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30/01/18

Le Corbusier, Musée Soulages, Rodez - L’atelier de la recherche patiente, un métier

Le Corbusier. L’atelier de la recherche patiente, un métier
Musée Soulages, Rodez
27 janvier - 20 mai 2018



Cette exposition s’ouvre quelques mois après la remise du prestigieux prix Pritzker aux architectes du musée : RCR Arquitectes. Aussi, il apparaissait évident de souligner le lien architecture / peinture qui compose aujourd’hui une partie de l’identité du musée, en programmant une exposition qui mette à l’honneur une figure incontournable de l’architecture du vingtième siècle, tout en proposant un projet qui – même s’il n’est nullement question de confronter Soulages et Le Corbusier - puisse trouver son équilibre dans la proximité avec les collections permanentes, ainsi qu’au sein du vaste vaisseau d’acier Corten qui va l’accueillir.


Le Corbusier
La cheminée, 1918
Huile sur toile
Signé en bas à droite Jeanneret, daté, exécuté en 1918
Au verso : "Ceci est mon premier tableau" / Octobre 1918 L.C. / et "la cheminée. 1918" / signé Jeanneret
0,60 x 0,73 m 
© Fondation Le Corbusier, Paris

Lors de la donation de ses œuvres à Rodez agglomération en 2005, Pierre Soulages a exprimé sa volonté que ce musée soit conçu comme un laboratoire. Dans cet esprit, le visiteur pénètre aujourd’hui au fil de son parcours différents espaces consacrés à des techniques variées : brous de noix, eau-forte, lithographie, sérigraphie, encre sur papier, huile sur toile, acrylique sur toile, travail du verre… Autant de techniques qui constituent les multiples facettes d’une quête en réalité unique et patiente autour de la lumière. Lorsque l’on fréquente les salles du musée, il apparaît rapidement que l’œuvre de Pierre Soulages ne peut s’entendre de manière séquencée – c’est-à-dire à partir d’une lecture chronologique, par techniques ou par formats – mais qu’elle acquiert au contraire sa force dans la somme des territoires plastiques et des expérimentations qu’elle convoque à l’échelle d’une vie. « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche » dit le peintre. Son œuvre entier est fait de recherches, d’essais, d’expérimentations dont le travail de recherche pour Conques durant dix ans constitue certainement le paroxysme.

Le Corbusier
Le Corbusier
Nature morte aux nombreux objets, 1923
Huile sur toile
Signé et daté en bas à droite Jeanneret 1923
Au verso : Nature morte aux nombreux objets. Indépendants Jeanneret
1,14 x 1,46 m 
© Fondation Le Corbusier, Paris

Le Corbusier
Le Grand Ubu, 1949
Huile sur toile
Signé et daté en bas à gauche Le Corbusier 49
Au verso : Le Grand Ubu. 1949. Le Corbusier
1,62 x 1,30 m 
© Fondation Le Corbusier, Paris

Le Corbusier s’est également imposé très vite comme un chercheur. Architecte, peintre, sculpteur, urbaniste, théoricien… il est l’auteur d’une pensée prolifique, nourrie d’expériences multiples à partir de différents mediums. Son œuvre s’entend, elle aussi, comme un tout ; un tout parfois même collectif et collaboratif – la fameuse synthèse des arts, dont on a beaucoup parlé. Peintures, architectures, sculptures, dessins, tapisseries entrent en correspondance et se répondent pour former un ensemble empreint de liberté et d’unité. La personnalité et l’œuvre de Le Corbusier ont marqué son siècle, mais également plusieurs générations de collaborateurs qui ont ensuite essaimé ses théories à travers le monde.

Le Corbusier
Portrait de Le Corbusier (1887-1965), années 50
© Fondation Le Corbusier, Paris

Proposée en étroite collaboration avec la Fondation Le Corbusier à Paris, l’exposition est une création spécifique pour le musée Soulages. Celle-ci s’articule autour de l’ouvrage testamentaire de Le Corbusier, intitulé L’Atelier de la Recherche Patiente. Publiée en 1960, préfacée par Maurice Jardot, cette publication peut être considérée comme à part dans la production littéraire et théorique pourtant vaste de Le Corbusier (près d’une cinquantaine d’ouvrages). Ni vraiment autobiographique, ni totalement exhaustif, cet ouvrage propose un regard rétrospectif sur l’ensemble de l’œuvre, par Le Corbusier lui-même. Histoire personnelle, voyages, conférences, ouvrages, peinture, sculpture, projets d’habitations, projets urbanistiques, architecture sacrée mais également projets non réalisés sont assemblés de manière chronologique dans une première partie, puis plus thématique dans une seconde, mais toujours de manière très personnelle, selon les principes du Modulor (système de mesure à l’échelle de l’être humain, inventé par Le Corbusier). Une sorte de fresque heuristique qui constitue, à elle seule, une œuvre à part entière.

L’exposition ne se veut ni une illustration littérale de L’Atelier de la recherche patiente, ni une présentation exhaustive des éléments convoqués au fil des pages. Il s’agira plutôt d’un point de départ pour embrasser l’œuvre. Ouvrages, projets, maquettes, peintures, sculptures… seront exposés au sein d’un parcours thématique, scénographié par Jacques Sbriglio, à même d’éclairer à la fois la pensée et le parcours de leur auteur, mais aussi son engagement pour son siècle, tout en présentant la diversité de son parcours architectural et plastique.

Les commissaires d’exposition

Aurore Méchain est attachée de conservation du patrimoine, directrice adjointe des musées de Rodez agglomération. Spécialiste d’art moderne et contemporain, elle a travaillé au musée Rodin et au Centre Pompidou avant d’intégrer en 2012 l’équipe du musée Soulages pour participer à l’ouverture de celui-ci.

Jacques Sbriglio est architecte-urbaniste. Il dirige l’agence d’architecture sbriglio.architectes installée au cœur de la Métropole Aix-Marseille qui intervient dans le cadre de l’urbanisme, de l’architecture et de la scénographie. Jacques Sbriglio est un des spécialistes français de l’œuvre de Le Corbusier. Il a à ce titre publié plusieurs ouvrages et articles et réalisé de nombreuses expositions en France et à l’International. Il est aussi scénographe pour cette exposition.

Publication d'un catalogue d'exposition : 

Le Corbusier. L’atelier de la recherche patiente. Un métier
Editions musée Soulages
112 pages
ISBN 782954 225050

MUSEE SOULAGES, RODEZ
musee-soulages.rodezagglo.fr

06/12/15

Jesús Rafael Soto @ Musée Soulages, Rodez : une rétrospective

Jesús Rafael Soto
Une rétrospective
Musée Soulages, Rodez
12 décembre 2015 - 30 avril 2016



Le musée Soulages poursuit sa programmation entre art moderne et contemporain qui met l’accent sur la création en lien avec les procédures techniques. « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche » affirme Pierre Soulages. Pour sa quatrième exposition temporaire, le musée Soulages présente une rétrospective consacrée au grand artiste vénézuélien qui a passé l'essentiel de sa vie à Paris : Jesús Rafael Soto (1923 - 2005).

Les visiteurs peuvent découvrir près de 40 oeuvres témoignant des différentes périodes de l’artiste : spirales duchampiennes, carrés flottants, écritures abstraites, vibrations soutenues, polychromies avec tés, cubes aériens, volumes virtuels, Cuadrados et autres extensions de formes, potentiellement infinies. Après "Dynamo" au Grand Palais, dont il fut l'un des deux commissaires, l'historien de l'art Matthieu Poirier est le commissaire invité de l'exposition. Il a sélectionné les réalisations les plus radicales de l'artiste en fonction de leur capacité à projeter leur observateur, par le seul biais d'un vocabulaire formel épuré, dans les limbes insaisissables d'une intense vibration colorée.

Au travers d'oeuvres souvent spectaculaires par leur échelle et leurs puissants effets, il s'agira ainsi de rendre compte du caractère immatériel et "flottant" - au sens propre comme au sens figuré - de cet art, de son état singulier d'entre-deux, de son oscillation constante entre objet sculptural et pur phénomène immatériel. L’exposition s’appuie à ce titre sur des collections particulières, avec le concours déterminant de l’atelier Soto, soit la famille de l'artiste. Le Centre Georges Pompidou-musée national d’art moderne a apporté son soutien par le prêt décisif d’oeuvres de toutes périodes, provenant notamment de la donation-dation Soto.

Jesús-Rafael Soto, figure emblématique du cinétisme
Jesús Rafael Soto est né en juin 1923 à Cuidad Bolivar au Vénézuela. Installé à Paris dès 1950, il connaît des débuts difficiles : il doit même jouer de la guitare et chanter dans les cabarets. Lors d’un voyage aux Pays-Bas, il rencontre l’oeuvre de Piet Mondrian qui sera pour lui une éternelle source d’enseignement, un ravissement. Ses oeuvres témoignent d’une intention picturale corrigée par les mystères de l’oeil, d’une délicatesse technique qui n’oublie pas le travail de la main. Dès lors, Jesús Rafael Soto devient un maître de l’art cinétique qu’il développera à Paris et dans le monde entier.

Jesús-Rafael Soto : Vibrations, couleurs et transparences
C’est un artiste prolifique qui va mettre en place un vocabulaire de formes et de couleurs avec différents médiums qui défient la planéité inerte de la peinture : tableaux de bois, nappes de fils, plaques de plexiglas, tiges de métal allongées, matière plastique... C’est, à l’instar des peintures de Pierre Soulages, le spectateur qui donne vie à l’oeuvre, par le jeu de son déplacement, avec sa vision particulière. Vibrations, couleurs, transparences, traversées, mouvements, tels sont les maîtres mots de Soto. Parmi les plus célèbres de ses créations, retenons ses volumes virtuels monumentaux, les Pénétrables qui sont des territoires optiques, mouvants, colorés que le spectateur traverse physiquement. Un espace en perpétuelle définition à l’intérieur même d’une salle d’exposition. Dans le monde de l’abstraction, Soto joue clairement au sein d’un mouvement mâtiné de géométrie et de procédures, pourtant avec beaucoup d’indépendance et avec un caractère joyeux.

Autour de l’exposition
Un catalogue d’exposition et un film accompagnent cette exposition. 
Une riche programmation culturelle sera proposée par le musée : visites guidées, ateliers et documents spécifiques élaborés par le service des publics. Un programme de conférences partagé avec les Amis du musée Soulages et des événements dédiés accompagneront également l’exposition.

Commissaire de l'exposition : Matthieu Poirier, historien de l'art, docteur de l'Université Paris-Sorbonne
Commissaire, musée Soulages : Benoît Decron, conservateur en chef du patrimoine, directeur des musées du Grand Rodez

Musée Soulages, Rodez