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22/10/23

Exposition Mark Rothko @ Fondation Louis Vuitton, Paris

MARK ROTHKO
Fondation Louis Vuitton, Paris
18 octobre 2023 - 2 avril 2024

Mark Rothko - Fondation Louis Vuitton
Mark Rothko
Exposition à la Fondation Louis Vuitton, Paris

Première rétrospective en France consacrée à MARK ROTHKO (1903-1970) depuis celle du musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 1999, l’exposition présentée à la Fondation Louis Vuitton réunit quelque 115 œuvres provenant des plus grandes collections institutionnelles et privées internationales, notamment de la National Gallery of Art de Washington, de la famille de l’artiste et de la Tate de Londres. Se déployant dans la totalité des espaces de la Fondation, selon un parcours chronologique, elle retrace l’ensemble de la carrière de l’artiste depuis ses premières peintures figuratives jusqu’à l’abstraction qui définit aujourd’hui son œuvre.
“Je ne m’intéresse qu’à l’expression des émotions humaines fondamentales...”
- Mark Rothko
L’exposition s’ouvre sur des scènes intimistes et des paysages urbains – telles les scènes du métro new-yorkais –, qui dominent dans les années 1930, avant de céder la place à un répertoire inspiré des mythes antiques et du surréalisme à travers lesquels s’exprime, pendant la guerre, la dimension tragique de la condition humaine.  

À partir de 1946, Mark Rothko opère un tournant décisif vers l’abstraction dont la première phase est celle des Multiformes, où des masses chromatiques en suspension tendent à s’équilibrer. Progressivement, leur nombre diminue et l’organisation spatiale de sa peinture évolue rapidement vers ses œuvres dites « classiques » des années 1950 où se superposent des formes rectangulaires suivant un rythme binaire ou ternaire, caractérisées par des tons jaunes, rouges, ocre, orange, mais aussi bleus, blancs...  

En 1958, Mark Rothko reçoit la commande d’un ensemble de peintures murales destinées au restaurant Four Seasons conçu par Philip Johnson pour le Seagram Building – dont Ludwig Mies van der Rohe dirige la construction à New York. Rothko renonce finalement à livrer la commande et conserve l’intégralité de la série. Onze ans plus tard, en 1969, l’artiste fera don à la Tate Gallery de neuf de ces peintures qui se distinguent des précédentes par leurs teintes d’un rouge profond, constituant une salle exclusivement dédiée à son travail au sein des collections. Cet ensemble est présenté exceptionnellement dans l’exposition.  

En 1960, la Phillips Collection consacre au peintre une salle permanente, la première « Rothko Room », étroitement conçue avec lui, qui est également présentée ici. L’année suivante, le MoMA organisera la première rétrospective de son œuvre qui voyagera dans plusieurs villes européennes (Londres, Bâle, Amsterdam, Bruxelles, Rome, Paris). Au cours des années 1960, il répond à de nouvelles commandes, dont la principale est la chapelle voulue par John et Dominique de Menil à Houston, inaugurée en 1971 sous le nom de Rothko Chapel.

Si depuis la fin des années 1950, Mark Rothko privilégie des tonalités plus sombres, des contrastes sourds, l’artiste n’a pourtant jamais complètement abandonné sa palette de couleurs vives, comme en témoignent plusieurs toiles de 1967 et le tout dernier tableau rouge demeuré inachevé dans son atelier. Même la série des Black and Grey de 1969-1970 ne peut mener à une interprétation simpliste de l’œuvre associant le gris et le noir à la dépression et au suicide.

Ces œuvres sont réunies dans la plus haute salle du bâtiment de Frank Gehry aux côtés des grandes figures d’Alberto Giacometti, créant un environnement proche de ce que Mark Rothko avait imaginé pour répondre à une commande de l’UNESCO restée sans lendemain. 

La permanence du questionnement de Mark Rothko, sa volonté d’un dialogue sans mots avec le spectateur, son refus d’être vu comme un « coloriste », autorisent à travers cette exposition une lecture renouvelée de son œuvre – dans sa vraie pluralité.

Commissariat :
Suzanne Pagé et Christopher Rothko
avec
François Michaud
et
Ludovic Delalande, Claudia Buizza, Magdalena Gemra, Cordélia de Brosses

Catalogue

Mark Rothko - Fondation Louis Vuitton - Catalogue
Mark Rothko
Fondation Louis Vuitton
316 pages (dont 2 dépliants de 6 pages) - 220 ill. couleur
31,5 × 29 cm - Reliure cartonnée avec bandeau argenté
ISBN : 978 2 85088 929 5 - Hachette : 7 725 127
Parution : 18 octobre 2023 - Prix : 45 €
Un catalogue sous la direction de Suzanne Pagé et Christopher Rothko avec une préface de Suzanne Pagé, deux essais introductifs de Christopher Rothko et de Riccardo Venturi, et les contributions sur différentes périodes chronologiques de Harry Cooper, Ludovic Delalande, François Michaud, Nancy Spector et Jeffrey Weiss ainsi que celle d’Annie Cohen-Solal. Claudia Buizza, Cordélia de Brosses et Magdalena Gemra ont documenté des points précis.
Mark Rothko, une rétrospective
Le Journal de la Fondation Louis Vuitton n° 16, Octobre 2023
64 pages - 32 x 23 cm - Prix : 7 euros
Editeur : Fondation Louis Vuitton
Bilingue français et anglais

Mark Rothko - Christopher Rothko
Mark Rothko
L’intériorité à l’oeuvre
Christopher Rothko
Co-édition Fondation Louis Vuitton et Hazan
312 pages - 81 illustrations
Cet ouvrage réunit près d’une vingtaine d’essais écrits ces dernières décennies par Christopher Rothko, psychologue et fils de l’artiste. S’appuyant sur sa connaissance intime de l’oeuvre et sa compréhension instinctive de l’homme qu’était son père, l’auteur articule, dans des textes sensibles, percutants et pleins d’humour, les différentes périodes et l’évolution des moyens - couleurs, formats, mises en contexte... - par lesquelles Mark Rothko a cheminé dans sa quête incessante d’un partage avec le spectateur.
Ce livre permet également de comprendre la cohérence artistique et intellectuelle de l’oeuvre, depuis les peintures figuratives précédant le passage à l’abstraction jusqu’aux toiles dites « classiques » des années 1950 et 1960, devenues iconiques.
Ce faisant, Christopher Rothko libère l’oeuvre des interprétations erronées et des préconceptions qui nuisent à la compréhension du peintre, dont l’ambition première était de transmettre son expérience intime de la condition humaine.
Mark Rothko - Photographie
Mark Rothko 
devant Slow Swirl at the Edge of the Sea, 1944
© 1998 Kate Rothko Prizel & Christopher Rothko

Documentaire
Mark Rothko, la peinture vous regarde
Diffusion : Dimanche 12 novembre 2023 à 17h45
Sur arte.tv du 5/11/2023 au 9/02/2024
Documentaire de Pascale Bouhénic
Coproduction : ARTE France, Cinétévé, Fondation Louis Vuitton
(France, 2023, 52min)
Légende incontournable du XXe siècle, Mark Rothko s’est fixé comme tâche de créer, avec la peinture la plus abstraite qui soit, une représentation du drame humain. Déclarant qu’il n’était pas abstrait mais « matériel », qu’il n’était pas un coloriste mais un peintre d’idées, que la sensualité était essentielle à son art, Mark Rothko n’a voulu être limité par aucune définition. Ce film documentaire propose d’entrer dans l’énergie d’un peintre moderne, et d’en comprendre le regard exigeant, abstrait et sensuel.
FONDATION LOUIS VUITTON
8 avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75116 Paris

27/04/23

Mark Rothko and William Scott @ Anita Rogers Gallery, New York - Continuing the Dialogue

Mark Rothko and William Scott 
Continuing the Dialogue
Anita Rogers Gallery, New York
April 26 - June 3, 2023

Anita Rogers Gallery presents Mark Rothko and William Scott: Continuing the Dialogue, an exhibition of paintings and works on paper by two twentieth-century masters, offering new insight into their relationship and mutual admiration, influence, and respect. Large-scale works on canvas are complemented by preparatory drawings, as well as correspondence between the two artists. Mark Rothko (1903-1970), one of the most prominent of the American abstract painters, and William Scott CBE, RA (1913-1989), a leader in the Modernist movement in the UK, met in 1953 and consequently grew close through letters and visits. By including the artists’ works and words together, the gallery hopes to share the story of this friendship.

Mark Rothko and William Scott first met through gallerist Martha Jackson in New York in 1953 and kept in contact through letters, sharing personal moments from their lives, as well as details on their artistic endeavors and topics then weighing on their minds. Both painters had roots in figurative painting and had moved into abstraction by the time they met, although Scott would return to and reference figuration throughout his long career. In the summer of 1959, the Rothko family stayed with the Scotts at their cottage in Somerset and here they discussed concerns over the issues of placing art in public places, as well as their mutual experiences as immigrants - Mark Rothko, as a boy, had moved to the US from Latvia; William Scott, after winning a scholarship to the Royal Academy Schools, had moved to England from Ireland.

It was also at the time of this meeting that both artists had embarked on commissions for murals: Scott’s was for the Altnagelvin Hospital in Ireland, the first National Health Service hospital ever to be built, and Rothko’s was a series of paintings for the Four Seasons Restaurant in New York.  The luxury restaurant, set within Mies van der Rohe’s celebrated Seagram Building, was designed by Philip Johnson and catered to celebrities and the very wealthy.

The commissions presented new challenges, both physically, and artistically. Both were very different kinds of projects, for different purposes and different audiences, and this posed a great contradiction for Rothko who allegedly said, “I hope to paint something that will ruin the appetite of every son of a bitch who ever eats in that room.” The gallery will display preliminary paintings and drawings for both murals, offering a glimpse into their working processes.

For William Scott, whose finished mural would measure 108” x 540”, tackling a piece on this scale was a monumental task. However, he was emboldened by his exposure to Mark Rothko, as well as to the other American abstract expressionist painters whose work he had first discovered in 1953. While these influences are certainly evident post-1953, they also convinced Scott that his origins were in Europe, in Matisse and Bonnard.  He then very much made the commission his own through references to ancient Irish art, architecture, and symbolism.

Meanwhile, Mark Rothko, accustomed to working on a larger scale, was faced with creating a site-specific project for the first time. Mark Rothko struggled with the placement of the series in the luxury restaurant from the beginning and shortly after his return from Europe and following his conversation with William Scott, Rothko finally withdrew from the contract, sharing the news with Scott in a letter dated 14 December 1959, on view in the exhibition. While Rothko revealed no hesitations whatsoever about the decision, he lamented to Scott that “there really is no real place for them” [the murals].  The paintings were offered to the Tate Gallery but initially turned down; afterwards, the paintings spent a handful of years in the artist’s studio. Scott was instrumental in making the work of Rothko known to other artists in the UK, specifically Patrick Heron, and in 1970, the Tate accepted the paintings into the collection, including the conditions for display set out by Rothko.  Now the Seagram murals have a celebrated home in the Tate Modern in London, where they are on view to this day.

In conjunction with the exhibition, the gallery publishes a full-color catalog featuring an essay by David Anfam, art historian and author of the catalogue raisonné Mark Rothko: The Works on Canvas, as well as writer and curator of Abstract Expressionism (Royal Academy of Arts, London, 2016-17) - the largest survey of its kind ever held in Europe.

In 2019, the gallery hosted a major solo exhibition of 1950's – 1980's paintings and drawings by William Scott. This is the gallery’s first exhibition including works by Mark Rothko.

ANITA ROGERS GALLERY
494 Greenwich Street, New York, NY 10013

07/06/05

Mark Rothko : Travaux sur papier, 1930-1969 à la Galerie Beyeler, Bâle

Mark Rothko
Travaux sur papier, 1930-1969
Galerie Beyeler, Bâle
7 juin - 20 août 2005

Pour son exposition d’été, la Galerie Beyeler a réuni plus de 60 travaux sur papier de MARK ROTHKO. S’ouvrant sur les premières années de sa création, cette sélection part d’œuvres réalistes pour conduire, à travers le surréalisme, au langage pictural de la maturité. Le changement entre un contenu graphique explicite et une teneur picturale y apparaît avec une netteté particulière. En effet, même au temps des tableaux « classiques » postérieurs à 1950, Mark Rothko insiste toujours sur la présence d’un contenu, qu’il traduit de façon concise par l’expression de « human drama » ou d’« elemental truth ». Les travaux sur papier reproduisent ainsi l’évolution qui mène du dessin à de véritables peintures sur papier. En tant que support de l’art de Mark Rothko, le papier occupe dans son œuvre une place d’une intensité et d’une significations variables. On rencontre ainsi, ce qui n’a rien pour surprendre, des périodes où le dessin s’impose dans son œuvre précoce, pendant le surréalisme, vers la fin des années 1950 et après sa grave maladie, dans les dernières années de sa vie, entre 1968 et 1970.

Un groupe choisi d’études préparatoires que l’on peut dater de 1941 offrent un aperçu des thèmes de la mythologie classique prisés par l’artiste ; leur concision artistique leur confère une validité élémentaire. Les dessins consacrés aux souffrances de Dionysos éclairent d’un jour particulièrement instructif les futurs cycles picturaux des « Murals » revendiquant tout l’espace, comme ceux du Seagram Restaurant, de l’Université de Harvard ou de la Rothko Chapel. S’inspirant de la Naissance de la tragédie de Nietzsche et de ses considérations philosophiques, ces esquisses à la plume et à l’encre de Chine assimilent Dionysos, déchiqueté par les Titans, et le Christ crucifié. Ces thèmes réapparaissent, intériorisés, dans son œuvre ultérieure et se manifestent indirectement à travers la confrontation visuelle et l’intensification du rapport entre tableau et spectateur. 

Au cours de la période surréaliste, le contenu mythologie se dissout dans un langage formel biomorphique, tandis que des aspects de paysage, des empilements rudimentaires de plage, de mer, d’horizon et de ciel, déterminent de façon croissante l’organisation picturale des univers artistiques de Rothko. C’est à cette époque qu’il accède, dans ses travaux sur papier, à une maîtrise technique novatrice. Il explore alors les possibilités de la gouache et de l’aquarelle au profit d’une diversité chromatique qui repose sur des tonalités retenues de gris, de brun, d’ocre, de bleu et de blanc. Des superpositions en glacis et une intervention physique —frottements et griffures — apportent une contribution essentielle à la richesse picturale.

Avec l’œuvre classique, on assiste à un recul temporaire des travaux sur papier. L’année 1952/1953 voit cependant la naissance de quelques pièces isolées.  Mais il faudra attendre les vacances d’été de 1957, qu’il passe en compagnie de ses amis Milton Avery et Adolph Gottlieb, pour qu’il se tourne à nouveau vers la peinture sur papier. Sans doute est-ce le souvenir nostalgique des journées des années 1930 où les trois hommes travaillaient fréquemment ensemble qui se ranime ici et débouche, au cours des étés qui se succèdent jusqu’en 1961, à un recours tout à fait productif à cette technique. L’assombrissement de la palette chromatique de Rothko, typique de sa peinture, s’observe également sur ses papiers vers la fin des années 1950.

Les grandes commandes de « Murals » rendent au dessin sa fonction préparatoire. L’exposition présente deux groupes de ces travaux, une série de grands formats, qui tiennent du tableau, destinés aux Seagram Murals et des études des formes types pour le Holyoke Center de Harvard sur papier à dessin rouge bordeaux. La grave maladie dont Mark Rothko est atteint et qui exige son hospitalisation marque une césure en 1968. Pour ménager ses forces, et sur les conseils de ses médecins, Mark Rothko est contraint de réduire considérablement son activité pendant un certain temps. La peinture sur papier reprend alors une nouvelle dimension et ne tarde pas à faire exploser le cadre habituel, même sur le plan du format. Ces travaux sont marqués par une diversité étonnante et par un surprenant goût de l’innovation. Leur coloris sombre conduit à un ancrage dans la surface, il intensifie la présence picturale et souligne l’importance des proportions des différents plans colorés. Dans le cadre d’un inventaire, Mark Rothko parcourt rapidement toute son œuvre en 1968/1969. La richesse picturale des fonds de ses travaux surréalistes lui inspire manifestement de nouvelles séries de tableaux, parallèlement réalisés sur papier et sur toile, qui résument une fois encore les aspirations de Mark Rothko à travers une réduction radicale de moyens.

C’est en 1961 qu’Ernst Beyeler achète son premier Rothko, Untitled (Lavender and Mulberry) sur papier, pour la Galerie. Une initiative courageuse pour Bâle, car à l’époque, l’art américain d’après-guerre ne faisait pas encore partie des transactions quotidiennes de la Bäumleinstrasse. Cet achat allait rester isolé, et il faut attendre 1969 pour que la Galerie Beyeler se lance dans le commerce de Rothko en particulier et de l’art américain en général. Rapidement, des peintures superbes trouvent place dans les musées et les collections d’Europe. Et la Galerie ne cessera plus de proposer à ses clients des œuvres marquantes — plus de soixante-dix jusqu’à ce jour, environ pour moitié des toiles et pour l’autre des travaux sur papier. L’hiver 1990/1991 voit se réaliser le rêve d’une petite rétrospective. 
"Le fait que l’on puisse aujourd’hui, plus de quarante ans après ce premier achat, présenter une exposition exclusivement consacrée aux travaux sur papier est dû à un singulier coup de chance et à la générosité de Kate Rothko Prizel, de Christopher Rothko ainsi que de nombreux particuliers qui ont accepté de prêter des œuvres. Après l’inoubliable exposition Rothko de la Fondation Beyeler en 2001 [Mark Rothko "Union approfondie entre peinture et spectateur", 18 février au 29 avril 2001, puis prolongée jusqu'au 24 juin 2001] et la présence désormais durable et unique des Mark Rothko Rooms à Riehen, nous aspirions à pouvoir présenter au public tout l’éventail des réalisations de cet artiste sur ce support. Bien des pièces seront montrées ici pour la première fois. "
Kurt Blum s’est rendu en Amérique au printemps 1962 avec Arnold Rüdlinger et l’a accompagné dans ses légendaires visites d’ateliers et lors de ses rencontres avec d’éminents représentants des milieux artistiques new yorkais. Par leur caractère direct et spontané, les photographies restituent avec authenticité l’atmosphère fascinante de renouveau, et témoignent de bien des amitiés durables entre artistes. Mark Rothko accueillit ses visiteurs dans la demeure familiale, au 118 East 95th Street. Il s’agit du seul document photographique connu de l’atelier privé qu’il possédait au troisième étage de l’immeuble. Ce local n’était pas seulement destiné à entreposer les tableaux auxquels il attachait un grand prix. À cette époque précise, il y travaillait également, comme le révèle le matériel de peinture qui s’y trouve. 

En 1935, Herbert Matter part pour les États-Unis. Après avoir parcouru le pays, il s’installe en 1936 à New York où il exerce les métiers de photographe et de graveur. Ayant fait la connaissance d’artistes comme Alexander Calder, Jackson Pollock ou Franz Kline, il prend précocement leur œuvre pour sujet de travaux documentaires. Il travaille aussi bien pour la Pierre Matisse Gallery que pour le Museum of Modern Art, parallèlement à Vogue, Harper’s Bazaar ou Knoll International. En préalable à la grande rétrospective que le Museum of Modern Art consacre à Mark Rothko (janvier-mars 1961), il rend visite à l’artiste dans son atelier du 222 Bowery, à New York. Le MoMA lui passe commande de portraits destinés au catalogue et  il réalise également les seules photos connues à ce jour du lieu de naissance des Seagram Murals, les premiers grands panneaux muraux de Rothko. Les détails sont, en l’occurrence, particulièrement intéressants : les palans qui servaient à hisser les tableaux en l’air comme une frise murale entourant la pièce, l’échafaudage du peintre, les boîtes de Maxwell House Paint et bien d’autres choses encore.  

Oliver Wick a assuré au cours des dernières années le suivi de ce projet d’exposition, dont il exerce les fonctions de commissaire pour la Galerie Beyeler.

GALERIE BEYELER
Bäumleingasse 9, 4001 Bâle
www.beyeler.com

Updated Post

15/04/98

Mark Rothko, National Gallery of Art, Washington

Mark Rothko
National Gallery of Art, Washington
May 3 - August 16, 1998

The first comprehensive American retrospective in twenty years of paintings and works on paper by Mark Rothko (1903-1970), long recognized as one of America's foremost artists, will be on view at the National Gallery of Art, East Building. This exhibition will take full advantage of the National Gallery's unique Rothko holdings, a gift of The Mark Rothko Foundation, which constitute the largest public repository of the artist's works. One hundred fifteen paintings and works on paper will be included, dating from the 1930s to 1970, with an emphasis on his surrealist and classic periods. Arranged chronologically, the exhibition will reveal the extent of Rothko's prolific and wide-ranging output throughout a career that spanned five decades.

The exhibition is organized by the National Gallery of Art. After Washington, it will travel to the Whitney Museum of American Art, New York (September 10-November 29, 1998) and the Musée d'art moderne de la Ville de Paris (winter 1998/1999).

"As the most important repository and study center of this great artist's work, the National Gallery has a special interest in bringing this retrospective to the public. A decade ago, the National Gallery received the core collection of The Mark Rothko Foundation, a gift that included 295 paintings and works on paper, and more than 650 sketches," said Earl A. Powell III, director, National Gallery of Art. "We are grateful to the artist's daughter and son, Kate Rothko Prizel and Christopher Rothko, who are lending numerous works for this important exhibition, and to New York's Museum of Modern Art and The Metropolitan Museum of Art and others for their generous loans," he added. The exhibition will draw on loans from other public and private collections in the United States, Europe, and Japan.

Mark Rothko's achievement has had a decisive impact on the course of twentieth-century art and has given rise to a wealth of critical interpretation. A central figure in the development of postwar abstract painting in the United States, Rothko is best known for the unique use of color in his paintings from around 1950 onward. These are considered among the most original landmarks of the New York School.

Mark Rothko, who committed suicide at age sixty-six, was born in Dvinsk, Russia, and immigrated to the United States at age ten. After two years of liberal arts study at Yale University, he moved to New York, where he took classes briefly at the Art Students League and began to paint. In many respects he considered himself a self-taught artist, although his early style was influenced by other painters such as Milton Avery, whom he knew well.

The exhibition includes figurative works ranging from the expressionist manner of Mark Rothko's early period in New York City, to his experimentation with mythological themes during the early to middle 1940s, and his completely abstract "multiforms" of the late 1940s.

Also highlighted are Mark Rothko's classic paintings of the 1950s, which are distinguished by an emphasis on pure pictorial elements such as color, surface, and structure. His canvases from that period, characterized by expanding dimensions and an increasingly simplified use of form, brilliant luminosity, and broad, thin washes of color, are represented in the exhibition by No. 10, 1950 (The Museum of Modern Art, New York, Gift of Philip Johnson); Untitled [Blue, Green and Brown], 1952 (Collection of Mrs. Paul Mellon, Upperville, Virginia); and No. 1 (Royal Red and Blue) [Untitled],

While the large scale of Mark Rothko's classic paintings suggests that they are monumental, the artist believed that the large dimensions made the pictures intimate: they allow the viewer to relate to the canvas as if it were another living presence. In this way, Rothko also felt that the works could express emotions associated with major themes such as tragedy, ecstasy, and the sublime, but without the use of symbolic imagery. The impact of these commanding works is often described in spiritual as well as emotional terms.

In the late 1950s Mark Rothko began to explore the effects of a darker palette, which lent a dramatic new presence to paintings such as No. 10, 1958 (Private Collection); No. 207 (Red over Dark Blue on Dark Gray), 1961 (University of California, Berkeley Art Museum); and No. 3 (Bright Blue, Brown, Dark Blue on Wine), 1962 (Robert and Jane Meyerhoff, Phoenix, Maryland).

In 1964, Mark Rothko was commissioned by John and Dominique de Menil to paint murals for a nondenominational chapel in Houston, Texas. The exhibition includes works related to this project in which darkness has become the dominant pictorial and thematic element as can be seen in Untitled [White, Blacks, Grays on Maroon], 1963 (Kunsthaus Zürich).

There are also paintings and works on paper in the exhibition from the last three years of Mark Rothko's life, when he produced large paintings using a newly distilled compositional format and a reduced palette of black, gray, brown, muted ochres and blues. These include Untitled, 1969 (John and Mary Pappajohn, Des Moines, Iowa).

The curator for the National Gallery exhibition is Jeffrey Weiss, associate curator, twentieth-century art, National Gallery of Art. The consultants for the exhibition are Mark Rosenthal, curator of twentieth-century art, Solomon R. Guggenheim Museum, New York, and David Anfam, author of the forthcoming Rothko catalogue raisonné.

Catalogue
Accompanying the exhibition will be a fully illustrated catalogue, with color images of every work in the show. It will include contributions by John Gage, Carol Mancusi-Ungaro, Barbara Novak, Brian O'Doherty, Mark Rosenthal, Jessica Stewart, and Jeffrey Weiss. There will also be interviews with contemporary painters Ellsworth Kelly, Brice Marden, Gerhart Richter, Robert Ryman, and sculptor George Segal about Rothko's artistic legacy. The catalogue will be published by the National Gallery of Art and distributed in hard cover by Yale University Press.

The catalogue raisonné of Rothko's works on canvas is in preparation by the National Gallery of Art.

National Gallery of Art, Washington DC
www.nga.gov