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28/02/18

Images en lutte @ Palais des Beaux-Arts, Paris - La culture visuelle de l ’extrême gauche en France (1968-1974)

Images en lutte. La culture visuelle de l’extrême gauche en France (1968-1974)
Palais des Beaux-Arts, Paris
Jusqu'au 20 mai 2018

Fosse qui ferme
Affiche sérigraphiée
70 x 50 cm
Coll. des Archives nationales

Fruit des regards croisés de deux disciplines souvent opposées, l’histoire de l’art et l’histoire, cette exposition propose une lecture documentée de ce moment particulier de l’histoire contemporaine, les années 1968-1974, où l’art et le politique, la création et les luttes sociales et politiques furent intimement mêlés.

L’exposition n’est pas une histoire visuelle du politique mais une histoire politique du visuel. Elle présente des affiches, des peintures, des sculptures, des installations, des films, des photographies, des tracts, des revues, des livres et des magazines, dont quelque 150 publications consultables dans le cadre d’une bibliothèque ouverte.

Poing levé
Affiche sérigraphiée de l’Atelier Populaire
Coll. des Beaux-Arts de Paris

Grève illimitée
Affiche sérigraphiée de l’Atelier Populaire
Coll. des Beaux-Arts de Paris

C’est donc un long cortège qui est ici dévoilé , qui commence dans les grandes manifestations contre la guerre du Vietnam, s’attarde dans l’Atelier populaire des Beaux-Arts en mai et juin 1968 pour, dans les années suivantes, parcourir les boulevards parisiens, occuper les usines, les mines, les universités, les prisons et tant d’autres lieux dans toute la France.

La mémoire collective des événements de mai 68 est largement liée aux affiches produites par l’Atelier Populaire, émanation de l’occupation de l’École des Beaux-arts de Paris à partir du 14 mai par ses étudiants et ses enseignants, bientôt rejoints par de nombreux artistes.

Mort pour la cause du peuple (Pierre Overney), 1972
Affiche, 60 x 50 cm
Coll. particulière

Merri Jolivet
Pompidou Overney, 1972
Technique mixte sur toile
115 x 148 cm
Coll. Jean-Claude Meunier

Ces affiches témoignent bien sûr de la mobilisation en France et à travers le monde de toute une génération dans cette révolte politique du tournant des années 1960-1970 ; mais ces affiches sont aussi porteuses d’une autre histoire, loin de celles des partis politiques désireux de participer au système parlementaire, mais proche de celles des organisations d’extrême gauche interdites dès juin 1968 et qui vont se multiplier pendant plusieurs années, changeant de noms au fil des opérations de police et des scissions, jusqu’à l’auto-dissolution de la Gauche prolétarienne (GP, maoïste) le 1er novembre 1973, un mois après le coup d’État du 11 septembre 1973 au Chili.

Elles démontrent que ce soulèvement d’une génération, qui est allé jusqu’à l’épuisement des utopies dans le terrorisme, la découverte des massacres commis en leur nom en Extrême-Orient (Chine de la Révolution culturelle, Cambodge des Khmers rouges) et la possibilité de l’accession au pouvoir de la gauche de gouvernement (avec l’adoption du Programme commun par les socialistes, les communistes et les radicaux, en 1972), a partie liée avec les images et avec l’art d’avant-garde de cette époque – non sans contradictions. Elles ne sont en même temps que la partie la plus connue d’un foisonnement de la création, qui répond à une volonté de renverser radicalement les systèmes en place, dont la plupart des résultats, lorsqu’ils sont montrés aujourd’hui, le sont en mettant de côté leur signification politique, au profit d’une esthétisation réductrice.

Monique Frydman
Maquette pour l’affiche d’Histoires d’A.,
film de Charles Belmont et Marielle Issartel, 1973
Crayon de couleurs et feutre sur calque (4 feuilles)
50 x 32 chaque.
Courtoisie : Monique Frydman et Marielle Issartel

Pierre Buraglio
Exercice de Camouflage, 1968
Tissu de camouflage, toile peinte
100 x 100 cm
Courtoisie : galerie Jean Fournier, Paris
Crédit photo : Alberto Ricci

L’exposition IMAGES EN LUTTE, la culture visuelle de l’extrême gauche en France (1968-1974), entend redonner à la création portée par ces utopies révolutionnaires, sans distinguer a priori ce qui relève de l’art et ce qui tient de la propagande visuelle, leur soubassement et leur complexité, en même temps qu’elle souhaite interroger les contradictions et les ambiguïtés des rapports entre art et politique, en considérant, depuis une époque où ces rapports ont perdu de leur acuité, une période où une grande partie de la création ne pouvait se penser sans eux.

L’exposition est construite comme une suite de lieux successivement investis par l’extrême gauche et permettant ainsi de lire une chronologie événementielle dans l’exposition elle-même. Elle vise à appréhender la façon dont la volonté politique de changer profondément la société dans un cadre révolutionnaire, que celui-ci trouve son moyen dans le trotskysme, le maoïsme ou l’élan libertaire, affecte les images, aussi bien lorsque celles-ci relèvent du champ explicitement artistique que lorsqu’elles appartiennent au champ plus large de la communication et de la diffusion des luttes politiques.

Louis Cane
Sol/Mur rouge n°73 A 24, 1973
Acrylique sur toile
264 x 212 et 204 x 172 cm
Coll. MJS, Paris

Eduardo Arroyo
Nature morte, Burgos, 1970,
La table du colonel Ordovas, Président du tribunal militaire, 1971
Huile sur toile
Coll. H. Parienté

L’exposition présente donc des affiches, des peintures, des sculptures, des installations, des films, des photographies, des tracts, des revues et des publications, dont quelque 150 livres, brochures et magazines en consultation libre, choisis à la fois pour leur signification historique et pour leur qualité visuelle, sans prétendre à l’exhaustivité mais en opérant un choix guidé par l’efficacité et la participation à une bonne articulation du parcours ainsi tracé. Il importe en outre de laisser à chacun de ces types d’images une inscription dans un régime propre de visibilité et de diffusion, qui ne les aplatissent ni dans le sens d’une esthétisation généralisée, ni dans celui d’une neutralisation documentaire.

Avec les oeuvres de Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo, Pierre Buraglio, Louis Cane, Coopérative des Malassis, Noël Dolla, Gérard Fromanger, Monique Frydman, Michel Journiac, Julio Le Parc, Annette Messager, Olivier Mosset, Jean-Pierre Pincemin, Bernard Rancillac, Martial Raysse, Claude Rutault, Carole Roussopoulos, Nil Yalter...

Commissaires de l'exposition : 
Philippe Artières, directeur d’études au CNRS (Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain, EHESS)
Eric de Chassey, professeur d’histoire de l’art à l’ENS de Lyon, directeur de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA).

Comité scientifique :
Jean-Michel Alberola, artiste, professeur aux Beaux-Arts de Paris ;
Françoise Banat-Berger, directrice des Archives nationales, Pierrefitte /Seine;
Emmanuelle Giry, conservatrice du patrimoine, Archives nationales, Pierrefitte /Seine;
Anne-Marie Garcia, conservatrice du patrimoine, responsable du service des collections aux Beaux-Arts de Paris ;
Pascale Le Thorel, responsable du service des éditions des Beaux-Arts de Paris ;
Nathalie Léger, directrice générale de l’Institut Mémoires de l’Édition Contemporaine (IMEC), Abbaye d’Ardenne ;
Marc Pataut, photographe, professeur aux Beaux-Arts de Paris ;
Valérie Tesnière, directrice d’études à l’EHESS, directrice de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, Paris.

Cette exposition bénéficie d’un partenariat avec les Archives nationales et avec la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC).

La réalisation de cette exposition, ainsi que les évènements associés qui se dérouleront du 12 au 20 mai aux Beaux-Arts de Paris, sont rendus possibles grâce au soutien et à l’engagement de la Maison Sonia Rykiel et de son président Jean-Marc Loubier.

BEAUX-ARTS DE PARIS
beauxartsparis.fr

19/01/14

Obras Gráficas, Galerie Maeght, Paris - Oeuvres graphiques

Obras Gráficas (Oeuvres graphiques)
Galerie Maeght, Paris 
Jusqu'au 1er mars 2014 

Joan Miró, Pablo Palazuelo, Antoni Tàpies, Eduardo Chillida, Antonio Saura, Eduardo Arroyo, Joanet Gardy-Artigas, Manolo Valdès et Equipo Crónica, José Manuel Broto, Xavier Grau, Susana Solano : la Galerie Maeght célèbre son amitié avec de grands artistes espagnols, qu’elle a accompagnés et édités, en consacrant une exposition à leur oeuvre gravé. Des oeuvres d’une grande diversité et d’une étincelante puissance graphique dont plusieurs chefs-d’oeuvre de Joan Miró notamment.

Joan Miro 
Cap i cua, 1979 
Lithographie originale, 99,5 x 72,5 cm 
75 exemplaires signés et numérotés 
© Galerie Maeght Paris

Jaillissement artistique. 1947 : Joan Miró rejoint la Galerie Maeght nouvellement créée par Aimé Maeght. Cette rencontre historique, après celle de Pierre Bonnard ou Henri Matisse, marque durablement l’avenir et les choix artistiques de la Galerie Maeght. « Plusieurs générations d’artistes espagnols ont été accompagnées par notre famille depuis sept décennies. A leurs côtés, nous avons vécu les bouleversements politiques de l’Espagne et de la Catalogne, mais aussi une intense créativité artistique » précise Isabelle Maeght, nommée en 2011, Commandeur dans l’Ordre d’Isabelle la Catholique pour sa contribution à favoriser les échanges artistiques entre la France et l’Espagne. Une distinction qui souligne ses attaches particulièrement fortes, tant artistiques que personnelles, avec de nombreux artistes espagnols.

Puissance graphique. Joan Miró, Pablo Palazuelo, Antoni Tàpies, Eduardo Chillida, Antonio Saura, Eduardo Arroyo, Joanet Gardy-Artigas, Manolo Valdès, Equipo Crónica, José Manuel Broto, Xavier Grau… : si la Galerie Maeght a exposé ces grands artistes, elle a également été leur imprimeur et leur éditeur. Tous ont développé, dans ses ateliers, un travail gravé d’une grande énergie graphique. « Les artistes ont très souvent pratiqué gravure ou lithographie comme champ d’expérimentation avec une grande liberté dans nos ateliers » commente Isabelle Maeght. 

Depuis quelques années, nous constatons un regain d’intérêt pour les éditions originales signées, rencontres entre art et technique. La Galerie Maeght a un grand rôle à jouer car elle possède un fond d’oeuvres gravées important et varié. De très nombreux amateurs d’art souhaitent voir et revoir ces grands artistes et, à travers leurs oeuvres imprimées, connaître leur approche des techniques employées.

L’imprimerie ARTE, créée par Adrien Maeght en 1964 rue Daguerre, n’a depuis lors eu de cesse que de mettre à disposition des artistes toutes les techniques ou même de les adapter à leurs besoins, des plus anciennes - lithographie, phototypie, eau-forte - aux plus modernes ou innovantes dont Adrien Maeght sut souvent percevoir avant l’heure le potentiel considérable. Miró comme Tàpies réalisèrent grâce au procédé inédit du carborundum des oeuvres aujourd’hui considérées comme des chefs-d’oeuvre de l’édition d’art du XXème siècle.

Joan Miró (1893-1983). Miró écrivit au sujet des contraintes de la gravure, qui le passionna tant : « Il fallait y résister, les déborder, et alors un immense champ de possibilités s’offrait au regard et à la main.» Miró reçut en 1954 le grand prix de l’oeuvre graphique de la Biennale de Venise. Pour cette exposition, Isabelle Maeght a souhaité présenter plusieurs séries, telle l’étonnante Série Gossos, la puissante Série Commedia dell’arte, la respectueuse Série Hommage à Gaudi ou encore, en référence à Altamira, la Série Rupestres

Pablo Palazuelo 
Galerie Maeght Barcelone, 1984 
Lithographie originale sur Velin d’Arches, 84,5 x 59,5 cm 
150 exemplaires signés et numérotés 
© Galerie Maeght Paris 

Pablo Palazuelo (1916-2007) réalise sa première exposition personnelle à la Galerie Maeght en 1955, après avoir participé à l’exposition collective Tendances en 1952 qui présentait les jeunes artistes de l’époque tels Olivier Debré et Ellsworth Kelly, pour laquelle Palazuelo réalise la couverture du catalogue et l’affiche. 

Pablo Palazuelo étudie l’architecture à Oxford puis intègre l’Ecole des Arts et Métiers de Londres. Il développe ainsi un esprit d’analyse aiguisé qui lui permet de structurer singulièrement l’espace. Ses premières réalisations se fondent sur l’étude des éléments naturels : cristaux de neige, cellules vivantes… qu’il examine au microscope. D’esprit géométrique à ses débuts, son art évolue vers l’emploi de lignes plus sinueuses, tout en gardant ce tempérament austère qui le caractérise. Viendront les thèmes des pierres et des ondes qui s’accordent à sa gamme chromatique composée essentiellement d’ocres, de terres de Sienne et de rouges.

La Galerie Maeght présente la série de gravures originales Sigilla (1977) et la lithographie originale Inaugural (1974), des oeuvres fortes et sensibles, comme l’est tout l’oeuvre de Pablo Palazuelo. 

Antoni Tàpies 
Z, 1981 
50 x 65 cm, eau-forte originale et collage sur Vélin d’Arches signés et numérotés
© Galerie Maeght Paris

Antoni Tàpies (1923-2012) fait partie de ceux qui ont apporté au XXème siècle une vision nouvelle de la gravure. Son oeuvre gravé est intense et complexe, tant sur le plan symbolique que technique. Parfois il apporte des matériaux tels du crin, des cartes à jouer, du sable… et ainsi intervient sur chaque exemplaire.

Dans les ateliers de l’imprimerie ARTE, Antoni Tàpies se livre à un travail de recherche, considérant ce médium comme un champ d’expérimentation à part entière. Au travers des objets qui circulent entre sa peinture et sa gravure, l’artiste affirme que son oeuvre gravé est aussi important que son oeuvre peint. Les oeuvres Grande croix et collage (1977) et Z (1981) sont emblématiques des matériaux que Tàpies a superposés sur une gravure originale.

Eduardo Chillida (1924-2002), « sculpteur devenu forgeron » (Gaston Bachelard), est célèbre pour ses sculptures monumentales ou ses collages graphiques et poétiques. Son oeuvre graphique est tout de contrastes et d’équilibre, entre puissance et fragilité. Après sa première exposition personnelle à la Galerie Maeght, qui a lieu en 1956, il réalise dans l'atelier ARTE-Adrien Maeght de grandes gravures et eaux-fortes originales. Pour « Obras Gráficas », Isabelle Maeght a sélectionné notamment Hildokatu II (1982), eau-forte originale sur papier Japon.

Antonio Saura 
Gris, 1975 
47.5 x 58.5 cm. Lithographie originale sur Velin d’Arches 
75 exemplaires signés et numérotés 
© Galerie Maeght Paris

Antonio Saura (1930-1998), cofondateur du groupe El Paso dans les années cinquante après s’être éloigné du surréalisme, expose à la Galerie Maeght en 1975. Intellectuel très engagé, son écriture formelle si personnelle croise avec ses réflexions politiques et sa volonté de retravailler l’histoire et la mémoire espagnoles, se confrontant aux oeuvres de ses grands prédécesseurs comme aux icônes. C’est à son oeuvre sur papier, très riche, qu’est consacrée l’exposition de la Galerie Maeght en 1975. Pour « Obras Gráficas », Isabelle Maeght a notamment choisi d’exposer Gris (1975), Don (1984), Amasijo (1984) lithographies originales éditées par Maeght.

Susana Solano 
Entre tres, 1986 
94,5 x 76 cm, eau-forte originale sur Vélin d’Arches 
50 exemplaires signés et numérotés 
© Galerie Maeght Paris

Susana Solano. Née en 1946, cette artiste catalane intègre l’école des Beaux-Arts de Barcelone où elle étudie la peinture. Dans les années 1980, elle s’initie aux techniques de ferronnerie et consacre une grande partie de son oeuvre à la sculpture. Elle rencontre alors une reconnaissance internationale.

Lauréate de plusieurs prix, le travail de Susana Solano s’articule autour de la relation entre l’espace et la matière. Elle crée notamment des formes libérées, quasi-aériennes, ou à l’inverse cloisonnées par des armatures métalliques où grillages en fer, plomb, aluminium et acier inoxydable viennent structurer le vide.

Les oeuvres gravées de Susana Solano intègrent son processus de recherche : dessins analytiques, planches préparatoires… Elles sont un moyen pour l’artiste de laisser des traces évidendes de ses expérimantations plastiques. La Galerie Maeght présente Entre tres, créée en 1986.

José Manuel Broto et Xavier Grau, tous deux nés en 1949, incarnent dans les années 1970 une jeune génération d'abstraits ; leurs oeuvres sont exposées par la Galerie Maeght dès 1976. Les oeuvres gravés de José Manuel Broto et celles de Xavier Grau méritent une attention très particulière pour la complémentarité qu’ils ont su déployer, chacun à leur manière, avec leur peinture, très gestuelle, marquée par l’abstraction américaine. Leurs gravures sont quant à elles marquées par la luminosité.

Joanet Gardy-Artigas 
Thoracique jaune, 1977 
65 x 49.5 cm. Lithographie originale sur Velin d’Arches 
75 exemplaires signés et numérotés
© Galerie Maeght Paris

Joanet Gardy Artigas est le fils Josep Llorens Artigas, célèbre céramiste et grand ami de Miró. Il grandit en plein coeur de l’émulsion artistique parisienne d’après-guerre. Très vite, il suit les traces de son père et ouvre un atelier de céramique à Paris dans lequel il travaille avec Braque, Chagall et Miró. Avec ces artistes, il prend goût à la sculpture monumentale, à l’architecture et découvre les techniques de la lithographie et de l’eau-forte qu’il expérimente pour la première fois à l’imprimerie ARTE. Ces moyens d’expression deviendront complémentaires et essentiels à l’ensemble de son travail. Son oeuvre gravé se nourrit particulièrement de sa sculpture : son goût pour les couleurs, les jeux de lumière et les tracés voluptueux éclatent dans ses gravures. Explicites ou suggérées, ses créations sont des odes au corps féminin.

Eduardo Arroyo, cofondateur du mouvement de la Figuration narrative, réalise ses premières lithographies originales pour la Galerie Maeght dès 1977, année de sa première exposition Parmi les peintres. « Obras Gráficas » est l’occasion de redécouvrir Parmi les peintres (1977) ou Pont d’Arcole (1977). 

Equipo Crónica 
Las bolas, 1978 
47 x 61 cm. Lithographie originale sur Velin d’Arches 
© Galerie Maeght Paris

Equipo Crónica. De 1964 à 1981, le collectif espagnol formé par Rafael Solbes, Manolo Valdès et Juan Antonio Toledo crée une oeuvre à la fois jubilatoire et sarcastique. Marqué par le franquisme, leur art est avant tout un art de dénonciation et, demeure, à ce titre, très politisé. Pour illustrer les thèmes de la violence, de la dictature, de la censure, de l’injustice sociale, ils ont recours à toutes les données culturelles de l’histoire de l’art, de Velázquez à Picasso, de Mondrian à Lichtenstein. L’exposition présente la lithographie originale Las bolas illustrant la série des Billards, exposée pour la première fois à la Galerie Maeght en 1978. 

Manolo Valdes 
Affiche “Galerie Maeght Barcelone”: “Reina Mariana” avant, 1982 
79 x 54 cm, Sérigraphie originale sur Guarro 
© Galerie Maeght Paris

Manolo Valdès. La Galerie Maeght présente, dès 1982, la première exposition de Valdès en solo. Son oeuvre rencontre un grand succès international, confirmé par l’enthousiasme du public lors de l’exposition que lui a consacrée la Fondation Maeght en 2006. Peintre autant que sculpteur, Manolo Valdès s’est passionné pour la gravure. Il s’intéresse de près à la texture de la surface, il prend plaisir à expérimenter les différents types de papiers qu’il rehausse souvent avec des collages. Ses assemblages lui permettent de réinterpréter l’histoire de l’art, reprenant des éléments emblématiques des grands maîtres. A l’occasion de « Obras Gráficas », Isabelle Maeght propose de redécouvrir les lithographies d’Equipo Crónica comme les sérigraphies originales des premières années de Valdès « en solo ». Citons notamment Lluvia en el puerto (1982) ou Reina Mariana (1982), qui peut être interprétée tant comme un hommage à Velasquez et ses Ménines qu’à Kandinsky.

Galerie Maeght
42 rue du Bac, 75007 Paris
www.maeght.com