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09/02/19

La collection Emil Bührle, Musée Maillol, Paris

La collection Emil Bührle : Manet, Degas, Renoir, Monet, Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Modigliani, Picasso
Musée Maillol, Paris
20 mars - 21 juillet 2019 

LA COLLECTION EMIL BÜHRLE
Courtesy Culturespaces / Musée Maillol

Le musée Maillol accueille les chefs-d’oeuvre de la Collection Emil Bührle, une des collections particulières les plus prestigieuses au monde. Présenté pour la première fois en France, cet ensemble, réuni entre 1936 et 1956 à Zurich, propose un panorama de l’art français du XIXe et du début du XXe siècle.

Né en Allemagne, Emil Georg Bührle (1890-1956) s’établit en Suisse en 1924 et rassemble, surtout entre 1951 et 1956, plus de 600 oeuvres d’art. Pour la première fois à Paris, une partie de ces chefs-d’oeuvre est présentée et réunie au sein d’une même exposition.

Dévoilant une soixantaine de trésors de la Collection Emil Bührle, l’exposition parcourt plusieurs courants de l’art moderne : les grands noms de l’impressionnisme (Manet, Monet, Pissarro, Degas, Renoir, Sisley) et du postimpressionnisme (Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Toulouse-Lautrec), les débuts du XXe siècle avec les Nabis (Bonnard, Vuillard), les Fauves et les Cubistes (Braque, Derain, Vlaminck), et l’École de Paris (Modigliani), pour finir avec Picasso.

En attendant son emménagement permanent dans la nouvelle extension du Kunsthaus de Zurich, la Collection Emil Bührle s’offre une visibilité nationale et internationale. Après la Fondation de l’Hermitage à Lausanne en 2017 et trois musées majeurs au Japon en 2018, le musée Maillol a le privilège de montrer des chefs-d’oeuvre tels que La petite danseuse de quatorze ans de Degas (vers 1880), Les coquelicots près de Vétheuil de Monet (vers 1879), Le garçon au gilet rouge de Cézanne (vers 1888/90), ou encore Le semeur au soleil couchant de Van Gogh (1888).

Leur confrontation souligne les liens et les filiations entre les courants artistiques à travers différentes époques, tout en illustrant l’apport personnel de chacun des peintres à l’histoire de l’art. Emil Bührle, pour qui les créations passées influençaient celles du présent, aimait préciser que « finalement Daumier me conduisait à Rembrandt et Manet à Frans Hals ».

L’exposition propose un témoignage historique majeur, présentant l’histoire de cette collection d’un industriel suisse pendant Seconde Guerre mondiale et de la décennie qui a suivi. Une salle, consacrée aux documents d’archives, évoquera le parcours des chefs-d’œuvre et présentera les résultats de la recherche que mène la Collection E. Bührle sur ses fonds depuis plus de quinze ans.

Une exposition de toiles incontournables à travers l’une des collections les plus importantes au monde.

Commissariat : Lukas Gloor, directeur et conservateur de la Collection Emil Bührle, Zurich.

Une exposition Culturespaces.

MUSEE MAILLOL PARIS
59/61 rue de Grenelle - 75007 Paris
www.museemaillol.com

31/01/12

Exposition Cézanne et Paris, Musée du Luxembourg. L'artiste entre Provence et Paris, Bords de Marne...


Cézanne et Paris 
Musée du Luxembourg, Paris
Jusqu'au 26 février 2012

Si Paul Cézanne (1839-1906) est à juste titre associé à la Provence, l'exposition Cézanne et Paris nous rappelle qu'on ne saurait l'y restreindre. En effet, plus de la moitié de son temps, à partir du moment où il se consacre à la peinture, se passe à Paris et en région parisienne. Il fait le voyage Aix-en-Provence - Paris plus de vingt fois. Bien entendu, les raisons de sa venue ne sont pas les mêmes à vingt et soixante ans. Après 1890, l’artiste déjà âgé, encore incertain de son œuvre (« je fais de lents progrès » écrit-il à la fin de sa vie)  se retire sur les bords de la Marne ou du côté de Fontainebleau pour peindre quelques paysages apaisés ainsi que des portraits. Il n’est plus le jeune homme, ambitieux  de « conquérir » Paris avec la volonté d’entrer à l’école des Beaux-Arts et de présenter des œuvres au Salon. 

A Paris, Cézanne se confronte tout autant à la tradition qu’à la modernité. Pour employer le vocabulaire de Zola,  il trouve  les « formules » de la nouvelle peinture avant de les exploiter en Provence. Le va-et-vient entre Provence et Ile de France devient constant même si les rythmes évoluent. En tout cas après 1890, les critiques, les marchands, les collectionneurs commencent à s’intéresser à son œuvre et Cézanne se montre attentif à cette reconnaissance parisienne qui facilite celle de son oeuvre de génie de la peinture. Ainsi imprime-t-il plus que tout autre sa marque dans l’art moderne : des post-impressionnistes à Kandinsky, l’avant-garde le considèrera comme un précurseur, « notre père à tous », selon la formule de Pablo Picasso

Cette exposition du Musée du Luxembourg (Sénat) est organisée par la Rmn-Grand  Palais, en collaboration avec le Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Elle bénéficie en particulier de prêts exceptionnels du Musée d’Orsay.


Paul Cézanne, Le Quartier du Four à Auvers-sur-Oise (détail), vers 1873 
Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, USA 
The Samuel S. White 3rd and Vera White Collection, 1967 
Huile sur toile - 46,3 x 55,2 cm 
© The Philadelphia Museum of Art 

PARCOURS DE L'EXPOSITION AUTOUR DE 80 TABLEAUX DE PAUL CEZANNE

CEZANNE MONTE A PARIS SUR LES PAS DE ZOLA
Poussé et soutenu par Zola, ami rencontré à Aix-en-Provence au collège Bourbon, déjà installé à Paris, Paul Cézanne rejoint la capitale en 1861, contre la volonté de son père, pour devenir « artiste ». Il fréquente l’académie Suisse où il rencontre d’autres peintres tels Pissarro et  Guillaumin, avec lesquels il se lie d’amitié. Paris, où l’académisme s’impose par le Salon, est alors le lieu de la révolte et de l’avant-garde. Durant ces années d’études, Paul Cézanne s’approprie les traditions anciennes et modernes : ses carnets de dessin attestent d’un regard attentif sur les grands maîtres de la peinture, tels Rembrandt, Poussin, Delacroix…, et de la sculpture antique, classique et baroque, avec des copies de Michel Ange et Puget principalement. Dans le même temps, il participe au mouvement impressionniste sans vraiment y adhérer. Bien qu’il se soit construit picturalement à Paris, où il revient jusqu’en 1905, Cézanne a finalement peu représenté la ville dans son œuvre. Il n’évoque jamais les sites célèbres, mais dessine ce qu’il voit de sa fenêtre ou d’une terrasse sur les toits... Il faut une exception, ce sera le tableau  La Rue des Saules. Cézanne a posé son chevalet dans une rue de Montmartre mais la rue est déserte…  

CEZANNE ET PARIS HORS LES MURS, DU COTE D'AUVERS-SUR-OISE
Installé dans la capitale, Paul Cézanne ne cesse de s’y déplacer et d’en sortir.  Ainsi lui connaît-on près de vingt adresses différentes. Il travaille la peinture de paysage, en plein air, « sur le motif »,   se mettant à  l’école de peintres comme Pissarro et Guillaumin,  lesquels participent au mouvement impressionniste. Ils entendent reprendre la tradition du paysage après Courbet, Corot et les peintres de Barbizon qui voulaient représenter, à travers la campagne parisienne, une certaine identité française. Mais très vite Cézanne s’impose comme un maître faisant « de l‘impressionnisme une chose solide et durable comme l’art des musées ». Le tableau Le pont de Maincy en est l’expression autour des années 1880.  

CEZANNE ET LA TENTATION DE PARIS 
De même que chez Gustave Courbet ou Auguste Renoir, le nu est une préoccupation majeure de Paul Cézanne. Il peint plusieurs versions de La Tentation de saint Antoine entre 1870 et 1877, vraisemblablement après une lecture de Flaubert. Dans les mêmes années, les tableaux à caractère érotique se multiplient : Une Moderne Olympia,  L’Orgie, La Lutte d’amour… Plus tard, d’après le témoignage du marchand d’art Vollard, Cézanne travaille sur une grande toile de Baigneuses au moment où il exécute son portrait en 1899 : il ne recherche plus la dimension érotique du corps, mais construit une nouvelle expression du nu et invente son propre langage pictural.  

CEZANNE, LES NATURES MORTES ET LES PORTRAITS 
Pour Paul Cézanne, la « nature morte » est un motif comme un autre. Equivalent d’un corps humain ou d’une montagne, elle  se prête particulièrement bien à des recherches sur l’espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » disait  l’artiste. Sur quelque 1000 tableaux répertoriés, on compte près de 200 natures mortes. Parfois associées à des thèmes érotiques ou à des portraits, elles « disent » Paris autant que le ferait un paysage. Parmi ces portraits, dont les toiles de fond représentent souvent des papiers peints, figurent les amis emblématiques des séjours parisiens : Victor Chocquet, son premier collectionneur, ou Ambroise Vollard, « le » marchand qui organise ses premières expositions.  

CEZANNE ET LES VOIES DU SILENCE 
A partir de 1888, Paul Cézanne fait plusieurs séjours en région parisienne après être resté plusieurs années en Provence (de 1882 à 1888). S’il vient un été peindre au-delà d’Auvers, à Montgeroult, s’il rend visite à Monet à Giverny en 1894, ses lieux de prédilection dans les années 1890 sont les bords de la Marne vers Maison-Alfort ou Créteil, et la région de Fontainebleau  jusqu’à  Barbizon ou Marlotte. La rivière l’enchante, il y trouve fraîcheur, calme et sérénité et ses toiles expriment le « silence » de la nature. A Paris, les tons s’apaisent autour des bleus et des verts tandis qu’en Provence, il travaille la symphonie des ors des Sainte-Victoire. Ayant conquis sa place dans la capitale et acquis la maîtrise de son art, il se retire définitivement sur ses terres provençales pour lesquelles son attachement n’a cessé de grandir.  

Commissariat général de l'exposition : Gilles Chazal, directeur du Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Commissariat scientifique de l'exposition : Denis Coutagne, conservateur honoraire du patrimoine, Président de la Société Paul Cézanne ; Maryline Assante di Panzillo, conservateur du patrimoine  au département des Peintures, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Publications :  
 - Catalogue de l’exposition Cézanne et Paris, Editions de la Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 25 x 29 cm, 224 pages, broché à rabats, 250 illustrations, 39 €
- Album de l’exposition, Editions de la Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 48 pages, 9 €
Cézanne et l’argent, Editions Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 140 pages, broché, 9,90 € 

MUSEE DU LUXEMBOURG, PARIS

05/10/99

Paul Cézanne et l'Art Moderne - Fondation Beyeler


Aucun artiste de la fin du 19e siècle n’a exercé une influence aussi marquée sur la peinture moderne que Paul Cézanne (1839-1906). La Fondation Beyeler a suivi ce thème passionnant d’une façon originale. Insérés dans une sélection de 37 peintures et 15 aquarelles de Cézanne, des oeuvres d’autres artistes de la Collection Beyeler, tels que Picasso, Braque, Mondrian, Matisse, Giacometti, Rothko et Kelly sont directement confrontés aux œuvres du ”père de l’art moderne”. 

Cette exposition se place bien au sein des nombreuses expositions passées et futures consacrées à Cézanne, qui visent un nouveau sommet avec celles de Vienne et de Zurich placées sous la devise ”Vollendet - Unvollendet”. Le motif de cette exposition a été, en plus des cinq œuvres de Cézanne que détient la Fondation, un groupe de peintures externes, promises depuis longtemps. Une concentration thématique sur l’influence de Cézanne était aisée à concevoir, puisque, avec le portrait de la femme de Cézanne et la Femme en vert (Dora) de Picasso - Picasso doit avoir vu le tableau de Cézanne chez le marchand d’art Vollard - une grande analogie se trouvait déjà au sein de la Collection Beyeler. Il en résultait une intégration de l’exposition dans les locaux de la Collection, ce qui s’offrait de toute façon dans le courant des travaux d’agrandissement du musée. L’intégration de cette démonstration dans les tableaux de la Collection permet aussi de placer celle-ci sous un éclairage nouveau depuis l’ouverture du musée en automne 1997. 

On a pu développer une quinzaine de juxtapositions d’oeuvres de Cézanne avec celles de ces autres artistes de la Collection Beyeler - des confrontations qui n’ont pas besoin d’être justifiées par des relations théoriques, mais qui persuadent par la simple observation. L’arc s’étend des cubistes Braque et Picasso, qui appartiennent aux premiers admirateurs de l’esthétique de Cézanne et, passant par Klee, Léger, Mondrian et Giacometti, conduit vers les comparaisons surprenantes du Paysage bleu de Cézanne avec la composition tardive de Mark Rothko ou du Portrait du Gustave Geffroy de Cézanne avec le relief mural constructiviste d’Ellsworth Kelly. 

Les oeuvres de Cézanne, qui sont parvenues à Riehen grâce à des prêts généreux de collections privées et de grands musées, peuvent aussi être comprises comme exposition Cézanne originale, qui regroupe toute l’œuvre de 1866 à sa mort en 1906, avec tous les genres, qui vont des personnages au paysage, en passant par la nature morte et le portrait. Son œuvre de jeunesse constitue une introduction et témoigne de sa réflexion sur les œuvres d’artistes antérieurs, qu’il a pu abondamment observer au Louvre. Mais il a pu bénéficier de précieuses perspectives de la part de Camille Pissarro, qui lui enseigna l’”impressionisme”. Cependant, le Cézanne que nous connaissons commence en 1875, époque depuis laquelle la fonction d’une œuvre artistique n’est pas seulement de fournir une réplique de la réalité, mais de produire une réalité indépendante. L’ordre idéal de la nature est remplacé par l’ordre des éléments figuratifs. D’autres innovations qui sont indissolublement liées à son nom, sont par exemple la planéité de l’image ou la thématisation de la vision elle-même. Ce sont ces innovations qui ont valu au persévérant artiste provençal la haute considération de ses collègues. Ainsi Henri Matisse l’appelait-il ”le Bon Dieu de la peinture”. Ce sont aussi ses collègues qui achetèrent ses premières oeuvres et même son maître Pissarro en possédait une quinzaine. 

Dès 1900, c’est-à-dire après plus de trente ans de travail acharné, les innovations de Cézanne furent reprises par des artistes plus jeunes. Les fondements érigés par son œuvres pouvaient être utilisés très différemment, que ce soit par des transformations originales, soit par des développements, soit par suite de malentendus. Ce sont justement ces aspects que l’exposition étudie de façon exemplaire. 

Un programme varié de manifestations accompagne cette exposition et analyse les différents thèmes. En outre, des films sont continuellement diffusés sur la vie et l’oeuvre de Cézanne.

Fondation Beyerler - Exposition spéciale : Cézanne et l’Art Moderne
Avec des œuvres de Cézanne, Picasso, Braque, Léger, Klee, Matisse, Mondrian, Giacometti, Rothko, de Kooning et Kelly
10 octobre 1999 - 9 janvier 2000 

Heures d’ouverture: du lundi à dimanche, de 10 à 18 heures, chaque mercredi jusqu’à 20 heures.
Fermé les 24 et 25 décembre 1999