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10/10/21

Les Flammes. L'Âge de la céramique @ Musée d’Art Moderne de Paris

Les Flammes. L'Âge de la céramique 
Musée d’Art Moderne de Paris 
15 octobre 2021 - 6 février 2022 

Ron Nagle
Ron Nagle 
Captive Morgan, 2012
© Ron Nagle, Courtesy Matthew Marks Gallery

L’exposition Les Flammes. L'Âge de la céramique propose une immersion dans le médium de la céramique et associe plus de 350 pièces allant du néolithique jusqu’à nos jours, créant un dialogue inédit et fécond entre des typologies d’objets issus d’époques et de contextes variés, cherchant à déceler les influences autant que les coïncidences.

Source constante d’inspiration et d’expression pour artisans, artistes ou designers, la céramique – de keramos signifiant « argile » en grec - est l’une des plus anciennes manifestations culturelles de l’humanité, utilisée dès la préhistoire pour la confection d’idoles, d’architecture, et de contenants culinaires.

L'exposition Les Flammes présente ainsi des céramiques réalisées par des artistes ou des céramistes modernes et contemporains (de Jean Carriès, Georg Ohr, Paul Gauguin, Shoji Hamada, Bernard Leach, Marcel Duchamp, Meret Oppenheim, Pablo Picasso, Salvador Dali, Raoul Dufy, Lucio Fontana, Beatrice Wood, Ken Price, Ron Nagle, Cindy Sherman, Judy Chicago, Miquel Barceló , Jean Girel, Simone Leigh, Daniel Dewar & Grégory Gicquel, Theaster Gates, Mai Thu Perret, Clare Twomey, Takuro Kuwata, Natsuko Uchino…), des productions historiques signées (de Bernard Palissy, Marie Talbot, Dave the Potter, ou des Manufactures nationales), ou anonymes (vénus préhistoriques, vases grecs antiques, poterie vernaculaire), ou encore non européennes (poterie Nok, jarres Mochica, figures Tang, réticulés iraniens, rakus japonais).

Trans-historique, cette exposition porte sur la céramique dans ses rapports intrinsèques à l’art et plus largement à l’humain. Longtemps minoré dans l’échelle des arts, ce médium peut être à la fois fonctionnel et sculptural et oblige à repenser les catégories existantes et les hiérarchies traditionnelles. Entre l’art, le design et l’artisanat, l’exposition explore ses rapports au décoratif, au culinaire, à la performance, mais aussi la multitude de ses applications dans les champs du médical, de l’aéronautique ou de l’écologie.

Les Flammes aborde ainsi la céramique selon trois thématiques : les techniques (terres et cuissons, formes, décors), les usages (utilitaires, artistiques, rituels) et les messages (trompe-l’œil, anticlassiques, politiques). Elle révèle également des pièces qui dérogent aux règles, réinventent les codes et bousculent les approches et ce, même si les recettes, proches de l’alchimie, n’ont quasiment pas évolué au cours de l’histoire.

Telle le Phénix qui renait constamment de ses cendres, la céramique exerce une fascination, croissante bien que cyclique, liée à l’imprédictibilité technique de la cuisson et du four qui ne se laisse jamais complètement apprivoiser. Sa tactilité, mais aussi sa rudesse, ont toujours inspiré des artisans, et ne cessent d’attirer les artistes depuis la fin du XIXe, ainsi qu’un large public d’amateurs en général.

Le feu, qui a inspiré le titre de l’exposition, est à la fois une donnée technique, d’où découlent des propriétés et des fonctions bien précises mais aussi des contre-esthétiques spécifiques, ainsi qu’un imaginaire riche pouvant toucher à l’utopie radicale. Par bien des aspects, la céramique est un art de la résistance. La reconnaissance d’un « âge » de la céramique qui, étrangement, n’avait jamais encore été consacré, semble, aujourd’hui, plus que jamais, s’imposer.

Les Flammes s’inscrit, telle un troisième volet, dans la lignée des expositions Decorum (sur la tapisserie) et Medusa (sur les bijoux) organisées au Musée d’Art Moderne en 2013 et 2017 cherchant à repenser les définitions de l’art. Elle repose sur des prêts de nombreuses institutions et collections de renom, tant muséales (Sèvres - Manufacture et Musée nationaux, le Mucem, le Louvre, Arizona State University Museum, etc.) que privées, et sur une collaboration avec des universitaires et théoriciens français et internationaux, dont les trois experts invités Frédéric Bodet, Thomas Golsenne et Stéphanie Le Follic-Hadida.

Un catalogue, avec des textes de plusieurs spécialistes et artistes, un colloque international autour du thème « céramique et politique », co-organisé avec la Société des Amis et le musée national de Sèvres ainsi que le Musée des Arts Décoratifs à l’Institut national d'histoire de l'art en janvier 2022, un espace de collecte, un programme d’ateliers et de démonstrations ainsi qu’un projet d’exposition en valise, à destination du public empêché, accompagnent l’exposition.

Enfin, le mobilier de la scénographie réalisée avec l’agence Cros/Patras, et la collaboration de Natsuko Uchino est à plus de 50% recyclé et recyclable, en signe de respect pour la Terre, médium premier de cette exposition.

Une sélection d’œuvres en céramique, issue de la collection du musée, est aussi présentée au sein du parcours permanent, en écho à l’exposition.

Commissaire de l'exposition : Anne Dressen assistée de Margot Nguyen

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris

31/03/00

La céramique à Biot, 1920 – 2000

La céramique à Biot, 1920 – 2000 
Musée national Fernand Léger 
Musée d’Art et d’Histoire de la céramique biotoise 
Maison du tourisme - Maison de l’artisanat et des métiers d’art
Poterie provençale Augé-Laribé 
Galerie des Arcades 
25 mars – 2 juillet 2000 

La Maison de l’artisanat et des métiers d’art de Biot organise une exposition qui présente les différents aspects de la céramique de Biot entre 1920 et 2000. Cette exposition est présentée dans cinq lieux différents, à Biot. 

La région est riche en argile, sable, manganèse, bois, pierre à four et, dès le XIVe siècle, on note la présence d'une jarre dans l’enceinte du château de Biot. Le travail de la céramique est donc apparu très tôt dans le village. La production s’améliore, se perfectionne, mais c’est au XVIe siècle qu’elle prend tout son essor. On produit essentiellement des jarres mais aussi des objets utilitaires : soupières, pichets, vases… Les jarres s’exportent dans toute la région, et même au-delà de la méditerranée. Elles servent à conserver et à transporter l’huile, le vin et autres denrées périssables.

Au XVIIIe, on recense une quarantaine de fabriques. Cette industrie prospère commence à décliner au milieu du XIXe siècle. Le recul des cultures, les nouveaux moyens de conservation, le développement de nouveaux modes de transport, la maîtrise de nouvelles techniques et le début de l’industrialisation lui seront fatales.

La décoration néo-provençale remise au goût du jour donnera un nouvel élan à cette tradition sur le point de s’éteindre. La Poterie provençale Augé-Laribé (fondée en 1920) trouve un nouvel emploi à ses jarres : désormais ornementales, elles trôneront dans les jardins de la région et du monde entier.

Des artistes venus d’horizons divers viennent s’installer définitivement ou pour un moment dans le village et s’initient aux techniques ancestrales de la céramique. L'artiste suédois Hans Hedberg s’y installe dès 1949 pour y concevoir ses oeuvres végétales géantes. Fernand Léger y fait de fréquents séjours entre 1951 et 1955. Il travaille dans l’atelier de son ancien élève, Roland Brice, rue des Roses. L'artiste céramiste Jean-Paul Van Lith artiste y a toujours son atelier au coeur du village (non loin de celui de Jacky Caville). C'est là qu'il crée ses personnages fantastiques.

♦ Le musée national Fernand Léger expose le travail de l’artiste réalisé à Biot entre 1950 et 1955 dans l’atelier de Roland Brice et de son fils Claude. Environ quatre-vingt oeuvres provenant de musées et de collections particulières sont présentées. Des documents et des photographies témoignent du dynamisme et de la créativité de l’artiste dans ce domaine. Certaines des oeuvres sont exposées à côté des peintures qui ont servi de modèles. 

Créés par cinq bijoutiers et orfèvres de Biot, des bijoux de terres sont proposés à la boutique du musée.

♦ Le musée d'Art et d'histoire de la céramique biotoise, qui conserve une belle collection de céramiques des XVIIIe et XIXe siècles, expose des céramiques utilitaires réalisées à Biot au XXe siècle.

♦ La Maison de l’artisanat et des métiers d’art de Biot, organisateur de l’exposition, a réalisé un recensement des ateliers des potiers biotois du XX°. La Maison du tourisme présente ces artistes contemporains qui ont essentiellement travaillé l’aspect décoratif de la céramique. Des documents photographiques permettent de découvrir leurs ateliers.

♦ La Poterie Provençale Augé-Laribé, qui fête en 2000 ses 80 ans d’existence, présente une rétrospective du travail du fondateur, René Augé-Laribé. Formé aux Arts décoratifs à Paris, il donna une impulsion nouvelle à la poterie qui périclitait en détournant la jarre de sa fonction première pour en faire un objet de décoration.

♦ André Brothier, arrivé au village en 1952, reprend un ancien bureau de tabac et ouvre le restaurant des Arcades qui lentement va se transformer en galerie – restaurant. Il y constitue au fil des années une impressionnante collection de céramiques que l'exposition permet de découvrir. En parallèle, Martine Polliset, artiste installée dans le village depuis 30 ans, présente ses créations inspirées de la nature.

Cette exposition s’attache à donner un aperçu de la diversité du travail des créateurs de Biot, village fortement ancré dans une tradition de potiers.

Actuellement, on compte encore une douzaine de céramistes installés à demeure dans le village. Les techniques ont certes évolué, certains fours à bois ont été électrifiés, mais le travail de la terre, le geste, l’impulsion créative restent les mêmes.