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06/09/16

Expo Fantin-Latour, Paris & Grenoble - Musée du Luxembourg & Musée de Grenoble

Fantin-Latour
A fleur de peau
Musée du Luxembourg, Paris

14 septembre 2016 - 12 février 2017
Musée de Grenoble
18 mars - 18 juin 2017


Henri Fantin-Latour
Autoportrait, la tête légèrement baissée
1861
huile sur toile ; 25,1 x 21,4 cm
Washington, National Gallery of Art
Courtesy National Gallery of Art, Washington

Première rétrospective de l’oeuvre de HENRI FANTIN-LATOUR (1836-1904) à Paris depuis l’exposition de référence consacrée au peintre dans les galeries nationales du Grand Palais en 1982, cette exposition met en lumière les oeuvres les plus emblématiques d’un artiste surtout connu pour ses natures mortes et ses portraits de groupe, et révèle également la part importante occupée dans son oeuvre par les peintures dites « d’imagination ».

Très attaché dès sa jeunesse à la restitution fidèle de la réalité, Fantin-Latour explora également, avec délectation, une veine plus poétique qui le rapproche des symbolistes. L’exposition, qui embrasse toutes les facettes de cette riche carrière, propose un parcours dense rassemblant plus de cent vingt oeuvres, tableaux, lithographies, dessins et autres études préparatoires.


Henri Fantin-Latour
Fleurs d’été et fruits
1866
huile sur toile ; 73 x 59,7 cm
Etats-Unis, The Toledo Museum of Art
© The Toledo Museum of Art

Suivant un plan chronologique, l’exposition s’ouvre sur les oeuvres de jeunesse de l’artiste, en particulier les troublants autoportraits qu’il réalise dans les années 1850-1860. Confiné dans l’atelier, Fantin-Latour trouve alors ses sources d’inspiration au coeur de son intimité : modèles captifs, ses deux soeurs sont mises en scène en liseuses ou en brodeuses, tandis que les natures mortes savamment composées des années 1860 révèlent, déjà, les qualités d’observation exceptionnelles du jeune artiste.

Les coups d’éclat de la décennie 1864-1872, période charnière dans le travail de Fantin-Latour, sont mis en lumière dans la seconde partie de l’exposition. Mu par de grandes ambitions, le jeune artiste travaille alors intensément, innovant avec panache dans le domaine du portrait de groupe. Avec l’Hommage à Delacroix, le premier de ses grands portraits de groupe, il inscrit son nom dans l’histoire d’une certaine modernité, aux côtés de Delacroix ou de Manet. Avec Le Toast (1864-1865), Un atelier aux Batignolles (1870) et Coin de table (1872), il multiplie les oeuvres à valeur de manifestes.


Henri Fantin-Latour
L’Anniversaire
1876
huile sur toile ; 220 x 170 cm
Grenoble, musée de Grenoble
© Musée de Grenoble


Henri Fantin-Latour
La Lecture
1877
huile sur toile ; 97,2 x 130,3 cm
Lyon, musée des Beaux-Arts
© musée des Beaux-Arts de Lyon / Photo Alain Basset

La troisième partie de l’exposition présente les séries de natures mortes et de portraits que l’artiste réalise entre 1873 et 1890. A l’exception des portraits de commande, qui se raréfient peu à peu dans son oeuvre, il qualifie lui-même la plupart de ces toiles d’« études d’après nature ». Les somptueux portraits de fleurs qu’il brosse alors par dizaines témoignent d’un talent rare dans la composition des bouquets autant que d’une exceptionnelle virtuosité dans le rendu des matières. Ses portraits, qu’ils soient posés ou plus intimistes, illustrent eux aussi un sens aigu de l’observation.


Henri Fantin-Latour
Capucines doubles
1880
huile sur toile ; 62,8 x 42,5 cm
Royaume-Uni, Londres, Victoria and Albert Museum
© Victoria and Albert Museum, Londres


Henri Fantin-Latour
L’Etude (portrait de Sara Elizabeth Budgett)
1883
huile sur toile ; 114 x 87 cm
Belgique, musée des beaux-arts de Tournai
© collection du musée des beaux-arts de Tournai, legs Van Cutsem

L’artiste se lasse pourtant peu à peu des portraits et des natures mortes, ainsi que le révèle la quatrième partie de l’exposition. « Je me fais plaisir » : par cette phrase écrite dans une lettre à son ami et marchand Edwards en 1869, Henri Fantin-Latour évoque les oeuvres dites « d’imagination » qui occupent une part croissante dans son oeuvre au fil des années. Nourries de sa passion pour la musique, inspirées par des sujets mythologiques ou odes à la beauté du corps féminin sous couvert de chastes allégories, ces oeuvres révèlent un visage moins connu de l’artiste.


Henri Fantin-Latour
Prélude de Lohengrin
1892
huile sur toile ; 102 x 71,5 cm
collection particulière
© collection particulière

Entre l’austérité des portraits familiaux, la richesse des natures mortes et la féerie des tableaux d’imagination se dessine ainsi un personnage tout en nuances, dont la personnalité complexe se trouve éclairée par l’abondante correspondance qu’il entretint avec plusieurs de ses amis et artistes de l’époque. L’exposition innove d’ailleurs en consacrant une salle au processus créatif de Fantin-Latour qui, centrée sur L’Anniversaire peint en 1876, présente en parallèle peintures, dessins et lithographies retravaillées à de nombreuses reprises. Cette rétrospective est enfin l’occasion de dévoiler au public un corpus de photographies inédit, saisissant répertoire de formes pour l’artiste.

Au-delà de la mise en lumière du genre traditionnellement mineur de la nature morte, érigé par Henri Fantin-Latour en véritable portrait de fleurs, l’exposition souhaite brosser l’image d’un artiste en prise avec les débats de son temps, entre passion du réel et besoin d’évasion, qui a su s’imposer, malgré sa discrétion, comme une figure marquante de son siècle.

Cette exposition est réalisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée de Grenoble, en collaboration avec le musée d’Orsay.

Commissariat de l'exposition : Laure Dalon, conservateur à la Rmn – Grand Palais, adjointe au directeur scientifique ; Xavier Rey, conservateur au musée d’Orsay, et Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble.

MUSEE DE LUXEMBOURG
www.museeduluxembourg.fr

MUSEE DE GRENOBLE
www.museedegrenoble.fr

11/12/11

Fantin-Latour, Manet, Baudelaire : L’Hommage à Delacroix, Musée national Eugène-Delacroix, Paris

Fantin-Latour, Manet, Baudelaire 
L’Hommage à Delacroix 
Musée national Eugène-Delacroix, Paris 
7 décembre 2011 - 19 mars 2012 

Si 1863 est l’année du scandale du Déjeuner sur l’herbe d'Edouard Manet au Salon des Refusés, c’est aussi celle de la mort d’Eugène Delacroix dans son appartement de la place de Fürstenberg. Choqué par la tiédeur des hommages officiels rendus à l’artiste lors de sa disparition, Henri Fantin-Latour, encouragé par Manet et Baudelaire, se lança dans la réalisation de son fameux Hommage à Delacroix pour le Salon suivant : grande toile-manifeste qui rassemblait une nouvelle génération d’artistes novateurs et de critiques comme Baudelaire et Champfleury, autour de l’austère effigie du maître disparu. L’exposition du musée Delacroix retrace l’aventure de cette toile, sa conception, les variantes, les élus et les exclus parmi les figurants. Grâce aux prêts exceptionnels de nombreuses institutions françaises et étrangères, elle relate cette fraternité artistique à travers les œuvres croisées des artistes en présence et celles qui les rattachent à l’héritage de Delacroix.

La réception du tableau par la critique de l’époque fut assez vive : on dénonça une captation d’héritage, usurpé par une bande de Réalistes. L’admiration de la plupart pour l’œuvre de Delacroix est pourtant indéniable, même si l’exposition explore les compromis et les alliances de circonstance : une histoire qui commence par une camaraderie d’atelier et de café d’artistes – la « Société des Trois » formée par Fantin-Latour, Legros et Whistler – et s’achève bien après l’exposition du tableau en 1864. Mais en 1889, lorsque Henri Fantin-Latour brosse une nouvelle allégorie à la gloire de Delacroix, Immortalité (musée de Cardiff), les temps ont changé. L’artiste s’est détaché du courant Impressionniste et il choisit de ne représenter cette fois qu’une femme évanescente semant des pétales de fleurs sur le tombeau du maître. L’exposition se conclut sur l’hommage officiel confié finalement au sculpteur Jules Dalou dont le grand monument de bronze est inauguré officiellement en 1889, dans les jardins du Luxembourg.

Commissaire de l’exposition : Christophe Leribault, directeur du musée national Eugène-Delacroix et adjoint au directeur du département des Arts graphiques du musée du Louvre.

Publication : Catalogue de l’exposition, sous la direction de Christophe Leribault. Textes de Stéphane Guégan, Christophe Leribault, Marie-Pierre Salé, Amélie Simier. Coédition Le Passage / musée du Louvre Editions. 168 p., 104 ill., 28 €

Musée national Eugène-Delacroix
6 rue de Fürstenberg, 75006 Paris