensemble des oeuvres de l’exposition au musée Zadkine et au MahJ sont reproduites dans cette publication.
COMMISSARIAT
Cécilie Champy-Vinas, conservatrice en chef, directrice du musée Zadkine
Pauline Créteur, chargée de recherches à la Bibliothèque nationale de France

COMMISSAIRES ASSOCIÉS
Eric Justman et Ariane Tamir, Ateliers-musée Chana Orloff

MUSÉE ZADKINE
100 bis, rue d’Assas - 75006 Paris

maj 09-02-2025