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11/03/25

Gautier Willaume : Peintures abstraites, 2025 - "Lignes verticales irrégulières" - 15 peintures en ligne

Gautier Willaume
Lignes verticales irrégulières
Peintures abstraites, 2025

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste


L'artiste GAUTIER WILLAUME (né en 1968) présente, sur Wanafoto, une série de peintures en cours. 

Les peintures de cette séries sont peintes à l'acrylique appliquée au rouleau à encrer (ceux-ci sont normalement utilisés pour la réalisation de gravures ou de lithographies). La démarche de Gautier Willaume repose sur une part de hasard dans le tracé et les "imperfections" qui en découlent et qui font le charme de ces peintures. 

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste


Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Dans ses travaux précédents, Gautier Willaume, peintre abstrait, avait plutôt travaillé sur des peintures aux lignes bien tracées. Si l'abstraction est au coeur de l'ensemble de son travail d'artiste, cette série innove, par exemple, par rapports à ses peintures aux formes géométriques ou encore celles de la série "Théodore Géricault" d'inspiration pop art. 

La série présentée dans ce post est constituées de petit formats (feuilles 300 gr. A 4) alors que les autres peintures de Gautier Willaume sur papiers sont, pour la majorité d'entre elles, au format 50 x 65 cm (format Vigne) et ses toiles au format 60 x 80 cm. On peut donc imaginer que ces peintures sont des travaux préparatoires à des oeuvres de plus grande dimension.

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

Gautier Willaume - Peinture abstraite
Gautier Willaume
Série Lignes Verticales Irrégulières, 2025
Acrylique sur papier, 21 x 29,7 cm
© Gautier Willaume, courtesy de l'artiste

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Si vous êtes artiste amateur, comme Gautier Willaume, et que vous souhaitez présenter votre travail sur ce blogzine, n'hésitez par à utiliser le formulaire de contact (en haut à gauche). C'est gratuit bien sûr ;)

09/03/25

Suzanne Valadon @ Centre Pompidou, Paris - Exposition, Oeuvres, Catalogue

Suzanne Valadon
Centre Pompidou, Paris
Jusqu'au 26 mai 2025

Suzanne Valadon, Oeuvre, 1914
Suzanne Valadon 
Le Lancement du filet, 1914 (Détail) 
Huile sur toile, 201 × 301 cm
Achat de l’État, 1937 
Paris, Centre Pompidou,
Musée national d’art moderne, Inv. AM 2312

Suzanne Valadon, Oeuvre, 1916
Suzanne Valadon 
Nu assis sur un canapé, 1916
Huile sur toile, 81,4 × 60,4 cm
Weisman & Michel Collection 
Photo © Christopher Fay

Suzanne Valadon, oeuvre, Les deux soeurs, 1928
Suzanne Valadon 
Les Deux Sœurs, 1928
Huile sur toile, 72 × 53 cm
Collection particulière 
Photo © Matthew Hollow

Le Centre Pompidou consacre une exposition monographique à SUZANNE VALADON (1865-1938), artiste emblématique et audacieuse, l’une des plus importantes de sa génération. À la marge des courants dominants de son époque – le cubisme et l’art abstrait sont en germe alors qu’elle défend avec ardeur la nécessité de peindre le réel – elle place le nu, féminin comme masculin, au centre de son œuvre, représentant les corps sans artifice ni voyeurisme. Suzanne Valadon n’a pas bénéficié de monographie, à Paris depuis celle que le Musée national d’art moderne lui avait consacré en 1967.
« J’ai dessiné follement pour que quand je n’aurais plus d’yeux j’en aie au bout des doigts »
Suzanne Valadon
Suzanne Valadon, Oeuvre, Le Bain, 1908
Suzanne Valadon 
Le Bain, 1908
Fusain et pastel sur papier, 60×49cm
Paris, Centre national des arts plastiques, Achat à l’artiste en 1916
En dépôt au musée de Grenoble, no DG 1920-9 - FNAC 5274
Photo © Ville de Grenoble / Musée de Grenoble- Photo J.L. Lacroix

Suzanne Valadon - Oeuvre, Trois nus, 1920
Suzanne Valadon
Trois nus, 1920
Crayon gras sur papier, 55 x 44 cm
Collection Galerie de la Présidence
Photo © Galerie de la Présidence, Paris

Suzanne Valadon, Oeuvre, 1913
Suzanne Valadon 
Marie Coca et sa fille Gilberte,1913
Huile sur toile, 162 × 129,5 cm
Lyon, musée des Beaux-Arts 1935-51
Crédit Image © Lyon MBA - Photo Alain Basset

Suzanne Valadon, Oeuvre, La Poupée Délaissée, 1921
Suzanne Valadon 
La Poupée Délaissée, 1921
Huile sur toile, 135 x 95 cm
National Museum of Women in the Arts, Washington D.C,
Gift of Wallace and Wilhelmina Holladay, Inv. 1986.336
Photo © National Museum of Women in the Arts, 
Washington, D.C. 
Photograph by Lee Stalsworth

Cette exposition met en lumière cette figure exceptionnelle et souligne son rôle précurseur, souvent sous-estimé, dans la naissance de la modernité artistique. Elle révèle la grande liberté de cette artiste qui n’adhère véritablement à aucun courant, si ce n’est peut-être le sien. Le parcours de près de 200 œuvres s’appuie sur la richesse des collections nationales notamment celle du Centre Pompidou, la plus importante, mais aussi du musée d’Orsay et de l’Orangerie. Des prêts exceptionnels du Metropolitan Museum of Modern Art de New York ou encore de la Fondation de l’Hermitage et d’importantes collections privées le complètent. Il se concentre sur les deux médiums de prédilection de l’artiste, le dessin et la peinture. Particulièrement mise à l’honneur ici, son œuvre graphique fait l’objet d’une analyse approfondie, grâce à la présentation d’un grand nombre de dessins jusqu’alors rarement montrés. C’est également l’occasion d’explorer un moment artistique au cœur de la transition entre les collections du musée d’Orsay et de l’Orangerie et celles du Musée national d’art moderne.

L’exposition « Suzanne Valadon » retrace cet itinéraire unique, depuis ses débuts de modèle favorite du toutMontmartre, jusqu’à sa reconnaissance artistique, intervenue très tôt, par ses pairs et la critique. Véritable « passeuse » d’un siècle à l’autre, Suzanne Valadon embrasse la ferveur parisienne du tournant-de-siècle, ses cafés, bals musettes et cabarets et ses multiples révolutions artistiques, intellectuelles et sociétales. Elle met en évidence le caractère résolument moderne de l'œuvre de Suzanne Valadon, première femme à peindre en grand format un nu masculin de face. Cette plongée inédite dans son œuvre dévoile aussi bien ses relations amicales et artistiques avec les peintres de la bohème que son influence incontestable sur la scène artistique parisienne grâce au soutien actif de ses amis artistes et galeristes.

Suzanne Valadon - Oeuvre, 1923
Suzanne Valadon 
Catherine nue allongée sur une peau de panthère, 1923
Huile sur toile, 64,6 × 91,8 cm
Lucien Arkas Collection
Photo © Hadiye Cangokce

Suzanne Valadon, Oeuvre La Boîte à violon, 1923
Suzanne Valadon 
La Boîte à violon, 1923 
Huile sur toile, 81 × 100 cm
Achat, 1937 Paris, musée d’art moderne de Paris, Inv. AMVP 1712
Crédit Photo: CCØ Paris Musées / Musée d’Art Moderne
de la Ville de Paris

Suzanne Valadon - Oeuvre, 1936
Suzanne Valadon 
Portrait de Geneviève Camax-Zoegger, 1936
Huile sur toile, 56 × 46 cm  
Italie, Bergame, collection particulière
Photo © Galleria Michelangelo

Cette exposition souligne l'étendue, la richesse et la complexité de son œuvre en s'articulant autour de cinq sections thématiques

Apprendre par l’observation 
Portraits de famille
« Je peins les gens pour apprendre à les connaître » 
« La vraie théorie, c’est la nature qui l’impose »
Le nu : un regard féminin. 

Une sélection d’œuvres de ses contemporaines, aux préoccupations picturales proches des siennes, comme Juliette Roche, Georgette Agutte, Jacqueline Marval, Émilie Charmy ou Angèle Delasalle complète cette proposition.

Le fonds d’archives exceptionnel légué en 1974 au Centre Pompidou par le docteur Robert Le Masle, médecin, collectionneur et ami proche de l'artiste, rassemblant de nombreuses photographies, des manuscrits et des documents aujourd’hui conservés à la Bibliothèque Kandinsky, constitue un témoignage essentiel de la personnalité frondeuse de Suzanne Valadon et de sa reconnaissance artistique précoce.

Après les expositions, Alice Neel, Georgia O’Keeffe, Dora Maar ou Germaine Richier, cette monographie s’inscrit dans le cadre de la démarche engagée du Centre Pompidou pour approfondir l’étude et la connaissance du travail et de l’œuvre d’artistes femmes, et accroître la part de leurs œuvres dans la collection.

Commissariat de l'exposition :
Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Musée national d'art moderne 
Chiara Parisi, directrice du Centre Pompidou-Metz 
Xavier Rey, directeur du Musée national d'art moderne 

L’exposition « Suzanne Valadon » au Centre Pompidou est reprise et adaptée de l’exposition « Suzanne Valadon. Un monde à soi » conçue par le Centre Pompidou-Metz et présentée du 15 avril au 11 septembre 2023. Elle a également fait étape au Musée d’arts de Nantes du 27 octobre 2023 au 11 février 2024 et dans une version adaptée au Museu Nacional d’Art de Catalunya à Barcelone du 19 avril au 1er septembre 2024.

Suzanne Valadon - Catalogue - Centre Pompidou
Suzanne Valadon
Sous la direction Chiara Parisi
Catalogue de l’exposition
280 pages | 240 illustrations | 42 € | en français
Ce livre est l’édition augmentée du catalogue édité par le Centre Pompidou-Metz, aujourd’hui épuisé. Enrichi de 16 pages, il comporte deux essais supplémentaires et le corpus d’Oeuvres est aussi plus important et adapté à l’exposition parisienne. Le texte de Nathalie Ernoult est issu du colloque « Le clan Valadon » sur la question de Suzanne Valadon femme artiste, qui s’est déroulé au Centre Pompidou-Metz en 2023.
Sommaire du catalogue

Préface

Essais
Suzanne Valadon, un monde à soi, Chiara Parisi
Valadon, grand artiste en son temps, Xavier Rey
Valadon, la liberté à tout prix, Jean-Paul Delfino
La bohème et l’éducation moderniste de Suzanne Valadon, Phillip Dennis Cate
Revoir Suzanne Valadon, Daniel Marchesseau
Du modèle à l’artiste, Yelin Zhao

Focus
De Marie-Clémentine à Suzanne. Valadon et Toulouse-Lautrec, Florence Saragoza
Valadon et Puvis de Chavannes, Céline Le Bacon
Tentatrices, Stéphane Guégan
L’éloquence et la sensualité, Valadon dessinatrice, Gilles Genty
Dans l’Œil des artistes : Suzanne Valadon collectionnée par ses pairs, Gwendoline Corthier-Hardoin
Suzanne Valadon dans les collections nationales, Nathalie Ernoult
Au-delà du genre : Valadon, une artiste féministe ?, Magali Briat-Philippe
Suzanne Valadon, Le Lancement du filet, 1914, Sophie Bramly
Comme un homme ?, Louise Chennevière
André Utter, Scène érotique, 1911, Sophie Bramly
« Audacieux pas en avant », La réception et l’héritage de Suzanne Valadon, Paula J. Birnbaum
Suzani versus velours kuba, la possibilité d’un dialogue intérieur, Constance de Monbrison
Portraits bourgeois, Sophie Bernal
Suzanne Valadon, Femme artiste moderne, Claire Lebossé
L’autoportrait dans l’oeuvre de Suzanne Valadon : « Se regarder en face pour atteindre l’âme », Saskia Ooms
Mes rencontres avec la terrible Suzanne, Jeanine Warnod

Bibliographie sélective
Liste des Œuvres exposées

Également disponible :

Album de l’exposition
Suzanne Valadon sous la direction de Nathalie Ernoult
60 pages | 10,50 € | en français et anglais

CENTRE POMPIDOU, PARIS

Suzanne Valadon, Centre Pompidou, Paris, 15 janvier - 26 mai 2025

18/02/24

Exposition Théodore Rousseau (1812-1867). La Voix de la forêt @ Petit Palais, Paris

Théodore Rousseau (1812-1867)
La Voix de la forêt
Petit Palais, Paris
5 mars - 7 juillet 2024

Théodore Rousseau
Théodore Rousseau 
Un arbre dans la forêt de Fontainebleau, 1840-1849 
Huile sur papier marouflé sur toile, 40,4×54,2 cm. 
Victoria and Albert Museum, Londres, Royaume-Uni.
Photo © image Victoria and Albert Museum, Londres.

Théodore Rousseau
Théodore Rousseau 
L’abreuvoir, sans date
Huile sur bois, 41,7×63,7 cm 
Legs Jean-Pierre Lundy, 1887 
Musée des Beaux-arts de Reims 
Photo © Christian Devleeschauwer 

Théodore Rousseau
Théodore Rousseau 
Le Chêne de Roche, 1860 
Huile sur bois, 88,9×116,8 cm.
Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague, Danemark 
© Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague

Le Petit Palais présente une exposition inédite consacrée à Théodore Rousseau (1812-1867), artiste bohème et moderne, qui a fait de la nature le motif principal de son œuvre, son monde et son refuge. Admiré par les jeunes impressionnistes comme par les photographes qui suivent sa trace en forêt, Théodore Rousseau prouve à lui tout seul la vitalité de l’école du paysage, au milieu d’un siècle marqué par la révolution industrielle et l’essor des sciences du vivant. Véritable écologiste avant l’heure, il porte un regard d’artiste sur la forêt de Fontainebleau et élève sa voix pour alerter sur la fragilité de cet écosystème. L’exposition rassemble près d’une centaine d’œuvres venant de grands musées français comme le Louvre et le musée d’Orsay, européens comme le Victoria and Albert museum et la National Gallery de Londres, la Collection Mesdag de La Haye, la Kunsthalle de Hambourg entre autres, ainsi que de collections privées. Ces œuvres montrent combien l’artiste mérite une place de premier plan dans l’histoire de l’art et du paysage, mais aussi à quel point son œuvre peut guider, aujourd’hui, notre relation à la nature.

Théodore Rousseau
Théodore Rousseau 
La Vallée de Saint-Vincent, 1830 
Huile sur papier marouflé sur toile, 18,2×32,4 cm.
The National Gallery, Londres 
© The National Gallery, Londres, Royaume-Uni 

Théodore Rousseau
Théodore Rousseau 
Le Lac de Malbuisson, vers 1831 
Huile sur papier montée sur carton, 19,5×28,4 cm 
Collection privée

Théodore Rousseau
Théodore Rousseau 
Le Mont-Blanc, vu de la Faucille, effet de tempête
commencé en 1834 
Huile sur toile, 146,5×242 cm.
Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague, Danemark
© Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague

Le parcours de l’exposition suit le fil de la carrière de cet artiste singulier qui s’est toujours positionné à rebours de ses contemporains. La première section évoque son renoncement à la voie académique notamment par le refus d’effectuer le traditionnel voyage en Italie pour parfaire son apprentissage. Théodore Rousseau souhaite en effet peindre la nature pour elle-même et non comme décor pour des scènes mythologiques. Il préfère sillonner la France comme en témoignent ses œuvres de jeunesse : Paysage d’Auvergne, 1830 (musée du Louvre) ; Village en Normandie, 1833 (Fondation Custodia, Collection Frits Lugt) ; Le Mont-Blanc, vu de la Faucille. Effet de tempête, 1834 (Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague). Il rapporte de ses voyages de nombreuses études qui montrent son observation attentive du visible : études de troncs, rochers, sous-bois, marais… 

Théodore Rousseau
Théodore Rousseau
Les Gorges d’Apremont en forêt de Fontainebleau, après 1862 
Huile sur toile, 79×143 cm 
Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague.
© Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague 

Théodore Rousseau
Théodore Rousseau 
La Mare au chêne, 1860-1865 
Huile sur bois, 42×62 cm 
Musée Thomas-Henry, dépôt du musée d’Orsay, 
Cherbourg-en-Cotentin.
Photo © Alexis Morin

L’exposition montre toute la singularité de l’œuvre de Théodore Rousseau dont le travail au plus près du motif fait partie intégrante de son processus créatif. Le peintre a besoin de s’immerger dans la nature. Il renonce à toute perspective géométrique et place le spectateur non pas en surplomb du paysage mais au cœur de cet écosystème. Il retouche ensuite ses tableaux en atelier parfois pendant plusieurs années. Sa technique très personnelle, qui contraste avec celle des autres artistes de son temps, lui vaut d’être refusé aux Salons plusieurs années de suite avant de choisir lui-même de ne plus rien envoyer, découragé. Paradoxalement, ce rejet qui lui vaut le surnom de «grand refusé» lui permet d’acquérir une notoriété et un véritable succès critique et commercial en France comme à l’étranger.

Le parcours met ensuite en lumière ses œuvres peintes en forêt de Fontainebleau et son rôle décisif joué auprès des artistes et photographes qui comme lui fréquentent le village de Barbizon où il s’installe à partir de 1847. Autour de lui, se rassemblent des peintres comme Narcisse Diaz de la Peña, Charles Jacques, Jean-François Millet qui deviendra son ami le plus proche mais aussi des photographes tels Eugène Cuvelier, Charles Bodmer ou encore Gustave Le Gray. Ils arpentent inlassablement la forêt de Fontainebleau et dressent de véritables portraits d’arbres qui deviendront la signature de Théodore Rousseau. L’artiste scrute leur structure organique, la ligne de leurs branches, la forme de leurs nœuds. Il les individualise et situe précisément ses tableaux : Le Pavé de Chailly, vers 1840 (Musée départemental des peintres de Barbizon), ou encore Le Vieux Dormoir du Bas-Bréau, 1836-1837 (dépôt du Musée du Louvre au musée d’Orsay).

Théodore Rousseau
Théodore Rousseau 
Le Massacre des Innocents, 1847 
Huile sur toile, 95 cm×146,5 cm 
La Haye, Collection Mesdag 
© Collection Mesdag, La Haye

En parallèle, une conscience aigüe de la mise en danger des forêts se développe chez les artistes, les critiques et les écrivains dans un contexte d’industrialisation croissante. Les peintres sont les témoins de coupes massives d’arbres et s’en font l’écho. Théodore Rousseau souhaite dénoncer ces « crimes » à travers ses œuvres. Il choisit notamment un titre qui frappe les esprits en reprenant l’épisode biblique du Massacre des innocents, 1847 (Collection Mesdag, Pays-Bas) qui représente une scène d’abattage d’arbres en forêt. En 1852, Rousseau se fait le porte-voix de la forêt au nom de tous les artistes qui la peignent et écrit au comte de Morny, ministre de l’Intérieur de l’époque. Son combat trouve sa résolution dans la création, en 1853, de la première réserve naturelle au monde, sous le nom de « réserve artistique », officialisée en 1861. En fin de parcours, une frise chronologique retrace l’histoire de la forêt de Fontainebleau et de sa sauvegarde du début du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, rappelant l’apport décisif de Rousseau, au nom de l’art, dans l’émergence d’une conscience écologique.

L’exposition est organisée avec la participation exceptionnelle du musée du Louvre et du musée d’Orsay.

Commissariat :
Annick Lemoine, conservatrice générale du patrimoine, directrice du Petit Palais, commissaire générale
Servane Dargnies-de Vitry, conservatrice peintures au musée d’Orsay, commissaire scientifique

PETIT PALAIS
Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

29/05/23

Hélène Delprat, Grand Prix artistique 2023 de la Fondation Simone et Cino Del Duca, Institut de France, Paris

HÉLÈNE DELPRAT
Grand Prix artistique 2023 de la Fondation Simone et Cino Del Duca, Institut de France, Paris

Hélène Delprat
HÉLÈNE DELPRAT
Photographie © Valérie Sonnier

Créée en 1975 par Simone Del Duca en hommage à son mari, mécène et grand patron de presse, la Fondation Simone et Cino Del Duca, est depuis 2005 abritée à l’Institut de France. Elle a pour but de faire rayonner, en France et à l’étranger, les arts, les lettres et les sciences. Elle intervient, par le moyen de grands Prix et de subventions attribués chaque année sur proposition des Académies de l’Institut de France (Académie française, Académie des inscriptions et belles-lettres, Académie des beaux-arts, Académie des sciences, Académie des sciences morales et politiques).

La Fondation Simone et Cino Del Duca décerne chaque année sur proposition de l’Académie des beaux-arts un Grand Prix artistique qui récompense l’ensemble de la carrière d’un artiste de dimension internationale, alternativement dans les domaines de la peinture, sculpture et composition musicale. Ce prix est doté d’un montant de 100 000 euros.

Artiste hors-norme et donc inclassable, HÉLÈNE DELPRAT se définit avant tout comme peintre… Pourtant son travail touche à quantité d’autres domaines tout en révélant les questions de mémoire et d’identité: dessin, photographie, collages, performance, vidéo, sculpture, installation, mise-en-scène. Un bric-à-brac baroquisant et cohérent qui s’inspire de la littérature, du cinéma, de l’histoire et cite volontiers Pasolini, Louis XIV, Les Métamorphoses d’Ovide, ou Paul McCarthy. Après une formation aux Beaux-Arts de Paris, puis un séjour de deux ans à la Villa Médicis, Hélène Delprat occupe le devant de la scène artistique internationale dans les années 90-2000. Mais soudain elle quitte la galerie Maeght et décide de ne plus montrer son travail tout en continuant sa pratique. Après une quinzaine d’années de silence, elle entre à la galerie Christophe Gaillard.
« L’œuvre d’Hélène Delprat s’aborde par le détail, de près et c’est de là que naturellement nous nous plaçons pour l’observer, pour la visiter, afin de ne rien perdre du petit. La bonne distance, c’est à portée de la main, de là où elle est faite. L’aspect global du tableau viendra plus tard, à la fin, parce qu’il nous apparait secondaire, dépendant des caprices du détail. C’est l’intérieur qui nous occupe et ses petites scénettes incongrues dont les figurants proviennent indifféremment de la mythologie de la télé, de la bande dessinée, ou simplement de nulle part. Un jardin des délices où elle provoque les mariages improbables de Jérôme Bosch et Walt Disney. Elle est libre. » Philippe Garel, membre de l’Académie des beaux-arts. 
Parmi ses expositions personnelles récentes ou en cours, on peut citer : Souvenir des Batailles perdues, Musée Picasso (Barcelone, juin 2023), Twist&Die, Les Tanneries-Centre d’art contemporain (Amilly, 2023), Macbeth a raison, Galerie Duchamp (Yvetot, 2022), Conversation avec une table, Musée Marmottan-Monet (2022), I Hate My Paintings, galerie Christophe Gaillard (Paris, 2020), The Nautilus Room, Art Basel Unlimited (Bâle, 2021), With My Voice I’m Calling You, Kunsthalle Giessen (Giessen, 2020), To Sleep, to Die No More, galerie Carlier | Gebauer (Berlin, 2018), Hélène Delprat, Musée des Beaux-Arts de Caen (Caen, 2018), I Did It My Way, La Maison rouge (Paris, 2017).

Son travail a déjà été exposé, entre autres, au musée Gustave Moreau, au Jeu de Paume ou au Centre Pompidou, à Paris, pour le festival « Hors Pistes ». Elle a également participé à d’importantes expositions collectives telles que : Picasso et l’exil, Abattoirs (Toulouse 2018), UNTITLED, 2020. Trois regards sur l’art aujourd’hui, exposition de la Pinault Collection à la Punta della Dogana (Venise, 2020), PAYSAGES, Pinault Collection au siège de Kering à l’ancien hôpital Laennec (Paris, 2021), Napoléon ? Encore !, Musée de l’Armée (Paris, 2021), Des corps, des écritures, Musée d’Art Moderne (Paris, 2022). En 2021, Hélène Delprat a été invitée à la Manufacture de Sèvres pour une carte blanche afin d’y concevoir des céramiques uniques. Une monographie intitulée Les Travaux & les Jours a été publiée par les Éditions Dilecta.

Hélène Delprat est aujourd’hui cheffe d’atelier à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Elle est représentée par la Galerie Christophe et Nathalie Gaillard/ Paris et Bruxelles ainsi que par la Galerie Carlier Gebauer Berlin.

Membres du jury : Jean-Marc Bustamante, Hervé Di Rosa, Philippe Garel, Gérard Garouste, Fabrice Hyber, Yves Millecamps, Ernest Pignon-Ernest, membres de la section de peinture de l’Académie des beaux-arts.

INSTITUT DE FRANCE
23 quai de Conti, 75006 Paris

02/09/22

Leslie Smith III @ Galerie Isabelle Gounod, Paris - The Depth of Thoughts: New Abstractions

Leslie Smith III
The Depth of Thoughts: New Abstractions
Galerie Isabelle Gounod, Paris
3 septembre - 15 octobre 2022

Leslie Smith III
LESLIE SMITH III
 
Spring Kept Its Promise Once Again, 2021
Huile sur toile sur châssis découpés, 161,5 x 192 cm
© Leslie Smith III, courtesy Galerie Isabelle Gounod

Leslie Smith III s’intéresse à notre effort conscient d’altération de notre perception : ses peintures et œuvres sur papier explorent les thèmes de la compatibilité, du ressentiment, de la transparence et de l’opacité, comme autant de personnages influençant nos interactions.

Peintre afro-américain, Leslie Smith III propose une nouvelle interprétation de l’abstraction contemporaine, de sensibilité différente de celle des années 1950 et 1960, dérivée d’une vision alternative du monde, faite d’inclusion et d’acceptation, qui s’inscrit dans une quête de déstigmatisation de l’altérité. Il s’intéresse aux propriétés subjectives et politiques inhérentes à l’abstraction qu’il considère comme facteurs d’émancipation des minorités noires.

Suggérant nos identités complexes à multiples facettes, les peintures de Leslie Smith III sont composées de plusieurs toiles et châssis individuellement découpés, façonnés, assemblés agissant comme les fragments d’un tout. Chacune de ces « citations » singulières crée des rencontres picturales souvent disparates, contrastées, constituant un corpus d’archives, à la recherche d’une esthétique stimulante, mais familière. La peinture devient ainsi un objet tridimensionnel médiateur d’expériences sensibles, au-delà de la planéité.

Pour cette deuxième exposition à la galerie Isabelle Gounod, Leslie Smith III nous invite à la contemplation, au temps long, à la perception accrue de l’esprit. Si les pensées sont souvent fugaces, beaucoup sont profondément enracinées. Elles reflètent notre approche de la compréhension du monde et la conscience que nous avons de nous-mêmes, pour mieux révéler harmonie et tension, discorde et convergence. A travers ses récentes compositions Leslie Smith III explore ainsi des réflexions sur l’être, où s’expriment les notions de perte, de désir, d’attente…

LESLIE SMITH III est né en 1985 à Silver Springs, Maryland. Il vit à Madison, Wisconsin. Leslie Smith a obtenu un BFA au Maryland Institute College of Art ainsi qu’un MFA (Master of Fine Art) à la Yale School of Art. Il est Professeur de peinture et de dessin à l’Université du Wisconsin-Madison.

Expositions personnelles (sélection) : Stranger days, Maus Contemporary, Birmingham, Alabama (2022) ; Locus of Control, Maus Contemporary, Birmingham, Alabama (2017) ; As I Remembered, beta pictoris gallery / Maus Contemporary, Birmingham, Alabama (2014) ; I Dream Too Much, Madison Museum of Contemporary Art, Madison, Wisconsin (2013).

Exposition collectives (sélection) : ( À venir) Anyone Can Move a Mountain, Maus Contemporary, Birmingham, Alabama (2022) ; Darker than Blue, Maus Contemporary Gallery, Birmingham, Alabama (2021) ; Night in America, Maus Contemporary Gallery, Birmingham, Alabama (2020) ; Aftereffect: Georgia O’Keeffe and Contemporary Art, Museum of Contemporary Art Denver, Denver, Colorado (2019) ; Black In The Abstract Part II: Hard Edges/Soft Curves, cur.Valerie Cassel Oliver, Bill Arning & Dean Daderko, Contemporary Art Museum Huston, Houston, Texas (2014) ; Parallax Futured: Transtemporal Subjectivities, Skirball Museum, Cincinnati, Ohio (2014).

Ses oeuvres figurent dans de nombreuses collections privées et les collections permanentes du High Museum of Art d’Atlanta, du Virginia Museum of Fine Art de Richmond, du Birmingham Museum of Art, de l’Abroms-Engel Institute for the Visual Arts de Birmingham ainsi que du FRAC Auvergne (2021).

GALERIE ISABELLE GOUNOD
13 rue Chapon, 75003 Paris


















09/04/22

Purvis Young @ Galerie 75 Faubourg, Paris - « Meet Purvis Young »

« Meet Purvis Young »
Galerie 75 Faubourg, Paris
1 avril - 22 mai 2022

« Mon rêve est d’aller en France, et de voir d’où viennent les grands peintres. » Purvis Young, 1973.
Si l’artiste, né en 1943 à Liberty City et mort en 2010 à Overtown, n’a pu réaliser son rêve et a été jusqu’à présent très peu exposé en France, Doriano Navarra et Joseph Abergel [1] avec l’exposition « Meet Purvis Young » à la Galerie 75 Faubourg tentent de redonner vie à ce vieux rêve.

Dans ses œuvres, Purvis Young dépeint la culture urbaine du quartier d’Overtown à Miami, que l’artiste n’a pratiquement jamais quitté. Peintre autodidacte et particulièrement prolifique, il assemble les matériaux de récupération qu’il trouve autour de chez lui : livres de compte, planches de bois, moquette, tissus, feuillets publicitaires, linoleum, cartons… Ses œuvres mêlent environnement urbain, représentations du sacré et de la fécondité, mais aussi de la guerre et des révoltes populaires. Toujours par le prisme de sa vie, de la vie, d’un réel qui s’intègre à sa propre mythologie. Purvis Young crée ainsi une narration qui n’appartient qu’à lui tout en étant universelle.

En parallèle de cette exposition, les Editions Enrico Navarra publie une monographie de 256 pages incluant 150 œuvres, avec des textes de Olivia Anani, Annabelle Gugnon, Gean Moreno, et Leslie Umberger. Dans son texte d’introduction, Olivia Anani (Critique d'art, co-directrice du département Afrique + Art Moderne et Contemporain chez PIASA, Paris), écrit « Planche après planche, panneau après panneau, un coup de pinceau apreès l’autre, c’est par ces mains noires qu’une partie de l’Histoire a été écrite, et que le grand récit que nous connaissons a pris forme. »

Les œuvres de Purvis Young ont intégré des collections privées et institutionnelles majeures telles que le Smithsonian American Art Museum (Washington DC, USA), le Metropolitan Museum of Art (New York, USA), la Rubell Family Collection (Miami, USA), le Philadelphia Museum of Art (Philadelphie, USA).

[1] Cette exposition à la Galerie 75 Faubourg comme la monographie éditée par les Editions Enrico Navarra sont le fruit d’une histoire d’amitié et de fidélité, celle qui liait Enrico Navarra et Emmanuel Barth d’une part, à Joseph Abergel et son fils Eric d’autre part, et qui se perpétue aujourd’hui autour de Doriano Navarra.

GALERIE 75 FAUBOURG
75 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris

24/07/19

Berthe Morisot @ Musée d'Orsay, Paris

Berthe Morisot (1841-1895)
Musée d'Orsay, Paris
Jusqu'au 22 septembre 2019

Berthe Morisot (1841-1895)
Affiche de l'exposition

Pour la première fois depuis son ouverture en 1986, le musée d’Orsay consacre une exposition à l’une des figures majeures de l’impressionnisme, Berthe Morisot (1841-1895). C'est aussi la première manifestation monographique consacrée à l’artiste par un musée national depuis la rétrospective de 1941 à l’Orangerie.

Née en 1841 dans ce que son ami Renoir qualifiait de « milieu le plus austèrement bourgeois », mais ouvert aux arts, Berthe Morisot affiche très tôt un goût de l’indépendance. Elle s’affranchit d’une pratique amateure, où la peinture est considérée comme un talent d’agrément, et affirme, à rebours des usages de son milieu, l’ambition de travailler en professionnelle. Ainsi, elle expose au Salon, manifestation officielle essentielle pour qui veut faire carrière, place des oeuvres sur le marché et, surtout décide de participer à la première exposition dite impressionniste de 1874. Elle est alors la seule femme à prendre part à cette manifestation et, l’une des rares avec Pissarro, qui restera fidèle à la stratégie de l’indépendance, c’est-à-dire au développement d’une carrière en marge des circuits officiels. Figure centrale du mouvement, elle participe à toutes les expositions du groupe, sauf celle de 1879, affaiblie par la naissance de sa fille Julie. Mariée à l’un des frères d’Edouard Manet, Eugène, Berthe Morisot travaille jusqu’à sa mort prématurée en 1895, laissant un ensemble d’un peu plus de 400 tableaux. Toute sa vie, elle a été au coeur des avant-garde artistiques et littéraires, engageant des échanges artistiques féconds avec Manet, Degas, Renoir, Monet ou Mallarmé pour ne citer que quelques noms.

Cette exposition veut marquer une nouvelle étape dans la diffusion et la connaissance de Berthe Morisot en proposant et suscitant de nouvelles approches, tout en déjouant les clichés d’une peinture « féminine » encore attachés à son oeuvre. Ainsi, le choix a été fait d’explorer une facette essentielle de sa création, les tableaux de figures et les portraits.

Dans l’édition de 1919 de son histoire des peintres impressionnistes, Théodore Duret distinguait les paysagistes et les peintres de figures. Berthe Morisot se range assurément dans cette dernière catégorie, aux côtés de Renoir, Degas ou Cassatt. Sur les 423 peintures répertoriées par le plus récent catalogue raisonné, 69,5 % sont donc consacrées à la figure, qu’il s’agisse de portraits, de scènes d’intérieur ou de plein air avec des personnages. C’est également la part de son oeuvre que l’artiste a choisi de montrer en priorité : de son vivant, on peut estimer qu’elle a exposé quatre-vingt-dix-huit tableaux de figures et portraits, contre trente-six paysages et trois natures mortes.

Pour Berthe Morisot, portraits et tableaux de figures sont autant de scènes de la vie moderne. Peindre d’après modèle lui permet en effet d’explorer plusieurs thématiques de la vie de son temps, telles que l’intimité de la vie bourgeoise de l’époque, le goût de la villégiature et des jardins, l’importance de la mode, le travail domestique féminin, tout en brouillant les frontières entre intérieur/extérieur, privé/public ou fini/non fini. Pour Morisot en effet, la peinture doit s’efforcer de « fixer quelque chose de ce qui passe ». Sujets modernes et rapidité d’exécution ont donc à voir avec la temporalité de la représentation, et l’artiste se confronte inlassablement à l’éphémère et au passage du temps. Ainsi, les dernières oeuvres de Berthe Morisot, aux accents symbolistes, caractérisées par une expressivité et une musicalité nouvelles, invitent à une méditation souvent mélancolique sur ces relations entre l’art et la vie. Souvent réduite à des scènes de la vie quotidienne, ces tableaux de figures et portraits se caractérisent au contraire par ce que la grande historienne de l’art américaine, récemment disparue, Linda Nochlin, appelait de « stimulantes ambiguïtés ». Ces « ambiguïtés », ce mystère, s’expriment tant du point de vue des modèles que des espaces mis en jeu et en scène et d’une technique audacieuse et énergique, qui vise à suggérer plutôt qu’à décrire. C’est à cette exploration qu’invitent l’exposition et le catalogue, à la fois en renouvelant le corpus et en croisant les approches.

Près de la moitié des tableaux réunis sont issus de collections particulières et certains n’ont pas été vus en France depuis plus de cent ans. Le parcours, chronologique et thématique, invite à s’interroger sur les sujets représentés (la mode, la toilette, le travail), qui traduisent en effet le statut de la femme au XIXe siècle, mais aussi sur la technique unique de Berthe Morisot (le plein air, l’intérieur, l’importance des espaces intermédiaires tels fenêtres, le fini). Ses tableaux sont une exploration de l’identité moderne que Berthe Morisot a délibérément voulu ambiguë, en équilibre fragile, à la fois paisible et intranquille, limpide et mystérieuse, mais toujours exigeante et profondément novatrice. L’exposition met ainsi en valeur les choix, la détermination sans faille d’une artiste qui affirmait dès l’âge de vingt-ans ne pouvoir obtenir son indépendance « qu’à force de persévérance et en manifestant très ouvertement l’intention de [s]’émanciper ».

Cette exposition est organisée par les musées d’Orsay et de l’Orangerie, Paris, le Musée des beaux-arts, Québec, la Fondation Barnes, Philadelphie, et le Dallas Museum of Art, Dallas.

Commissaires de l'exposition : Sylvie Patry, conservatrice générale, directrice de la conservation et des collections du musée d'Orsay. 
Nicole R. Myers, The Barbara Thomas Lemmon Senior Curator of European Art au Dallas Museum of Art.
Assistante pour la présentation au musée d’Orsay, Lucile Pierret, chargée d’études documentaires.

Berthe Morisot
Catalogue de l’exposition
Sous la direction de Sylvie Patry
Coédition Musées d’Orsay et de l’Orangerie / Flammarion
304 pages – 22,5 x 30 cm – 200 ill.
ISBN : 978-2-35433-288-4

Sommaire du catalogue de l'exposition

Berthe Morisot aujourd’hui : « ambiguïtés stimulantes »
Sylvie Patry, Conservatrice générale et directrice de la conservation et des collections du musée d’Orsay

La modernité vue de l’intérieur
Anne Higonnet, Ann Witney Olin Professor, Barnard, Columbia University

Peindre la vie moderne
« Mettre une figure en plein air »
Femmes à leur toilette
La « beauté de l’être en toilette »
Fini / non-fini : « Fixer quelque chose de ce qui passe »
Femmes au travail
Fenêtres et seuils
Un atelier à soi
Sylvie Patry, Conservatrice générale et directrice de la conservation et des collections du musée d’Orsay

Une artiste en devenir
Marianne Mathieu, Directrice scientifique du musée Marmottan Monet

Morisot et la femme moderne
Nicole R. Myers, The Barbara Thomas Lemmon Senior Curator of European Art, Dallas Museum of Art

Morisot sur le seuil
Cindy Kang, Conservatrice adjointe à la Fondation Barnes, Philadelphie

Peintre pour peintres
Bill Scott, Peintre et graveur abstrait

Annexes
Chronologie, Amalia Wojciechowski, Doctorante au Bryn Mawr College
Les carnets de Berthe Morisot, Samuel Rodary, Chercheur indépendant en histoire de l’art
Expositions tenues de son vivant et posthume, Liste des oeuvres exposées, Liste des images de comparaison, Bibliographie

MUSEE D'ORSAY
1 rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris
www.musee-orsay.fr

08/06/19

Fantaisies. Jacques Henri Lartigue, décors et haute couture, Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq, L'Isle-Adam, Val d'Oise

Fantaisies. Jacques Henri Lartigue, décors et haute couture
Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq, L'Isle-Adam, Val d'Oise
Jusqu'au 22 septembre 2019

Jacques Henri Lartigue
Fantaisies. Jacques Henri Lartigue, décors et haute couture
Affiche de l'exposition au Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq, L'Isle-Adam
© Musée d'art et d'histoire Louis Senlecq

L’exposition Fantaisies. Jacques Henri Lartigue, décors et haute couture organisée par le musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq de L’Isle-Adam propose de découvrir une partie méconnue de l’oeuvre de Jacques Henri Lartigue, réalisée en marge de sa production en tant que peintre et photographe. L’important fonds d’oeuvres peintes et dessinées par Jacques Henri Lartigue, fruit de la donation de l’artiste et de son épouse à la ville de L’Isle-Adam, ainsi que le dépôt de la Fondation de France en 2001 au musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq, constituent le point de départ de ce projet d’exposition.

Jacques Henri Lartigue
Jacques Henri Lartigue décorant la salle des Ambassadeurs
pour le gala "Marché aux fleurs", Casino de Cannes, avril 1936
Photographie anonyme
Paris, AAJHL
Collection Jacques Henri Lartigue
© Ministère de la Culture - France / AAJHL / DR

Jacques Henri Lartigue
L’Officiel, n° 173, Janvier 1936
Couverture illustrée par Jacques Henri Lartigue
32.5 x 25.5 cm
L’Isle-Adam, archives du musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq
© Musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq, L’Isle-Adam – Henri Delage

L'événement entend montrer pour la première fois l’œuvre graphique de forme libre et originale de Jacques Henri Lartigue. Elle montre l’artiste comme un créateur touche-à-tout, davantage intéressé par le processus créatif que par l’objet final, passant avec légèreté et en même temps avec une grande rigueur d’une technique à une autre.

Regroupant près de 170 pièces, sous le titre de « fantaisies », l’exposition présente une série de croquis de mode et dessins décoratifs de jeunesse, des photographies de décors de galas éphémères et grandioses réalisés par l’artiste dans les années trente, des tissus de la maison Bianchini Férier en 1937-1938 exécutés d’après des dessins de Jacques Henri Lartigue, ou encore des variations libres autour de motifs de fleurs, de ballons, d’oiseaux. Seront également évoqués les liens d’amitiés de Jacques Henri Lartigue avec la couturière Carven et les collaborations de l’artiste avec la presse de mode et la maison italienne de tissus d’art Fede Cheti.

L’exposition réunie ainsi des pièces des trois collections dédiées à l’oeuvre de Jacques Henri Lartigue: la collection du musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq de L’Isle-Adam, le dépôt de la Fondation de France au musée Louis-Senlecq et la collection de la Donation Jacques Henri Lartigue (AAJHL). De généreux prêts du musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon et du Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, viennent par ailleurs enrichir la sélection des pièces exposées.

Jacques Henri Lartigue
Jacques Henri Lartigue
Carven 48, 1948. Huile sur bois. 41 x 33 cm
L’Isle-Adam, musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq 
Dépôt de la Fondation de France
© Musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq, L’Isle-Adam – J.M. Rousvoal

Jacques Henri Lartigue
Jacques Henri Lartigue
Sans-titre - Non daté, Gouache sur papier. 25 x 32 cm
L’Isle-Adam, musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq 
Dépôt de la Fondation de France
© Musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq, L’Isle-Adam

Jacques Henri Lartigue
Jacques Henri Lartigue
Sans-titre - Non daté, Gouache sur papier. 65 x 50 cm
L’Isle-Adam, musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq 
Dépôt de la Fondation de France
© Musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq, L’Isle-Adam

Commissariat de l'exposition : Caroline Oliveira, directrice du musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq ; Marianne Le Galliard, historienne de l’art.

Catalogue de l’exposition : Lienart Editions – Paris,
21x27 cm, 160 pages, 112 ill., 25 €

Introduction
Caroline Oliveira, directrice du musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq, L’Isle-Adam

« Je suis un peintre (un peu décorateur au besoin) »
Marianne Le Galliard, historienne de l’art

Les dessins de Lartigue pour Bianchini Férier
Pierre Vernus, maître de conférences en histoire contemporaine, Université Lumière, Lyon 2

Carven et Jacques Henri Lartigue - Les gens heureux n’ont pas d’histoire…
Laurent Cotta, conservateur chargé du département des arts graphiques, Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Fede Cheti et le tissu d’art dans l’Italie des années cinquante et soixante
Chiara Lecce, docteur en Design et Architecture d’Intérieur, École Polytechnique de Milan

MUSÉE D'ART ET D'HISTOIRE LOUIS-SENLECQ
31 Grande Rue – 95290 L’Isle-Adam
www.musee.ville-isle-adam.fr