Showing posts with label musée de Grenoble. Show all posts
Showing posts with label musée de Grenoble. Show all posts

29/08/25

Alina Szapocznikow @ Musée de Grenoble - Exposition "Alina Szapocznikow. Langage du corps"

Alina Szapocznikow
Langage du corps 
Musée de Grenoble
20 septembre 2025 - 4 janvier 2026

Alina Szapocznikow
Alina Szapocznikow. Langage du corps
Courtesy Musée de Grenoble

Aujourd’hui considérée comme l’une des artistes majeures du XXe siècle, Alina Szapocznikow (1926 à Kalisz, Pologne – 1973 à Paris, France) a rarement fait l'objet d'expositions dans son pays d’adoption, la France. Le musée de Grenoble présente, en partenariat avec le Kunstmuseum Ravensburg, un parcours de près de 150 oeuvres réalisées entre 1947 et 1973. L’exposition Alina Szapocznikow. Langage du corps permet d’appréhender toute la carrière de l’artiste en mettant l’accent sur la période de maturité des années 1960-70. Dans son oeuvre, mêlant érotisme et traumas, le corps est le principal sujet d’inspiration. Sculptrice, elle s’attelle à toutes sortes de matériaux, aussi bien classiques, que plus novateurs, résine de polyester et mousse de polyuréthane. Héritière du Surréalisme, contemporaine des artistes du Nouveau Réalisme, elle contribue avec indépendance, en seulement deux décennies, au renouveau de la sculpture.

Troublante, bizarre, baroque, existentielle, informe et érotique, l’oeuvre de la sculptrice polonaise Alina Szapocznikow, longtemps incomprise, échappe à la classification. Consacrant son oeuvre au corps, elle exprime à travers lui tant la puissance de l’érotisme que la fragilité de nos existences. L’exposition se déployant en 15 salles se subdivise en deux parties. La première est consacrée à ses années de création à Prague (1945-1951) et en Pologne (1951-1962). La deuxième est dédiée à celles passées dans le Paris des années 1960 entre 1963 et 1973.

Juive, Alina Szapocznikow survit, adolescente, à la Shoah et à sa détention dans les camps de concentration. Après la Seconde Guerre mondiale, elle mêle un langage formel marqué à la fois par le modernisme tchèque, le Surréalisme et l’art informel, à l’esthétique du Réalisme socialiste, répond à des commandes publiques, et donne corps à des créations marquées par une forme d’existentialisme.

Alina Szapocznikow réalise l’essentiel de son oeuvre de maturité en France où elle s’installe définitivement en 1962. Avec son mari le graphiste Roman Cieslewicz, elle s’attelle à déconstruire la figure humaine. Le corps fragmenté devient le coeur de sa production sculpturale et graphique. Inventant une forme de grammaire érotique, une mythologie personnelle où le désir côtoie la mort, l’artiste conjure ses peurs, exorcise ses traumatismes. A travers ses Lampes-bouches, la série des Desserts et des Ventres-coussins, elle développe une production en série formée de fragments corporels sensuels et troublants, interrogeant la place de la femme dans la société des années 1960. Son intérêt pour l’informe et le hasard s'incarne aussi dans l’ensemble des Photosculptures (1971) dans lesquelles des chewing-gums mastiqués par l’artiste elle-même sont photographiés comme des sculptures traditionnelles. 

A partir de 1969, atteinte d’un cancer du sein, Alina Szapocznikow, se focalise sur la mémoire, les traumas et la finitude dans sa série Souvenirs (1970-1971) puis dans celle des Tumeurs (1969-1972). Constituées de résine, de photographies froissées, de journaux et de la gaze, ces oeuvres évoquent la maladie. Elles témoignent aussi de l’inébranlable courage et de la vitalité artistique qui n’ont cessé d’animer l’artiste.

Par la singularité comme par l’érotisme qui imprègne son oeuvre, l’artiste a été comparée à Louise Bourgeois et à Eva Hesse. Il s’agit de mettre en lumière l’oeuvre d’une femme artiste pionnière longtemps négligée par l’histoire de l’art.

COMMISSARIAT

MUSÉE DE GRENOBLE
Commissariat général : Sébastien Gokalp, directeur du musée de Grenoble
Commissariat scientifique : Sophie Bernard, conservatrice en cheffe pour l'art moderne et contemporain du musée de Grenoble

KUNSTMUSEUM RAVENSBURG
Commissaires
Ute Stuffer, directrice du Kunstmuseum Ravensburg
Ursula Ströbele, Professeur d’histoire de l’art, HBK, Braunschweig

MUSÉE DE GRENOBLE
5 place Lavalette - 38000 Grenoble 

03/08/25

Guillaume Bresson @ Musée de Grenoble - "En regard" des collections permanentes du musée

Guillaume Bresson. En regard
Musée de Grenoble
Jusqu'au 28 septembre 2025

Guillaume Bresson - Musée de Grenoble
© Courtesy Musée de Grenoble

Dans le cadre du cycle « En regard », le Musée de Grenoble propose à des artistes contemporains de se confronter à ses collections permanentes. Après Pierre Buraglio et sa rencontre avec Philippe de Champaigne, c’est au tour de Guillaume Bresson d’explorer les chefs-d’oeuvre du musée. 

Né en 1982 à Toulouse et formé aux Beaux-Arts de Paris, GUILLAUME BRESSON est une figure majeure de la peinture française. Vivant à New York après Paris et Berlin, le peintre est connu pour ses toiles hyperréalistes dans lesquelles il met en scène, de manière très chorégraphiée, des personnages en proie à des combats dans des scènes de rue. S’il s’inspire de la peinture classique avec des références à la peinture religieuse et d’histoire, il ancre son oeuvre dans le présent, en raccrochant ses créations à des problématiques sociales actuelles. Pour parvenir à cette précision photographique, le peintre commence son travail par des séances de photographie préparatoires avec modèles dans son atelier. Ceux-ci se prêtent à la mise en scène de leurs corps, proposant des poses et des mouvements théâtralisés qui évoquent la peinture baroque. À travers un travail de montage, l’artiste isole et détache ensuite les corps avant de les réagencer en groupe. Guillaume Bresson construit ainsi des tableaux dans lesquels le langage corporel occupe une place centrale dans la création du récit.

Après s’être confronté aux peintures d’Horace Vernet du Château de Versailles, Guillaume Bresson a répondu à l’invitation du Musée de Grenoble où il propose un dialogue avec les tableaux historiques et modernes de la collection. À travers une trentaine d’oeuvres qui jalonnent le parcours permanent du XVIIe siècle à nos jours, l’artiste a soigneusement composé l’accrochage, en correspondance, tissant des liens à la fois formels et thématiques, une rencontre qui selon les siècles, est furtive, en continuité ou conflictuelle.

Commissaire de l'exposition : Sébastien Gokalp, Directeur du musée de Grenoble

Une exposition organisée en partenariat avec la Galerie Nathalie Obadia , Paris/Bruxelles.
Avec le soutien de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

MUSÉE DE GRENOBLE
5 place Lavalette - 38000 Grenoble 

Guillaume Bresson. En regard
Musée de Grenoble, 14 juin - 28 septembre 2025

26/03/25

Exposition José Antônio da Silva @ Musée de Grenoble - "Pintar O Brasil"

JOSÉ ANTÔNIO DA SILVA (1909-1996) 
PINTAR O BRASIL 
Musée de Grenoble
12 avril - 6 juillet 2025

Jose Antonio da Silva
José Antônio da Silva 
Autoportrait, 1973
Collection Orandi Momesso
© José Antônio da Silva
Crédit photographique : Sergio Guerini

Jose Antonio da Silva
José Antônio da Silva 
Nature morte en pointillisme, 1951
Collection Fernanda Feitosa et Heitor Martins
© José Antônio da Silva
Crédit photographique : Ana Francisca Barros

A travers une quarantaine de tableaux issus de collections muséales et privées, le musée de Grenoble présente sa première exposition monographique en Europe de l’artiste brésilien JOSÉ ANTÔNIO DA SILVA (1909-1996). Un événement qui s’inscrit dans la saison Brésil-France 2025 qui met notamment en avant les questions du climat et de la transition écologique.

Personnalité atypique issue du monde paysan de la région de Sao Paulo au début du XXe siècle, débordant d’énergie créatrice, peintre, orateur, écrivain, chanteur, José Antônio da Silva est l’incarnation de l’artiste populaire autodidacte engagé dont l’originalité lui a valu parfois le surnom de « Van Gogh brésilien ». Reconnu pour ses qualités de coloriste par deux éminents critiques lors d’une exposition locale en 1946, José Antônio da Silva se voit ouvrir les portes des galeries, musées et foires (Biennale de Sao-Paulo & de Venise à plusieurs occasions).

Jose Antonio da Silva
José Antônio da Silva 
Le Renversement, 1949
Collection Marta et Paulo Kuczynski
© José Antônio da Silva
Crédit photographique : Alexandre Santos Silva

Jose Antonio da Silva
José Antônio da Silva 
Sans titre, 1980
Collection Alexandre Martins Fontes
© José Antônio da Silva

Sa peinture de prime abord joyeuse et fortement marquée par le folklore, est avant tout le moyen de dénoncer la dure réalité sociale du monde paysan brésilien : la récurrence des sujets tels que les plantations intensives, les paysages détruits, les aléas climatiques sont autant de messages délivrés par son oeuvre sur les conséquences de la mondialisation vis-à-vis du monde rural auquel l’artiste est viscéralement attaché. Sans nul doute la découverte de cet artiste permettra-t-elle de mesurer les liens que son œuvre tisse avec les productions de l’art brut rassemblées par Jean Dubuffet dès 1948 et de porter un regard nouveau sur l’art brésilien présent dans les collections du musée de Grenoble.

Commissaire de l’exposition :
Gabriel Perez-Barreiro, directeur artistique du Musée Universitaire de Navarre

Commissaire de la saison du Brésil en France : 
Emilio Kalil, directeur de la Fondation Iberê Camargo, Porto Alegre, Brésil

MUSÉE DE GRENOBLE
5 place Lavalette - 38000 Grenoble 

09/08/24

Oeuvres de Philippe de Champaigne @ Musée de Grenoble - Exposition "La Grâce et le silence. Autour de Philippe de Champaigne (1602 - 1674)"

La Grâce et le silence 
Autour de Philippe de Champaigne 
(1602 - 1674)
Musée de Grenoble 
19 octobre 2024 - 12 janvier 2025

Philippe de Champaigne
Philippe de Champaigne 
Saint Jean-Baptiste, vers 1656
Musée de Grenoble

Philippe de Champaigne
Philippe de Champaigne 
Louis XIV, au lendemain de son sacre, reçoit le serment 
de son frère Monsieur, duc d’Anjou, comme chevalier 
de l’Ordre du Saint-Esprit à Reims, le 8 juin 1654, 1665
Musée de Grenoble

Philippe de Champaigne
Philippe de Champaigne 
Portrait de Louis XIII, vers 1639
Banque de France

Philippe de Champaigne
Philippe de Champaigne 
Le Christ mort sur la Croix, 1655
Musée de Grenoble

Philippe de Champaigne (1602-1674) a été, avec Nicolas Poussin et Georges de La Tour, l’un des maîtres incontestés de la peinture française du XVIIe siècle, incarnation du classicisme, plébiscité tant par le roi que par l’Église. Depuis sa création, le musée de Grenoble a rassemblé plusieurs chefs-d’œuvre de ce peintre magistral et en conserve aujourd’hui l’une des plus importantes collections avec celle du Louvre. Il invite à les redécouvrir à l’occasion du 350e anniversaire de sa mort. Ses peintures, dessins et ceux de ses élèves sont exceptionnellement présentés au public, ainsi que quelques œuvres prêtées par des institutions de la région.

Pour compléter ce parcours dans les salles de la collection permanente, un accrochage propose de revoir une sélection des dessins français du XVIIe siècle de la collection. Les œuvres de Philippe de Champaigne et de ses élèves côtoient celles de Charles Le Brun ou Laurent de La Hyre, parfois jamais encore exposées.

Pierre Buraglio
Avec, Autour, Selon 
Dessins d'après Philippe de Champaigne

Pierre Buraglio a, par son œuvre, marqué la création en France depuis le début des années 1960. Invité en résidence au musée de Grenoble à l’été 2024, l’artiste a travaillé devant les tableaux de Philippe de Champaigne. Une œuvre qui s’inscrit dans une relecture des grands artistes depuis plus de quarante ans.

Commissariat :
Joëlle Vaissière, conservatrice en charge de l’art ancien, musée de Grenoble
Sébastien Gokalp, directeur du musée de Grenoble

MUSÉE DE GRENOBLE 
5 place Lavalette - 38000 Grenoble 

13/04/24

Exposition Miró @ Musée de Grenoble - Miró. Un brasier de signes. La collection du Centre Pompidou + Catalogue

MIRÓ Un brasier de signes
La collection du Centre Pompidou
Musée de Grenoble
20 avril - 21 juillet 2024

Le musée de Grenoble présente, en partenariat avec le Centre Pompidou, une exposition consacrée à Joan Miró (Barcelone, 1893 - 1983, Palma de Marjorque). Comprenant plus de 130 œuvres, Un brasier de signes offre un panorama de l’œuvre de l’artiste dans la collection du Musée national d’art moderne, complétée par des œuvres du musée de Grenoble et de la Fondation Miró de Barcelone. Au sein de ce prêt remarquable, figurent les trois « Bleu » qui voyagent exceptionnellement hors de Paris et resteront en dépôt au musée de Grenoble. L’exposition qui met l’accent sur l’iconoclasme, l’énergie créatrice et la modernité artistique du peintre jalonne la totalité de sa carrière tout en offrant un regard privilégié sur son œuvre ultime, des années 1960-1970, une période d’exil intérieur et d’expérimentation intense. Elle s’inscrit dans le cycle des grandes expositions du musée de Grenoble revisitant l’oeuvre d’artistes majeurs du XXe siècle, comme Picasso, Bonnard, Twombly. Cet événement préfigure le programme Centre Pompidou | Constellation construit en partenariat avec les plus grandes institutions culturelles à Paris, en France et à l’international et qui fera rayonner le Centre Pompidou durant ses travaux de rénovation.

Au même titre que celle de Picasso, l’œuvre de Joan Miró, par sa liberté créatrice et son iconoclasme latent, occupe au XXe siècle une place inédite qui lui confère la stature du mythe et l’élève au rang de l’universalité. Ancrée dans la terre catalane de son enfance, elle voit le jour dans les années 1910 avec les peintures dites « détaillistes » de Montroig, scènes réalistes et paysannes qui retiennent la leçon de l’art naïf et du cubisme naissant. Puis, au milieu des années 1920, ses « peintures de rêve » dont la magie poétique séduit les surréalistes tels que Robert Desnos et Michel Leiris lui apportent la reconnaissance artistique. Posant un regard tantôt émerveillé, tantôt plus sombre sur le monde qui l’entoure, le peintre donne progressivement corps à ce que son biographe, le poète Jacques Dupin, a élégamment qualifié de « Mirómonde ».

A partir de 1956, l’installation à Palma de Majorque constitue un nouveau tournant dans son oeuvre. Durant cette période de créativité intense, sa peinture se métamorphose, devient de plus en plus gestuelle, directe et n’est pas sans évoquer les « peintures sauvages » nées dans les années 1930, dans le contexte de la montée du nazisme. 

Portant sur un ensemble de près de 90 oeuvres réalisées dans les années 1960-1970, la dernière période de création de l’artiste est particulièrement bien représentée dans la collection du Centre Pompidou - Musée national d’art moderne. Dans l’exposition, une attention particulière est portée à ces ultimes années d’une extraordinaire fécondité où l’artiste affirme avec une puissance inédite son désir de liberté et d’expérimentations, antidote absolu à toute forme d’académisme et d’oppression. Parmi les œuvres présentées, les trois « Bleu » (1961) marquent un moment fort de l’exposition. Incarnant trois temps d’une même œuvre, ils soulignent l’accomplissement de toute la recherche plastique et poétique de Miró. Leur couleur céleste, célébrant le calme et la sérénité, invite à un voyage méditatif.

Commissariat de l'exposition

Sophie Bernard, conservatrice en cheffe des collections d’art moderne et contemporain du musée de Grenoble, commissaire
Aurélie Verdier, conservatrice en cheffe Centre Pompidou - Musée national d’art moderne, commissaire associée

CATALOGUE DE L'EXPOSITION

Miró. Un Brasier de signes
La collection du Centre Pompidou
Édition In fine

Les auteurs :
Sophie Bernard, Aurélie Verdier, Anne Foucault, Jean-Christophe Bailly, Guitemie Maldonado, Juan-José Lahuerta et Anne Montfort-Tanguy.

Sommaire :
• Brève excursion au pays de Miró, Jean-Christophe Bailly
• Le Nourrisson savant. Joan Miró et l’enfance révolutionnaire, hiver 1923, Aurélie Verdier
• Le Langage d’Éros. Surréalisme, inconscient, élan vital et féminin dans l’oeuvre de Miró, Sophie Bernard
• « Anti-peinture » et « danseuses espagnoles » de Joan Miró : deux actes analogues, Juan-José Lahuerta
• « La négation de toutes les négations. » Miró dans l’Espagne franquiste, 1939-1975, Anne Montfort-Tanguy
Notices de Sophie Bernard, Anne Foucault et Aurélie Verdier

MUSÉE DE GRENOBLE
5, place de Lavalette, 38000 Grenoble 

14/01/24

Concours Photo - Musée de Grenoble : Capture le monde qui t’entoure

Concours Photo 
Capture le monde qui t’entoure 
Organisé par le Musée de Grenoble
Jusqu'au 11 février 2024

Concours Photo - Musée de Grenoble
Concours photo - Musée de Grenoble

A l’occasion de l’exposition Une histoire d’images - Donation Antoine de Galbert, le musée de Grenoble organise un concours photo ouvert aux jeunes de 12 à 25 ans.

Sur le thème « Capture le monde qui t’entoure », le musée vous propose de saisir un instant du monde qui vous interpelle, vous bouleverse ou vous enthousiasme.

Les meilleurs clichés de chaque catégorie (12/14 ans, 15/17 ans et 18/25 ans) seront exposés au musée la dernière semaine de l’exposition et récompensés par de nombreux prix.

Pour participer au concours, il suffit d’envoyer le fichier de votre image, prise avec un smartphone ou un appareil photo, accompagné du formulaire d’inscription, à l’adresse suivante :

musee-de-grenoble@grenoble.fr 
avant le 11 février 2024

Retrouvez toutes les conditions du concours sur

08/12/23

Exposition "Une histoire d'images" @ Musée de Grenoble - Donation Antoine de Galbert

Une histoire d'images
Donation Antoine de Galbert
Musée de Grenoble
16 décembre 2023 - 3 mars 2024

Chester Higgins
Chester Higgins 
A Young Muslim Woman in Brooklyn, 1990
© Chester Higgins Jr. All rights Reserved. 
Courtesy Bruce Silverstein Gallery

Alexandre Lewkowicz
Alexandre Lewkowicz 
Les gitans, La Courneuve, 1966
© Alexandre Lewkowicz

Martin Parr
Martin Parr
 
The Queen visiting the Draper’s Livery hall 
on their 650th Anniversary, 2014
© Martin Parr / Magnum Photos / 
Clémentine de la Féronnière Gallery

Bernard Descamps
Bernard Descamps
 
Boko dans la clairière de Mabala, Pygmées Aka, Centrafrique, 1996
© Bernard Descamps

Le Musée de Grenoble présente sous le titre d’Une histoire d’images, le premier bilan du fonds de photographies rassemblé ces quatre dernières années grâce aux dons réguliers effectués par Antoine de Galbert et sa fondation. L’ensemble offre un panorama impressionnant de notre époque et du rôle déterminant joué par la photographie dans l’élaboration de nos perceptions et des mythologies contemporaines.

Depuis 2020, Antoine de Galbert s’est engagé à soutenir l’enrichissement des collections du musée dans le domaine de la photographie en faisant régulièrement des dons soit directement, soit à travers sa fondation. Le choix des images offertes est opéré en lien étroit avec le musée et son directeur, tout en laissant pleinement s’exprimer le regard et la sensibilité du collectionneur. Le but, à terme, est de constituer un « fonds de photographies Antoine de Galbert » au sein des collections qui vient compléter l’ensemble déjà existant.

À l’instar de la collection d’Antoine de Galbert dont le musée a présenté en 2019 un florilège avec l’exposition Souvenirs de voyage, ces choix ne sont pas dictés par une démarche historique ou des critères thématiques ou esthétiques mais relèvent plutôt de rencontres avec des oeuvres qui, touche après touche, esquissent la vision d’un état du monde, sans manichéisme ni a priori.

Dorothea Lange
Dorothea Lange  
Black Maria, Oakland, ca. 1957.
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California.
Gift of Paul S. Taylor.

Tomasz Tomaszewski
Tomasz Tomaszewski 
The world is where you stop #4. Série A Stone’s throw, 2011
© Tomasz Tomaszewski, from the project “A stone’s throw” #4

Stephan Gladieu
Stephan Gladieu 
Centre commercial Kwangbok, Pyongyang, Corée du Nord, 2017
© Stephan Gladieu. Courtesy School Gallery / Olivier Castaing

On trouve dans ce fonds, pêle-mêle, des images qui renvoient, sans exhaustivité, à des événements marquants de l’histoire depuis la dernière guerre mondiale, mais aussi à quelques personnalités, figures emblématiques de l’oppression ou de la libération des peuples. On y rencontre surtout des visages et des corps de femmes et d’hommes anonymes qui, sous l’objectif des photographes, révèlent de manière souvent poignante voire tragique, ou plus simplement dans une forme d’abandon tendre ou fataliste, le destin d’une humanité aux prises avec l’avancée d’une Histoire qui la dépasse et souvent la broie…

Ainsi, à travers 270 images réalisées par 95 photographes, de Dorothea Lange à Wiktoria Wojciechowska, de Paul Strand à David Goldblatt en passant par Luc Delahaye et Gilles Raynaldy, cette exposition présente un premier bilan de ce mécénat exceptionnel et permet d’esquisser un portrait à la fois objectif et subjectif de notre époque tout en illustrant de manière originale une certaine vision de la photographie.

Commissariat de l'exposition
Antoine de Galbert, président de la Fondation Antoine de Galbert
Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble
Arthur Toqué, directeur de la Fondation Antoine de Galbert

ARTISTES DE LA DONATION

Aalam, Bani Abidi, Antoin d’Agata, Lucien Aigner, Pilar Albarracín, Yolanda Andrade, Anonymes, Jane Evelyn Atwood, Sammy Baloji, Ion Bîrlădeanu, Eric Baudelaire, Philippe Bazin, Guillaume Binet, Alain Bizos, Antoni Campana, Mario Carnicelli, Henri Cartier-Bresson, Jean-Philippe Charbonnier, Chieh-Jen Chen, Roman Cieslewicz, Christian Courrèges, David Damoison, Philippe De Gobert, Luc Delahaye, Bernard Descamps, Jean-Marie Donat, Alfred Eisenstaedt, Sandra Eleta, Fouad Elkoury, Charles Fréger, Alberto García-Alix, Laurence Geai, Agnes Geoffray, Julien Gester, Stephan Gladieu, David Goldblatt, Hengameh Golestan, Cosmin Gradinaru, Guillaume Herbaut, Chester Higgins, Kati Horna, John Isaacs, Olivier Jobard, Alain Keler, Yevgeny Khaldeï, Chris Killip, Sirkka-Liisa Konttinen, Oleg Kulik, Olivier Laban-Mattei, Stéphane Lagoutte, Dorothea Lange, Le Tiers Visible, Arthur Leipzig, Alexandre Lewkowicz, Pascal Maître, Yuri Mechitov, Davood Maeili, Edouard Méhomé, Georges Melet, Lívia Melzi, Boris Mikhaïlov, Lisette Model, Etienne Montes, Yan Morvan, Genevieve Naylor, Vladimir Nikitin, Martin Parr, Paolo Pellegrin, Mathieu Pernot, Gilles Raynaldy, Marc Riboud, Sophie Ristelhueber, Hugo Schmölz et Karl Hugo Schmölz, Chantal Stoman, Paul Strand, Mikhael Subotzky, Barthélémy Toguo, Tomasz Tomaszewski, James-Iroha Uchechukwu, Alex Van Gelder, Erwan Venn, Weegee, Where dogs run, Sue Williamson, Wiktoria Wojciechowska, Pavel Wolberg, Tom Wood, Patrick Zachmann, Miron Zownir

MUSÉE DE GRENOBLE
5 place Lavalette, 38000 Grenoble 

15/10/22

Exposition De la nature @ Musée de Grenoble - Philippe Cognée, Cristina Iglesias, Wolfgang Laib, Giuseppe Penone

De la nature
Philippe Cognée, Cristina Iglesias, 
Wolfgang Laib, Giuseppe Penone
Musée de Grenoble
22 octobre 2022 - 19 mars 2023

Musée de Grenoble - De la nature - Affiche de l'exposition
Musée de Grenoble - De la nature 
Affiche de l'exposition
Courtesy Musée de Grenoble


Wolfgang Laib
Wolfgang Laib
Installation d’un pollen
© Wolfgang Laib

Wolfgang Laib
Wolfgang Laib 
Brahmanda, Février 2016
© Wolfgang Laib

Le musée invite dans le cadre d’une exposition intitulée « De la nature » quatre plasticiens de renommée internationale pour qui la question du rapport de l’humain à la nature est essentielle : Philippe Cognée, Cristina Iglesias, Wolfgang Laib et Giuseppe Penone.

La relation de l’homme à la nature apparaît d’ores et déjà comme un des sujets majeurs du XXIᵉ siècle. La prise de conscience écologique à l’échelle planétaire qui a marqué ces deux dernières décennies est en train de bouleverser nombre de systèmes de pensée dans des domaines aussi divers que ceux de l’économie, du social, du politique ou du culturel… Cette question du lien entre l’être humain et son environnement n’est pourtant pas nouvelle. Elle se situe même au fondement des origines de l’humanité et surgit, de fait, dès l’instant où l’homo sapiens commence à conceptualiser ce qui l’entoure, notamment par les dessins et les peintures rupestres.

Pour revenir sur ce thème déterminant de la création artistique, les quatre artistes invités qui furent au demeurant déjà présentés à Grenoble lors d’expositions monographiques, viennent d’horizons très différents et permettront, grâce à leurs propositions plastiques inédites, d’éclairer sous des aspects résolument originaux et singuliers cette relation. 

Ainsi pour Philippe Cognée, seul peintre de la sélection, le paysage apparaît dans son œuvre en contrepoint de ses vues urbaines qui l’ont fait connaître, comme l’expression d’un chaos ordonné, à la fois lieu originel et vital en même temps que sauvage et menaçant. 

Pour l’exposition, Philippe Cognée a sélectionné des tableaux issus de trois séries distinctes. Tout d’abord celle des Fleurs, un sujet classique par excellence et dont il tire une fantasmagorie à la fois effrayante et fascinante ; celle des Paysages ensuite, avec des forêts enneigées et des buissons de ronces qui le conduisent aux limites de l’abstraction ; celle des Châteaux de sable enfin, métaphores de nos civilisations aux fondations vacillantes et que l’eau et le vent emportent peu à peu…

Pour Cristina Iglesias, la nature se manifeste sous l’aspect de « motifs décoratifs » qui subvertissent les formes architecturales qu’elle édifie, posant à nouveau avec ironie et sensualité la question du rapport entre nature et culture. 

Pour cette manifestation, Cristina Iglesias a conçu une nouvelle “chambre” étrange et secrète, à la fois minérale et suintante d’humidité, organisme architecturé et primitif, paradoxal, où le trompe-l’œil est une invitation au voyage adressée à l’esprit. Cette sculpture sera accompagnée d’une série inédite de travaux sur cuivre

Avec Wolfgang Laib, la relation à la nature s’inscrit dans une démarche d’ordre spirituel où l’œuvre d’art devient offrande à la vie et à la Création. 

A Grenoble, Wolfgang Laib présente un carré de pollen. Une œuvre fondatrice de sa démarche artistique qui constitue toujours pour le spectateur une expérience unique, à la fois rencontre très concrète avec la nature et incitation à la méditation sur sa beauté et sa fragilité. En contrepoint seront exposés un grand Brahmanda en granit poli, masse noire et ovoïde pesant de tout son poids et de son obscurité insondable, métaphore du cosmos, et un ensemble de dessins diaphanes au pastel blanc, évocation des limites du visible et de l’invisible…

Enfin, Giuseppe Penone, dans un rapport fusionnel avec les éléments, révèle les énergies qui traversent l’être humain et l’unissent de manière consubstantielle à son milieu d’origine, la nature.

Pour l’exposition, Giuseppe Penone associe deux séries d’œuvres. Les Gesti vegetali, des sculptures en bronze, à mi-chemin entre la figure humaine et le végétal, véritables « esprits de la forêt » s’élevant parmi les plantes et les arbustes plantés pour l’occasion ; et les Verde del bosco, des empreintes d’écorces d’arbres réalisées avec la chlorophylle de feuilles frottées et qui donnent naissance à de nouvelles images de la forêt. De la trace à l’incarnation, tel est le chemin…

CATALOGUE
De la nature. Ouvrage collectif, sous la direction de Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble, et Sophie Bernard, conservateur en chef, collections d’art moderne et contemporain. Avec les contributions de Deepak Ananth, Jean-Christophe Bailly, Sophie Bernard, Marie Darrieussecq, Clélia Nau, Guy Tosatto.

Commissariat de l'exposition:
Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble
Sophie Bernard, conservatrice en chef pour l’art moderne et contemporain, musée de Grenoble

MUSÉE DE GRENOBLE
5 Place de Lavalette, 38000 Grenoble

26/11/21

Pierre Bonnard @ Musée de Grenoble - Les couleurs de la lumière

Bonnard. Les couleurs de la lumière
Musée de Grenoble
30 octobre 2021 - 30 janvier 2022

Pierre Bonnard
Pierre Bonnard 
La Place Clichy, 1912
Huile sur toile. Paris, Centre Pompidou, musée national d’Art moderne.
Dépôt au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Besançon
© Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie – Photographie C. Choffet

Pierre Bonnard
Pierre Bonnard
Paysage normand, 1920 
Huile sur toile
Musée Unterlinden, Colmar
© Christian Kempf

Pierre Bonnard
Pierre Bonnard 
Intérieur blanc, 1932
Huile sur toile. Grenoble, Musée de Grenoble
© Photo Ville de Grenoble/Musée de Grenoble - J.-L. Lacroix

Sous le titre Bonnard. Les couleurs de la lumière, le musée de Grenoble en partenariat avec le musée d’Orsay présente une grande exposition consacrée à l’artiste. Rassemblant plus de 75 peintures, une trentaine d’œuvres sur papier (dessins, affiches) et une vingtaine de photographies, elle propose un parcours inédit embrassant la totalité de son œuvre avec, comme fil rouge, le thème de la lumière et les différentes couleurs et nuances qu’elle revêt au cours de sa vie et selon les lieux où il séjourne.

Très tôt présent dans les collections du musée de Grenoble, notamment avec l’un de ses chefs-d’œuvre Intérieur blanc de 1932, Bonnard passa durant sa jeunesse toutes ses vacances dans un petit village en Isère, Le Grand-Lemps, d’où était originaire sa famille paternelle. Néanmoins, jusqu’à présent le musée n’avait encore jamais organisé une exposition dédiée à cette figure majeure de l’art du XXe siècle. Cette manifestation, qui bénéficie en outre d’un prêt exceptionnel du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou et de plusieurs autres prêts de musées français, permet ainsi de combler cette lacune.

Le parcours s’organise en six sections illustrant chacune un thème représentatif des différentes périodes de sa création. Deux salles viennent s’intercaler dans ce cheminement : une première dédiée à la photographie, que l’artiste pratiqua surtout dans le cercle familial des années 1890 aux années 1910, et une seconde aux arts graphiques, avec notamment un très bel ensemble de dessins témoignant de la vitalité et de la précision de son trait. L’exposition s’achève par un contre-point contemporain avec une série inédite de photographies de Bernard Plossu réalisées récemment dans la maison du peintre au Cannet.

Le Grand-Lemps
La première section s’attache à l’ancrage dauphinois de Pierre Bonnard et aux nombreux étés qu’il passa dans la propriété du Grand-Lemps, où il retrouvait sa sœur Andrée, son beau-frère le compositeur Claude Terrasse et leurs cinq enfants. L’artiste y réalise ses premiers paysages et se souviendra longtemps des sensations premières vécues dans ce « vert paradis ». Quelques grandes compositions aux lumières vaporeuses illustrent cette vie de famille, dont l’artiste se plaisait à fixer avec tendresse les détails, et témoignent au plan stylistique de son engagement auprès des Nabis. S’inspirant encore de l’éden isérois, Pierre Bonnard plonge les scènes idylliques de ses grands décors parisiens dans une douce lumière dorée.

Paris « ville Lumière »
Le parcours se poursuit avec une section consacrée à Paris « ville lumière ». En véritable « peintre de la vie moderne », Bonnard arpente les rues de son quartier, des Batignolles à Montmartre, pour en croquer les scènes du quotidien. Il les retranscrit ensuite de manière sophistiquée dans ses tableaux aux constructions complexes et aux perspectives influencées par l’art du Japon. Les scènes diurnes inspirées des harmonies grises et bleutées de la capitale alternent avec des scènes nocturnes rehaussées parfois de couleurs stridentes pour dire l’effervescence et le dynamisme de la ville.

Lumières normandes
Grand admirateur de Monet qu’il rencontra à plusieurs reprises à Giverny, Bonnard achète en 1912 une propriété dans les environs, à Vernonnet. La troisième section de l’exposition évoque précisément la douceur de la lumière normande et les séjours répétés qu’il fit jusqu’en 1938 dans sa maison appelée « Ma Roulotte », qui dominait un jardin pentu descendant vers la Seine. Il peignit là de nombreux paysages panoramiques qui s’embrasent parfois sous les feux du soleil et, grâce au dispositif de la porte-fenêtre, ses premières compositions faisant cohabiter espace intérieur et vue extérieure.

Entre ombre et lumière
La quatrième section, contrepoint aux vues de plein air, traite des scènes d’intérieur et du goût de l’artiste pour les espaces intimes et confinés. Objets, figures féminines, animaux déploient en de savants agencements une narration exprimant tour à tour la douceur de la vie domestique, la solitude voire l’incommunicabilité entre les êtres. Dans ses intérieurs en huis clos du tournant du siècle, Pierre Bonnard impose sa « manière noire ». La lumière vient ici trouer l’ombre, créant de subtiles tensions entre les couleurs et les formes, tout en faisant écho semble-t-il aux sentiments des occupants silencieux de ces intérieurs. A partir des années 1910, les sujets quotidiens se muent en scènes enchanteresses baignées d’une lumière irréelle. 

Reflets
Cette cinquième section est dédiée à un thème central dans l’œuvre de Pierre Bonnard : le nu féminin. Marthe sa compagne en est le modèle privilégié, et si d’autres femmes posent pour lui comme Lucienne Dupuy de Frenelle ou Renée Montchaty, sa maîtresse durant quelques années, elles se confondent toutes pour former « La Femme », dont Marthe est l’expression générique. Dans la lignée de Degas, Bonnard aime à les dépeindre dans l’intimité du rituel de leur toilette. Adoptant des cadrages inédits, démultipliant les points de vue et fragmentant l’espace grâce à des jeux de miroirs, il traduit de manière stupéfiante le vertige de ses visions intérieures. La lumière nimbe les corps et leur écrin d’un halo scintillant et miroitant et exalte les couleurs jusqu’à créer un véritable éblouissement des sens d’une suave splendeur.

Sous le soleil du midi
C’est à l’impact de la lumière du Midi sur l’artiste qu’est consacrée l’ultime section, et plus particulièrement à celle de la Côte d’Azur que Pierre Bonnard découvre en 1904 en compagnie de Vuillard et de Roussel. Il rencontre alors Signac et Valtat à Saint-Tropez, dont les toiles vivement colorées et composées de touches juxtaposées influencent profondément son approche de l’art. Il retourne ensuite régulièrement dans ce sud enchanteur, louant des villas à Grasse, Saint-Tropez, Antibes et Cannes, et finit par acheter en 1926 une petite maison sur les hauteurs du Cannet, avec une belle vue sur la Méditerranée. C’est là qu’il crée des œuvres apparaissant comme autant d’éloges de la lumière intense du Midi qui diffracte les tons et les formes pour constituer un tout vibrant de couleurs et d’émotions mêlées. 

Pierre Bonnard
Bonnard. Les couleurs de la lumière
Catalogue de l'exposition
Coédition Musée de Grenoble / In Fine éditions d’art
Reliure cartonnée contrecollée, 320 pages, 22 x 28 cm
Sous la direction de Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble, Sophie Bernard, conservatrice en chef chargée des collections d’art moderne et contemporain au musée de Grenoble, Isabelle Cahn, conservatrice générale honoraire des peintures du musée d'Orsay

MUSEE DE GRENOBLE
5 Place de Lavalette, 38000 Grenoble

06/09/16

Expo Fantin-Latour, Paris & Grenoble - Musée du Luxembourg & Musée de Grenoble

Fantin-Latour
A fleur de peau
Musée du Luxembourg, Paris

14 septembre 2016 - 12 février 2017
Musée de Grenoble
18 mars - 18 juin 2017


Henri Fantin-Latour
Autoportrait, la tête légèrement baissée
1861
huile sur toile ; 25,1 x 21,4 cm
Washington, National Gallery of Art
Courtesy National Gallery of Art, Washington

Première rétrospective de l’oeuvre de HENRI FANTIN-LATOUR (1836-1904) à Paris depuis l’exposition de référence consacrée au peintre dans les galeries nationales du Grand Palais en 1982, cette exposition met en lumière les oeuvres les plus emblématiques d’un artiste surtout connu pour ses natures mortes et ses portraits de groupe, et révèle également la part importante occupée dans son oeuvre par les peintures dites « d’imagination ».

Très attaché dès sa jeunesse à la restitution fidèle de la réalité, Fantin-Latour explora également, avec délectation, une veine plus poétique qui le rapproche des symbolistes. L’exposition, qui embrasse toutes les facettes de cette riche carrière, propose un parcours dense rassemblant plus de cent vingt oeuvres, tableaux, lithographies, dessins et autres études préparatoires.


Henri Fantin-Latour
Fleurs d’été et fruits
1866
huile sur toile ; 73 x 59,7 cm
Etats-Unis, The Toledo Museum of Art
© The Toledo Museum of Art

Suivant un plan chronologique, l’exposition s’ouvre sur les oeuvres de jeunesse de l’artiste, en particulier les troublants autoportraits qu’il réalise dans les années 1850-1860. Confiné dans l’atelier, Fantin-Latour trouve alors ses sources d’inspiration au coeur de son intimité : modèles captifs, ses deux soeurs sont mises en scène en liseuses ou en brodeuses, tandis que les natures mortes savamment composées des années 1860 révèlent, déjà, les qualités d’observation exceptionnelles du jeune artiste.

Les coups d’éclat de la décennie 1864-1872, période charnière dans le travail de Fantin-Latour, sont mis en lumière dans la seconde partie de l’exposition. Mu par de grandes ambitions, le jeune artiste travaille alors intensément, innovant avec panache dans le domaine du portrait de groupe. Avec l’Hommage à Delacroix, le premier de ses grands portraits de groupe, il inscrit son nom dans l’histoire d’une certaine modernité, aux côtés de Delacroix ou de Manet. Avec Le Toast (1864-1865), Un atelier aux Batignolles (1870) et Coin de table (1872), il multiplie les oeuvres à valeur de manifestes.


Henri Fantin-Latour
L’Anniversaire
1876
huile sur toile ; 220 x 170 cm
Grenoble, musée de Grenoble
© Musée de Grenoble


Henri Fantin-Latour
La Lecture
1877
huile sur toile ; 97,2 x 130,3 cm
Lyon, musée des Beaux-Arts
© musée des Beaux-Arts de Lyon / Photo Alain Basset

La troisième partie de l’exposition présente les séries de natures mortes et de portraits que l’artiste réalise entre 1873 et 1890. A l’exception des portraits de commande, qui se raréfient peu à peu dans son oeuvre, il qualifie lui-même la plupart de ces toiles d’« études d’après nature ». Les somptueux portraits de fleurs qu’il brosse alors par dizaines témoignent d’un talent rare dans la composition des bouquets autant que d’une exceptionnelle virtuosité dans le rendu des matières. Ses portraits, qu’ils soient posés ou plus intimistes, illustrent eux aussi un sens aigu de l’observation.


Henri Fantin-Latour
Capucines doubles
1880
huile sur toile ; 62,8 x 42,5 cm
Royaume-Uni, Londres, Victoria and Albert Museum
© Victoria and Albert Museum, Londres


Henri Fantin-Latour
L’Etude (portrait de Sara Elizabeth Budgett)
1883
huile sur toile ; 114 x 87 cm
Belgique, musée des beaux-arts de Tournai
© collection du musée des beaux-arts de Tournai, legs Van Cutsem

L’artiste se lasse pourtant peu à peu des portraits et des natures mortes, ainsi que le révèle la quatrième partie de l’exposition. « Je me fais plaisir » : par cette phrase écrite dans une lettre à son ami et marchand Edwards en 1869, Henri Fantin-Latour évoque les oeuvres dites « d’imagination » qui occupent une part croissante dans son oeuvre au fil des années. Nourries de sa passion pour la musique, inspirées par des sujets mythologiques ou odes à la beauté du corps féminin sous couvert de chastes allégories, ces oeuvres révèlent un visage moins connu de l’artiste.


Henri Fantin-Latour
Prélude de Lohengrin
1892
huile sur toile ; 102 x 71,5 cm
collection particulière
© collection particulière

Entre l’austérité des portraits familiaux, la richesse des natures mortes et la féerie des tableaux d’imagination se dessine ainsi un personnage tout en nuances, dont la personnalité complexe se trouve éclairée par l’abondante correspondance qu’il entretint avec plusieurs de ses amis et artistes de l’époque. L’exposition innove d’ailleurs en consacrant une salle au processus créatif de Fantin-Latour qui, centrée sur L’Anniversaire peint en 1876, présente en parallèle peintures, dessins et lithographies retravaillées à de nombreuses reprises. Cette rétrospective est enfin l’occasion de dévoiler au public un corpus de photographies inédit, saisissant répertoire de formes pour l’artiste.

Au-delà de la mise en lumière du genre traditionnellement mineur de la nature morte, érigé par Henri Fantin-Latour en véritable portrait de fleurs, l’exposition souhaite brosser l’image d’un artiste en prise avec les débats de son temps, entre passion du réel et besoin d’évasion, qui a su s’imposer, malgré sa discrétion, comme une figure marquante de son siècle.

Cette exposition est réalisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée de Grenoble, en collaboration avec le musée d’Orsay.

Commissariat de l'exposition : Laure Dalon, conservateur à la Rmn – Grand Palais, adjointe au directeur scientifique ; Xavier Rey, conservateur au musée d’Orsay, et Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble.

MUSEE DE LUXEMBOURG
www.museeduluxembourg.fr

MUSEE DE GRENOBLE
www.museedegrenoble.fr

18/12/15

Cristina Iglesias, Musée de Grenoble

Cristina Iglesias
Musée de Grenoble
23 avril - 31 juillet 2016



Singulier, fascinant et beau, tel apparaît l’univers de Cristina Iglesias. Considérée comme une des artistes espagnoles les plus marquantes de ces vingt-cinq dernières années dans le domaine de la sculpture, reconnue au plan international, notamment grâce à plusieurs commandes monumentales, elle reste peu connue du public français. L’exposition du musée de Grenoble constitue donc une belle opportunité de découvrir cette œuvre, à la fois pleinement contemporaine et profondément ancrée dans la culture ibérique.

Née en 1956 à San Sebastian, Cristina Iglesias s’est fait connaître sur la scène artistique européenne au milieu des années 1980. Son travail s’appuie depuis ses débuts sur des formes fortement architecturées qui se présentent comme autant d’invitations à des expériences sensorielles particulières. Il est avant tout ques- tion d’espace dans ses œuvres. Des espaces auxquels on se confronte, que l’on côtoie, que l’on pénètre. Ils peuvent évoquer tant la nature que l’architecture, les deux se confondant souvent dans des constructions hybrides, réalisées avec les matériaux les plus divers, du bronze à l’albâtre en passant par le béton et le verre. Œuvre ambiguë, où le paradoxe se mêle au faux-sem- blant, elle constitue une exploration vertigineuse d’un univers parallèle, onirique, où le réel ne se départit jamais du fantasme, où la vérité est double, claire et obscure, douce et cruelle.

Pour le musée de Grenoble, Cristina Iglesias a conçu un parcours, à partir d’un ensemble de travaux réalisés ces quinze dernières années, qui devrait permettre de saisir les enjeux de son œuvre tout en se familiarisant avec l’étrange poésie qui en émane.

En guise d’introduction, plusieurs salles seront ainsi consacrées à la présentation de travaux sur papier, de maquettes, de séri- graphies sur acier qui viendront éclairer les différents modes de travail de l’artiste de même qu’un certain nombre de projets monumentaux, réalisés ou non… L’exposition se poursuivra avec des œuvres de grands formats, qui conduiront le visiteur au cœur même de l’univers de Cristina Iglesias. Ici la vue, mais aussi le toucher, l’odorat ou encore l’ouïe sont convoqués pour vivre littéralement ces sculptures aux apparences d’architectures. On découvrira notamment un Passage suspendu, constitué de nattes en paille tressée, sous lequel on déambule et qui découpe la lumière en mille éclats. Plus loin s’ouvrira un espace végétal, véritable labyrinthe dont les parois sont animées par un lacis de branches et de feuilles, telle une forêt pétrifée de bronze, obscure  et  inquiétante.  Plus  avant  encore,  un  ensemble  de « jalousies », à la fois écrans et paravents de bois ou de métal, se déploiera dans un vaste espace pour former comme autant de cellules, lieux d’entre-deux clos et ouverts, silencieux et bruis- sants de mots…

Univers hybride, où la douleur est contenue et la sensualité affeure dans chaque forme, le monde de Cristina Iglesias est fait de suggestions et de secrets. Intriguer, laisser deviner sont les ressorts de ses dispositifs sculpturaux dont la visée semble être, en défnitive, une manière d’initiation voluptueuse et inquiète des sens à une réalité intermédiaire, à la fois concrète et rêvée, physique et intellectuelle, pure et pervertie.

Guy Tosatto, conservateur en chef, directeur du musée de Grenoble

A lire sur Wanafoto : Jusqu'au 7 février 2016, au musée de Grenoble : Georgia O’Keeffe et ses amis photographes.

Musée de Grenoble
5, place de Lavalette 38000 Grenoble

31/10/15

Exposition Georgia O’Keeffe, Musée de Grenoble - "Georgia O’Keeffe et ses amis photographes"

Georgia O’Keeffe et ses amis photographes
Musée de Grenoble
7 novembre 2015 - 7 février 2016



Première monographie consacrée en France à l’artiste peintre américaine Georgia O’Keeffe, cette exposition au musée de Grenoble constitue un événement exceptionnel. Réalisée avec la participation de la Fondation O’Keeffe de Santa Fe (Nouveau Mexique, Etats-Unis) et le soutien du réseau franco-américain de musées FRAME, elle retrace la carrière d’une icône de l’art américain aussi célèbre aux Etats-Unis que Jackson Pollock. Celle-ci se développe sur plus d’un demi-siècle, des débuts du modernisme américain à l’abstraction des années 1960. De ses premières créations à New York à son installation au Nouveau Mexique en 1949, O’Keeffe fut fortement influencée par la photographie moderne. L’exposition fera ainsi dialoguer ses peintures avec les images de ses amis photographes et formera, un ensemble total de 80 œuvres issu de quinze prestigieux musées américains mais également de grandes institutions allemandes, espagnoles et françaises.

Georgia O’Keeffe occupe une place singulière dans le contexte de l’art américain. Ses peintures, reconnaissables entre toutes, se distinguent par leur immédiateté, la sensualité de leurs couleurs et la clarté de motifs qui s’imposent, avec insistance, à la mémoire. La force de ces images, qui viennent question- ner le visible, tient au trouble créé par des formes énigmatiques oscillant sou- vent entre abstraction et figuration. Abandonnant l’abstraction organique de ses débuts, l’artiste se fait connaître, dans les années 1920, par des pein- tures de fleurs et de buildings au réalisme photographique. Elle assimile alors l’esthétique précisionniste des peintres du cercle de Stieglitz – Arthur Dove, John Marin, Charles Demuth et Marsden Hartley, pour ensuite donner corps à un répertoire formel unique, profondément marqué par sa vie dans le désert du Nouveau Mexique. A partir des années 1960, en communion spirituelle avec son environnement du Sud-Ouest, O’Keeffe peint des compositions abstraites, dont la pureté formelle et la sensualité des tons se font l’écho des travaux de Mark Rothko, Ellsworth Kelly ou Agnes Martin.

Née en 1887, dans le Wisconsin à Sun Prairie, Georgia O’Keeffe élabore très jeune une œuvre personnelle inspirée par les vastes plaines du Texas et marquée par les arabesques de l’art nouveau. A la suite de sa rencontre avec le photographe et défenseur des avant-gardes, Alfred Stieglitz, elle s’installe à New York en 1918 pour se consacrer exclusivement à son œuvre. Muse puis épouse du photographe en 1924, O’Keeffe découvre l’avant-garde européenne à la galerie 291 et fréquente le cercle de Stieglitz.

Fruit d’une individualité forte, son œuvre unique puise ses sources dans la nature. Entre abstraction et figuration, son travail se développe en séries selon un parti pris résolument moderniste. Ses compositions naissent avant tout de son observation du monde. Ce sont d’abord les ciels du Texas, les montagnes de Lake George, les buildings de New York et les fleurs. A partir de 1929, l’artiste choisit de passer ses étés à Santa Fe avant de s’installer définitivement au Nouveau-Mexique en 1949. Elle vit alors en communion intime avec la nature, goûtant la solitude des grands espaces, conduisant sa voiture à travers le désert. Cette expérience lui inspire de nouveaux sujets : architecture vernaculaire, canyons, os, ciels et rivières. 

Tout au long de sa carrière, Georgia O’Keeffe est attentive aux développements de la photographie moderne. La vision photographique qu’elle assimile explique en partie la force de ses images. Aussi jalonnant le parcours de l’exposition, au-delà des célèbres clichés de Stieglitz qui le premier sut saisir la beauté de l’artiste, sept photographes qui ont marqué son œuvre peint, qu’elle a elle-même influencés – Alfred Stieglitz, Paul Strand, Edward Weston, Imogen Cunningham, Ansel Adams, Eliot Porter et Todd Webb - seront présentés. Georgia O’Keeffe partageait avec eux non seulement une communauté de motifs mais des lieux de prédilection – New York, le Nouveau-Mexique – qui forgèrent leurs regards respectifs.

Commissariat de l’exposition
Guy Tosatto, conservateur en chef, directeur du musée de Grenoble
Sophie Bernard, conservateur, chargée des collections modernes et contemporaines

Musée de Grenoble
5, place Lavalette, 38000 Grenoble
www.museedegrenoble.fr

15/01/15

Expo Giuseppe Penone, Musée de Grenoble

Giuseppe Penone
Musée de Grenoble 
Jusqu'au 22 février 2015

Giuseppe PENONE n’a plus fait de grandes expositions dans un musée français depuis sa rétrospective au Centre Georges Pompidou en 2004. Pour son exposition au musée de Grenoble, il conçoit un parcours très libre qui mêle œuvres anciennes et créations nouvelles, sculptures et réalisations murales, pièces monumentales et œuvres intimistes. A la manière de Bachelard, il offre une rêverie sur les éléments, rêverie sensuelle et poétique qui conduit incidemment à une approche renouvelée de la relation de l’homme à la nature, des liens profonds et indéfectibles qui les unissent. 

L’exposition se développe en cinq sections. La première évoque le toucher. De la préhension première du nourrisson qui cherche à saisir ce qu’il sent et voit autour de lui, au geste du sculpteur qui saisit la matière pour lui donner un sens nouveau. La deuxième s’attache à la peau. A cette frontière perméable entre extérieur et intérieur qui renferme et protège les fluides vitaux : sang, eau, sève, résine... La troisième porte sur le souffle. Souffle du vent qui traverse les feuillages, souffle de la respiration qui anime les corps. Cette mise en résonnance du corps et du végétal, rappel de la métamorphose de Daphné d’Ovide, illustre les liens qui unissent l’homme à la nature. La quatrième explore, à travers des empreintes magnifiées, les passages incessants et multiples entre les différents règnes : le minéral, le végétal et l’animal. La cinquième est un chant à la nature retrouvée, chant d’amour à la beauté des arbres, à leur puissance singulière et unique qui, à l’image des corps, conservent en eux l’histoire et le temps.

Bois, marbre, bronze, mais aussi végétaux, soie, cuir, graphite donnent formes à un nombre important de sculptures ainsi qu’à une réalisation in-situ. Elles sont accompagnées d’une sélection de dessins, dont de nombreux inédits, qui viennent éclairer leur genèse. 
« Evoquer l’œuvre de Giuseppe Penone conduit invariablement à parler de la nature, au sens plein et primordial du mot, comme origine et source toujours renouvelée de son inspiration. Le terme même d’inspiration paraît ici un peu faible, tant les liens qui unissent l’artiste aux éléments ont de puissance. On rappelle souvent, en guise de commentaire, l’importance décisive de ses origines paysannes, l’influence de ses années d’enfance passées au contact étroit des champs et des forêts, enfin, durant sa formation artistique, la naissance et les premiers développements du Land Art aux Etats-Unis. Il n’empêche que, benjamin des protagonistes de l’Arte Povera, il entame dès 1968 – il n’a alors que vingt et un ans – l’un des œuvres les plus intenses et les plus riches de ces quarante dernières années. Son approche de la nature s’appuie avant tout sur la connaissance immémoriale inscrite en chacun de nous, dans chaque cellule de notre corps, durant la longue chaîne de l’évolution humaine. Connaissance intuitive, infraverbale, que nos sens nous transmettent lorsque soudain ils reconnaissent une sensation tactile, une odeur, une image, une saveur ou un son, et qui marque de son sceau l’alliance, chaque fois renouvelée, de l’homme avec l’univers.
Aussi l’artiste se fait-il avant tout réceptacle : corps ouvert au monde, aux forces qui l’animent, aux énergies qui le traversent. Pour être ensuite celui par qui s’exprime la nature dans ses manifestations les plus imperceptibles (la croissance, le souffle, l’érosion...), en des gestes simples et primordiaux, des formes d’une étrange familiarité, essentielles et belles.»
Guy TOSATTO, conservateur en chef, directeur du musée de Grenoble

Prochaine exposition au musée de Grenoble : De Picasso à Warhol - Une décennie d'enrichissement des collections du musée de Grenoble, 7 mai - 30 août 2015

Musée de Grenoble
5, place de Lavalette - 38000 Grenoble