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07/10/25

Wolfgang Laib @ Kunsthaus Zürich - Exposition "Toucher l'essentiel" - Oeuvres de Wolfgang Laib et de la collection du musée

Wolfgang Laib. Toucher l’essentiel 
Kunsthaus Zürich 
3 octobre 2025 - . . .

Wolfgang Laib - Installation au MoMa
Wolfgang Laib en train de tamiser du pollen de
noisetier, 2013
Installation au Museum of Modern Art, New York
© Wolfgang Laib

Wolfgang Laib Installation
Wolfgang Laib
 
La montagne inaccessible, 2017
Pollen du noisetier, 600 x 700 cm
Installation au MASI, Lugano
© Wolfgang Laib

Wolfgang Laib - Installation Pollen de noisetier
Wolfgang Laib 
Pollen du noisetier, 1992
Pollen du noisetier, 400 x 500 cm
Installation au MOCA - The Museum of Contemporary Art, 
Los Angeles
© Wolfgang Laib

Wolfgang Laib - Maison de Riz
Wolfgang Laib 
Reishaus (Maison de riz), 1993/1994
Marbre blanc, riz, 32 × 40 × 125 cm
Collection Cristina et Thomas Bechtler
© Wolfgang Laib

Le Kunsthaus Zürich présente actuellement, dans le cadre de la série «ReCollect!», une exposition organisée en collaboration avec l’artiste allemand Wolfgang Laib (*1950 Metzingen). Elle associe les créations de Wolfgang Laib et une sélection d’oeuvres issues de la collection du Kunsthaus Zürich. Wolfgang Laib, qui compte parmi les artistes majeurs de notre époque, a exposé dans nombre de musées, lieux d’exposition et bâtiments historiques prestigieux d’Europe, des États-Unis et d’Asie.

Depuis la fin des années 1970, Wolfgang Laib développe un langage artistique bien à lui. A partir de matériaux naturels tels que le pollen, la cire, le lait ou la pierre, il crée des oeuvres avec lesquelles il «révèle, par des gestes sculpturaux infimes, des espaces intérieurs infiniment vastes» soulignait Harald Szeemann.

Sur le plan du contenu, son art s’est développé sur fond de diverses traditions littéraires, philosophiques et spirituelles, surtout d’Europe et d’Asie. Sur le plan formel, Wolfgang Laib recourt à une esthétique claire et dépouillée, étroitement liée au développement de l’art moderne, principalement en Europe et aux Etats-Unis.

Ces dernières années, Wolfgang Laib a souvent exposé ses oeuvres dans d’importants édifices religieux d’Italie, où elles ont rencontré de l’architecture et des oeuvres d’art allant du 6e siècle à la Renaissance. Dans le cadre de «ReCollect!», ce type de rencontres «transhistoriques» se produit maintenant dans un contexte muséal: les oeuvres de Wolfgang Laib côtoient des chefs-d’oeuvre de la collection, du Moyen Âge au 20e siècle. Ces confrontations permettent de poser un regard neuf sur les deux volets de l’exposition: l’art de Laib et la collection du Kunsthaus.

Wolfgang Laib - Installation
Wolfgang Laib
Pierre de lait, 1987–1989
Marbre blanc, lait, 2 × 122 × 130 cm
Atelier de l’artiste, sud de l’Allemagne
© Wolfgang Laib

Wolfgang Laib Installation
Wolfgang Laib 
Zikkurat, 2000
Cire d’abeille, structure en bois, 460 × 150 × 130 cm
Installation au Toyota Municipal Museum of Art,
Toyota City, Japon 
© Wolfgang Laib

Wolfgang Laib
Wolfgang Laib 
Brahmanda, sans date
Granite noir indien, huile de tournesol, suie
Atelier de l’artiste, sud de l’Inde
© Wolfgang Laib

Wolfgang Laib Installation
Wolfgang Laib 
Tombe près de Badami, sud de l’Inde, 2001
Gélatine argentique sur papier baryté, 40,6 × 30,4 cm
Collection privée 
© Wolfgang Laib

AVEC WOLFGANG LAIB DANS LA COLLECTION DU KUNSTHAUS ZÜRICH

L’exposition se tient au premier étage du bâtiment Müller, un espace qui sera systématiquement utilisé dans les années à venir pour créer des dialogues entre la collection et l’art contemporain. Wolfgang Laib connaît la collection du Kunsthaus depuis son enfance – ce lieu l’a marqué tout autant que le Musée Rietberg, qu’il a également souvent visité. Conformément au concept de «ReCollect!», Wolfgang Laib est à la fois artiste et commissaire. Il a préparé l’exposition en dialogue avec Philippe Büttner, conservateur senior de la collection, qui dès 2005 avait organisé une grande rétrospective consacrée à Wolfgang Laib à la Fondation Beyeler.

Wolfgang Laib - Installation Kunsthaus Zurich
Wolfgang Laib 
Blütenstaub von Haselnuss, 2020–2023 
Installation view Kunsthaus Zürich, 2025
© Wolfgang Laib, 
Photo: Franca Candrian, Kunsthaus Zürich

Wolfgang Laib - Installation Kunsthaus Zurich
Wolfgang Laib  
Schiffe, 2012
with Claude Monet, Le Bassin aux nymphéas, le soir, 1914/1922
Installation view Kunsthaus Zürich, 2025
Works Wolfgang Laib: © Wolfgang Laib, 
Photo: Franca Candrian, Kunsthaus Zürich

Wolfgang Laib - Installation Kunsthaus Zurich
Wolfgang Laib
  
Für einen anderen Körper, 1988/2025
Beeswax, wood construction
Installation view Kunsthaus Zürich, 2025
© Wolfgang Laib, 
Photo: Franca Candrian, Kunsthaus Zürich

OEUVRES DE L’EXPOSITION

L’exposition présente une cinquantaine d’oeuvres centrales de Wolfgang Laib. Y figurent des oeuvres de presque tous les ensembles majeurs de son travail, notamment une grande oeuvre de pollen, un «Brahmanda» (grande sculpture ovoïde en pierre), une pierre de lait, une ziggourat (tour pyramidale à étages), une chambre de cire dans laquelle on peut entrer, des maisons de riz, un escalier en laque ainsi que d’autres sculptures, dessins et photographies.

Elles sont complétées par quelque 30 oeuvres de la collection du Kunsthaus Zürich datant du 14e au 20e siècle. Laib a procédé lui-même à leur sélection, et fait dialoguer ses travaux avec des oeuvres importantes de l’histoire de l’art. Parmi les oeuvres sélectionnées figurent des peintures de Fra Angelico (entourage), Matteo di Giovanni, Philippe de Champaigne, Heinrich Freudweiler, Ludwig Hess, Claude Monet, Ferdinand Hodler ainsi que des travaux d’Alberto Giacometti, Constantin Brancusi, Giorgio de Chirico, Max Ernst, Wassily Kandinsky, Verena Loewensberg, Piet Mondrian, Barnett Newman, Mark Rothko, Robert Ryman, Sophie Taeuber-Arp et Lee Ufan.

Wolfgang Laib - Installation Kunsthaus Zurich
Touching the Essential. Wolfgang Laib and 
the Collection of the Kunsthaus Zürich
Installation view Kunsthaus Zürich, 2025
Photo: Franca Candrian, Kunsthaus Zürich

Wassily Kandinsky
Wassily Kandinsky 
Schwarzer Fleck, 1921 
Huile sur toile, 138 x 120 cm
Kunsthaus Zürich, 1947

Claude Monet - Meule au soleil
Claude Monet 
Meule au soleil, 1891
Huile sur toile, 60 x 100 cm
Kunsthaus Zürich, Acquisition du legs Otto Meister 
grâce à une contribution du Crédit Suisse, 1969

Jina Rishabha
Artiste inconnu, Jina Rishabha
Inde, Rajasthan, Chandravati, XIe/XIIe siècle
Marbre, dimensions totales: 161 × 57 × 25 cm
Musée Rietberg, collection Eduard von der Heydt
Photo: Rainer Wolfsberger, Musée Rietberg

Par ailleurs, l’exposition présente certaines oeuvres d’art asiatique qui ont également influencé le travail de Laib. Elles proviennent surtout d’Inde. On notera en particulier un important prêt du Musée Rietberg: une statue en marbre issue de la tradition jaïne indienne, dont la philosophie de non-violence a profondément marqué Wolfgang Laib. Elle représente Jina Rishabha, le premier des 24 grands maîtres du jaïnisme, et provient à l’origine d’un contexte architectural religieux et rituel.

WOLFGANG LAIB : UNE RELATION DE LONGUE DATE AVEC LE KUNSTHAUS ZÜRICH

La relation personnelle qu’entretient Laib avec le Kunsthaus Zürich est un élément central de l’exposition – tout comme celle qui le lie au Musée Rietberg. Ces deux institutions ont joué un grand rôle dans son évolution. Le Kunsthaus lui offre donc un cadre idéal pour nouer un dialogue vivant entre ses oeuvres et celles d’autres époques.

C’est aussi au Kunsthaus Zürich qu’a exercé, à partir de 1981, Harald Szeemann (1933-2005), conservateur de renom et compagnon de route de Wolfgang Laib. Harald Szeemann a apporté un soutien décisif à Wolfgang Laib et à son oeuvre. Dans un rapport annuel de la Zürcher Kunstgesellschaft, il écrivait à propos de l’artiste: « Wolfgang Laib n’est pas un Européen aux influences indo-tibétaines qui utilise le contexte de l’art; c’est plutôt un artiste résolument contemporain qui, par de minuscules gestes sculpturaux, révèle des espaces intérieurs immensément vastes. […] Ses oeuvres sont d’une beauté absolue et sans détour qui permet de respirer autrement. »

A l’intérieur du musée, les oeuvres de Wolfgang Laib dégagent une force spirituelle tranquille. Dans leur dépouillement radical, elles nouent un dialogue passionnant avec la collection – non pour la concurrencer, mais pour la compléter de leur présence intemporelle.

Un catalogue en allemand, reproduisant l’intégralité des oeuvres, paraît à l’occasion de l’exposition. Avec des contributions de Wolfgang Laib, Philippe Büttner, Johannes Beltz (directeur adjoint du Musée Rietberg), Mami Kataoka (directrice du Mori Art Museum de Tokyo) et la réimpression d’un texte de Harald Szeemann sur une oeuvre de Wolfgang Laib acquise en 1991 par le Kunsthaus Zurich.

KUNSTHAUS ZURICH
Heimplatz 1/5, 8001 Zurich

05/10/25

Faire impression @ Kunsthaus Zürich - Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth

Faire impression. Chefs-d’oeuvre sur papier d’Albrecht Dürer à Dieter Roth 
Kunsthaus Zürich 
31 octobre 2025 – 25 janvier 2026 

Dieter Roth
Dieter Roth, 
Feuillet 4 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Polymère au pochoir sur sérigraphie sur impression 
offset en couleur sur carton, monté sur carton-bois, 
49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth 

Dieter Roth
Dieter Roth 
Feuillet 5 tiré de: «6 Piccadillies», 1970
Sérigraphie sur impression offset en couleur sur
carton, montée sur carton-bois, 49,9 × 69,7 cm
Kunsthaus Zürich, 2003
© Dieter Roth Estate / Courtesy Hauser & Wirth

Helen Dahm
Helen Dahm 
Nu féminin en mouvement,
sans date
Eau-forte sur papier, 27,4 × 23,2 cm
Kunsthaus Zürich, don de Doris
Gäumann-Wild, 1953
© Helen Dahm Gesellschaft Oetwil am See

Le Kunsthaus Zürich présente des estampes magistrales créées au fil de six siècles.

La collection d’arts graphiques du Kunsthaus Zürich est un véritable trésor. Beaucoup de feuillets sensibles à la lumière ne peuvent être exposés que pendant une courte durée avant de regagner les dépôts, où ils sont conservés à l’abri. Dix ans après l’exposition anniversaire organisée à l’occasion des 100 ans d’existence de la collection d’arts graphiques, le Kunsthaus présente ses estampes les plus précieuses, domaine qui avait été laissé de côté à l’époque.

Aujourd’hui encore, la gravure est entourée de malentendus: une telle oeuvre peut-elle être considérée comme originale? Pourquoi n’y a-t-il pas un seul exemplaire mais plusieurs? Le Kunsthaus montre que l’estampe est un moyen d’expression artistique à part entière, pas seulement un procédé de reproduction d’images. Le travail de l’encre et le jeu de clair-obscur qui en résulte donnent naissance à des oeuvres dont l’effet est unique.

Albrecht Dürer
Albrecht Dürer 
Adam et Ève, 1504
Gravure sur cuivre sur papier,
25,1 × 19 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Hendrik Goltzius
Hendrik Goltzius 
Le grand porte étendard, 1587
Gravure sur cuivre sur papier, 29 × 20,1 cm
Kunsthaus Zürich

Hans Sebald Beham
Hans Sebald Beham 
Cimon et Péro, 1544
Gravure sur cuivre sur papier, 7,3 × 5,1 cm
Kunsthaus Zürich, 
Collection Landammann Dietrich Schindler, 2000

Rembrandt Harmenszoon van Rijn
Rembrandt Harmenszoon van Rijn 
Jésus prêchant, dit «La petite tombe», vers 1652
Eau-forte et pointe sèche sur papier Japon,
15,2 x 20,5 cm
Kunsthaus Zürich, legs de Leonie Tobler, 2003

D’Albrecht Dürer à Francisco de Goya en passant par Rembrandt van Rijn – ne serait-ce que dans le domaine de l’art ancien, la collection du Kunsthaus Zürich réunit les représentants les plus importants de l’estampe. L’exposition présente de magistrales eaux-fortes et gravures sur bois qui mettent en avant le travail du motif et la maîtrise technique. La présentation ne suit pas une chronologie stricte, mais s’organise par types de techniques. Elle permet ainsi de comprendre comment un même procédé a donné naissance à des formes d’expression très différentes au fil des siècles. Elle montre également comment de nouvelles possibilités techniques ont inspiré de nouveaux thèmes aux artistes et leur ont suggéré de nouvelles solutions plastiques.

Henri Matisse
Henri Matisse 
Illustration pour «Poésie de mots inconnus», 1943
Linogravure sur papier, 30,4 × 23,4 cm
Kunsthaus Zürich, 1980

Bernhard Luginbühl
Bernhard Luginbühl 
Cyclope I, 1968
Gravure sur cuivre sur papier, 67,7 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1984
© Bernhard Luginbühl

Chuck Close
Chuck Close 
Autoportrait, 1977
Eau-forte sur papier, 137 × 103,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1978
© Chuck Close Estate

Julie Mehretu
Julie Mehretu
Untitled, 2006
Eau-forte et pointe sèche en couleur sur papier, 
58,9 × 71,6 cm
Kunsthaus Zürich, 2006
© 2025 Julie Mehretu

Avec la modernité, l’estampe s’épanouit dans toute sa diversité, que ce soit dans les oeuvres de Käthe Kollwitz, de Mary Cassatt ou de Dieter Roth. On expérimente désormais avec les techniques les plus diverses et différents états d’impression. Le format semble lui aussi ne plus connaître de limites. En témoigne par exemple l’autoportrait monumental de Chuck Close, aux dimensions imposantes de 137 × 103 cm. Dans cette exposition, le Kunsthaus s’abstient toutefois délibérément de toute hiérarchisation des oeuvres par la taille, car souvent, l’attrait d’une estampe tient à ses plus infimes détails. 

Edvard Munch
Edvard Munch 
Tête contre tête, 1905
Gravure sur bois en 4 couleurs sur papier,
56,5 × 74,5 cm
Kunsthaus Zürich, 1950

Otto Müller
Otto Müller 
Jeune fille allongée contre un tronc d’arbre, vers 1914
Lithographie aquarellée sur papier, 35,6 x 46 cm
Kunsthaus Zürich, don de Hugo Moses, 1933

Emil Nolde
Emil Nolde 
Tête masculine et tête féminine, 1937
Gravure sur bois sur papier, 41,5 × 30,3 cm
Kunsthaus Zürich, 1938
© Nolde Stiftung Seebüll

Plus de 80 oeuvres sur papier sont exposées au cabinet du Kunsthaus Zürich sous la houlette de Jonas Beyer. Un catalogue richement illustré complète l’exposition et fait écho à l’ouvrage «Meisterzeichnungen. 100 Jahre Grafische Sammlung im Kunsthaus Zürich» (Dessins de maîtres. Les 100 ans de la collection d’arts graphiques au Kunsthaus Zürich), désormais élargi au champ de l’estampe.

KUNSTHAUS ZURICH
Heimplatz 1/5, 8001 Zurich

17/09/25

Mary Heilmann @ Hauser & Wirth Zurich - Works on Paper

Mary Heilmann. Works on Paper 
Hauser & Wirth Zurich
26 September – 20 December 2025

Mary Heilmann
Mary Heilmann
Tea Garden, 1984
Watercolor on paper, 76.2 x 55.9 cm / 30 x 22 in
Photo: Thomas Müller
© Mary Heilmann
Courtesy the artist, Hauser & Wirth and 303 Gallery, New York

Mary Heilmann
Mary Heilmann
Untitled Watercolor Study, ca. 1986-1988
Watercolor and pencil on paper, 12.7 x 17.5 cm / 5 x 6 7/8 in
Photo: Thomas Müller
© Mary Heilmann
Courtesy the artist, Hauser & Wirth and 303 Gallery, New York

Mary Heilmann returns to Hauser & Wirth’s Zurich gallery on Limmatstrasse with an exhibition of more than 30 drawings made between 1975 and 2005. Expanding on the artist’s exhibition of works on paper, ‘Daydream Nation’, at Hauser & Wirth New York last year, this presentation continues the recent in-depth exploration into Heilmann’s long-standing drawing practice and coincides with the release of a new publication from Hauser & Wirth Publishers, ‘Mary Heilmann. Works on Paper: 1973 – 2019’. 

Raised in San Francisco and Los Angeles, Mary Heilmann (b. 1940) completed a degree in literature, before receiving her M.A. in ceramics and sculpture at the University of California, Berkeley. Only after moving to New York in 1968 did she begin to paint and in the early 1970s establish a drawing practice that continues to this day.  

Ranging from watercolor studies to paintings on paper in their own right, ‘Mary Heilmann. Works on Paper’ brings together a selection of rarely and never-before-seen drawings that fluctuate in scale and materiality. The exhibition is a celebration of Heilmann’s talent for translating complex images and ideas into deceptively simple geometric forms and abstract gestural marks.  

Mary Heilmann
Mary Heilmann
Untitled Watercolor Study, ca. 1983-86
Watercolor and graphite on paper, 17.8 x 12.7 cm / 7 x 5 in
Photo: Genevieve Hanson
© Mary Heilmann
Courtesy the artist, Hauser & Wirth and 303 Gallery, New York

Mary Heilmann
Mary Heilmann
Untitled Watercolor Study, ca. 1987-1989
Watercolor and pencil on paper, 27.9 x 21.6 cm / 11 x 8 1/2 in
Photo: Genevieve Hanson
© Mary Heilmann
Courtesy the artist, Hauser & Wirth and 303 Gallery, New York

Many of Heilmann’s most well-known and admired series – Fans, Chairs, Serapes, Grids – are represented in the installation as are drawings that have related works in important European museum collections. 'Untitled Watercolor Study' (ca. 1983 – 1986) is one of two drawings in the exhibition that are part of a series of works by Heilmann in tribute to the Dutch painter Piet Mondrian that includes ‘M.’ (1985), a painting in the collection of the Museum Kunstpalast. ‘Islands’, (1988), one of the larger watercolors on view, was made after ‘Laurens’ (1986), an oil on canvas in the collection of the De Pont Museum. 

The works on view not only demonstrate Heilmann’s work serially but also her tendency to revisit and reimagine certain arrangements of form and color. Made 15 years apart, ‘Broken Study’ (2005) is a recompilation of an early red, black and white composition, ‘Untitled Watercolor Study’ (ca. 1989) and Heilmann’s web imagery seen in ‘Blue Net’ (1991).  

As an artist known for working across mediums and for installations that playfully combine disparate works, the exhibition also includes a selection of ceramic ‘Spots’ and sculptural chairs.  

Mary Heilmann
Mary Heilmann: Works on Paper, 1973–2019
Text by Alexis Lowry, Jo Applin, Ilana Savdie
Hauser & Wirth Publishers
English Paperback, 26 x 20 cm; 152pp
16 September (UK, ROW & US)

An in-depth study of Mary Heilmann’s mesmerizing works on paper that explores drawing as a form of daydreaming and memory-making for the influential abstract painter. 

Mary Heilmann’s works on paper are suffused with the same sensibility as her influential abstract paintings, a casual playfulness animating a rigorous attention to form and colour, resulting in joyful, evocative geometries. Their suggestive power reflects Heilmann’s process of what she calls ‘daydreaming’: a conjuring of the sights, sounds, and events of past and future travels, the cyclical nature of memory informing her return to various motifs across nearly five decades of work. Edited and with an introduction by curator Alexis Lowry, ‘Mary Heilmann: Works on Paper, 1973 – 2019’ includes an essay by art historian Jo Applin and a personal reflection by painter Ilana Savdie, all together offering a compelling account of this previously underexamined aspect of Heilmann’s practice. 

Artist Mary Heilman

Considered one of the preeminent contemporary Abstract painters, Mary Heilmann is best known for incorporating a fusion of personal and cultural influences and craft traditions into an artistic practice including paintings, ceramics, and furniture. 

Mary Heilmann is the subject of two major institutional exhibitions, ‘Mary Heilmann. Starry Night’ at Dia Beacon in Beacon NY and ‘Mary Heilmann. Water Way’ at Guild Hall in East Hampton, NY both close in October 2025. On view at the Whitney Museum of American Art until January 2026 is ‘Mary Heilmann: Long Line,’ a site-specific installation that celebrates the 10th anniversary of the opening of the Whitney Museum’s downtown building.  

Her work is included in many prominent international collections, such as those of the Museum of Modern Art, New York; Whitney Museum of American Art, New York; and Museum Ludwig, Cologne, Germany.

HAUSER & WIRTH ZURICH
Limmatstrasse 270, 8005 Zürich

13/09/25

Joana Vasconcelos Exhibition in Switzerland @ Museo Comunale d’Arte Moderna, Ascona - "Flowers of my desire" Retrospective Exhibition

Joana Vasconcelos
Flowers of my desire
Museo Comunale d’Arte Moderna, Ascona, Switzerland
Through 23 November, 2025

Joana Vasconcelos
Joana Vasconcelos
Portugal Offashion, 2008
Photo © Courtesy Atelier Joana Vasconcelos

Joana Vasconcelos
Joana Vasconcelos
Hand-Made, 2008
Photo © Courtesy Atelier Joana Vasconcelos

The Museo Comunale d’Arte Moderna in Ascona presents JOANA VASCONCELOS’ first solo exhibition at a Swiss public institution. Born in Lisbon in 1971, Joana Vasconcelos is celebrated internationally, having participated in three editions of the Venice Biennale and exhibited in prominent venues worldwide. Notably, she is the first woman artist to present solo exhibitions at the Palace of Versailles and the Guggenheim Museum Bilbao.

This extensive retrospective, tailored specifically for the museum’s unique spaces and curated by Mara Folini and Alberto Fiz, includes more than 30 significant works spanning installations, wall pieces, paintings, drawings, videos, and publications, tracing her artistic evolution over the last three decades.

Renowned for monumental sculptures and immersive installations, Vasconcelos transforms ordinary objects, reshaping notions of art, craft, and design. She bridges private life and public spaces, blending popular culture with high art. With humor and subtlety, she explores femininity, consumer culture, and collective memory.
“Ascona’s Municipal Museum is the perfect venue for Joana Vasconcelos’s first public exhibition in Switzerland,” states museum director Mara Folini. “Her work deeply resonates with themes of femininity, aligning with our dedication to Marianne Werefkin, an influential early 20th-century European artist who anticipated Expressionism. Symbolically, Ascona now connects these two remarkable women artists, each defining her era.”

Curator Alberto Fiz adds, “The exhibition in Ascona merges spectacular visual elements with intimate and thought-provoking insights, enabling audiences to grasp the complexity of Vasconcelos’s approach. Her vibrant interaction with everyday objects presents an innovative stylistic language, navigating from the Baroque toward a dynamic new understanding of postmodernism, continually challenging conventional boundaries.”
Occupying both floors of the museum, the exhibition provides an immersive, comprehensive journey through Vasconcelos’s oeuvre. Visitors are invited to leave preconceptions behind and begin their experience with Wash and Go (1998), an installation reminiscent of a colorful car wash, symbolizing renewal. Immediately afterwards, visitors are faced with La Baronesa (2023), a monumental ten-meter-high textile sculpture arranged vertically that appears like a fluid deity and seems to envelop the entire building. The work is displayed differently depending on where it is exhibited. In this case, the Portuguese artist wanted to dedicate it to the “Baroness”, the name given to Marianne Werefkin, the Russian artist who founded Ascona’s museum, by her friends in reference to her noble lineage.

The exhibition shows the different sides of a multifaceted investigation spanning two decades of activity, where the artist creates a narrative that reflects the human soul in a progressive relationship between reason and emotion, between the Apollonian and the Dionysian. The rooms that can be visited in Ascona are secret rooms, linked by a thin red thread that allows visitors to follow a single storyline full of surprises.

On the first floor, visitors are greeted by the towering Red Independent Heart (2013), three meters high. Suspended on its axis, the artwork rotates in a circular motion evoking the cycles of life and eternal return, accompanied by the sound of three significant Fado songs, the Portuguese musical genre characterized by a poignant melancholy. The installation refers to the Heart of Viana, the traditional Portuguese sacred filigree jewel. However, in this case, upon closer inspection, the intricate pattern reveals red plastic forks, which become an alienating visual pattern, transforming everyday items into poetic visuals.

The intimate sphere with subtle erotic undertones is embodied in Flowers of My Desire, created in 1996 and restored in 2010 that gives the exhibition its title. The flowers of desire are lilac-colored feather dusters arranged within an organic form. The welcoming and pleasant appearance is contradicted by the external structure of the installation, which appears much more threatening with a series of metal spikes protruding from the mesh framework of an improbable bed.

Addressing consumerism and waste, Joana Vasconcelos presents Vista Interior (2000), a rectangular display case with white Venetian blinds containing an infinite number of dated objects, almost like a kiosk of memories, a contemporary Wunderkammer, in a progressive fetishistic and compulsive accumulation.

Also on display in Ascona are Cama Valium (1998), a large anti-anxiety bed made of Valium blister packs, and Brise (2001), a sofa where plastic flowers smell of mothballs, juxtaposing real and artificial elements. The olfactory element also characterizes Menu do Dia (2001), a particularly provocative work that denounces social issues. Perfumed furs with a pungent smell, alluding to the day’s meat-based menu, are arranged on the doors of old refrigerators, some dating back to the 1950s. The incongruous juxtaposition is striking: the cold of the refrigerators contrasts with the warmth of the furs that conceal the slaughter of animals.

Another theme often explored by Joana Vasconcelos is fashion, evident in Fashion Victims (2018), an installation in which two naked dolls with childlike faces and adolescent bodies are gradually covered with threads from spools activated by a motor. Little by little, the dolls’ faces disappear, their mouths are gagged and their legs tied to keep only their breasts and pubic areas visible. The video Portugal Offashion (2008) is also dedicated to fashion, in which the artist creates an ironic and original fashion show.

The artist’s works have the specific characteristic of interacting with space, blurring the boundaries between painting, sculpture, and architecture. This process also involved wall works, as can be seen in the series of rare compositions created between 1998 and 2003 in fiberglass and steel, which already developed three-dimensionality, expressing dissatisfaction with traditional abstraction. This led to the Crochet Painting series, which mixes textile art with sculpture and painting. Here, crochet work leaves the domestic sphere and becomes a powerful visual language loaded with meaning.

From this cycle, the exhibition features Miragem (2024), an impressive composition where shapes made of colored wool substitute traditional painting materials. Another highly ironic and provocative work is Big Booby (2018), which takes the form of a monumental wall sculpture. Made of crochet and padded fabric, it unmistakably depicts a large female breast, playing on voyeurism and innuendo.

An entire section of the exhibition is dedicated to Stupid Furniture (2021-2022), a project that involves repurposing outdated furniture or items destined to end up in attics. Joana Vasconcelos reactivates their energy by putting them back into circulation through a metamorphic process made possible by the insertion of colorful textile forms that envelop wooden or glass structures to create organic and multidimensional environments. The useless furniture emerges from its isolation to joyfully fill the space: these works have evocative, familiar, or sentimental titles such as La Sirenetta, Caldi Abbracci, Happy Hour, Acconciatura, and Lollobrigida, in homage to the Italian actress.

Many of Joana Vasconcelos’ works allow us to reinterpret objects in a totally innovative way. Duchampian ready-mades take on baroque forms, as in A Barroca (2014), which hides steel shower heads behind its opulent decorations. In another instance, a common sink is encased in an elegant, soft, and seductive plastic form that resembles something out of an 18th-century residence.

The exhibition is completed by a series of drawings, projects, and notes kept by Joana Vasconcelos in her Cahiers de Ma Vie, which can be read as personal diaries offering insight into her creative process.

The exhibition in Ascona takes place on the occasion of the centenary celebrations of the Locarno Peace Conference (1925), which contributed to a brief period of détente and cooperation between European nations after the First World War and the Treaty of Versailles. Joana Vasconcelos’ exhibition, based on the unifying roots of peoples and the exchange of knowledge towards a culture that promotes peace, is therefore fully part of the programme of events planned in the Locarno region to commemorate this important historical event.

Joana Vasconcelos
Joana Vasconcelos
Flowers of my desire
Allemandi, 2025
Edited by: Mara Folini, Alberto Fiz
Paperback, 176 pp., 120 ill.
ISBN: 9788842227038
Image of book cover courtesy Allemandi

A catalog published by Allemandi features curatorial essays and an exclusive interview with Joana Vasconcelos.

MUSEI COMUNALI D'ARTE, ASCONA
Via Borgo 34, 6612 Ascona, Switzerland

JOANA VASCONCELOS. Flowers of My Desire 
Ascona (Switzerland), Museo Comunale d’Arte Moderna
June 15 – October 12, 2025 - Extended through 23 November, 2025

11/09/25

Warhol/Cutrone @ Galerie Gmurzynska, Zurich - Exhibition curated by James Hedges

Warhol/Cutrone
Galerie Gmurzynska, Zurich 
Through September 30, 2025

Warhol/Cutrone, an exhibition at Galerie Gmurzynska in Zurich, curated by James Hedges, juxtaposes Andy Warhol and Ronnie Cutrone, including paintings, drawings, and unique polaroids.
“Ronnie Cutrone was a painter and illustrator known for his Post-Pop imagery featuring cartoon characters like Woody the Woodpecker, Bart Simpson, and Bugs Bunny. Cutrone’s life and career make us remember New York at its creative apex. Reminiscing of another era, Cutrone said, “New York was elegant and sleazy. Now it’s a shopping mall for dot-commers. We need our crime rate back. I want my muggers and hookers back.” - James Hedges 
Andy Warhol and his right-hand man Ronnie Cutrone were the perceived masters of Manhattan in the 1970s and 1980s.

Working in synergistic fashion with Andy Warhol, Ronnie Cutrone helped execute some of the artist’s most iconic silkscreens. The duo’s collaborations countenance: Hand Tinted Flowers (ca. 1972), Invisible Sculpture (1972-83), Drag Queens/Ladies and Gentlemen (1974-75), Oxidation (Piss Paintings) (mid-late 1970s), Sex Parts/Torso (mid-1970s), Hammer & Sickle (1976-1977), Skulls (1976-77), Gems (1978), Shadow Paintings (1979), and Butcher Knives, Guns, Dollar Signs (1982).

With Andy Warhol one special focus of this exhibition is on his unique polaroids. Many of Warhol’s polaroid photographs have never been exhibited before and feature stars such as Grace Jones, Joseph Beuys, Keith Haring, Lou Reed and Candy Darling. Cutrone’s three-dimensional photographs of the Factory, shown publicly as well for the first time ever, give a historic and unprecedented peek into Warhol’s circle.

While with Ronnie Cutrone the focus of this exhibition is on his cartoon-infused painting, sculpture and drawings which shocked the New York scene in the 1980s. These works garnered him major solo shows in the inaugural Post-Pop wave, whilst igniting debates over the sanctity of the American symbols such as the flag and Mickey Mouse. After 1983, when Ronnie Cutrone left Warhol’s Factory, he perused his independent art career which reached great heights, including highly lauded museum exhibitions at the Whitney, the Museum of Modern Art, and the L.A. County Museum of Art, amongst many others.
“One thing I picked up from Andy: say loud and clear because if the WHOLE world gets it, the art world will get it too.” - Ronnie Cutrone 
Artist Ronnie Cutrone

Ronnie Cutrone (10 July, 1948 - 21 July, 2013) worked as Andy Warhol’s preeminent assistant from 1972 to 1982, though his collaborations with Warhol well preceded this. Ronnie Cutrone met Andy Warhol when he was only sixteen years old. Ronnie Cutrone, in 1966, joined the ranks of The Velvet Underground, formed by Lou Reed, John Cale, and Warhol, as a performer/dancer. Three years later, Ronnie Cutrone began writing as a columnist for Warhol’s Interview magazine, lauded for dovetailing reviews on avant-garde art exhibitions and features on celebrities, nightlife fixtures, and even politicians like Nancy Regan.

In 1972, Cutrone’s took up the mantle as Warhol’s apprentice, a post he maintained for the next decade. This was the zenith of Warhol’s international fame, and the Pop Art bastion took Ronnie Cutrone under his wing, entrusting Cutrone to, unlike Warhol’s other assistants, “work on the one thing he cared about the most, which was his art”. Although Ronnie Cutrone was, by this point, already burgeoning as a nascent artist of his own right—having assisted with programming John Giorno’s “Dial-A-Poem” at MoMA in the 1970 “Information” exhibition curated by Kynaston McShine.

Ronnie Cutrone’s responsibilities varied, ranging from conceptualizing Warhol’s subjects, mixing palettes, photographing live models and executing the silkscreen. Indeed, as the two artists ‘artistic relationship matured, the lines of influence became bi-directional. As philosopher, critic, and Warhol expert Arthur Danto observed in his biography, Andy Warhol (2009), “Cutrone played an important role in the later phase of Andy’s artistic career”.

During Cutrone’s time at Warhol’s Factory, he rubbed shoulders with Lou Reed, Jim Morrison, Jimi Hendrix, Mick Jagger, Grace Jones, Lucio Amelio, Jean-Michel Basquiat, Fred Hughes, VictorHugo, Paul Morrisey, Gerard Malanga, Anjelica Huston, Debbie Harry, Salvador Dali and Alice Cooper, amongst others. After long days and nights of helping Warhol at the Factory, Ronnie Cutrone would frequent artist hubs like Max’s Kansas City, drinking “all night with bob Rauschenberg, Larry Rivers, Malcolm Morlye and Robert Smithson” or unwinding at the Mudd Club.

GALERIE GMURZYNSKA
Paradeplatz 2, Zurich

Warhol/Cutrone @ Galerie Gmurzynska, Zurich, June 14 – September 30, 2025

21/08/25

Exposition Ernst Ludwig Kirchner "Kirchner x Kirchner" @ Kunstmuseum Bern - Musée des Beaux-Arts de Berne

Kirchner x Kirchner
Kunstmuseum Bern, Berne
12 septembre 2025 - 11 janvier 2026

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Farbentanz I (Entwurf für Essen) 
[Color Dance I (Project Essen)], 1932
Oil on canvas, 100 x 90 cm
Museum Folkwang, Essen, acquired in 1968 with the 
support of the Folkwang-Museumsverein and 
the Alfred und Cläre Pott-Stiftung
© Museum Folkwang Essen / ARTOTHEK

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Esser [Eaters], 1930
Oil on canvas, 150 x 121 cm
Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Bern
© Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Bern

Avec Kirchner x Kirchner le Kunstmuseum Bern, Musée des Beaux-Arts de Berne, consacre une exposition exceptionnelle à l’expressionniste allemand Ernst Ludwig Kirchner (1880–1938). Elle s’articule autour de la grande rétrospective de 1933, organisée par l’artiste lui-même à la Kunsthalle Bern. Une démarche rare à l’époque, qui offre aujourd’hui de nouvelles perspectives.

L’exposition montre comment Kirchner a procédé à une sélection, un accrochage et un remaniement ciblés de ses oeuvres, tentant non seulement de (re)configurer sa carrière artistique, mais aussi de concevoir une expérience spécifique de l’espace. Quelque 65 oeuvres issues de toutes les phases de sa création, dont des prêts importants provenant de collections nationales et internationales prestigieuses, nous indiquent comment Kirchner se mettait lui-même en scène, incarnant à la fois le rôle de l’artiste et celui du concepteur de l’exposition.


Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Sonntag der Bergbauern 
[Mountain Peasants on Sunday], 1923-24/26
Oil on canvas, 170 x 400 cm
Federal Republic of Germany
© Bundesrepublik Deutschland

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Alpsonntag. Szene am Brunnen 
[Sunday in the Alps. Scene at the Well], 1923-24/around 1929
Oil on canvas, with original painted frame,168 x 400 cm
Kunstmuseum Bern
© Kunstmuseum Bern

Pour la première fois, les deux oeuvres monumentales Alpsonntag. Szene am Brunnen (Dimanche sur l’alpe. Scène près de la fontaine, 1923-1924 / vers 1929, Kunstmuseum Bern) et Sonntag der Bergbauern (Dimanche des paysans de montagne, 1923-1924 / 1926, salle du cabinet de la Chancellerie fédérale, Berlin) sont à nouveau réunies et constitueront le point d’orgue de l’exposition. Les deux toiles inauguraient la rétrospective Kirchner à la Kunsthalle Bern en 1933, où elles étaient présentées côte à côte. Avec ces images puissantes, Kirchner exprimait sa façon de voir l’interaction entre monumentalité et aménagement de l’espace. Il voulait également prouver qu’il était capable de créer des oeuvres ayant un rayonnement public, des oeuvres qui dépassaient le cadre de l’espace d’exposition pour avoir un impact sur la société. Cela lui tenait particulièrement à coeur, car il avait longtemps envisagé de peindre la salle des fêtes du musée Folkwang à Essen mais, en 1933, ce projet avait définitivement échoué.

Bien que conçues comme des pendants, ces deux peintures monumentales n’ont plus jamais été exposées ensemble depuis 1933. Alpsonntag. Szene am Brunnen a été directement acheté par le Kunstmuseum Bern après l’exposition. Un acte symbolique s’il en est : il s’agissait du premier et unique achat d’un tableau par un musée suisse du vivant de l’artiste. Sonntag der Bergbauern a d’abord été prêté, puis finalement acquis en 1985 par la Collection d’art de la République fédérale d’Allemagne. Le fait que la Chancellerie fédérale allemande ait accepté de prêter ce tableau, accroché bien en vue, de manière permanente, dans la salle du Conseil des ministres, constitue à la fois une exception et un fait marquant.

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Alpaufzug [Ascending the Alps], 1918/1919
Oil on canvas, 139 x 199 cm
Kunstmuseum St. Gallen, acquired 1955
© Kunstmuseum St. Gallen, photograph: Stefan Rohner

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Berglandschaft von Clavadel 
[Mountain Landscape from Clavadel], 1925-26/27
Oil on canvas, 135 × 200,3 cm
Museum of Fine Arts, Boston, 
Tompkins Collection – Arthur Gordon Tompkins Fund
Photograph © 2025 Museum of Fine Arts, Boston

Parmi les autres points forts de l’exposition figurent des chefs-d’oeuvre tels que Rue, Dresde (1908/1919, Museum of Modern Art de New York), Rue avec cocotte rouge (1914/1925, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza de Madrid), Paysage de montagne de Clavadel (1927, Museum of Fine Arts de Boston), Danse des couleurs I [Projet pour Essen] (1932, Museum Folkwang Essen) ou Les mangeurs (1930, Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Berne).

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Strasse mit roter Kokotte 
[Street with Red Cocotte], 1914/25 
Oil on canvas, 125 x 90,5 cm
Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid
© Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid

Ernst Ludwig Kirchner
Ernst Ludwig Kirchner
Sich kämmender Akt 
[Nude Woman Combing Her Hair], 1913
Oil on canvas, 125 x 90 cm
Brücke-Museum, Berlin 
© Brücke-Museum, Ernst Ludwig Kirchner, 
CC-BY-SA 4.0

Ernst Ludwig Kirchner : le commissariat d’exposition comme acte artistique

L’exposition Kirchner x Kirchner montre à quel point Ernst Ludwig Kirchner avait conscience de son rôle de commissaire d’exposition : en 1933, en étroite collaboration avec Max Huggler (1903-1994), alors directeur de la Kunsthalle Bern et plus tard directeur du Kunstmuseum Bern, il organise la rétrospective la plus complète de sa carrière. Il ne se contente pas de sélectionner les oeuvres et de concevoir leur disposition, mais réalise également l’affiche et le catalogue de l’exposition ; il rédige même un texte d’accompagnement sous le pseudonyme de Louis de Marsalle. Kirchner structure ainsi sciemment son oeuvre, retravaille certaines toiles et utilise l’espace d’exposition qui fait partie intégrante de son message artistique. Une lettre adressée à Max Huggler le 21 décembre 1932 montre à quel Ernst Ludwig Kirchner considérait l’exposition comme un acte artistique :
« Accrocher une exposition en ajustant les couleurs et les formes, c’est comme créer un tableau. »
L’exposition du Kunstmuseum Bern met pour la première fois l’accent sur cette perspective curatoriale. Elle ne cherche pas à reproduire fidèlement la rétrospective historique de 1933 mais à mettre en lumière sa structure, ses intentions et son impact dans une perspective contemporaine. Pourquoi un artiste écrit-il sa propre histoire et pourquoi Kirchner choisit-il précisément cette forme de représentation en 1933 ? Ce sont les questions centrales qui se posent à nous. Quelles étaient ses intentions ? Et comment cette mise en scène ciblée influence-t-elle, aujourd’hui encore, la perception de son oeuvre ?
« La rétrospective de 1933 était bien plus qu’une exposition, c’était un manifeste artistique. Elle reflétait en les concentrant les efforts de Kirchner pour trouver son propre langage visuel ainsi que son besoin de se repositionner sur le plan artistique. » -- Nadine Franci, conservatrice du département des dessins et arts graphiques au Kunstmuseum Bern et commissaire de l’exposition.
En opposant l’interprétation établie de l’histoire de l’art à la vision que Kirchner avait lui-même de son oeuvre, l’exposition Kirchner x Kirchner propose une nouvelle approche de sa conception artistique et met en même temps en évidence sa volonté créatrice en tant que commissaire.

Contexte historique de la rétrospective de 1933

L’exposition à la Kunsthalle Bern eut lieu de mars à avril 1933, à un moment décisif pour Kirchner tant sur le plan politique que personnel. En Allemagne, après la prise du pouvoir par les nationaux-socialistes, ses oeuvres font de plus en plus souvent l’objet de diffamation et sont retirées des musées. En Suisse, où il vit depuis 1917, il a l’occasion de donner une vue d’ensemble de son art.

Avec plus de 290 oeuvres, la rétrospective de 1933 fut l’exposition la plus complète jamais organisée du vivant de l’artiste. De nombreuses oeuvres provenaient de sa collection personnelle, mais Kirchner insista pour y inclure également des prêts provenant de collections publiques et privées. Il souhaitait ainsi donner l’image d’un artiste établi.
« Je pourrais facilement organiser toute l’exposition à partir de mes propres collections, mais ce serait mieux si certaines oeuvres provenant de collections publiques ou privées n’étaient pas à vendre [...]. » -- Ernst Ludwig Kirchner dans une lettre à Max Huggler, le 20 novembre 1932

 

Photographie de Ernst Ludwig Kirchner
Aura Hertwig-Brendel

Portrait d’Ernst Ludwig Kirchner, 1913/14

Photographie
Succession Ernst Ludwig Kirchner
© Nachlass Ernst Ludwig Kirchner,
courtesy Galerie Henze & Ketterer, Wichtrach/Bern
 
Kirchner x Kirchner : de l’époque de Die Brücke (1905-1913) aux oeuvres tardives de Davos (1917-1937)

Comme en 1933, Kirchner x Kirchner retrace le parcours de l’artiste, depuis ses débuts expressionnistes au sein du groupe Die Brücke jusqu’aux oeuvres tardives de Davos. Contrairement à l’exposition historique, les différentes phases de sa création sont aujourd’hui représentées de manière plus équilibrée. L’exposition montre également des travaux qui ne figuraient pas à Berne en 1933, soit parce que Kirchner les avait délibérément exclus, soit parce qu’ils n’étaient pas disponibles. Cela permet de comprendre les décisions prises par Kirchner à l’époque et les raisons qui les ont motivées.

La présentation s’organise selon différents thèmes, répartis sur cinq salles. Des oeuvres centrales ont donc été regroupées et mettent aussi en lumière la pensée curatoriale de Kirchner. La première salle est consacrée aux années passées à Dresde et à Berlin, avec des nus, des scènes de rue et l’univers du music-hall. Aujourd’hui encore, ces oeuvres sont considérées comme le sommet de son art. Elles n’étaient que peu représentées dans l’exposition de 1933 : Kirchner y montrait principalement des oeuvres qui lui avaient déjà valu une reconnaissance en Allemagne ou qui mettaient particulièrement en évidence ses innovations stylistiques.

En face, dans la dernière salle, se trouvent les oeuvres tardives, longtemps considérées comme moins importantes. Pour Kirchner cependant, elles marquaient en 1933 l’apogée de son évolution et occupaient donc une place prépondérante dans la rétrospective historique.

L’objectif de Kirchner était de mettre en valeur tout l’éventail de son style et de retracer son évolution à travers ses oeuvres. Il avait délibérément juxtaposé des oeuvres issues de différentes phases créatives et renoncé à un accrochage chronologique. Il avait même en partie retravaillé certaines oeuvres de ses débuts afin de mettre en évidence son évolution. Kirchner x Kirchner reprend cette approche afin que l’on puisse découvrir à la fois la diversité stylistique et les réflexions conceptuelles qui sous-tendent la présentation de l’artiste.

La grande salle principale est consacrée à la rétrospective historique. La démarche curatoriale de Kirchner a été reprise : paires d’oeuvres reconstituées, espaces intentionnellement ouverts sur d’autres salles et accent mis sur certaines couleurs. Parallèlement, le choix des oeuvres permet de retracer l’historique de l’acquisition de Alpsonntag. Szene am Brunnen (Dimanche sur l’alpe. Scène près de la fontaine) par le Kunstmuseum Bern, documentant ainsi une partie de l’histoire de la collection.

Les deux salles attenantes, plus petites, se concentrent sur les aspects formels et structurels. Une sélection d’oeuvres sur papier montre clairement que Kirchner a expérimenté la couleur, la surface, la ligne et le mouvement pendant des décennies et qu’il est resté fidèle à lui-même malgré l’évolution de son langage formel.

La sélection des oeuvres exposées, reliées au contexte historique, et le nouveau regard porté sur l’artiste font de l’ambitieux projet d’exposition Kirchner x Kirchner une expérience unique.

Kirchner x Kirchner - Catalogue
Kirchner x Kirchner
Catalogue édité par Nina Zimmer et Nadine Franci
Avec des contributions de Nadine Franci et Katharina Neuburger 
ainsi qu’une préface de Nina Zimmer
160 pages, env. 80 reproductions, 22 x 28 cm, broché,
Éditions Hirmer, 2025
Édition allemande: ISBN 978-3-7774-4642-4
Édition anglaise: ISBN 978-3-7774-4696-7

Vernissage
L’exposition sera inaugurée le jeudi 11 septembre 2025, à partir de 18:30. Ce soir-là, l’entrée sera libre.

Commissaire d’exposition : Nadine Franci, conservatrice du département des dessins et arts graphiques Kunstmuseum Bern

KUNSTMUSEUM BERN
Hodlerstrasse 8–12, 3011 Berne