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15/10/22

Exposition De la nature @ Musée de Grenoble - Philippe Cognée, Cristina Iglesias, Wolfgang Laib, Giuseppe Penone

De la nature
Philippe Cognée, Cristina Iglesias, 
Wolfgang Laib, Giuseppe Penone
Musée de Grenoble
22 octobre 2022 - 19 mars 2023

Musée de Grenoble - De la nature - Affiche de l'exposition
Musée de Grenoble - De la nature 
Affiche de l'exposition
Courtesy Musée de Grenoble


Wolfgang Laib
Wolfgang Laib
Installation d’un pollen
© Wolfgang Laib

Wolfgang Laib
Wolfgang Laib 
Brahmanda, Février 2016
© Wolfgang Laib

Le musée invite dans le cadre d’une exposition intitulée « De la nature » quatre plasticiens de renommée internationale pour qui la question du rapport de l’humain à la nature est essentielle : Philippe Cognée, Cristina Iglesias, Wolfgang Laib et Giuseppe Penone.

La relation de l’homme à la nature apparaît d’ores et déjà comme un des sujets majeurs du XXIᵉ siècle. La prise de conscience écologique à l’échelle planétaire qui a marqué ces deux dernières décennies est en train de bouleverser nombre de systèmes de pensée dans des domaines aussi divers que ceux de l’économie, du social, du politique ou du culturel… Cette question du lien entre l’être humain et son environnement n’est pourtant pas nouvelle. Elle se situe même au fondement des origines de l’humanité et surgit, de fait, dès l’instant où l’homo sapiens commence à conceptualiser ce qui l’entoure, notamment par les dessins et les peintures rupestres.

Pour revenir sur ce thème déterminant de la création artistique, les quatre artistes invités qui furent au demeurant déjà présentés à Grenoble lors d’expositions monographiques, viennent d’horizons très différents et permettront, grâce à leurs propositions plastiques inédites, d’éclairer sous des aspects résolument originaux et singuliers cette relation. 

Ainsi pour Philippe Cognée, seul peintre de la sélection, le paysage apparaît dans son œuvre en contrepoint de ses vues urbaines qui l’ont fait connaître, comme l’expression d’un chaos ordonné, à la fois lieu originel et vital en même temps que sauvage et menaçant. 

Pour l’exposition, Philippe Cognée a sélectionné des tableaux issus de trois séries distinctes. Tout d’abord celle des Fleurs, un sujet classique par excellence et dont il tire une fantasmagorie à la fois effrayante et fascinante ; celle des Paysages ensuite, avec des forêts enneigées et des buissons de ronces qui le conduisent aux limites de l’abstraction ; celle des Châteaux de sable enfin, métaphores de nos civilisations aux fondations vacillantes et que l’eau et le vent emportent peu à peu…

Pour Cristina Iglesias, la nature se manifeste sous l’aspect de « motifs décoratifs » qui subvertissent les formes architecturales qu’elle édifie, posant à nouveau avec ironie et sensualité la question du rapport entre nature et culture. 

Pour cette manifestation, Cristina Iglesias a conçu une nouvelle “chambre” étrange et secrète, à la fois minérale et suintante d’humidité, organisme architecturé et primitif, paradoxal, où le trompe-l’œil est une invitation au voyage adressée à l’esprit. Cette sculpture sera accompagnée d’une série inédite de travaux sur cuivre

Avec Wolfgang Laib, la relation à la nature s’inscrit dans une démarche d’ordre spirituel où l’œuvre d’art devient offrande à la vie et à la Création. 

A Grenoble, Wolfgang Laib présente un carré de pollen. Une œuvre fondatrice de sa démarche artistique qui constitue toujours pour le spectateur une expérience unique, à la fois rencontre très concrète avec la nature et incitation à la méditation sur sa beauté et sa fragilité. En contrepoint seront exposés un grand Brahmanda en granit poli, masse noire et ovoïde pesant de tout son poids et de son obscurité insondable, métaphore du cosmos, et un ensemble de dessins diaphanes au pastel blanc, évocation des limites du visible et de l’invisible…

Enfin, Giuseppe Penone, dans un rapport fusionnel avec les éléments, révèle les énergies qui traversent l’être humain et l’unissent de manière consubstantielle à son milieu d’origine, la nature.

Pour l’exposition, Giuseppe Penone associe deux séries d’œuvres. Les Gesti vegetali, des sculptures en bronze, à mi-chemin entre la figure humaine et le végétal, véritables « esprits de la forêt » s’élevant parmi les plantes et les arbustes plantés pour l’occasion ; et les Verde del bosco, des empreintes d’écorces d’arbres réalisées avec la chlorophylle de feuilles frottées et qui donnent naissance à de nouvelles images de la forêt. De la trace à l’incarnation, tel est le chemin…

CATALOGUE
De la nature. Ouvrage collectif, sous la direction de Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble, et Sophie Bernard, conservateur en chef, collections d’art moderne et contemporain. Avec les contributions de Deepak Ananth, Jean-Christophe Bailly, Sophie Bernard, Marie Darrieussecq, Clélia Nau, Guy Tosatto.

Commissariat de l'exposition:
Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble
Sophie Bernard, conservatrice en chef pour l’art moderne et contemporain, musée de Grenoble

MUSÉE DE GRENOBLE
5 Place de Lavalette, 38000 Grenoble

18/12/15

Cristina Iglesias, Musée de Grenoble

Cristina Iglesias
Musée de Grenoble
23 avril - 31 juillet 2016



Singulier, fascinant et beau, tel apparaît l’univers de Cristina Iglesias. Considérée comme une des artistes espagnoles les plus marquantes de ces vingt-cinq dernières années dans le domaine de la sculpture, reconnue au plan international, notamment grâce à plusieurs commandes monumentales, elle reste peu connue du public français. L’exposition du musée de Grenoble constitue donc une belle opportunité de découvrir cette œuvre, à la fois pleinement contemporaine et profondément ancrée dans la culture ibérique.

Née en 1956 à San Sebastian, Cristina Iglesias s’est fait connaître sur la scène artistique européenne au milieu des années 1980. Son travail s’appuie depuis ses débuts sur des formes fortement architecturées qui se présentent comme autant d’invitations à des expériences sensorielles particulières. Il est avant tout ques- tion d’espace dans ses œuvres. Des espaces auxquels on se confronte, que l’on côtoie, que l’on pénètre. Ils peuvent évoquer tant la nature que l’architecture, les deux se confondant souvent dans des constructions hybrides, réalisées avec les matériaux les plus divers, du bronze à l’albâtre en passant par le béton et le verre. Œuvre ambiguë, où le paradoxe se mêle au faux-sem- blant, elle constitue une exploration vertigineuse d’un univers parallèle, onirique, où le réel ne se départit jamais du fantasme, où la vérité est double, claire et obscure, douce et cruelle.

Pour le musée de Grenoble, Cristina Iglesias a conçu un parcours, à partir d’un ensemble de travaux réalisés ces quinze dernières années, qui devrait permettre de saisir les enjeux de son œuvre tout en se familiarisant avec l’étrange poésie qui en émane.

En guise d’introduction, plusieurs salles seront ainsi consacrées à la présentation de travaux sur papier, de maquettes, de séri- graphies sur acier qui viendront éclairer les différents modes de travail de l’artiste de même qu’un certain nombre de projets monumentaux, réalisés ou non… L’exposition se poursuivra avec des œuvres de grands formats, qui conduiront le visiteur au cœur même de l’univers de Cristina Iglesias. Ici la vue, mais aussi le toucher, l’odorat ou encore l’ouïe sont convoqués pour vivre littéralement ces sculptures aux apparences d’architectures. On découvrira notamment un Passage suspendu, constitué de nattes en paille tressée, sous lequel on déambule et qui découpe la lumière en mille éclats. Plus loin s’ouvrira un espace végétal, véritable labyrinthe dont les parois sont animées par un lacis de branches et de feuilles, telle une forêt pétrifée de bronze, obscure  et  inquiétante.  Plus  avant  encore,  un  ensemble  de « jalousies », à la fois écrans et paravents de bois ou de métal, se déploiera dans un vaste espace pour former comme autant de cellules, lieux d’entre-deux clos et ouverts, silencieux et bruis- sants de mots…

Univers hybride, où la douleur est contenue et la sensualité affeure dans chaque forme, le monde de Cristina Iglesias est fait de suggestions et de secrets. Intriguer, laisser deviner sont les ressorts de ses dispositifs sculpturaux dont la visée semble être, en défnitive, une manière d’initiation voluptueuse et inquiète des sens à une réalité intermédiaire, à la fois concrète et rêvée, physique et intellectuelle, pure et pervertie.

Guy Tosatto, conservateur en chef, directeur du musée de Grenoble

A lire sur Wanafoto : Jusqu'au 7 février 2016, au musée de Grenoble : Georgia O’Keeffe et ses amis photographes.

Musée de Grenoble
5, place de Lavalette 38000 Grenoble