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03/09/24

Anastasia Taylor-Lind @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : A 5 km du front

Anastasia Taylor-Lind
A 5 km du front
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

ANASTASIA TAYLOR-LIND
Après la messe 
Avdiivka, Donbass, Ukraine, juillet 2018.
© Anastasia Taylor-Lind,
Lauréate de la Bourse Canon de la Femme 
Photojournaliste 2023

ANASTASIA TAYLOR-LIND
Préparation avant la fête orthodoxe de
l’Épiphanie.
Karlivka, Donbass, Ukraine, janvier 2021.
© Anastasia Taylor-Lind,
Lauréate de la Bourse Canon de la Femme
Photojournaliste 2023

ANASTASIA TAYLOR-LIND
La famille Grinik chez elle : Olga et Nikolay, 
leur fils Kirill et leur fille Miroslava. Avdiivka, Donbass,
Ukraine, juillet 2018.
© Anastasia Taylor-Lind,
Lauréate de la Bourse Canon de la Femme 
Photojournaliste 2023

Le projet "A 5 km du front"met en lumière le quotidien des habitants du Donbass, région déchirée par la guerre dans l’est de l’Ukraine. A contrecourant des représentations dominantes de la guerre, le travail réalisé au cours des six dernières années par l’anthropologue et écrivaine Alisa Sopova et la photojournaliste Anastasia Taylor-Lind présente une vision nuancée de la vie quotidienne confrontée à la violence militaire.

La guerre en Ukraine a commencé en 2014, lorsque la Russie a annexé la Crimée après la révolution de la dignité en Ukraine (ou révolution de Maïdan). La Russie a ensuite soutenu le violent mouvement séparatiste dans le Donbass, coupant des millions de citoyens du reste du pays.

Mines antipersonnel, attaques contre les infrastructures, accès limité aux services essentiels, anarchie, perte d’emploi, perte d’êtres chers, souvenirs douloureux, traumatismes non guéris, désespoir et stigmatisation politique : tel est aujourd’hui le quotidien de la population locale.

Les deux journalistes avaient déjà passé des années à couvrir l’Ukraine : elles ont lancé ce projet en 2018, à une époque où la guerre dans l’est du pays était loin de faire la une des journaux. Elles se sont régulièrement rendues dans le Donbass où Alisa Sopova a grandi, travaillant avec des personnes qui vivaient près de la ligne de front, parfois à quelques centaines de mètres seulement des positions militaires. Elles ont cherché à montrer ce que signifie non seulement survivre, mais aussi vivre une vie qui ait un sens dans des régions où guerre et paix se mêlent.

Après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, Alisa et Anastasia ont continué à rendre compte de la situation dans le Donbass. Beaucoup de villes et de villages dans lesquels elles ont travaillé sont aujourd’hui occupés par les forces russes. Une menace plane depuis sur le quotidien des habitants, plus imminente que jamais : devoir partir.

Photographies d’Anastasia Taylor-Lind, texte d’Alisa Sopova, production locale de Dmytro Pashchenko. À 5 km du front est produit grâce au soutien de la National Geographic Society.

Anastasia Taylor-Lind est lauréate de la Bourse Canon de la Femme Photojournaliste 2023 








VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

Alfred Yaghobzadeh @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : Alfred’s Journey

Alfred Yaghobzadeh 
Alfred’s Journey 
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

ALFRED YAGHOBZADEH
Un combattant brandit le drapeau taliban sur
les ruines de bâtiments détruits par les frappes
américaines et britanniques.
Sangin, Province du Helmand, Afghanistan,
30 novembre 2021.
© Alfred Yaghobzadeh

ALFRED YAGHOBZADEH
Des femmes venues soutenir la candidature de
l’ancien Premier ministre Mir Hossein Mousavi
lors d’un meeting.
Téhéran, Iran, 9 juin 2009.
© Alfred Yaghobzadeh

ALFRED YAGHOBZADEH
Un manifestant face à la police anti-émeute.
Place de l’Indépendance, Kiev, Ukraine,
19 février 2014.
© Alfred Yaghobzadeh

Selon Alfred Yaghobzadeh, la vie est un jardin où les orages de printemps réveillent les plantes endormies, mais où les inondations font chavirer le paysage. Il y a des fleurs et des fruits de toutes les couleurs, tous les goûts, toutes les beautés et tous les bienfaits, mais aussi des épines vénéneuses qui piquent les mains du jardinier et la foudre qui brise le dos des arbres anciens et robustes. On retrouve sa vision dans la manière dont il aborde sa vie de photographe et de photojournaliste. Sa carrière, longue de quarante années, a débuté accidentellement lorsque son pays natal, l’Iran, a été plongé dans ce que l’on a appelé la révolution islamique.

A la fin des années 1970, le jeune Arménien-Assyrien qui grandissait dans un pays à majorité musulmane a rejoint ses amis pour se dresser contre la monarchie. Il n’a pas tardé à comprendre qu’il ne partageait pas l’idéologie des manifestants fascinés par l’ayatollah Khomeini, qui prônait des lois islamiques austères. Pourtant, il ne pouvait pas tourner le dos aux changements qui approchaient à grands pas. Il s’est emparé d’un appareil photo et a commencé à documenter le destin de son pays.

Lorsque l’Irak a envahi l’Iran en 1980, il travaillait pour Associated Press. Il ne pouvait s’imaginer prendre les armes mais il a contribué avec ses photos. Alors que la machine de propagande du gouvernement iranien utilisait l’argument de la guerre sainte pour recruter des hommes, parfois dès l’âge de treize ans, son objectif s’est focalisé sur le coût humain des combats. Sa photo la plus emblématique est celle de l’enfant soldat Hassan « Jangju », dont le visage couvert de boue et la petite taille derrière un fusil lourd et trop grand reflètent l’effroi et l’incongruité partagés par de nombreux soldats comme lui. La façon dont il a vécu la guerre deviendra la façon dont il documentera les autres guerres : non seulement les bombes, les chars et la destruction, mais aussi la vie qui continue malgré la violence.

Pour un œil averti, ces premières photos ne sont peut-être pas parfaites en termes de composition ou d’éclairage, mais elles témoignent de l’authenticité brute du jeune photographe, qui fait mentir son statut de novice. À titre d’exemple, l’image de l’ayatollah Ruhollah Khomeini saluant ses fidèles en 1979 montre le potentiel d’Alfred Yaghobzadeh, sa capacité à devenir une force formidable pour immortaliser les personnes et les événements les plus influents de l’histoire. Ce n’est pas la figure autoritaire de l’ayatollah qui retient l’attention, mais son ombre sur le mur. Cette image inquiétante prédit l’avenir d’une nation sur le point de devenir l’ombre d’elle-même.

Alfred Yaghobzadeh est lauréat 2023 de la Bourse SAIF / Benoît Schaeffer pour l’édition photographique.







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

Cinzia Canneri @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : Le corps des femmes comme champs de bataille

Cinzia Canneri
Le corps des femmes comme champs de bataille
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

CINZIA CANNERI
Marhawit (21 ans), la cheffe du groupe de
jeunes soldates, les exhorte à mobiliser force
et confiance pour libérer les habitants du Tigré.
Nebelet, Tigré, Éthiopie, 7 avril 2024.
© Cinzia Canneri,
Lauréate du Prix Camille Lepage 2023

CINZIA CANNERI
Kebedesh (38 ans) et sa fille (11 ans). Elles ont
été attaquées chez elles au Tigré le 28 décembre
2020 par quatre soldats érythréens qui ont violé
Kebedesh et jeté de l’eau bouillante sur sa fille
pour qu’elle arrête de crier.
Adwa, Tigré, Éthiopie, 23 décembre 2023.
© Cinzia Canneri,
Lauréate du Prix Camille Lepage 2023

CINZIA CANNERI
La guerre au Tigré a contraint de nombreuses
femmes à travailler la terre. Celles-ci vivent
seules avec leurs enfants après être devenues
veuves ou, pour les victimes d’agressions
sexuelles, avoir été rejetées par leur mari.
Adwa, Tigré, Éthiopie, 20 décembre 2023
© Cinzia Canneri,
Lauréate du Prix Camille Lepage 2023

L’atteinte systématique au corps des femmes dans la guerre semble être une stratégie universelle. Les femmes sont l’objet de formes de violences spécifiques, notamment les violences sexuelles ou « violences basées sur le genre ». Il est évident que les hommes sont aussi victimes de violences, mais c’est la nature sexospécifique de cette violence qui différencie l’expérience des femmes.

Ce projet se concentre sur la situation des femmes érythréennes et tigréennes qui ont fui l’Érythrée, l’Éthiopie et le Soudan, trois pays ayant des liens géopolitiques. Dans cette région du monde, les femmes sont constamment soumises à des violences physiques et sont également victimes des forces sociopolitiques et des conflits ethniques ou frontaliers. Et l’accord de paix entre l’Érythrée et l’Éthiopie signé en 2018 qui valut au Premier ministre éthiopien de recevoir le prix Nobel de la paix en 2019 n’a rien changé à la situation.

Ce projet portait initialement sur les femmes érythréennes fuyant l’un des régimes les plus répressifs du monde et cherchant refuge en Éthiopie entre 2017 et 2019. Il a ensuite été prolongé après que les Forces de défense nationale éthiopiennes, soutenues par celles de la région d’Amhara et d’Érythrée, ont envahi le Tigré dans le nord de l’Éthiopie en novembre 2020. Les femmes tigréennes et érythréennes ont fui vers les camps de réfugiés d’Addis-Abeba ou du Soudan.

Des experts des Nations unies ont porté des accusations de crimes et d’atrocités contre tous les belligérants impliqués au Tigré, y compris les Forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE), les Forces de défense érythréennes (FDE) et les milices Amhara (Fano), ainsi que des accusations spécifiques de violences sexuelles contre les femmes. Les forces armées érythréennes ont utilisé les violences sexuelles comme arme de guerre, punissant les Érythréennes pour avoir fui leur pays, et cherchant à exterminer les Tigréennes. Leurs corps sont devenus des champs de bataille. Elles sont victimes de viols individuels et collectifs, d’esclavage sexuel, de mutilations et de torture, laissant des cicatrices physiques et mentales indélébiles.

De très jeunes filles tigréennes ont rejoint l’armée pour se protéger, tandis que les filles érythréennes craignaient les combattants de leur propre camp. Les femmes victimes de violences sont rejetées par leur mari et font face à la stigmatisation sociale, mais certaines ont formé des groupes de soutien pour reconstruire leur vie, et beaucoup ont trouvé des parcelles de terre à cultiver pour se nourrir.

La Commission internationale d’experts des droits de l’homme sur l’Éthiopie a été créée en décembre 2021 pour enquêter sur les violations, mais le gouvernement éthiopien freine ces efforts extérieurs.

Après deux ans de guerre, l’accord de cessation des hostilités entre l’Éthiopie et le Tigré (accord de Pretoria) a été signé, mais le processus de paix est long et ne se résume pas à un simple accord militaire. Il requiert également la reconnaissance des droits humains, tant pour les femmes que pour les hommes. Les femmes demandent justice et aspirent à un avenir meilleur pour elles-mêmes et leurs enfants.

Cinzia Canneri

Lauréate du Prix Camille Lepage 2023







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

Paula Bronstein @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : Un monde dans la tourmente

Paula BronsteinGetty Images
Un monde dans la tourmente 
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

PAULA BRONSTEIN
Un cimetière de voitures abandonnées après
l’occupation russe de Boutcha et d’Irpin.
Périphérie de Kiev, Ukraine, 8 mai 2022
© Paula Bronstein / Getty Images

PAULA BRONSTEIN
Après avoir traversé la frontière avec la Birmanie,
des milliers de réfugiés rohingyas poursuivent
leur terrible périple vers le camp de Cox’s Bazar.
Bangladesh, 9 octobre 2017 
© Paula Bronstein / Getty Images

PAULA BRONSTEIN
Une victime des inondations évacuée par la
marine pakistanaise.
Sukkur, Pakistan, 10 août 2010.
© Paula Bronstein / Getty Images

Les 55 images de cette exposition offrent un regard rétrospectif sur près de trois décennies de travail. J’espère être parvenue à allier une dureté nécessaire à une compulsion humanitaire à observer des situations difficiles. Pendant la plus grande partie de ma carrière, j’ai cherché à saisir les caractéristiques et les effets qui entourent la guerre, les conflits politiques, les injustices sociales et les urgences humanitaires. Il est important de pouvoir apporter un témoignage sans être trop cru ni chercher à exploiter la situation, de proposer une impression visuelle forte et de susciter l’empathie. Je m’efforce toujours de donner une voix visuelle aux personnes souvent laissées pour compte.

Ayant travaillé pour plusieurs journaux américains pendant une quinzaine d’années, j’ai souvent fait des reportages d’actualité. En 1998, je me suis installée en Asie du Sud-Est pour donner une dimension internationale à mon travail, et cette rétrospective commence par ce changement. J’ai beaucoup voyagé à travers l’Asie, travaillant pour des agences photo comme Gamma Liaison et Getty Images Newswire pendant près de douze ans. J’ai commencé à comprendre l’utilité de revenir, d’aller plus loin dans une histoire. Notamment, je me suis concentrée sur l’Afghanistan de 2001 à 2022, période durant laquelle j’ai suivi les Afghans qui vivaient au cœur d’une guerre violente et interminable et de la brutale insurrection des talibans. En 2016, une sélection de mon travail a été publiée dans le livre photo primé, Afghanistan: Between Hope and Fear.

Le 24 février 2022, lorsque la Russie a envahi l’Ukraine, j’étais en mission en Afghanistan pour The Wall Street Journal. Ma mission touchant à sa fin, mon regard s’est tourné vers l’Ukraine. La guerre était de retour en Europe pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, et je devais y aller. Je retourne en Ukraine aussi souvent que possible, attirée par la force et la résilience du peuple ukrainien, sa volonté de survivre et de préserver son humanité. J’ai été témoin de toute la souffrance et la douleur de la guerre, ainsi que de ses ravages sur la vie des habitants. C’est une vision déchirante, mais il est important de couvrir ces situations, en particulier à une époque où le monde est de plus en plus indifférent envers les victimes des conflits.

En tant que photojournaliste chevronnée, mon âge a peu d’importance. Ce qui compte vraiment, c’est ma passion pour mon travail, mon énergie et ma capacité physique à le faire. Je ne suis pas prête à ranger mon appareil photo. Je reste curieuse et fière de montrer ce qui peut l’être. La photographie, c’est explorer avec ses yeux. Cela tombe bien : à 70 ans, je n’ai même pas besoin de lunettes !

Paula Bronstein

Exposition au COUVENT DES MINIMES
Rue François Rabelais, 66000 Perpignan

A voir également au Couvent des Minimes :

Loay Ayyoub pour The Washington Post, La tragédie de Gaza

Cinzia Canneri, Le corps des femmes comme champs de bataille 
 
Ad Van Denderen, En route 

Miquel Dewever-Plana, Mayotte : Sous le drapeau, le parcours de la deuxième chance 

Jean-Louis Fernandez, Comédie - Française : histoires de théâtres 

Afshin Ismaeli, La vie sous les talibans 2.0 

Brenda Ann Kenneally, Grown Upstate : l’héritage de l’amour à Collar City, 2013-2023 

John Moore, Équateur : conflit armé interne 

Sergey Ponomarev, Cisjordanie 

Ivor Prickett, Guerre sur le Nil : Le Soudan fragmenté 

Fransisco Proner, Minerais de sang 

Anastasia Taylor-Lind, À 5 km du front 

Mugur Varzariu, Des voix s’élèvent derrière le mur 

Alfred Yaghobzadeh, Alfred’s Journey







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

28/08/24

Loay Ayyoub @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan – Pour The Washington Post : La tragédie de Gaza

Loay Ayyoub / pour The Washington Post 
La tragédie de Gaza 
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

Loay Ayyoub pour The Washington Post
Après une frappe israélienne sur une maison
du quartier d’Al-Sabra, dans le centre de la ville,
des blessés sont transportés à l’hôpital Al-Shifa.
Gaza, 11 octobre 2023.
© Loay Ayyoub pour The Washington Post

Loay Ayyoub pour The Washington Post
Des personnes face aux ruines de la tour
résidentielle Al-Aklouk après une frappe
israélienne. Gaza City, 8 octobre 2023.
© Loay Ayyoub pour The Washington Post

Loay Ayyoub pour The Washington Post
Un enfant devant la morgue de l’hôpital Nasser.
Khan Younès, sud de la bande de Gaza,
25 octobre 2023.
© Loay Ayyoub pour The Washington Post

Le 7 octobre 2023, des militants du Hamas traversaient la frontière pour lancer une offensive sans précédent contre Israël, tuant plus de 1200 personnes et prenant près de 250 otages. En réaction, Israël a déclaré la guerre au Hamas et déclenché l’un des conflits les plus dévastateurs du XXIe siècle, causant la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes, provoquant le plus grand déplacement dans la région depuis la création d’Israël en 1948, et faisant sombrer plus de la moitié de la population dans la famine. 

Durant cinq mois, du premier jour de la guerre jusqu’à ce qu’il trouve refuge en Egypte fin février 2024, le photographe Loay Ayyoub a couvert la crise humanitaire à Gaza pour The Washington Post. Dans la ville de Gaza, où ses parents et grands-parents se trouvent encore aujourd’hui, il a commencé à prendre des photos alors qu’Israël détruisait une grande partie de la ville à coups de frappes aériennes. Comme des centaines de milliers de Gazaouis, Loay Ayyoub a été forcé de fuir, d’abord à Khan Younès où il a trouvé refuge avec une dizaine d’autres journalistes et photographes dans la cour de l’hôpital Nasser. Ils y ont partagé des tentes, la nourriture et les précieuses connexions Internet qui leur permettaient d’envoyer leurs images et dépêches au reste du monde. Loay Ayyoub et ses confrères ont passé des semaines à se précipiter vers les sites pilonnés par les frappes aériennes, escaladant des montagnes de débris tandis que les secours cherchaient des survivants et les corps des victimes, dont de nombreux enfants. Ils ont documenté le chaos devant les hôpitaux de Gaza où les pères et mères, les oncles et tantes, les frères et soeurs et d’autres parents portant leurs proches dans les bras venaient chercher de l’aide auprès d’infirmiers et de médecins exténués et à court de ressources.

Alors qu’Israël étendait sa campagne militaire dans tout Gaza, Loay Ayyoub n’a eu d’autre choix que de rejoindre les masses de réfugiés forcés de fuir les combats à Khan Younès, et de se rendre à Rafah où plus de 1,5 million de personnes étaient entassées dans des camps de réfugiés dans une ville de la taille de Perpignan (qui compte seulement 120 000 habitants). Israël a continué de restreindre l’aide apportée à la bande de Gaza, et le Programme alimentaire mondial a estimé que les deux tiers des habitants de Gaza étaient frappés par une « véritable famine » et que des centaines de milliers d’enfants souffraient de malnutrition et de déshydratation.

Lorsque les conditions de sécurité n’ont plus permis à Loay Ayyoub de faire son travail de journaliste, il a pu quitter Gaza et entrer en Égypte fin février 2024. Depuis le 7 octobre 2023, plus de cent journalistes ont été tués à Gaza. Loay Ayyoub a trouvé refuge en Égypte, et si son travail de documentation sur le conflit à Gaza et ses répercussions a pris fin, la situation à Rafah et dans toute la bande de Gaza n’a fait que s’aggraver. 
« Montrer la crise humanitaire à laquelle sont confrontées les populations civiles de Gaza, témoigner de leurs difficultés à accéder aux soins et à la protection était mon objectif au quotidien et mon devoir en tant que photographe. »

Loay Ayyoub
Loay Ayyoub est lauréat du Visa d'Or de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik 2024.

Exposition au COUVENT DES MINIMES
Rue François Rabelais, 66000 Perpignan

A voir également au Couvent des Minimes :

Paula Bronstein, Un monde dans la tourmente

Cinzia Canneri, Le corps des femmes comme champs de bataille 
 
Ad Van Denderen, En route 

Miquel Dewever-Plana, Mayotte : Sous le drapeau, le parcours de la deuxième chance 

Jean-Louis Fernandez, Comédie - Française : histoires de théâtres 

Afshin Ismaeli, La vie sous les talibans 2.0 

Brenda Ann Kenneally, Grown Upstate : l’héritage de l’amour à Collar City, 2013-2023 

John Moore, Équateur : conflit armé interne 

Sergey Ponomarev, Cisjordanie 

Ivor Prickett, Guerre sur le Nil : Le Soudan fragmenté 

Fransisco Proner, Minerais de sang 

Anastasia Taylor-Lind, À 5 km du front 

Mugur Varzariu, Des voix s’élèvent derrière le mur 

Alfred Yaghobzadeh, Alfred’s Journey







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

31/03/24

Bourse Canon de la Femme Photojournaliste & Bourse Canon Vidéo @ Visa pour l’Image 2024 - Perpignan + Lauréates 2001 - 2023

Bourse Canon de la Femme Photojournaliste
Bourse Canon Vidéo
Visa pour l’Image 2024 - Perpignan

Anastasia Taylor-Lind
Anastasia Taylor-Lind
Le 6 septembre 2019, Perpignan, France. 
La photographe anglaise Anastasia Taylor-Lind, 
lauréate de la Bourse Canon de la Femme Photojournaliste 2023

Canon Europe annonce deux bourses destinées à soutenir des projets à long terme de réalisation de documentaires, aussi bien dans le domaine de la photographie que de la vidéo. La Bourse Canon de la Femme Photojournaliste, qui vise à promouvoir la meilleure réalisation de reportage photo, récompensera une photographe pour sa contribution au photojournalisme. La Bourse Canon Vidéo, spécifique à la réalisation de documentaire vidéo, sera décernée à un réalisateur qui souhaite mettre en lumière et en images un sujet traitant d’un thème social, culturel ou économique. Ces deux bourses sont ouvertes à l’international.

Bourse Canon de la Femme Photojournaliste

Pour la 24ème année consécutive, Canon et Visa pour l’Image attribueront une dotation de 8000 € à une femme photojournaliste travaillant à la réalisation d’un sujet de documentaire. L’objectif est de soutenir la concrétisation d’un travail en cours ou le développement d’un nouveau projet. Les candidatures seront examinées par un jury d’experts renommés de l’industrie de la photographie et de l’image.

Parmi les lauréates précédemment récompensées par une dotation similaire figurent entre autres Anastasia Taylor-Lind, Natalya Saprunova ou encore Acacia Johnson (voir la liste complète des lauréates ci-dessous).

Bourse Canon Vidéo

Canon et Visa pour l’Image invitent les réalisateurs de documentaires vidéo à participer à la 5ème Bourse Canon Vidéo. Le lauréat ou la lauréate de ce prix recevra également une dotation de 8 000 € et bénéficiera du prêt d'un équipement vidéo, une caméra et deux objectifs Canon pour réaliser un court documentaire d’environ 8 minutes. 

En juin 2023, c’est Juan Vicente Manrique Gomez qui a été récompensé pour son projet ‘Looking For A Donkey’, une vision satirique de la violation de la liberté d’expression par le régime vénézuélien.

Ces bourses font partie du programme d’un partenariat de longue date établi entre Visa pour l’Image et Canon et dont le 35ème anniversaire est célébré cette année.

Les projets des lauréats 2024 seront présentés l’année prochaine durant le Festival Visa pour l’Image de Perpignan.

Modalités d’application :

• Bourse Canon de la Femme Photojournaliste :

https://www.visapourlimage.com/en/festival/awards-and-grants/bourse-canon-de-la-femme-photojournaliste

Candidatures à soumettre entre le 18 mars et le 21 mai 2024

• Bourse Canon Vidéo :

https://www.visapourlimage.com/en/festival/awards-and-grants/bourse-canon-du-documentaire-video-court-metrage

Candidatures à soumettre entre le 25 mars et le 27 mai 2024

Bourse Canon de la Femme Photojournaliste 
Liste des lauréates (2001 - 2023)

2023 Anastasia Taylor-Lind
2022 Natalya Saprunova
2021 Acacia Johnson
2020 Sabiha Çimen
2019 Anush Babajanyan
2018 Laura Morton
2017 Catalina Martin-Chico
2016 Darcy Padilla
2015 Anastasia Rudenko
2014 Viviane Dalles
2013 Mary F. Calvert
2012 Sarah Caron
2011 Ilvy Njiokiktjien
2010 Martina Bacigalupo
2009 Justyna Mielnikiewicz
2008 Brenda Ann Kenneally
2007 Axelle de Russé
2006 Véronique de Viguerie
2005 Claudia Guadarrama
2004 Kristen Ashburn
2003 Ami Vitale
2002 Sophia Evans
2001 Magali Delporte

CANON EUROPE
www.canon.fr (en français)

27/10/22

Prix Photo Terre Solidaire - Le Prix International de la photographie humaniste et environnementale - Première édition

PRIX PHOTO TERRE SOLIDAIRE
Le Prix International de la photographie humaniste et environnementale
Première édition

Clôture de l'appel à candidatures le 4 décembre 2022

PRIX PHOTO TERRE SOLIDAIRE

Depuis sa création en 1961, le CCFD-Terre Solidaire fait de la photographie le témoin de son action à travers le monde. Toujours au plus près des hommes et des femmes, jamais misérabiliste, mettant en valeur ceux qui contribuent à faire changer les choses. La première ONG française de solidarité internationale illustre, à travers ses nombreuses collaborations et la mise en valeur permanente de la photographie, un monde qui bouge, positif et sincère. 

Le PRIX PHOTO TERRE SOLIDAIRE est l’aboutissement du soutien à la photographie et ses auteurs, mené par l’ONG depuis sa création.

La première édition du PRIX PHOTO TERRE SOLIDAIRE est présidée par Sebastião SALGADO qui effectua en 1973 son tout premier reportage photographique professionnel avec l’aide et le soutien de l’ONG, dont il est toujours un complice. 

Le ou la lauréat.e du Grand Prix Terre Solidaire recevra 30 000 euros afin de poursuivre la réalisation du projet présenté au concours, la commande d’un reportage auprès des partenaires de CCFD – Terre Solidaire. Son projet photographique sera présenté lors d’un festival en 2024.

Les deux lauréat.e.s du Prix Terre Solidaire recevront une dotation de 10 000 euros chacun.e afin de poursuivre leurs projets présentés au concours, la commande d’un reportage auprès des partenaires de CCFD – Terre Solidaire au cours du premier semestre 2023. Leurs reportages réalisés bénéficieront d’une exposition dans différents lieux culturels à travers le monde

Les candidatures sont ouvertes aux photographes du monde entier majeurs, avec ou sans cartes de presse, le dossier peut être constitué en français ou en anglais. Le travail documentaire proposé doit s’inscrire dans le thème de la photographie humaniste et environnementale. 

Page officielle du prix : 

11/09/11

Lewis Hine à la Fondation HBC, Paris

Lewis Hine
Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
7 septembre - 18 décembre 2011

Lewis Hine
Lewis Hine
Exposition à la Fondation HCB 
7 septembre - 18 décembre 2011

Armé de sa lourde chambre photographique, Lewis Wickes Hine (1874-1940) fut un combattant acharné pour la justice sociale.

L'exposition de la Fondation HCB rassemble environ 150 tirages originaux en noir et blanc provenant de la George Eastman House, International Museum of Photography and Film de Rochester. Cette rétrospective couvre l'ensemble de la carrière de Lewis Hine : portraits d'immigrants débarquant à Ellis Island, enfants au travail, construction de l’Empire State Building, reportages en Europe à la fin de la première guerre mondiale. Des documents inédits, récemment acquis par Rochester sont également présentés. 

Né dans le Wisconsin en 1874, Lewis Hine suit des cours du soir tout en aidant financièrement sa mère avec des petits boulots. Il étudie ensuite la sociologie dans les universités de Chicago et New York ainsi qu'à la Columbia School of Social Work. Il s’installe en 1901 à New York pour enseigner à l’Ethical Culture School et comptera Paul Strand parmi ses élèves. Il devient photographe deux ans plus tard et se consacre très vite exclusivement à ce médium. En travaillant, à partir de 1906 pour le National Child Labor Committee (NCLC), la Croix-Rouge américaine ou la Works Progress administration, Lewis Hine utilise la photographie pour défendre les causes auxquelles il tient. Il se concentre sur « la part visuelle de l'éducation », n'hésitant pas à mettre en scène certaines de ses images pour mieux convaincre. Eveiller une prise de conscience et donner une image positive de ses sujets, tel est le principe des photographies de Lewis Hine. C'est à Ellis Island qu'il mettra pour la première fois ce principe en pratique. Armé d'un équipement encombrant et obsolète, Lewis Hine fait le portrait de centaines d'immigrants venus chercher aux États-Unis de meilleures conditions de vie.

À cette époque et jusque dans les années 1920, les États-Unis sont portés par la révolution industrielle qui entraîne des réformes sociales, économiques et politiques. Les enquêtes photographiques pour le NCLC ou pour les revues comme The Survey vont se multiplier ; Lewis Hine va parcourir des milliers de kilomètres pour rendre compte des conditions de travail des enfants ou des ouvriers, à Pittsburgh par exemple en 1907. Les images récoltées sont nombreuses et les légendes précises. Les Américains découvrent des enfants travaillant dans les champs de coton ou dans les mines, des familles regroupées dans des taudis. Hine est, depuis le début de sa carrière lié à ce milieu progressiste qui cherche à rendre compte des bouleversements que connaissent les États-Unis. Ses reportages contribuent à diffuser cet esprit réformiste et à une meilleure prise de conscience des problèmes. À la fin de la première guerre mondiale, Hine est embauché par la Croix-Rouge américaine et se rend en Europe pour photographier les conséquences de la grande guerre. Les images témoignent pour la première fois des mouvements de populations entraînés par la guerre et permettent à la Croix Rouge d'obtenir les aides financières longtemps réclamées sans succès.

Après 1919, le photographe se concentre à nouveau sur le monde du travail mais cette fois pour en dévoiler l'esprit positif. Il cherche à montrer les travailleurs dans leur labeur quotidien, il se rend dans les usines et photographie l'homme et la machine travaillant à l'unisson. Le travail devient un bien précieux, d'autant plus après la crise de 1929. C'est donc un véritable hymne au travail que Lewis Hine défend en photographiant la construction de l'Empire State Building. Alison Nordström, conservateur à Rochester et commissaire de l’exposition écrit : Cet homme frêle de 57 ans se hissa sur des poutrelles, suspendu à un filin, chargé du poids de son vieil appareil photo, pour rendre un hommage « whitmanien » aux hommes héroïques qui joignirent le courage à l'habileté pour bâtir non seulement un gratte-ciel mais une métaphore, à laquelle toute la société pouvait adhérer, car elle défiait les ténèbres de la Grande Dépression. Cette exaltation de l'homme et de la machine est visible dans le seul ouvrage publié du vivant de Lewis Hine Men at Work.

Malgré ses efforts, les commandes se font de plus en plus rares, sa vision étant considérée comme démodée. Le FSA refuse qu'il participe au reportage sur la vie rurale américaine pendant la grande dépression ; le gouvernement préfère confier cette mission à d'autres photographes comme Walker Evans, Dorothea Lange, Ben Shahn… Pourtant, à la fin des années 30, Beaumont Newhall, Berenice Abbott et Elisabeth McCausland mettent tout en oeuvre pour réhabiliter le travail de Lewis Hine. L'essai de Beaumont Newhall fait du photographe un précurseur du style documentaire, notion reprise en 1939 par McCausland dans un article paru dans US Camera. Une rétrospective de son travail est organisée la même année au Riverside Museum de New York. Cette exposition, mise en place par Abbott et McCausland a attiré l'attention du public sur son travail mais ne fut pas un grand succès. Sans revenus suffisants, sa maison est saisie. Il décède quelques mois plus tard en 1940 suite à une opération.

La sauvegarde des archives Hine est due à la Photo League. C'était une coopérative de photographes amateurs et professionnels fondée à New York par Paul Strand et Berenice Abbott. Son propos était de fournir à la presse de gauche des photographies sociales et politiques. La League fut active de 1936 à 1951 et incluait parmi ses membres certains des photographes les plus connus de l'époque. En 1947, la Photo League fut officiellement identifiée comme une tête de pont pour le parti communiste, et quatre ans plus tard, la Photo League fut obligée de se dissoudre.

Alors que le MoMA de New York refuse le dépôt de l'ensemble des archives de Lewis Hine, la Photo League le récupère et l'utilise pour diffuser le travail du photographe auprès du public. Mais en 1951, la Photo League est dissoute pour raisons politiques et les archives sont transférées à la George Eastman House, alors dirigée par Beaumont Newhall. La collection compte aujourd’hui 7000 tirages, plus de 4000 négatifs ainsi que des documents personnels, brochures, catalogues périodiques et articles. Le fonds comporte aussi nombre d'images iconiques de Lewis Hine qui sont reprises dans des contextes très différents par les publicitaires ou les entreprises.

Lewis Hine voulait créer une image « plus réelle que la réalité elle-même ». Aujourd'hui reconnu comme l'un des pionniers de la photographie sociale, Lewis Hine écrit en 1933 : C'est au nom de la force expressive et non de l'emphase que je sélectionne les visages les plus marquants pour mes portraits industriels, parce que c'est la seule façon de traduire ma conviction qu'au bout du compte, le plus important c'est l'esprit humain.

Coproduite avec la Fundación MAPFRE de Madrid et le Nederlands Fotomuseum de Rotterdam, cette exposition a reçu le soutien de la Terra Foundation for American Art.

Le catalogue, publié par la Fundación MAPFRE et TF Editores est enrichi d'un essai d'Alison Nordström, conservateur à Rochester, ainsi que de la reproduction en fac similé du livre Men at Work, unique ouvrage paru du vivant du photographe.

Lewis Hine
Lewis Hine
Reproduction en fac-similé du livre Men at Work
Essai par Alison Nordström
Fundación MAPFRE/TF Editores, 264 pages

Fondation HCB 
2 impasse Lebouis, 75014 Paris