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25/05/24

Henri Cartier-Bresson @ Bucerius Kunst Forum, Hamburg - "Watch! Watch! Watch!" Exhibition

Watch! Watch! Watch! 
Henri Cartier-Bresson 
Bucerius Kunst Forum, Hamburg  
15 June - 22 September 2024 

Henri Cartier-Bresson
Henri Cartier-Bresson
: Henri Matisse at Home, Vence, France, 1944 
© 2024 Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Henri Cartier-Bresson
Henri Cartier-Bresson
: Srinagar, Cachemire, India, 1948 
© 2024 Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Henri Cartier-Bresson
Henri Cartier-Bresson
: Washington, United States, 1957 
© 2024 Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

The Bucerius Kunst Forum is dedicating the first major retrospective in Germany since 20 years ago to the French photographer Henri Cartier-Bresson (1908–2004). Divided into several chapters, the exhibition presents Cartier-Bresson’s portraits of well-known artists and writers alongside his early, Surrealism-influenced photographs and films, as well as his later observations of everyday human behaviour. With 230 black-and-white photographs as well as articles from magazines and books, the show covers Henri Cartier-Bresson’s life work, which spanned almost the entire twentieth century.

A co-founder of the Magnum photo agency, Cartier-Bresson was one of the century’s most famous photographers. As a photojournalist, art photographer and portraitist, he created timeless compositions that would shape the style of generations of photographers to come. His expressive art was seminal in particular for the genre of Street Photography. An unerring sense for the “decisive moment” in spontaneous encounters and situations was the hallmark of his works, many of them icons of modern photography.

Cartier-Bresson already acquired his first camera in 1932, a Leica 35mm, and he began to experiment with the medium. The resulting early Surrealist works as well as a selection of his films open the retrospective. They are followed by his well-known photo features and portraits of artists and cultural figures as well as his iconic images capturing spontaneous interpersonal encounters.

Born in 1908, Henri Cartier-Bresson lived nearly to the ripe age of 96, having experienced the entire twentieth century and chronicling what he saw in his photographs. As an eyewitness, he documented a number of major historical and political events. The exhibition presents as examples his photos of the coronation of the British King George VI in London in 1937, the liberation of Paris in 1944, Germany after the end of the war in 1945, the funeral of Gandhi in 1948, the end of Kuomintang rule in China in 1948, Russia after the death of Stalin in 1954, Cuba after the missile crisis in 1963 and the long-term studies he made in France.

Henri Cartier-Bresson cultivated long-standing friendships in the world of art and culture, from which he drew lasting inspiration for his artistic work. His intimate portraits of artists, writers and photographers such as Coco Chanel, Simone de Beauvoir and Henri Matisse form an important part of his oeuvre and are on view in the exhibition.

In addition, the show also includes a selection of Street Photography depicting everyday personal interactions, both at work and at leisure. These images illustrate the signature element in Henri Cartier-Bresson’s photographs: the close observation and simultaneous analysis of human behaviour in spontaneous moments. Camera in hand, he deliberately sought out encounters with his contemporaries, capturing patterns of behaviour and snapping fleeting scenes that would otherwise have been lost in the hustle and bustle of the streets. 

Henri Cartier-Bresson was long active in the communist movement, which would have a lasting impact on his political and artistic views. This was the source, for example, of his keen interest in portraying socially marginalised people. Key events in his life, such as his time spent as a German prisoner of war during the Second World War, along with several attempts to escape and his involvement in the resistance movement against the Nazis, motivated his commitment to documentary photography. With the founding of the Magnum photo agency in 1947, together with Robert Capa, Chim Seymour and George Rodger, his photo features took on an increasingly professional look. In the decades that followed, Henri Cartier-Bresson travelled to several continents on behalf of magazines and newspapers including “Life”, “Paris Match” and “The New York Times Magazine”. His photo features thus made their way around the world in millions of copies. In the exhibition, the original photographs are displayed alongside their reproductions in magazines.

A catalogue is being published by Hirmer-Verlag to accompany the show, with essays by Nadya Bair, Kathrin Baumstark, Clément Chéroux, Ulrich Pohlmann, Valérie Vignaux and Deborah Willis.

An exhibition of the Bucerius Kunst Forum, Hamburg, and the Fundación MAPFRE, Barcelona, in co-operation with the Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris.

BUCERIUS KUNST FORUM, HAMBURG
Alter Wall 12, 20457 Hamburg

29/05/21

Henri Cartier-Bresson @ Musée Carnavalet, Paris - Revoir Paris

Henri Cartier-Bresson - Revoir Paris
Musée Carnavalet, Paris
15 juin - 31 octobre 2021

Henri Cartier-Bresson
HENRI CARTIER-BRESSON
Les quais de Seine, 1955
Collection du musée Carnavalet – Histoire de Paris 
© Fondation Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos

Henri Cartier-Bresson
HENRI CARTIER-BRESSON
Sous le métro aérien, boulevard de la Chapelle, 1951
Collection de la Fondation Henri Cartier-Bresson 
© Fondation Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos

Le musée Carnavalet – Histoire de Paris s’associe avec la Fondation Henri Cartier-Bresson pour mettre en lumière l’importance de Paris dans la vie et l’oeuvre d’Henri Cartier-Bresson, l’un des plus grands photographes français du XXe siècle. Le musée revisite les liens tissés par l’artiste avec une ville où il a toujours habité et qui l’a nourri artistiquement. Après des débuts marqués par l’influence du photographe Eugène Atget et des artistes surréalistes, Cartier-Bresson se découvre voyageur au long cours, avec Paris comme port d’attache. Dans cette ville, qu’il ne cesse de redécouvrir, c’est d’abord l’être humain qui l’intéresse. Il le saisit dans la rue ou à l’occasion de rencontres. Il témoigne aussi de grands événements d’actualité comme la Libération de Paris en août 1944 et Mai 68. Il gagne, dès qu’il le peut, les lieux de manifestations.

A Paris, comme ailleurs, son appareil photo ne le quitte pas. Photographier est une respiration, une affirmation, une protestation parfois. Ses images parisiennes qui figurent en bonne place dans son oeuvre, témoignent de ses errances mais sont également prises dans le cadre de reportages et commandes souvent méconnues pour la presse internationale – Cartier-Bresson n’en retient généralement qu’une image dans ses livres et expositions. Cette mosaïque définit un flâneur particulièrement attiré par les quais de la Seine et le Paris des marges.

Fruit d’un travail de recherche de plusieurs années, l’exposition présente des tirages originaux dont une trentaine d’inédits, des publications, ainsi que des enregistrements audiovisuels de l’artiste. Les photographies sont issues pour majorité des collections du musée Carnavalet et de la Fondation Henri Cartier-Bresson.

Conçu conjointement par les deux institutions, ce projet résonne avec l’exposition Eugène Atget – Voir Paris présentée à la Fondation HCB et réalisée à partir des collections du musée Carnavalet.

Un ouvrage comprenant les essais des commissaires et 200 reproductions est publié aux Éditions Paris Musées.

COMMISSARIAT GÉNÉRAL : Valérie Guillaume, directrice du musée Carnavalet - Histoire de Paris et François Hébel, directeur de la Fondation Henri Cartier-Bresson

COMMISSARIAT SCIENTIFIQUE : Anne de Mondenard, conservatrice en chef, musée Carnavalet - Histoire de Paris, Agnès Sire, directrice artistique et Aude Raimbault, conservatrice des collections, Fondation Henri Cartier-Bresson. 

MUSEE CARNAVALET - HISTOIRE DE PARIS
23 rue de Sévigné, 75003 Paris

19/09/15

Jeff Wall à la Fondation HCB, Paris

Jeff Wall, Smaller pictures
Fondation Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
Jusqu'au 20 décembre 2015

Jeff Wall
JEFF WALL
Diagonal Composition, 1993
Transparent dans caisson lumineux
© Jeff Wall / Courtesy of the artist

La Fondation Henri Cartier-Bresson présente « Smaller Pictures », une exposition de l’artiste canadien Jeff Wall (né en 1946). Grand connaisseur de l’histoire des arts et de la littérature, Jeff Wall est l’un des artistes les plus influents de l’art contemporain. Célèbre pour ses caissons lumineux de grandes dimensions, il a sélectionné pour cette exposition un ensemble de 35 tirages et caissons conçus à l’origine en petit format et provenant, pour la plupart, de sa collection personnelle.

Que signifie l’exposition de petits formats pour un artiste qui s’est plutôt illustré par ses tableaux photographiques de grandes dimensions ?
Faut-il y voir (en dehors de l’exiguïté relative des salles de la fondation) une réévaluation par Jeff Wall de ce qui constitue son œuvre ? L’artiste, qui a lui-même établi la sélection, n’a choisi que des œuvres conçues à l’origine en petits formats, depuis le Landscape Manual de 1969-1970 aux œuvres de ces dernières années. Comme le rappelle Jean-François Chevrier dans l’introduction du livre, le répertoire de petites « choses vues » n’a pas donné lieu à une production régulière tant que le procédé du caisson lumineux était de règle. C’est à partir de la fin des années 1990, que les images de petit format, en noir et blanc ou en couleur, se sont multipliées. 

JEFF WALL
After “Landscape Manual”, 1969/2003
Tirage gélatino-argentique
© Jeff Wall / Courtesy of the artist 

Après un mémoire de fin d’études sur Dada Berlin à l’université de Vancouver et un cycle en histoire de l’art au Courtauld Institute de Londres, Jeff Wall enseigne quelques années dans les universités canadiennes. Lors d’un voyage en Europe, il découvre la peinture de Vélasquez au Prado et décide alors de reprendre à son compte le programme de Baudelaire, du peintre de la vie moderne. Cent ans après le Français, Jeff Wall s’essaye à  « la reconstitution ou la réinvention de la tradition picturale » en utilisant la photographie, plus adaptée à l’époque.

Les petits formats de l’exposition sont loin des dimensions des caissons lumineux qui ont fait le succès de Jeff Wall dès la fin des années 1970. À travers ces tableaux photographiques, Jeff Wall proposait au regardeur une expérience de perception fondée sur la confrontation avec une imagerie dramatique (théâtrale) grandeur nature, qui produisait, de ce fait, un effet spectaculaire, par contraste avec l’intimisme du petit format. Jeff Wall pose un nouveau regard sur son œuvre et s’interroge, comme à son habitude sur son statut d’artiste.

L’exposition est accompagnée d’un catalogue coproduit avec les Éditions Xavier Barral. Il est enrichi d’une introduction de Jean-François Chevrier et d’un entretien avec l’artiste.

L’exposition reçoit le soutien de la Fondation Luma. Elle est réalisée en partenariat avec le Centre culturel canadien à Paris et Marian Goodman Gallery qui représente Jeff Wall.

Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis, 75014 Paris

15/01/14

Guido Guidi, Fondation HCB, Paris - Veramente - Une figure majeure de la photographie contemporaine italienne

Guido Guidi, Veramente
Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
16 janvier - 27 avril 2014

Guido Guidi
GUIDO GUIDI
Elblag, Pologne, 08.1994
© Guido Guidi

Guido Guidi
GUIDO GUIDI
Fosso Ghiaia, Ravenna, Italie, 1971
© Guido Guidi

La Fondation Henri Cartier-Bresson présente une importante exposition de Guido Guidi, figure majeure de la photographie contemporaine italienne, qui considère la photographie comme un prolongement du regard, une manière de vivre. Pour la première fois en France, les quarante ans de carrière du photographe, pionnier du renouveau de la photographie du territoire, sont retracés. Sur deux étages, les expérimentations en noir et blanc des années soixante-dix côtoient les séries couleur emblématiques telles que In between cities, A New map of Italy ou Preganziol.

Né en 1941 à Cesena, au Nord-Est de l’Italie, Guido Guidi souhaite devenir architecte ou peintre, il suit alors des cours d’architecture à l’IUAV (Institut universitaire d’architecture de Venise) puis au Corso Superiore di Disegno Industriale de Venise. Parmi ses professeurs, des architectes de renom comme Carlo Scarpa ou Luigi Veronesi qui auront une influence majeure sur son travail. Au cours de cette formation, il commence à s’intéresser à la photographie pour s’y consacrer totalement à partir du milieu des années soixante. Pendant les premières années de sa carrière, attiré par le travail de Walker Evans, de Lee Friedlander et par le néoréalisme italien, il s’essaie à la photographie en noir et blanc et réalise des séries dans la mouvance de l’art conceptuel de l’époque.

A partir de 1970, il travaille comme photographe pour le département d’urbanisme de l’université de Venise et se concentre sur le paysage contemporain et ses transformations. Il abandonne alors le noir et blanc et se consacre au travail à la chambre avec un film couleur grand format. Il souhaite documenter l’Italie, enregistrer la vie italienne non pas en s’intéressant aux espaces culturels mais en se concentrant sur les espaces périphériques, à la marge. Pour Guido Guidi, « travailler à la frontière implique de travailler en étant privé de certitudes et d’observer des situations non codifiées, incertaines, ouvertes, mal comprises ou incomprises. Insister sur la marge, et même la photographie a une marge, cela signifie porter un regard plus large sur les choses, sans préjugés ». Dans son essai, Marta Dahó souligne que Guido Guidi « ne cherche pas à monumentaliser ces espaces ; il essaie d’observer ce qu’il y a à côté, au-dessus ou à l’ombre de ces espaces ». Pour répondre à ses interrogations, il met en œuvre des enquêtes personnelles menées sur le long terme et participe à des commissions publiques sur le territoire.

Dans un premier temps, il se focalise sur les espaces quotidiens et familiers qui se trouvent autour de lui, de sa ville. Pour lui, « les périphéries des villes étaient des sortes de zones libres qui offraient des possibilités infinies ». Il réalise ainsi ses premières enquêtes photographiques personnelles en Emilie-Romagne, à Ravenne, à Porto Marghera. Afin de documenter l’expansion de l’union européenne et les nouveaux territoires urbains, il n’hésite pas à s’éloigner; en 1993, il entreprend avec l’architecte Marco Venturi un périple en Europe. Lors de trois voyages de deux semaines, ils suivent le maillage routier qui relie Saint-Pétersbourg à Finisterra (Espagne). Ce voyage aboutira en 2003 à la publication d’un livre In Between cities. Un itinerario attraverso l’Europa 1993-1996. Dans ces photographies, que l’on retrouve en partie au premier étage de l’exposition, Guido Guidi s’intéresse aux espaces indéfinis entre les villes européennes, territoires en mouvement, sans cesse transformés par l’homme.

Dès les années quatre-vingt, au moment où s’installe en Italie un dialogue entre photographie et urbanisme, il est appelé à participer à plusieurs projets sur la transformation et l’évolution du territoire, financés par les services publics. À partir de 1986, Guido Guidi s’oriente également vers la pédagogie : il est régulièrement invité dans les universités italiennes pour mener des cours ou des ateliers et enseigne depuis la fin des années quatre-vingt à l’Académie des beaux-arts de Ravenne et à l’Institut universitaire d’architecture de Venise. En 1989, il crée avec Paolo Costantini et William Guerrieri l’association Linea di Confine per la fotografia contemporanea qui fait le lien entre photographie et paysage, en organisant par exemple des ateliers avec des photographes de renommée mondiale comme Stephen Shore ou Lewis Baltz et en publiant leurs recherches.

Guido Guidi est toujours resté attaché à l’architecture et a intégré la question dans nombre de ses projets. Il réalise par exemple une série sur la Tomba Brion, monument funéraire réalisé entre 1970 et 1978 par l’architecte et professeur du photographe, Carlo Scarpa. Guido Guidi a photographié pendant plusieurs années le monument, à différents moments du jour et de l’année, explorant ainsi les notions de temps et d’espace : « ce qui m’intéresse dans la photographie, c’est la relation entre les objets et l’espace ». Dans ces projets liés à l’architecture, Guido Guidi utilise la photographie non pas pour magnifier les œuvres des architectes mais comme un moyen pour se rapprocher de leurs intentions, de leur imaginaire.

L’oeuvre de Guido Guidi est encore mal reconnue en dehors de l’Italie. Ses publications sont quant à elles très recherchées. Parmi les plus importantes, il faut citer Varianti publié en 1995 et qui retrace le début de la carrière du photographe depuis son travail en noir et blanc jusqu’aux premières séries couleur. La monographie A New Map of Italy, dont est extraite une partie des tirages présentés au deuxième étage, est publiée en 2011. Guido Guidi explique : « pour ma recherche pour ‘A New Map of Italy’, j’ai préféré les endroits alternatifs, en lieu et place du cliché des destinations de vacances. Mon attention s’est toujours portée sur le paysage vu et vécu au quotidien. En même temps, j’ai choisi d’éviter tout stéréotype folklorique ou mythe historique, et de me concentrer sur la simple réalité actuelle ». Pour Gerry Badger, qui introduit l’ouvrage, les photographies de cette série sont originales, compliquées dans leur simplicité, ingénieuses et profondément ressenties. Elles sont peut-être quelconques mais aussi vraiment magnifiques.

L’exposition est accompagnée d’un catalogue publié par MACK avec une introduction d’Agnès Sire, commissaire de l’exposition et un essai de Marta Dahó, historienne de la photographie. MACK vient de publier également Preganziol, 1983. Cette série, réalisée il y a 30 ans entre les quatre murs d’une cabane de jardinier abandonnée de Preganziol, est présentée sous sa forme originale dans la vitrine du deuxième étage. Les 16 tirages ne sont pas un simple exercice sur la lumière mais une recherche sur le temps et l’espace.

Cette exposition est le fruit d’une coproduction. Elle sera présentée à Huis Marseille, Amsterdam du 14 juin au 7 septembre 2014 puis au Museo d’Arte della Città de Ravenne du 11 octobre 2014 au 11 janvier 2015.

Commissaire de l'exposition : Agnès Sire

FONDATION HENRI CARTIER BRESSON - HCB
2, Impasse Lebouis, 75014 Paris 
www.henricartierbresson.org

11/09/11

Lewis Hine à la Fondation HBC, Paris

Lewis Hine
Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
7 septembre - 18 décembre 2011

Lewis Hine
Lewis Hine
Exposition à la Fondation HCB 
7 septembre - 18 décembre 2011

Armé de sa lourde chambre photographique, Lewis Wickes Hine (1874-1940) fut un combattant acharné pour la justice sociale.

L'exposition de la Fondation HCB rassemble environ 150 tirages originaux en noir et blanc provenant de la George Eastman House, International Museum of Photography and Film de Rochester. Cette rétrospective couvre l'ensemble de la carrière de Lewis Hine : portraits d'immigrants débarquant à Ellis Island, enfants au travail, construction de l’Empire State Building, reportages en Europe à la fin de la première guerre mondiale. Des documents inédits, récemment acquis par Rochester sont également présentés. 

Né dans le Wisconsin en 1874, Lewis Hine suit des cours du soir tout en aidant financièrement sa mère avec des petits boulots. Il étudie ensuite la sociologie dans les universités de Chicago et New York ainsi qu'à la Columbia School of Social Work. Il s’installe en 1901 à New York pour enseigner à l’Ethical Culture School et comptera Paul Strand parmi ses élèves. Il devient photographe deux ans plus tard et se consacre très vite exclusivement à ce médium. En travaillant, à partir de 1906 pour le National Child Labor Committee (NCLC), la Croix-Rouge américaine ou la Works Progress administration, Lewis Hine utilise la photographie pour défendre les causes auxquelles il tient. Il se concentre sur « la part visuelle de l'éducation », n'hésitant pas à mettre en scène certaines de ses images pour mieux convaincre. Eveiller une prise de conscience et donner une image positive de ses sujets, tel est le principe des photographies de Lewis Hine. C'est à Ellis Island qu'il mettra pour la première fois ce principe en pratique. Armé d'un équipement encombrant et obsolète, Lewis Hine fait le portrait de centaines d'immigrants venus chercher aux États-Unis de meilleures conditions de vie.

À cette époque et jusque dans les années 1920, les États-Unis sont portés par la révolution industrielle qui entraîne des réformes sociales, économiques et politiques. Les enquêtes photographiques pour le NCLC ou pour les revues comme The Survey vont se multiplier ; Lewis Hine va parcourir des milliers de kilomètres pour rendre compte des conditions de travail des enfants ou des ouvriers, à Pittsburgh par exemple en 1907. Les images récoltées sont nombreuses et les légendes précises. Les Américains découvrent des enfants travaillant dans les champs de coton ou dans les mines, des familles regroupées dans des taudis. Hine est, depuis le début de sa carrière lié à ce milieu progressiste qui cherche à rendre compte des bouleversements que connaissent les États-Unis. Ses reportages contribuent à diffuser cet esprit réformiste et à une meilleure prise de conscience des problèmes. À la fin de la première guerre mondiale, Hine est embauché par la Croix-Rouge américaine et se rend en Europe pour photographier les conséquences de la grande guerre. Les images témoignent pour la première fois des mouvements de populations entraînés par la guerre et permettent à la Croix Rouge d'obtenir les aides financières longtemps réclamées sans succès.

Après 1919, le photographe se concentre à nouveau sur le monde du travail mais cette fois pour en dévoiler l'esprit positif. Il cherche à montrer les travailleurs dans leur labeur quotidien, il se rend dans les usines et photographie l'homme et la machine travaillant à l'unisson. Le travail devient un bien précieux, d'autant plus après la crise de 1929. C'est donc un véritable hymne au travail que Lewis Hine défend en photographiant la construction de l'Empire State Building. Alison Nordström, conservateur à Rochester et commissaire de l’exposition écrit : Cet homme frêle de 57 ans se hissa sur des poutrelles, suspendu à un filin, chargé du poids de son vieil appareil photo, pour rendre un hommage « whitmanien » aux hommes héroïques qui joignirent le courage à l'habileté pour bâtir non seulement un gratte-ciel mais une métaphore, à laquelle toute la société pouvait adhérer, car elle défiait les ténèbres de la Grande Dépression. Cette exaltation de l'homme et de la machine est visible dans le seul ouvrage publié du vivant de Lewis Hine Men at Work.

Malgré ses efforts, les commandes se font de plus en plus rares, sa vision étant considérée comme démodée. Le FSA refuse qu'il participe au reportage sur la vie rurale américaine pendant la grande dépression ; le gouvernement préfère confier cette mission à d'autres photographes comme Walker Evans, Dorothea Lange, Ben Shahn… Pourtant, à la fin des années 30, Beaumont Newhall, Berenice Abbott et Elisabeth McCausland mettent tout en oeuvre pour réhabiliter le travail de Lewis Hine. L'essai de Beaumont Newhall fait du photographe un précurseur du style documentaire, notion reprise en 1939 par McCausland dans un article paru dans US Camera. Une rétrospective de son travail est organisée la même année au Riverside Museum de New York. Cette exposition, mise en place par Abbott et McCausland a attiré l'attention du public sur son travail mais ne fut pas un grand succès. Sans revenus suffisants, sa maison est saisie. Il décède quelques mois plus tard en 1940 suite à une opération.

La sauvegarde des archives Hine est due à la Photo League. C'était une coopérative de photographes amateurs et professionnels fondée à New York par Paul Strand et Berenice Abbott. Son propos était de fournir à la presse de gauche des photographies sociales et politiques. La League fut active de 1936 à 1951 et incluait parmi ses membres certains des photographes les plus connus de l'époque. En 1947, la Photo League fut officiellement identifiée comme une tête de pont pour le parti communiste, et quatre ans plus tard, la Photo League fut obligée de se dissoudre.

Alors que le MoMA de New York refuse le dépôt de l'ensemble des archives de Lewis Hine, la Photo League le récupère et l'utilise pour diffuser le travail du photographe auprès du public. Mais en 1951, la Photo League est dissoute pour raisons politiques et les archives sont transférées à la George Eastman House, alors dirigée par Beaumont Newhall. La collection compte aujourd’hui 7000 tirages, plus de 4000 négatifs ainsi que des documents personnels, brochures, catalogues périodiques et articles. Le fonds comporte aussi nombre d'images iconiques de Lewis Hine qui sont reprises dans des contextes très différents par les publicitaires ou les entreprises.

Lewis Hine voulait créer une image « plus réelle que la réalité elle-même ». Aujourd'hui reconnu comme l'un des pionniers de la photographie sociale, Lewis Hine écrit en 1933 : C'est au nom de la force expressive et non de l'emphase que je sélectionne les visages les plus marquants pour mes portraits industriels, parce que c'est la seule façon de traduire ma conviction qu'au bout du compte, le plus important c'est l'esprit humain.

Coproduite avec la Fundación MAPFRE de Madrid et le Nederlands Fotomuseum de Rotterdam, cette exposition a reçu le soutien de la Terra Foundation for American Art.

Le catalogue, publié par la Fundación MAPFRE et TF Editores est enrichi d'un essai d'Alison Nordström, conservateur à Rochester, ainsi que de la reproduction en fac similé du livre Men at Work, unique ouvrage paru du vivant du photographe.

Lewis Hine
Lewis Hine
Reproduction en fac-similé du livre Men at Work
Essai par Alison Nordström
Fundación MAPFRE/TF Editores, 264 pages

Fondation HCB 
2 impasse Lebouis, 75014 Paris

26/09/10

Les Conversations de la Fondation HCB - Rencontres à Paris avec des acteurs de la scène photographique

Les Conversations de la Fondation HCB 

La Fondation Henri Cartier-Bresson (HBC) propose un cycle de conversations deux fois par trimestre autour de la photographie. Ces rencontres sont menées par Quentin Bajac, chef  du cabinet de la photographie au Centre Pompidou, avec différents acteurs de la scène photographique : photographes, conservateurs de musées et responsables d'autres lieux d'exposition, commissaires d'exposition, historiens...


Prochaines conversations à la Fondation HBC :  

Mercredi 13 octobre 2010 de 18h30 à 20h 

Des nouveaux lieux pour la photographie : Le Bal (Paris) et Le Point du Jour (Cherbourg-Octeville) 
Avec Diane Dufour, directrice du Bal 
et l’équipe de direction du Point du Jour. 

Nous avons présenté Le Bal dans le message suivant : Le Bal, Lieu d'exposition photos à Paris

Mercredi 15 décembre 2010 de 18h30 à 20h 

Ecrire les débuts de la photographie. « Primitifs de la photographie. Le calotype en France (1843-1860) » : retour sur une exposition
Avec Sylvie Aubenas, directrice département des estampes et de la photographie à la BnF 
et Paul-Louis Roubert, maître de conférences à Paris VIII, commissaires de l’exposition. 

Si vous souhaitez participer, vous devez vous inscrire auprès de la Fondation HBC : 

Fondation Henri Cartier-Bresson - HBC - Paris - Un lieu d'exposition pour les amateurs de photographie

La Fondation Henri Cartier-Bresson

Reconnue d’utilité publique par décret du 11 mars 2002, la Fondation Henri Cartier-Bresson a ouvert au public le 2 mai 2003. Ni musée, ni mausolée, cette institution a pour but avant tout de faire rayonner l’esprit d’Henri Cartier-Bresson. La grande particularité de la Fondation HCB est d’être ouverte aux autres artistes, sculpteurs, peintres, dessinateurs ou cinéastes, photographes anciens, modernes et contemporains dont le travail  s’inscrit dans l’esprit défendu par Cartier-Bresson. 

Installée dans un élégant atelier d’artistes de Montparnasse construit par Molinié en 1912, primé en 1913 et rénové par le cabinet d’architectes Ceria et Coupel, la Fondation HCB présente tour à tour des œuvres de Cartier-Bresson ou d’autres artistes, au rythme de trois expositions par an.  

La visite des deux salles d'exposition à la muséographie soignée peut être complétée par l'accès du public au troisième niveau. Ce très bel espace à la verrière classée est un lieu de repos mais aussi d'information et de documentation audiovisuelle, où sont exposées en permanence des œuvres de Cartier-Bresson. 

La Fondation HCB a pour but de préserver le patrimoine artistique de Cartier-Bresson en un seul et même lieu : constitué de tirages d’époque, de livres, de publications, de correspondances, de planches contact…, ce fonds sera mis à terme à la disposition des chercheurs qui en feront la demande.  Seule fondation privée dédiée à la photographie en  France, la Fondation HCB doit trouver des partenaires qui lui permettent la restauration parfaite de ce fonds et la présentation d’expositions de qualité.  

Tous les deux ans, la Fondation HCB décerne le prix Henri Cartier-Bresson, une bourse de 30.000 euros destinée à soutenir le projet d’un photographe présenté par une institution. Le projet du lauréat est exposé dans les 18 mois suivant sa nomination par un jury international. Le lauréat du Prix HCB 2009 est David Goldblatt pour son projet « TJ ». L’exposition aura lieu à la Fondation HCB de janvier à avril 2011. 

La Fondation HCB organise par ailleurs des conversations bimestrielles autour de la photographie - menées par Quentin Bajac, chef du cabinet de la photographie au Centre Pompidou.  

Magnum Photos continue de gérer la diffusion des images de Cartier-Bresson ainsi que les tournées d’expositions.  


Fondation HBC : infos utiles

adresse
2, impasse Lebouis
75014 Paris
tel : 01 56 80 27 00

horaires d'ouverture
du mardi au dimanche de 13h00 à 18h30
le samedi de 11h00 à 18h45
nocturne gratuite le mercredi de 18h30 à 20h30
dernière entrée 30mn avant la fermeture
fermé lundi et jours fériés

métro
Gaîté, ligne 13, sortie n°1, vers la rue de l’Ouest
Edgar Quinet, ligne 6, vers la rue de la gaité

bus 
Ligne 28 et 58 arrêt Losserand-Maine
Ligne 88, arrêt Jean Zay - Maine

tarifs
plein tarif 6 euros
tarif réduit 3 euros
gratuit pour les Amis de la Fondation HCB
gratuit en nocturne le mercredi (18h30 - 20h30)

infos : www.henricartierbresson.org

15/09/07

Helen Lewitt à la Fondation HCB, Paris

Helen Lewitt
Fondation HCB, Paris
12 septembre - 23 décembre 2007

Helen Lewitt
HELEN LEWITT
New York, circa 1940
© Helen Levitt / courtesy Laurence Miller Gallery

Helen Lewitt
HELEN LEWITT
New York, 1972
© Helen Levitt / courtesy Laurence Miller Gallery

Helen Levitt est l’une des figures emblématiques de la photographie documentaire du 20e siècle. Henri Cartier-Bresson avait choisi l’une de ses images pour l’exposition inaugurale de la Fondation HCB, Les Choix d’Henri Cartier-Bresson (2003). La Fondation HCB rend hommage à une œuvre majeure, longue de plus d’un demi-siècle. 

Helen Levitt a 94 ans. Elle vit toujours à New York, sa ville de prédilection, celle qui l’a vu naître et qui a constitué la scène fondamentale de son œuvre. Depuis ses débuts, dans les années 1930, et pendant plus de 50 ans, elle a inlassablement observé les habitants de ces quartiers, souvent modestes : Brooklyn, Harlem, Lower East Side ; les enfants surtout, leurs graffitis sur les murs et sur les trottoirs, le peuple des rues - l’énergie, la poésie et la beauté émanant de leur quotidien. Les photographies d’Helen Levitt magnifient l’imaginaire des enfants ; elles montrent aussi la richesse de la société américaine, l’effervescence du melting-pot en train de se former dans les rues de New York. 

Photographe de l’humain et de l’intime, Helen Levitt n’a jamais été photojournaliste, à la différence de ses contemporains engagés dans les années 1930 dans la FSA tels que Ben Shahn ou Walker Evans - qui disait que le travail d’Helen Levitt pourrait être qualifié « d’antijournalisme ». Helen Levitt a observé sa société comme artiste-photographe, documentariste sociale malgré elle. Avec James Agee, qui avait également travaillé avec Walker Evans (Let us Now Praise Famous Men, 1941), elle réalisa en 1945 son premier ouvrage, publié en 1965 : A Way of Seeing

Helen Levitt ne parle pas, ni d’elle ni de son œuvre : elle observe sans interférer, sans volonté didactique, sans message à délivrer. Son travail est « à la fois lyrique, méditatif, énigmatique, exubérant et réaliste », comme l’exprimait Sandra Phillips dans son essai publié en 1992 lors de l’exposition d’Helen Levitt au San Francisco Museum of Modern Art.

Inspirée par le surréalisme, le cinéma de Jean Cocteau, les photographies d’Atget, de Ben Shahn ou de Weegee - Helen Levitt avait par ailleurs rencontré Walker Evans et Cartier-Bresson au début des années 1930. Ces deux amitiés ont eu une influence indiscutable sur sa détermination à devenir photographe elle-même, puis sur sa façon de vivre sa passion. Comme Cartier-Bresson, elle adopta le Leica, et elle partit pour la seule et unique fois de sa vie en voyage, au Mexique en 1941. Elle servit d’ « alibi » à Walker Evans quand il réalisait sa fameuse série sur le métro new yorkais. Accompagné, il passait plus inaperçu. Helen Levitt réalisera à son tour une série dans les années 1960.

Helen Levitt s’est par ailleurs beaucoup intéressée au cinéma. Elle réalisa deux films en collaboration avec James Agee et Janice Loeb, considérés comme précurseurs du cinéma américain indépendant : The Quiet One en 1949, puis In the Street en 1952. Ils sont projetés régulièrement durant l’exposition.

L’exposition de la Fondation HCB rassemble une centaine de photographies, noir et blanc et couleur, emblématiques ou inédites, réalisées entre les années 1930 et 1980, pour la plupart à New York, mais aussi de rares images de son voyage au Mexique - mises en parallèle avec celles que Cartier-Bresson y avait réalisées quelques années auparavant. Réputée pour son travail noir et blanc, Helen Levitt avait par ailleurs reçu en 1959 une bourse Guggenheim pour étudier les techniques de la photographie couleur (la bourse fut renouvelée en 1960). Son travail couleur, moins connu, compte néanmoins des images devenues célèbres, comme cette petite fille mystérieusement accroupie dans un caniveau devant une voiture d’un vert presque fluorescent. L’ensemble de ses premières prises de vues en couleur fut volé au début des années 1970. Mais Helen Levitt reprit son travail, et en 1974 le MoMA organisa une projection continue de 40 de ses photographies couleur : une manière innovatrice de présenter son œuvre, et une nouvelle consécration.

La plupart des tirages exposés à la Fondation HCB a été empruntée à la galerie Laurence Miller de New York, qui la représente, mais aussi à des institutions publiques françaises et à des collectionneurs privés. La majorité des tirages noir et blanc sont des tirages d’époque, notamment des séries très émouvantes de petits vintages apportant un nouvel éclairage sur des images emblématiques. Les tirages couleurs, une trentaine, d’une modernité exceptionnelle, sont des dye transfers, procédé aujourd’hui quasiment disparu.

Le talent d’Helen Levitt a été reconnu très tôt par les grandes institutions américaines : Steichen lui consacra une exposition individuelle en 1943 au Musée d’Art Moderne de New York (MoMA). La Fondation HCB est heureuse de rendre hommage à son tour, plus de cinquante années plus tard, au travail de cette « photographe rebelle dotée d’un esprit libre, frondeur et merveilleux » (Agnès Sire). 

Commissaire de l’exposition : Agnès Sire

FONDATION HENRI CARTIER-BRESSON
2 impasses Lebouis, 75014 Paris
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