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24/12/21

Anselm Kiefer @ Grand Palais Éphémère, Paris - Exposition Anselm Kiefer Pour Paul Celan

Anselm Kiefer Pour Paul Celan 
Grand Palais Éphémère, Paris 
17 décembre 2021 - 11 janvier 2022 

Anselm Kiefer
Anselm Kiefer Pour Paul Celan
Affiche de l'exposition
Für Paul Celan das Geheimnis der Farne
© Anselm Kiefer
Photo : Georges Poncet
Conception graphique : Atelier Pierre Pierre
© Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 2021

Quinze ans après avoir inauguré la série des Monumenta au Grand Palais en 2007, Anselm Kiefer est le premier plasticien à investir l’intégralité de l’espace du Grand Palais Éphémère, à l’invitation de la Rmn – Grand Palais pour un projet inédit.

Avec Pour Paul Celan, Anselm Kiefer poursuit son travail sur la mémoire européenne dont la France et l’Allemagne sont les grands acteurs. Dans cette exposition des sculptures, installations, et 19 toiles de grand format interagissent avec la poésie inapaisée du grand poète de langue allemande, Paul Celan.

L’oeuvre de Paul Celan a sans cesse été présent dans les peintures d’Anselm Kiefer, depuis l’adolescence et la découverte du poème « Todesfuge » (« Fugue de mort »), et se poursuit jusqu’à aujourd’hui avec ce nouvel ensemble de peintures. Ce dialogue se densifie au cours des dernières années et notamment en 2020 à la faveur de la période d’isolement du confinement.

Dans les extraits de son journal rédigés pendant la préparation de l’exposition au Grand Palais Éphémère, Anselm Kiefer écrit :
Celan ne se contente pas de contempler le néant, il l’a expérimenté, vécu, traversé.

(...)

la langue de paul celan vient de si loin, d’un autre monde auquel nous n’avons pas encore été confrontés, elle nous parvient comme celle d’un extraterrestre. nous avons du mal à la comprendre. nous en saisissons ça et là un fragment. nous nous y accrochons sans jamais pouvoir cerner l’ensemble. j’ai humblement essayé, pendant soixante ans. désormais, j’écris cette langue sur des toiles, une entreprise à laquelle on s’adonne comme à un rite.

(...)

l’exposition au grand palais : comment mettre celan dans une salle construite pour des olympiades ? n’est-ce pas une entreprise impossible, blasphématoire ? tes grands tableaux dans lesquels tu cites celan : n’est-ce pas comme si tu placardais celan sur des colonnes morris ? ne devrais-tu pas mettre le feu aux tableaux, les brûler en public ?
Selon le penseur et cinéaste Alexander Kluge, les tableaux d’Anselm Kiefer font vivre les vers de Celan, qu’ils commentent, et en retour les vers du poète donnent vie aux peintures. Ici les disciplines artistiques s’emparent des conflits de l’histoire, même si, toujours selon Alexander Kluge, « un Bauhaus pour la prévention de la guerre, » ça n’existe pas.

Cette exposition se déroule au moment où la France prend la présidence de l’Union européenne. Elle en est une forme de prologue, comme si, selon les mots d’Anselm Kiefer, « Madame de Staël s’adressait à l’Allemagne ». Les peintures de Pour Paul Celan sont posées dans l’espace dénué de scénographie classique et de cimaises, sans chronologie, comme les mémoires non traitées de notre existence humaine.

Le Grand Palais Éphémère, espace monumental de 10.000m2 conçu par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, est l’environnement vivant de cette installation. L’Ecole Militaire ainsi que les bâtiments modernes de l’UNESCO au Sud, feront écho aux leitmotivs qui hantent l’oeuvre de l’artiste : l’histoire politique de l’Europe traversé e par ses conflits.

Un catalogue de l’exposition accompagne le projet, rassemblant des textes du philosophe Emanuele Coccia, de l’artiste Edmund de Waal, du cinéaste Alexander Kluge et du conservateur Ulrich Wilmes ainsi que des extraits du journal d’Anselm Kiefer.

Commissariat : Chris Dercon, Président de la Rmn – Grand Palais

GRAND PALAIS EPHEMERE
2 Place Joffre, 75007 Paris

10/12/20

Diana Velásquez, Grand Palais, Paris - Installation L'attente sur la Façade du Grand Palais

Diana Velásquez, L'attente
Installation - Façade du Grand Palais, Paris
9 décembre 2020 - 24 février 2021

Diana Velásquez
DIANA VELASQUEZ
L’attente 
© Diana Velásquez

“-Been waiting long?
-All my life.”
(Once upon a time in America)
Le Grand Palais a invité l’artiste colombienne Diana Velásquez à présenter son oeuvre « L’attente » composée de 10 toiles de 5m de haut par 2m de large, directement sur les colonnes de la façade du Grand Palais, avenue Winston Churchill. Profitant de l’espace entre chaque colonne, l’artiste met en scène une file de personnes âgées qui attendent, chacune à distance de celle qui la précède. 
« Cette oeuvre cherche à faire réfléchir à quel point la pandémie a mis en lumière la précarité dans laquelle nous nous trouvons tous, mais qui atteint d’abord les plus faibles.
Martin Luther King disait « Il est possible que nous soyons tous arrivés dans des embarcations différentes, mais maintenant nous sommes tous dans le même bateau ». Ce projet veut remettre en mémoire certains des passagers de notre bateau, les personnes âgées, et l’attente qu’ils affrontent au milieu d’une grande incertitude, et dans beaucoup de cas, d’une grande solitude. », Diana Velásquez.
Après l’intervention de Sammy Baloji avec ses deux sculptures monumentales dans le cadre d’Africa 2020, et celle de Nayel Zeaiter avec une fresque qui raconte l’histoire du Grand palais sur la palissade de chantier, l’installation de Diana Velásquez permet à ce monument républicain de faire écho aux questions les plus urgentes, les plus contemporaines, préfigurant ainsi l’ambition artistique du nouveau Grand Palais, avec des créations qui se déploieront à l’intérieur comme à l’extérieur.
« Le Grand palais ne doit pas se laisser enfermer dans le passé. Il est important de transmettre l’histoire mais il faut aussi résolument se tourner vers les générations futures et les questions qu’elles portent, qui sont aujourd’hui globales. Le travail sur l’héritage colonial de Sammy Baloji, celui sur l’attente de Diana Velásquez, nous parlent des crises sociales partout dans le monde. Après Bogota, puis Gijón en Espagne, l’oeuvre de Diana est mise à l’échelle d’un monument qui devient lui-même récit, comme l’avaient voulu ses créateurs en l’ornant de fresques et de sculptures. », Chris Dercon.
Diana Velásquez est née en 1978 à Bogota. Elle vit et travaille aujourd’hui à Madrid, après avoir étudié les arts plastiques en Colombie et à New-York. Ses oeuvres qui utilisent différents média, interrogent la réalité des efforts qui sont faits pour atteindre le bien commun, et notamment la profonde fracture du consensus social et la montée d’une démagogie qui cherche à édulcorer les tensions plutôt qu’à les apaiser. Elles narrent les mésaventures de ce qu’on appelle le progrès.
« Attendre et faire la queue, sont des phénomènes qui sont allés s’amplifiant au fur et à mesure que le bien-être des citoyens s’est trouvé remis en cause. Les longues files d’attente montrent les difficultés de la société pour faire face aux problématiques sociales, économiques, sanitaires : ce sont des horloges arrêtées à l’intérieur desquelles sont lancées, non seulement les efforts concrets de ceux qui attendent, mais aussi leurs aspirations, leurs angoisses, leurs désirs.

Malheureusement, l’attente ne se définit pas comme le temps que prend la solution pour arriver, mais plutôt comme une frontière indéterminée qui nous sépare de l’aboutissement heureux que nous espérons.
La société contemporaine s’est habituée à attendre et à faire des queues, longues parfois de plusieurs jours, pour accéder non pas à des services, ou à une démarche administrative, mais simplement pour manger ou acheter à manger, pour fuir de la guerre, demander asile, ou d’autres nécessités qui conditionnent la survie de l’individu. L’attente met à l’épreuve notre résistance, c’est un mécanisme qui inévitablement se met en place dès qu’il y a une impossibilité d’être proactif dans la situation.

La pandémie actuelle a constitué une rupture dans notre condition et notre bien-être. La population entière, sans distinction de race ou d’âge, a été mise en échec, car rien ne permettait d’esquiver.
Nous avons dû attendre des informations, des nouvelles, des avancées, des mesures, des politiques, et maintenant un vaccin. Nous avons dû attendre, confinés, c’est-à-dire sans possibilité de faire, ni d’interagir au-delà de notre groupe nucléaire.
Nous avons et continuons d’avoir une attente consciente que le nouvel ordre ne nous fasse pas disparaitre. »
Diana Velásquez
Le travail de Diana Velásquez a été sélectionné en 2013 par les Circuitos de Artes Plásticas de Madrid (2013)- l’un des prix les plus importants pour les artistes de moins de 35 ans en Espagne, par la Biennale de Bolivieen 2016, pour l’exposition collective Paz en las mesas? (2019) au Musée d’Art Contemporain de Bogota. Elle a également participé à la Hybrid Art Fair à Madrid (2017) et à Poppositions Art Fair (2016) à Bruxelles. « L’Attente » a été développée à Gijón dans le cadre de la Bourse AlNorte.

GRAND PALAIS, PARIS
Avenue Winston Churchill, 75008 Paris

Site web de Diana Velásquez