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16/05/19

Expositions d'intérêt national 2019 en France

Actions en faveur des musées de France : 15 expositions ont reçu le label « Exposition d’intérêt national »

Franck Riester, ministre de la Culture a retenu une liste de 15 expositions, présentées dans des musées de France, afin de leur attribuer le label « Exposition d'intérêt national» en 2019. Le ministre a souligné que « ces expositions participent à la politique d’action territoriale et à une meilleure répartition de l’aide de l’État entre les collectivités porteuses de projets. »

Le label Exposition d’intérêt national a été créé par le ministère de la Culture pour mettre en valeur et soutenir des expositions remarquables organisées par les musées de France. Il récompense un discours muséal innovant, une approche thématique inédite, une scénographie et un dispositif de médiation destinés aux publics les plus variés, tout particulièrement dans le cadre de l’éducation artistique et culturelle.

Ces « Expositions d’intérêt national » s’inscrivent dans le cadre de la politique de démocratisation culturelle menée par le Ministère de la Culture. Elles mettent en lumière des thématiques qui reflètent la richesse et la diversité des collections des 1220 musées de France. Des subventions exceptionnelles sont attribuées aux projets sélectionnés.

Les 15 expositions retenues en 2019 sont les suivantes :

Auvergne Rhône-Alpes

Saint-Etienne, musée d'art et d'industrie
Vendre de tout, être partout. Casino
21 mars 2019 – 6 janvier 2020

Bourgogne Franche-Comté

Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie
Une des provinces du rococo. La Chine rêvée de François Boucher
8 novembre 2019 – 2 mars 2020

Ornans, musée Gustave Courbet
Yan Pei-Ming face à Courbet
12 juin - 30 septembre 2019

Centre – Val de Loire

Blois, Château royal de Blois
Enfants de la Renaissance         
18 mai - 1er septembre 2019

Montargis, musée Girodet
Girodet face à Géricault, ou la bataille romantique du Salon de 1819
12 octobre 2019-15 janvier 2020

Hauts-de-France

Le Cateau-Cambresis, musée départemental Matisse
Ce que les Maîtres ont de meilleur. Matisse élève et professeur, 1890-1911
9 novembre 2019 – 9 février 2020

Ile-de-France

Paris, musée d’art et d’histoire du judaïsme
Helena Rubinstein. L’aventure de la beauté         
20 mars – 25 août 2019

Nouvelle Aquitaine

Angoulême, musée de la bande dessinée, Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Mode et bande dessinée
26 juin 2019 – 5 janvier 2020

Niort, Communauté d'agglomération du niortais, musée Bernard d'Agesci
Bernard d'Agesci (1756-1829), forgeur d'Histoires à Niort             
25 janvier - 19 mai 2019

Rochechouart, Château de Rochechouart, Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne
Raoul Hausmann et les poésies expérimentales 
4 octobre - 15 décembre 2019

Occitanie

Céret, Musée d’art moderne de Céret
André Masson, une mythologie de l’être et de la nature
22 juin - 27 octobre 2019

Lattes, Site archéologique Lattara - musée Henri Prades
L’aventure phocéenne. Grecs, Ibères et Gaulois en Méditerranée nord - occidentale             
23 novembre 2019 – 6 juillet 2020

Toulouse, Les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse
Peter Saul - Pop, Funk, Bad Painting and More           
20 septembre 2019 - 26 janvier 2020

Pays-de-la-Loire

La Roche sur Yon, musée de La Roche-sur-Yon
Dans l'intimité d'un empereur... Napoléon Ier, l'époux, le père, l'amant
23 mars – 23 juin 2019

Provence Alpes Côte d’Azur

Hyères, La Banque, musée des Cultures et du Paysage
Face au soleil (1850-1950)
21 septembre 2019 - 19 janvier 2020

Ministère de la Culture
www.culture.gouv.fr

12/04/14

Louvre Abu Dhabi. Naissance d’un musée : Exposition au musée du Louvre, Paris

Louvre Abu Dhabi. Naissance d’un musée
Musée du Louvre, Paris
2 mai - 28 juillet 2014

Le Louvre Abu Dhabi dévoile, pour la première fois en France, le meilleur de sa toute jeune collection ; plus de cent soixante des plus beaux chefs-d'œuvre déjà acquis par le musée émirien seront présentés en mai, à Paris, lors d’une exposition d’envergure intitulée « Naissance d’un musée ». Le Louvre Abu Dhabi, qui ouvrira ses portes en décembre 2015, sera le premier musée universel créé au Moyen-Orient, dans une région au carrefour des civilisations. Sa collection d’œuvres anciennes et contemporaines, provenant de différents pays, se constitue progressivement depuis 2009, au fil des acquisitions. L’exposition permettra au public français de découvrir, en avant-première, la richesse des collections du futur musée mais également d’en appréhender le projet architectural et culturel.

Bracelet aux figures de lions
Iran, Ziwiyé, VIIIe-VIIe siècle av. J.-C.
Or, L. max. 6,5 cm ; D. max. 9,5 cm
LAD.2009.019
© Louvre Abu Dhabi / Thierry Ollivier

Louvre Abu Dhabi : Une collection permanente dévoilée à Paris

L’exposition « Naissance d’un musée » constitue la première présentation d’envergure à Paris de la collection du Louvre Abu Dhabi, associée à l’évocation de l’architecture de Jean Nouvel ainsi qu’à celle du contexte local de son développement. Elle dévoilera une sélection de plus de cent soixante œuvres acquises depuis 2009 par l’Émirat qui a bénéficié de l’expertise des équipes d’Abu Dhabi et de l’Agence France-Muséums. Parmi ces œuvres d’exception, on trouve une statuette appelée « Princesse » de Bactriane, un bracelet en or aux figures de lions fabriqué en Iran il y a près de 3000 ans (photo ci-dessus), une rare sphinge archaïque grecque, un grand Bodhisattva provenant du Pakistan, une fibule (broche) d’or et de grenats d’Italie datant du Ve siècle après J.-C., une magnifique Vierge à l’Enfant de Giovanni Bellini (photo ci-dessous), des tableaux de Jordaens, Caillebotte, Manet, Gauguin, Magritte, un papier-collé inédit de Picasso et neuf toiles du peintre américain Cy Twombly, récemment disparu. Le propos de l’exposition se construit autour d’un fil chronologique et de quelques grandes questions artistiques et esthétiques qui soulignent d’ores et déjà les principes au cœur de l’identité du Louvre Abu Dhabi : l’universalisme, la mise en regard des témoignages artistiques des grandes civilisations, des temps les plus anciens à la scène contemporaine, en soulignant le caractère pluridisciplinaire des champs de la création artistique.

Une exposition similaire avait déjà été présentée au public d’Abu Dhabi du 22 avril au 20 juillet 2013 à Manarat Al Saadiyat, au centre d’art et d’exposition du District Culturel de l’île de Saadiyat. L’exposition avait été inaugurée par Son Excellence Cheikh Hazaa Bin Zayed Al Nahyan, Vice-Président du Conseil Exécutif de l’Emirat d’Abu Dhabi, en présence de Madame Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication.

Giovanni Bellini (Venise, v. 1430-1516)
Vierge à l’Enfant
Italie, Venise, vers 1480-1485
Huile sur bois, H. 70,5 cm ; L. 50,5 cm
LAD.2009.013
© Louvre Abu Dhabi / Thierry Ollivier

Louvre Abu Dhabi : Premier musée universel dans le monde arabe

Par un accord intergouvernemental signé le 6 mars 2007, les Émirats Arabes Unis et la France ont décidé de la création d’un musée universel portant le nom de Louvre Abu Dhabi et dont l’ouverture est prévue en décembre 2015. Ce geste sans précédent, établit les fondements d’un nouveau type de collaboration culturelle entre deux pays autour de la naissance d’une institution nationale. Premier musée universel dans le monde arabe, le Louvre Abu Dhabi est un projet ambitieux, portant au plus profond de son identité les notions de découverte, de rencontre et donc d’éducation. Le futur musée ne sera en rien une copie du Louvre à Abu Dhabi, mais une institution originale, ayant ses propres collections, qui formulera une autre proposition de musée universel, reflet de son temps et de la tradition locale qui l’accueille.

Le Louvre Abu Dhabi se propose d’être un lieu de dialogue entre les civilisations et les cultures. Il construira sa singularité sur une vision transversale de la création artistique et s’appuiera sur un dispositif inédit de présentation des collections qui associera durant dix ans, sur un principe de rotation, des prêts des collections françaises et la collection propre du Louvre Abu Dhabi, en cours de constitution.

La construction du Louvre Abu Dhabi, imaginé par Jean Nouvel, lauréat du Prix Pritzker, a commencé sur l’île de Saadiyat. Conçu comme une « ville-musée », protégée du soleil par une grande coupole, les bâtiments avancent sur l’eau. Le Louvre Abu Dhabi s’étendra sur près de 64 000 m2, avec 9200 m2 réservés pour les galeries d’art, 6000 m2 pour la galerie permanente et 2000 m2 pour des expositions temporaires d’envergure internationale.

Muhammad B. Ahmad B. Lahsan al-Battûtî 
Astrolable planisphérique 
Maroc, 1139 de l’hégire (1726-1727) 
laiton coulé, martelé et grave, rehaussé de clous en argent, diam. 22cm
LAD 2009.027
© Louvre Abu Dhabi

Commissaires de l’exposition : Vincent Pomarède, directeur du département des Peintures, directeur de la Médiation et de la Programmation Culturelle, musée du Louvre, est commissaire général de l’exposition, associé à Laurence des Cars, directrice du musée de l’Orangerie et à Khalid Abdulkhaliq Abdulla, commissaire associé, Abu Dhabi Tourism & Culture Authority.

L’Agence France-Muséums, présidée par Marc Ladreit de Lacharrière, réunit les institutions partenaires du Louvre Abu Dhabi : le musée du Louvre, le Centre Pompidou, l’établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie, la Bibliothèque nationale de France, le musée du quai Branly, la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, le musée et domaine national de Versailles, musée national des arts asiatiques Guimet, l’École du Louvre, le musée Rodin, le domaine national de Chambord, l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture. Le conseil scientifique de l’Agence France-Muséums est présidé par Jean-Luc Martinez. Manuel Rabaté est directeur général de l’Agence.

Louvre Abu Dhabi : Editions
Catalogue de l’exposition : Louvre Abu Dhabi. Naissance d’un musée, sous la direction de Laurence des Cars. Coéd. musée du Louvre éditions/Tourism and Culture Authority (TCA)/Skira Flammarion. 320 p., 300 ill. En français (45€), anglais (49€) et arabe (65€).
L’album : sous la direction de Laurence des Cars, Vincent Pomarède et Khalid Abdulkhaliq Abdulla. 56 p., 70 ill. Coéd. musée du Louvre éditions/Flammarion. En français, anglais et arabe (9,90€).

Musée du Louvre, Paris
www.louvre.fr 

05/01/14

Centre Pompidou : Bilan fréquentation 2013

La fréquentation du centre pompidou en 2013 égale le record établi en 2012

Au musée et dans ses expositions, le Centre Pompidou a réalisé 3,745 millions d’entrées en 2013. Cette fréquentation est sensiblement équivalente au record historique établi en 2012 (3,791 millions de visites).

Elle est à l’image du succès de l’exposition Roy Lichtenstein (546 229 visiteurs) ou encore celle de Dalí (790 090 visiteurs), qui a confirmé l’engouement du public pour les grandes rétrospectives monographiques. Le public a également été nombreux à découvrir l’oeuvre de Simon Hantaï (260 365 visiteurs) ou de Pierre Huyghe (actuellement plus de 1 700 visiteurs par jour).

Hors les murs, les expositions proposées par le Centre Pompidou ont également rencontré un vif succès avec près de 667 000 visiteurs.

Le public brésilien a notamment réservé un excellent accueil à l’exposition « Elles » au Centro Cultural Banco do Brasil de Rio de Janeiro (247 290 visiteurs) et au CCBB de Belo Horizonte (67 309 visiteurs) ; en Suisse, l’exposition « Modigliani » présentée à la Fondation Gianadda à Martigny a reçu 155 000 visiteurs ; à Dhahran en Arabie Saoudite, l’exposition « Couleurs Pures » a accueilli en six semaines 44 113 visiteurs.

Enfin, www.centrepompidou.fr, centre de ressources et plateforme de diffusion de contenus sur internet, a accueilli près de 6 millions de visites.

29/09/13

Musée Henner : Fermeture pour travaux, 2013-2014-2015

Le musée Henner à Paris est fermé pour travaux depuis la mi-septembre 2013. Les travaux se prolongeront en 2014 et jusqu'au printemps 2015

Le ministère de la Culture et de la Communication et le musée Jean-Jacques Henner annoncent la fermeture du musée pour la réalisation de travaux inscrits dans le cadre du plan Musées 2011-2013. Les travaux débuteront en février 2014. Le musée est fermé depuis le 17 septembre 2013 et la fermeture est prévue jusqu'au printemps 2015. Ce projet, confié à l'architecte Sylvie Jodar, vise à retrouver l'esprit de maison d'artistes qui caractérise cette institution. Après avoir accompagné le musée pour une première phase de rénovation en 2008 et 2009, le Groupe Henner a renouvelé son soutien pour cette opération. 

Situé dans le quartier de la plaine Monceau, l’hôtel particulier qui abrite aujourd’hui le musée consacré au peintre Jean-Jacques Henner (1829-1905) est à, l’origine, la demeure et l’atelier de Guillaume Dubufe (1853-1909). En 1921, les héritiers de Henner l'achètent puis le lèguent à l’Etat pour créer un « musée national à la mémoire de Jean-Jacques Henner » qui ouvre trois ans plus tard. Les collections du musée retracent, de son Alsace natale à Paris où Jean-Jacques Henner a fait carrière, en passant par la Villa Médicis où il a séjourné après l'obtention du Grand prix de Rome de peinture, l’itinéraire d’un artiste considéré au début du 20ème siècle comme l’un des plus importants de son temps. 

Pour plus d'informations sur l'artiste Jean-Jacques Henner et ses oeuvres sur ce blog, vous pouvez vous lire les présentations de deux expositions organisées par le musée Henner : De l'impression au rêve. Paysages de Jean-Jacques Henner, où figurent d'intéressants éléments biographiques sur le peintre, et La représentation du nu (1895-1905).

Les travaux au Musée Henner portent sur :

La réhabilitation du salon aux colonnes et du jardin d'hiver avec la construction d'une nouvelle verrière

Espace de réception aménagé à partir de 1878, le salon aux colonnes est remarquable par son grand plafond à caissons, inspiré de la Renaissance. Il s'ouvre sur une terrasse et un jardin d'hiver couvert par une verrière et dont le sol est orné d'une mosaïque. Très endommagée, la verrière actuellement visible date de 1987 et nécessite aujourd’hui d'être remplacée.

Pour le plus grand plaisir de ses invités dont Jean-Jacques Henner fit très régulièrement partie, Guillaume Dubufe organisait, sur la scène surplombant le jardin d'hiver, des représentations de danse ou de théâtre. Afin de renouer avec l’atmosphère qui régnait dans cette maison d'artistes, la rénovation permettra de restituer ce lieu de réception et d'y créer un salon de thé. Le musée y programmera des manifestations culturelles valorisant le patrimoine artistique de la fin du 19ème siècle et la création contemporaine. 

La création de réserves et d'un atelier technique

Ces aménagements seront installés sur deux niveaux avec l'implantation d'une mezzanine. Ils amélioreront les conditions de conservation des collections et faciliteront l'étude des 545 peintures, 1300 dessins, photographies, sculptures et mobiliers, et 4000 lettres autographes qui constituent un témoignage unique du travail quotidien de Henner dans son atelier. 

MUSEE HENNER 
43 avenue de Villiers 75017 Paris

www.musee-henner.fr

10/09/13

Désirs et voluptés à l'époque victorienne, Musée Jacquemart-André, Paris, puis à Rome, Madrid et Londres

Désirs et voluptés à l'époque victorienne
Désirs et voluptés: Victorian Masterpieces
Musée Jacquemart-André, Paris
13 septembre 2013 - 20 janvier 2014

Chiostro del Bramante, Rome, 15 février - 5 juin 2014
Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid, 23 juin - 5 octobre 2014
Leighton House Museum, London 

Lawrence Alma-Tadema 
Les Roses d'Héliogabale, 1888 
Collection Pérez Simón, Mexico 
Photo © Studio Sébert Photographe

L’exposition Désirs et volupté à l’époque victorienne au Musée Jacquemart-André invite le grand public à découvrir pour la première fois en France les artistes célèbres de l’Angleterre de la reine Victoria au XIXe siècle, dont Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912), Sir Frederic Leighton (1830-1896), Edward Burne-Jones (1833-1898) ou encore Albert Moore (1841-1893). A travers une cinquantaine d’œuvres exposées, les artistes de cette période ont en commun de célébrer le « culte de la beauté ».

Première puissance mondiale sous le règne de Victoria (1837-1901), la Grande-Bretagne connaît de profonds bouleversements économiques et sociaux. Dans ce contexte marqué par le puritanisme, les peintres expriment à travers leur sensibilité un art qui contraste avec la rudesse de cette époque et sa rigueur morale : retour à l’Antiquité, femmes dénudées, peintures décoratives somptueuses, compositions médiévales, expressions poétiques et symboliques héritières des préraphaélites...

John William Waterhouse
Le chant du printemps, 1913 
Collection Pérez Simón, Mexico 
Photo © Studio Sébert Photographe

La quête esthétique est le maître-mot de ces artistes qui ont fait de la beauté un absolu et un art de vivre. Le sujet principal de ce mouvement artistique, dénommé « Aesthetic Movement », est la femme. Son corps n’est plus entravé comme dans la vie quotidienne, mais symbolise une féminité idéale, objet de désir. Dépeintes dans un cadre de vie réinventé, ces femmes voluptueuses se muent en héroïnes antiques ou médiévales. Une nature luxuriante et des palais somptueux servent de décors à ces femmes sublimes, lascives, sensuelles, amoureuses, bienfaisantes ou maléfiques. La peinture devient un rêve éveillé, foisonnant de symboles.

Frederic Leighton
Crenaia, la nymphe de la rivière Dargle 
Collection Pérez Simón, Mexico 
Photo © Studio Sébert Photographe

Frederic Leighton
Jeunes filles grecques ramassant des galets sur la plage, 1871 
Collection Pérez Simón, Mexico 
Photo © Studio Sébert Photographe

Les œuvres exposées au Musée Jacquemart-André, dont certaines sont de véritables icônes de l’art britannique (Les Roses d’Héliogabale de Lawrence Alma-Tadema (oeuvre ci-dessus), Les Jeunes filles grecques ramassant des galets sur la plage de Frederic Leighton (oeuvres ci-dessus), Un Quartet. Hommage du peintre à l’art de la musique d’Albert Moore, ou encore Andromède de Edward John  Poynter...), appartiennent à l’une des plus importantes collections de peinture victorienne en main privée : la collection Pérez Simón.

John Everett Millais (1829-1896) 
La  Couronne  de  l’amour, 1875 
Collection Pérez Simón, Mexico 
Photo © Studio Sébert Photographe

Les peintres Lawrence Alma-Tadema, Edward Burne-Jones, John William Godward, Frederick Goodall, Arthur Hughes, Talbot Hughes, Frederic Leighton, Edwin Long, John Everett Millais oeuvre ci-dessus), Albert Moore, Henry Payne, Charles Edward Perugini, Edward John Poynter, Dante Gabriel Rossetti, Emma Sandys, Simeon Solomon, John Strudwick (oeuvre ci-dessous), John William Waterhouse et William Clarke Wontner, emblématiques de cette période victorienne, sont représentés à cette occasion.

John Strudwick 
L'Age d'Or 
Collection Pérez Simón, Mexico 
Photo © Studio Sébert Photographe

Une exposition internationale : Paris, Rome, Madrid, Londres

L’exposition Désirs et volupté à l’époque victorienne, qui se tiendra du 13 septembre 2013 au 20 janvier 2014 au Musée Jacquemart-André à Paris, sera ensuite présentée à Rome au Chiostro del Bramante du 15 février au 5 juin 2014, au Musée Thyssen-Bornemisza à Madrid, du 23 juin au 5 octobre 2014, puis au Leighton House Museum, London.

Commissaire de l'exposition : Véronique Gerard-Powell

Horaires : Ouvert tous les jours de 10h à 18h. Nocturne  tous  les  lundis  et samedis  jusqu’à  20h30.  

Musée Jacquemart-André
158, boulevard Haussmann - 75008 PARIS

22/07/13

Paysages d’eau. Oeuvres impressionnistes de la première heure, Musée de Louviers, Eure

Paysages d’eau. Oeuvres impressionnistes de la première heure
Musée de Louviers, Eure
Commissaires de l’exposition : Philippe Piguet et Michel Natier
Jusqu'au 30 septembre 2013

Claude MONET
Blanche Hoschedé (Monet) peignant avec sa soeur Suzanne au bord de l’eau, 1887
Huile sur toile, 39 x 50 cm
Collection particulière

Inaugurée le mercredi 16 avril 1874 dans l’ancien local du photographe Nadar, au 35 boulevard des Capucines, à Paris, à deux pas de l’Opéra, l’exposition que l’histoire allait retenir sous le nom de « première exposition des impressionnistes » rassemble une vingtaine d’artistes.

Paysages d’eau, oeuvres impressionnistes de la première heure est l’occasion de faire découvrir un ensemble d’oeuvres d’une partie des artistes qui ont participé à une ou à plusieurs des expositions fondatrices de l’impressionnisme entre 1874 et 1886, en s’appliquant à mettre en exergue le thème de l’eau retenu par le festival Normandie impressionniste 2013. L’idée qui gouverne ce projet est de témoigner de la préoccupation de ces artistes novateurs dans le traitement du paysage marqué par la présence de l’eau, qu’il s’agisse de bords de rivières, de mer, de mares ou de simples événements climatiques où la lumière joue un rôle fondamental.

Edouard BELIARD 
Pontoise vue de l’écluse, 1872
Huile sur toile, 38 x 65 cm
Musée Camille Pissarro, Pontoise

L’exposition du musée de Louviers rassemble plus d’une quarantaine de peintures, dessins, gravures et céramiques de ces maîtres de l’impressionnisme, parmi lesquels figurent Edouard, Edmond-Joseph Béliard, Eugène Boudin, Félix Bracquemond, Pierre-Isidore Bureau, Adolphe-Félix Cals, Gustave Colin, Edgard Degas, Armand Guillaumin, Albert Lebourg, Stanislas Lépine, Claude Monet, Berthe Morisot, Joseph de Nittis, Camille Pissarro, Auguste Renoir, Henri Rouart, Alfred Sisley et Henry Somm.

Edouard BELIARD 
Le quai du Pothuis à Pontoise, effet de neige, 1875
Huile sur toile, 37 x 55 cm
Musée de l’Etampois

Issues pour l’essentiel de collections publiques ainsi que de deux collections privées, l’ensemble de ces oeuvres composent un tout atypique qui s’applique à faire valoir, par-delà le thème de l’eau, la grande diversité de la création artistique impressionniste. Si l’on rassemblait les quelques 1764 oeuvres des 56 artistes présentées au cours des huit expositions dites « impressionnistes », on prendrait vite la mesure de différences stylistiques notables. Phénomène d’époque à l’écho d’un monde en pleine transfor-mation, l’impressionnisme ne procède d’aucune doxa. C’est un mouvement - mieux une mouvance – qui s’est déterminée en toute liberté, comme il en était d’un moment de l’histoire de notre pays qui a gagné la sien-ne en se défaisant des oripeaux autoritaires de l’Ancien Régime et en instituant la République. 

On ne dira jamais assez l’étroite concordance qui existe entre ce qui désigne « la chose publique » et l’iconographie nouvelle qu’instruit l’impression-nisme dans le champ de l’art. Bien plus que n’importe quelle allégorie, scè-ne mythologique ou référence littéraire, ces « paysages d’eau » sont à la portée de tous. Ils invitent le regardeur tant à s’y retrouver dans la familiarité d’un site repéré que de s’y projeter sur le mode imaginaire, dans tous les cas de les appréhender dans un rapport mental au monde de la nature et à sa propre inscription à l’ordre de celui-ci. L’impressionnisme n’est pas qu’une simple esthétique, il est un mode d’emploi philosophique, une ma-nière de voir et d’être au monde.

Eugène BOUDIN
Sur la plage de Trouville, 1877
Huile sur toile
Musée des Beaux-arts de Reims

En parallèle à cet ensemble particulièrement singulier, est présentée une sélection de peintures des collections du musée de Louviers marquées par l’influence de l’impressionnisme, notamment de peintres de l’Ecole de Rouen : Frechon, Lemaître, Delattre et Pinchon, les unes datées autour de 1880, les autres dans la veine post-impressionniste.

Commissaires de l’exposition : Philippe Piguet, historien et critique d’art, et Michel Natier, directeur du musée de Louviers


Catalogue de l'exposition Paysages d’eau. Oeuvres impressionnistes de la première heure, par Philippe Piguet & Michel Natier, Coédition Musée de Louviers et éditions Point de vues, juin 2013, 22 x 22 cm, 120 p. Un très éclairant ouvrage que ne manqueront pas de se procurer ceux qui ont vu l'exposition et souhaitent s'y replonger chez eux, mais plus largement à conseiller à toutes celles et ceux qui s'intéressent aux peintres et à la peinture impressionnistes.

Exposition organisée par le musée de Louviers en partenariat avec l’Office de tourisme Seine-Eure.

Musée de Louviers 
Place Ernest Thorel, 27400 Louviers, Eure
www.ville-louviers.fr

11/07/13

Un air de Renaissance. La musique au 16e siècle, Musée national de la Renaissance, Château d’Ecouen

Un air de Renaissance. La musique au 16e siècle
Musée national de la Renaissance, Château d’Ecouen
11 septembre 2013 - 6 janvier 2014

ZACCHIA PAOLO
Portrait d’un joueur de viole (détail)
Huile sur bois
Musée du Louvre, département des Peintures
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux

Entre la musique médiévale qui court à elle seule sur près de huit siècles et la musique baroque désormais bien connue des mélomanes, la musique de la Renaissance n’a encore fait l’objet d’aucune grande exposition. Celle-ci entend ainsi réparer cette injustice.

Destinée à tous types de publics, initiés ou non, cette exposition décloisonne les disciplines pour redonner à la musique la place de premier plan qu'elle occupait à la Renaissance, alors au cœur de la civilisation. Sacrée ou profane, elle rythme les existences de toutes les couches de la société. Les enfants jouent un rôle primordial pendant l’office religieux catholique où ils chantent les voix aiguës aux côtés des hommes assurant les voix graves. Les femmes, exclues des chœurs d’églises n’en pratiquent pas moins l’art musical. Elles se produisent entre autre lors des fêtes de cour. Instruments très prisés dans les milieux aristocratiques et bourgeois, épinette, viole ou luth sont joués dans l'intimité du foyer. 

Dès la fin du 15e siècle, cet art connaît des évolutions majeures : essor de la pratique instrumentale, évolution formelle et technique des instruments, professionnalisation des musiciens qui sillonnent l'Europe de cour en cour et diffusion accrue des œuvres grâce aux partitions désormais imprimées. La pensée réformée suscite un nouveau rapport à la musique, la transforme en profondeur et favoris la pratique amateur. 

Le 16e siècle  voit  aussi  émerger  de  grandes  figures  de  compositeurs  tels  Josquin des Près, Vittoria, Lassus, Claude Goudimel, Claudin Cermisy, Albert de Rippes, Jacques Arcadelt ou encore Tallis. Leurs réflexions mèneront à la naissance de l’opéra, l’Orfeo de Monteverdi pouvant être considéré comme aboutissement de la Renaissance et premier chef-d’œuvre du Baroque. 

Au-delà du divertissement, la musique, élément essentiel à toute bonne éducation comme le précise Baldassare Castiglione dans Le Livre du Courtisan (1528), accompagne la vie des princes jusque dans leur manière de gouverner.

Le visiteur pourra découvrir les instruments et les répertoires de cette musique,  les conditions matérielles de sa pratique ainsi que son rôle social, symbolique et politique, grâce à une centaine  d’œuvres réunies parmi lesquels instruments de musique, partitions et traités ainsi que des tableaux, gravures et dessins ou encore des objets d’art. Le parcours thématique abordera quatre thèmes essentiels pour permettre l'immersion dans la musique de la Renaissance : la musique sacrée, traditions et mutations ; la musique profane et l'essor de la pratique instrumentale ; le retour à l’Antique ; les fastes de cour : danses, fêtes, entrées royales.

Commissaires de l'exposition : Thierry Crépin-Leblond, conservateur général, directeur du musée national de la Renaissance, Benoît Damant, musicien, musicologue, commissaire scientifique, Muriel Barbier, conservateur du patrimoine au musée national de la Renaissance.

Publication aux éditions de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, Paris 2013 : Catalogue de l’exposition, 192 pages, broché

Cette exposition est organisée par le musée national de la Renaissance, château d’Ecouen, et la Réunion des musées nationaux - Grand Palais. 

Ouverture / Horaires : tous les jours sauf le mardi de 9h30 à 12h45 et de 14h à 17h45 (17h15 à partir du 1er octobre 2013)

Musée national de la Renaissance, château d’Écouen

24/06/13

Expo Folie Textile, Palais de Compiègne - Mode et décoration sous le Second Empire

Folie textile, Mode et décoration sous le Second Empire
Musées et domaine nationaux du Palais de Compiègne
Jusqu'au 14 octobre 2013

« Visite » de la princesse Mathilde (détail), 1869, Second Empire
Soie brodée, laine
Musées et domaine nationaux du Palais de Compiègne
© Palais de Compiègne, Marc Poirier

Dans la décoration comme dans la mode, le textile a connu un remarquable engouement sous le Second Empire (1852-1870), encouragé tant par les fastes de la cour de Napoléon III et Eugénie que par le développement sans précédent de l'industrie. Tandis que les robes à crinoline requièrent des mètres de tissu et des accessoires toujours plus nombreux, la décoration intérieure des palais impériaux ou des hôtels particuliers fait elle aussi la part belle aux textiles, qui tapissent les murs et le mobilier comme en attestent les photographies de l'époque. Le textile devient symbole de richesse et de confort... Cette surenchère, portée par les innovations techniques et les premiers grands magasins, est telle que l'on peut parler d'une véritable « folie » textile. L'exposition du Palais de Compiègne se propose d'explorer l'originale profusion de ces textiles du Second Empire, et met en regard de façon inédite les correspondances entre textile d'habillement et textile d'ameublement.

Manufacture Thierry-Mieg & Cie
Robe d’intérieur imprimée, à motif cachemire et fond violet, vers 1865
Laine, sergé imprimé à la planche à dispositions
Mulhouse, Musée de l’Impression sur Etoffes
© Musée de l'Impression sur Etoffes / Photo David Soyer

Manufacture Thierry-Mieg & Cie
Echantillon avec oiseaux, coraux, coquillages et flore
Coton, toile imprimée à la planche
Mulhouse, Musée de l’Impression sur Etoffes
© Musée de l'Impression sur Etoffes / Photo David Soyer

Alors que le Second Empire voit la création des premiers colorants artificiels et la diffusion de l'impression sur étoffe, l'exposition s'attache à faire découvrir les couleurs et les motifs à la mode : fleurs, rayures et ornements orientalistes envahissent le textile. Une évocation des ateliers du tapissier et de la couturière présente les étapes de mise en forme des textiles et leurs indispensables accessoires (passementeries, dentelles, broderies et rubans...). Le visiteur peut aussi découvrir les multiples applications du textile dans la vie des contemporains de la haute société du Second Empire, à travers une série de panoramas mettant en scène les textiles dans la diversité de leurs usages : reconstitution d'un appartement d'un invité de la cour, évocation de la chambre de l'impératrice Eugénie à l'Elysée, autour de son lit somptueux, présenté pour la première fois depuis sa restauration.

Robe du soir, vers 1860
Soie, reps de soie, taffetas imprimé sur chaîne
Château-Chinon, musée du costume
© Conseil Général de la Nièvre

Grand frères (Lyon, 1807-1869)
Rideau d’inspiration chinoise pour l’hôtel de la marquise de Païva, 1865
Soie, satin Rose de Chine, doublé avec bordure brochée à dessin chinois, 293 x 158 cm
Paris, Tassinari et Chatel
© Photo Carole Damour pour Tassinari et Chatel

L'exposition Folie textile, Mode et décoration sous le Second Empire présente près de deux cents œuvres, vêtements, textiles d'ameublement mais aussi peintures, aquarelles et photographies montrant l'attention accordée par les artistes à la représentation du textile. Les visiteurs peuvent découvrir la fascinante collection de vêtements liés à l'impératrice Eugénie et à la princesse Mathilde, cousine de Napoléon III, que le Palais de Compiègne n'expose qu'exceptionnellement pour des raisons de conservation. La création textile du Second Empire est abordée dans toute sa variété et son extraordinaire qualité, grâce aux prêts remarquables consentis notamment par le Musée de l'Impression sur Etoffes de Mulhouse, partenaire de l'exposition, le musée des Tissus de Lyon, le Mobilier national, le château de Fontainebleau, le musée du costume de Château-Chinon, les Arts Décoratifs, Galliera - musée de la Mode de la Ville de Paris, ainsi que les maisons Prelle et Tassinari & Chatel.

L’exposition Folie textile, Mode et décoration sous le Second Empire est organisée par les musées nationaux du Palais de Compiègne et le Musée de l'Impression sur Etoffes de Mulhouse.

Commissariat général : Emmanuel Starcky, directeur des musées et domaine nationaux du Palais de Compiègne et de Blérancourt, et Isabelle Dubois-Brinkmann, conservatrice au musée de l'Impression sur 
Etoffes de Mulhouse.
Commissaires de l'exposition: Brigitte Hedel-Samson, conservateur en chef, Laure Chabanne et Marie-Amélie Tharaud conservateurs du patrimoine, aux musées et domaine nationaux du Palais de Compiègne

Horaires : tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à 18 h (dernière admission à 17 h15). 

Catalogue de l’exposition Folie textile, Mode et décoration sous le Second Empire
22 x 28 cm, 144 pages, 180 illustrations, broché
Editions de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, Paris 2013

Sommaire : Introduction, Emmanuel Starcky, Isabelle Dubois-Brinkmann ; Thèmes et motifs des textiles, Isabelle Dubois-Brinkmann ; Du fabricant à l’artiste : la soierie lyonnaise, Maximilien Durand ; L’impression des étoffes, Anne-Rose Bringel ; L’industrie du textile imprimé, Isabelle Dubois-Brinkmann ; Chez la couturière, Françoise Tétart-Vittu ; Luxe, mode et fantaisie. Le textile dans le décor intérieur, Laure Chabanne ; Les textiles des appartements impériaux du palais de Compiègne, Marc Desti ; Le lit à colonnes des appartements de l’impératrice Eugénie au palais de l’Elysée, Laure Chabanne ; L’utilisation des tissus dans l’ameublement des résidences impériales. L’exemple du palais de Fontainebleau, Vincent Cochet ; Les appartements d’invités 33 et 34 du palais impérial de Compiègne, Marc Desti ; S’habiller à la cour, les règles de l’apparence, Marie-Amélie Tharaud ; glossaire ; bibliographie.

Auteurs : Emmanuel Starcky, Directeur des musées et domaine nationaux du palais de Compiègne et de Blérancourt, Isabelle Dubois-Brinkmann, Conservateur au Musée de l’Impression sur Etoffes, Mulhouse, Maximilien Durand, Directeur du Musée des Tissus, Lyon, Anne-Rose Bringel, Restaurateur au Musée de l’Impression sur Etoffes, Mulhouse, Françoise Tétart-Vittu, Historienne de la mode, Laure Chabanne, Conservateur au palais de Compiègne, Vincent Cochet, Conservateur au Château de Fontainebleau, Marc Desti, Conservateur au palais de Compiègne, Marie-Amélie Tharaud, Conservateur au palais de Compiègne.

Du 8 novembre 2013 au 12 octobre 2014, le Musée de l’Impression sur Etoffes de Mulhouse propose une autre version de l’exposition Folie textile. Mode et décoration sous le Second Empire. Elle montre la fabrique de l'Histoire à travers le mouchoir et la toile à personnages rouennais : outre les portraits des souverains, la guerre de Crimée comme la campagne d'Italie, les Expositions universelles comme les travaux haussmanniens contribuent à la mise en scène de l'empire. Par ailleurs, cette deuxième exposition souligne l'importance des productions textiles du Haut Rhin : les « meubles riches », tissus d'ameublement haut de gamme souvent imprimés encore à la main, comme les tissus pour robes connaissent un succès fulgurant auprès d'une classe moyenne désireuse de posséder l'illusion du luxe. Une série de robes d'intérieur en laine à motifs cachemires reflète l'opulence des tenues d'intérieur.

Musées et domaine nationaux du Palais de Compiègne
Place du Général de Gaulle 
60200 - Compiègne

20/07/12

La représentation du nu, Musée Jean-Jacques Henner, Paris


La représentation du nu (1895-1905) 
Musée Jean-Jacques Henner, Paris 
Jusqu'au 4 novembre 2012

Après De l'impression au rêve. Paysages de Jean-Jacques Henner, le musée Henner à Paris présente jusqu'au 4 novembre 2012 une nouvelle exposition La représentation du nu (1895-1905) autour d'oeuvres de l'artiste Jean-Jacques Henner (1829-1905). Le Musée national Jean-Jacques Henner présentera ensuite Sensualité et spiritualité. A la recherche de l'absolu, du 16 novembre 2012 au 2 juillet 2013.

Jean-Jacques Henner (1829-1905), La Vérité (étude)
Musée national Jean-Jacques Henner, Paris
(c) RMN / Tony Querrec

La figuration du corps est au coeur des préoccupations artistiques de Jean-Jacques Henner. Composée d'une vingtaine d’oeuvres, peintures et dessins inédits, l'exposition La représentation du nu permet de mieux comprendre les étapes de création d'une oeuvre et les recherches du peintre alsacien pour représenter le nu. Elle s'articule autour de trois tableaux importants des dernières années de sa carrière : Atala, Le Lévite d'Ephraïm et sa femme morte et La Vérité.

Dans ces oeuvres, les chairs blanches, qui font écho à l'idée de pureté, se détachent avec force de fonds noirs ou bruns. Henner accentue ainsi le caractère dramatique de la scène figurée : le Lévite contemplant le corps de sa femme tuée par des brigands ou Chactas celui d'Atala qui, malgré son amour, s'empoisonne pour ne par rompre le serment de sa mère, qui l'avait consacrée à la Vierge. C'est cet attachement à la représentation de la souffrance humaine qui fait également de Jean-Jacques Henner le dernier des romantiques.

Au-delà de la reconnaissance de leur qualité plastique, les contemporains de Jean-Jacques Henner ont interprété ces tableaux à la lumière du contexte politique de l'affaire Dreyfus.  Ainsi, le sénateur Auguste Scheurer-Kestner, fervent défenseur de Dreyfus, écrit à son ami Henner dans une lettre du 29 mai 1898 : « Les terribles émotions que m'a données l'affaire Dreyfus m'ont mis à bas physiquement […] Que je vous fasse mon compliment sur votre Ephraïm. Cela sort de ce que vous faites ordinairement parce que vous avez mis du sentiment. La figure de ce Juif est pleine de douleur ! ». 

Atelier rouge 
Musée national Jean-Jacques Henner, Paris
(c) RMN / Stéphane Maréchalle

Le Musée Henner propose un ensemble d'activités culturelles dont voici l'agenda d'août à novembre 2012 

Parcours-atelier de dessin pour les enfants
- 19 août de 15h à 16h30 : « Carnets de voyage » (6 à 10 ans)
- 21 octobre : 14h-15h30, « La Demeure d'un peintre »  (5 à 7 ans)
16h-17h30, « La Demeure d'un peintre »  (8 à 13 ans)
- 18 novembre :  14h-15h30, « Carnets de voyage » (5 à 7 ans)
16h-17h30, « Carnets de voyage » (8 à 13 ans)

Dans le cadre des Nocturnes (le 1er jeudi de chaque mois) :
- 6 septembre de 19h à 20h : Lecture « Les Chants de Maldoror » du Comte de Lautréamont et « Le Roi au Masque d'Or » de Marcel Schwob, avec Jérémie Le Louët (comédien) et Simon Denis (musique)
- 4 octobre de 19h à 20h : Concert « La guitare classique à l'époque de Henner », avec Michel Rolland, professeur au Conservatoire d'Evry et au Conservatoire Jean-Philippe Rameau, Paris 6e
- 1er novembre de 18h30 à 20h30 : Séance de dessin avec modèles vivants « Esprits et portraits post mortem, représenter les morts au 19ème siècle », par Dr Sketchy Anti-Art School

A l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine (15-16 septembre 2012), le musée Henner ouvrira exceptionnellement au public son jardin d'hiver qui fera en 2013 l'objet d'une vaste campagne de réhabilitation.

Musée national Jean-Jacques Henner
43 avenue de Villiers
75017 Paris
www.musee-henner.fr
www.henner-intime.fr (blog) sur votre téléphone portable avec l'application oMusée

05/02/12

Exposition Musée Jean-Jacques Henner, Paris - De l'impression au rêve. Paysages de Jean-Jacques Henner


De l'impression au rêve. Paysages de Jean-Jacques Henner, Musée national Jean-Jacques Henner, Paris
Commissaire d'exposition : Marie-Hélène Lavallée
Jusqu'au 2 juillet 2012 

Jean-Jacques Henner, Vue du Cap 
Campanella depuis Capri, vers 1862
(c) RMN / Tony Querrec

Construite à partir de plus quatre-vingt-dix peintures et dessins sortis de ses réserves et restaurés, l'exposition De l'impression au rêve. Paysages de Henner au musée Henner à Paris propose au visiteur de découvrir dans cette authentique maison-atelier d'artiste, comment Jean-Jacques Henner (1829-1905) invente, au fil des années, sa peinture de paysage et son langage pictural. 

Alors qu'une partie des artistes de la deuxième moitié du XIX° siècle s'efforcent de témoigner de leur temps en empruntant leurs sujets dans la vie quotidienne et en utilisant des techniques novatrices, dites impressionnistes, Henner suit d'autres voies. Il construit un univers qui lui est propre où la réalité observée se transforme en vision onirique. Dès 1864, après cinq années passées comme pensionnaire à la Villa Médicis à Rome, il abandonne la peinture « d'après nature ».  Inspiré par les maîtres anciens, poètes ou peintres, il invente, en atelier, un paysage idéal. Nus bucoliques, nus idylliques, nymphes et autres naïades peuplent un paysage rêvé, celui de son Alsace perdue.

JEAN-JACQUES HENNER : L'ALSACE OBSERVEE, L'ALSACE REVEE
Jean-Jacques Henner puise ses premiers sujets dans son environnement immédiat (la route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix). Il porte d'abord son attention sur le rendu réaliste des détails qui caractérisent certaines scènes puis abandonne cette démarche. Les buissons, les arbres et les étangs observés dans la campagne alsacienne deviennent dès lors des formes colorées. Il s'attache plus volontiers à restituer des effets atmosphériques (Vallée de Munster, crépuscule après l'orage).

JEAN-JACQUES HENNER : LA FASCINATION DE L'ITALIE
En 1858, Jean-Jacques Henner obtient le Grand prix de Rome de peinture et passe cinq années comme pensionnaire à la Villa Médicis. L'Italie est, pour lui, une véritable révélation. Influencé par Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819) et Camille Corot (1786-1875), il s'exerce à restituer la réalité des toits, des maisons et des ruelles, des arbres et des rochers, des torrents, des montagnes et des volcans, de la mer sous des lumières différentes (Baie de Naples). S'imprégnant des jeux de lumière et des ombres portées, étudiant formes et volumes, il se constitue un véritable répertoire.

JEAN-JACQUES HENNER : L'ALSACE PERDUE, L'ALSACE SUBLIMEE 
A partir des années 1870 et jusqu'à la fin de sa vie, Jean-Jacques Henner peint de rares tableaux de paysage. Vue de Cernay, Alsace, dit de Troppmann Kinck  illustre parfaitement son traitement personnel de ce genre pictural. L'évocation est réduite à quelques motifs, un buisson, un étang, une prairie et quelques couleurs, brun, bleu, vert. Il confère à ce paysage pur, symbole de l'Alsace perdue et dont il rêve, un caractère immuable et intemporel. Il le peuple de nus féminins, nymphe ou naïade, qui empruntent des poses inspirées par Titien.  Intitulés Idylle ou Églogue, ces tableaux sont empreints d'une poésie qui a marqué les visiteurs des Salons comme Sarah Bernhardt : « Quand je m'arrête devant l'Églogue de M. Henner, je me repose devant ce calme, j'écoute cette musique et je m'enveloppe de poésie ». 

JEAN-JACQUES HENNER : LA RECHERCHE D'UN IDEAL 
Dans les années 1880, tout en répondant aux demandes nombreuses des amateurs et marchands en peignant  des variantes des tableaux appréciés au Salon, Henner poursuit ses recherches autour des compositions avec un seul nu féminin. Qu'ils s'intitulent Fontaine ou Source, ces tableaux semblent plus être des déclinaisons d'un seul et même sujet, une figure, debout ou assise, de profil, de face ou de dos réduite à une forme nacrée se détachant dans un ciel bleu. Il ne s'intéresse pas au sujet de ses tableaux: « Que m'importe le sujet dans un tableau ? Voyez telle œuvre. Qu'y a-t-il ? Deux taches blanches qui sont des femmes, sur une tache verte et une tache bleue, qui forment un fond d'arbres et un ciel. Où est le sujet ? ».

Henner résume ainsi sa démarche créatrice : « Je rêve quelque chose et je n'arrive pas à réaliser mon rêve; il faut trouver la forme et la couleur appropriée ».

LE MUSEE NATIONAL JEAN-JACQUES HENNER, PARIS

Situé dans le quartier de la plaine Monceau, l'hôtel particulier qui abrite aujourd'hui le musée consacré au peintre Jean-Jacques Henner (1829-1905) est à l'origine la demeure et l'atelier de Guillaume Dubufe (1853-1909). En 1921, les héritiers de Henner achètent l'hôtel particulier du 43 avenue de Villiers et le lèguent à l'Etat pour créer un « musée national à la mémoire de Jean-Jacques Henner » qui ouvre trois ans plus tard. Outre la donation fondatrice faite en 1923, la collection s'est enrichie grâce à de nombreux dons, donations et legs. Le musée d'Orsay a aussi consenti plusieurs dépôts importants, tels que Le Martyr de Saint Sébastien et Solitude. Entre janvier 2008 et juillet 2009, le musée Henner a entrepris, avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication, une importante rénovation de ses espaces. Cette première étape a permis d'améliorer les conditions d'accueil et d'accessibilité des visiteurs et de rendre à l'hôtel particulier un aspect le plus proche possible de celui qu'il avait à l'époque de Guillaume Dubufe. C'est ainsi que les murs du musée ont retrouvé leur polychromie d'origine. Il a ainsi pu ré-ouvrir en 2009.

En 2012-2013, le Musée national Jean-Jacques Henner s'engage dans une dernière tranche de travaux. L'objectif est d’ouvrir au public plusieurs espaces inexploités, notamment une salle à péristyle et un rare jardin d'hiver.

Commissariat d'exposition : MARIE-HELENE LAVALLEE, directrice du Musée national Jean-Jacques Henner

Musée national Jean-Jacques Henner 
43 av. de Villiers, 75017 Paris

31/01/12

Exposition Cézanne et Paris, Musée du Luxembourg. L'artiste entre Provence et Paris, Bords de Marne...


Cézanne et Paris 
Musée du Luxembourg, Paris
Jusqu'au 26 février 2012

Si Paul Cézanne (1839-1906) est à juste titre associé à la Provence, l'exposition Cézanne et Paris nous rappelle qu'on ne saurait l'y restreindre. En effet, plus de la moitié de son temps, à partir du moment où il se consacre à la peinture, se passe à Paris et en région parisienne. Il fait le voyage Aix-en-Provence - Paris plus de vingt fois. Bien entendu, les raisons de sa venue ne sont pas les mêmes à vingt et soixante ans. Après 1890, l’artiste déjà âgé, encore incertain de son œuvre (« je fais de lents progrès » écrit-il à la fin de sa vie)  se retire sur les bords de la Marne ou du côté de Fontainebleau pour peindre quelques paysages apaisés ainsi que des portraits. Il n’est plus le jeune homme, ambitieux  de « conquérir » Paris avec la volonté d’entrer à l’école des Beaux-Arts et de présenter des œuvres au Salon. 

A Paris, Cézanne se confronte tout autant à la tradition qu’à la modernité. Pour employer le vocabulaire de Zola,  il trouve  les « formules » de la nouvelle peinture avant de les exploiter en Provence. Le va-et-vient entre Provence et Ile de France devient constant même si les rythmes évoluent. En tout cas après 1890, les critiques, les marchands, les collectionneurs commencent à s’intéresser à son œuvre et Cézanne se montre attentif à cette reconnaissance parisienne qui facilite celle de son oeuvre de génie de la peinture. Ainsi imprime-t-il plus que tout autre sa marque dans l’art moderne : des post-impressionnistes à Kandinsky, l’avant-garde le considèrera comme un précurseur, « notre père à tous », selon la formule de Pablo Picasso

Cette exposition du Musée du Luxembourg (Sénat) est organisée par la Rmn-Grand  Palais, en collaboration avec le Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Elle bénéficie en particulier de prêts exceptionnels du Musée d’Orsay.


Paul Cézanne, Le Quartier du Four à Auvers-sur-Oise (détail), vers 1873 
Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, USA 
The Samuel S. White 3rd and Vera White Collection, 1967 
Huile sur toile - 46,3 x 55,2 cm 
© The Philadelphia Museum of Art 

PARCOURS DE L'EXPOSITION AUTOUR DE 80 TABLEAUX DE PAUL CEZANNE

CEZANNE MONTE A PARIS SUR LES PAS DE ZOLA
Poussé et soutenu par Zola, ami rencontré à Aix-en-Provence au collège Bourbon, déjà installé à Paris, Paul Cézanne rejoint la capitale en 1861, contre la volonté de son père, pour devenir « artiste ». Il fréquente l’académie Suisse où il rencontre d’autres peintres tels Pissarro et  Guillaumin, avec lesquels il se lie d’amitié. Paris, où l’académisme s’impose par le Salon, est alors le lieu de la révolte et de l’avant-garde. Durant ces années d’études, Paul Cézanne s’approprie les traditions anciennes et modernes : ses carnets de dessin attestent d’un regard attentif sur les grands maîtres de la peinture, tels Rembrandt, Poussin, Delacroix…, et de la sculpture antique, classique et baroque, avec des copies de Michel Ange et Puget principalement. Dans le même temps, il participe au mouvement impressionniste sans vraiment y adhérer. Bien qu’il se soit construit picturalement à Paris, où il revient jusqu’en 1905, Cézanne a finalement peu représenté la ville dans son œuvre. Il n’évoque jamais les sites célèbres, mais dessine ce qu’il voit de sa fenêtre ou d’une terrasse sur les toits... Il faut une exception, ce sera le tableau  La Rue des Saules. Cézanne a posé son chevalet dans une rue de Montmartre mais la rue est déserte…  

CEZANNE ET PARIS HORS LES MURS, DU COTE D'AUVERS-SUR-OISE
Installé dans la capitale, Paul Cézanne ne cesse de s’y déplacer et d’en sortir.  Ainsi lui connaît-on près de vingt adresses différentes. Il travaille la peinture de paysage, en plein air, « sur le motif »,   se mettant à  l’école de peintres comme Pissarro et Guillaumin,  lesquels participent au mouvement impressionniste. Ils entendent reprendre la tradition du paysage après Courbet, Corot et les peintres de Barbizon qui voulaient représenter, à travers la campagne parisienne, une certaine identité française. Mais très vite Cézanne s’impose comme un maître faisant « de l‘impressionnisme une chose solide et durable comme l’art des musées ». Le tableau Le pont de Maincy en est l’expression autour des années 1880.  

CEZANNE ET LA TENTATION DE PARIS 
De même que chez Gustave Courbet ou Auguste Renoir, le nu est une préoccupation majeure de Paul Cézanne. Il peint plusieurs versions de La Tentation de saint Antoine entre 1870 et 1877, vraisemblablement après une lecture de Flaubert. Dans les mêmes années, les tableaux à caractère érotique se multiplient : Une Moderne Olympia,  L’Orgie, La Lutte d’amour… Plus tard, d’après le témoignage du marchand d’art Vollard, Cézanne travaille sur une grande toile de Baigneuses au moment où il exécute son portrait en 1899 : il ne recherche plus la dimension érotique du corps, mais construit une nouvelle expression du nu et invente son propre langage pictural.  

CEZANNE, LES NATURES MORTES ET LES PORTRAITS 
Pour Paul Cézanne, la « nature morte » est un motif comme un autre. Equivalent d’un corps humain ou d’une montagne, elle  se prête particulièrement bien à des recherches sur l’espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude » disait  l’artiste. Sur quelque 1000 tableaux répertoriés, on compte près de 200 natures mortes. Parfois associées à des thèmes érotiques ou à des portraits, elles « disent » Paris autant que le ferait un paysage. Parmi ces portraits, dont les toiles de fond représentent souvent des papiers peints, figurent les amis emblématiques des séjours parisiens : Victor Chocquet, son premier collectionneur, ou Ambroise Vollard, « le » marchand qui organise ses premières expositions.  

CEZANNE ET LES VOIES DU SILENCE 
A partir de 1888, Paul Cézanne fait plusieurs séjours en région parisienne après être resté plusieurs années en Provence (de 1882 à 1888). S’il vient un été peindre au-delà d’Auvers, à Montgeroult, s’il rend visite à Monet à Giverny en 1894, ses lieux de prédilection dans les années 1890 sont les bords de la Marne vers Maison-Alfort ou Créteil, et la région de Fontainebleau  jusqu’à  Barbizon ou Marlotte. La rivière l’enchante, il y trouve fraîcheur, calme et sérénité et ses toiles expriment le « silence » de la nature. A Paris, les tons s’apaisent autour des bleus et des verts tandis qu’en Provence, il travaille la symphonie des ors des Sainte-Victoire. Ayant conquis sa place dans la capitale et acquis la maîtrise de son art, il se retire définitivement sur ses terres provençales pour lesquelles son attachement n’a cessé de grandir.  

Commissariat général de l'exposition : Gilles Chazal, directeur du Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Commissariat scientifique de l'exposition : Denis Coutagne, conservateur honoraire du patrimoine, Président de la Société Paul Cézanne ; Maryline Assante di Panzillo, conservateur du patrimoine  au département des Peintures, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Publications :  
 - Catalogue de l’exposition Cézanne et Paris, Editions de la Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 25 x 29 cm, 224 pages, broché à rabats, 250 illustrations, 39 €
- Album de l’exposition, Editions de la Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 48 pages, 9 €
Cézanne et l’argent, Editions Rmn-Grand Palais, Paris, 2011, 140 pages, broché, 9,90 € 

MUSEE DU LUXEMBOURG, PARIS

27/01/12

Expo Danser sa vie, Art & Danse, Beaubourg, Centre Pompidou, Paris

Exposition : DANSER SA VIE, ART & DANSE DE 1900 à nos jours Centre Pompidou, Beaubourg, Paris
Jusqu'au 2 avril 2012

Les liens entre les arts visuels et la danse, depuis des années 1900 à aujourd’hui sont le sujet d'une exposition remarquable organisée actuellement au Centre Pompidou (galerie 1, niveau 6). L’exposition puise dans la tradition  des grandes manifestations transdisciplinaires du Centre Pompidou que son Président,  Alain Seban, a voulu réactiver. Sur plus de deux mille mètres carrés sont présentées  près de 450 œuvres  : des chefs-d’œuvre de l’art du XXème siècle, de Henri Matisse à Andy Warhol (voir la liste des artistes ci-dessous) ;  des chorégraphies qui marquèrent des moments clefs d’un siècle de danse, de Nijinski à  Merce Cunningham  ; et des œuvres d’artistes contemporains inspirés par la danse, d’Olafur Eliasson à Ange Leccia.

Le titre Danser sa vie est emprunté à la danseuse Isadora Duncan, pionnière de la danse moderne  : « Mon art est précisément un effort pour exprimer en gestes et en mouvements la vérité de mon être. (…) Je n’ai fait que danser ma vie », explique-t-elle dans son ouvrage Ma vie, publié en 1928.

Les commissaires de cette exposition sont Christine Macel, conservatrice en chef, en charge du département création contemporaine et prospective et Emma Lavigne  conservatrice, département création contemporaine et prospective, assistées de Anna Hiddleston et Florencia Chernajovsky.

A travers un parcours en trois actes, l’exposition montre la passion de l’art et de la danse pour le corps en mouvement.

LES TROIS GRANDS VOLETS DE L'EXPOSITION

LA DANSE COMME EXPRESSION DE SOI, DE VASLAV NIJINSKI A MATTHEW BARNEY

L’invention d’une nouvelle subjectivité est explorée à travers la naissance de la « danse libre » dégagée du ballet classique avec Isadora Duncan. En Allemagne, à l’heure de l’expressionnisme et de la Freikörperkultur (la culture du corps libre), se noue un échange sans précédent entre artistes et danseurs qu’incarnent par exemple la danseuse Mary Wigman, les peintres Ernst Ludwig Kirchner et Emil Nolde.

emil-nolde

 

Emil Nolde
Kerzentänzerinnen (Danseuses aux bougies), 1912
Huile sur toile - 100,5 x 86,5 cm
Neukirchen, Stiftung Seebüll Ada und Emil Nolde
© Nolde Stiftung Seebuell, Allemagne

 

Ernst Ludwig Kirchner, admirateur de Mary Wigman, la peint à plusieurs reprises.

Charlotte Rudolph Charlotte Rudolph
Mary Wigman
dans Hexentanz, 1926
Photographie
Wichtrach/Berne, Galerie Henze & Ketterer& Triebold

 

A Hambourg, dans les années 1920, un couple météore, Lavinia Schulz et Walter Holdt, crée une oeuvre d’art totale récemment découverte, mêlant danse, costume et musique.

Lavinia Schulz and Walter Holdt Lavinia Schulz and Walter Holdt
Toboggan Frau, 1923
Costume présenté sur un mannequin
1,67 m de hauteur environ.
Hambourg Museum für Kunst und Gewerbe (MKG)

De Vaslav Nijinski à Matthew Barney, de Mary Wigman à Kelly Nipper, l’art contemporain dialogue également avec les chefs-d’œuvre modernes.

DANSE ET ABSTRACTION, DE LOIE FULLER A NICOLAS SCHOFFER
La naissance de l’abstraction est envisagée à travers les inventions de Loïe Fuller, ou par la façon dont Kandinsky, les cubistes, les futuristes, le Bauhaus et les avant-gardes russes s’emparent de la danse. Certains artistes, comme Sophie Taeuber-Arp, pratiquent à la fois danse et arts plastiques.

« Elle dansait et rêvait, un triangle, un rectangle, un rectangle dans un cercle, un cercle dans un cercle, un cercle qui luit, un cercle qui sonne, un rectangle immobile avec beaucoup de petits cercles sonnants, elle rêvait nuit et jour de cercles vivants. » Jean Arp au sujet de Sophie Taeuber-Arp

Sophie Taeuber-Arp Photographie de Sophie Taeuber-Arp dansant avec un masque de Marcel Janco au Cabaret voltaire, Zürich, 1916
Photographe anonyme, épreuve gélatino-argentique
Clamart, Fondation Arp, Maisons-ateliers Jean Arp et Sophie Taeuber

Des artistes dialoguent avec des danseurs, comme Kandinsky avec Gret Palucca. Ballets mécaniques notamment avec Oskar Schlemmer, inventions cinétiques et ballets virtuels achèvent cette histoire avec les recherches de Nicolas Schöffer et d’Alwin Nikolais. Cette section présente aussi Movement Microscope, 2001, une oeuvre inédite d’Olafur Eliasson conçue pour l’exposition.

DANSE ET PERFORMANCE, DE DADA A JEROME BEL
Un dernier volet évoque les liens de la danse avec l’art de la performance, et réciproquement : depuis les premières actions dadaïstes du Cabaret Voltaire jusqu’à l’invention des tasks (gestes empruntés à la vie quotidienne) par la danseuse Anna Halprin, en passant par les happenings d’Allan Kaprow et les recherches du Black Mountain College de Caroline du Nord (Etats-Unis). Dans les années 1960, Merce Cunningham dialogue avec Jasper Johns, ou encore Andy Warhol. Un ensemble d’œuvres et de documents évoque le Judson Dance Theater à New York, puis dévoile l’influence sur l’art de la culture populaire du clubbing et de la techno.

Jan Fabre Jan Fabre
Quando l’uomo principale è una donna, 2004
Filmé par Charles Picq à la Maison de la Danse, Lyon, 2004
Film 16 mm, couleur, sonore
Direction, scénographie et chorégraphie : Jan Fabre
Danseuse : Lisbeth Gruwez

OEUVRES LIVE
L’exposition active l’oeuvre Untitled (Go-Go Dancing Platform), 1991 de Felix Gonzalez-Torres.

Felix Gonzalez-Torres

Felix Gonzalez-Torres
Untitled (Go-Go Dancing platform), 1991
© Kunst Museum St. Gallen, Saint Gall

Cette oeuvre de Felix Gonzalez-Torres est activée 5 min par jour pendant toute la durée de l’exposition

et l’installation Instead of allowing some thing to rise up to your face dancing bruce and dan and other things, 2000 de Tino Sehgal pour un danseur. Trisha Brown (avec le soutien du Centre National de la Danse, Paris, et du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris) réactive l’œuvre Planes datant de 1968 (10 séances). De jeunes artistes contemporains donnent également à voir la danse en live. Davide Balula réalise Mechanical Clock for 60 dancers, une performance qui prend la forme d’une horloge mécanique où 60 danseurs incarnent littéralement le passage du temps (1 séance). Alex Cecchetti réalise pour le Centre Pompidou The Conversation of the Arrows, 2011 qui réunit cinq danseurs dans un chassé-croisé d’exercices ludiques laissant la place à l’improvisation.

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Trois ouvrages sont publiés aux éditions du Centre Pompidou sous la direction de Christine Macel et Emma Lavigne accompagnent cette manifestation :

Un catalogue de référence de 320 pages avec illustrations couleurs et essais par des spécialistes : Marc Dachy, Douglas Crimp, Marcelle Lista, Pascal Rousseau, Norbert Servos, Adrien Sina…

Danser sa vie. Art et danse de 1900 à nos jours, Catalogue de l’exposition
Sous la direction de Christine Macel et d’Emma Lavigne,
Editions du Centre Pompidou, Paris
270 ill. couleurs, 22 x 28 cm, broché, 320 pages, 49,90 €

Danser sa vie. Ecrits sur la danse
Sous la direction de Christine Macel et Emma Lavigne
Parallèlement au catalogue, cet ouvrage propose une compilation inédite de textes capitaux autour de la danse, provenant de sources très diverses, de Nietzsche à Mary Wigman, en passant par Maurice Béjart et Henri Michaux. Editions du Centre Pompidou, Paris, 12 x 18,5 cm, broché, 240 pages, 19 €

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Danser sa vie. Art et danse de 1900 à nos jours
Sous la direction de Christine Macel et Emma Lavigne
Editions du Centre Pompidou, Paris
Parcours illustré de l’exposition. Bilingue français  /  anglais
60 pages, 70 illustrations

EN RESONANCE AVEC L'EXPOSITION DANSER LA VIE

Parallèlement à l’exposition, le Centre Pompidou propose une programmation de Spectacles vivants riche en danse contemporaine, couvrant une large palette de propositions et d’approches du corps en mouvement : Meg Stuart, Maria La Ribot, Olga de Soto, Myriam Gourfink, Herman Diephuis…

Le Festival Vidéodanse présente les oeuvres de 150 chorégraphes à travers une programmation de 250 films qui retracent une histoire de la danse moderne et contemporaine.

Un programme de conférences et des cycles de Prospectif Cinéma et Vidéo et après sont organisés en lien avec l’exposition.

L’installation interactive de Richard Siegal If/Then, 2001, sera présentée dans le Forum du Centre Pompidou.

LE CENTRE POMPIDOU sur internet : www.centrepompidou.fr