Showing posts with label Musee du Luxembourg. Show all posts
Showing posts with label Musee du Luxembourg. Show all posts

06/09/16

Expo Fantin-Latour, Paris & Grenoble - Musée du Luxembourg & Musée de Grenoble

Fantin-Latour
A fleur de peau
Musée du Luxembourg, Paris

14 septembre 2016 - 12 février 2017
Musée de Grenoble
18 mars - 18 juin 2017


Henri Fantin-Latour
Autoportrait, la tête légèrement baissée
1861
huile sur toile ; 25,1 x 21,4 cm
Washington, National Gallery of Art
Courtesy National Gallery of Art, Washington

Première rétrospective de l’oeuvre de HENRI FANTIN-LATOUR (1836-1904) à Paris depuis l’exposition de référence consacrée au peintre dans les galeries nationales du Grand Palais en 1982, cette exposition met en lumière les oeuvres les plus emblématiques d’un artiste surtout connu pour ses natures mortes et ses portraits de groupe, et révèle également la part importante occupée dans son oeuvre par les peintures dites « d’imagination ».

Très attaché dès sa jeunesse à la restitution fidèle de la réalité, Fantin-Latour explora également, avec délectation, une veine plus poétique qui le rapproche des symbolistes. L’exposition, qui embrasse toutes les facettes de cette riche carrière, propose un parcours dense rassemblant plus de cent vingt oeuvres, tableaux, lithographies, dessins et autres études préparatoires.


Henri Fantin-Latour
Fleurs d’été et fruits
1866
huile sur toile ; 73 x 59,7 cm
Etats-Unis, The Toledo Museum of Art
© The Toledo Museum of Art

Suivant un plan chronologique, l’exposition s’ouvre sur les oeuvres de jeunesse de l’artiste, en particulier les troublants autoportraits qu’il réalise dans les années 1850-1860. Confiné dans l’atelier, Fantin-Latour trouve alors ses sources d’inspiration au coeur de son intimité : modèles captifs, ses deux soeurs sont mises en scène en liseuses ou en brodeuses, tandis que les natures mortes savamment composées des années 1860 révèlent, déjà, les qualités d’observation exceptionnelles du jeune artiste.

Les coups d’éclat de la décennie 1864-1872, période charnière dans le travail de Fantin-Latour, sont mis en lumière dans la seconde partie de l’exposition. Mu par de grandes ambitions, le jeune artiste travaille alors intensément, innovant avec panache dans le domaine du portrait de groupe. Avec l’Hommage à Delacroix, le premier de ses grands portraits de groupe, il inscrit son nom dans l’histoire d’une certaine modernité, aux côtés de Delacroix ou de Manet. Avec Le Toast (1864-1865), Un atelier aux Batignolles (1870) et Coin de table (1872), il multiplie les oeuvres à valeur de manifestes.


Henri Fantin-Latour
L’Anniversaire
1876
huile sur toile ; 220 x 170 cm
Grenoble, musée de Grenoble
© Musée de Grenoble


Henri Fantin-Latour
La Lecture
1877
huile sur toile ; 97,2 x 130,3 cm
Lyon, musée des Beaux-Arts
© musée des Beaux-Arts de Lyon / Photo Alain Basset

La troisième partie de l’exposition présente les séries de natures mortes et de portraits que l’artiste réalise entre 1873 et 1890. A l’exception des portraits de commande, qui se raréfient peu à peu dans son oeuvre, il qualifie lui-même la plupart de ces toiles d’« études d’après nature ». Les somptueux portraits de fleurs qu’il brosse alors par dizaines témoignent d’un talent rare dans la composition des bouquets autant que d’une exceptionnelle virtuosité dans le rendu des matières. Ses portraits, qu’ils soient posés ou plus intimistes, illustrent eux aussi un sens aigu de l’observation.


Henri Fantin-Latour
Capucines doubles
1880
huile sur toile ; 62,8 x 42,5 cm
Royaume-Uni, Londres, Victoria and Albert Museum
© Victoria and Albert Museum, Londres


Henri Fantin-Latour
L’Etude (portrait de Sara Elizabeth Budgett)
1883
huile sur toile ; 114 x 87 cm
Belgique, musée des beaux-arts de Tournai
© collection du musée des beaux-arts de Tournai, legs Van Cutsem

L’artiste se lasse pourtant peu à peu des portraits et des natures mortes, ainsi que le révèle la quatrième partie de l’exposition. « Je me fais plaisir » : par cette phrase écrite dans une lettre à son ami et marchand Edwards en 1869, Henri Fantin-Latour évoque les oeuvres dites « d’imagination » qui occupent une part croissante dans son oeuvre au fil des années. Nourries de sa passion pour la musique, inspirées par des sujets mythologiques ou odes à la beauté du corps féminin sous couvert de chastes allégories, ces oeuvres révèlent un visage moins connu de l’artiste.


Henri Fantin-Latour
Prélude de Lohengrin
1892
huile sur toile ; 102 x 71,5 cm
collection particulière
© collection particulière

Entre l’austérité des portraits familiaux, la richesse des natures mortes et la féerie des tableaux d’imagination se dessine ainsi un personnage tout en nuances, dont la personnalité complexe se trouve éclairée par l’abondante correspondance qu’il entretint avec plusieurs de ses amis et artistes de l’époque. L’exposition innove d’ailleurs en consacrant une salle au processus créatif de Fantin-Latour qui, centrée sur L’Anniversaire peint en 1876, présente en parallèle peintures, dessins et lithographies retravaillées à de nombreuses reprises. Cette rétrospective est enfin l’occasion de dévoiler au public un corpus de photographies inédit, saisissant répertoire de formes pour l’artiste.

Au-delà de la mise en lumière du genre traditionnellement mineur de la nature morte, érigé par Henri Fantin-Latour en véritable portrait de fleurs, l’exposition souhaite brosser l’image d’un artiste en prise avec les débats de son temps, entre passion du réel et besoin d’évasion, qui a su s’imposer, malgré sa discrétion, comme une figure marquante de son siècle.

Cette exposition est réalisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée de Grenoble, en collaboration avec le musée d’Orsay.

Commissariat de l'exposition : Laure Dalon, conservateur à la Rmn – Grand Palais, adjointe au directeur scientifique ; Xavier Rey, conservateur au musée d’Orsay, et Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble.

MUSEE DE LUXEMBOURG
www.museeduluxembourg.fr

MUSEE DE GRENOBLE
www.museedegrenoble.fr

28/06/13

Expo Chagall, Sénat, Musée du Luxembourg

Chagall, entre guerre et paix
Musée du Luxembourg, Sénat, Paris
Jusqu'au 21 juillet 2013

Chagall, entre guerre et paix. Affiche de l'exposition
© Affiche de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, Paris 2013

MARC CHAGALL meurt en 1985, presque centenaire. Il a traversé le 20e siècle, connu une révolution, deux guerres et l’exil, côtoyé quelques-uns des artistes les plus novateurs, produit une œuvre dans laquelle peuvent se lire son expérience intime de l’Histoire, le souvenir de ses rencontres, de ses voyages et de sa patrie.

Le 20e siècle a, pour une large part, refoulé l’allégorie et le narratif dans les œuvres d’art. Et c’est parce que Chagall a su s’affranchir des règles et des codes – voire des diktats – de la pensée moderniste tout en s’en nourrissant, qu’il a pu rester figuratif et témoigner de son temps. Il emprunte aux mouvements d’avant-garde (cubisme, suprématisme, surréalisme) quelques-unes de leurs formes, semble parfois s’en rapprocher, mais demeure toujours indépendant. Le parallèle entre les images de guerre et les images de paix révèle la complexité d’une œuvre qui ne se réduit jamais à un genre donné, mais intègre les événements, les situations et les émotions de l’artiste. Ainsi, selon les circonstances, Chagall visite et revisite certains thèmes, les enrichissant à chaque fois d’une dimension personnelle : sa ville natale de Vitebsk, les traditions juives de son enfance, les épisodes bibliques dont la Crucifixion, ainsi que le couple et la famille. 

L’exposition qui commence avec la déclaration de la Première Guerre mondiale, s’attache à illustrer quatre moments clés de la vie et de l’œuvre de Marc Chagall :

Chagall et la Russie en temps de guerre
Après un séjour de trois ans à Paris, Chagall part à Vitebsk retrouver sa fiancée Bella qu’il épousera en 1915. Il y est surpris par la déclaration de guerre. Bien que loin du front, il rend compte d’une réalité brute : les mouvements de troupes, les soldats blessés, les populations juives chassées de leurs villages. De la même façon, il s’attache à représenter l’environnement de son enfance dont il pressent la disparition et évoque, dans une série de tableaux, son intimité avec Bella.

Chagall au cours de l’entre-deux-guerres
En 1922, Chagall quitte définitivement la Russie. Après une étape à Berlin, il revient à Paris où il doit à nouveau se forger une identité artistique. Il se consacre, à la demande de l’éditeur Ambroise Vollard, à l’illustration de différents livres dont la Bible – un texte dont il est si familier depuis l’enfance qu’il dira « Je ne voyais pas la Bible, je la rêvais ». Parallèlement aux œuvres consacrées aux paysages, aux portraits et aux scènes de cirque, il réalise des peintures où figurent des personnages hybrides mi-animaux, mi-humains – parfaites illustrations du bestiaire chagallien – ainsi que de nombreuses images du couple comme autant de représentations métaphoriques de son amour de la vie.

L’exil aux Etats-Unis de Chagall
En 1937, les autorités nazies saisissent les œuvres de Chagall dans les collections publiques allemandes et trois de ses toiles sont présentées dans l’exposition « Art dégénéré » à Munich. Les événements politiques obligent Chagall à quitter la France et à s’exiler aux Etats-Unis en 1941. Installé avec Bella et Ida à New York, il retrouve plusieurs artistes et poètes juifs exilés comme lui. Bien qu’éloigné des lieux du conflit, Chagall n’ignore pas les actes de barbarie qui dévastent l’Europe et son pays natal. Guerre, persécutions, exode, villages en flammes hantent alors ses tableaux : désormais, une tonalité sombre envahit sa peinture. Le thème de la Crucifixion s’impose à lui comme symbole universel de la souffrance humaine. Son œuvre, particulièrement créative durant cette période, reflète encore le besoin de revenir à ses racines. Il rend hommage à son épouse Bella, disparue en 1944.

L’après-guerre et le retour en France de Chagall
Chagall rentre définitivement en France en 1949 et s’installe à Orgeval, puis à Vence. Il prend alors de la distance avec le passé. L’artiste se consacre désormais à de grands cycles comme la série des monuments de Paris et explore d’autres techniques (vitrail, sculpture, céramique, mosaïque, techniques diverses de gravure...). Son usage de la couleur se modifie sensiblement et donne naissance à des tableaux où se mêlent à la fois des tonalités expressives et une étonnante luminosité. 

Cette dialectique de la guerre et de la paix, prise dans son sens le plus large, permet de mettre en relief des aspects essentiels de l’œuvre de Chagall. Elle aide à comprendre, au gré des épisodes qui ont marqué sa vie, le lien entre le regard qu’il porte sur la condition humaine et cette technique picturale sincère et sensible dont la nouveauté demeure, trente ans après sa mort, toujours aussi saisissante.

L’exposition comporte une centaine d’œuvres, provenant de musées en France et à l’étranger : Centre Georges Pompidou, Musée national d’art moderne /Centre de création industrielle, Paris ; Musée d’Art moderne de la Ville de Paris ; Musée national Marc Chagall, Nice ; Museum of Modern Art (MoMA), NewYork ; Philadelphia Museum of Art ; Moderna Museet, Stockholm, Galerie nationale Tretyakov, Moscou ; Museum Folkwang, Essen, ou encore l’Albertina de Vienne ainsi que de collections particulières. 

Commissaires de l'exposition : Jean-Michel Foray (1942-2012), conservateur général honoraire du patrimoine et Julia Garimorth-Foray, conservateur au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Publication d'un catalogue de l’exposition aux éditions de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 176 pages, 22,5 x 26 cm, relié.

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais.

Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard, 75006 Paris
Renseignements et réservations sur www.museeduluxembourg.fr

31/01/12

Exposition Cézanne et Paris, Musée du Luxembourg. L'artiste entre Provence et Paris, Bords de Marne...


Cézanne et Paris 
Musée du Luxembourg, Paris
Jusqu'au 26 février 2012

Si Paul Cézanne (1839-1906) est à juste titre associé à la Provence, l'exposition Cézanne et Paris nous rappelle qu'on ne saurait l'y restreindre. En effet, plus de la moitié de son temps, à partir du moment où il se consacre à la peinture, se passe à Paris et en région parisienne. Il fait le voyage Aix-en-Provence - Paris plus de vingt fois. Bien entendu, les raisons de sa venue ne sont pas les mêmes à vingt et soixante ans. Après 1890, l’artiste déjà âgé, encore incertain de son œuvre (« je fais de lents progrès » écrit-il à la fin de sa vie)  se retire sur les bords de la Marne ou du côté de Fontainebleau pour peindre quelques paysages apaisés ainsi que des portraits. Il n’est plus le jeune homme, ambitieux  de « conquérir » Paris avec la volonté d’entrer à l’école des Beaux-Arts et de présenter des œuvres au Salon. 

A Paris, Cézanne se confronte tout autant à la tradition qu’à la modernité. Pour employer le vocabulaire de Zola,  il trouve  les « formules » de la nouvelle peinture avant de les exploiter en Provence. Le va-et-vient entre Provence et Ile de France devient constant même si les rythmes évoluent. En tout cas après 1890, les critiques, les marchands, les collectionneurs commencent à s’intéresser à son œuvre et Cézanne se montre attentif à cette reconnaissance parisienne qui facilite celle de son oeuvre de génie de la peinture. Ainsi imprime-t-il plus que tout autre sa marque dans l’art moderne : des post-impressionnistes à Kandinsky, l’avant-garde le considèrera comme un précurseur, « notre père à tous », selon la formule de Pablo Picasso

Cette exposition du Musée du Luxembourg (Sénat) est organisée par la Rmn-Grand  Palais, en collaboration avec le Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Elle bénéficie en particulier de prêts exceptionnels du Musée d’Orsay.


Paul Cézanne, Le Quartier du Four à Auvers-sur-Oise (détail), vers 1873 
Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, USA 
The Samuel S. White 3rd and Vera White Collection, 1967 
Huile sur toile - 46,3 x 55,2 cm 
© The Philadelphia Museum of Art 

PARCOURS DE L'EXPOSITION AUTOUR DE 80 TABLEAUX DE PAUL CEZANNE

CEZANNE MONTE A PARIS SUR LES PAS DE ZOLA
Poussé et soutenu par Zola, ami rencontré à Aix-en-Provence au collège Bourbon, déjà installé à Paris, Paul Cézanne rejoint la capitale en 1861, contre la volonté de son père, pour devenir « artiste ». Il fréquente l’académie Suisse où il rencontre d’autres peintres tels Pissarro et  Guillaumin, avec lesquels il se lie d’amitié. Paris, où l’académisme s’impose par le Salon, est alors le lieu de la révolte et de l’avant-garde. Durant ces années d’études, Paul Cézanne s’approprie les traditions anciennes et modernes : ses carnets de dessin attestent d’un regard attentif sur les grands maîtres de la peinture, tels Rembrandt, Poussin, Delacroix…, et de la sculpture antique, classique et baroque, avec des copies de Michel Ange et Puget principalement. Dans le même temps, il participe au mouvement impressionniste sans vraiment y adhérer. Bien qu’il se soit construit picturalement à Paris, où il revient jusqu’en 1905, Cézanne a finalement peu représenté la ville dans son œuvre. Il n’évoque jamais les sites célèbres, mais dessine ce qu’il voit de sa fenêtre ou d’une terrasse sur les toits... Il faut une exception, ce sera le tableau  La Rue des Saules. Cézanne a posé son chevalet dans une rue de Montmartre mais la rue est déserte…  

CEZANNE ET PARIS HORS LES MURS, DU COTE D'AUVERS-SUR-OISE
Installé dans la capitale, Paul Cézanne ne cesse de s’y déplacer et d’en sortir.  Ainsi lui connaît-on près de vingt adresses différentes. Il travaille la peinture de paysage, en plein air, « sur le motif »,   se mettant à  l’école de peintres comme Pissarro et Guillaumin,  lesquels participent au mouvement impressionniste. Ils entendent reprendre la tradition du paysage après Courbet, Corot et les peintres de Barbizon qui voulaient représenter, à travers la campagne parisienne, une certaine identité française. Mais très vite Cézanne s’impose comme un maître faisant « de l‘impressionnisme une chose solide et durable comme l’art des musées ». Le tableau Le pont de Maincy en est l’expression autour des années 1880.  

CEZANNE ET LA TENTATION DE PARIS 
De même que chez Gustave Courbet ou Auguste Renoir, le nu est une préoccupation majeure de Paul Cézanne. Il peint plusieurs versions de La Tentation de saint Antoine entre 1870 et 1877, vraisemblablement après une lecture de Flaubert. Dans les mêmes années, les tableaux à caractère érotique se multiplient : Une Moderne Olympia,  L’Orgie, La Lutte d’amour… Plus tard, d’après le témoignage du marchand d’art Vollard, Cézanne travaille sur une grande toile de Baigneuses au moment où il exécute son portrait en 1899 : il ne recherche plus la dimension érotique du corps, mais construit une nouvelle expression du nu et invente son propre langage pictural.  

CEZANNE, LES NATURES MORTES ET LES PORTRAITS 
Pour Paul Cézanne, la « nature morte » est un motif comme un autre. Equivalent d’un corps humain ou d’une montagne, elle  se prête particulièrement bien à des recherches sur l’espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » disait  l’artiste. Sur quelque 1000 tableaux répertoriés, on compte près de 200 natures mortes. Parfois associées à des thèmes érotiques ou à des portraits, elles « disent » Paris autant que le ferait un paysage. Parmi ces portraits, dont les toiles de fond représentent souvent des papiers peints, figurent les amis emblématiques des séjours parisiens : Victor Chocquet, son premier collectionneur, ou Ambroise Vollard, « le » marchand qui organise ses premières expositions.  

CEZANNE ET LES VOIES DU SILENCE 
A partir de 1888, Paul Cézanne fait plusieurs séjours en région parisienne après être resté plusieurs années en Provence (de 1882 à 1888). S’il vient un été peindre au-delà d’Auvers, à Montgeroult, s’il rend visite à Monet à Giverny en 1894, ses lieux de prédilection dans les années 1890 sont les bords de la Marne vers Maison-Alfort ou Créteil, et la région de Fontainebleau  jusqu’à  Barbizon ou Marlotte. La rivière l’enchante, il y trouve fraîcheur, calme et sérénité et ses toiles expriment le « silence » de la nature. A Paris, les tons s’apaisent autour des bleus et des verts tandis qu’en Provence, il travaille la symphonie des ors des Sainte-Victoire. Ayant conquis sa place dans la capitale et acquis la maîtrise de son art, il se retire définitivement sur ses terres provençales pour lesquelles son attachement n’a cessé de grandir.  

Commissariat général de l'exposition : Gilles Chazal, directeur du Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Commissariat scientifique de l'exposition : Denis Coutagne, conservateur honoraire du patrimoine, Président de la Société Paul Cézanne ; Maryline Assante di Panzillo, conservateur du patrimoine  au département des Peintures, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Publications :  
 - Catalogue de l’exposition Cézanne et Paris, Editions de la Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 25 x 29 cm, 224 pages, broché à rabats, 250 illustrations, 39 €
- Album de l’exposition, Editions de la Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 48 pages, 9 €
Cézanne et l’argent, Editions Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 140 pages, broché, 9,90 € 

MUSEE DU LUXEMBOURG, PARIS

01/04/03

L'aventure de Pont-Aven et Gauguin, Paris, Quimper, Naples

L'aventure de Pont-Aven et Gauguin
Musée du Luxembourg, Paris
2 avril - 22 juin 2003
Musée des Beaux-Arts de Quimper
12 juillet - 30 septembre 2003
Museo di Capodimonte, Naples
16 octobre 2003 - 8 janvier 2004


L'aventure de Pont-Aven et Gauguin
© Musée du Luxembourg, Paris

Le Sénat présente une exposition consacrée à l'aventure de Pont-Aven et à ses peintres, au premier rang desquels figure Paul Gauguin. Le nom du petit village breton de Pont-Aven est aujourd'hui connu dans le monde entier pour avoir accueilli la plus étonnante colonie artistique en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle. À partir des années 1860, des peintres, souvent anglo-saxons, fréquentent ce site pittoresque, tout autant à la recherche de motifs à peindre que d'exotisme. La Bretagne suscite à cette époque un extraordinaire engouement auprès des artistes. La mode de Pont-Aven sera telle qu'à l'arrivée de Gauguin en 1886, près d'une centaine de peintres y séjournent à la belle saison, se répartissant entre de modestes auberges qui font crédit et des hôtels plus luxueux.

Au retour du Danemark, en proie aux plus grandes difficultés, Paul Gauguin se rend en juillet 1886 à Pont-Aven. Il connaît le village de réputation et sait qu'on peut y vivre à crédit. Il se lie avec quelques peintres sur place comme Charles Laval ou Henri Delavallée. Sa peinture est alors impressionniste. Après un nouvel échec à Panama et à la Martinique, il y revient au début de 1888. Il commence alors à apprécier la Bretagne et écrit à son ami Émile Schuffenecker début mars : « J'aime la Bretagne, j'y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j'entends le ton sourd, mat et puissant que je cherche en peinture ».

Durant cet été 1888, en compagnie du jeune Émile Bernard, Gauguin met au point une technique appelée « synthétisme ». Il tente de ne plus dissocier un contenu traité de manière symboliste et son expression formelle. Les œuvres, peintes de mémoire, sont construites comme un assemblage de couleurs pures posées en aplat et entourées de cernes. La composition rompt avec les principes traditionnels, basés sur les limites du cadre et les conventions de la perspective. Le groupe s'élargit progressivement, avec des peintres comme Henry Moret et Ernest Chamaillard.

Le synthétisme, que l'on considère comme la première étape de la naissance de l'art moderne, va séduire immédiatement la jeune génération, en particulier Paul Sérusier, qui reçoit une magistrale leçon à Pont-Aven. La naissance du groupe des Nabis en sera la première conséquence et, dans ce groupe, Lacombe et Denis seront directement influencés par la nouvelle esthétique.

Gauguin reviendra en 1889 et 1890 pour de longs séjours. Fuyant la foule de Pont-Aven, il va s'isoler au bord de la mer, dans le village du Pouldu. Avec Meyer De Haan, il décore la salle à manger de l'auberge de Marie Henry où ils se sont installés. Henry Moret s'est établi à proximité.

On appelle « Ecole de Pont-Aven » l'ensemble des peintres qui ont rencontré Gauguin à Pont-Aven et ont été plus ou moins influencés par lui. Les premiers compagnons se retrouvent à la table de l'auberge Gloanec. Par la suite, des peintres viennent spécialement en Bretagne pour le voir. Durant sa longue absence de 1891-1893, --le premier séjour à Tahiti--, des peintres recueillent l'héritage de la bouche de ceux qui sont restés sur place, Charles Filiger ou Paul Sérusier. Certains peintres ne font que passer, le temps d'un été, d'autres s'établissent à demeure. Le groupe s'élargit, comprenant des peintres d'origines diverses comme l'Irlandais Roderic O'Conor, le Polonais Wladyslaw Slewinski, le Suisse Cuno Amiet, les Danois Mogens Ballin et Jean-Ferdinand Willumsen ou le Hollandais Jan Verkade. Certains sont des paysagistes comme Maxime Maufra, d'autres, mystiques, peignent des scènes religieuses comme Charles Filiger. Armand Seguin et Rodéric O'Conor se lancent dans la gravure.

Gauguin revient en 1894 pour tenter de récupérer ses œuvres laissées en gage, mais ce dernier séjour se passe très mal et il quitte définitivement la Bretagne. Après son départ pour l'Océanie en 1895, quelques peintres vont retourner à un impressionnisme plus assagi, d'autres vont poursuivre leur recherche. Paul Sérusier, Émile Jourdan et Charles Filiger seront en Bretagne les derniers membres du groupe que bon nombre de jeunes artistes rencontreront afin de recueillir des témoignages sur cette extraordinaire épopée.

Cette exposition, organisée par le Sénat dans le cadre des Célébrations du centenaire de la mort de Paul Gauguin (1848-1903), est la plus importante jamais réalisée en France sur ce thème. Elle rassemble 70 peintures, 25 dessins, 20 estampes et 8 sculptures, objets ou meubles, provenant d'importants musées et collections privées de douze pays (The Metropolitan Museum of Art New York, Museum of Art, Indianapolis, Phoenix Art Museum, USA, Musée d'Orsay, Paris, Musée du Prieuré Maurice Denis, Saint Germain en Laye , Musée des Beaux Arts de Quimper, Musée de la Chartreuse de Douai, Museo de Bellas Artes Buenos Aires, Argentine, Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie, Paris, Musée Léon-Dierx, Saint Denis Réunion, Fondation Rau, Zurich, Musée des Beaux Arts de Rennes, Willumsen Museum, Frederikssund, Danemark, ...).

Commissaire de l'exposition :
André Cariou, conservateur en Chef du musée des Beaux-Arts de Quimper

Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard, 75006 Paris
www.senat.fr

Musée des Beaux-arts de Quimper
40 place Saint-Corentin, 29000 Quimper
www.musee-beauxarts.quimper.fr