30/03/11

Expo Sabrina Biancuzi Le Crissement du temps - Centre Iris pour la photographie, Paris

Exposition : Sabrina Biancuzzi 
Le crissement du temps
Centre Iris pour la photographie, Paris 
31 mars - 11 juin 2011

SABRINA BIANCUZI
Série Le Crissement du Temps, 2010 © Sabrina Biancuzzi

Sabrina Biancuzzi Le crissement du temps

Le temps, la mémoire et l’enfance ont, à diverses intensités, toujours été au cœur de l’œuvre de Sabrina Biancuzzi, dans la gravure comme dans la photographie. Si elle contnue à s’exprimer dans ces deux disciplines, c’est parce que leur frontère reste ténue, poreuse. Cette perméabilité afranchit Sabrina Biancuzzi des cadres qui bornent rêve et réalité.

Cete nouvelle expositon photographique, Le Crissement du Temps nous entraîne dans l’obsession en fligrane dans tout son travail, celle de la dispariton.

SABRINA BIANCUZI
Série Le Crissement du Temps, 2010 © Sabrina Biancuzzi

« Un assourdissant silence »

Un univers sombre. De rares silhouetes humaines, plus fantomatques que réellement incarnées. Des espaces vides, expurgés de toute vie. Des objets abandonnés, en atente des protagonistes d’une pièce de théâtre qui n’aura pas ou plus lieu.

Le temps est paradoxe dans les images de Sabrina Biancuzzi : il semble à la fois avoir déserté les lieux représentés et fgé le vivant, comme gelé sous un inextricable glacis de gris. Le temps parait pourtant imperceptblement faire son office. Sournoisement et inexorablement en marche.

Les œuvres de Sabrina Biancuzzi deviennent sonores. Elles bruissent, grincent, soufent, râlent. Elles ponctuent l’existence de l’artste. Nous les contemplons alors à l’aune de nos propres destnées. Elles sont les comptables des heures qui s’égrènent et nous rapprochent un peu plus de l’heure ultme. Nul besoin des aiguilles de la pendule pour nous rappeler la fuite du temps. Les objets (chaises, lits, statues, poupées...) sont les vestges d’un passé, la trace d’une histoire, le symbole du trépas des êtres aimés. 

SABRINA BIANCUZI
Série Le Crissement du Temps, 2010 © Sabrina Biancuzzi

Ce vide nous renvoie à notre propre dispariton, à notre conditon mortelle et éphémère. A cete enfance révolue dont les traces sont pourtant si profondes, gravées à jamais dans la mémoire. Les lieux (église, chambre, bois, chemins humides…) sont emplis d’un assourdissant silence, où viennent poindre des sons inquiétants, révélant les angoisses qui taraudent l’artste.

Le rendu des trages de Sabrina Biancuzzi, leur épaisseur, établissent un parallèle entre la  technique utlisée et l’expression fnale. Une fois les trages réalisés, les images sont recouvertes de pigments noirs et disparaissent complètement sous cete matère opaque, comme si Sabrina voulait les enfouir, les oublier. Puis ces souvenirs s’imposent à nouveau à elle, leur force dissout la noirceur qui les dissimule : la photographe doit retrer l’encre masquant les images. Ces dernières, désormais imprégnées d’un reliquat pigmentaire noir, révèlent une  vision crépusculaire.

Subtiles, ces images sollicitent plusieurs de nos sens : elles s’ofrent non seulement à notre vue, mais aiguisent aussi notre envie d’expérimenter cete matère photographique par le toucher. Enfn, elles crissent à nos oreilles. 

L’atmosphère onirique des compositons de Sabrina Biancuzzi laisse fltrer une peur que l’on percevait déjà dans ses séries antérieures : celle du temps qui passe.

Et donc la peur du temps qu’il reste.

BIOGRAPHIE SABRINA BIANCUZI

Sabrina Biancuzzi, 32 ans, est née en Belgique. Elle vit et travaille à Paris, enseigne la photographie et anime des ateliers d’arts plastiques.

Spécialisée en photographie argentique et en procédés alternatifs, Sabrina Biancuzzi est à la fois photographe et graveur. Elle aime le travail de laboratoire et le grain des pellicules d’argent. Elle mélange souvent les techniques, joue des caractéristques de chaque médium car au-delà de la nécessité que l’image naisse, vient la recherche de matière, essentielle dans son expression.

Dans son travail elle laisse entrevoir l’intimité de ses voyages et rêves, mêlant ainsi le temps et les souvenirs.

Cette série de photographies est tirée sur papier baryte et peinture à l’huile
Format  des images : 30x30cm

CENTRE IRIS... POUR LA PHOTOGRAPHIE
238 rue Saint-Martin 
75003 PARIS

du mardi au samedi, de 14h à 19h
Entrée libre