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06/04/25

Matisse et Marguerite @ MAM de Paris - Exposition "Matisse et Marguerite. Le regard d’un père", Musée d’Art Moderne de Paris

Matisse et Marguerite
Le regard d’un père
Musée d’Art Moderne de Paris
4 avril - 24 août 2025

Henri Matisse, Portrait de Marguerite
Henri Matisse
Portrait de Marguerite
Issy-les-Moulineaux, 1918
Huile sur bois, 46 x 37,8 cm
West Palm Beach, Floride, Norton Museum of Art
Don de Jean et Martin Goodman, de Palm Beach, Floride, 1986
Crédit : Norton Museum of Art
« Au temps de mon père, on vivait avec son drame quotidien, qui était la peinture. »
Marguerite Duthuit-Matisse, 1970
Le Musée d’Art Moderne de Paris présente une exposition inédite d’Henri Matisse (1869-1954), l’un des plus grands artistes du XXème siècle. Rassemblant plus de 110 œuvres (peintures, dessins, gravures, sculptures, céramique), elle propose de montrer le regard d’artiste et de père que Matisse porte sur sa fille aînée, Marguerite Duthuit-Matisse (1894-1982), figure essentielle mais discrète de son cercle familial.

L’exposition présente de nombreux dessins rarement sinon jamais montrés au public, ainsi que d’importants tableaux venus de collections américaines, suisses et japonaises exposés en France pour la première fois. Des photographies, documents d’archives et œuvres peintes par Marguerite elle-même complètent l’évocation de cette personnalité méconnue du grand public.

Depuis les premières images de l’enfance jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Marguerite demeure le modèle de Matisse le plus constant – le seul à avoir habité son œuvre au cours de plusieurs décennies. Porteurs d’une franchise et d’une intensité remarquables, ses portraits trahissent une émotion rare, à la hauteur de l’affection profonde que Matisse portait à sa fille. L’artiste semblait voir en elle une sorte de miroir de lui-même, comme si, en la dépeignant, il accédait enfin à l’« identification presque complète du peintre et de son modèle » à laquelle il aspirait.

Organisée de manière chronologique, l’exposition témoigne de la force du lien qui unissait l’artiste et sa fille, et permet d’appréhender l’immense confiance et le respect qu’ils se vouaient mutuellement. Elle est aussi l’occasion de découvrir le destin fascinant d’une femme hors du commun, qui joua un rôle de premier plan dans la carrière de son père.

Aînée des trois enfants Matisse, Marguerite naît en 1894 de la relation éphémère que l’artiste, alors jeune étudiant en peinture, entretient avec son modèle Caroline Joblaud. Reconnue par son père, elle grandit aux côtés de Jean (1899-1976) et Pierre (1900-1989), fils de Matisse et de son épouse Amélie. « Nous sommes comme les cinq doigts de la main », écrira plus tard Marguerite à propos de ce noyau familial très soudé.

Son enfance est marquée par la maladie et la souffrance : à l’âge de sept ans, elle subit une première trachéotomie dont elle dissimulera longtemps la cicatrice sous un ruban noir, attribut distinctif de nombre de ses portraits. Privée d’une scolarité normale en raison de sa santé fragile, elle devient une authentique « gosse d’atelier », témoin attentif et quotidien du travail de Matisse. « Tout l’esprit de la famille était dirigé sur l’effort du père », se souviendra-t-elle. Sa disponibilité l’amène à prêter son visage aux recherches plastiques du peintre, lequel trouve en sa fille un modèle patient et bienveillant, prêt à accueillir ses expérimentations formelles les plus audacieuses.

En 1905, dans l’Intérieur à la fillette (The Museum of Modern Art, New York), Matisse dépeint Marguerite dans la touche vibrante et colorée caractéristique du fauvisme. L’année suivante, l’intérêt sensible du peintre pour sa fille se déploie dans un superbe ensemble de tableaux et dessins réalisés à Collioure, tandis que la sage écolière aux yeux baissés (Marguerite lisant, Musée de Grenoble) évolue en une fière adolescente affrontant le regard du spectateur (Musée Picasso, Paris). Plus frontale encore, la magistrale Marguerite au chat noir de 1910 (Centre Pompidou, Paris) précède la géométrisation austère et radicale de Tête blanche et rose (Centre Pompidou, Paris).

Au cours de la Première Guerre mondiale, les portraits de Marguerite se multiplient. La fille du peintre y apparaît comme une jeune femme élégante, habillée avec raffinement et coiffée de chapeaux élaborés. Alors que Matisse s’installe progressivement à Nice, elle fait l’objet d’une importante série de portraits au balcon, emmitouflée dans un large manteau à carreaux, avant de figurer au premier plan de la composition monumentale du Thé (LACMA), évocation du jardin familial à Issy-les-Moulineaux.

En 1920, Marguerite apparaît à nouveau, épuisée et convalescente, dans une série d’œuvres réalisées après une douloureuse opération de la trachée. Matisse s’y devine en père inquiet et empli de tendresse pour sa fille enfin libérée de sa cicatrice et de son ruban. Exécutées à Étretat, elles figurent parmi les derniers portraits individualisés que Matisse réalise de sa fille avant une interruption de vingt-cinq ans. Si Marguerite continue de poser pour son père au début des années 1920, c’est désormais au titre de figurante, dans des tableaux et dessins qui intègrent presque toujours un second modèle professionnel, Henriette Darricarrère. Complices, les deux jeunes femmes arborent des tenues recherchées, de bal ou de carnaval, dans des décors niçois riches en couleurs.

En 1923, Marguerite épouse l’écrivain Georges Duthuit et disparaît des tableaux de son père. Elle en demeure néanmoins très proche, endossant le rôle d’intermédiaire entre Matisse, désormais installé à Nice, et les innombrables sollicitations de collectionneurs, historiens, conservateurs et marchands d’art. Redoutablement précise et exigeante, c’est elle qui supervise le tirage des gravures de son père à Paris. Dévouée à la défense de l’art de Matisse, elle accroche des expositions à Berlin et Londres et, plus tard, aura la charge du catalogue raisonné de son œuvre, tâche jamais achevée. Une salle de l’exposition est ainsi consacrée au rôle primordial joué par Marguerite dans la carrière de son père, de même qu’à ses propres incursions dans le domaine de la peinture puis de la mode.

« Moi je suis faite de la substance des guerriers, des ardents », écrivait Marguerite en 1943. Son courage et son intégrité indomptables s’illustrent au cours de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’elle est arrêtée puis torturée pour faits de résistance. Les derniers portraits datent de 1945, alors que le peintre découvre, bouleversé, les immenses dangers et souffrances endurés par sa fille. Poignante, cette ultime série de dessins et lithographies fait écho à un ensemble de portraits tout aussi émouvants que Matisse réalise de son petit-fils Claude, enfant unique de Marguerite, au cours de ces années sombres.

En fin d’exposition, une projection vidéo conçue par la réalisatrice Elisabeth Kapnist retrace la vie de Marguerite par-delà l’art et la carrière de son père, à partir de dizaines de photographies d’archives. 

Préfacé par Barbara Duthuit dont le soutien a été déterminant, le catalogue s’appuie sur plusieurs années de recherche dans les Archives Matisse, et complète l’exposition en apportant des éléments plus approfondis sur la vie de Marguerite et l’œuvre de son père, ainsi que des extraits inédits de la correspondance entre père et fille. Publiée par les Editions Grasset, la première biographie de Marguerite Matisse, écrite par Isabelle Monod-Fontaine, spécialiste mondialement reconnue de l’œuvre du peintre, et Hélène de Talhouët, paraît également à l’occasion de l’exposition.

Parallèlement à l’exposition, une expérience de réalité virtuelle réalisée par TSVP et Lucid Realities est proposée autour de La Danse de Matisse, chef d’œuvre des collections du Musée d’Art Moderne de Paris.

Musée d’Art Moderne de Paris
11 Avenue du Président Wilson 75116 Paris

01/06/24

Exposition Présences Arabes: Art moderne et décolonisation, Paris 1908 - 1988 @ Musée d’Art Moderne de Paris

Présences Arabes 
Art moderne et décolonisation, 
Paris 1908 - 1988 
Musée d’Art Moderne de Paris 
5 avril - 25 août 2024

Huguette Caland
Huguette Caland
Espace blanc I, 1984
Huile sur toile, 200 x 200 cm
© Huguette Caland / Photo Jack Hems
Courtesy famille Caland, David Zwirner

Le Musée d’Art Moderne de Paris propose de redécouvrir la diversité des modernités arabes au XXe siècle et de renouveler le regard historique sur des scènes artistiques encore peu connues en Europe. A travers une sélection de plus de 200 oeuvres, pour la plupart jamais exposées en France, l’exposition Présences arabes – Art moderne et décolonisation – Paris 1908-1988 met en lumière la relation des artistes arabes avec Paris, tout au long du XXe siècle.

L’exposition explore une autre histoire de l’Art moderne, éclairée par de nombreuses archives sonores et audiovisuelles historiques présentes dans le parcours. Structurée de manière chronologique, elle débute en 1908, année de l’arrivée du poète et artiste libanais Khalil Gibran à Paris et de l’ouverture de l’école des Beaux-Arts du Caire. Elle se termine en 1988, avec la première exposition consacrée à des artistes contemporains arabes à l’Institut du Monde Arabe (inauguré quelques mois plus tôt) à Paris et avec l’exposition Singuliers : bruts ou naïfs, avec entre autres l’artiste marocaine Chaïbia Tallal et l’artiste tunisien Jaber Al-Mahjoub, présentée au musée des enfants du Musée d’Art Moderne de Paris.

Ainsi que l’écrit Silvia Naef, historienne d’art et l'une des autrices du catalogue de l’exposition Présences Arabes au MAM : “Comment faire un art moderne et arabe ? un vrai projet esthétique se met en place au cours du 20e siècle : pensé à la fois en rupture avec l’art académique, en écho avec les avant-gardes occidentales, dans le cadre d’une identité nationale propre, sans retour pour autant à un art islamique.”

L’exposition remet ainsi en lumière plus de 130 artistes dont les oeuvres constituent une contribution essentielle aux avant-gardes arabes et à l’histoire de l’art moderne du XXe siècle. Elle met également en évidence le rôle essentiel joué par Paris. Qualifiée de « capitale du tiers monde » par l’historien Michael Goebel, la ville est considérée dès les années 1920 comme un vivier des réseaux anticoloniaux et le foyer des nouvelles modernités cosmopolites.

Le parcours de l’exposition est construit autour de différentes trajectoires d’artistes ayant étudié dans les écoles des beaux-arts de leurs pays avant de venir étudier et s’installer à Paris pour continuer leur formation. Tout au long du XXe siècle, Paris est le lieu de l'accès à la modernité, de la critique du colonialisme et le centre de nombreuses rencontres. Le Musée d’Art Moderne y a lui-même joué un rôle important dans la période d’après-guerre grâce à ses expositions (Salon des réalités nouvelles, Salon de la jeune peinture, Biennale des jeunes artistes de Paris…) et aux acquisitions initiées à partir des années 1960.

Le parcours chronologique de l’exposition se déroule en quatre chapitres :

1 - Nahda : Entre renaissance culturelle arabe et Influence occidentale, 1908-1937 :
Face à l’influence occidentale, la Nahda (renaissance culturelle arabe) se développe ; plus particulièrement en Égypte, au Liban et en Algérie grâce notamment aux écoles d’art, à la presse... En parallèle, à Paris, les grandes expositions dites universelles, dont la plus importante, L'Exposition coloniale de 1931, incluent des artistes issus des pays colonisés.

2 - Adieu à l’orientalisme : Les avant-gardes contre-attaquent.
À l'épreuve des premières indépendances (Égypte, Irak, Liban, Syrie), 1937-1956 :
Certains artistes renoncent à des références importées et imposées pour se saisir d’une expression artistique enracinée dans l’histoire locale (Égypte, Tunisie) mais aussi se connecter directement aux avant-gardes européennes. À Paris, les salons modernistes mettent en avant l’abstraction et accueillent les artistes arabes. C’est le temps des premières indépendances (Égypte, Irak, Liban, Syrie).

3 - Décolonisations : L'art moderne entre local et global.
À l'épreuve des deuxièmes indépendances (Tunisie, Maroc, Algérie), 1956-1967 :
Dans une période marquée par la violence et l’enthousiasme des indépendances nationales, notamment nord-africaines (Algérie, Maroc, Tunisie), l’Art moderne arabe se mondialise. Les expositions à Paris, comme la biennale des jeunes artistes reflètent largement cette nouvelle dynamique.

4 - L'art en lutte : De la cause Palestinienne à « l'apocalypse arabe », 1967-1988 :
Le « salon de la jeune peinture », à Paris, est dominé par les questions politiques et les luttes anti-impérialistes internationales, de la guerre du Vietnam à la cause palestinienne. L’artiste libanaise Etel Adnan fait paraitre, en 1980 à Paris, son grand texte poétique « l'Apocalypse arabe ». L’exposition se termine par le sujet de l’immigration arabe en France traitée par les musées parisiens (années 1980).

Les oeuvres : Issue de grandes collections régionales (Mathaf, Doha, (Qatar); Barjeel Art Foundation, Sharjah, (Émirats Arabes Unis) ; Ibrahimi Collection, Amman, (Jordanie) ; Musée d’art moderne du Caire, (Égypte), Musée national des Beaux-Arts, Alger (Algérie)…et de collections privées et publiques françaises (MNAM, CNAP, Fonds d’art contemporain-Paris collections, Musée d’Art Moderne de Paris, Institut du monde arabe, Musée du Quai Branly-Jacques Chirac…), la sélection de plus de 200 œuvres, pour la plupart jamais exposées en France (incluant peintures, sculptures, photographies, …) s’accompagne d’archives sonores et audiovisuelles historiques.

Le catalogue de l’exposition réunit une documentation et une iconographie largement inédites, couvrant les grands chapitres de l’art moderne arabe à Paris, à travers de nombreux essais, notices thématiques et chronologies transnationales ; ainsi que des auteurs et autrices de premier plan (Michael Goebel, Emilie Goudal, Morad Montazami, Silvia Naef…).

Les artistes présentés dans l'exposition :

Shafic ABBOUD, ABOU NADDARA, Hamed ABDALLA, Youssef ABDELKE, Amal ABDENOUR, Boubaker ADJALI, Etel ADNAN, Maliheh AFNAN, Mohamed AKSOUH, Hala ALABDALLA, Farid AOUAD, Fatma ARARGI, Mohamed ATAALLAH, Jean-Michel ATLAN, Amine EL-BACHA, Simone BALTAXÉ, Michel BASBOUS, Ala BASHIR, Fatma Haddad-Mahieddine (dite BAYA), Souhila BEL BAHAR, Farid BELKAHIA, Nejib BELKHODJA, Fouad BELLAMINE, Mahjoub BENBELLA, Aly BEN SALEM, Abdallah BENANTEUR, Djamila BENT MOHAMED, Samta BENYAHIA, Maurice BISMOUTH, Etienne BOUCHAUD, Pierre BOUCHERLE, Kamal BOULLATA, Huguette CALAND, Nasser CHAURA, Ahmed CHERKAOUI, Saloua Raouda CHOUCAIR, Chaouki CHOUKINI, collectif CINÉMÉTÈQUE, Inji EFFLATOUN, André ELBAZ, Fouad ELKOURY, Errò, Ammar FARHAT, Safia FARHAT, Djamel FARÈS, Moustapha FARROUK, Dias FERHAT, André FOUGERON, Émile GAUDISSARD, Abdel Hadi EL-GAZZAR, Jilali GHARBAOUI, GibranKhalil GIBRAN, Abdelaziz GORGI, Abdelkader GUERMAZ, Abraham HADAD, Marie HADAD, Khadim HAIDER, Ahmed HAJERI, Jamil HAMOUDI, Francis HARBURGER, Faik HASSAN, Mona HATOUM, Adam HENEIN, Georges HENEIN, Mohamed ISSIAKHEM, Marwan KASSAB BACHI (dit MARWAN), Mahjoub AL-JABER (dit JABER), Abdul Kader EL-JANABI, Henri Gustave JOSSOT, Fouad KAMEL, Fêla KÉFI-LEROUX, Mohammed KHADDA, Rachid KHIMOUNE, Rachid KORAÏCHI, Georges KOSKAS, Mohamed KOUACI, Claude LAZAR, Ahmed LOUARDIRI, Nja MAHDAOUI, Jean de MAISONSEUL, Azouaou MAMMERI, Maria MANTON, Denis MARTINEZ, Antoine MALLIARAKIS dit MAYO, Hassan MASSOUDY, Hatem EL-MEKKI, Mohamed MELEHI, Rabah MELLAL, Choukri MESLI, Mireille MIAIHLE, Mahmoud MOKHTAR, Fateh MOUDARRES, Philippe MOURANI, Mehdi MOUTASHAR, Laila MURAYWID, Nazir NABAA, Edgar NACCACHE, Effat NAGHI, Mohammed Bey NAGHI, Marguerite NAKHLA, Rafa NASIRI, Ahmad NAWACH, Amy NIMR,Leila NSEIR, Mohammed RACIM, Omar RACIM, Samir RAFI, Aref EL-RAYESS, Jocelyne SAAB, Georges Hanna SABBAGH, Valentine de SAINT-POINT, Shakir Hassan AL-SAID, Mahmoud SAÏD, Nadia SAIKALI, Samir SALAMEH, Mona SAUDI, Jewad SELIM, Jean SÉNAC, Juliana SERAPHIM, Ibrahim SHADHA, Gazbia SIRRY, Chaïbia TALLAL, Gouider TRIKI, Yahia TURKI, Madiha UMAR, Seif WANLY, Nil YALTER, Ramsès YOUNAN, Salah YOUSRY, Fahrelnissa ZEID, Bibi ZOGBÉ

Commissaires : 
Musée d’Art Moderne : Odile Burluraux
Zamân Books & Curating : Morad Montazami, Madeleine de Colnet

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris

12/10/21

Anni et Josef Albers @ Musée d'Art Moderne de Paris - L'art et la vie

Anni et Josef Albers
L'art et la vie
MAM - Musée d'Art Moderne de Paris
Jusqu'au 9 janvier 2022

Josef et Anni Albers
Josef et Anni Albers 
dans le jardin de la maison des maîtres 
au Bauhaus, Dessau, vers 1925 
Photographe anonyme 
© The Josef and Anni Albers Foundation 

Le Musée d'Art Moderne de Paris présente une exposition inédite consacrée à Anni et Josef Albers, rassemblant plus de trois cent cinquante oeuvres (peintures, photographies, meubles, oeuvres graphiques et textiles) significatives du développement artistique des deux artistes.

Au-delà de la présentation très complète de leurs créations respectives, il s'agit de la première exposition en France dédiée au couple formé par les deux artistes. C'est en effet ce lien intime et très complice qui leur a permis, tout au long de leur vie, de se soutenir, de se renforcer mutuellement, dans un dialogue permanent et respectueux. Ils ont non seulement produit une œuvre considérée aujourd'hui comme la base du modernisme, mais ont aussi imprégné toute une nouvelle génération d'artistes de leurs valeurs éducatives.

Anni Albers (née Annelise Fleischmann, 1899-1994) et Josef Albers (1888-1976) se rencontrent en 1922 au Bauhaus et se marient trois ans plus tard. Ils partagent d’emblée la conviction que l’art peut profondément transformer notre monde et doit être au cœur de l’existence humaine : 
« Les oeuvres d’art nous apprennent ce qu’est le courage. Nous devons aller là où personne ne s’est aventuré avant nous. » - Anni Albers
Dès le début de leur travail, les deux artistes placent ainsi la fonction de l’art au coeur de leur réflexion. Ils adhèrent non seulement à la revalorisation de l’artisanat et aux atouts de la production industrielle (Bauhaus) pour rendre possible la démocratisation de l’art, mais ils estiment aussi que la création joue un rôle essentiel dans l’éducation de chaque individu. Ils ne cessent de démontrer, en tant qu’artistes mais aussi enseignants, l’impact incommensurable de l’activité artistique sur la réalisation de soi et, plus largement, sur la relation avec les autres. Forts de ces valeurs, ils cherchent à amener leurs élèves vers une plus grande autonomie de réflexion et à une prise de conscience de la subjectivité de la perception. Selon eux, l’enseignement ne se réduit pas à transmettre un savoir théorique déjà écrit mais consiste au contraire à susciter constamment des interrogations nouvelles : d’abord par l’observation sensible du monde – visuel et tactile – qui nous entoure ; puis par la découverte empirique que comporte l’expérimentation créatrice avec les matériaux à portée de main, sans préjuger de leurs valeurs esthétiques. 
« Apprenez à voir et à ressentir la vie, cultivez votre imagination, parce qu’il y a encore des merveilles dans le monde, parce que la vie est un mystère et qu’elle le restera. Mais soyons-en conscients. » - Josef Albers
L’exposition s’ouvre sur deux œuvres emblématiques de chaque artiste, illustrant d’emblée, tel un prologue, les valeurs formelles et spirituelles qui relient le couple. Puis elle suit, de manière chronologique, les différentes étapes de leur vie. Une première section rassemble leurs productions, riches et variées, issues du Bauhaus, de 1920 à 1933. Le départ du couple pour les États Unis en 1933 marque le début de la deuxième section, dédiée aux oeuvres réalisées au Black Mountain College. Puis deux autres temps forts de la visite s’attachent à présenter une sélection pointue de Pictorial Weavings de Anni Albers et de Homages to the Square de Josef Albers. Enfin, la dernière partie de l’exposition est consacrée au travail graphique d'Anni Albers, initié avec Josef Albers dans les années soixante et qu’elle va poursuivre jusqu’à la fin de sa vie.

Une salle, spécifiquement dédiée à leurs rôles respectifs en tant que professeurs, permet aux visiteurs, grâce à d’exceptionnels films d’archives, de se glisser dans la peau des étudiants et de suivre un cours « en direct ». Un grand nombre de documents (photographies, lettres, carnets de notes, cartes postales, etc.), réunis avec l’aide de la Fondation Josef et Anni Albers, permet également de contextualiser le travail des deux artistes.

L'exposition est organisée en étroite collaboration avec The Josef and Anni Albers Foundation à Bethany, Connecticut.

Elle sera également présentée à l'IVAM (Instituto Valenciano de Arte Moderno) à Valencia, Espagne, du 17 février au 20 juin 2022.

Un catalogue est publié aux éditions Paris Musées (272 pages, 45 €).

Commissaire
Julia Garimorth, assistée de Sylvie Moreau-Soteras

Comité scientifique
Nicholas Fox Weber, directeur de la Josef and Anni Albers Foundation, Bethany, Connecticut
Heinz Liesbrock, directeur du Josef Albers Museum Quadrat, Bottrop, Allemagne

A voir également au MAM l'exposition Les Flammes. L'Âge de la céramique 

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris

10/10/21

Les Flammes. L'Âge de la céramique @ Musée d’Art Moderne de Paris

Les Flammes. L'Âge de la céramique 
Musée d’Art Moderne de Paris 
15 octobre 2021 - 6 février 2022 

Ron Nagle
Ron Nagle 
Captive Morgan, 2012
© Ron Nagle, Courtesy Matthew Marks Gallery

L’exposition Les Flammes. L'Âge de la céramique propose une immersion dans le médium de la céramique et associe plus de 350 pièces allant du néolithique jusqu’à nos jours, créant un dialogue inédit et fécond entre des typologies d’objets issus d’époques et de contextes variés, cherchant à déceler les influences autant que les coïncidences.

Source constante d’inspiration et d’expression pour artisans, artistes ou designers, la céramique – de keramos signifiant « argile » en grec - est l’une des plus anciennes manifestations culturelles de l’humanité, utilisée dès la préhistoire pour la confection d’idoles, d’architecture, et de contenants culinaires.

L'exposition Les Flammes présente ainsi des céramiques réalisées par des artistes ou des céramistes modernes et contemporains (de Jean Carriès, Georg Ohr, Paul Gauguin, Shoji Hamada, Bernard Leach, Marcel Duchamp, Meret Oppenheim, Pablo Picasso, Salvador Dali, Raoul Dufy, Lucio Fontana, Beatrice Wood, Ken Price, Ron Nagle, Cindy Sherman, Judy Chicago, Miquel Barceló , Jean Girel, Simone Leigh, Daniel Dewar & Grégory Gicquel, Theaster Gates, Mai Thu Perret, Clare Twomey, Takuro Kuwata, Natsuko Uchino…), des productions historiques signées (de Bernard Palissy, Marie Talbot, Dave the Potter, ou des Manufactures nationales), ou anonymes (vénus préhistoriques, vases grecs antiques, poterie vernaculaire), ou encore non européennes (poterie Nok, jarres Mochica, figures Tang, réticulés iraniens, rakus japonais).

Trans-historique, cette exposition porte sur la céramique dans ses rapports intrinsèques à l’art et plus largement à l’humain. Longtemps minoré dans l’échelle des arts, ce médium peut être à la fois fonctionnel et sculptural et oblige à repenser les catégories existantes et les hiérarchies traditionnelles. Entre l’art, le design et l’artisanat, l’exposition explore ses rapports au décoratif, au culinaire, à la performance, mais aussi la multitude de ses applications dans les champs du médical, de l’aéronautique ou de l’écologie.

Les Flammes aborde ainsi la céramique selon trois thématiques : les techniques (terres et cuissons, formes, décors), les usages (utilitaires, artistiques, rituels) et les messages (trompe-l’œil, anticlassiques, politiques). Elle révèle également des pièces qui dérogent aux règles, réinventent les codes et bousculent les approches et ce, même si les recettes, proches de l’alchimie, n’ont quasiment pas évolué au cours de l’histoire.

Telle le Phénix qui renait constamment de ses cendres, la céramique exerce une fascination, croissante bien que cyclique, liée à l’imprédictibilité technique de la cuisson et du four qui ne se laisse jamais complètement apprivoiser. Sa tactilité, mais aussi sa rudesse, ont toujours inspiré des artisans, et ne cessent d’attirer les artistes depuis la fin du XIXe, ainsi qu’un large public d’amateurs en général.

Le feu, qui a inspiré le titre de l’exposition, est à la fois une donnée technique, d’où découlent des propriétés et des fonctions bien précises mais aussi des contre-esthétiques spécifiques, ainsi qu’un imaginaire riche pouvant toucher à l’utopie radicale. Par bien des aspects, la céramique est un art de la résistance. La reconnaissance d’un « âge » de la céramique qui, étrangement, n’avait jamais encore été consacré, semble, aujourd’hui, plus que jamais, s’imposer.

Les Flammes s’inscrit, telle un troisième volet, dans la lignée des expositions Decorum (sur la tapisserie) et Medusa (sur les bijoux) organisées au Musée d’Art Moderne en 2013 et 2017 cherchant à repenser les définitions de l’art. Elle repose sur des prêts de nombreuses institutions et collections de renom, tant muséales (Sèvres - Manufacture et Musée nationaux, le Mucem, le Louvre, Arizona State University Museum, etc.) que privées, et sur une collaboration avec des universitaires et théoriciens français et internationaux, dont les trois experts invités Frédéric Bodet, Thomas Golsenne et Stéphanie Le Follic-Hadida.

Un catalogue, avec des textes de plusieurs spécialistes et artistes, un colloque international autour du thème « céramique et politique », co-organisé avec la Société des Amis et le musée national de Sèvres ainsi que le Musée des Arts Décoratifs à l’Institut national d'histoire de l'art en janvier 2022, un espace de collecte, un programme d’ateliers et de démonstrations ainsi qu’un projet d’exposition en valise, à destination du public empêché, accompagnent l’exposition.

Enfin, le mobilier de la scénographie réalisée avec l’agence Cros/Patras, et la collaboration de Natsuko Uchino est à plus de 50% recyclé et recyclable, en signe de respect pour la Terre, médium premier de cette exposition.

Une sélection d’œuvres en céramique, issue de la collection du musée, est aussi présentée au sein du parcours permanent, en écho à l’exposition.

Commissaire de l'exposition : Anne Dressen assistée de Margot Nguyen

MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris

18/06/20

Sarah Moon @ Musée d'Art Moderne de Paris - PasséPrésent

Sarah Moon, PasséPrésent
Musée d'Art Moderne de Paris
Réouverture du musée : 7 juillet
Jusqu'au 16 août 2020

Sarah Moon
SARAH MOON
Yohji Yamamoto II, 1996
© Sarah Moon
« C’est à la fois pour m’approcher et m’échapper de la réalité qu’instinctivement j’ai regardé à travers l’objectif d’un appareil photographique. » – Sarah Moon
Le Musée d’Art Moderne de Paris présente l’exposition « PasséPrésent » autour de l’oeuvre de SARAH MOON. Reconnue comme une grande photographe de mode, active en France et à l’étranger depuis la fin des années soixante, ses réalisations débordent pourtant ce seul domaine, et l’exposition souhaite faire découvrir la singularité de son travail, tant photographique que cinématographique, oscillant entre reflets et transparence, mirages et obscurité.

Dans le prolongement de sa carrière de mannequin, au début des années soixante, Sarah Moon commence à pratiquer la photographie en autodidacte et reçoit ses premières commandes. En 1968, sa collaboration avec Corinne Sarrut pour l’image de la marque Cacharel bénéficie d’un écho international dans la photographie de mode, dominée par les hommes. Elle façonne un imaginaire immédiatement reconnaissable au fil de ses campagnes, affiches et magazines. Les femmes qui peuplent ses photographies semblent suspendues dans le cours d’un récit où affleurent les références littéraires et cinématographiques.

En 1985, à la mort de son assistant, Mike Yavel, Sarah Moon développe une pratique personnelle, au-delà des commandes qui continuent d’affluer. Des thématiques apparaissent de façon rémanente dans ses photographies, à travers une recherche perpétuelle de l’imprévisible et de l’instant suspendu.

A rebours de tout déroulé chronologique, Sarah Moon a souhaité croiser pour cette exposition les époques, les typologies, les sujets, afin de montrer leurs porosités. Le parcours est constitué autour d’un choix de films, pour la plupart des adaptations de contes populaires, qui forment un fil narratif à partir duquel le visiteur est invité à évoluer. Chaque film – Circus (2002), Le Fil rouge (2005), Le chaperon noir (2010), L’Effraie (2004), Où va le blanc ? (2013) - fonctionne comme une escale autour de laquelle les images s’organisent et s’animent.

L’exposition est complétée par une salle, dans le parcours des collections permanentes, dédiée à ROBERT DELPIRE (1926-2017), qui partagea la vie de Sarah Moon durant quarante-huit ans. Elle présente des photographies, des affiches, des livres, des films, qui restituent les activités plurielles de ce personnage phare de l’histoire culturelle française, l’un de ses plus importants éditeurs, mais aussi directeur artistique de l’agence de publicité Delpire qu’il a créée, et fondateur du Centre National de la Photographie qu’il a dirigé de 1983 à 1996.

Un catalogue comprenant des essais et des témoignages est publié aux Editions Paris Musées.

Commissaire de l'exposition : Fanny Schulmann

MUSEE D'ART MODERNE DE PARIS
11 Avenue du Président Wilson, 75016 Paris
www.mam.paris.fr

13/10/19

Hans Hartung @ Musée d’Art Moderne de Paris - La fabrique du geste - Rétrospective

Hans Hartung, La fabrique du geste
Musée d’Art Moderne de Paris
11 octobre 2019 – 1er mars 2020

A l’occasion de sa réouverture après une année de travaux de rénovation, le Musée d’Art Moderne de Paris présente Hans Hartung, La fabrique du geste.

La dernière rétrospective dans un musée français datant de 1969, il était important de redonner à HANS HARTUNG (1904-1989) toute la visibilité qu’il mérite. L’exposition porte un nouveau regard sur l’ensemble de l’oeuvre de cet artiste majeur du XXe siècle et sur son rôle essentiel dans l’histoire de l’art. Hans Hartung fut un précurseur de l’une des inventions artistiques les plus marquantes de son temps : l’abstraction.

Acteur d’un siècle de peinture, qu’il traverse avec une soif de liberté à la mesure des phénomènes qui viennent l’entraver – de la montée du fascisme dans son pays d’origine l’Allemagne à la précarité de l’après-guerre en France et à ses conséquences physiques et morales – jamais, il ne cessera de peindre.

Le parcours de la rétrospective comprend une sélection resserrée d’environ trois cent oeuvres, provenant de collections publiques et particulières françaises et internationales et pour une grande part de la Fondation Hartung-Bergman. Cet hommage fait suite à l’acquisition du musée en 2017 d’un ensemble de quatre oeuvres de l’artiste.

L’exposition donne à voir la grande diversité des supports, la richesse des innovations techniques et la panoplie d’outils utilisés durant six décennies de production. Hans Hartung, qui place l’expérimentation au coeur de son travail, incarne aussi une modernité sans compromis, à la dimension conceptuelle. Les essais sur la couleur et le format érigés en méthode rigoureuse d’atelier, le cadrage, la photographie, l’agrandissement, la répétition, et plus surprenant encore, la reproduction à l’identique de nombre de ses oeuvres, sont autant de recherches menées sur l’original et l’authentique, qui résonnent aujourd’hui dans toute leur contemporanéité. Hans Hartung a ouvert la voie à certains de ses congénères, à l’instar de Pierre Soulages qui a toujours admis cette filiation.

L’exposition est construite comme une succession de séquences chronologiques sous la forme de quatre sections principales. Composée non seulement de peintures, elle comprend également des photographies, témoignant de cette pratique qui a accompagné l’ensemble de sa recherche artistique. Des ensembles d’oeuvres graphiques, des éditions limitées illustrées, des expérimentations sur céramique, ainsi qu’une sélection de galets peints complètent la présentation et retracent son itinéraire singulier.

Afin de mettre en relief le parcours d’Hans Hartung, en même temps que son rapport à l’histoire de son temps, cette exposition propose des documents d’archives, livres, correspondances, carnets, esquisses, journal de jeunesse, catalogues, cartons d’invitations, affiches, photographies, films documentaires, etc.

Figure incontournable de l’abstraction au XXe siècle, Hans Hartung ne se laisse pas pour autant circonscrire dans ce rôle de précurseur historique, car sa vision d’un art tourné vers l’avenir, vers le progrès humain et technologique, vient nous questionner aujourd’hui encore. Le parcours met en tension et en dialogue ces deux aspects complémentaires qui constituent le fil rouge de cette exposition.

Un catalogue comprenant une quinzaine d’essais et une anthologie de textes est publié aux Éditions Paris Musées.

Commissaire de l'exposition : Odile Burluraux

Musée d’Art Moderne de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris
www.mam.paris.fr

19/05/19

Sara Cwynar @ Milwaukee Art Museum - Image Model Muse

Sara Cwynar: Image Model Muse
Milwaukee Art Museum
Through July 21, 2019

Sara Cwynar
SARA CWYNAR
Tracy (Cezanne), 2017 
Dye sublimation print. 
Courtesy of the artist, Cooper Cole, Toronto, Foxy Production, New York. 
© Sara Cwynar

The Milwaukee Art Museum presents Sara Cwynar: Image Model Muse, the contemporary artist’s first solo exhibition in the United States, on view in the Herzfeld Center for Photography and Media Arts at the Museum. The exhibition includes three recent video installations and large-scale photographs created by the Brooklyn-based Sara Cwynar (b. 1985, Vancouver, Canada). The works in the exhibition focuses on the artist’s interest in the creation of consumer desire for objects and how society conceptualizes beauty.

“Cwynar’s multi-disciplinary practice across photography, film, and performance echoes and responds to video and performance art of the 1960s and 1970s, in which the artist is both subject and object of the camera,” said Lisa Sutcliffe, Herzfeld Curator of Photography and Media Arts, Milwaukee Art Museum, and co-curator of the exhibition. “Presenting her full range of work within the context of an encyclopedic collection provides opportunities to examine the historical evolution of standards of beauty and how design plays a role in its construction.”

The works on view reveal the artist’s study of the ways in which color, design and commercial goods can represent larger systems of power. By gathering and organizing objects according to color, vintage, material and content, Sara Cwynar traces how they circulate and are valued by society. In this exhibition, she highlights the evolution of objects from idealized to outdated, focusing on complex feelings of both attraction and repulsion.

Sara Cwynar
SARA CWYNAR (Canadian, b. 1985) 
Tracy (Gold Circle), 2017
Dye sublimation print on aluminum, 30 x 38 in. 
Milwaukee Art Museum,
Purchase, with funds from the Ralph and Cora Oberndorfer Family Trust, M2017.18.

Sara Cwynar
SARA CWYNAR
Tracy (Grid 1), 2017
Inkjet print mounted on Dibond, 30 x 38 in. 
Courtesy of the artist, Cooper Cole, Toronto, Foxy Production, New York. 
© Sara Cwynar

Sara Cwynar
SARA CWYNAR
Tracy (Stepping Forward, Stepping Backward), 2017. 
Dye sublimation print on aluminum, 30 x 38 in. 
Courtesy of the artist, Cooper Cole, Toronto, Foxy Production, New York. 
© Sara Cwynar

“I’m trying to dismantle this often-idealized kitsch, or often very nostalgic Western context of photography, which tells us who we think we are, and often with great bias. I’m trying to think of all the different ways that that is a false history,” said Sara Cwynar. “I’m trying to be clear about my own ambivalence, and how you can see the way the strategies of design and advertising are working but still be seduced by them.”

The artist’s research-oriented films are meditations on the emotional impact of color, design, and popular imagery, and how desire is created. Museum visitors will have the opportunity to view three of Sara Cwynar’s most recent films—Soft Film (2016), Rose Gold (2017), and Cover Girl (2018). Photographs from the artist’s ongoing Tracy series explore similar themes. Through the juxtaposition of commercial objects and Sara Cwynar’s friend Tracy, who acts as the primary model for the series, Sara Cwynar further shows how images can shape beliefs, values and standards of beauty.

Sara Cwynar
SARA CWYNAR
Rose Gold, 2017 (still)
16 mm film on video with sound, 8 min. 
Courtesy of the artist, Cooper Cole, Toronto, Foxy Production, New York. 
© Sara Cwynar

Sara Cwynar
SARA CWYNAR
Rose Gold, 2017 (still)
16 mm film on video with sound, 8 min. 
Courtesy of the artist, Cooper Cole, Toronto, Foxy Production, New York. 
© Sara Cwynar

Sara Cwynar
SARA CWYNAR
Soft Film, 2016 (still)
16 mm film on video with sound, 6 min. 28 sec. 
Courtesy the artist, Cooper Cole, Toronto, Foxy Production, New York. 
© Sara Cwynar

“The Milwaukee Art Museum has always found a balance between exhibiting contemporary and historic art,” said Margaret Andera, interim chief curator and curator of contemporary art, Milwaukee Art Museum. “The opportunity to explore the work of Sara Cwynar alongside the depictions of beauty by a 19th-century French Academic painter in the concurrent Bouguereau & America exhibition, allows visitors to deepen their understanding of beauty from differing points of view and across centuries.”

Image Model Muse joins a long list of Milwaukee Art Museum exhibitions that have showcased a living female artist, including Penelope Umbrico: Future Perfect (2016), Currents 35: Tara Donovan (2012), Taryn Simon: Photographs and Texts (2012), On Site: Chakaia Booker (2010), On Site: Andrea Zittel (2004) and Laura Owens (2003) as well as numerous exhibitions of Wisconsin-born Georgia O’Keeffe during her lifetime.

Sara Cwynar has won numerous awards as an emerging artist, including the 2016 Baloise Prize, which recognizes international artists on the rise.

The exhibition is co-organized by the Milwaukee Art Museum and the Minneapolis Institute of Art, and curated by Lisa Sutcliffe, Herzfeld Curator of Photography and Media Arts, Milwaukee Art Museum, and Gabriel Ritter, Curator and Head of Contemporary Art, Minneapolis Institute of Art.

Supporting sponsors include Live Wire Productions. Exhibitions in the Herzfeld Center for Photography and Media Arts are sponsored by the Herzfeld Foundation and Madeleine and David Lubar. Exhibitions throughout 2019 are made possible by the Milwaukee Art Museum’s Visionaries including John and Murph Burke, Sheldon and Marianne Lubar, Joel and Caran Quadracci, Sue and Bud Selig and Jeff Yabuki and the Yabuki Family Foundation.

MILWAUKEE ART MUSEUM
700 N. Art Museum Drive, Milwaukee, WI 53202
mam.org

17/03/19

Thomas Houseago @ Musée d’Art moderne de la Ville de Paris - Almost Human - Rétrospective

Thomas Houseago, Almost Human
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
15 mars – 14 juillet 2019

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente la première rétrospective en France de Thomas Houseago.

Figure majeure de la scène artistique internationale, Thomas Houseago est un sculpteur et peintre né à Leeds (Royaume-Uni) en 1972. Il vit et travaille à Los Angeles depuis 2003, et son oeuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées.

Utilisant des matériaux comme le bois, le plâtre, le fer ou le bronze, il s’inscrit dans la lignée de sculpteurs qui, de Henry Moore à Georg Baselitz et Bruce Nauman, se concentrent sur une représentation de la figure humaine dans l’espace.

L’exposition est présentée dans les salles monumentales des collections du musée, qui sont, pour l’artiste, parties prenantes de la scénographie. Le bâtiment, les bas-reliefs d’Alfred Auguste Janniot réalisés en 1937, la Tour Eiffel, permettent également à l’artiste d’ancrer son oeuvre dans l’environnement architectural du musée. Souvent monumentales, ses sculptures conservent les vestiges du processus de fabrication et oscillent entre force et fragilité.

Almost Human retrace les différentes évolutions du travail de l’artiste, de ses oeuvres des années 1990 jusqu’à ses dernières réalisations. Le parcours, principalement chronologique, s’articule autour de quatre salles, qui croisent à la fois les grandes étapes géographiques de la vie de l’artiste, mais aussi son rapport intrinsèque aux matériaux. Une imposante oeuvre en bronze, intitulée Striding Figure II (Ghost), est également installée dans le bassin de l'esplanade du musée.

L’exposition s’ouvre sur les sculptures anthropomorphes des débuts de l’artiste et reprend l’équilibre et l’aspect brut du plâtre est parfois teinté de couleur.

La deuxième salle de l’exposition est pensée autour de sculptures hybrides et expérimentales. Elles servent de passerelle entre les oeuvres figuratives du début de sa carrière et les ensembles architecturés et immersifs, qui constituent la plus grande partie de la production actuelle de Thomas Houseago.

La troisième salle, la plus monumentale, est consacrée au gigantisme et à la noirceur où se répand le sentiment troublant d’isolement et d’introspection. L’Homme pressé, imposant colosse de bronze prenant possession de la verticalité des lieux, est contré par l’horizontalité de la sculpture couchée Wood Skeleton I (Father) et de la longue frise murale de la série Black Paintings.

La quatrième salle est un espace immersif dédié à la présentation de l’oeuvre Cast Studio (Stage, Chairs, Bed, Mound, Cave, Bath, Grave), réalisée spécialement pour l’exposition. Accompagnée d’un film et de photographies retraçant sa conception, cette sculpture –moulée dans l’argile – retranscrit physiquement l’atelier de l’artiste à travers ses mouvements et actions, et marque ainsi son retour à la dimension performative de ses premières oeuvres.

Un catalogue bilingue, réalisé sous la direction de l’artiste, est publié aux éditions Paris Musées.

Commissaire de l’exposition : Olivia Gaultier-Jeanroy

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris
Pendant les travaux de rénovation du musée, entrée côté Seine : 12-14 avenue de New York 75116 Paris
www.mam.paris.fr

22/12/17

Jean Fautrier @ MAM, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris - Exposition retrospective "Matiere et lumière"

Jean Fautrier, Matière et lumière 
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
26 janvier – 20 mai 2018 

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rend hommage à Jean Fautrier (1898-1964), à travers une grande rétrospective. Peu exposé, cet artiste au parcours solitaire est aujourd’hui considéré comme le plus important précurseur de l’art informel en 1928, inventeur des hautes pâtes en 1940 et une figure majeure du renouvellement de l’art moderne après le cubisme.

L’exposition est la reprise de la rétrospective Jean Fautrier qui a eu lieu cet été au Kunstmuseum de Winterthur (Suisse) complétée des œuvres du Musée d’Art moderne, de plusieurs musées français et de collections privées.

Jean Fautrier est tout particulièrement lié à l’histoire des collections et de la programmation du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. En effet, en 1964, le musée présente sa première rétrospective, réalisée en étroite collaboration avec l’artiste suite à son importante donation. En 1989, une seconde rétrospective apporta un nouveau regard sur l’ensemble d’une œuvre riche, variée et particulièrement singulière.

Cette nouvelle exposition vient près de trente ans après la précédente. Elle est composée d’environ 200 œuvres - dont près de 160 tableaux, dessins et gravures, ainsi qu’un important ensemble de sculptures - issues de nombreuses collections publiques et privées, françaises et étrangères. L’exposition présente la quasi-totalité de la donation faite par l’artiste au musée, complétée au fil du temps par d’importants dons et achats. Le Musée d’Art moderne dispose aujourd’hui du plus important fonds Fautrier dans les collections muséales (plus de 60 œuvres).

La carrière de peintre de Jean Fautrier débute dès 1920. Sa peinture, alors figurative, est constituée de natures mortes, paysages et nus qui vont d’un réalisme cru à une représentation faite d’une lumière sombre aux formes presque abstraites. Après une brève reconnaissance, la crise économique de 1929 a finalement raison de sa carrière d’artiste. Contraint à quitter Paris, il s’installe au début des années 1930 dans les Alpes où il vivra plusieurs années, travaillant comme moniteur de ski et gérant d’un hôtel avec dancing.

De retour à Paris en 1940, il retrouve ou rencontre des écrivains tels qu’André Malraux, Francis Ponge, Paul Éluard, Georges Bataille et surtout Jean Paulhan qui sera son plus fervent défenseur. Pendant les années de guerre, il développe une nouvelle forme de l’image dans laquelle la matière prend de plus en plus d’importance dans la représentation des objets, des paysages ou des corps.

Dans ses célèbres séries - Otages (1943-1945), Objets (1955), Nus (1956), Partisans (1957) - les effets de matière deviennent le sujet principal de l’œuvre. Jean Fautrier utilise une peinture à la colle qui mêle les masses de pigments aux encres transparentes ou opaques, d’où émergent des harmonies recherchées et lumineuses, créant ainsi des empâtements et des textures variés provoquant une certaine angoisse. En 1960, il est célébré à la Biennale de Venise avec le Grand prix de peinture qu’il partage avec Hans Hartung. Fautrier meurt durant l’été 1964, peu après sa première rétrospective au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Cette exposition est co-organisée avec le Kunstmuseum Winterthur.

Un catalogue bilingue français-anglais de l’exposition sera publié aux éditions Paris Musées.

Commissaire invité : Dieter Schwarz

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris
www.mam.paris.fr

Mohamed Bourouissa @ MAM, Musée d'Art moderne de la Ville de Paris - Exposition Urban Riders

Mohamed Bourouissa, Urban Riders
Musée d'Art moderne de la Ville de Paris
26 janvier - 22 avril 2018 

Le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris consacre la première exposition institutionnelle en France à Mohamed Bourouissa. Remarqué dans les expositions prospectives Younger than Jesus au New Museum à New York (2009) et Dynasty au Palais de Tokyo et au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (2010), le plasticien franco-algérien, né à Blida en 1978, est aujourd'hui l'un des artistes majeurs de sa génération. Dès les premières séries photographiques Périphérique (2005-2008) et Temps mort (2008) se dégagent les principes de son travail : l'observation de la société par ses marges et les pratiques collectives où la dimension humaine occupe une place centrale.

L'exposition Urban Riders, s’articule autour du film Horse Day réalisé à Philadelphie, dans le quartier défavorisé de Strawberry Mansion, au Nord de la ville et dont la réalisation a marqué une étape décisive dans son évolution.

Durant huit mois, le temps d’une résidence, il s’est intéressé aux écuries associatives de « Fletcher Street » qu’il a découvertes grâce aux images de Martha Camarillo, une photographe américaine. Territoire de réparation et de cristallisation des imaginaires, fondé par des cavaliers afro-américains, les écuries de « Fletcher Street » accueillent les jeunes adultes du quartier et offrent un refuge aux chevaux abandonnés. Sans pour autant documenter une réalité, l’artiste s’est emparé de l’histoire du lieu, de l’imagerie du cowboy et de la conquête des espaces.

Au fil des mois, Mohamed Bourouissa s’est attaché à créer des conditions d’échange et de partage avec la communauté locale. Le film, de facture cinématographique, retrace ce projet. Il rend compte avec force d’une utopie urbaine. Fasciné par l’histoire de la représentation des cowboys noirs, il synthétise des questionnements récurrents : l’appropriation des territoires, le pouvoir, la transgression.

Horse Day s'accompagne d'un corpus d’environ quatre-vingt pièces. Un ensemble d’œuvres graphiques traduit la liberté et la richesse du langage plastique de l’artiste. Croquis sur le vif, dessins préparatoires, story-board du film, collages, encres, aquarelles relatent l’origine du projet et son élaboration. En regard de cet ensemble, sont présentés des portraits de cavaliers et les costumes des chevaux. Prolongeant la métaphore du « tuning » des éléments de carrosseries sont agencés et deviennent le support des images du film.

Montré sous différentes versions notamment au Stedelijk Museum (Amsterdam) et à la Fondation Barnes (Philadelphie), l’exposition se réinvente au Musée d’Art moderne sous une forme amplifiée. À travers un programme de workshops invitant des artistes, Mohamed Bourouissa prolonge une réflexion sur l'histoire collective et la représentation des identités.

Avec ce projet, le musée renouvelle son soutien à l’artiste dont la série photographique Temps mort et le film Legend figurent dans les collections permanentes. Un livre d’artiste rassemblant l’ensemble de ses œuvres sur papier sera publié par Paris Musées à l’occasion de l’exposition.

Commissaires de l'exposition : Odile Burluraux, Jessica Castex

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris

04/06/17

Derain, Balthus, Giacometti. Une amitié artistique @ Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

Derain, Balthus, Giacometti. Une amitié artistique
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
2 juin - 29 octobre 2017

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente une exposition inédite explorant l’amitié entre trois artistes majeurs du XXe siècle : André Derain (1880-1954), Balthus (1908-2001) et Alberto Giacometti (1901-1966). Jamais confrontés, leurs regards se rejoignent par la même exigence de ce que doit être l’oeuvre d’art. Tous trois partagent un fort désir de modernité, s’intéressent passionnément à la peinture ancienne et à l’art des civilisations lointaines tout en étant fascinés par « les forces obscures de la matière » (André Derain) et plus largement par une attention aigue portée à la réalité « merveilleuse, inconnue » qu’ils ont sous les yeux (Alberto Giacometti). Bien au-delà d'une admiration réciproque et d'une véritable affection dont ils témoigneront tout au long de leur vie, la profonde communauté esthétique qui les réunit constitue le fil conducteur de l'exposition.

L’exposition présente une sélection exceptionnelle de plus de 350 oeuvres (peintures, sculptures, oeuvres sur papier et photographies), principalement centrée sur les années 1930 à 1960. Elle permet de revoir la part la plus importante de l’oeuvre d'André Derain qui n’a pas été présentée à Paris depuis plus de vingt ans avec la rétrospective en 1995 au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, de revoir Balthus, (depuis 1983 la rétrospective du Musée National d’art moderne-Centre Pompidou) tout en portant un nouveau regard sur Alberto Giacometti.

La rencontre des trois artistes est favorisée au début des années 1930 par la fréquentation du milieu surréaliste – notamment au travers de la première exposition de Balthus chez Pierre Loeb en 1934. L’intensification de leurs relations à partir de 1935 démultiplie les croisements entre leur vie et leurs oeuvres. Entre Saint-Germain et Montparnasse, ils rencontrent de nombreux artistes, écrivains et poètes dont Antonin Artaud en tout premier, Max Jacob, André Breton, Louis Aragon, Jean Cocteau, Reverdy, Oberlé, Desnos, Albert Camus, Jouve, Samuel Beckett, Jean-Paul Sartre et André Malraux. Le théâtre tient une place majeure avec plusieurs projets avec Marc Allegret, Boris Kochno, Roger Blin et Jean-Louis Barrault, tout comme la mode avec Jacques Doucet, Paul Poiret, Christian Dior et le marché de l’art avec Pierre Loeb, Pierre Colle et Pierre Matisse.

Huit séquences témoignent de cette exceptionnelle amitié entre les trois artistes. L’exposition commence avec leur regard commun vers la tradition figurative et les primitivismes d'où naissent des métissages singuliers (Le regard culturel). Elle se poursuit avec leurs paysages, figures et natures mortes qui interrogent les codes de leur représentation du néoclassicisme à Corot et Courbet (Vies silencieuses). Ils proposent aussi les portraits croisés de leurs amis, modèles et mécènes communs (Les modèles). Ils nous entraînent dans le monde du jeu, celui de l'enfance et du divertissement où se mêlent, bientôt, une mélancolie, une certaine duplicité et une réelle cruauté (Jouer, la patience). Un Entracte nous fait entrer dans le monde du spectacle où les peintres se font aussi librettistes et décorateurs. Les projets de décors et de costumes sont l'occasion d'explorer les transitivités entre l'art du spectacle et celui de la peinture et de la sculpture. Albeto Giacometti ouvre un monde onirique avec Le rêve - visions de l'inconnu dans lequel André Derain et Balthus réactualisent le thème de la femme endormie et du songe, à la lisière du fantasme et du vécu. Les artistes expriment leurs doutes et leurs interrogations au cœur du « lieu du métier » (A contretemps dans l'atelier), quand tous trois explorent « les possibilités du réel » face à la tragédie du temps (La griffe sombre). Balthus clôt le parcours en nous invitant dans le présent continu de la peinture avec sa thématique du Peintre et son modèle.

Les oeuvres rassemblées pour cette exposition proviennent des plus grandes collections particulières et muséales du monde entier telles que le MoMA, le Metropolitan Museum, la Tate, le Hirshhorn Museum, le Minneapolis Institute, l’Albright-Knox Art Gallery, le North Carolina Museum of Art, le Wadsworth Atheneum Museum of Art, le Boijmans Museum, la Fondation Pierre et Tana Matisse, le Centre Pompidou, le Musée d’Orsay, la Fondation Maeght, la Fondation Beyeler, le Musée du Petit Palais à Genève, la Wacoal Holdings Co. à Kyoto. Et bien-sûr plusieurs oeuvres des collections du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris qui vient de s’enrichir de la « Grande Bacchanale noire » (1935-1945) d'André Derain, chef-d’oeuvre de l’artiste et don exceptionnel de la Société des Amis du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Catalogue édité par Paris Musées.

Commissaire de l'exposition : Jacqueline Munck

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris
www.mam.paris.fr

22/09/16

Bernard Buffet Rétrospective @ Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

Bernard Buffet Rétrospective
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
14 octobre 2016 - 26 février 2017 



Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris organise une rétrospective de l’oeuvre de BERNARD BUFFET (1928 - 1999), considéré comme l’un des peintres français les plus célèbres du XXème siècle, mais également l’un des plus discutés. À travers une sélection d’une centaine de peintures, l’exposition propose une relecture d’une oeuvre qui a été en réalité très peu vue.

Parce que le Musée d’Art moderne est le seul musée public possédant une collection importante d’oeuvres de l’artiste (entrée en 1953 par l’important legs Girardin et en 2012 par la donation Ida et Maurice Garnier), il était légitime de réaliser ce projet qui remonte aux premiers contacts pris avec son marchand historique Maurice Garnier (1920 - 2014), il y a près de dix ans, mais que la dimension restée longtemps polémique de l’oeuvre de Bernard Buffet avait retardé.

Aujourd’hui, avec la distance du temps, de nombreux artistes, professionnels et amateurs, reconsidèrent l’oeuvre, ce qu’elle pouvait avoir de déroutant s’étant en partie atténué. En balayant l’ensemble de l’oeuvre dans un parcours rétrospectif, mais très sélectif en raison de la grande productivité de l’artiste, l’exposition montrera la qualité et la variété insoupçonnées de ce qui restera peut-être comme une des oeuvres picturales les plus fascinantes du siècle dernier et dont l’influence sera peut-être une des plus considérables.

Le parcours, organisé selon une présentation chronologique, s’ouvrira sur les débuts de Bernard Buffet, au moment où ses oeuvres renouvellent le sens de tout un répertoire de formes et d’objets. Le contexte artistique de l’après-guerre, moment de débats autour de la question des réalismes, de la figuration et de l'abstraction, sera évoqué. Il s’agira de révéler le peintre comme un artiste paradoxal, qui se réfère à la peinture d’histoire à une époque de la disparition du sujet, qui allie peinture austère et aisance financière, grand succès public et rejet du monde de l’art.

Ainsi, à côté de ses thèmes de prédilection –autoportraits, natures mortes–, les différents sujets systématiquement exploités par Bernard Buffet au cours de ses expositions annuelles à la Galerie Garnier seront présentés : cycles religieux (La Passion du Christ), littéraires (L’Enfer de Dante, Vingt mille lieues sous les mers) ou allégoriques (Les Oiseaux, Les Folles). L’accent est mis sur la réflexion constante de Bernard Buffet sur la peinture d’histoire (Horreur de la Guerre) et sur l’histoire de la peinture (Le Sommeil d’après Courbet), jusqu’à La Mort, spectaculaire dernière série se référant aux memento mori médiévaux.

À travers une abondante documentation, l’exposition sollicitera le regard du public sur les mécanismes de cette notoriété.

Le catalogue de l’exposition permet de présenter de nouvelles analyses sur l’artiste avec des contributions d’historiens français et internationaux, des textes d’écrivains et de critiques de l’époque ainsi que des interviews d’artistes contemporains.

Commissaire de l’exposition : Dominique Gagneux

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris
www.mam.paris.fr

14/09/16

Rineke Dijkstra @ Milwaukee Art Museum

Rineke Dijkstra 
Rehearsals
Milwaukee Art Museum

Through January 1, 2017


Rineke Dijkstra
RINEKE DIJKSTRA
Marianna (The Fairy Doll), 2014
One-channel HD video installation, surround sound;19 min. 13 sec., looped.
Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery.
© Rineke Dijkstra

The Milwaukee Art Museum presents the recent video installations of internationally acclaimed artist RINEKE DIJKSTRA (Dutch, b. 1959) in Rehearsals, in the Herzfeld Center for Photography and Media Arts. Two video installations—Marianna (The Fairy Doll) and The Gymschool, St. Petersburg—will make their museum debut in this Milwaukee-originated exhibition organized by Lisa J. Sutcliffe, curator of photography and media arts.

Rineke Dijkstra filmed the two video installations featured in Rehearsals in Russia; the works examine the intensive rehearsals of young girls. Marianna (The Fairy Doll), a single-channel video never shown in the United States, presents a touching portrait of a ballerina as she practices for an audition in the prestigious Vaganova ballet academy. The Gymschool, St. Petersburg, a three channel video, highlights the flexibility and strict discipline of a group of young rhythmic gymnasts. Both videos, which Rineke Dijkstra produced for Manifesta, the European biennial of contemporary art, in 2014, reveal complex layers of determination and fragility as the girls attempt to conceal their emotions and perfect their crafts.

Over the past 30 years, Rineke Dijkstra has produced a sensitive and eloquent body of photographic and video work. In her large-scale photographs and video installations, she is particularly interested in moments of transition, especially adolescence, a time when individuals build their own identities and begin to present themselves in the way they wish to be perceived. Known for her acclaimed photographs of bathers—adolescents Dijkstra met on beaches from Poland to South Carolina—her subjects range from teenagers to mothers who have just given birth, bull fighters fresh from the ring and military recruits. In contrast to her earlier videos of visitors and dancers in nightclubs, Dijkstra’s recent videos capture young girls who have dedicated their lives to practicing incredible athletic routines. She does not concentrate on the final, polished performance but, rather, focuses on what is in fact a more impressive feat: the repetition, resolve, determination and constant practice that it takes to become a truly gifted performer. As the girls attempt to conceal their personal emotions, Dijkstra finds beauty in the moments of imperfection when they reveal their humanity.

Accompanying the Rehearsals exhibition is The Lives of Other: Portraits from the Photography Collection. This presentation of works from the Museum’s photography collection explores the interest many photographers have had in understanding how people present themselves to the world. The exhibition is organized thematically and includes an important new acquisition, Rineke Dijkstra’s Almerisa (1994–ongoing), purchased through the Christine A. Symchych and James P. McNulty Acquisition Fund. The work is an 11-part series that follows the transition of a young Bosnian refugee as she adapts to life in the West and grows from a girl to a woman with her own child.

“This exhibition offers a rare opportunity to view Rineke Dijkstra’s video installations in the context of contemporary and historical portraiture,” said Lisa J. Sutcliffe, the Milwaukee Art Museum’s curator of photography and media arts. “Marianna (The Fairy Doll) and The Gymschool, St. Petersburg reveal Dijkstra’s continued interest in examining the nature of transformation by closely observing the act of rehearsal itself.”

Both exhibitions are sponsored by the Herzfeld Foundation and on view through January 1, 2017.

About RINEKE DIJKSTRA: Short biography
Dutch artist Rineke Dijkstra (b. 1959, Sittard, The Netherlands) studied at the Gerrit Rietveld Academy in Amsterdam. Her work has appeared in many international exhibitions and biennials including the 1997 and 2001 Venice Biennale, the 2005 Sharjah Biennial, and the 1998 Sao Paulo Biennial. The Stedelijk Museum in Amsterdam organized a large overview of her work, Rineke Dijkstra: Portraits, in 2005, which traveled to Jeu de Paume in Paris, La Caixa in Barcelona and Fotomuseum Winterthur. In the United States, a major retrospective of her work was organized in 2013 by the Solomon R. Guggenheim Museum, New York, and the San Francisco Museum of Modern Art. She is the recipient of numerous awards including the Citibank Private Bank Photography Prize in 1998. She lives and works in Amsterdam.

Milwaukee Art Museum
www.mam.org

31/05/15

Sturtevant, The House of Horrors, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

Sturtevant, The House of Horrors
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
29 mai 2015 – 15 mai 2016
Installation dans les collections permanentes

The House of Horrors (Le Train Fantôme), réalisée dans le cadre de l’exposition monographique de Sturtevant (1924-2014) « The Razzle Dazzle of Thinking » en 2010 à l’ARC, est la dernière grande installation de l’artiste et l’aboutissement magistral de toute son oeuvre. Cette donation faite par Sturtevant vient compléter les collections permanentes du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, riche aujourd’hui de plus de 10 000 oeuvres.

Simulant l’horreur d’un train fantôme de fête foraine, des allusions à Divine, l’actrice fétiche du cinéaste John Waters dans Pink Flamingos ou à la vidéo The Painter de l’artiste iconoclaste Paul McCarthy, se mêlent aux traditionnelles scènes de chauves-souris, de squelettes et de Frankenstein. Au fil d’un parcours sinueux rythmé par une bande sonore et des effets de lumière, The House of Horrors explore sans complexe les excès de notre ère contemporaine dominée par le spectacle, l’anti-intellectualisme mais aussi la généralisation de la violence, de la haine et l’obscénité du puritanisme. L’installation du Train Fantôme grandeur nature ne relève donc qu’en apparence du pur divertissement, bien qu’elle en assume la jubilation.

Le musée souhaite rendre hommage à Sturtevant pendant toute une année en présentant cette oeuvre monumentale, tant par sa dimension critique que par sa taille d’environ 300m2. Grâce à la donation de l’artiste et de son marchand Thaddaeus Ropac en 2013, The House of Horrors, exposée dans un espace qui lui est entièrement consacré, devient l'une des œuvres phares du musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Précédant de quinze ans le mouvement des appropriationnistes et le postmodernisme des années 1980, Sturtevant a d’emblée répété le travail d’autres artistes tels qu’Andy Warhol, Jasper Johns, Marcel Duchamp, Joseph Beuys, Frank Stella ou Felix Gonzales-Torres, avant même qu’ils ne soient reconnus par l’histoire de l’art. Ces vingt dernières années, l’artiste a continué, à travers la vidéo, de développer une réflexion rigoureuse, dénonçant ce qu’elle pressent très tôt comme l’ère des « simulacres », et les excès de l’âge cybernétique.

Elaine Sturtevant a participé à de nombreuses expositions dans les plus grandes institutions internationales, notamment au MoMA de New-York en 2014, au MOCA de Los Angeles et au MADRE de Naples en 2015. Elle obtient le Lion d’Or de la Biennale de Venise en 2011, et en 2013, le Prix « Kurt Schwitters » pour l’installation The House of Horrors qui fut prêtée pour l’occasion au Musée Sprengel à Hanovre, de septembre 2013 à février 2014.

Commissaire : Anne Dressen

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson - 75116 Paris
www.mam.paris.fr

15/10/14

Exposition Sonia Delaunay, Paris, Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Sonia Delaunay - Les couleurs de l’abstraction 
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris 
17 octobre 2014 - 22 février 2015 

Première grande rétrospective parisienne consacrée à Sonia Delaunay depuis 1967, l’exposition organisée par le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rassemble, aux côtés de trois reconstitutions exceptionnelles d’environnements, plus de 400 œuvres : peintures, décorations murales, gouaches, estampes, mode et textiles. Cette monographie qui suit l’évolution de l’artiste de l’aube du XXème siècle à la fin des années 1970, met en lumière l’importance de son activité dans les arts appliqués, sa place spécifique au sein des avant-gardes européennes, ainsi que son rôle majeur dans l’abstraction dont elle figure parmi les pionniers.

Le parcours chronologique, largement documenté, illustre la richesse et la singularité de l’œuvre de Sonia Delaunay marquée par un dialogue soutenu entre les arts. L’ensemble des œuvres choisies révèle une approche personnelle de la couleur, réminiscence de son enfance russe et de son apprentissage de la peinture en Allemagne. 

Tandis que Robert Delaunay conceptualise l’abstraction comme un langage universel, Sonia Delaunay l’expérimente sur les supports les plus variés (tableaux, projets d’affiches, vêtements, reliures, objets domestiques) et crée à quatre mains avec le poète Blaise Cendrars La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France. Durant la Grande Guerre, son passage en Espagne et au Portugal coïncide avec un premier développement de ses activités dans les domaines du théâtre et de la mode qu’elle commercialise à Madrid dès 1918, puis à son retour à Paris dans les années 1920. La décennie suivante marque l’épanouissement d’une abstraction épurée, caractéristique du style international, et en harmonie avec l’architecture comme en témoignent les grandes décorations murales du Pavillon de l’Air de l’Exposition internationale des arts et techniques, présentées à Paris pour la première fois depuis 1937. Le rôle de « passeur » de l’artiste entre la génération des pionniers de l’abstraction et celle de l’après-guerre se manifeste à travers sa participation aux Salons des Réalités Nouvelles, son implication dans les projets d’architecture et sa présence au sein de la galerie Denise René. Dès l’après-guerre, la peinture de Sonia Delaunay connaît un profond renouvellement qui culmine, à la fin des années 1960, dans un art abstrait intensément poétique. Sa créativité formelle et technique s’exprime alors dans des œuvres monumentales (peinture, mosaïque, tapis, tapisserie) et son œuvre tardive connaît un ultime essor dans les albums d’eaux-fortes et les éditions Artcurial. 

Servie par la reconstitution d’ensembles et de dispositifs inédits, et la présence de photographies et de films d’époque, l’exposition souligne le paradoxe d’une œuvre profondément inscrite dans son temps – de la belle époque aux années 1970 – et la constance des recherches formelles et la quête de synthèse des arts rendent également atemporelle.

Commissaires de l’exposition
Anne Montfort
Cécile Godefroy

L’exposition sera ensuite présentée à la Tate Modern de Londres du 15 avril au 9 août 2015.

Exposition réalisée avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France et du Centre Pompidou

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris