Showing posts with label Musée Marmottan Monet. Show all posts
Showing posts with label Musée Marmottan Monet. Show all posts

08/11/23

Berthe Morisot et l’art du XVIIIe siècle @ Musée Marmottan Monet, Paris + Catalogue

Berthe Morisot et l’art du XVIIIe siècle 
Musée Marmottan Monet, Paris 
18 octobre 2023 - 3 mars 2024 

Portrait de Berthe Morisot par MARCELLO
MARCELLO 
(Adèle d’Affry, duchesse de Castiglione-Colonna, dite)
Portrait de Berthe Morisot, 1875
Huile sur toile, 165 x 113 cm
Fribourg, Musée d’art et d’histoire
© Primula Bosshard

Berthe Morisot et l’art du XVIIIe siècle est une exposition inédite présentée par le musée Marmottan Monet à Paris. Soixante-cinq œuvres provenant de musées français et étrangers ainsi que de collections particulières sont réunies pour la première fois afin de mettre en lumière les liens qui unissent l’œuvre de la première femme impressionniste, Berthe Morisot (1841-1895) à l’art d’Antoine Watteau (1684-1721), François Boucher (1703-1770), Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) ou encore Jean-Baptiste Perronneau (1715-1783).

S’appuyant sur une analyse de sources principalement inédites (correspondances, carnets de notes de Berthe Morisot et de son époux Eugène Manet et de leur entourage, coupures de presse) et sur une étude généalogique approfondie, l’exposition et son catalogue apportent un éclairage nouveau sur un sujet souvent évoqué par les historiens sans pour autant avoir fait l’objet d’une recherche dédiée et exhaustive. S’il est démontré que Berthe Morisot n’est pas l’arrière-petite-nièce de Jean-Honoré Fragonard et n’entretenait aucun lien de parenté avec ce dernier, l’exposition met l’accent sur les véritables fondements de ces affinités artistiques retraçant la chronologie de leurs développements ainsi que leurs principales caractéristiques. 

Berthe Morisot
Berthe MORISOT
(1841-1895)
Au Bal, 1875
Huile sur toile, 62 x 52 cm
Paris, Musée Marmottan Monet
© Musée Marmottan Monet

L’exposition s’ouvre sur l’une des œuvres les plus emblématiques de Berthe Morisot, Au bal (1875, musée Marmottan Monet) : figure en buste d’une parisienne en robe de bal, un éventail orné d’une scène galante déployé à la main. Deux éventails en soie du XVIIIe siècle dont celui représenté sur le tableau, tous deux ayant appartenu à Berthe Morisot, sont exposés pour la toute première fois et réunis pour l’occasion en regard du portrait. Illustration d’un « art de vivre à la française », ils témoignent d’un héritage du siècle des Lumières particulièrement prégnant dans le milieu de la Haute Bourgeoisie auquel Berthe Morisot appartient.

Jean-Honoré Fragonard
Jean-Honoré FRAGONARD
(1732-1806)
Jeune Femme debout, en pied, vue de dos
vers 1762-1765
Sanguine sur papier vergé, 37 x 25 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
© François Lauginie

Berthe Morisot
Berthe MORISOT
(1841-1895)
Jeune Femme arrosant un arbuste, 1876
Huile sur toile, 40,01 x 31,75 cm
Richmond, Virginia Museum of Fine Arts
© Photo Katherine Wetzel / Virginia Museum of Fine Arts

La première section revient sur un cadre de vie où l’art du XVIIIe siècle est encore bien présent et met en évidence ses aspects peu connus. Un portrait en pied du préfet Tiburce Morisot (1848, musée des beaux-arts Limoges), le père de l’artiste, posant devant une galerie de peintures rappelle son rôle dans la création des musées de Limoges, musée des beaux-arts où furent réunies des œuvres du siècle précédent, et musée Adrien Dubouché. L’hôtel particulier aménagé à Paris par le peintre Léon Riesener (1808-1878), petit-fils de l’un des plus grands ébénistes du XVIIIe, Jean-Henri Riesener (1734-1806), où la jeune Berthe évolue recrée un décor XVIIIe. Un ensemble de toiles peintes par Rosalie Riesener permet de reconstituer cet intérieur orné de meubles estampillés, de lambris et de tapisseries d’après François Boucher. C’est dans ce cadre que Berthe Morisot pose pour le portrait monumental que lui dédie Adèle d’Affry, la duchesse Castiglione Colonna, connue sous le nom d’artiste, Marcello (1836-1879). Ainsi, la réhabilitation de la peinture du XVIIIe siècle qui est concomitante aux débuts de Berthe Morisot, l’organisation d’expositions temporaires dans les années 1860 puis l’entrée au musée du Louvre d’un ensemble historique connu sous le nom de legs La Caze, vient compléter une esthétique du quotidien et du beau monde. C’est la fusion de ces deux éléments qu’illustrent les œuvres magistrales signées Morisot vers 1875-1880 : Jeune femme arrosant un arbuste (Richmond, Virginia Museum of Fine Arts); Femme en gris debout (collection particulière) présentées en regard de peintures et de dessins à la sanguine signées Antoine Watteau et Jean-Honoré Fragonard. 

François Boucher
François BOUCHER
(1703-1770)
Jeune Fille endormie, 18e siècle
Huile sur toile, 35 x 55 cm
Fontaine-Chaalis, Fondation Jacquemart-André - 
Institut de France, domaine de Chaalis
© Fontaine-Chaalis, Fondation Jacquemart-André - 
Institut de France, domaine de Chaalis

Berthe Morisot
Berthe MORISOT
(1841-1895)
Repos (Jeune fille endormie), 1892
Huile sur toile, 38 x 46 cm
Collection particulière
© Thierry Jacob

Vient ensuite la section dédiée à l’impressionnisme triomphant de Berthe Morisot (1879-1885), entièrement organisée autour d’un détail de : Vénus va demander ses armes à Vulcain, copie d’après François Boucher exécutée par Berthe Morisot au musée du Louvre dans le but d’orner le salon-atelier qu’elle aménage dans l’immeuble familial qu’elle fait construire avec son époux, rue de Villejust (actuelle rue Paul Valéry) à Paris. Le symbole est de taille puisqu’il s’agit de la seule œuvre peinte par Berthe Morisot qu’elle accrocha dans son intérieur et avec laquelle elle vécut (ses autres peintures étant remisées). L’œuvre dans ce contexte prend la force d’un manifeste. Associée à son esquisse en grisaille provenant du musée des arts décoratifs à Paris (le monumental tableau du musée du Louvre étant intransportable), elle est mise en relation avec les œuvres les plus significatives de la maturité : Femme à sa toilette (Chicago, The Art Institute), Jeune femme en toilette de bal (Paris, musée d’Orsay), Jeune femme au divan (Londres, Tate), Jeune femme en gris étendue (collection particulière) ou encore Le jardin à Bougival (Paris, musée Marmottan Monet). Entre François Boucher et les scènes de la vie parisienne de Berthe Morisot, se retrouvent une même appétence pour les couleurs claires ainsi qu’une conception de la beauté au féminin. 

La section suivante est dédiée à Jean-Honoré Fragonard qui se déploie autour d’une de ses toiles phares : La leçon de musique, exceptionnellement prêtée par le musée du Louvre. Plusieurs œuvres majeures de l’impressionniste sont regroupées à faible distance : La dame au manchon (Dallas, Dallas Museum of Art) et l’Autoportrait de l’artiste (Paris, musée Marmottan Monet) sont les plus illustres. Ici c’est bien la liberté de facture, la touche visible qui domine plus encore que les tonalités bruns rosés. D’autres peintures, signées George Romney (1734-1802) (prêt exceptionnel de la Wallace collection), Thomas Gainsborough (1727-1788) et Jean-Baptiste Perronneau élargissent, pour mieux l’asseoir, le prisme de cette comparaison.

En 1885, la première exposition de la Société des Pastellistes français et son florilège de feuilles du XVIIIe siècle marquent un tournant dans la pratique de Berthe Morisot. Pénétrée de l’art de ses prédécesseurs, Morisot systématise le recours au pastel dans ses œuvres préparatoires pour établir ses harmonies colorées, révélant un lien très fort et visible avec ses peintures sur toile. C’est ce rapprochement qui est mis en évidence à travers la réunion de peintures et de pastels : Fillette à la mandoline (collection particulière), Enfants à la vasque (Paris, musée Marmottan Monet), Fillette au jersey bleu (Paris, musée Marmottan Monet) ou La Fable (collection particulière). Berthe Morisot a absorbé les manières de faire des peintres du XVIIIe siècle, leurs reflets colorés, leur goût de l’esquisse. Ses œuvres nous apprennent à mieux regarder la peinture du XVIIIe siècle.

François Boucher
François BOUCHER
Apollon révélant sa divinité à la bergère Issé, 1750
Huile sur toile, 129 x 157 cm
Tours, Musée des Beaux-Arts
© Musée des Beaux-Arts de Tours, cliché D. Couineau

Berthe Morisot
Berthe MORISOT
d’après François BOUCHER
Apollon révélant sa divinité à la bergère Issé, 1892
Huile sur toile, 64,2 x 79,4 cm
Paris, Musée Marmottan Monet
© Musée Marmottan Monet

En deuil de son époux, en 1892, l’impressionniste se tourne une fois encore vers Boucher qu’elle copie lors d’un passage au musée de Tours : Apollon révélant sa divinité à la bergère Issé (Tours musée des beaux-arts) de Boucher. Les toiles des deux artistes sont rapprochées à la suite de l’acquisition par le musée Marmottan Monet de : Nymphes s’enlaçant peint par Berthe Morisot. Il est clair qu’il ne s’agit pas d’une copie servile mais plutôt d’un dialogue. Ici, Morisot transpose Boucher dans son univers : lui impose une palette et une facture qui lui sont propres. Elle se place ainsi délibérément dans une filiation artistique qu’elle interprète à l’aune de son siècle et de son tempérament. Son Repos (collection particulière), la Jeune fille endormie de Boucher (Chaalis, musée de l’abbaye royale) ou le Portrait de Mme Perronneau endormie (Paris, collection particulière) illustrent ce propos et clôturent l’exposition.

Le commissariat de l'exposition a été assuré par les historiennes de l’art : Marianne Mathieu et Dominique d’Arnoult, avec la participation de Claire Gooden, attachée de conservation du musée Marmottan Monet.

Berthe Morisot
BERTHE MORISOT
ET L’ART DU XVIIIe SIÈCLE
Catalogue de l'exposition
Coédition musée Marmottan Monet / Éditions Hazan
Format : 22 x 28,5 cm — 208 pages
ISBN : 9782754113335
Sous la direction de Marianne Mathieu, historienne de l’art. Avec les contributions de Dominique d’Arnoult, Docteur en histoire de l’art, Claire Gooden, historienne de l’art et attachée de conservation au musée Marmottan Monet, Marianne Mathieu, historienne de l’art et Lois Olivier, historienne de l’art
MUSÉE MARMOTTAN MONET
Académie des Beaux-Arts
2 rue Louis-Boilly, 75016 Paris

21/11/21

Julie Manet @ Musée Marmottan Monet, Paris - La mémoire impressionniste

Julie Manet. La mémoire impressionniste
Musée Marmottan Monet, Paris
19 octobre 2021 - 20 mars 2022

Le musée Marmottan Monet consacre la première exposition jamais dédiée à Julie Manet (1878-1966). Plus d’une centaine d’œuvres: peintures, sculptures, pastels, aquarelles, gravures, … provenant des musées du monde entier et de collections particulières dont de nombreuses pièces présentées pour la première fois au public retracent la vie de Julie Manet, fille unique de la première impressionniste Berthe Morisot et nièce de l’illustre peintre Édouard Manet. Le propos de l’exposition n’est pas seulement d’évoquer la jeunesse de Julie Manet parmi les impressionnistes mais aussi de lever le voile sur sa vie de femme, d’évoquer l’amour de l’art qu’elle reçoit en héritage, de présenter l’extraordinaire collection qu’elle réunit avec son époux, Ernest Rouart et de mettre en évidence ce qui fut l’engagement de sa vie: faire reconnaitre l’œuvre de sa mère et de son oncle. Pour retracer huit décennies d’une vie sans pareil et révéler ses multiples facettes, l’exposition se déploie au-delà des espaces habituellement dédiés aux manifestations temporaires et comprend également les galerie Rouart situées au premier étage, donnant une envergure exceptionnelle à l’événement.

Rez-de-jardin: Julie Manet, de l’éducation à la mémoire impressionniste

La première partie de l’exposition évoque la jeunesse de Julie Manet. Une première section intitulée une éducation impressionniste présente certains des portraits les plus illustres de celle que l’on peut qualifier de modèle-née. Elle sera le modèle de prédilection de sa mère qui la croque à l’aquarelle dans l’herbe (Paris, musée Marmottan Monet), à Bougival (Paris, musée Marmottan Monet) près de son père, Eugène Manet pour une toile montrée aux expositions impressionnistes. Elle pose seule à 8 ans en 1886 pour le Jersey bleu, Rêveuse en 1894. Renoir lui dédie plusieurs tableaux. L’enfant au chat (Paris, musée d’Orsay) est le plus ancien et sans doute le plus connu. Il est présenté ainsi que deux esquisses, au crayon, au format tableau exposés pour la première fois. Sont également présentés un portrait de Julie Manet l’un peint et la représentant seule (Paris, musée Marmottan Monet) et l’autre au pastel avec Berthe Morisot (Paris, musée du Petit Palais). Après la mort de cette dernière, Renoir veille sur Julie et ses deux cousines Jeannie et Paule Gobillard. Toutes trois posent pour le maître. Julie et Jeannie, inséparables sœurs-cousines, posent de concert pour Le chapeau épinglé (collection particulière). Paule, plus âgée de dix ans, fait l’objet d’une sanguine montrée pour la première fois (collection particulière). Deux tableaux évoquent les passions des nièces de Berthe Morisot. Berthe Morisot qui enseigna à Paule, la présente en peintre (Paule Gobillard peignant, Paris, musée Marmottan Monet) tandis que Julie dépeint dans une harmonie de tons pastel et irisés, Jeannie en pianiste virtuose (collection particulière). Faisant face à ces portraits une section est dédiée à Stéphane Mallarmé. Son portrait par Manet (Paris, musée d’Orsay), un coffret du poème d’Edgar Poe, Le Corbeau (collection particulière) traduit par le poète et illustré par le peintre témoigne de leur complicité. Le bateau de Mallarmé, dit La voile Blanche, peint sur la Seine à Valvins par Berthe Morisot témoigne quant à lui des liens qui uniront la première impressionniste à l’homme de lettre. C’est lui qu’elle choisit pour être le subrogé tuteur de Julie, c’est lui qui offre à sa pupille sa levrette Laërtes que peint sa mère en 1893, lui encore qui compose d’après l’ultime portrait de Julie ébauché par l’impressionniste (collection particulière) le sonnet: Julie au chapeau Liberty.

Orpheline à seize ans, Julie endosse le triste titre de dernière représentante de la branche Manet, aux côtés de la veuve du peintre, sa tante Suzanne Leenhoff. Leur relation est évoquée par son portrait par Manet, La femme au chat (Londres, Tate) présenté non loin des dessins et croquis de Manet qu’elle lui offre, pour ses seize ans notamment. Ces papiers sont présentés pour la première fois. Un tableau spectaculaire, Baigneuses en Seine (São Polo, MASP) que Julie reproche à sa tante d’avoir authentifié, le fond ayant été repris selon elle vers 1899, illustre les divergences d’opinion des deux femmes quant à l’exercice du droit moral de l’artiste. Vient ensuite, le moment de la rencontre amoureuse. À l’instar de sa mère qui avait rencontré Manet au Louvre, Julie y fait, en 1897, la connaissance de son futur époux, le peintre Ernest Rouart. La Vierge au lapin (Paris, musée du Louvre) Jupiter et Antiope (Paris, musée Marmottan Monet) copiés par Manet d’après Titien, Le repas chez Simon esquissé par Berthe Morisot d’après Véronèse (Paris, musée Marmottan Monet) et la copie entreprise par Ernest d’après Minerve chassant les Vices du jardin de la Vertu de Mantegna (Paris, musée d’Orsay) toutes exécutées au Louvre illustrent la place singulière du musée dans l’histoire familiale. Le 31 mai 1900, Julie Manet épouse Ernest Rouart. Julie pose dorénavant pour son époux dont on présente plusieurs portraits tels Portrait de Julie Manet peignant (collection particulière), Portrait de Julie Manet (collection particulière) et L’heure du thé. L’engagement du couple au service de l’art est exemplaire. Julie conserve pieusement l’important patrimoine artistique qu’elle a hérité tels les portraits de M. et mme Auguste Manet (Paris, musée d’Orsay) et deux portraits de sa mère par Manet (Lille, Palais des Beaux-Arts et Paris ; musée Marmottan Monet) et celui de son père, Eugène Manet par Alphonse Legros qui est présenté pour la première fois. Dès le début du siècle, Julie s’attache à promouvoir l’œuvre de sa mère. Par l’intermédiaire de ses proches, elle convainc plusieurs musées d’accepter le don de tableaux de Morisot. L’été est offert au musée Fabre de Montpellier, Sur le banc au musée des Augustins de Toulouse, La fleur aux cheveux au Petit Palais à Paris, Pasie cousant dans le jardin de Bougival au musée de Pau et – grâce à l’entregent des proches de Renoir - Paysanne niçoise est acquis par le musée de Lyon. En 1912, le couple se porte acquéreur d’importantes œuvres provenant de la collection du beau-père de Julie, Henri Rouart (1833-1912). Leurs achats portent aussi bien sur les XVIIe et XVIIIe avec Poussin, Fragonard et Hubert Robert que sur le XIXe avec Delacroix, Corot, Jongkind, Daumier, Puvis de Chavannes, Degas… Redon ou encore Gauguin. Sans attendre, Julie Manet et Ernest Rouart procèdent – en accord avec les autres enfants d’Henri Rouart – à des dons majeurs en faveur du Louvre: La Dame en bleu de Corot (Paris, musée du Louvre), Crispin et Scapin de Daumier (Paris, musée d’Orsay) lui sont offertes en 1913. En 1930, Julie réalise l’un des vœux les plus chers de sa mère faire entrer au Louvre La Dame aux éventails de Manet que Morisot avait acquis en 1884 à cet effet. Il aura fallu 46 ans de patience, deux générations de femmes, la détermination d’une mère et de sa fille, pour mener à bien ce projet. Femme de conviction, Julie est aussi une femme de foi. Membre du tiers Ordre dominicain au même titre que son époux, sa cousine Jeannie devenue Madame Paul Valery, son cousin germain Gabriel Thomas et Maurice Denis dont elle admire le Magnificat (collection particulière) et le Baptême du Christ (collection particulière). Posant pour son époux, elle prend le pinceau pour faire le portrait de ses petitsenfants et réalise pour l’ainé Jean-Michel un touchant catéchisme manuscrit et aquarellé. Au soir de sa vie, Julie Manet reste fidèle à elle-même, offre en 1943 en mémoire de son défunt mari, Tivoli, Les jardins de la villa d’Este de Corot (Paris, musée du Louvre) et conserve la copie que sa mère en avait fait dans sa jeunesse (collection particulière). Porteuse d’une mémoire impressionniste, elle reste fidèle à ses amis de toujours et acquiert en 1957 un grand Nymphéa de Monet. Julie Manet incarne bien la mémoire impressionniste.

Galeries Rouart: Julie Manet, peintre et diariste

On ne peut évoquer Julie Manet sans aborder la question de sa peinture et de son célèbre Journal. L’un et l’autre sont présentés au premier étage. Si la fille de Berthe Morisot ne s’est jamais considérée comme un peintre à part entière, elle maniera crayon et pinceau toute sa vie. Les peintures au musée Marmottan Monet se concentrent principalement sur la période 1895-1900 alors que Julie travaille sous la houlette de Renoir. Citons Femme avec Laërtes exposé au Salon des Indépendants en 1898, Avant le bal peint rue de Villejust où l’on aperçoit dans l’embrasure de la porte son cousin Edmé Pontillon. Les Cygnes et La cueillette des pêches reprennent un thème cher à sa mère, et se rapproche de son travail par la facture. Les différentes éditions du Journal de Julie Manet composé entre 1893 et 1899 et publié en 1979 sont présentés aux côtés du tapuscrit original et d’un manuscrit inédit signé de Jeannie Gobillard. 120 feuillets évoquent la genèse des fiançailles jusqu’au double mariage, dans lequel Jeannie Gobillard y décrit tout ce que Julie Manet n’a pas écrit: les déclarations chez M. Degas, la visite au cimetière de Passy et le rôle des Impressionnistes dans le dessein de leurs vies de femmes. Cet ouvrage fait l’objet d’une publication préfacée, annotée et illustrée de photos inédites, coéditée avec les éditions des Cendres. Au mur, des vues du Mesnil signée de son époux et de sa cousine Paule illustrent l’atmosphère bucolique et chaleureuse que Julie sut donner au château du Mesnil, autre patrimoine qu’elle tint de ses parents.

Julie Manet
Julie Manet. La mémoire impressionniste
Catalogue de l'exposition
Coédition musée Marmottan Monet / Éditions Hazan
Broché, 22×28,5 cm, 324 pages, 250 illustrations / Prix 45 euros
ISBN: 9782754112314
Ouvrage sous la direction de Marianne Mathieu, Historienne de l’art, Directeur scientifique du musée Marmottan Monet
Les auteurs : Marianne Mathieu, Dominique d’Arnoult, Docteure en histoire de l’art et Claire Gooden, attachée de conservation au musée Marmottan Monet
Le catalogue est édité en français et en anglais.
MUSÉE MARMOTTAN MONET 
Académie des Beaux-Arts
2 rue Louis-Boilly, 75016 Paris

15/09/19

Mondrian figuratif @ Musée Marmottan Monet, Paris

Mondrian figuratif
Musée Marmottan Monet, Paris
12 septembre 2019 - 26 janvier 2020


Piet Mondrian
PIET MONDRIAN
Dévotion, 1908
© Kunstmuseum Den Haag, The Hague, the Netherlands

La peinture figurative de Piet Mondrian (1872-1944) est longtemps restée méconnue. Pourtant, celui qui se distingue aujourd’hui comme le plus important collectionneur de l’artiste, Salomon Slijper (1884-1971) s’est passionné pour cet aspect longtemps oublié de son oeuvre. Ayant rencontré le maître aux Pays-Bas où il se réfugie pendant la Première Guerre mondiale, ce fils de diamantaire d’origine amstellodamoise réunit un ensemble unique de peintures et de dessins de l’artiste avec lequel il se lie d’amitié. Piet Mondrian procède lui-même à la sélection d’une suite représentative de sa production exécutée entre 1891 et 1918, enrichissant l’ensemble de quelques pièces abstraites ultérieures ; les majorités des acquisitions ayant lieu entre 1916 et 1920. Le soutien que Slijper apporte au peintre est de taille. Plus encore, il change sa vie. A une époque où Piet Mondrian ne parvient pas à vivre de son travail et fait des copies au Rijksmuseum pour joindre les deux bouts, les achats en nombre de son récent mécène lui ouvrent de nouvelles perspectives et lui permettent de financer son retour à Paris en juin 1919.

Piet Mondrian
PIET MONDRIAN
Moulin dans la clarté du soleil, 1908
© Kunstmuseum Den Haag, The Hague, the Netherlands

Le devenir de la collection de Salomon Slijper n’est pas sans rappeler l’héritage de Michel Monet qui est l’un des fleurons du musée Marmottan Monet. Comme le fils de l’impressionniste, Salomon Slijper est resté sans enfant. Comme ce dernier, Slijper a institué un musée – le Kunstmuseum de La Haye (anciennement Gemeentemuseum) – son légataire. Comme le fonds Monet présenté dans l’hôtel particulier de la rue Louis Boilly, la collection Slijper constitue le premier fonds mondial de l’oeuvre de l’artiste.

Musée de collectionneurs ayant vocation à apporter un éclairage sur le rôle des amateurs dans la vie des arts, le musée Marmottan Monet a noué un partenariat exceptionnel avec le Kunstmuseum de La Haye pour organiser une exposition totalement inédite rendant hommage à Salomon Slijper et au Mondrian figuratif à travers la présentation de peintures et de dessins majeurs provenant exclusivement de la collection de l’amateur. Dans cette exposition, ce sont près de soixante-dix Mondrian qui ornent les cimaises de l’institution parisienne. L’exposition se distingue par le nombre et la qualité des toiles estampillées chefs-d’oeuvre par le musée de La Haye. Des 67 Mondrian présentés, la moitié voyage pour la première fois à Paris. Les autres sont tout aussi rares : 12 % n’y ont pas séjourné depuis un demi-siècle, 20 % depuis près de 20 ans. Jamais vu à Paris depuis près d’une génération, l’accrochage crée en soi l’événement. Un événement unique à plus d’un titre puisque certaines pièces phares sont déplacées pour la dernière fois en raison de leur fragilité. C’est le cas de l’iconique Moulin dans la clarté du soleil (1908). L’exposition de Marmottan offre ainsi une ultime opportunité de le découvrir à Paris avant son interdiction définitive de prêt.

Composition N° IV (1914) est présenté en ouverture. Première oeuvre acquise par Salomon Slijper, elle est aussi l’une des exceptions jalonnant le parcours puisque purement abstraite. L’acquisition d’une peinture récente fut sans doute un pré requis pour mettre l’artiste en confiance. Piet Mondrian sera dès lors heureux de céder ses toiles « naturalistes » à Salomon Slijper qui s’impose sans délai comme son mécène le plus fidèle. Faisant pendant, un lièvre mort de 1891 souligne les liens qui unissent Piet Mondrian à la tradition hollandaise à travers le genre de la nature morte. Pièce la plus ancienne de l’exposition – le peintre n’a que 19 ans quand il la signe – elle ouvre le parcours qui suit : chronologique et à dominante figurative.

La première section regroupe des paysages peints entre 1898 et 1905. Ce sont des vues de la région du Gooi à l’est d’Amsterdam, où l’artiste et le mécène résident un temps et se fréquentent. Ces oeuvres qui décrivent des lieux connus des deux hommes illustrent les talents précoces de Piet Mondrian : dessinateur hors pair et maître du clair obscur. Les thèmes choisis tout autant que l’attention portée au rendu de l’atmosphère le rattache à l’école de La Haye. Il est encore un héritier des « classiques ». Pourtant, la rapidité de son évolution, son renouvellement ininterrompu frappent. Bien que le peintre se limite à quelques thèmes – le moulin, l’arbre, la ferme, la fleur et le portrait – aucune oeuvre ne se ressemble. Il se réinvente sans cesse. Ainsi, le parcours est-il placé sous le signe de la diversité, du contraste et de la surprise.

Considérant que « les couleurs de la nature ne peuvent être imitées sur la toile », Piet Mondrian aborde dès 1907 un tournant moderne privilégiant les aplats et les contrastes colorés poussés à l’extrême. Moulin dans le crépuscule (1907-1908) explore – à travers des registres aux tonalités franches : jaune, bleu, vert – une poétique de la peinture. Avec Bois près d’Oele (1908) l’artiste passe un nouveau cap. Lignes courbes, arabesques et couleurs irréelles confinent au mystique. Membre de l’association théosophique, Piet Mondrian se dépeint alors tel un illuminé. Trois autoportraits inédits le montrent à l’âge trente-six ans, cheveux longs, barbe noire et le regard pénétrant des êtres habités.

Dévotion (1908) témoigne par le biais du portrait d’enfant de la portée spirituelle de son oeuvre. Certaines des toiles les plus illustres du maître lui font face. Marquées par l’exemple des fauves et des divisionnistes Moulin dans le crépuscule, Dunes ou Arum (1908-1909) se font de plus en plus rayonnantes et vibrantes. Deux critères propres à définir la beauté d’une toile selon Piet Mondrian.

La spectaculaire église rose de Domburg (Clocher en Zélande, 1911) et le monumental Moulin rouge (1911) éclatant sur un fond bleu profond exaltent les couleurs pures vers 1911. La géométrisation des formes des deux monuments annonce l’abstraction. Au même moment, Piet Mondrian réinterprète d’ailleurs le cubisme de Braque et Picasso dont il adopte la palette ocre – gris comme le montrent Arbre gris (1911) et Paysage (1912).

Figuration et abstraction se font également face dans la section suivante. Trois exceptionnels grands formats représentant à l’huile et au fusain le moulin de Blaricum (1917) où réside Salomon Slijper et Ferme près de Duivendrecht (1916) reprenant un motif de jeunesse visible dans la première section tranchent avec trois toiles purement abstraites de 1914.

Terminant le parcours et en guise de conclusion, un autoportrait de Piet Mondrian posant devant une toile abstraite en damier (1918) fait face à une oeuvre du même genre : Composition avec grille 8 : composition en damier aux couleurs foncées (1919) que Salomon Slijper acquiert l’année de sa création. Les oeuvres se font écho autant qu’elles font contraste : les couleurs vives – rouges et bleus – étant réservées exclusivement à la peinture en damier tandis qu’un camaïeu de bruns suffit à la représentation « naturaliste » du peintre dans son atelier.

En épilogue, Composition, toile néoplasticiste de 1921 voisine avec six tableaux de fleurs exécutés entre 1918 et 1921 : chrysanthèmes, roses et arums. La juxtaposition de ces oeuvres achève de démontrer que l’évolution de Mondrian est plus complexe qu’il n’y paraît. Elle ne peut se définir comme un strict passage de la figuration à l’abstraction ou du noir à la couleur. Au contraire, le naturalisme reste et demeure une constante de l’oeuvre de Piet Mondrian, l’érigeant au rang – méconnu et pourtant essentiel – de grand maître de la peinture figurative du XXe siècle.

Commissariat de l'exposition : Marianne Mathieu, Directeur scientifique du musée Marmottan Monet.

MUSEE MARMOTTAN MONET
2 rue Louis-Boilly, 75016 Paris
www.marmottan.fr

02/12/17

Monet collectionneur au Musée Marmottan Monet, Paris

Monet collectionneur : Chefs-d'oeuvre de sa collection privée
Musée Marmottan Monet, Paris

14 septembre 2017 - 14 janvier 2018


PIERRE-AUGUSTE RENOIR Jeune fille au bain, 1892
Huile sur toile – 81,3 x 64,8 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
© New York, The Metropolitan Museum of Art

Claude Monet, le plus célèbre des impressionnistes, fut aussi le plus secret des collectionneurs. A l’exception de ses estampes japonaises, on ignore les chefs-d’oeuvre qu’il a réunis tout au long de sa vie. Ils constituent pourtant le panthéon artistique et sentimental du maître de Giverny. Pour la première fois, le musée Marmottan Monet lève le voile sur cette passion privée et organise une exposition inédite intitulée « Monet collectionneur ».

Légataire universel du fils du peintre, dépositaire du premier fonds mondial d’oeuvres de Claude Monet ainsi que de certaines oeuvres de ses amis, le musée Marmottan Monet a entrepris de reconstituer la collection personnelle du chef de file de l’impressionnisme. En partie dispersée à sa mort et tombée depuis dans l’oubli, il aura fallu mener une étude approfondie – digne d’une enquête policière – pour reconstituer cet ensemble disparu et établir la date et les circonstances dans lesquelles peintures, dessins, sculptures entrèrent à Giverny.

L’exposition présente une centaine d’oeuvres provenant du musée Marmottan Monet, mais aussi des Etats-Unis, d’Amérique Latine, du Japon et d’Europe. Le Moma, Le Metropolitan Museum de New York, la National Gallery de Washington, les musées de Houston, de San Francisco, de Saint-Louis, le Musée de Sao Paulo, le Musée National d’art occidental et le Sompo Museum à Tokyo, Le Staatsgalerie de Stuttgart, le musée de Langmatt à Baden, le musée d’Orsay et le musée Rodin à Paris ainsi que plusieurs collections particulières ont prêté certains de leurs fleurons. On retrouve Delacroix, Corot, Boudin, Jongkind, Manet, Renoir, Caillebotte, Cézanne, Morisot, Pissarro, Rodin, Signac et Toulouse-Lautrec. Au-delà de ses grands noms, Monet nous fait découvrir d’autres talents : Paul Baudry, Carolus-Duran, Jules Chéret, Henri Fantin-Latour, Jean-Louis Forain, Constantin Guys, Jean-Jacques Henner, Charles Lhullier, Georges Manzana et Lucien Pissarro (deux des fils de Camille Pissarro), Gilbert de Séverac.


PIERRE-AUGUSTE RENOIR
Madame Monet et son fils, 1874
Huile sur toile, 50,4 x 68 cm
© Washington, National Gallery of Art, collection Ailsa Mellon Bruce
© Courtesy National Gallery of Art, Washington

Le parcours retrace l’histoire inconnue de la collection et les différentes phases de sa constitution. Durant sa jeunesse, Monet, sans le sou, ne peut acquérir d’oeuvre d’art. Les peintures qu’il réunit sont avant tout des cadeaux : des portraits de lui et de sa première épouse, Camille peints par ses proches durant leurs années de compagnonnage. Une imposante toile de Manet représentant le couple dans le bateau-atelier connu sous le titre Monet peignant dans son atelier (Stuttgart, Staatsgalerie) est au coeur de cette section qui compte de nombreuses toiles de Renoir dont Madame Monet et son fils au jardin (National Gallery, Washington). Vient ensuite le temps des échanges et de la reconnaissance mutuelle. A Rodin, Monet offre une toile de Belle-Ile contre un bronze : Jeune mère à la grotte (Musée Marmottan Monet). Le peintre possède également deux plâtres dont Bacchantes s’enlaçant dédicacée sur la base : « Au grand maître C. Monet, son ami Rodin » (collection particulière), l’une des découvertes de l’exposition, présentée pour la première fois au public. Dans cette section, sont également montrées les oeuvres de Caillebotte et de Berthe Morisot. Si certaines sont offertes par leur auteur de leur vivant au maître d’autres tels Chrysanthèmes de Caillebotte (Paris, musée Marmottan Monet) et de Julie et Laërte de Berthe Morisot (Paris, musée Marmottan Monet) sont reçues par le peintre en souvenir de ses amis défunts. Dorénavant Monet porte le plus grand intérêt aux oeuvres qui enrichissent sa collection. Il les sélectionne avec attention. C’est le cas de Paysannes plantant des rames (Sheffield Museum) de Pissarro que son auteur destinait aux musées nationaux et que Monet choisit en remerciement de l’aide apportée à son ami pour l’achat de sa maison.

A partir des années 1890, la situation financière de Claude Monet s’améliore. L’artiste achète de nombreuses oeuvres d’art. C’est le moment où il acquiert des souvenirs de ses prédécesseurs : aquarelles, pastels, dessins et peintures parmi lesquelles il faut citer Corot « Ariccia, Palais Chigi » (musée Langmatt) et « Rue en Avignon » de Jongkind (Paris, musée Marmottan Monet). Monet se fournit auprès des marchands de Renoir et de Cézanne qui sont les deux artistes les mieux représentés de sa collection. Il débourse d’importantes sommes pour Baigneuse assise (Metroplitan Museum, New York) et Mosquée. Fête arabe (musée d’Orsay, Paris) de Renoir. Parmi les nombreux Cézanne qu’il emporte, citons l’un de ses plus grands chefs-d’oeuvre : Le Nègre Scipion (Museu de Arte, São Paulo) exceptionnellement prêté pour l’exposition.

A partir de 1892, Claude Monet acquiert également plusieurs portraits de la famille de sa seconde épouse, Alice Hoschedé. Les effigies de sa femme, de ses beaux-enfants et de leur père, Ernest Hoschedé leurs sont offerts. Un portrait de son beau-fils Jacques Hoschedé enfant peint par Manet en 1876 et intitulé Garçon dans les fleurs (Tokyo, Musée National d’art occidental), est quant à lui au coeur d’une bataille judiciaire qui déchire la famille au lendemain de la mort d’Alice et révèle un aspect tout à fait inconnu de sa vie de Monet.

Une large sélection d’estampes japonaises provenant de la maison de Giverny rend hommage à l’aspect le mieux connu de la collection de Claude Monet. Considérée comme ayant peu de valeur à la mort du peintre comme c’est aussi le cas des Nymphéas exposés dans leur continuité, ces oeuvres restent dans la demeure du peintre pendant de nombreuses années tandis que les Corot, Cézanne, Manet et autre Renoir sont vendus à grand prix par le fils du peintre, Michel, dès 1927. Pour la première fois depuis lors, la collection dispersée de Claude Monet renait en son musée, le musée Marmottan Monet.

Commissariat de l'exposition :
Marianne Mathieu, Adjointe au directeur, Chargée des collections du musée Marmottan Monet
Dominique Lobstein, Historien de l'art

Musée Marmottan Monet
2, rue Louis-Boilly - 75016 Paris
www.marmottan.fr

21/09/16

Hodler Monet Munch @ Musée Marmottan Monet, Paris : Peindre l'impossible

Hodler Monet Munch. Peindre l’impossible
Musée Marmottan Monet, Paris

Jusqu'au 22 janvier 2017


Ferdinand Hodler
Ferdinand Hodler
La Femme courageuse, 1886
Huile sur toile, 98,9 x 171 cm
Bâle, Kunstmuseum
© Kunstmuseum Basel, Martin P. Bühler

 

Ferdinand Hodler
Le Lac de Thoune et la chaîne du Stockhorn, 1904
Huile sur toile, 71 x 105 cm
Collection Christoph Blocher

Pourquoi réunir le temps d’une exposition Ferdinand Hodler, Claude Monet et Edvard Munch ? Un Français né en 1840 et mort en 1926, un Suisse né en 1853 et mort en 1918 et un Norvégien né en 1863 et mort en 1944 : la composition du trio peut paraître étrange. Ils ne se sont même pas rencontrés, et, s’il ne fait aucun doute qu’Hodler et Munch ont souvent regardé Monet, la réciproque n’est  pas démontrée. Circonstance aggravante : l’histoire de l’art a pris l’habitude de les classer dans des catégories différentes, impressionnisme, postimpressionnisme ou symbolisme. Or c’est ce classement que cette exposition se propose de remettre en cause en montrant que leurs oeuvres ont bien plus à se dire entre elles qu’on ne le croirait.


Claude Monet
Claude Monet
Impression, soleil levant, 1872
Paris, Musée Marmottan Monet
© Christian Baraja


Claude Monet
Claude Monet
La Débâcle à Vétheuil, 1880
Huile sur toile, 60 x 100 cm
Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza
© Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid

Une évidence historique d’abord : ces peintres sont des contemporains, bien qu’ils appartiennent à des générations différentes. Ils vivent dans le même monde en cours de mutation, l’Europe d’avant et d’après la Première Guerre Mondiale. Ils en éprouvent les mutations techniques, politiques et sociales. Celles-ci affectent leur mode de vie et leurs pratiques artistiques. Ainsi tous trois sont-ils  des voyageurs et découvrent des lieux et des motifs auxquels, un demi-siècle plus tôt, ils n’auraient pu accéder. Monet se rend en Norvège, Hodler monte jusqu’aux glaciers alpins, Munch va et vient du nord au sud de l’Europe. Ainsi sont-ils aussi les contemporains du développement accéléré des sciences physiques et naturelles qui procèdent par expérimentations et séries – modèles que  tous trois, à des degrés divers, introduisent dans leur processus créatif.

Edvard Munch
Edvard Munch
La Pluie, 1902
Huile sur toile, 86,5 x 115,5 cm
Oslo, Nasjonalmuseet for kunst, arkitektur og design / Photo © Børre Høstland


Edward Munch
Edvard Munch
Le Soleil, 1912
Huile sur toile, 123 x 176,5 cm
Oslo, Munchmuseet
Photo © Munch Museum

Ces expérimentations, ces séries, c’est-à-dire une conception méthodique, tous trois la mettent en oeuvre pour affronter les difficultés de la représentation de motifs qui, en raison même de leurs particularités, deviennent pour eux des obsessions. « J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond… c’est admirable à voir, mais c’est à rendre  fou de vouloir faire ça. » Ces mots sont de Monet, mais ils pourraient être ceux du peintre qui, jusqu’à sa mort, s’obstine à étudier l’horizon des Alpes depuis sa fenêtre, de l’aube au crépuscule – Hodler. Ou de celui qui, insatisfait, revient jusqu’à la dépression sur les mêmes motifs, une maison rouge, des marins dans la neige, le couchant regardé en face, la nuit boréale – Munch. Comment  peindre de face l’éclat éblouissant du soleil, avec de simples couleurs à l’huile sur une simple toile ? Comment peindre la neige dont l’éclat et la blancheur ne cessent de varier à la moindre nuance de la lumière ? Comment suggérer les mouvements et variations de la lumière sur l’eau, malgré l’immobilité de la peinture ? Tous trois mettent ainsi la peinture à l’épreuve de l’impossible.

L’exposition les suit pas à pas dans ces recherches en comparant sans cesse leurs tentatives, en organisant des confrontations visuelles entre les trois artistes dans un espace repensé pour l’occasion afin d’accueillir une vingtaine d’oeuvre de chacun. Les sujets, c’est-à-dire les problèmes : haute montagne, soleil, neige, eau vive. Le parcours les réunit une dernière fois sous le signe de la  couleur dégagée du devoir d’imitation, jusqu’à leurs oeuvres ultimes, elliptiques et libres – si libres qu’elles n’ont guère été comprises de leurs contemporains. Grâce à partenariat exceptionnel entre le Munchmuseet d’Oslo et musée Marmottan Monet, elle présente des oeuvres du peintre norvégien qui, pour certaines, n’ont jamais été vues à Paris. La générosité de plusieurs collections privées  suisses permet d’y réunir un ensemble Hodler non moins exceptionnel, que ce soit par sa qualité ou sa rareté.

Commissaire de l'exposition : Philippe Dagen

MUSEE MARMOTTAN MONET
www.marmottan.fr

12/01/15

La toilette, la naissance de l'intime, Musée Marmottan Monet, Paris

La toilette, la naissance de l'intime 
Musée Marmottan Monet, Paris 
12 février - 5 juillet 2015 

Henri de Toulouse Lautrec, "La toilette : Madame Favre (femme se faisant les mains)", 1891 
Peinture à l’essence sur carton, 72 x 76 cm, Suisse, Collection Nahmad 

© Suisse, Collection Nahmad / Raphaël Barithel

Après avoir célébré les quatre-vingts ans de l’ouverture du musée au public à travers les deux expositions temporaires « Les Impressionnistes en privé » et « Impression, soleil levant », le musée Marmottan Monet présente du 12 février au 5 juillet 2015 la première exposition jamais dédiée au thème de La Toilette et à La Naissance de l’Intime.

L’exposition réunit des œuvres d’artistes majeurs du XVe siècle à aujourd’hui, concernant les rites de la propreté, leurs espaces et leurs gestuelles.

C’est la première fois qu’un tel sujet, unique et incontournable, est présenté sous forme d’exposition. Dans ces œuvres qui reflètent des pratiques quotidiennes qu’on pourrait croire banales, le public découvrira des plaisirs et des surprises d’une profondeur peu attendue.

Des musées prestigieux et des collections internationales se sont associés avec enthousiasme à cette entreprise et ont consenti des prêts majeurs, parmi lesquels des suites de peintures qui n’avaient jamais été montrées depuis leur création.

Une centaine de tableaux, des sculptures, des estampes, des photographies et des images animées (« chronophotographies ») permettent de proposer un parcours d’exception.

François Boucher, "L’Œil indiscret" ou "La Femme qui pisse", 1742 ? Ou années 1760 ? 
Huile sur toile, 52,5 x 42 cm, Collection particulière 
© Christian Baraja 

François Boucher, "Une Dame à sa toilette", 1738 
Huile sur toile, 86 x 76 cm, Collection particulière 
© Image courtesy of P & D Colnaghi & Co, Ltd, London 

L’exposition s’ouvre sur un ensemble exceptionnel de gravures de Dürer, de Primatice, de peintures de l’Ecole de Fontainebleau, parmi lesquels un Clouet, l’exceptionnelle Femme à la puce de Georges de La Tour, un ensemble unique et étonnant de François Boucher, montrant l’invention de gestes et de lieux spécifiques de toilette dans l’Europe d’Ancien Régime.

Edgar Degas, "Après le bain, femme nue couchée", 1885-1890 
Pastel sur papier, 48,3 x 82,3 cm, Suisse, Collection Nahmad
© Suisse, Collection Nahmad / Raphaël Barithel 

Dans la deuxième partie de l’exposition, le visiteur découvrira qu’avec le XIXe siècle s’affirme un renouvellement en profondeur des outils et des modes de la propreté. L’apparition du cabinet de toilette, celle d’un usage plus diversifié et abondant de l’eau inspirent à Manet, à Berthe Morisot, à Edgar Degas, à Toulouse Lautrec et encore à d’autres artistes, et non des moindres, des scènes inédites de femmes se débarbouillant dans un tub ou une cuve de fortune. Les gestuelles sont bouleversées, l’espace est définitivement clos et livré à une totale intimité, une forme d’entretien entre soi et soi se lit dans ces œuvres, d’où se dégage une profonde impression d’intimité et de modernité.

Natalino Bentivoglio Scarpa, dit Cagnaccio di San Pietro, "Femme au miroir", 1927 
Huile sur toile, 80 x 59,5 cm, Vérone, collezione della Fondazione Cariverona 
© collezione della Fondazione Cariverona, Italy 


Bettina Rheims, "Karen Mulder with a very small Chanel bra, janvier 1996, Paris", 1996 
C-print, 120 x 120 cm, Signé au dos sur le cartel, Paris, collection de l’artiste, 
© Bettina Rheims copyright Studio Bettina Rheims  

La dernière partie de l’exposition livre au visiteur l’image à la fois familière et déconcertante de salles de bains modernes et « fonctionnelles » qui sont aussi, avec Pierre Bonnard, des espaces où il est permis, à l’écart du regard des autres et du bruit de la ville, de s’abandonner et de rêver.

Commissaires de l’exposition : Nadeije Laneyrie-Dagen, historienne de l’art et Georges Vigarello, historien.

Musée Marmottan Monet 

02/01/15

Impression, soleil levant, l'histoire vraie du chef d'oeuvre de Claude Monet

Impression, soleil levant, l'histoire vraie du chef d'oeuvre de Claude Monet
Musée Marmottan Monet, Paris 
Jusqu'au 18 janvier 2015 

Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872 
Huile sur toile - 50 x 65 cm - Musée Marmottan Monet, Paris 

© Christian Baraja - Ancienne collection Ernest Hoschedé - Ancienne collection Georges de Bellio

Impression, soleil levant, la toile qui a donné son nom à l’impressionnisme et qui est le fleuron des collections du musée Marmottan Monet, est l’une des peintures les plus célèbres au monde. Cette œuvre n’a pourtant pas fait l’objet d’une étude approfondie jusqu’à ce jour. Au contraire, depuis près de quarante ans, le mystère semble grandir autour du chef-d’œuvre : que représente véritablement le tableau ? Un soleil levant ou un soleil couchant ? Quand fut-il peint ? En 1872 ou en 1873 ? Qu’est-il advenu du tableau à l’issue de la première exposition impressionniste ? Pourquoi a-t-il rejoint, en 1940, les collections du musée Marmottan, un établissement initialement dédié à l’Empire et qui n’abritait alors aucune peinture impressionniste ? Pourquoi à cette date ? Dans quelles circonstances ? Le musée Marmottan Monet répond à ces questions dans cette exposition.

Cette vue du port Havre dans les brumes, signée et datée en bas gauche « Claude Monet 72 », est exposée pour la première fois en 1874 dans les anciens ateliers de Nadar qui accueillent l’exposition de la Société anonyme des peintures, sculpteurs, graveurs. Désignée au livret sous le titre Impression, soleil levant, elle inspire au critique Louis Leroy, du journal satirique Le Charivari, le terme « impressionniste » qui désignera par la suite le groupe d’artistes réuni autour de Monet. Si le terme se diffuse rapidement, l’œuvre et son histoire sont peu à peu oubliées. En mai 1874, le collectionneur Ernest Hoschedé l’acquiert pour 800 francs. Le tableau est revendu quatre ans plus tard, 210 francs dans l’indifférence générale et sous le titre Impression, soleil couchant. Son propriétaire, le docteur Georges de Bellio, le lègue à sa fille Victorine, qui en fait don au musée Marmottan en 1940. Entre 1940 et 1959, l’œuvre apparaît encore dans les inventaires de l’institution – comme dans de nombreux ouvrages – sous le titre Impression ou Impression, soleil couchant. Elle n’y prend le titre d’Impression, soleil levant qu’en 1965. Dix ans plus tard, l’auteur du catalogue raisonné de l’œuvre de Monet, Daniel Wildenstein - faute de documents biographiques retraçant la vie de Monet en 1872, date l’œuvre du printemps 1873, date avérée d’un séjour de Monet en Normandie.

Dans le cadre du 80e anniversaire de l’ouverture du musée Marmottan au public et à l’occasion du 140e anniversaire de la première exposition d’Impression, soleil levant, le musée Marmottan Monet a décidé d’ouvrir l’enquête et d’organiser, du 18 septembre 2014 au 18 janvier 2015, la première exposition jamais dédiée à l’œuvre fondatrice de l’impressionnisme.

Autour d’Impression, soleil levant, l’exposition présente une sélection rigoureuse de vingt-six œuvres de Claude Monet, trente-cinq œuvres d’Eugène Delacroix, Gustave Courbet, Eugène Boudin, Johan Barthold Jongkind, William Turner, Berthe Morisot, Alfred Stevens, Auguste Renoir, Camille Pissarro, Alfred Sisley, des photographies anciennes par Gustave Le Gray, Emile Letellier, ainsi qu’une quarantaine des documents d’époque dont beaucoup sont inédits. Les œuvres proviennent des plus grands musées français (Musée d’Orsay, Paris ; Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Paris ; Musée d’art moderne André Malraux, Le Havre ; Musée des Beaux-Arts de Lille, Musée des Beaux-Arts de Nancy...) et étrangers (National Gallery, Londres ; The Philadelphia Museum of Art, Philadelphie ; Städelsches Kunstinstitut, Francfort- sur-le-Main ; National Museum Wales, Cardiff) et de collections particulières. La bibliothèque nationale, la bibliothèque historique de la ville de Paris, les archives de Paris, la bibliothèque et les archives du Havre se sont également activement associées au projet.

L’exposition retrace l’histoire du tableau. Delacroix, Courbet, Boudin, Jongkind ouvrent le parcours avec une série de marines, de soleils levant et de soleils couchant peints avant 1872. Turner, que Monet découvre à Londres en 1870-71, vient ensuite et permet de mieux appréhender la formation et l’œuvre de Monet au début des années 1870 et la genèse d’Impression, soleil levant. Impression, soleil levant est présenté dans la section suivante qui regroupe un ensemble unique de vues du port du Havre. Citons, le prêt exceptionnel par une collection particulière américaine de l’Avant port du Havre, effet de nuit de Monet, un rarissime nocturne peint à la même date qu’Impression, soleil levant. Les peintures et les documents exposés dans cette section (photographies, plans et documents anciens) ont permis de mener la première étude iconographique d’Impression, soleil levant. Cette approche, conduite par des équipes française et américaine, s’est appuyée sur des données topographiques, météorologiques et astronomiques. Elle a non seulement permis de confirmer quel moment Monet a choisi de peindre : un soleil levant ou un soleil couchant, mais aussi de proposer une datation affinée de l’oeuvre, c’est-à-dire à l’année, au mois et au jour près.

Le parcours se poursuit avec la première exposition impressionniste évoquée à travers deux chefs d’œuvre de Monet présentés aux côtés d’Impression, soleil levant en 1874 : Le Déjeuner (Städel Museum, Francfort-sur-Main) une toile de 232 x 151 cm et Le Boulevard des Capucines (Nelson Atkins Museum, Kansas City). Le livret de l’exposition et l’original du Charivari sont également présentés. Dix-neuf peintures issues des deux seules collections où figura Impression, soleil levant : celle d’Ernest Hoschedé et celle Georges de Bellio continuent le parcours. Chaque œuvre est commentée et resituée par rapport à l’œuvre fondatrice de l’impressionnisme. Des documents rares dont de nombreux inédits illustrent également le propos. Il apparaît ainsi qu’Impression, soleil levant loin d’occuper une place centrale au sein de ces collections fut longtemps oublié et sous estimé. 

La dernière partie du parcours révèle une page tout à fait inconnue de l’histoire d’Impression, soleil levant. Les recherches menées à l’occasion de l’exposition on permis de retracer les circonstances de l’entrée du tableau dans les collections du musée Marmottan. Le dépôt de l’œuvre au musée le 1er septembre 1939 pour «risque de guerre», son évacuation à Chambord avec les collections du Louvre où elle est entreposée à l’insu de tous durant six ans, son don au musée Marmottan décidé le 23 mai 1940, quelques jours seulement après le passage des Ardennes par l’armée allemande le 10 mai et le début de l’occupation allemande. L’exposition se termine autour de Soleil couchant sur la Seine à Lavacourt (Paris, Petit Palais) qui illustre la pérennité du thème chez Monet et présente les premiers ouvrages de l’après guerre qui érigèrent Impression, soleil levant au rang d’œuvre fondatrice de l’impressionnisme. 

Commissariat de l’exposition : Marianne Mathieu, adjointe au directeur en charge des collections du musée Marmottan Monet Dominique Lobstein, historien de l’art.

Musée Marmottan Monet, Paris

04/01/14

Les Impressionnistes en privé, Musée Marmottan Monet, Paris : Cent chefs-d'oeuvre de collections particulières

Les Impressionnistes en privé. Cent chefs-d'oeuvre de collections particulières 
Musée Marmottan Monet, Paris
13 février - 6 juillet 2014 

Ouvert pour la première fois au public en 1934, le musée Marmottan Monet célèbrera son quatre-vingtième anniversaire en 2014. En moins d’un siècle, le musée a bénéficié de legs et de donations d’une envergure sans égale faisant de lui le dépositaire du premier fonds mondial d’œuvres de Claude Monet et de Berthe Morisot. Sans la générosité des collectionneurs et des descendants d’artistes, il ne serait pas devenu un haut lieu de l’impressionnisme. Conscient de cet héritage, le musée souhaite débuter les cérémonies de son anniversaire en rendant hommage aux collections privées.

Berthe Morisot
Berthe MORISOT 
Le Piano, 1888 
Collection particulière

Le musée Marmottan Monet présente ainsi du 13 février au 6 juillet 2014 une exposition intitulée : Les Impressionnistes en privé. Cent chefs-d'oeuvre de collections particulières, réunissant exclusivement des œuvres en provenance de collections particulières. L’historienne de l’art, Claire Durand-Ruel Snollaerts et Marianne Mathieu, adjointe au directeur du musée Marmottan Monet chargée des collections, assurent le commissariat de cette exposition.

Cinquante prêteurs se sont associés avec enthousiasme à ce projet et ont accordé des prêts en provenance de France, des Etats-Unis, du Mexique, de Suisse, de Grande-Bretagne et d’Italie. Cette exposition offre l’opportunité unique au public de découvrir des tableaux pour la plupart jamais vus. Une centaine de chefs-d’œuvre impressionnistes constituent un ensemble d’exception. Quatre-vingt peintures et une vingtaine d’œuvres graphiques par Jean-Baptiste-Camille Corot, Eugène Boudin, Johan Barthold Jongkind, Edouard Manet, Frédéric Bazille, Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Edgar Degas, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Gustave Caillebotte, Berthe Morisot, Armand Guillaumin, Paul Cézanne, Mary Cassatt, Eva Gonzalès et Auguste Rodin permettent de retracer une histoire de l’impressionnisme à travers des œuvres inédites. 

Armand Guillaumin
Armand GUILLAUMIN 
Quai de la Rapée, 1873 
Collection particulière

Le parcours de l’exposition présente d’abord les prémices de l’impressionnisme. Il continue avec son éclosion vers 1874, puis avec les années 1880-1890 quand le groupe des impressionnistes se disloque pour laisser place au génie créatif de chacun de ses membres. Enfin, l’œuvre ultime de maîtres tels Pierre-Auguste Renoir, Camille Pissarro, Alfred Sisley et Claude Monet, qui, par bien des égards se situe au-delà de l’impressionnisme, ouvre une fenêtre sur l’art moderne et clôt la manifestation.  

L’accrochage, chronologique, commence par des paysages de Jean-Baptiste-Camille Corot, Johan Barthold Jongkind et Eugène Boudin, dont, de ce dernier, La Plage de Bénerville, d’un format hors du commun.  Le Bar aux Folies Bergères d’Édouard Manet d’une part, et La Terrasse à Méric de Frédéric Bazille d’autre part concluent cette première partie. Chaque impressionniste est ensuite représenté à travers une dizaine de peintures couvrant l’ensemble de sa carrière. 

Edgar Degas
Edgar DEGAS 
Mary Cassat au Louvre, 1879-1880 
Collection particulière

Sur les planches de Trouville, hôtel des Roches Noires de Claude Monet (1870), en passant par cette jeune inconnue portraiturée par Berthe Morisot en 1871,  une Meule de Camille Pissarro (1873)  ou Le Jardin de Maubuisson de Paul Cézanne (c. 1874), sont quelques exemples éblouissants de la section dévolue aux années 1870. 

Le Tournant du Loing à Moret d’Alfred Sisley (1886), Les Jeunes filles au bord de la mer d’Auguste Renoir (vers 1890), le double portrait de Pagans et le père de l’artiste d’Edgar Degas (vers 1895) ou Les Dahlias, le jardin du Petit-Gennevilliers de Gustave Caillebotte (1893), sont en revanche des travaux typiques de la fin du XIXème siècle. 

Auguste Renoir
Pierre-Auguste RENOIR 
Le chapeau épinglé, première planche, 1897 
Collection particulière

Paul CEZANNE 
Les grands baigneurs, Vers 1896-1898 
Collection particulière

A côté de ces toiles, l’exposition dévoile deux exceptionnelles sculptures, La Petite danseuse de 14 ans par Edgar Degas et Le Penseur, en terre cuite, d’Auguste Rodin, représentatifs d’une sélection digne des plus grands musées.

Cette exposition, unique et incontournable, témoigne de la présence et de l’engouement toujours vifs des maîtres impressionnistes au sein des collections privées.

MUSEE MARMOTTAN MONET 
2 rue Louis-Boilly - 75016 Paris
www.marmottan.fr