Showing posts with label Rubens. Show all posts
Showing posts with label Rubens. Show all posts

29/12/17

Exposition Rubens, Musée du Luxembourg, Paris : Portraits princiers

Rubens, Portraits princiers
Musée du Luxembourg, Paris
Jusqu'au 14 janvier 2018



Pierre Paul Rubens
Portrait de l'Artiste, 1623
Huile sur bois
85,7 x 62,2 x 0,5 cm
Royaume-Uni, Londres, The Royal Collection / HM Queen Elizabeth II
Royal Collection Trust / © Her Majesty Queen Elizabeth II

Pierre Paul Rubens (1577-1640) fut un génie protéiforme. Son oeuvre immense aborde quasiment tous les sujets de la peinture. Ses portraits princiers restent peu connus, ils sont pourtant essentiels dans sa carrière. Peindre le portrait d’un souverain est la commande la plus prestigieuse que peut recevoir un peintre à l’époque, cet exercice doit notamment permettre de flatter la sensibilité du modèle. S’il est connu que Rubens a reçu des commandes de la part des rois, reines, princesses et princes de son temps, jamais encore une exposition ne leur a été consacrée.

L’exposition est présentée au Musée du Luxembourg, dans le palais pour lequel Rubens réalisa un de ses principaux chefs d’oeuvre : la galerie Médicis, ensemble de tableaux monumentaux sur la vie de Marie de Médicis, installés dans l’aile Richelieu du musée du Louvre. La vie de la souveraine et la carrière de Rubens s’entrecroisent. Dans un parcours à travers les cours d’Europe, tel un album de famille, l’exposition montre les effigies de Marie de Médicis et des souverains de son temps dont Rubens dressa le portrait et qui, des Habsbourg à la cour de Mantoue, ont tous un lien de parenté avec elle avant même qu’elle ne devienne la mère et la belle-mère des rois de France, d’Espagne et d’Angleterre.

Rubens naît dans une famille aisée originaire d’Anvers et reçoit une éducation humaniste. Il exerce un temps le rôle de page, ce qui lui permet d’acquérir les comportements et l’aisance qui lui sont utiles pour côtoyer par la suite les grands personnages de son temps. Il gagne l’Italie pour parfaire sa formation de peintre, s’inspirant notamment de Titien, auteur de portraits fameux de Charles Quint et de Philippe II, et devient rapidement un des peintres de la cour des Gonzague à Mantoue. En 1609 il revient à Anvers pour devenir le peintre de la cour des Flandres. A ce titre, il exécute les portraits officiels des princes Habsbourg. Il prolonge son séjour parisien destiné à honorer la commande de Marie de Médicis pour le Palais du Luxembourg en 1621, pour peindre Louis XIII, fils de Marie de Médicis, et son épouse Anne d’Autriche, soeur de Philippe IV, roi d’Espagne. Celui-ci l’appelle ensuite à Madrid pour exécuter des portraits de lui et de sa famille.

Dans une Europe où les voyageurs sont rares, la tradition est établie qu’un portraitiste peut faire passer des messages et Rubens outrepasse de très loin cette facilité pratique. Ainsi, parce qu’il a reçu une éducation poussée, qu’il est un vrai courtisan et que sa réputation est internationale, il peut s’adresser à ses insignes modèles et délivrer dans le relatif isolement des séances de pose, quelques propos diplomatiques. Prince des peintres et peintre des princes, Rubens au terme de sa vie et de sa carrière est un proche de ses prestigieux modèles.



Pierre Paul Rubens
Portrait d’Anne d’Autriche, reine de France
c. 1622-25
Huile sur toile
120 x 96,8 cm
Etats-Unis, Californie, Pasadena, The Norton Simon Foundation
© The Norton Simon Foundation



Pierre Paul Rubens
Portrait de Louis XIII, roi de France
c. 1622-25
Huile sur toile
118,1 x 96,5 cm
Etats-Unis, Californie, Pasadena, The Norton Simon Foundation
© The Norton Simon Foundation


Rubens peut ainsi sembler être le portraitiste des princes tant il souhaitait se consacrer à la narration et aux grands mythes. Avec le sculpteur Bernin, il est le maître de l’ère baroque. Sa culture et sa pratique lui font préférer les oeuvres d’invention et les grands sujets historiques qui restent dans la mémoire collective. Cependant, ses réussites dans le domaine du portrait sont éblouissantes tant dans le domaine privé (que l’on songe aux portraits de ses épouses et de leurs enfants) que dans celui des images officielles. Il connaît parfaitement les prototypes à suivre, les codes à respecter (degré d’idéalisation des traits du modèle, symboles du pouvoir et importance du costume et du décorum), il sait doser ce qu’il faut de flamboyance et ce qu’il faut de naturalisme dans ses représentations et il donne à ses effigies officielles une vie inédite. Chaque oeuvre a un souffle particulier. Il devient ainsi le peintre le plus important de son temps, celui dont les princes s’arrachent les talents. A titre de comparaison et afin de montrer sa place et son originalité, l’exposition présente quelques portraits des mêmes souverains peints par ses rivaux, en particulier Velázquez, Champaigne, Vouet ou Van Dyck, son élève le plus doué, qui devint un immense portraitiste à Londres, s’inspirant des leçons de son maître.

Cette exposition rassemble environ soixante-cinq peintures parmi lesquelles des prêts exceptionnels tels Marie de Médicis (Musée du Prado) et Louis XIII (Melbourne), seul portrait de souverain conservé peint devant le modèle.

Commissariat : Dominique Jacquot, conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Strasbourg, avec la collaboration d’Alexis Merle du Bourg

Cette exposition est réalisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais

Musée du Luxembourg
19 rue Vaugirard, 75006 Paris
www.museeduluxembourg.fr

A voir aussi sur Wanafoto le post : Philippe Forest, Rien que Rubens

28/12/17

Philippe Forest, Rien que Rubens, Editions Rmn-Grand Palais, Collection Cartels

Art & Littérature
Philippe Forest, Rien que Rubens
Editions Rmn-Grand Palais, Collection Cartels, Paris, 2017



Philippe Forest, Rien que Rubens
12,5 x 19 cm - 110 pages - 14,90 €
signet, tranchefile, cartonné
nomenclature Rmn-Grand Palais
NT107047 // ISBN : 9782711870479

Philippe Forest, l’auteur du déchirant « L’enfant éternel », se replonge dans l’œuvre de Rubens à la recherche des peines et des joies qui ont construit cet immense artiste. Parcourant les signes intimes laissés dans ses toiles par le peintre flamand, il y trouve un écho, par delà les siècles, à ses propres obsessions d’écrivain, le deuil, l’enfance, l’amour, et signe un texte puissant sur ce qui unit, profondément, une peinture à l’homme qui les regarde.

PHILIPPE FOREST
Né à Paris en 1962, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et docteur ès Lettres, Philippe Forest a enseigné pendant sept ans la littérature française dans les universités anglaises. Professeur de littérature comparée à l’Université de Nantes, il poursuit son chemin littéraire en publiant essais et romans à un rythme soutenu. Son œuvre est marquée par une expérience unique et douloureuse : celle de la perte de sa fille, morte à quatre ans d’un cancer. Ce thème apparait dès son premier roman L’enfant éternel (Prix Fémina du 1er roman) et court tout au long de ses différents ouvrages : Le roman infanticide évoque le deuil et la perte de l’enfant à travers la lecture de grands écrivains mais aussi Sarinagara (Prix Décembre en 2004) comment survivre aux douleurs de l’existence - ou dans Le Siècle des nuages qui retrace la vie romancée de son père, pilote à Air France. C’est ainsi que Philippe Forest « raconte une seule et même histoire qui se poursuit et se transforme » (Le Magazine littéraire n°508 de 2011). Ses essais sont consacrés à la littérature et à l’histoire des courants d’avant-garde, et il collabore à la revue Art Press en tant que critique littéraire, cinématographique et artistique.

Philippe Forest - Bibliographie sélective: 
Le nouvel amour (Gallimard, 2008), Le siècle des nuages (Gallimard, 2010), Le chat de Schrödinger (Gallimard, 2013), L’Enfant fossile (Invenit, 2014), Crue (Galliard, 2016)

Rmn - Grand Palais
www.grandpalais.fr