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15/01/14

Guido Guidi, Fondation HCB, Paris - Veramente - Une figure majeure de la photographie contemporaine italienne

Guido Guidi, Veramente
Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
16 janvier - 27 avril 2014

Guido Guidi
GUIDO GUIDI
Elblag, Pologne, 08.1994
© Guido Guidi

Guido Guidi
GUIDO GUIDI
Fosso Ghiaia, Ravenna, Italie, 1971
© Guido Guidi

La Fondation Henri Cartier-Bresson présente une importante exposition de Guido Guidi, figure majeure de la photographie contemporaine italienne, qui considère la photographie comme un prolongement du regard, une manière de vivre. Pour la première fois en France, les quarante ans de carrière du photographe, pionnier du renouveau de la photographie du territoire, sont retracés. Sur deux étages, les expérimentations en noir et blanc des années soixante-dix côtoient les séries couleur emblématiques telles que In between cities, A New map of Italy ou Preganziol.

Né en 1941 à Cesena, au Nord-Est de l’Italie, Guido Guidi souhaite devenir architecte ou peintre, il suit alors des cours d’architecture à l’IUAV (Institut universitaire d’architecture de Venise) puis au Corso Superiore di Disegno Industriale de Venise. Parmi ses professeurs, des architectes de renom comme Carlo Scarpa ou Luigi Veronesi qui auront une influence majeure sur son travail. Au cours de cette formation, il commence à s’intéresser à la photographie pour s’y consacrer totalement à partir du milieu des années soixante. Pendant les premières années de sa carrière, attiré par le travail de Walker Evans, de Lee Friedlander et par le néoréalisme italien, il s’essaie à la photographie en noir et blanc et réalise des séries dans la mouvance de l’art conceptuel de l’époque.

A partir de 1970, il travaille comme photographe pour le département d’urbanisme de l’université de Venise et se concentre sur le paysage contemporain et ses transformations. Il abandonne alors le noir et blanc et se consacre au travail à la chambre avec un film couleur grand format. Il souhaite documenter l’Italie, enregistrer la vie italienne non pas en s’intéressant aux espaces culturels mais en se concentrant sur les espaces périphériques, à la marge. Pour Guido Guidi, « travailler à la frontière implique de travailler en étant privé de certitudes et d’observer des situations non codifiées, incertaines, ouvertes, mal comprises ou incomprises. Insister sur la marge, et même la photographie a une marge, cela signifie porter un regard plus large sur les choses, sans préjugés ». Dans son essai, Marta Dahó souligne que Guido Guidi « ne cherche pas à monumentaliser ces espaces ; il essaie d’observer ce qu’il y a à côté, au-dessus ou à l’ombre de ces espaces ». Pour répondre à ses interrogations, il met en œuvre des enquêtes personnelles menées sur le long terme et participe à des commissions publiques sur le territoire.

Dans un premier temps, il se focalise sur les espaces quotidiens et familiers qui se trouvent autour de lui, de sa ville. Pour lui, « les périphéries des villes étaient des sortes de zones libres qui offraient des possibilités infinies ». Il réalise ainsi ses premières enquêtes photographiques personnelles en Emilie-Romagne, à Ravenne, à Porto Marghera. Afin de documenter l’expansion de l’union européenne et les nouveaux territoires urbains, il n’hésite pas à s’éloigner; en 1993, il entreprend avec l’architecte Marco Venturi un périple en Europe. Lors de trois voyages de deux semaines, ils suivent le maillage routier qui relie Saint-Pétersbourg à Finisterra (Espagne). Ce voyage aboutira en 2003 à la publication d’un livre In Between cities. Un itinerario attraverso l’Europa 1993-1996. Dans ces photographies, que l’on retrouve en partie au premier étage de l’exposition, Guido Guidi s’intéresse aux espaces indéfinis entre les villes européennes, territoires en mouvement, sans cesse transformés par l’homme.

Dès les années quatre-vingt, au moment où s’installe en Italie un dialogue entre photographie et urbanisme, il est appelé à participer à plusieurs projets sur la transformation et l’évolution du territoire, financés par les services publics. À partir de 1986, Guido Guidi s’oriente également vers la pédagogie : il est régulièrement invité dans les universités italiennes pour mener des cours ou des ateliers et enseigne depuis la fin des années quatre-vingt à l’Académie des beaux-arts de Ravenne et à l’Institut universitaire d’architecture de Venise. En 1989, il crée avec Paolo Costantini et William Guerrieri l’association Linea di Confine per la fotografia contemporanea qui fait le lien entre photographie et paysage, en organisant par exemple des ateliers avec des photographes de renommée mondiale comme Stephen Shore ou Lewis Baltz et en publiant leurs recherches.

Guido Guidi est toujours resté attaché à l’architecture et a intégré la question dans nombre de ses projets. Il réalise par exemple une série sur la Tomba Brion, monument funéraire réalisé entre 1970 et 1978 par l’architecte et professeur du photographe, Carlo Scarpa. Guido Guidi a photographié pendant plusieurs années le monument, à différents moments du jour et de l’année, explorant ainsi les notions de temps et d’espace : « ce qui m’intéresse dans la photographie, c’est la relation entre les objets et l’espace ». Dans ces projets liés à l’architecture, Guido Guidi utilise la photographie non pas pour magnifier les œuvres des architectes mais comme un moyen pour se rapprocher de leurs intentions, de leur imaginaire.

L’oeuvre de Guido Guidi est encore mal reconnue en dehors de l’Italie. Ses publications sont quant à elles très recherchées. Parmi les plus importantes, il faut citer Varianti publié en 1995 et qui retrace le début de la carrière du photographe depuis son travail en noir et blanc jusqu’aux premières séries couleur. La monographie A New Map of Italy, dont est extraite une partie des tirages présentés au deuxième étage, est publiée en 2011. Guido Guidi explique : « pour ma recherche pour ‘A New Map of Italy’, j’ai préféré les endroits alternatifs, en lieu et place du cliché des destinations de vacances. Mon attention s’est toujours portée sur le paysage vu et vécu au quotidien. En même temps, j’ai choisi d’éviter tout stéréotype folklorique ou mythe historique, et de me concentrer sur la simple réalité actuelle ». Pour Gerry Badger, qui introduit l’ouvrage, les photographies de cette série sont originales, compliquées dans leur simplicité, ingénieuses et profondément ressenties. Elles sont peut-être quelconques mais aussi vraiment magnifiques.

L’exposition est accompagnée d’un catalogue publié par MACK avec une introduction d’Agnès Sire, commissaire de l’exposition et un essai de Marta Dahó, historienne de la photographie. MACK vient de publier également Preganziol, 1983. Cette série, réalisée il y a 30 ans entre les quatre murs d’une cabane de jardinier abandonnée de Preganziol, est présentée sous sa forme originale dans la vitrine du deuxième étage. Les 16 tirages ne sont pas un simple exercice sur la lumière mais une recherche sur le temps et l’espace.

Cette exposition est le fruit d’une coproduction. Elle sera présentée à Huis Marseille, Amsterdam du 14 juin au 7 septembre 2014 puis au Museo d’Arte della Città de Ravenne du 11 octobre 2014 au 11 janvier 2015.

Commissaire de l'exposition : Agnès Sire

FONDATION HENRI CARTIER BRESSON - HCB
2, Impasse Lebouis, 75014 Paris 
www.henricartierbresson.org

11/09/11

Lewis Hine à la Fondation HBC, Paris

Lewis Hine
Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
7 septembre - 18 décembre 2011

Lewis Hine
Lewis Hine
Exposition à la Fondation HCB 
7 septembre - 18 décembre 2011

Armé de sa lourde chambre photographique, Lewis Wickes Hine (1874-1940) fut un combattant acharné pour la justice sociale.

L'exposition de la Fondation HCB rassemble environ 150 tirages originaux en noir et blanc provenant de la George Eastman House, International Museum of Photography and Film de Rochester. Cette rétrospective couvre l'ensemble de la carrière de Lewis Hine : portraits d'immigrants débarquant à Ellis Island, enfants au travail, construction de l’Empire State Building, reportages en Europe à la fin de la première guerre mondiale. Des documents inédits, récemment acquis par Rochester sont également présentés. 

Né dans le Wisconsin en 1874, Lewis Hine suit des cours du soir tout en aidant financièrement sa mère avec des petits boulots. Il étudie ensuite la sociologie dans les universités de Chicago et New York ainsi qu'à la Columbia School of Social Work. Il s’installe en 1901 à New York pour enseigner à l’Ethical Culture School et comptera Paul Strand parmi ses élèves. Il devient photographe deux ans plus tard et se consacre très vite exclusivement à ce médium. En travaillant, à partir de 1906 pour le National Child Labor Committee (NCLC), la Croix-Rouge américaine ou la Works Progress administration, Lewis Hine utilise la photographie pour défendre les causes auxquelles il tient. Il se concentre sur « la part visuelle de l'éducation », n'hésitant pas à mettre en scène certaines de ses images pour mieux convaincre. Eveiller une prise de conscience et donner une image positive de ses sujets, tel est le principe des photographies de Lewis Hine. C'est à Ellis Island qu'il mettra pour la première fois ce principe en pratique. Armé d'un équipement encombrant et obsolète, Lewis Hine fait le portrait de centaines d'immigrants venus chercher aux États-Unis de meilleures conditions de vie.

À cette époque et jusque dans les années 1920, les États-Unis sont portés par la révolution industrielle qui entraîne des réformes sociales, économiques et politiques. Les enquêtes photographiques pour le NCLC ou pour les revues comme The Survey vont se multiplier ; Lewis Hine va parcourir des milliers de kilomètres pour rendre compte des conditions de travail des enfants ou des ouvriers, à Pittsburgh par exemple en 1907. Les images récoltées sont nombreuses et les légendes précises. Les Américains découvrent des enfants travaillant dans les champs de coton ou dans les mines, des familles regroupées dans des taudis. Hine est, depuis le début de sa carrière lié à ce milieu progressiste qui cherche à rendre compte des bouleversements que connaissent les États-Unis. Ses reportages contribuent à diffuser cet esprit réformiste et à une meilleure prise de conscience des problèmes. À la fin de la première guerre mondiale, Hine est embauché par la Croix-Rouge américaine et se rend en Europe pour photographier les conséquences de la grande guerre. Les images témoignent pour la première fois des mouvements de populations entraînés par la guerre et permettent à la Croix Rouge d'obtenir les aides financières longtemps réclamées sans succès.

Après 1919, le photographe se concentre à nouveau sur le monde du travail mais cette fois pour en dévoiler l'esprit positif. Il cherche à montrer les travailleurs dans leur labeur quotidien, il se rend dans les usines et photographie l'homme et la machine travaillant à l'unisson. Le travail devient un bien précieux, d'autant plus après la crise de 1929. C'est donc un véritable hymne au travail que Lewis Hine défend en photographiant la construction de l'Empire State Building. Alison Nordström, conservateur à Rochester et commissaire de l’exposition écrit : Cet homme frêle de 57 ans se hissa sur des poutrelles, suspendu à un filin, chargé du poids de son vieil appareil photo, pour rendre un hommage « whitmanien » aux hommes héroïques qui joignirent le courage à l'habileté pour bâtir non seulement un gratte-ciel mais une métaphore, à laquelle toute la société pouvait adhérer, car elle défiait les ténèbres de la Grande Dépression. Cette exaltation de l'homme et de la machine est visible dans le seul ouvrage publié du vivant de Lewis Hine Men at Work.

Malgré ses efforts, les commandes se font de plus en plus rares, sa vision étant considérée comme démodée. Le FSA refuse qu'il participe au reportage sur la vie rurale américaine pendant la grande dépression ; le gouvernement préfère confier cette mission à d'autres photographes comme Walker Evans, Dorothea Lange, Ben Shahn… Pourtant, à la fin des années 30, Beaumont Newhall, Berenice Abbott et Elisabeth McCausland mettent tout en oeuvre pour réhabiliter le travail de Lewis Hine. L'essai de Beaumont Newhall fait du photographe un précurseur du style documentaire, notion reprise en 1939 par McCausland dans un article paru dans US Camera. Une rétrospective de son travail est organisée la même année au Riverside Museum de New York. Cette exposition, mise en place par Abbott et McCausland a attiré l'attention du public sur son travail mais ne fut pas un grand succès. Sans revenus suffisants, sa maison est saisie. Il décède quelques mois plus tard en 1940 suite à une opération.

La sauvegarde des archives Hine est due à la Photo League. C'était une coopérative de photographes amateurs et professionnels fondée à New York par Paul Strand et Berenice Abbott. Son propos était de fournir à la presse de gauche des photographies sociales et politiques. La League fut active de 1936 à 1951 et incluait parmi ses membres certains des photographes les plus connus de l'époque. En 1947, la Photo League fut officiellement identifiée comme une tête de pont pour le parti communiste, et quatre ans plus tard, la Photo League fut obligée de se dissoudre.

Alors que le MoMA de New York refuse le dépôt de l'ensemble des archives de Lewis Hine, la Photo League le récupère et l'utilise pour diffuser le travail du photographe auprès du public. Mais en 1951, la Photo League est dissoute pour raisons politiques et les archives sont transférées à la George Eastman House, alors dirigée par Beaumont Newhall. La collection compte aujourd’hui 7000 tirages, plus de 4000 négatifs ainsi que des documents personnels, brochures, catalogues périodiques et articles. Le fonds comporte aussi nombre d'images iconiques de Lewis Hine qui sont reprises dans des contextes très différents par les publicitaires ou les entreprises.

Lewis Hine voulait créer une image « plus réelle que la réalité elle-même ». Aujourd'hui reconnu comme l'un des pionniers de la photographie sociale, Lewis Hine écrit en 1933 : C'est au nom de la force expressive et non de l'emphase que je sélectionne les visages les plus marquants pour mes portraits industriels, parce que c'est la seule façon de traduire ma conviction qu'au bout du compte, le plus important c'est l'esprit humain.

Coproduite avec la Fundación MAPFRE de Madrid et le Nederlands Fotomuseum de Rotterdam, cette exposition a reçu le soutien de la Terra Foundation for American Art.

Le catalogue, publié par la Fundación MAPFRE et TF Editores est enrichi d'un essai d'Alison Nordström, conservateur à Rochester, ainsi que de la reproduction en fac similé du livre Men at Work, unique ouvrage paru du vivant du photographe.

Lewis Hine
Lewis Hine
Reproduction en fac-similé du livre Men at Work
Essai par Alison Nordström
Fundación MAPFRE/TF Editores, 264 pages

Fondation HCB 
2 impasse Lebouis, 75014 Paris

15/09/07

Helen Lewitt à la Fondation HCB, Paris

Helen Lewitt
Fondation HCB, Paris
12 septembre - 23 décembre 2007

Helen Lewitt
HELEN LEWITT
New York, circa 1940
© Helen Levitt / courtesy Laurence Miller Gallery

Helen Lewitt
HELEN LEWITT
New York, 1972
© Helen Levitt / courtesy Laurence Miller Gallery

Helen Levitt est l’une des figures emblématiques de la photographie documentaire du 20e siècle. Henri Cartier-Bresson avait choisi l’une de ses images pour l’exposition inaugurale de la Fondation HCB, Les Choix d’Henri Cartier-Bresson (2003). La Fondation HCB rend hommage à une œuvre majeure, longue de plus d’un demi-siècle. 

Helen Levitt a 94 ans. Elle vit toujours à New York, sa ville de prédilection, celle qui l’a vu naître et qui a constitué la scène fondamentale de son œuvre. Depuis ses débuts, dans les années 1930, et pendant plus de 50 ans, elle a inlassablement observé les habitants de ces quartiers, souvent modestes : Brooklyn, Harlem, Lower East Side ; les enfants surtout, leurs graffitis sur les murs et sur les trottoirs, le peuple des rues - l’énergie, la poésie et la beauté émanant de leur quotidien. Les photographies d’Helen Levitt magnifient l’imaginaire des enfants ; elles montrent aussi la richesse de la société américaine, l’effervescence du melting-pot en train de se former dans les rues de New York. 

Photographe de l’humain et de l’intime, Helen Levitt n’a jamais été photojournaliste, à la différence de ses contemporains engagés dans les années 1930 dans la FSA tels que Ben Shahn ou Walker Evans - qui disait que le travail d’Helen Levitt pourrait être qualifié « d’antijournalisme ». Helen Levitt a observé sa société comme artiste-photographe, documentariste sociale malgré elle. Avec James Agee, qui avait également travaillé avec Walker Evans (Let us Now Praise Famous Men, 1941), elle réalisa en 1945 son premier ouvrage, publié en 1965 : A Way of Seeing. 

Helen Levitt ne parle pas, ni d’elle ni de son œuvre : elle observe sans interférer, sans volonté didactique, sans message à délivrer. Son travail est « à la fois lyrique, méditatif, énigmatique, exubérant et réaliste », comme l’exprimait Sandra Phillips dans son essai publié en 1992 lors de l’exposition d’Helen Levitt au San Francisco Museum of Modern Art.

Inspirée par le surréalisme, le cinéma de Jean Cocteau, les photographies d’Atget, de Ben Shahn ou de Weegee - Helen Levitt avait par ailleurs rencontré Walker Evans et Cartier-Bresson au début des années 1930. Ces deux amitiés ont eu une influence indiscutable sur sa détermination à devenir photographe elle-même, puis sur sa façon de vivre sa passion. Comme Cartier-Bresson, elle adopta le Leica, et elle partit pour la seule et unique fois de sa vie en voyage, au Mexique en 1941. Elle servit d’ « alibi » à Walker Evans quand il réalisait sa fameuse série sur le métro new yorkais. Accompagné, il passait plus inaperçu. Helen Levitt réalisera à son tour une série dans les années 1960.

Helen Levitt s’est par ailleurs beaucoup intéressée au cinéma. Elle réalisa deux films en collaboration avec James Agee et Janice Loeb, considérés comme précurseurs du cinéma américain indépendant : The Quiet One en 1949, puis In the Street en 1952. Ils sont projetés régulièrement durant l’exposition.

L’exposition de la Fondation HCB rassemble une centaine de photographies, noir et blanc et couleur, emblématiques ou inédites, réalisées entre les années 1930 et 1980, pour la plupart à New York, mais aussi de rares images de son voyage au Mexique - mises en parallèle avec celles que Cartier-Bresson y avait réalisées quelques années auparavant. Réputée pour son travail noir et blanc, Helen Levitt avait par ailleurs reçu en 1959 une bourse Guggenheim pour étudier les techniques de la photographie couleur (la bourse fut renouvelée en 1960). Son travail couleur, moins connu, compte néanmoins des images devenues célèbres, comme cette petite fille mystérieusement accroupie dans un caniveau devant une voiture d’un vert presque fluorescent. L’ensemble de ses premières prises de vues en couleur fut volé au début des années 1970. Mais Helen Levitt reprit son travail, et en 1974 le MoMA organisa une projection continue de 40 de ses photographies couleur : une manière innovatrice de présenter son œuvre, et une nouvelle consécration.

La plupart des tirages exposés à la Fondation HCB a été empruntée à la galerie Laurence Miller de New York, qui la représente, mais aussi à des institutions publiques françaises et à des collectionneurs privés. La majorité des tirages noir et blanc sont des tirages d’époque, notamment des séries très émouvantes de petits vintages apportant un nouvel éclairage sur des images emblématiques. Les tirages couleurs, une trentaine, d’une modernité exceptionnelle, sont des dye transfers, procédé aujourd’hui quasiment disparu.

Le talent d’Helen Levitt a été reconnu très tôt par les grandes institutions américaines : Steichen lui consacra une exposition individuelle en 1943 au Musée d’Art Moderne de New York (MoMA). La Fondation HCB est heureuse de rendre hommage à son tour, plus de cinquante années plus tard, au travail de cette « photographe rebelle dotée d’un esprit libre, frondeur et merveilleux » (Agnès Sire). 

Commissaire de l’exposition : Agnès Sire

FONDATION HENRI CARTIER-BRESSON
2 impasses Lebouis, 75014 Paris
www.henricartierbresson.org