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20/04/24

Chefs-d'oeuvre de la Galerie Borghèse @ Musée Jacquemart-André, Paris

Chefs-d'oeuvre de la Galerie Borghèse 
Musée Jacquemart-André, Paris
6 septembre 2024 - 5 janvier 2025

Caravage
Caravage 
Garçon à la corbeille de fruits, vers 1595 
Huile sur toile, 70 x 67 cm 
Galleria Borghese, Rome 
© Galleria Borghese / photo Mauro Coen 

Titien
Titien 
Vénus bandant les yeux de l’Amour, vers 1565 
Huile sur toile, 116 x 184 cm 
Galleria Borghese, Rome 
© Galleria Borghese / photo Mauro Coen 

Pierre Paul Rubens
Pierre Paul Rubens 
Suzanne et les vieillards, vers 1606-1607 
Huile sur toile, 94 x 67 cm 
Galleria Borghese, Rome 
© Galleria Borghese / photo Mauro Coen 

Le Musée Jacquemart-André réouvre ses portes début septembre 2024 en présentant une exposition consacrée à une quarantaine d'oeuvres exceptionnelles de la Galerie Borghèse à Rome.

La Villa Borghese Pinciana, qui abrite aujourd’hui la Galerie Borghèse, fut construite entre 1607 et 1616 sur ordre du puissant cardinal Scipion Borghèse (1577-1633), neveu du pape Paul V (1550-1621). S’inspirant des luxueuses villas romaines, Scipion souhaitait consacrer ce palais entouré de jardins à l’exposition de ses collections d’œuvres antiques et de peintures et sculptures modernes, évoquant un nouvel âge d’or. Doté d’un goût sûr, d’une insatiable curiosité et d’une extraordinaire capacité à déceler les chefs-d’œuvre parmi les productions de son temps, Scipion Borghèse complétait sa collection par tous les moyens, légaux ou non. Il s’est ainsi imposé comme l’un des premiers et des plus importants collectionneurs et mécènes de l’histoire de l’art moderne, faisant de la Villa Borghese un véritable musée avant la lettre. Selon ses dernières volontés, l’ensemble de ses collections et de ses propriétés fut transmis génération après génération sans être dispersé pendant près de deux cents ans, et les héritiers Borghèse poursuivirent l’enrichissement du patrimoine familial. Au début du XIXe siècle, plusieurs centaines de sculptures antiques furent néanmoins cédées à Napoléon Bonaparte par son beau-frère, le prince Camille Borghèse (1775-1832) ; leur absence a été progressivement comblée par de nouvelles acquisitions. La famille Borghèse finit par vendre la villa et son musée à l’Etat italien en 1902. La Galerie Borghèse demeure aujourd’hui un symbole de la prospérité économique, culturelle et artistique de Rome à l’époque moderne, et à ce titre une destination incontournable pour les visiteurs de la Ville éternelle.

Antonello da Messina
Antonello da Messina 
Portrait d’homme, vers 1476 
Tempera et huile sur panneau, 31 x 25,2 cm
Galleria Borghese, Rome 
© Galleria Borghese / photo Mauro Coen 

Bernin
Bernin 
Autoportrait à l’âge mûr, vers 1635-1640 
Huile sur toile, 53 x 43 cm 
Galleria Borghese, Rome 
© Galleria Borghese / photo Mauro Coen 

Grâce au partenariat entre le Musée Jacquemart-André et la Galerie Borghèse – dans le contexte d’une campagne de travaux de rénovation du musée romain à l’automne 2024 – cette exposition présentera une sélection d’oeuvres exceptionnelles issue de cet ensemble artistique unique au monde. Le public pourra notamment y (re)découvrir les productions de grands noms de l’art italien des XVIe et XVIIe siècle (Raphaël, Antonello da Messina, Parmesan, Lorenzo Lotto, Titien, Véronèse, Caravage, Bernin…) et de peintres nordiques ayant séjourné en Italie (Rubens, Gerrit von Honthorst…). L’exposition rendra aussi hommage à des peintres moins connus du grand public, tels qu’Annibal Carrache, Guido Reni, Le Cavalier d’Arpin et Jacopo Bassano. La présentation des œuvres dans l’exposition éclairera à la fois l’histoire de la collection et le sens des grandes thématiques explorées par les artistes. L’exposition sera accompagnée d’un catalogue, ouvrage de référence en langue française sur la collection de peintures modernes de la Galerie Borghèse.

COMMISSARIAT DE L'EXPOSITION

Dr. Francesca Cappelletti est Directrice de la Galerie Borghèse à Rome. Spécialiste du baroque italien, et particulièrement du mouvement caravagesque, elle a contribué à la redécouverte de L’Arrestation du Christ du Caravage (aujourd’hui à Dublin) au début des années 1990. Entre 2014 et 2018, elle a oeuvré en tant que vice-présidente du Conseil Supérieur des Biens Culturels au ministère de la Culture italien. Avant de prendre la tête de la Villa Borghese en 2020, elle a été professeur d’histoire de l’art de la Renaissance à l’Université de Ferrare. Francesca Cappelletti a été commissaire de nombreuses expositions, dont « Nature et Idéal. Le paysage à Rome, 1600-1650 » (Paris, Grand Palais et Madrid, Museo del Prado, 2011), « Les Bas-fonds du Baroque » (Rome, Villa Médicis et Paris, Petit Palais, 2014), « Caravage à Rome, amis et ennemis » (Paris, Musée Jacquemart-André, 2018) et « Georges de la Tour. L’Europe des Lumières » (Milan, Palazzo Reale, 2020).

Pierre Curie est Conservateur général du patrimoine. Spécialiste de peinture italienne et espagnole du XVIIe siècle, il a également travaillé sur celle du XIXe siècle français au Musée du Petit Palais où il a commencé sa carrière de conservateur. Par la suite chargé du domaine de la peinture à l’Inventaire général, il a corédigé et conduit le Vocabulaire typologique et technique de la peinture et du dessin (paru en 2009). Nommé responsable de la filière peinture du département restauration du Centre de recherche et de restauration des Musées de France en 2007, il a coordonné et suivi quelques grandes restaurations de tableaux des musées nationaux (Léonard de Vinci, Titien, Rembrandt, Poussin…). Pierre Curie est conservateur du musée Jacquemart-André depuis janvier 2016 et co-commissaire de toutes ses expositions.

MUSÉE JACQUEMART ANDRÉ
158 boulevard Haussmann, 75008 Paris

29/12/17

Exposition Rubens, Musée du Luxembourg, Paris : Portraits princiers

Rubens, Portraits princiers
Musée du Luxembourg, Paris
Jusqu'au 14 janvier 2018



Pierre Paul Rubens
Portrait de l'Artiste, 1623
Huile sur bois
85,7 x 62,2 x 0,5 cm
Royaume-Uni, Londres, The Royal Collection / HM Queen Elizabeth II
Royal Collection Trust / © Her Majesty Queen Elizabeth II

Pierre Paul Rubens (1577-1640) fut un génie protéiforme. Son oeuvre immense aborde quasiment tous les sujets de la peinture. Ses portraits princiers restent peu connus, ils sont pourtant essentiels dans sa carrière. Peindre le portrait d’un souverain est la commande la plus prestigieuse que peut recevoir un peintre à l’époque, cet exercice doit notamment permettre de flatter la sensibilité du modèle. S’il est connu que Rubens a reçu des commandes de la part des rois, reines, princesses et princes de son temps, jamais encore une exposition ne leur a été consacrée.

L’exposition est présentée au Musée du Luxembourg, dans le palais pour lequel Rubens réalisa un de ses principaux chefs d’oeuvre : la galerie Médicis, ensemble de tableaux monumentaux sur la vie de Marie de Médicis, installés dans l’aile Richelieu du musée du Louvre. La vie de la souveraine et la carrière de Rubens s’entrecroisent. Dans un parcours à travers les cours d’Europe, tel un album de famille, l’exposition montre les effigies de Marie de Médicis et des souverains de son temps dont Rubens dressa le portrait et qui, des Habsbourg à la cour de Mantoue, ont tous un lien de parenté avec elle avant même qu’elle ne devienne la mère et la belle-mère des rois de France, d’Espagne et d’Angleterre.

Rubens naît dans une famille aisée originaire d’Anvers et reçoit une éducation humaniste. Il exerce un temps le rôle de page, ce qui lui permet d’acquérir les comportements et l’aisance qui lui sont utiles pour côtoyer par la suite les grands personnages de son temps. Il gagne l’Italie pour parfaire sa formation de peintre, s’inspirant notamment de Titien, auteur de portraits fameux de Charles Quint et de Philippe II, et devient rapidement un des peintres de la cour des Gonzague à Mantoue. En 1609 il revient à Anvers pour devenir le peintre de la cour des Flandres. A ce titre, il exécute les portraits officiels des princes Habsbourg. Il prolonge son séjour parisien destiné à honorer la commande de Marie de Médicis pour le Palais du Luxembourg en 1621, pour peindre Louis XIII, fils de Marie de Médicis, et son épouse Anne d’Autriche, soeur de Philippe IV, roi d’Espagne. Celui-ci l’appelle ensuite à Madrid pour exécuter des portraits de lui et de sa famille.

Dans une Europe où les voyageurs sont rares, la tradition est établie qu’un portraitiste peut faire passer des messages et Rubens outrepasse de très loin cette facilité pratique. Ainsi, parce qu’il a reçu une éducation poussée, qu’il est un vrai courtisan et que sa réputation est internationale, il peut s’adresser à ses insignes modèles et délivrer dans le relatif isolement des séances de pose, quelques propos diplomatiques. Prince des peintres et peintre des princes, Rubens au terme de sa vie et de sa carrière est un proche de ses prestigieux modèles.



Pierre Paul Rubens
Portrait d’Anne d’Autriche, reine de France
c. 1622-25
Huile sur toile
120 x 96,8 cm
Etats-Unis, Californie, Pasadena, The Norton Simon Foundation
© The Norton Simon Foundation



Pierre Paul Rubens
Portrait de Louis XIII, roi de France
c. 1622-25
Huile sur toile
118,1 x 96,5 cm
Etats-Unis, Californie, Pasadena, The Norton Simon Foundation
© The Norton Simon Foundation


Rubens peut ainsi sembler être le portraitiste des princes tant il souhaitait se consacrer à la narration et aux grands mythes. Avec le sculpteur Bernin, il est le maître de l’ère baroque. Sa culture et sa pratique lui font préférer les oeuvres d’invention et les grands sujets historiques qui restent dans la mémoire collective. Cependant, ses réussites dans le domaine du portrait sont éblouissantes tant dans le domaine privé (que l’on songe aux portraits de ses épouses et de leurs enfants) que dans celui des images officielles. Il connaît parfaitement les prototypes à suivre, les codes à respecter (degré d’idéalisation des traits du modèle, symboles du pouvoir et importance du costume et du décorum), il sait doser ce qu’il faut de flamboyance et ce qu’il faut de naturalisme dans ses représentations et il donne à ses effigies officielles une vie inédite. Chaque oeuvre a un souffle particulier. Il devient ainsi le peintre le plus important de son temps, celui dont les princes s’arrachent les talents. A titre de comparaison et afin de montrer sa place et son originalité, l’exposition présente quelques portraits des mêmes souverains peints par ses rivaux, en particulier Velázquez, Champaigne, Vouet ou Van Dyck, son élève le plus doué, qui devint un immense portraitiste à Londres, s’inspirant des leçons de son maître.

Cette exposition rassemble environ soixante-cinq peintures parmi lesquelles des prêts exceptionnels tels Marie de Médicis (Musée du Prado) et Louis XIII (Melbourne), seul portrait de souverain conservé peint devant le modèle.

Commissariat : Dominique Jacquot, conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Strasbourg, avec la collaboration d’Alexis Merle du Bourg

Cette exposition est réalisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais

Musée du Luxembourg
19 rue Vaugirard, 75006 Paris
www.museeduluxembourg.fr

A voir aussi sur Wanafoto le post : Philippe Forest, Rien que Rubens

28/12/17

Philippe Forest, Rien que Rubens, Editions Rmn-Grand Palais, Collection Cartels

Art & Littérature
Philippe Forest, Rien que Rubens
Editions Rmn-Grand Palais, Collection Cartels, Paris, 2017



Philippe Forest, Rien que Rubens
12,5 x 19 cm - 110 pages - 14,90 €
signet, tranchefile, cartonné
nomenclature Rmn-Grand Palais
NT107047 // ISBN : 9782711870479

Philippe Forest, l’auteur du déchirant « L’enfant éternel », se replonge dans l’œuvre de Rubens à la recherche des peines et des joies qui ont construit cet immense artiste. Parcourant les signes intimes laissés dans ses toiles par le peintre flamand, il y trouve un écho, par delà les siècles, à ses propres obsessions d’écrivain, le deuil, l’enfance, l’amour, et signe un texte puissant sur ce qui unit, profondément, une peinture à l’homme qui les regarde.

PHILIPPE FOREST
Né à Paris en 1962, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et docteur ès Lettres, Philippe Forest a enseigné pendant sept ans la littérature française dans les universités anglaises. Professeur de littérature comparée à l’Université de Nantes, il poursuit son chemin littéraire en publiant essais et romans à un rythme soutenu. Son œuvre est marquée par une expérience unique et douloureuse : celle de la perte de sa fille, morte à quatre ans d’un cancer. Ce thème apparait dès son premier roman L’enfant éternel (Prix Fémina du 1er roman) et court tout au long de ses différents ouvrages : Le roman infanticide évoque le deuil et la perte de l’enfant à travers la lecture de grands écrivains mais aussi Sarinagara (Prix Décembre en 2004) comment survivre aux douleurs de l’existence - ou dans Le Siècle des nuages qui retrace la vie romancée de son père, pilote à Air France. C’est ainsi que Philippe Forest « raconte une seule et même histoire qui se poursuit et se transforme » (Le Magazine littéraire n°508 de 2011). Ses essais sont consacrés à la littérature et à l’histoire des courants d’avant-garde, et il collabore à la revue Art Press en tant que critique littéraire, cinématographique et artistique.

Philippe Forest - Bibliographie sélective: 
Le nouvel amour (Gallimard, 2008), Le siècle des nuages (Gallimard, 2010), Le chat de Schrödinger (Gallimard, 2013), L’Enfant fossile (Invenit, 2014), Crue (Galliard, 2016)

Rmn - Grand Palais
www.grandpalais.fr