31/05/20

Sylvie Fleury @ Galerie Thaddaeus Ropac, Paris - She-Devils on Wheels

Sylvie Fleury: She-Devils on Wheels
Galerie Thaddaeus Ropac, Paris
Jusqu'au 20 juin 2020

Célébrant plus de 20 ans de collaboration avec SYLVIE FLEURY, la Galerie Thaddaeus Ropac présente une exposition d’oeuvres historiques de l’artiste suisse. Le titre de l’exposition, She-Devils on Wheels fait directement référence au club automobile fondé par Sylvie Fleury dans les années 1990. Puisant son inspiration dans un film éponyme de 1968 qui mettait en scène un gang de motardes, She-devils on Wheels est un club exclusivement composé de femmes qui partagent un intérêt commun pour la customisation des voitures américaines. Point de départ d’une série d’oeuvres dont la plus emblématique est She-Devils on Wheels Headquarters (1997), une installation qui évoque à la fois l'atelier d'un garagiste, le siège social d'un fan club et la devanture d'un magasin de matériel automobile de luxe - aujourd’hui dans la collection du Migros Museum, Zurich - l’existence de ce club s’incarne dans l’exposition à travers différents objets ayant tous trait à l’univers automobile cher à l’artiste. 

S’appropriant la typographie psychédélique de l’affiche originale du film, une peinture murale de plus de dix mètres de long annonce le titre de l’exposition à la manière d’un slogan. Une série de six photographies tirées d’après Polaroids montrent des chaussures de luxe en gros plan sur des éléments d’habitacle (pédales, volants, leviers de vitesse) liés à la conduite. Ces arrêts sur image mettent en scène la confrontation de stéréotypes culturels, les souliers féminins dominant un espace habituellement lié à l’imaginaire masculin. La conjonction d’un rendu flou, d’un éclairage dramatique et de la mise en scène d’objets à connotation fétichiste nimbe chaque scène d’un aura de mystère et évoque l’univers du film noir. 

Le moteur en bronze chromé est caractéristique de la réflexion de Fleury sur le ready made. En déplaçant le moteur de Ford Cosworth dans le champ de l’art, l’artiste reprend à son compte le geste duchampien d’appropriation et de déplacement d’un objet industriel. La fonction mécanique du moteur est transformée en valeur esthétique et la sculpture à forte connotation psychosexuelle devient un machine à fabriquer du désir. Accrochée au mur une robe adopte les codes vestimentaires d’une combinaison de Formule 1, faisant entrer l’intérêt de Fleury pour la mode et la customisation dans l’univers automobile. Le zip de la combinaison est ici détourné pour donner un aspect très sexuel au vêtement. La doublure est ornée de flammes, motif caractéristique de la customisation des camions, symbole de puissance et de vitesse. 

Par delà leur diversité formelle, les oeuvres de Sylvie Fleury sont souvent attachées au souvenir d’une performance. Une même sensibilité « affirmative », le même usage d'images-types véhiculées par la culture mainstream, la même position « post-féministe » recouvre un ensemble de pratiques qui ont émergé au début des années 90 et qui se poursuivent aujourd’hui.

GALERIE TADDAEUS ROPAC
7 rue de Belleville, 75003 Paris
ropac.net
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