02/12/17

Monet collectionneur au Musée Marmottan Monet, Paris

Monet collectionneur : Chefs-d'oeuvre de sa collection privée
Musée Marmottan Monet, Paris

14 septembre 2017 - 14 janvier 2018


PIERRE-AUGUSTE RENOIR Jeune fille au bain, 1892
Huile sur toile – 81,3 x 64,8 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
© New York, The Metropolitan Museum of Art

Claude Monet, le plus célèbre des impressionnistes, fut aussi le plus secret des collectionneurs. A l’exception de ses estampes japonaises, on ignore les chefs-d’oeuvre qu’il a réunis tout au long de sa vie. Ils constituent pourtant le panthéon artistique et sentimental du maître de Giverny. Pour la première fois, le musée Marmottan Monet lève le voile sur cette passion privée et organise une exposition inédite intitulée « Monet collectionneur ».

Légataire universel du fils du peintre, dépositaire du premier fonds mondial d’oeuvres de Claude Monet ainsi que de certaines oeuvres de ses amis, le musée Marmottan Monet a entrepris de reconstituer la collection personnelle du chef de file de l’impressionnisme. En partie dispersée à sa mort et tombée depuis dans l’oubli, il aura fallu mener une étude approfondie – digne d’une enquête policière – pour reconstituer cet ensemble disparu et établir la date et les circonstances dans lesquelles peintures, dessins, sculptures entrèrent à Giverny.

L’exposition présente une centaine d’oeuvres provenant du musée Marmottan Monet, mais aussi des Etats-Unis, d’Amérique Latine, du Japon et d’Europe. Le Moma, Le Metropolitan Museum de New York, la National Gallery de Washington, les musées de Houston, de San Francisco, de Saint-Louis, le Musée de Sao Paulo, le Musée National d’art occidental et le Sompo Museum à Tokyo, Le Staatsgalerie de Stuttgart, le musée de Langmatt à Baden, le musée d’Orsay et le musée Rodin à Paris ainsi que plusieurs collections particulières ont prêté certains de leurs fleurons. On retrouve Delacroix, Corot, Boudin, Jongkind, Manet, Renoir, Caillebotte, Cézanne, Morisot, Pissarro, Rodin, Signac et Toulouse-Lautrec. Au-delà de ses grands noms, Monet nous fait découvrir d’autres talents : Paul Baudry, Carolus-Duran, Jules Chéret, Henri Fantin-Latour, Jean-Louis Forain, Constantin Guys, Jean-Jacques Henner, Charles Lhullier, Georges Manzana et Lucien Pissarro (deux des fils de Camille Pissarro), Gilbert de Séverac.


PIERRE-AUGUSTE RENOIR
Madame Monet et son fils, 1874
Huile sur toile, 50,4 x 68 cm
© Washington, National Gallery of Art, collection Ailsa Mellon Bruce
© Courtesy National Gallery of Art, Washington

Le parcours retrace l’histoire inconnue de la collection et les différentes phases de sa constitution. Durant sa jeunesse, Monet, sans le sou, ne peut acquérir d’oeuvre d’art. Les peintures qu’il réunit sont avant tout des cadeaux : des portraits de lui et de sa première épouse, Camille peints par ses proches durant leurs années de compagnonnage. Une imposante toile de Manet représentant le couple dans le bateau-atelier connu sous le titre Monet peignant dans son atelier (Stuttgart, Staatsgalerie) est au coeur de cette section qui compte de nombreuses toiles de Renoir dont Madame Monet et son fils au jardin (National Gallery, Washington). Vient ensuite le temps des échanges et de la reconnaissance mutuelle. A Rodin, Monet offre une toile de Belle-Ile contre un bronze : Jeune mère à la grotte (Musée Marmottan Monet). Le peintre possède également deux plâtres dont Bacchantes s’enlaçant dédicacée sur la base : « Au grand maître C. Monet, son ami Rodin » (collection particulière), l’une des découvertes de l’exposition, présentée pour la première fois au public. Dans cette section, sont également montrées les oeuvres de Caillebotte et de Berthe Morisot. Si certaines sont offertes par leur auteur de leur vivant au maître d’autres tels Chrysanthèmes de Caillebotte (Paris, musée Marmottan Monet) et de Julie et Laërte de Berthe Morisot (Paris, musée Marmottan Monet) sont reçues par le peintre en souvenir de ses amis défunts. Dorénavant Monet porte le plus grand intérêt aux oeuvres qui enrichissent sa collection. Il les sélectionne avec attention. C’est le cas de Paysannes plantant des rames (Sheffield Museum) de Pissarro que son auteur destinait aux musées nationaux et que Monet choisit en remerciement de l’aide apportée à son ami pour l’achat de sa maison.

A partir des années 1890, la situation financière de Claude Monet s’améliore. L’artiste achète de nombreuses oeuvres d’art. C’est le moment où il acquiert des souvenirs de ses prédécesseurs : aquarelles, pastels, dessins et peintures parmi lesquelles il faut citer Corot « Ariccia, Palais Chigi » (musée Langmatt) et « Rue en Avignon » de Jongkind (Paris, musée Marmottan Monet). Monet se fournit auprès des marchands de Renoir et de Cézanne qui sont les deux artistes les mieux représentés de sa collection. Il débourse d’importantes sommes pour Baigneuse assise (Metroplitan Museum, New York) et Mosquée. Fête arabe (musée d’Orsay, Paris) de Renoir. Parmi les nombreux Cézanne qu’il emporte, citons l’un de ses plus grands chefs-d’oeuvre : Le Nègre Scipion (Museu de Arte, São Paulo) exceptionnellement prêté pour l’exposition.

A partir de 1892, Claude Monet acquiert également plusieurs portraits de la famille de sa seconde épouse, Alice Hoschedé. Les effigies de sa femme, de ses beaux-enfants et de leur père, Ernest Hoschedé leurs sont offerts. Un portrait de son beau-fils Jacques Hoschedé enfant peint par Manet en 1876 et intitulé Garçon dans les fleurs (Tokyo, Musée National d’art occidental), est quant à lui au coeur d’une bataille judiciaire qui déchire la famille au lendemain de la mort d’Alice et révèle un aspect tout à fait inconnu de sa vie de Monet.

Une large sélection d’estampes japonaises provenant de la maison de Giverny rend hommage à l’aspect le mieux connu de la collection de Claude Monet. Considérée comme ayant peu de valeur à la mort du peintre comme c’est aussi le cas des Nymphéas exposés dans leur continuité, ces oeuvres restent dans la demeure du peintre pendant de nombreuses années tandis que les Corot, Cézanne, Manet et autre Renoir sont vendus à grand prix par le fils du peintre, Michel, dès 1927. Pour la première fois depuis lors, la collection dispersée de Claude Monet renait en son musée, le musée Marmottan Monet.

Commissariat de l'exposition :
Marianne Mathieu, Adjointe au directeur, Chargée des collections du musée Marmottan Monet
Dominique Lobstein, Historien de l'art

Musée Marmottan Monet
2, rue Louis-Boilly - 75016 Paris
www.marmottan.fr