Showing posts with label FRAC Ile-de-France. Show all posts
Showing posts with label FRAC Ile-de-France. Show all posts

16/02/21

David Douard @ Le Plateau, FRAC Ile-de-France, Paris - O’ Ti’ Lulaby

David Douard O’ Ti’ Lulaby
Le Plateau, FRAC Ile-de-France, Paris
Jusqu'au 28 février 2021

David Douard

DAVID DOUARD
Work in progress
© David Douard

David Douard

DAVID DOUARD
Work in progress
© David Douard

Le Plateau présente une exposition personnelle de David Douard intitulée O’ Ti’ Lulaby, regroupant principalement des nouvelles productions, installations, pièces sculpturales et sonores ou éléments architecturaux.

Mêlant plusieurs registres de langage, objets quotidiens et matériaux à la fois issus du low-tech, de la culture populaire et mainstream, les oeuvres de David Douard provoquent des glissements de sens générateurs de poésie et de fiction. Les fragments de poésie collectés sur Internet associés à des formes tourmentées, abîmées, découpées et rapiécées donnent naissance à des pièces sculpturales de nature hybride. Récoltant indifféremment les scories du monde, ses installations – composées de matériaux dont les caractéristiques organiques et anarchiques font écho à celles des mouvements sociaux – nous donnent à voir des corps en mutation.

Pour son exposition au Plateau, David Douard transforme l’espace en y intégrant des éléments architecturaux – grilles, voilages, écrans, cloisons, stores – qui ne sont pas sans évoquer les surfaces des écrans dans un rapport quasi virtuel à l’espace, ou encore les playgrounds grillagés de certains interstices urbains.

Ces espaces multiples se jouent de la superposition et de la transparence, avec force trames et calques qui accentuent l’effet ondulatoire et mouvant des images, des objets et des corps. Le lieu se revêt ainsi d’un patchwork de peaux sensitives et architecturales, tel un corps dont les zones vitales sont alternativement en éveil ou en sommeil et activées par des flux multiples.

David Douard

DAVID DOUARD
Work in progress
© David Douard

David Douard

DAVID DOUARD
Work in progress
© David Douard

La représentation de soi et celle d’une identité en devenir dessinent les reflets miroitants d’une introspection surexposée. Le souffle, le langage et son bégaiement s’insinuent également sous différentes formes – cut-up de voix ou de paroles, fragments d’écrits – et cette petite ritournelle semble se faire l’écho d’une parole collective échappant à toute tentative de catégorisation.

Dans cet univers, l’architecture cloisonne aussi bien qu’elle révèle, se cache tout en affirmant son autorité, et les objets anthropomorphes qui s’y immiscent abandonnent les parois au profit d’une centralité éclatée. L’entrave et la contrainte des corps sont au centre de cette immersion individuelle et collective où les informations, les objets, les figures renvoient aussi bien à la maîtrise qu’au pouvoir subversif des images et du langage.

DAVID DOUARD, né en 1983 à Perpignan, vit et travaille à Paris. Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles et collectives dans des institutions internationales telles que : Irish Museum of Modern Art (IMMA), Dublin, Irlande (2019) ; KURA. c/o Fonderia Artistica Battaglia, Milan, Italie (2018) ; Palais de Tokyo, Paris, France (2018 et 2014) ; Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France (2017 et 2015) ; Kunstverein Braunschweig, Allemagne (2016) ; Fridericianum, Kassel, Allemagne (2015) ; Sculpture Center, New York, États-Unis (2014) ; Astrup Fearnley Museet, Oslo, Norvège (2014) ; Fondation d’entreprise Ricard, Paris, France (2012). Il a participé à plusieurs biennales : Asia Culture Center - Biennale de Gwangju, Gwangju, Corée du Sud (2018) ; Biennale de Taipei, Taïwan (2014) ; 12e Biennale de Lyon, France (2013). Il a également été résident à l’Académie de France à Rome - Villa Médicis (2017-2018).

Commissaire de l’exposition : Xavier Franceschi

LE PLATEAU
FRAC ILE-DE-FRANCE
22 rue des Alouettes, 75019 Paris

24/03/19

De l’immersion à l’osmose. Chaosmose #2 @ Frac île-de-france, le château / Parc culturel de Rentilly - Michel Chartier

De l’immersion à l’osmose
Chaosmose #2 
Frac île-de-france, le château / Parc culturel de Rentilly - Michel Chartier
17 mars - 21 juillet 2019

Daniel Steegmann Mangrané
Daniel Steegmann Mangrané
Spiral Forest (Kingdom of All the Animals And All the
Beasts Is My Name), 2013 - 2015
Film 16 mm couleur, muet
Durée: 11 min
Collection IAC, Villeurbanne/Rhône-Alpes
© Daniel Steegmann Mangrané

Dove Allouche
Dove Allouche
Désublimation_31, 2016
103 x 152 cm
Collection IAC, Villeurbanne/Rhône-Alpes
© Dove Allouche

Maria Thereza Alves
Maria Thereza Alves
Chanson florale, 2018
Installation sonore, bancs, plantes
Dimensions variables
Courtesy de l’artiste et de la galerie Michel Rein
© Maria Thereza Alves

A partir de la collection de l’Institut d’art contemporain, Villeurbanne / Rhône-Alpes. Avec Dove Allouche, Maria Thereza Alves, Berdaguer & Péjus, Hicham Berrada, Michel Blazy, Ann Veronica Janssens, Joachim Koester, Daniel Steegmann Mangrané, Ana Mendieta, Minot - Gormezano, Dane Mitchell, Nicolas Momein, Giuseppe Penone, Sigmar Polke, Linda Sanchez, Bojan Šarčević
De la perception à la fusion, de l’immersion à l’osmose, cette exposition interroge les bouleversements de notre inscription au monde, que l’on découvre dans un parcours expérimental et sensible fait de nombreux passages entre Terre et cosmos.
En convoquant la notion de « chaosmose »1 , cette exposition reconnaît la multiplicité du monde et des êtres et propose, par le biais du processus immersif, une vision non plus anthropocentrée du monde mais cosmomorphe. En étendant notre perception, les « oeuvres cosmomorphes2 » ne font plus référence au sujet qui les conçoit mais deviennent des captations directes du monde. Sensibles à la co-activité du cosmos où tout est mouvement, elles s’affranchissent des limites entre corps et esprit, corps et espace, humain et non humain.

L’importance accordée à l’expérience - expérience de l’artiste, expérience du visiteur -, introduit ce parcours. Le Cabinet en croissance d’Ann Veronica Janssens traduit ce principe de l’expérience comme leitmotiv. En constante évolution, ce cabinet contient des projets, essais et tests de l’artiste dont les effets viennent troubler et développer la perception. Véritable matière première, l’espace est ici un outil d’expérimentation  perceptuelle. A travers une expérience à la fois mentale et physique, les arbres de Berdaguer & Péjus offrent aux visiteurs une immersion intérieure, tout comme les films envoûtants de Bojan Šarcevic ou de Joachim Koester.
Par le biais de la spatialisation ou de la perte de repère, en immersion tant littérale que symbolique, c’est l’acuité perceptuelle qui est convoquée dans cette première partie de l’exposition, comme pour explorer le réel et cultiver la relation à soi et au monde. Ainsi, Voyage au centre de Michel Blazy nous fait passer de cet espace intérieur vers la matière organique.
Minot - Gormezano
Minot - Gormezano
Antres VI, 1, 10, 20/09/1985
Tirage sur papier baryté au gélatino-argentique
88 x 88 cm
Collection IAC, Villeurbanne/Rhône-Alpes
Photo Yves Bresson/Musée d’art moderne et
contemporain de Saint-Étienne Métropole

Dane Mitchell
Dane Mitchell
Aeromancy (Sketches of Meteorological Phenomena),
2014-2017
Installation, sable, verre
Dimensions variables
Courtesy de l’artiste et Galerie Hopkinson Mossman,
Wellington
© Dane Mitchell

Linda Sanchez
Linda Sanchez
Chronographie de robe de goutte d’eau n°6, 2014
Encre sur papier
92,2 x 298,5 x 3,6 cm
Collection IAC, Villeurbanne/Rhône-Alpes
Photo Blaise Adilon
© Linda Sanchez
De la perception de l’espace à la fusion avec l’environnement, les oeuvres rassemblées dans la deuxième partie du parcours interrogent les limites entre l’humain et le non humain. Avec Spiral Forest, Daniel Steegmann Mangrané fait muter notre perception en la décentrant de nous-même, menant de l’immersion à l’osmose, de la relation à soi vers la relation à la forêt, au cosmos. Sigmar Polke, comme Minot & Gormezano utilisent la photographie pour confondre formes humaines et minérales, alors que Giuseppe Penone s’empare du dessin à grande échelle pour mêler formes humaines et végétales.
Les artistes nous convient ainsi à ré-estimer notre rapport au monde et à la totalité des êtres visibles et invisibles de l’univers. Ils nous enjoignent à voir le monde comme relation, en dehors de toute dichotomie. Le monde cosmomorphe invite alors à entrelacer l’homme à la multiplicité des êtres qui le composent pour leur « redonner la parole », comme Linda Sanchez avec la goutte d’eau, dont elle observe et retranscrit finement la trajectoire.

Dans un univers en continuelle transformation, ces oeuvres-passages sont des outils d’exploration des pulsations du monde, en quête d’une possible continuité entre le proche et le lointain, entre passé, présent, futur.Ainsi, Aeromancy de Dane Mitchell ou les Désublimations de Dove Allouche cherchent à rendre perceptibles l’insaisissable de phénomènes naturels, l’indistinction des éléments et à capter le temps et la matière. Ces artistes expérimentateurs, à l’instar d’Ana Mendieta qui renoue notre corps à la terre, sollicitent  l’imaginaire pour dessiner des relations organiques entre l’Homme et le Cosmos, et tendre vers l’osmose avec notre environnement.

Nathalie Ergino
---------------
1. En résonance au chaosmos de James Joyce (mot-valise créé par Joyce dans Finnegans Wake, 1939) et par extension à la chaosmose de Felix Guattari (1992), et à Cosmogonies au gré des éléments sous le commissariat d’Hélène Guenin, MAMAC Nice, 2018. L’exposition fait acte d’une quête de continuité entre ordre et désordre dans un monde bouleversé par de permanentes mutations. Une première exposition Chaosmose a été présentée à l’Institut d’art contemporain à l’automne 2018, à partir d’une autre sélection d’oeuvres de la collection IAC.

2. Alternative au schéma anthropomorphe qui marque notre civilisation moderne occidentale, la pensée cosmomorphe se représente le monde comme relation, en dehors de toute dichotomie et catégorie. Elle se fonde sur la co-activité qui mobilise chacun des acteurs du cosmos, en décentrant et en élargissant notre perception. Un monde cosmomorphe est conduit par un processus en mouvement continu dont chaque terme est inséparable. Il entrelace ainsi l’homme à la multiplicité des êtres qui le composent, leur redonne la parole et repositionne l’humain comme acteur solidaire du milieu dans lequel il vit.

Commissaire de l’exposition : Nathalie Ergino, directrice de l’IAC, Villeurbanne

Parc culturel de Rentilly - Michel Chartier / frac île-de-france, le château
Domaine de Rentilly, 1 rue de l’étang, 77600 Bussy-Saint-Martin