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14/11/25

Bernard Plossu et Pierre Buraglio @ Galerie 8 + 4, Paris - Exposition 'Suivre Favignana'

Bernard Plossu et Pierre Buraglio
Suivre Favignana
Galerie 8 + 4, Paris
4 octobre - 20 décembre 2025

Pierre Buraglio Dessin
Pierre Buraglio
, Favignana, 2009
Crayon sur papier, 21 x 30  cm
© Pierre Buraglio

Bernard Plossu Photographie

Bernard Plossu
, Favignana, 2008
Photographie noir & blanc, 24 x 30 cm
© Bernard Plossu
« On sait juste que depuis longtemps, instinctivement, l’on adore tous les deux les travaux l’un de l’autre. « Ensemble », cela ne peut que fonctionner ! ».
Bernard Plossu
L’exposition Suivre Favignana, que présente la Galerie 8+4, réunit enfin Bernard Plossu et Pierre Buraglio qui espéraient poursuivre dans un espace d’exposition un dialogue imaginé il y a de nombreuses années et sans cesse reporté. Elle met en scène de façon dynamique un ensemble de dessins, collages et photographies. Constituée d’œuvres inédites, certaines réalisées pour cette occasion, l’exposition se veut une ode à la substance de notre monde : fragments de paysages épurés chez l’un comme chez l’autre, surgissements d’architectures vernaculaires, objets saisis dans leurs dépouillements…

Il s’agit ici d’une conversation laissée depuis trop longtemps en suspens, qui soudain se cristallise dans de joyeux allers-retours, et dévoile une amitié forgée à distance, par le truchement des œuvres, des prises de positions et de conversations intenses lors de rencontres interminables. L’estime que l’un porte à l’autre fut longtemps affaire de circonstances, presque de hasards. Si Bernard Plossu se souvient d’une évidence devant les dessins de Pierre Buraglio lors d’une exposition en 1989 au Musée Réattu à Arles, Buraglio aime à mentionner le Musée du quai Branly comme moment inaugural de leur rencontre, marqué entre autres par un portrait photographique réalisé in situ par Plossu. L’affinité est aussi vagabonde lorsqu’ils évoquent, ébahis, leur amour de l’Italie, le sud, les îles Favignana et Ponza, certains villages oubliés de la Sicile que tous deux ont traversé avec pour unique bagage l’envie d’arrêter le temps et de rendre cette suspension palpable.

Cette exposition est née de cette passion commune qu’ils portent à une contrée où la pesanteur du soleil les pousse à la sobriété. Austérité dans les compositions de Bernard Plossu, économie du trait dans un paysage à peine esquissé chez Pierre Buraglio. Ce territoire méridional se révèle être un terrain de jeu trop étroit pour leurs aspirations qu’ils élargissent à d’autres lieux en France, mais aussi aux États-Unis, au Mexique ou en Espagne, pour Plossu.

L’exposition, qui présente une trentaine d’oeuvres pour chacun des artistes, s’impose comme un échange entre les territoires de la photographie et ceux du dessin ou du collage. Si Pierre Buraglio perçoit dans les images noir et blanc de Bernard Plossu une sorte de singularité à contre-courant d’une photographie couleurs, si bavarde et criarde, s’il reconnaît justement dans les œuvres de Plossu ce même souci humaniste qu’il ne cesse de décliner dans ses oeuvres, s’il croit qu’il y a là justement un rapport au monde que lui-même défend depuis si longtemps en affirmant que l’engagement politique débute en capturant l’inframince du monde, alors cette exposition est bien un manifeste en faveur d’une « abstraction discrète » comme aime à l’affirmer Bernard Plossu. Une abstraction refusant l’évidence du formalisme pour aller vers une métaphysique abordant des territoires qui ouvriraient sur la substance même du monde. Nul besoin d’y convoquer l’être humain. Un pan de mur, un nuage, un panneau indicateur ou un camion, un simple intérieur avec deux jarres pour tout mobilier, la solitude d’un arbre brulé par le soleil sont autant de motifs qui se répondent pour nous parler d’un monde que l’on ne sait plus voir. Notre univers est tout autant marqué par le permanent que par le transitoire et il semble possible, à condition de prendre un certain recul, de lier les deux ensembles.

Cette union prend chez Pierre Buraglio la forme de dessins, certains simples croquis, d’autres plus détaillés et aboutis. Un ensemble de vêtements sur un portant, une cheminée d’usine, un coin de mur ou un balcon d’une maison italienne, une colline abritant un hameau, un tronc noueux. Comme pour mieux magnifier cette perception du monde, Buraglio a imaginé pour l’occasion une série étonnante de collages. Parmi ceux-ci, il enchâsse, dans une logique de montage très épuré, des morceaux de cette réalité volée. Bernard Plossu y répond par un choix d’images noir et blanc au cadrage serré. Si la plupart s’amusent à capturer la lumière et lui donner un poids singulier, d’autres s’aventurent vers une déambulation du regard envers les choses les plus ordinaires du réel mais soudain illuminées par le regard du photographe. Dans ses fameuses Histoire(s) du cinéma, Jean-Luc Godard nous rappelait « une image n’est pas forte parce qu’elle est brutale ou fantastique, mais parce que l’association des idées est lointaine et juste ». Plossu, comme Godard, mais aussi Buraglio tentent dans leurs compositions de montrer un œil qui écoute le temps pour le suspendre, le mettre dans l’évidence de nos regards.

L'exposition "Suivre Favignana" est réalisée en partenariat avec les galeries Ceysson Bénétieres et Camera Obscura.

PIERRE BURAGLIO

Pierre Buraglio
Pierre Buraglio 
© Bernard Plossu

Pierre Buraglio, né en 1939 à Charenton-le-Pont, se forme à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1959. Après un séjour à New York en 1963, il produit ses premiers « Papiers » et « Recouvrements ». Proche de Claude Viallat, Michel Parmentier et François Rouan, il se sent alors proche du mouvement Supports/Surfaces naissant. Dans les années 1960, il compose des oeuvres à partir de chutes de tableaux qu’il juge mauvais. En 1968, il participe à « Salle Rouge pour le Vietnam » à l’ARC puis s’investit dans l’atelier populaire des Beaux-arts de Paris en produisant nombre d’affiches murales. Dans les années 1970, il produit ses premiers « Camouflages » puis la série « Dessins… d’après… autour… selon… » et les « Caviardages » qui le rendent célèbre. Bénéficiant de nombreuses expositions en institutions, il développe en parallèle les « Fenêtres » et les « Cadres » dans les années 1980. En France, Pierre Buraglio a exposé au CAPC de Bordeaux (1999), au Musée des Beaux-Arts de Lyon (2004), au Musée National d’Art Moderne (2008), au Musée Fabre à Montpellier (2009), au Musée du Louvre (2011). Il a également été présenté à la Biennale de São Paulo, à la Fondation Joan Miró (Barcelone)… Une vaste rétrospective s’est déroulée en 2019 au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC+). Pour la seule année 2025, l’oeuvre de Pierre Buraglio est exposée dans les musées des Beaux-Arts de Grenoble, d’Orléans et de Caen. Ses oeuvres sont présentes dans les principaux musées français et européens.

BERNARD PLOSSU

Bernard Plossu
Bernard Plossu 
© Bernard Plossu

Né en 1945, Bernard Plossu appartient à cette génération française qui dans l’immédiat après-guerre révolutionne l’idée de la photographie. Au lieu de s’attacher à l’idée de reportage ou même d’instant décisif, Bernard Plossu développe dès le milieu des années 1960 une photographie du voyage où dans les contrées qu’il traverse – le Mexique (1965) puis l’Ouest américain (1967-1977), l’Afrique (1975) et l’Europe – il saisit une forme de suspension du temps. Humains, paysages mais surtout architectures ou simples objets, deviennent sous son regard des évocations de notre condition, des sortes de poèmes révélant l’inframince du monde ou ce qu’il nomme des « paysages intermédiaires ». Essentiellement en noir et blanc ses photographies tracent en creux une écriture intime qui loin d’être autobiographique atteste surtout d’un regard décalé, empreint de tendresse envers la richesse du réel. La considération dont il bénéficie dès les années 1970 l’entraîne à exposer dans les grandes institutions européennes et internationales (exposition itinérante aux États-Unis en 1987) et permet à ses images d’intégrer de prestigieuses collections. Depuis le milieu des années 1980, il a bénéficié de plusieurs expositions telle une rétrospective au Centre Pompidou en 1988, puis sous la direction de Gilles Mora, une deuxième qui circule quelques années plus tard en Europe (Salzbourg, Barcelone, Lisbonne, Paris), complétée en 1997 par celle de l’IVAM à Valence (Espagne). Il fut également présenté par la Maison européenne de la photographie (2015), aux Rencontres d’Arles (2016), et au musée Granet (2022). Il est également l’auteur de plus de 300 ouvrages sur ses photographies.

GALERIE 8 + 4
13 rue d'Alexandrie, 75002 Paris

09/03/25

Marc Riboud, Vietbam 1966-1976 @ Musée Guimet, Paris

MARC RIBOUD 
VIETNAM 1966-1976
Musée Guimet, Paris
5 mars - 12 mai 2025

Marc Riboud, La jeune fille à la fleur
MARC RIBOUD 
La Jeune fille à la fleur,
Manifestation contre la guerre au Vietnam, Washington,
Etats-Unis, 1967
© Marc Riboud / Fonds Marc Riboud au MNAAG

Marc Riboud, Vietnam
MARC RIBOUD
Hué, Dans la rue principale de
la citadelle, Sud Vietnam, 1968
© Marc Riboud / Fonds Marc Riboud au MNAAG

Marc Riboud, Vietnam
MARC RIBOUD
Famille réfugiée dans une école à Hué
après la bataille du Tet, Sud Vietnam, 1968
© Marc Riboud / Fonds Marc Riboud au MNAAG

A l’occasion des 50 ans de la fin de la guerre du Vietnam, l’association Les amis de Marc Riboud et le musée Guimet (qui conserve le fonds du grand photographe français) s’associent pour présenter les photographies et documents d’archives retraçant le travail de Marc Riboud au Vietnam entre 1966 et 1976.

En octobre 1967, Marc Riboud photographie à Washington la jeunesse américaine qui manifeste devant le Pentagone en criant sa révolte contre la guerre et réalise La Jeune fille à la fleur, cliché mondialement célèbre et symbole du désir de paix. En 1970, le photographe éditera Face of North Vietnam un reportage qui montrera pour la première fois aux Américains le visage de ceux qu’ils combattent.

Profondément touché par le drame vietnamien, Marc Riboud se rend près d’une dizaine de fois au Vietnam entre 1966 et 1976, s’arrêtant à Hanoi, à Saigon, dans la ville d’Hué bombardée, mais aussi sur les routes, dans les rizières comme dans les usines, dans les camps de réfugiés et de rééducation. Il y réalise de longs reportages, admirant le courage d’un peuple qui se bat avec des moyens misérables contre la plus grande puissance du monde.

A travers ses reportages, qui documentent le Vietnam pendant près de dix ans, transparait la « méthode » de Marc Riboud et son regard singulier qui s’attache aux lieux et aux personnes qu’il rencontre. Lui qui n’a jamais été photographe de guerre ne montre pas les combats mais la vie qui continue dans les ruines, les corps qui tentent de se reposer dans les refuges de fortune, les amoureux qui se retrouvent près des abris anti-bombes, la vivacité des enfants, la vie bouleversée, blessée, mais une vie qui continue, tenace, envers et contre tout.

Commissariat :
Lorène Durret et Zoé Barthélémy
Association Les amis de Marc Riboud

Musée national des arts asiatiques – Guimet
6 place d’Iéna, 75116 Paris
www.guimet.fr   #museeguimet   @museeguimet

Suzanne Valadon @ Centre Pompidou, Paris - Exposition, Oeuvres, Catalogue

Suzanne Valadon
Centre Pompidou, Paris
Jusqu'au 26 mai 2025

Suzanne Valadon, Oeuvre, 1914
Suzanne Valadon 
Le Lancement du filet, 1914 (Détail) 
Huile sur toile, 201 × 301 cm
Achat de l’État, 1937 
Paris, Centre Pompidou,
Musée national d’art moderne, Inv. AM 2312

Suzanne Valadon, Oeuvre, 1916
Suzanne Valadon 
Nu assis sur un canapé, 1916
Huile sur toile, 81,4 × 60,4 cm
Weisman & Michel Collection 
Photo © Christopher Fay

Suzanne Valadon, oeuvre, Les deux soeurs, 1928
Suzanne Valadon 
Les Deux Sœurs, 1928
Huile sur toile, 72 × 53 cm
Collection particulière 
Photo © Matthew Hollow

Le Centre Pompidou consacre une exposition monographique à SUZANNE VALADON (1865-1938), artiste emblématique et audacieuse, l’une des plus importantes de sa génération. À la marge des courants dominants de son époque – le cubisme et l’art abstrait sont en germe alors qu’elle défend avec ardeur la nécessité de peindre le réel – elle place le nu, féminin comme masculin, au centre de son œuvre, représentant les corps sans artifice ni voyeurisme. Suzanne Valadon n’a pas bénéficié de monographie, à Paris depuis celle que le Musée national d’art moderne lui avait consacré en 1967.
« J’ai dessiné follement pour que quand je n’aurais plus d’yeux j’en aie au bout des doigts »
Suzanne Valadon
Suzanne Valadon, Oeuvre, Le Bain, 1908
Suzanne Valadon 
Le Bain, 1908
Fusain et pastel sur papier, 60×49cm
Paris, Centre national des arts plastiques, Achat à l’artiste en 1916
En dépôt au musée de Grenoble, no DG 1920-9 - FNAC 5274
Photo © Ville de Grenoble / Musée de Grenoble- Photo J.L. Lacroix

Suzanne Valadon - Oeuvre, Trois nus, 1920
Suzanne Valadon
Trois nus, 1920
Crayon gras sur papier, 55 x 44 cm
Collection Galerie de la Présidence
Photo © Galerie de la Présidence, Paris

Suzanne Valadon, Oeuvre, 1913
Suzanne Valadon 
Marie Coca et sa fille Gilberte,1913
Huile sur toile, 162 × 129,5 cm
Lyon, musée des Beaux-Arts 1935-51
Crédit Image © Lyon MBA - Photo Alain Basset

Suzanne Valadon, Oeuvre, La Poupée Délaissée, 1921
Suzanne Valadon 
La Poupée Délaissée, 1921
Huile sur toile, 135 x 95 cm
National Museum of Women in the Arts, Washington D.C,
Gift of Wallace and Wilhelmina Holladay, Inv. 1986.336
Photo © National Museum of Women in the Arts, 
Washington, D.C. 
Photograph by Lee Stalsworth

Cette exposition met en lumière cette figure exceptionnelle et souligne son rôle précurseur, souvent sous-estimé, dans la naissance de la modernité artistique. Elle révèle la grande liberté de cette artiste qui n’adhère véritablement à aucun courant, si ce n’est peut-être le sien. Le parcours de près de 200 œuvres s’appuie sur la richesse des collections nationales notamment celle du Centre Pompidou, la plus importante, mais aussi du musée d’Orsay et de l’Orangerie. Des prêts exceptionnels du Metropolitan Museum of Modern Art de New York ou encore de la Fondation de l’Hermitage et d’importantes collections privées le complètent. Il se concentre sur les deux médiums de prédilection de l’artiste, le dessin et la peinture. Particulièrement mise à l’honneur ici, son œuvre graphique fait l’objet d’une analyse approfondie, grâce à la présentation d’un grand nombre de dessins jusqu’alors rarement montrés. C’est également l’occasion d’explorer un moment artistique au cœur de la transition entre les collections du musée d’Orsay et de l’Orangerie et celles du Musée national d’art moderne.

L’exposition « Suzanne Valadon » retrace cet itinéraire unique, depuis ses débuts de modèle favorite du toutMontmartre, jusqu’à sa reconnaissance artistique, intervenue très tôt, par ses pairs et la critique. Véritable « passeuse » d’un siècle à l’autre, Suzanne Valadon embrasse la ferveur parisienne du tournant-de-siècle, ses cafés, bals musettes et cabarets et ses multiples révolutions artistiques, intellectuelles et sociétales. Elle met en évidence le caractère résolument moderne de l'œuvre de Suzanne Valadon, première femme à peindre en grand format un nu masculin de face. Cette plongée inédite dans son œuvre dévoile aussi bien ses relations amicales et artistiques avec les peintres de la bohème que son influence incontestable sur la scène artistique parisienne grâce au soutien actif de ses amis artistes et galeristes.

Suzanne Valadon - Oeuvre, 1923
Suzanne Valadon 
Catherine nue allongée sur une peau de panthère, 1923
Huile sur toile, 64,6 × 91,8 cm
Lucien Arkas Collection
Photo © Hadiye Cangokce

Suzanne Valadon, Oeuvre La Boîte à violon, 1923
Suzanne Valadon 
La Boîte à violon, 1923 
Huile sur toile, 81 × 100 cm
Achat, 1937 Paris, musée d’art moderne de Paris, Inv. AMVP 1712
Crédit Photo: CCØ Paris Musées / Musée d’Art Moderne
de la Ville de Paris

Suzanne Valadon - Oeuvre, 1936
Suzanne Valadon 
Portrait de Geneviève Camax-Zoegger, 1936
Huile sur toile, 56 × 46 cm  
Italie, Bergame, collection particulière
Photo © Galleria Michelangelo

Cette exposition souligne l'étendue, la richesse et la complexité de son œuvre en s'articulant autour de cinq sections thématiques

Apprendre par l’observation 
Portraits de famille
« Je peins les gens pour apprendre à les connaître » 
« La vraie théorie, c’est la nature qui l’impose »
Le nu : un regard féminin. 

Une sélection d’œuvres de ses contemporaines, aux préoccupations picturales proches des siennes, comme Juliette Roche, Georgette Agutte, Jacqueline Marval, Émilie Charmy ou Angèle Delasalle complète cette proposition.

Le fonds d’archives exceptionnel légué en 1974 au Centre Pompidou par le docteur Robert Le Masle, médecin, collectionneur et ami proche de l'artiste, rassemblant de nombreuses photographies, des manuscrits et des documents aujourd’hui conservés à la Bibliothèque Kandinsky, constitue un témoignage essentiel de la personnalité frondeuse de Suzanne Valadon et de sa reconnaissance artistique précoce.

Après les expositions, Alice Neel, Georgia O’Keeffe, Dora Maar ou Germaine Richier, cette monographie s’inscrit dans le cadre de la démarche engagée du Centre Pompidou pour approfondir l’étude et la connaissance du travail et de l’œuvre d’artistes femmes, et accroître la part de leurs œuvres dans la collection.

Commissariat de l'exposition :
Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Musée national d'art moderne 
Chiara Parisi, directrice du Centre Pompidou-Metz 
Xavier Rey, directeur du Musée national d'art moderne 

L’exposition « Suzanne Valadon » au Centre Pompidou est reprise et adaptée de l’exposition « Suzanne Valadon. Un monde à soi » conçue par le Centre Pompidou-Metz et présentée du 15 avril au 11 septembre 2023. Elle a également fait étape au Musée d’arts de Nantes du 27 octobre 2023 au 11 février 2024 et dans une version adaptée au Museu Nacional d’Art de Catalunya à Barcelone du 19 avril au 1er septembre 2024.

Suzanne Valadon - Catalogue - Centre Pompidou
Suzanne Valadon
Sous la direction Chiara Parisi
Catalogue de l’exposition
280 pages | 240 illustrations | 42 € | en français
Ce livre est l’édition augmentée du catalogue édité par le Centre Pompidou-Metz, aujourd’hui épuisé. Enrichi de 16 pages, il comporte deux essais supplémentaires et le corpus d’Oeuvres est aussi plus important et adapté à l’exposition parisienne. Le texte de Nathalie Ernoult est issu du colloque « Le clan Valadon » sur la question de Suzanne Valadon femme artiste, qui s’est déroulé au Centre Pompidou-Metz en 2023.
Sommaire du catalogue

Préface

Essais
Suzanne Valadon, un monde à soi, Chiara Parisi
Valadon, grand artiste en son temps, Xavier Rey
Valadon, la liberté à tout prix, Jean-Paul Delfino
La bohème et l’éducation moderniste de Suzanne Valadon, Phillip Dennis Cate
Revoir Suzanne Valadon, Daniel Marchesseau
Du modèle à l’artiste, Yelin Zhao

Focus
De Marie-Clémentine à Suzanne. Valadon et Toulouse-Lautrec, Florence Saragoza
Valadon et Puvis de Chavannes, Céline Le Bacon
Tentatrices, Stéphane Guégan
L’éloquence et la sensualité, Valadon dessinatrice, Gilles Genty
Dans l’Œil des artistes : Suzanne Valadon collectionnée par ses pairs, Gwendoline Corthier-Hardoin
Suzanne Valadon dans les collections nationales, Nathalie Ernoult
Au-delà du genre : Valadon, une artiste féministe ?, Magali Briat-Philippe
Suzanne Valadon, Le Lancement du filet, 1914, Sophie Bramly
Comme un homme ?, Louise Chennevière
André Utter, Scène érotique, 1911, Sophie Bramly
« Audacieux pas en avant », La réception et l’héritage de Suzanne Valadon, Paula J. Birnbaum
Suzani versus velours kuba, la possibilité d’un dialogue intérieur, Constance de Monbrison
Portraits bourgeois, Sophie Bernal
Suzanne Valadon, Femme artiste moderne, Claire Lebossé
L’autoportrait dans l’oeuvre de Suzanne Valadon : « Se regarder en face pour atteindre l’âme », Saskia Ooms
Mes rencontres avec la terrible Suzanne, Jeanine Warnod

Bibliographie sélective
Liste des Œuvres exposées

Également disponible :

Album de l’exposition
Suzanne Valadon sous la direction de Nathalie Ernoult
60 pages | 10,50 € | en français et anglais

CENTRE POMPIDOU, PARIS

Suzanne Valadon, Centre Pompidou, Paris, 15 janvier - 26 mai 2025

06/11/24

Jean-Louis Schoellkopf : Portraits d'intérieurs, Exposition - Institut pour la photographie Hors-les-murs @ Théâtre du Nord, Lille

Jean-Louis Schoellkopf 
Portraits d'intérieurs
Institut pour la photographie, Lille 
Hors-les-murs
Théâtre du Nord, Lille
20 septembre 2024 - 4 janvier 2025

Jean-Louis Schoellkopf
, Portrait d’intérieur 
Liévin, Cité Magnesse, 1991 
© Jean-Louis Schoellkopf - Institut pour la photographie

Jean-Louis Schoellkopf
, Portrait d’intérieur 
Liévin, Cité Magnesse, 1991 
© Jean-Louis Schoellkopf - Institut pour la photographie

Jean-Louis Schoellkopf
, Portrait d’intérieur 
Nous, les Brandons, 2000 
© Jean-Louis Schoellkopf - Institut pour la photographie

Après la présentation de l’exposition Retratistas do Morro au printemps 2024, la collaboration entre le Théâtre du Nord et l’Institut pour la photographie se poursuit pendant la saison 2024-2025 avec deux nouvelles expositions.

La première, Portraits d’intérieurs, est consacrée au travail de Jean-Louis Schoellkopf, dont l’Institut conserve les archives photographiques.

Jean-Louis Schoellkopf avait à coeur de réunir les portraits des gens ordinaires rencontrés au cours de ses séries documentaires sur l’occupation des villes et le monde ouvrier. Cet album de famille de plus de trois cents tirages épinglés au mur manifeste la permanence de son regard photographique. Il témoigne l’attachement du photographe à constater l’impact de l’évolution de l’urbanisme sur nos modes de vie.

Extraits de dix-huit projets personnels ou de commande, menés entre 1989 et 2008 en France et à l’étranger, ces portraits montrent le revers de l’architecture selon un protocole de prise de vue simple et rigoureux : frontal, l’appareil sur trépied éloigné le plus possible saisit en lumière naturelle le volume de la pièce choisie par les habitants. Debout, assis, dans le canapé, à table, unis, distants, ces derniers posent intimidés ou fiers dans l’intimité de leur intérieur.

Sept ensembles isolés attestent des styles de vie différents au sein de types d’habitations, de classes sociales et d’identités culturelles similaires. Outre la série à l’origine de cette méthode typologique, des focus révèlent l’aménagement de logements standardisés et la récurrence d’un élément structurel ou mobilier significatif.

Puis, avec la volonté d’accentuer cette variété de modes de vie, une grande fresque mélange les autres corpus sans les identifier. Par leurs distinctions et leurs ressemblances, un rapport dialectique se crée entre les images. A travers les détails du quotidien, les objets décoratifs et les attitudes, il est aussi question d’identité, d’appartenance à un lieu, à une culture, d’être ensemble et de mémoire d’un temps parfois révolu.

Tel un anthropologue, Jean-Louis Schoellkopf enregistre ainsi les manières d’investir l’espace, nous rendant attentifs aux histoires personnelles et singulières évoquées derrière des configurations communes.

Commissariat :
Jean-Louis Schoellkopf et Carole Sandrin, Conservatrice des fonds photographiques à l’Institut pour la photographie, assistés de Rose Durr et Margot Carette

Exposition en partenariat avec le Théâtre du Nord

Théâtre du Nord
4 place du Général de Gaulle, Lille

INSTITUT POUR LA PHOTOGRAPHIE, LILLE
11 rue de Thionville, 59000 Lille

Jean-Michel André : Chambre 207 - Exposition - Institut pour la photographie Hors-les-murs au Musée de l’Hospice Comtesse, Lille + Centre Méditerranéen de la photographie, Bastia

Jean-Michel André : Chambre 207
Institut pour la photographie, Lille
Hors-les-murs
Musée de l’Hospice Comtesse, Lille
16 octobre 2024 - 2 février 2025

Jean-Michel André
, Chambre 207 
Montagne de Corte, Corse, 2022 
© Jean-Michel André, 2024

Jean-Michel André
, Chambre 207 
Flamants roses, Arles, 2022 
© Jean-Michel André, 2024

Jean-Michel André
, Chambre 207 
Chambre 207, hôtel Sofitel d’Avignon, 2023 
© Jean-Michel André, 2024

Jean-Michel André
, Chambre 207 
Mirage, Saint-Louis, 2022 
© Jean-Michel André, 2024

Fermé au public depuis la fin de sa dernière programmation de préfiguration pour laisser place aux travaux de restauration et d’agrandissement de ses locaux du Vieux-Lille, l’Institut pour la photographie poursuit l’ensemble de ses activités hors-les-murs. Dans ce cadre, il présente une exposition inédite du photographe Jean-Michel André intitulée Chambre 207 au Musée de l’Hospice Comtesse à Lille.

Projet photographique qui s’inscrit dans la veine de l’autofiction, Chambre 207 repose sur la reconstitution de souvenirs disparus à la suite d’un traumatisme d’enfance.

Le 5 août 1983, alors qu’il faisait une halte d’une nuit avec sa famille sur la route des vacances, le père de Jean-Michel André est assassiné avec six autres personnes dans un hôtel d’Avignon. L’affaire n’a jamais été entièrement élucidée, mais l’enquête a néanmoins fait apparaître un mobile : une tentative de hold-up menée par des malfaiteurs « sans envergure » qui a dégénéré en carnage. Toutefois, les circonstances du massacre demeurent imprécises.

Âgé de 7 ans et présent dans une chambre attenante à celle de son père à l’époque des faits, Jean-Michel André, sous le choc, perd la mémoire. Quarante ans plus tard, il revisite et photographie des lieux qu’il a pu - ou qu’il aurait pu - traverser avec son père. Il mêle éléments d’enquête, archives de presse et objets de famille à ses photographies pour composer un recueil questionnant la mémoire, le deuil et la réparation. Comment rendre tangible des notions abstraites et partager l’intime pour toucher à une forme d’universel ?

L’approche de Jean-Michel André se situe à l’encontre du pathos et du spectaculaire et interroge les limites de l’image : que peut-on montrer, comment, pourquoi, pour qui ? Le médium photographique se transforme en un instrument réparateur, l’œuvre prend forme et devient l’unique moteur.

L’exposition, conçue comme un essai visuel, relève autant de la reconstitution que de la reconstruction. Par sa poésie, elle nous transporte dans une temporalité anachronique, mêlant le futur et le passé de cette nuit du 5 août 1983, et nous donne à voir une quête de vérité qui, peu à peu, se transforme en délivrance. 

Tout simplement sublime !

Chambre 207 est également un livre éponyme paru aux Editions Actes Sud en octobre 2024.

Commissariat : Anne Lacoste, Directrice de l’Institut pour la photographie

Exposition coproduite par l’Institut pour la photographie avec le Musée de l’Hospice Comtesse de Lille et le Centre Méditerranéen de la photographie à Bastia, où elle sera présentée à l’automne 2025. Projet réalisé avec le soutien à la photographie documentaire du Centre National des arts plastiques, de la Région Hauts-de-France et du Centre Méditerranéen de la photographie, Bastia.

Les autres expositions de l’Institut pour la photographie hors-les-murs en 2024

Vivantes !, exposition des projets de 8 photographes lauréats de la Grande commande photojournalisme, 7 septembre - 8 décembre 2024 au Colysée de Lambersart 

Portraits d’intérieurs, exposition consacrée à Jean-Louis Schoellkopf, photographe dont l’Institut conserve les archives, 20 septembre 2024 - 4 janvier 2025 au Théâtre du Nord

Musée de l’Hospice Comtesse
32 rue de la Monnaie, Lille

INSTITUT POUR LA PHOTOGRAPHIE, LILLE 
11 rue de Thionville, 59000 Lille

09/08/24

Oeuvres de Philippe de Champaigne @ Musée de Grenoble - Exposition "La Grâce et le silence. Autour de Philippe de Champaigne (1602 - 1674)"

La Grâce et le silence 
Autour de Philippe de Champaigne 
(1602 - 1674)
Musée de Grenoble 
19 octobre 2024 - 12 janvier 2025

Philippe de Champaigne
Philippe de Champaigne 
Saint Jean-Baptiste, vers 1656
Musée de Grenoble

Philippe de Champaigne
Philippe de Champaigne 
Louis XIV, au lendemain de son sacre, reçoit le serment 
de son frère Monsieur, duc d’Anjou, comme chevalier 
de l’Ordre du Saint-Esprit à Reims, le 8 juin 1654, 1665
Musée de Grenoble

Philippe de Champaigne
Philippe de Champaigne 
Portrait de Louis XIII, vers 1639
Banque de France

Philippe de Champaigne
Philippe de Champaigne 
Le Christ mort sur la Croix, 1655
Musée de Grenoble

Philippe de Champaigne (1602-1674) a été, avec Nicolas Poussin et Georges de La Tour, l’un des maîtres incontestés de la peinture française du XVIIe siècle, incarnation du classicisme, plébiscité tant par le roi que par l’Église. Depuis sa création, le musée de Grenoble a rassemblé plusieurs chefs-d’œuvre de ce peintre magistral et en conserve aujourd’hui l’une des plus importantes collections avec celle du Louvre. Il invite à les redécouvrir à l’occasion du 350e anniversaire de sa mort. Ses peintures, dessins et ceux de ses élèves sont exceptionnellement présentés au public, ainsi que quelques œuvres prêtées par des institutions de la région.

Pour compléter ce parcours dans les salles de la collection permanente, un accrochage propose de revoir une sélection des dessins français du XVIIe siècle de la collection. Les œuvres de Philippe de Champaigne et de ses élèves côtoient celles de Charles Le Brun ou Laurent de La Hyre, parfois jamais encore exposées.

Pierre Buraglio
Avec, Autour, Selon 
Dessins d'après Philippe de Champaigne

Pierre Buraglio a, par son œuvre, marqué la création en France depuis le début des années 1960. Invité en résidence au musée de Grenoble à l’été 2024, l’artiste a travaillé devant les tableaux de Philippe de Champaigne. Une œuvre qui s’inscrit dans une relecture des grands artistes depuis plus de quarante ans.

Commissariat :
Joëlle Vaissière, conservatrice en charge de l’art ancien, musée de Grenoble
Sébastien Gokalp, directeur du musée de Grenoble

MUSÉE DE GRENOBLE 
5 place Lavalette - 38000 Grenoble 

04/06/24

Exposition Paul Hémery @ La Piscine, Roubaix - "Paul Hémery (1921-2006). La lumière en liberté"

Paul Hémery (1921-2006)  
La Lumière en liberté  
La Piscine, Roubaix 
22 juin - 1er septembre 2024 


Paul Hémery
Paul Hémery
(1921-2006) 
Portrait, 1965.
Huile sur toile, 73,5 x 50 cm. 
Collection particulière 
Photo : Alain Leprince.

Paul Hémery (1921-2006) est l’une des figures importantes du Groupe de Roubaix, rassemblement informel d’amis, peintres et sculpteurs, ayant débuté leur carrière artistique au Salon des Artistes Roubaisiens et dans les galeries de la ville. Ensemble, ils éveillèrent la région Nord-Pas-de-Calais à l’art contemporain durant les Trente Glorieuses. 

C’est à Bruges, dès son plus jeune âge, que Paul Hémery s’essaye à la peinture qu’il se met à pratiquer sérieusement et apprend en autodidacte au sortir de la guerre, exposant ses oeuvres au Salon des Artistes Roubaisiens dès 1952. En 1953, il expose à la galerie roubaisienne Louis Parenthou en compagnie de Jean-Robert Debock, Jean Roulland et Michel Delporte, nouant avec ce dernier une solide et fraternelle amitié. En 1954, à Roubaix, il participe à l’exposition Douze peintres, premier accrochage du groupe, à la galerie Dujardin. En 1955, son déménagement à Mouvaux le rapproche de ses aînés, les peintres René Jacob et Maurice Maes, qui eurent à cœur d’aider la jeune génération d’artistes. La même année, le musée de Tourcoing lui offre ses cimaises ainsi qu’à Delporte, tandis que la galerie Dujardin présente ses oeuvres en 1956. Léon Renar, que Paul Hémery a incité à ouvrir une galerie à Roubaix, défend le travail du peintre dans plusieurs expositions personnelles en 1961, 1962, 1964 et 1966.

Il est soutenu à cette époque par l’industriel textile et collectionneur roubaisien Philippe Leclercq, rejoint plus tard par Anne et Albert Prouvost, à la tête du Peignage Amédée Prouvost à Roubaix, qui vont devenir de véritables mécènes. Ils lui proposent un atelier dans la ferme des Marguerites, située sur leur domaine et Paul Hémery leur soumet bientôt l’idée d’y ouvrir un lieu d’échanges artistiques : Septentrion, le centre artistique de Bondues-Marcq, est inauguré quelque temps plus tard et présentera de nombreuses expositions. En 1970, il reçoit la commande d’une décoration monumentale de 100 m2, La Naissance de la lumière, peinte et installée dans les ateliers du Peignage Amédée. L’artiste quitte alors son métier de fonctionnaire de police à Tourcoing pour se consacrer à la peinture. Fasciné par la collection de minéraux rassemblée par les Prouvost, il s’en inspire pour créer des toiles abstraites. C’est le début de sa période minérale qu’il présente à Paris dans la galerie Henri Bénézit en 1972. La suite de son cheminement sera faite de va-etvient entre figuration et abstraction, s’adonnant au pastel par des visions crépusculaires pour revenir plus tard à l’huile dans des compositions colorées rythmées par le jazz. 

Au fil du temps, La Piscine a rassemblé un fonds de référence grâce à divers dons, mais surtout au legs concédé par son ami le peintre Michel Delporte en 2001, et grâce à la générosité de l’artiste lui-même en 2000 et 2002. Le musée propose ainsi de redécouvrir une figure aussi essentielle que méconnue du paysage artistique septentrional de l’après-guerre.

Commissariat scientifique et général : Germain Hirselj, historien de l’art.
Commissariat exécutif : Adèle Taillefait, conservatrice en charge des collections beaux-arts, et Bruno Gaudichon, conservateur en chef, La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent.

Catalogue publié à l’occasion de l’exposition aux éditions Invenit.

LA PISCINE, ROUBAIX
Musée d'art et d'industrie André Diligent 
23 rue de l’Espérance, 59100 Roubaix

02/06/24

Exposition Martine Barrat @ La Galerie Rouge, Paris - "Soul of the City"

Martine Barrat 
Soul of the City 
La Galerie Rouge, Paris 
24 mai – 7 septembre 2024

Martine Barrat
MARTINE BARRAT
These are the breakers, Block Party, Harlem, 1984
(“Photographie de l’année”, Life Magazine, 1984)
© Tous droits réservés à Martine Barrat / 
Courtesy La Galerie Rouge

La Galerie Rouge présente une exposition personnelle de la photographe et vidéaste Martine Barrat. “Soul of the city” a pour thème un des sujets principaux de son œuvre : New York et ses habitants. Arrivée dans cette ville en 1968, Martine Barrat va rapidement filmer puis photographier des personnes qu’elle croise au sein des quartiers du Bronx et d’Harlem. Son regard, loin d’être uniquement documentaire, est porté par un engagement total vis à vis des personnes qu’elle photographie et dont elle partage bien souvent le quotidien - l’aspect participatif et collectif étant une dimension fondamentale de son œuvre. Chaque scène, personne ou geste enregistré sur la pellicule est une célébration de la vie et des relations humaines. La rue, ses règles et ses modes de vie, devient sous le regard de Martine Barrat un monde à part entière, joyeux et grave en même temps, fait de luttes et de bonheurs, que l’on a envie d’explorer. Artiste aux multiples vies, Martine Barrat a toujours revendiqué une grande indépendance dans sa vie comme dans son œuvre. L’exposition s’articule autour de différentes séries et points de vue sur New York. 

Martine Barrat - South Bronx 

Une sélection de ses premières photographies du South Bronx des années 1970 est d’abord présentée. Au début des années 1970, Martine Barrat commence en effet à filmer de manière collaborative et participative les membres des gangs du Bronx, quartier complètement abandonné par la municipalité de New York. En 1976, alors que sa caméra lui est dérobée chez elle par un voisin, le chef du gang des Roman Kings, Pearl, lui offre son premier appareil photographique. Elle commence à photographier de manière rapprochée, presque cinématographique, les corps et les gestes des habitants du quartier. Plutôt que de photographier la pauvreté et la violence qui existent dans le South Bronx, Martine Barrat met en avant la beauté de ses habitants, l’amour qui unit les couples, la joie des enfants qui jouent et trouvent de la fraîcheur les jours de canicule dans des rues souvent délabrées. 

Martine Barrat
MARTINE BARRAT
La communion, South Bronx, 1981
© Tous droits réservés à Martine Barrat / 
Courtesy La Galerie Rouge

Martine Barrat - Harlem in my Heart 

Les scènes de rues et de vies d’Harlem prolongent l’exposition. A partir des années 1980, fascinée par le quartier afro-américain de Harlem, Martine Barrat y photographie les joueurs de dominos, les musiciens des clubs de Blues et de Jazz, les breakers des blocks party (“fêtes de quartier”) au début de la révolution culturelle et musicale que représentera le hip-hop. 

La seconde salle de la galerie présente un focus sur les femmes de Harlem, proches et amies de Martine Barrat, avec notamment Love, et Mabel, deux figures majeures de son oeuvre et de sa vie dont elle réalise des portraits puissants, lumineux et facétieux.

Martine Barrat
MARTINE BARRAT
Love at the Harlem Moon, we were on 
the way to go dancing, Harlem, 1994
© Tous droits réservés à Martine Barrat / 
Courtesy La Galerie Rouge
A propos de Love, Martine Barrat écrit : 
 “Love était une amie très chère que j’ai photographiée pendant de nombreuses années. Elle était aimée et admirée par tant de gens à Harlem. Quand elle marchait dans la rue, elle arrêtait les voitures parce qu’elle était si belle. Elle est également l’une des deux femmes admises au Rhythm Club, un endroit où les musiciens se rencontrent jour et nuit pour jouer aux cartes sur la 143ème rue. Tous les musiciens étaient si heureux quand elle venait.” 
Martine Barrat - Do or Die 

Martine Barrat
MARTINE BARRAT
Waiting to spar, Uptown Gym, Harlem, 1981
© Tous droits réservés à Martine Barrat / 
Courtesy La Galerie Rouge

La dernière partie de cette exposition est dédiée à sa série Do or Die consacrée aux clubs qui forment les jeunes boxeurs à Harlem, Bed-Stuy et dans le Bronx. Cette série, remarquée à l’époque par le réalisateur Martin Scorcese et le photographe Gordon Parks, propulse Martine Barrat sur la scène internationale. Loin de représenter un monde de masculinité toxique, Martine Barrat photographie la boxe comme un rite fraternel où tendresse et adversité se rencontrent.

LA GALERIE ROUGE 
3 rue du Pont Louis-Philippe, 75004 Paris

13/05/24

Exposition Julien Mignot @ Galerie Esther Woerdehoff, Paris - "So far so close"

Julien Mignot : So far so close 
Galerie Esther Woerdehoff, Paris 
6 juin - 7 septembre 2024

Julien Mignot
Julien Mignot 
Solstice, 21 juin 2023
Tirage Fresson 
60 x 80 cm, édition de 3
© Julien Mignot, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Julien Mignot
Julien Mignot 
Today, the time is close,
41.9236, -5.6047 25th March 2017 18:23:29 UTC, 2022
Tirage Fresson 
120 x 100 cm
© Julien Mignot, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Julien Mignot
Julien Mignot 
Dark Red, 2019
Tirage Fresson
18 x 27 cm, édition de 3
© Julien Mignot, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Julien Mignot
Julien Mignot 
No Hope, 2018
Tirage Fresson
18 x 27 cm, édition de 3
© Julien Mignot, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

La Galerie Esther Woerdehoff présente une exposition du travail photographique de l'artiste français Julien Mignot, en présentant trois séries distinctes mais interconnectées : Before the Night is Over (2011-2023), Today, the time is close (2023) et Temps présent (2024). Réunies par le rare et méticuleux procédé de tirage Fresson, ces séries témoignent de l'engagement profond de Julien Mignot dans l'histoire et les limites perceptuelles de la photographie. Il s'agit de la première exposition personnelle de l'artiste à la galerie, qui comprend plus de vingt pièces.

Before the Night is Over invite le spectateur à suivre le parcours personnel de l'artiste, qui rappelle son précédent projet « 96 Months », dans lequel la vie quotidienne joue un rôle important dans un rituel de capture d'images faisant écho à des morceaux musicaux. En confiant ses negatifs à la technique Fresson - une méthode conservée depuis 1899 par la famille Fresson - Julien Mignot embrasse la nature imprévisible de ce processus. Cette technique, caractérisée par ses couches de pigments sur du papier « Charbon-Satin », fait référence à l'ère pictorialiste de la photographie, brouillant la netteté typique de la photographie moderne et invitant à une réflexion nostalgique sur les origines du médium.

Dans Today, the time is close, Julien Mignot explore le concept de l'espace et de ses limites à travers des fragments de ciel. Ces pièces uniques remettent en question notre perception de l'espace et les limites arbitraires que nous lui imposons. La série est particulièrement convaincante dans la manière dont elle utilise l'horizon - une démarcation construite socialement et subjectivement - pour remettre en question les hypothèses spatiales des spectateurs. Ici, l'horizon n'est pas seulement une ligne de partage, mais aussi une ligne unificatrice qui mêle des domaines connus à des paysages imaginaires, redéfinissant ainsi notre engagement au monde.
 
Temps présent, initié pendant la résidence de Julien Mignot au Festival Planche Contact à Deauville et sur la côte Atlantique, est une série contemplative qui capture les couleurs transitoires du ciel de l'aube au crépuscule. Chaque photographie, prise à différents endroits le long de la côte, représente un journal chromatique unique d'une journée, résumant la nature fugace et éphémère du temps lui-même.

Cette exposition met en évidence la maîtrise technique de Julien Mignot et son utilisation innovante de l'impression Fresson, mais également son enquête sur le tissu même de l'expérience visuelle. A travers son objectif, Julien Mignot capture plus que de simples images ; il saisit des moments d'introspection, des fragments de temps et les frontières fluides de notre environnement. Son travailnous encourage à voir au-delà de l'évidence, à trouver la beauté et le sens dans ce qui est transitoire, faisant de cette exposition une expérience profonde pour tous ceux qui pénètrent dans le monde immersif de sa création.

GALERIE ESTHER WOERDEHOFF
36 rue Falguière, 75015 Paris

31/03/24

Exposition Jean Hélion @ Musée d'Art Moderne de Paris - " Jean Hélion, La prose du monde", une rétrospective

Jean Hélion, La prose du monde
Musée d'Art Moderne de Paris
22 mars - 18 août 2024

Le Musée d’Art Moderne de Paris propose une exposition rétrospective de l'œuvre de Jean Hélion (1904 - 1987), peintre et intellectuel dont l’œuvre traverse le XXᵉ siècle : Jean Hélion est l’un des pionniers de l’abstraction qu'il introduisit en Amérique dans les années 1930, avant d’évoluer vers une figuration personnelle à l’aube de la seconde guerre mondiale.

Revenu en France après la guerre et salué dans les années 1960 par la nouvelle génération des peintres de la Figuration narrative comme Gilles Aillaud ou Eduardo Arroyo, Jean Hélion bénéficiera de son vivant de nombreuses expositions dans les galeries et les institutions françaises et internationales comme celle du MAM en 1977 et 1984 - 85, la dernière rétrospective ayant été présentée au Centre Pompidou en 2004. Malgré son importance et sa singularité, son œuvre reste aujourd’hui encore peu connue du public.

Organisée de manière chronologique, l’exposition Jean Hélion, La prose du monde rassemble plus de 150 œuvres (103 peintures, 50 dessins, des carnets ainsi qu’une abondante documentation), rarement présentées au public, provenant de grandes institutions françaises et internationales ainsi que de nombreuses collections privées.

Né en 1904 en Normandie, Jean Hélion s’oriente d’abord vers des études d’architecture à Paris. Après une brève expérience montmartroise en 1929, il se lie à Théo van Doesburg et Piet Mondrian, s’oriente vers l’abstraction géométrique et participe au groupe Art Concret ainsi qu’à la création du collectif Abstraction-Création qui rassemblera les meilleurs représentants de l’art abstrait entre les deux guerres. Ami de Calder, Arp et de Giacometti, il est également proche de Max Ernst, de Marcel Duchamp ou de Victor Brauner.

En 1929, il commence la rédaction des Carnets, réflexion sur la peinture qu’il poursuivra jusqu’en 1984. Jean Hélion est également proche des écrivains de son temps : Francis Ponge, Raymond Queneau, René Char, André du Bouchet... et n’a de cesse de les associer à son parcours artistique.

À partir de 1934, Jean Hélion s’installe aux États-Unis où il se lie d’amitié avec Marcel Duchamp. Il devient l’un des acteurs les plus importants de l’abstraction et une figure éminente de la vie artistique américaine, conseiller auprès de grands collectionneurs.

Pourtant dès le milieu des années 1930, ses formes s’animent, préfigurant un retour à la figure humaine. Fidèle à son intuition, Jean Hélion se détourne alors de l’abstraction en 1939 au moment où celle-ci commence à s’imposer sur la scène internationale, pour s’intéresser davantage à la figure humaine et « au réel ».

Pressentant la fragilité des choses au moment où éclate le second conflit mondial, Hélion procède alors à une reconstruction de l’image à partir de son langage abstrait : les œuvres qui en résultent présentent des scènes de rue tirées du quotidien où toute sentimentalité est absente.

Interrompant sa carrière de peintre, Hélion s’engage pendant la guerre aux côtés de l’armée française; il est fait prisonnier en 1940. Le récit de son évasion They Shall Not Have Me, publié en 1943 et récemment traduit en français deviendra un best-seller.

De retour à Paris en 1946, marié à Pegeen Vail (fille de Peggy Guggenheim), il peine à trouver sa place sur la scène parisienne. Malgré tout, il réinvente la figuration en abordant différents styles et nombreux sujets : le nu (Nu renversé, 1946), le paysage (Le Grand Brabant, 1957), la nature morte (Nature morte à la citrouille, 1946 ou Citrouillerie, 1952), l’allégorie (À rebours, 1947, Jugement dernier des choses, 1978 - 79), la peinture d’histoire (Choses vues en mai, 1969) et vue d’atelier (L’atelier, 1953 acquis récemment par le MAM avec le soutien des Amis du Musée d’Art Moderne et le Fonds du Patrimoine). Paris, la rue, les choses où se mêle le songe, sont une source d’inspiration inépuisable pour écrire sa « prose du monde ».

Commissaire :  Sophie Krebs
Commissaire invité : Henry-Claude Cousseau
Assistés d'Adélaïde Lacotte

Catalogue

Jean Hélion - Catalogue
Jean Hélion, La prose du monde
Éditions Paris Musées
248 pages, 45 €
L’exposition est accompagnée d’un catalogue publié sous la direction de Sophie Krebs et Henry-Claude Cousseau, commissaires de l’exposition, et préfacé par Fabrice Hergott, avec les contributions de Vincent Broqua, Pierre Brullé, Éric de Chassey, Céline Chicha-Castex, Oliver Koerner Von Gustorf, Brigitte Léal, Guitemie Maldonado, François-René Martin, Emmanuel Pernoud.
Sommaire

Présence d’Hélion, Fabrice Hergott
Notre jour enfui, Pierre Bergounioux
Le voir et l’intelligible ou la peinture et son double, Henry-Claude Cousseau
Affinités parisiennes, Sophie Krebs
1904-1928 – Les années d’apprentissage
1929-1939 – De la forme à la figure. « Un abstrait devenu figuratif ». Des virages à double sens, Guitemie Maldonado
Calder-Hélion: mobiles et équilibres, Brigitte Leal
1940-1949 – Entre réel et imaginaire. Portrait d’Hélion en peintre du dimanche, Emmanuel Pernoud
Tomber, relever, se relever. Hélion et les maîtres anciens, François-René Martin
1950-1965 – Le parti pris des choses
Choses vues en mai. Une peinture de comportement, Éric de Chassey
1980-1987 – À perte de vue. Hélion, à titre d’exemple, Pierre Brullé
Le talentueux M. Hélion, Oliver Koerner von Gustorf
Œuvres exposées
Expositions personnelles (sélection)
Ouvrages cités
Bibliographie

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris