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01/06/24

Exposition Présences Arabes: Art moderne et décolonisation, Paris 1908 - 1988 @ Musée d’Art Moderne de Paris

Présences Arabes 
Art moderne et décolonisation, 
Paris 1908 - 1988 
Musée d’Art Moderne de Paris 
5 avril - 25 août 2024

Huguette Caland
Huguette Caland
Espace blanc I, 1984
Huile sur toile, 200 x 200 cm
© Huguette Caland / Photo Jack Hems
Courtesy famille Caland, David Zwirner

Le Musée d’Art Moderne de Paris propose de redécouvrir la diversité des modernités arabes au XXe siècle et de renouveler le regard historique sur des scènes artistiques encore peu connues en Europe. A travers une sélection de plus de 200 oeuvres, pour la plupart jamais exposées en France, l’exposition Présences arabes – Art moderne et décolonisation – Paris 1908-1988 met en lumière la relation des artistes arabes avec Paris, tout au long du XXe siècle.

L’exposition explore une autre histoire de l’Art moderne, éclairée par de nombreuses archives sonores et audiovisuelles historiques présentes dans le parcours. Structurée de manière chronologique, elle débute en 1908, année de l’arrivée du poète et artiste libanais Khalil Gibran à Paris et de l’ouverture de l’école des Beaux-Arts du Caire. Elle se termine en 1988, avec la première exposition consacrée à des artistes contemporains arabes à l’Institut du Monde Arabe (inauguré quelques mois plus tôt) à Paris et avec l’exposition Singuliers : bruts ou naïfs, avec entre autres l’artiste marocaine Chaïbia Tallal et l’artiste tunisien Jaber Al-Mahjoub, présentée au musée des enfants du Musée d’Art Moderne de Paris.

Ainsi que l’écrit Silvia Naef, historienne d’art et l'une des autrices du catalogue de l’exposition Présences Arabes au MAM : “Comment faire un art moderne et arabe ? un vrai projet esthétique se met en place au cours du 20e siècle : pensé à la fois en rupture avec l’art académique, en écho avec les avant-gardes occidentales, dans le cadre d’une identité nationale propre, sans retour pour autant à un art islamique.”

L’exposition remet ainsi en lumière plus de 130 artistes dont les oeuvres constituent une contribution essentielle aux avant-gardes arabes et à l’histoire de l’art moderne du XXe siècle. Elle met également en évidence le rôle essentiel joué par Paris. Qualifiée de « capitale du tiers monde » par l’historien Michael Goebel, la ville est considérée dès les années 1920 comme un vivier des réseaux anticoloniaux et le foyer des nouvelles modernités cosmopolites.

Le parcours de l’exposition est construit autour de différentes trajectoires d’artistes ayant étudié dans les écoles des beaux-arts de leurs pays avant de venir étudier et s’installer à Paris pour continuer leur formation. Tout au long du XXe siècle, Paris est le lieu de l'accès à la modernité, de la critique du colonialisme et le centre de nombreuses rencontres. Le Musée d’Art Moderne y a lui-même joué un rôle important dans la période d’après-guerre grâce à ses expositions (Salon des réalités nouvelles, Salon de la jeune peinture, Biennale des jeunes artistes de Paris…) et aux acquisitions initiées à partir des années 1960.

Le parcours chronologique de l’exposition se déroule en quatre chapitres :

1 - Nahda : Entre renaissance culturelle arabe et Influence occidentale, 1908-1937 :
Face à l’influence occidentale, la Nahda (renaissance culturelle arabe) se développe ; plus particulièrement en Égypte, au Liban et en Algérie grâce notamment aux écoles d’art, à la presse... En parallèle, à Paris, les grandes expositions dites universelles, dont la plus importante, L'Exposition coloniale de 1931, incluent des artistes issus des pays colonisés.

2 - Adieu à l’orientalisme : Les avant-gardes contre-attaquent.
À l'épreuve des premières indépendances (Égypte, Irak, Liban, Syrie), 1937-1956 :
Certains artistes renoncent à des références importées et imposées pour se saisir d’une expression artistique enracinée dans l’histoire locale (Égypte, Tunisie) mais aussi se connecter directement aux avant-gardes européennes. À Paris, les salons modernistes mettent en avant l’abstraction et accueillent les artistes arabes. C’est le temps des premières indépendances (Égypte, Irak, Liban, Syrie).

3 - Décolonisations : L'art moderne entre local et global.
À l'épreuve des deuxièmes indépendances (Tunisie, Maroc, Algérie), 1956-1967 :
Dans une période marquée par la violence et l’enthousiasme des indépendances nationales, notamment nord-africaines (Algérie, Maroc, Tunisie), l’Art moderne arabe se mondialise. Les expositions à Paris, comme la biennale des jeunes artistes reflètent largement cette nouvelle dynamique.

4 - L'art en lutte : De la cause Palestinienne à « l'apocalypse arabe », 1967-1988 :
Le « salon de la jeune peinture », à Paris, est dominé par les questions politiques et les luttes anti-impérialistes internationales, de la guerre du Vietnam à la cause palestinienne. L’artiste libanaise Etel Adnan fait paraitre, en 1980 à Paris, son grand texte poétique « l'Apocalypse arabe ». L’exposition se termine par le sujet de l’immigration arabe en France traitée par les musées parisiens (années 1980).

Les oeuvres : Issue de grandes collections régionales (Mathaf, Doha, (Qatar); Barjeel Art Foundation, Sharjah, (Émirats Arabes Unis) ; Ibrahimi Collection, Amman, (Jordanie) ; Musée d’art moderne du Caire, (Égypte), Musée national des Beaux-Arts, Alger (Algérie)…et de collections privées et publiques françaises (MNAM, CNAP, Fonds d’art contemporain-Paris collections, Musée d’Art Moderne de Paris, Institut du monde arabe, Musée du Quai Branly-Jacques Chirac…), la sélection de plus de 200 œuvres, pour la plupart jamais exposées en France (incluant peintures, sculptures, photographies, …) s’accompagne d’archives sonores et audiovisuelles historiques.

Le catalogue de l’exposition réunit une documentation et une iconographie largement inédites, couvrant les grands chapitres de l’art moderne arabe à Paris, à travers de nombreux essais, notices thématiques et chronologies transnationales ; ainsi que des auteurs et autrices de premier plan (Michael Goebel, Emilie Goudal, Morad Montazami, Silvia Naef…).

Les artistes présentés dans l'exposition :

Shafic ABBOUD, ABOU NADDARA, Hamed ABDALLA, Youssef ABDELKE, Amal ABDENOUR, Boubaker ADJALI, Etel ADNAN, Maliheh AFNAN, Mohamed AKSOUH, Hala ALABDALLA, Farid AOUAD, Fatma ARARGI, Mohamed ATAALLAH, Jean-Michel ATLAN, Amine EL-BACHA, Simone BALTAXÉ, Michel BASBOUS, Ala BASHIR, Fatma Haddad-Mahieddine (dite BAYA), Souhila BEL BAHAR, Farid BELKAHIA, Nejib BELKHODJA, Fouad BELLAMINE, Mahjoub BENBELLA, Aly BEN SALEM, Abdallah BENANTEUR, Djamila BENT MOHAMED, Samta BENYAHIA, Maurice BISMOUTH, Etienne BOUCHAUD, Pierre BOUCHERLE, Kamal BOULLATA, Huguette CALAND, Nasser CHAURA, Ahmed CHERKAOUI, Saloua Raouda CHOUCAIR, Chaouki CHOUKINI, collectif CINÉMÉTÈQUE, Inji EFFLATOUN, André ELBAZ, Fouad ELKOURY, Errò, Ammar FARHAT, Safia FARHAT, Djamel FARÈS, Moustapha FARROUK, Dias FERHAT, André FOUGERON, Émile GAUDISSARD, Abdel Hadi EL-GAZZAR, Jilali GHARBAOUI, GibranKhalil GIBRAN, Abdelaziz GORGI, Abdelkader GUERMAZ, Abraham HADAD, Marie HADAD, Khadim HAIDER, Ahmed HAJERI, Jamil HAMOUDI, Francis HARBURGER, Faik HASSAN, Mona HATOUM, Adam HENEIN, Georges HENEIN, Mohamed ISSIAKHEM, Marwan KASSAB BACHI (dit MARWAN), Mahjoub AL-JABER (dit JABER), Abdul Kader EL-JANABI, Henri Gustave JOSSOT, Fouad KAMEL, Fêla KÉFI-LEROUX, Mohammed KHADDA, Rachid KHIMOUNE, Rachid KORAÏCHI, Georges KOSKAS, Mohamed KOUACI, Claude LAZAR, Ahmed LOUARDIRI, Nja MAHDAOUI, Jean de MAISONSEUL, Azouaou MAMMERI, Maria MANTON, Denis MARTINEZ, Antoine MALLIARAKIS dit MAYO, Hassan MASSOUDY, Hatem EL-MEKKI, Mohamed MELEHI, Rabah MELLAL, Choukri MESLI, Mireille MIAIHLE, Mahmoud MOKHTAR, Fateh MOUDARRES, Philippe MOURANI, Mehdi MOUTASHAR, Laila MURAYWID, Nazir NABAA, Edgar NACCACHE, Effat NAGHI, Mohammed Bey NAGHI, Marguerite NAKHLA, Rafa NASIRI, Ahmad NAWACH, Amy NIMR,Leila NSEIR, Mohammed RACIM, Omar RACIM, Samir RAFI, Aref EL-RAYESS, Jocelyne SAAB, Georges Hanna SABBAGH, Valentine de SAINT-POINT, Shakir Hassan AL-SAID, Mahmoud SAÏD, Nadia SAIKALI, Samir SALAMEH, Mona SAUDI, Jewad SELIM, Jean SÉNAC, Juliana SERAPHIM, Ibrahim SHADHA, Gazbia SIRRY, Chaïbia TALLAL, Gouider TRIKI, Yahia TURKI, Madiha UMAR, Seif WANLY, Nil YALTER, Ramsès YOUNAN, Salah YOUSRY, Fahrelnissa ZEID, Bibi ZOGBÉ

Commissaires : 
Musée d’Art Moderne : Odile Burluraux
Zamân Books & Curating : Morad Montazami, Madeleine de Colnet

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

10/10/21

Les Flammes. L'Âge de la céramique @ Musée d’Art Moderne de Paris

Les Flammes. L'Âge de la céramique 
Musée d’Art Moderne de Paris 
15 octobre 2021 - 6 février 2022 

Ron Nagle
Ron Nagle 
Captive Morgan, 2012
© Ron Nagle, Courtesy Matthew Marks Gallery

L’exposition Les Flammes. L'Âge de la céramique propose une immersion dans le médium de la céramique et associe plus de 350 pièces allant du néolithique jusqu’à nos jours, créant un dialogue inédit et fécond entre des typologies d’objets issus d’époques et de contextes variés, cherchant à déceler les influences autant que les coïncidences.

Source constante d’inspiration et d’expression pour artisans, artistes ou designers, la céramique – de keramos signifiant « argile » en grec - est l’une des plus anciennes manifestations culturelles de l’humanité, utilisée dès la préhistoire pour la confection d’idoles, d’architecture, et de contenants culinaires.

L'exposition Les Flammes présente ainsi des céramiques réalisées par des artistes ou des céramistes modernes et contemporains (de Jean Carriès, Georg Ohr, Paul Gauguin, Shoji Hamada, Bernard Leach, Marcel Duchamp, Meret Oppenheim, Pablo Picasso, Salvador Dali, Raoul Dufy, Lucio Fontana, Beatrice Wood, Ken Price, Ron Nagle, Cindy Sherman, Judy Chicago, Miquel Barceló , Jean Girel, Simone Leigh, Daniel Dewar & Grégory Gicquel, Theaster Gates, Mai Thu Perret, Clare Twomey, Takuro Kuwata, Natsuko Uchino…), des productions historiques signées (de Bernard Palissy, Marie Talbot, Dave the Potter, ou des Manufactures nationales), ou anonymes (vénus préhistoriques, vases grecs antiques, poterie vernaculaire), ou encore non européennes (poterie Nok, jarres Mochica, figures Tang, réticulés iraniens, rakus japonais).

Trans-historique, cette exposition porte sur la céramique dans ses rapports intrinsèques à l’art et plus largement à l’humain. Longtemps minoré dans l’échelle des arts, ce médium peut être à la fois fonctionnel et sculptural et oblige à repenser les catégories existantes et les hiérarchies traditionnelles. Entre l’art, le design et l’artisanat, l’exposition explore ses rapports au décoratif, au culinaire, à la performance, mais aussi la multitude de ses applications dans les champs du médical, de l’aéronautique ou de l’écologie.

Les Flammes aborde ainsi la céramique selon trois thématiques : les techniques (terres et cuissons, formes, décors), les usages (utilitaires, artistiques, rituels) et les messages (trompe-l’œil, anticlassiques, politiques). Elle révèle également des pièces qui dérogent aux règles, réinventent les codes et bousculent les approches et ce, même si les recettes, proches de l’alchimie, n’ont quasiment pas évolué au cours de l’histoire.

Telle le Phénix qui renait constamment de ses cendres, la céramique exerce une fascination, croissante bien que cyclique, liée à l’imprédictibilité technique de la cuisson et du four qui ne se laisse jamais complètement apprivoiser. Sa tactilité, mais aussi sa rudesse, ont toujours inspiré des artisans, et ne cessent d’attirer les artistes depuis la fin du XIXe, ainsi qu’un large public d’amateurs en général.

Le feu, qui a inspiré le titre de l’exposition, est à la fois une donnée technique, d’où découlent des propriétés et des fonctions bien précises mais aussi des contre-esthétiques spécifiques, ainsi qu’un imaginaire riche pouvant toucher à l’utopie radicale. Par bien des aspects, la céramique est un art de la résistance. La reconnaissance d’un « âge » de la céramique qui, étrangement, n’avait jamais encore été consacré, semble, aujourd’hui, plus que jamais, s’imposer.

Les Flammes s’inscrit, telle un troisième volet, dans la lignée des expositions Decorum (sur la tapisserie) et Medusa (sur les bijoux) organisées au Musée d’Art Moderne en 2013 et 2017 cherchant à repenser les définitions de l’art. Elle repose sur des prêts de nombreuses institutions et collections de renom, tant muséales (Sèvres - Manufacture et Musée nationaux, le Mucem, le Louvre, Arizona State University Museum, etc.) que privées, et sur une collaboration avec des universitaires et théoriciens français et internationaux, dont les trois experts invités Frédéric Bodet, Thomas Golsenne et Stéphanie Le Follic-Hadida.

Un catalogue, avec des textes de plusieurs spécialistes et artistes, un colloque international autour du thème « céramique et politique », co-organisé avec la Société des Amis et le musée national de Sèvres ainsi que le Musée des Arts Décoratifs à l’Institut national d'histoire de l'art en janvier 2022, un espace de collecte, un programme d’ateliers et de démonstrations ainsi qu’un projet d’exposition en valise, à destination du public empêché, accompagnent l’exposition.

Enfin, le mobilier de la scénographie réalisée avec l’agence Cros/Patras, et la collaboration de Natsuko Uchino est à plus de 50% recyclé et recyclable, en signe de respect pour la Terre, médium premier de cette exposition.

Une sélection d’œuvres en céramique, issue de la collection du musée, est aussi présentée au sein du parcours permanent, en écho à l’exposition.

Commissaire de l'exposition : Anne Dressen assistée de Margot Nguyen

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris