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22/06/16

Bas Jan Ader @ Simon Lee Gallery, London

Bas Jan Ader
Simon Lee Gallery, London
24 June - 26 August 2016

Simon Lee Gallery presents a solo exhibition of work by Dutch conceptual artist Bas Jan Ader, one of the most influential artists of his generation. Forty years after the end of his brief career, his concise body of some thirty-five works created between 1969 and 1975 continues to inspire artists, writers, curators and critical thinkers.

This exhibition includes five of Ader’s short ‘falling’ films, shown in their original 16mm format, alongside the key film from 1974, Primary Time. It also includes related photo works and the seminal work, I’m too Sad to Tell You, (1971). The works exhibited reveal the depth of Ader’s investigation into questions of control and its surrender to the forces of nature, particularly in relation to the creative process and strategies of composition.

“When I fell off the roof of my house, or into the canal, it was because gravity made itself master over me”.

In the film Fall 1, Los Angeles, (1970), the camera is focused on the front of Ader’s home in Claremont, with the artist sitting on a chair straddled across the top of the roof before falling and crashing into the garden. In Fall 2, Amsterdam, (1970), Ader framed for camera a section of the Reguliersgracht canal, a canal bridge, path and trees, with the wall of the canal bisecting the picture to provide a horizon line. Ader appears in the frame from a side street, gripping his handlebars with a bunch of flowers clutched in one hand before appearing to lose control of his bicycle and plunge into the water, along with the bike and flowers. The composition, and Ader’s precisely timed action reveals the tension between will and determinism, literally destabilising the subject in an attempt to extend the material limits of art.

Ader also found in Mondrian, as the venerated patron saint of Modernism in the Netherlands, fertile ground for an interrogation of formal and compositional systems and strategies. Several works in this exhibition reflect his enquiry into Mondrian’s theories, and analysis of the modernist project. The film Broken fall (geometric), Wekstkapelle, Holland, (1971) sees Bas Jan Ader standing next to a black sawhorse, on a brick path leading to the Westkapelle lighthouse in Zeeland, the subject of an early series of Mondrian paintings. Ader’s position aligns him directly parallel to the lighthouse in the background. He momentarily staggers, then falls sideways against the sawhorse and into the bushes. The act recalls slapstick but also sees Ader literally embodying Mondrian’s black line, the sawhorse a reference to Mondrian’s fellow De Stijl member Theo van Doesburg, who introduced the diagonal into the neoplasticism debate. The film reveals a particularly concise opposition between the forces of nature and the logic of compositional control.

The film Primary Time, (1971) begins with a vase holding a bouquet of primary colour red, yellow and blue carnations. After a few seconds Ader appears dressed in black, (with his head never appearing in the frame) and systematically begins to add and remove flowers until he has arranged an exclusively red, then yellow and finally blue bouquet, literally revealing his hand as an artist constructing and deconstructing the image. Between arranging each he disappears briefly and the film ends with a return to the three coloured bouquet.

The series of twenty one photographs Untitled (Flower Work), (1974) utilises the same camera position as the film but comprises three series of seven framed images, with the final image an exclusively blue bouquet. In mixing these man-made natural forms, (a Dutch national symbol) as a painter mixes paint, Ader challenges Mondrian’s radical abstraction and suggests that it might never live up to the beauty of nature.

SIMON LEE GALLERY
www.simonleegallery.com

23/07/11

Expo Le Plateau, Paris : Nul si découvert - Commissaire d'exposition : Guillaume Désanges


Commissaire d'exposition : Guillaume Désanges 
Nul si découvert / Void if removed / Erudition Concrète 4 
Frac Ile-de-France / Le Plateau, Paris  
Jusqu'au 7 août 2011 

LE PLATEAU, l'espace d'exposition du Frac d'Ile-de-France, à Paris, dans le 19e arrondissement, présente jusqu'au 7 août l'exposition NUL SI DECOUVERT / VOID IF REMOVED. C'est le quatrième et dernier volet du programme ERUDITION CONCRETE proposé par GUILLAUME DESANGES invité à concevoir depuis 2009 un cycle d’expositions au Plateau. S’inscrivant dans la continuité des précédentes, poursuivant ainsi une réflexion renouvelée sur l'art et le savoir, l'art et la connaissance, cette exposition prend comme point de départ trois histoires pour aborder, par l’art, l'idée d’expériences à la fois concevables et impossibles. 

Collage GD DR - Work Method
Avec cette exposition, Le Plateau offre à voir quelques bijoux de l'art contemporain, entre surréalisme et, surtout, art conceptuel. Sont exposées des œuvres de Bas Jan Ader, Eric Baudelaire, Bernard Bazile, Alighiero Boetti, Chris Burden, Coop Himmelblau, Marcel Duchamp, Ceal Floyer, Ryan Gander, Dora García, Joseph Grigely, Ann Veronica Janssens, Jiří Kovanda, João Louro, Julien Loustau, Daniel Pommereulle, Stephen Prina, Anna Maria Maiolino, Man Ray, Lawrence Weiner, Ian Wilson, Carey Young, Rémy Zaugg. 

JOSEPH GRIGELY
Joseph Grigely (né en 1956 à Longmeadow, vit et travaille à New York)
Remembering is a difficult job but somebody has to do it, 2004 
Courtesy Air de Paris, Paris  

ANN VERONICA JANSSENS
Ann Veronica Janssens (née en 1956 à Folkestone, Royaume-Uni, 
vit et travaille à Bruxelles, Belgique) 
Absence d’infini, 1991 
Sculpture miroir 
Collection du Frac des Pays de la Loire, Carquefou 
© Frac des Pays de la Loire, Carquefou 


Voici le trois histoires servant de point de départ à l'exposition - le texte est de Guillaume Désanges :

- Le lac Vostok, en Antarctique est une poche d’eau capturée sous une épaisse couche de glace, qui renfermerait potentiellement des formes de vie millénaires. Tentés d'aller vérifier, les scientifiques se l'interdisent encore puisque pénétrer cet espace altérerait immédiatement son équilibre supposé. Le dilemme entre accroissement de la connaissance et souci de conservation semble ici sans issue. La profanation du lac déclencherait la même bombe à « désagrégation spontanée » que dans la fameuse scène de Roma de Fellini, où le percement du métropolitain expose les fresques somptueuses d’une villa romaine à une disparition immédiate.

JULIEN LOUSTAU
Julien Loustau (né en 1971 à Saliès-de-Béarn, vit et travaille à Paris) 
Sub, 2006 
Nouveaux médias, vidéo 
Collection 49 NORD 6 EST - Frac de Lorraine, Metz 
© Julien Loustau 


- L’expérience du « chat de Schrödinger », est une parabole de la mécanique quantique, portant sur la désintégration des atomes. Supposons un chat enfermé dans une caisse avec une fiole de gaz mortel qui peut se répandre selon une certaine probabilité. Comment savoir si le chat est mort ou vivant sans ouvrir le coffre ? Tant qu’aucune vérification n’est effectuée, le physicien Ernest Schrödinger affirme que le chat est vivant et mort à la fois, « mort-vivant ». Non pas l'un ou l'autre, mais bien l'un ET l'autre, du moins jusqu'à l'ouverture de la boîte. C’est donc le moment de la vérification qui infléchit l’état de l’objet d’étude, qui sauve ou tue le chat.

MAN RAY

Man Ray (Philadelphie, 1890-1976, Paris)
L’Enigme d’Isidore Ducasse, 1920 (remade 1972) 
Machine à coudre, laine, ficelle 
Courtesy Marion Meyer Contemporain, Paris 
© Marc Domage

- Le LHC européen, l'accélérateur de particules le plus puissant du monde, doit permettre aux physiciens d’étudier les composants fondamentaux de la matière, en recréant les conditions qui existaient juste après le Big Bang. Lors de sa mise en service en 2008, un certain nombre de scientifiques ont réclamé la suspension de l'expérience par crainte de création de trous noirs qui auraient englouti la terre. L’accomplissement d’une expérience inédite peut susciter un accroissement considérable (de savoir, d’être, d’espace, d’énergie, etc.) comme aboutir à des pertes irréversibles, voire catastrophiques. Mais comment vérifier le bien fondé de ces craintes sans le tester ?

RYAN GANDER
Ryan Gander (né en 1968 à Chester, vit et travaille à Londres)
Latent Lament, 2008
Tirage photographique protégé de la lumière dans un sac en polyuréthane
Courtesy gb agency, Paris

ANNA MARIA MAIOLINO 
Anna Maria Maiolino (née en 1942 à Scalea, Italie,
vit et travaille à Sao Paulo, Brésil)
É o que sobra (Que reste t-il ?)
de la série Fotopoemaçao (Photopoèmaction), 1974 
Photographie analogique, impression numérique 
Courtesy Anna Maria Maiolino 

ANNA MARIA MAIOLINO
Anna Maria Maiolino 
Entrevidas (Entre deux vies) 
de la série Fotopoemaçao (Photopoèmaction), 1981 
Photographie analogique, impression numérique 
Courtesy Anna Maria Maiolino 

Dans ces perspectives, l’exposition présente des situations où l'observation anéantit l'observation. Précisément, des œuvres – sculptures, photographies, vidéos ou performances – qui sont d’autant plus frustrantes et fragiles que les phénomènes qu’elles contiennent ou abordent menacent de s’évaporer à l’ouverture. L’hermétisme attise la curiosité, encourage la violation du secret, mais maintient le savoir dans une spéculation pacifique, à distance, comme un mirage proposant la « figuration d’un possible » (Marcel Duchamp), et susceptible de susciter un vertige fantastique. Ce type de mécanisme « nul si découvert » concerne autant des configurations scientifiques, poétiques, que philosophiques et politiques. Mais l’expérience d’une expérience impossible n’est pas seulement un casse-tête métaphysique : il peut s’agir de situations très concrètes, physiques et sensuelles. L'art, dans sa capacité inégalée à formaliser des idées en dehors de tout système déterminé et de tout fonctionnalisme, est peut-être le lieu privilégié de ces expériences de « l'inexpérimentable », ces expressions de l'ineffable, ces impossibilités de la possibilité.

Une manière de clore ce cycle Erudition Concrète sur la connaissance par deux perspectives divergentes sans être contradictoires : l’irréductible inaccessibilité du savoir et l’infini de ses possibilités. 


BAS JAN ADER
Bas Jan Ader (né en 1942 à Winschoten, Pays-Bas, disparu en mer en 1975)
I’m too sad to tell you, 1971 
Film, projection
Courtesy Musée du Boijmans, Rotterdam 

COOP HIMMELBAU
Coop Himmelb(l)au (agence d’architecture fondée en 1968 à Vienne 
par Wolf Dieter Prix, Helmut Swiczinsky et Michael Holzer 
Basel Contact, 1971 
Tirages photographiques présentant des extraits du film 
Courtesy de l’artiste 
© Peter Schnetz


JIRI KOVANDA
Jiri Kovanda (né en 1953 à Prague, vit et travaille à Prague)
Pure and Clear (On the opening I was putting sweets into pockets of bags of visitors secretly), 3 mai 2007. 
Trafo Galerie, Budapest 
Photographie N&B, texte sur papier 
Courtesy de l’artiste et de la galerie gb agency, Paris 


ALIGHIERIO BOETTI
Alighiero Boetti (Turin, 1940-1994, Rome) 
Per filo e per segno, 1990 
Stylo à bille sur papier marouflé sur toile 
Collection du Frac Languedoc Roussillon, Montpellier 
© Jean-Luc Fournier


L’exposition Nul si découvert a bénéficié du soutien du British Council, ainsi que de Procedes Hallier. 
En collaboration avec Work Method. Avec le soutien de parisART. 

GUILLAUME DESANGES : critique d’art et commissaire d’exposition

Guillaume Désanges co-dirige Work Method, structure indépendante de production. Il est membre du comité de rédaction de la revue Trouble et correspondant français pour les revues Exit Express et Exit Book (Madrid). 

Il a coordonné les activités artistiques des Laboratoires d'Aubervilliers (2001-2007), et organisé les expositions Pick-Up à Public> (Paris), Intouchable, l'Idéal Transparence à la Villa Arson (Nice) et au Musée Patio Herreriano (Valladolid),  Jiri Kovanda vs Reste du monde, galerie gb agency (Paris), De Appel (Amsterdam), La Passerelle (Brest), Centre d'Art Santa Monica (Barcelone), Child's Play, Biennale Periferic, (Iasi, Roumanie), Nam June Paik Center (Corée du Sud). Il a également développé plusieurs projets curatoriaux de type performatifs comme  "Une histoire de la performance en 20 minutes" (Centre Pompidou, Paris / De Appel, Amsterdam /  Artists Space, New York / MacVal, Paris / U-Turn, Copenhague, etc..), "Vox Artisti, la voix de ses maîtres" (Halles de Schaerbeek, Bruxelles / University of Chicago / Bétonsalon, Paris), "Signs and Wonders" (Tate Modern, Londres / Centre Pompidou, Paris). 

En 2007-2008, Guillaume Désanges est commissaire d'exposition invité, chargé de la programmation du centre d'art La Tôlerie, à Clermont-Ferrand. En 2009-2011, il est commissaire associé au Frac Ile-de-France / Le Plateau, Paris et membre du comité technique du Frac Lorraine. 

FRAC ILE-DE-FRANCE 
LE PLATEAU, PARIS 
www.fracidf-leplateau.com

Site de Guillaume Désanges : www.guillaumedesanges.com

Le Frac Île-de-France est une initiative du Conseil régional d’Ile-de-France. 
Il reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC d’Ile-de-France et, dans le cadre de son action au Plateau, de la Mairie de Paris. 

25/05/03

Bas Jan Ader, Galerie Chantal Crousel, Paris

Bas Jan Ader
Galerie Chantal Crousel, Paris
22 mai - 28 juin 2003

Bas Jan Ader est né aux Pays-Bas, à Winschoten, en 1942. Il fait des études d’art à l’Instituut voor Kunstnijverheidsonderwijs. Après plusieurs périples aventureux en mer, il s’établit à Los Angeles en 1963 au terme d’un voyage de 11 mois à bord d’un voilier cargo, parti du Maroc. A Los Angeles, il étudie l’art et la philosophie à l’Académie des Arts. A partir de ce moment, Bas Jan Ader devient un membre très actif de la scène artistique californienne. Il participe à des séminaires à CalArts et au Otis College, et devient un membre permanent de la UC Irvine Art Faculty.

Bas Jan Ader meurt âgé de 33 ans, en 1975, en disparaissant au cours d’une performance : In Search of the Miraculous II. Parti de Cape Cod (USA), Il entreprend en solitaire la traversée de l’Atlantique à bord d’un petit voilier, qui doit l’amener à Land’s End (GB). A son arrivée aux Pays-Bas, une exposition prévue au Musée de Groningen devra rendre compte de ses travaux réalisés au cours de ce voyage.

Pendant les années 1970, de nombreux artistes de la Côte Ouest s’intéressent au rapport entre l’art et la vie, entre la performance et la photographie, à la différence entre l’objet d’art et la documentation d’une action.

Bas Jan Ader connaît et apprécie le travail conceptuel de ses contemporains - Ed Ruscha, Gordon Matta Clark, Robert Smithson, Chris Burden, John Baldessari, ainsi que Ger Van Elk. Comme plusieurs de ces artistes, il expérimente la relation entre son corps et sa présence modifiant un environnement choisi.

Il documente soigneusement ses actions, sous la forme finale de films, de photographies aux compositions sophistiquées, de textes, de publications. Aux caractéristiques qui marquent les œuvres de ces contemporains conceptuels : le détachement, le constat objectif, Bas Jan Ader ajoute un élément très personnel : l’émotion sobre.

‘Ader évolue vers le risque et l’erreur mortels inhérents à toute recherche du miraculeux, ou de l’expérience du sublime’. (Bruce Hainley in: Legend of the Fall, Artforum, March 99)

A travers son œuvre, Bas Jan Ader rappelle régulièrement ses origines. Il réalise de nombreuses pièces à références hollandaises, ou qui suggèrent un retour au pays.

Ainsi, notamment dans The Artist as Consumer of Extreme Comfort, l’unique œuvre réalisée entre 1967 et 1969 (à côté de la revue Landslide), l’auto-mise en scène photographique est marquée par une gravité ambivalente. Ader y évoque un portrait de l’artiste mélancolique, allusion au romantisme, considéré fin des années 60 comme totalement obsolète.

Par son engagement extrême dans le refus des codes établis, par sa pratique du voyage comme une forme d’art, Bas Jan Ader ne cesse d’interpeller, et d’influencer les générations successives d’artistes.

La Galerie Chantal Crousel présente la première exposition en galerie de Bas Jan Ader en France.

GALERIE CHANTAL CROUSEL
40, rue Quincampoix, 75004 Paris