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14/07/16

Après la Shoah, Mémorial de la Shoah, Paris : Rescapés, réfugiés, survivants. 1944 – 1947

Après la Shoah
Rescapés, réfugiés, survivants. 1944 – 1947

Mémorial de la Shoah, Paris

Jusqu'au 30 octobre 2016 Prolongation 20 novembre 2016



Des survivants polonais descendent d’un train.
Nachod, Tchécoslovaquie, 1945.
Yad Vashem, photo : Arthur Zegart

Après. Après la catastrophe. Le retour à une vie normale semble à peine possible pour les Juifs d’Europe qui ont pu échapper à la Shoah. Bien qu’ils aient été victimes d’une persécution spécifique, leur sort ne constitue qu’un problème parmi d’autres à l’échelle d’un continent à reconstruire.

Cette exposition, bilingue anglais –français, constituée de près de 250 photographies issues majoritairement du fonds du Mémorial de la Shoah, de documents d’archives et de films, fait état de la diversité des situations dans le chaos général de la sortie de guerre - réfugiés, survivants des camps, enfants cachés, résistants -. Tous aspirent à retrouver leurs proches, retourner chez eux ou trouver un refuge, imaginer à nouveau un avenir. Qui pour les aider ? Quelle justice demander ? Comment conserver les traces d’un monde disparu et amasser les preuves du crime ?

De l’après-Shoah, on retient en général les images terribles de l’ouverture des camps. Pourtant, la période comprise entre fin juillet 1944, date du premier camp libéré par les Soviétiques, et l’automne 1947 à la veille de l’indépendance d’Israël, constitue une séquence historique en soi. L’incertitude règne partout, notamment dans les trois pays privilégiés dans l’exposition. En Pologne, plus de la moitié des réfugiés revenus d’URSS et les rares survivants quittent en grand nombre un pays qui leur reste hostile. En Allemagne occupée, les réfugiés juifs fuyant l’Europe orientale se retrouvent pour la plupart dans les camps ouverts pour accueillir les millions de « personnes déplacées », attendant un lieu d’accueil ou une possibilité d’émigrer. En France, si la majeure partie des Juifs sont hors de danger en septembre 1944 lors de la libération de l’essentiel du territoire, le chemin vers une nouvelle vie est souvent long et difficile. Le pays doit par ailleurs faire face, peu de temps après, à l’arrivée de deux autres populations juives très vulnérables : les rares survivants des camps et les très nombreux réfugiés d’Europe centrale et orientale.

Bien que décimées, les communautés juives parviennent à reconstituer une vie religieuse, culturelle, politique, grâce à l’entraide et à la solidarité, et grâce au soutien des organisations juives, en particulier américaines. Elles réussissent à produire les premiers récits, à constituer une « première mémoire » grâce aux témoignages et aux traces collectées pendant et juste après la guerre. L’après- Shoah, c’est le temps où les minorités juives cherchent à reprendre en main leur destin.

Commissariat scientifique :
Henry Rousso, (CNRS), avec les doctorants : Laure Fourtage et Julia Maspero (Paris 1), Constance Pâris de Bollardière (EHESS), Simon Perego (IEP Paris).

Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy–l’Asnier 75004 Paris
www.memorialdelashoah.org

21/06/13

Regards sur les ghettos, Mémorial de la Shoah, Paris - Exposition de photographies, 2013-2014

Exposition REGARDS SUR LES GHETTOS
Mémorial de la Shoah, Paris
13 novembre 2013 - septembre 2014

Groupe d'hommes juifs ôtant leur chapeau devant le photographe allemand. Ghetto de Varsovie, été 1941.
Photo: Willy Georg. © United States Holocaust Memorial Museum

Pour la première fois en France, près de 500 photographies peu connues des ghettos sont exposées au Mémorial de la Shoah. Photographes juifs, soldats allemands, propagande nazie... une exposition aux regards pluriels.

L’invasion de la Pologne en septembre 1939, marque le début de la Seconde Guerre mondiale. Dans les territoires annexés à l’Est, l’armée allemande rassemble les habitants juifs dans des ghettos très vite surpeuplés et insalubres. Un nombre considérable de photographies de ces ghettos est conservé aujourd’hui à travers le monde dans des centres d’archives ou chez des collectionneurs privés. Que sont ces images ? Propagande ? Témoignage ? Dénonciation pour l’Histoire ? Les réponses sont en partie données par le contexte de leur réalisation, les personnalités de leurs auteurs et bien sûr dans la lecture précise des clichés.

Le « temps des ghettos » est considéré comme la première étape du processus génocidaire de la population juive d’Europe centrale. Ils furent liquidés en 1942-1943 et leur population conduite vers les centres de mise à mort pour y être assassinée. Allant à l’encontre de la volonté des autorités nazies de garder le secret sur le processus de mise à mort des Juifs d’Europe, cette première étape a été beaucoup documentée visuellement.

Si beaucoup des images ont été prises par des photographes dépendant du département du ministère de la Propagande allemande, souvent mises en scène à dessein de propagande antisémite, d’autres ont été prises par des civils juif ou polonais, photographes amateurs ou professionnels. La diversité de cet ensemble photographique et de ses auteurs concourt à en faire un apport documentaire exceptionnel pour l’Histoire, en permettant de retracer les étapes de la vie dans les ghettos. La lecture de cet ensemble se doit d’être abordée avec précision et nuance, et amène à questionner l’ambiguïté qui parfois présida à leur réalisation.

Issues de plusieurs collections réparties en Europe, en Amérique du Nord ou en Israël, elles ont été prises dans différents ghettos (plus de 400 ghettos existèrent). Parmi le fonds présenté, les photographies couleur ou noir et blanc des allemands Max Kirnberger, Willy Georg ou Heinrich Jöst, des photographes juifs Henryk Ross, Mendel Grossman ou George Kadish, et aussi de nombreuses images anonymes. A travers une approche analytique et historique des photographies, il s’agit de retracer l’histoire de ce que furent l’enfermement et la mort lente de plusieurs millions de Juifs dans les ghettos entre 1939 et 1943.

Autour de l’exposition : Un cycle de projections et rencontres, des visites guidées gratuites certains jeudis à 19h30, un catalogue d’exposition (éd. Mémorial de la Shoah, novembre 2013).

Cette exposition a été réalisée par le Mémorial de la Shoah.

Commissariat scientifique : Daniel Blatman, professeur au département d'histoire juive et de la communauté juive contemporaine à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Commissariat général : Sophie Nagiscarde, Marie-Edith Agostini assistées d’Anne Bernard, Mémorial de la Shoah

Recherches et documentation : Sophie Nagiscarde, Marie-Edith Agostini, Anne Bernard, Mémorial de la Shoah, Jean-Yves Potel, Lior Smadja.

Les textes de l'exposition ont été rédigés par Daniel Blatman, Judith Cohen, directrice de la Section photographies au Musée du Mémorial de la Shoah à Washington, Daniel Uziel, directeur du département photographie à Yad Vashem et professeur à YV International School for Holocaust Studies, Johann Chapoutot, maître de conférences en Histoire contemporaine à Grenoble II, membre de l’Institut Universitaire de France, Simon Perego, attaché temporaire d'enseignement et de recherche à Sciences Po Paris, Sophie Nagiscarde, Marie-Edith Agostini.

Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l’Asnier  75004 Paris 
Site internet : www.memorialdelashoah.org

Horaires : Ouverture tous les jours sauf le samedi, de 10 h à 18 h, et le jeudi jusqu’à 22 h
Entrée libre

Mise à jour 10-2013