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14/10/23

Sophie Calle @ Musée Picasso, Paris - Exposition À toi de faire, ma mignonne

Sophie Calle 
À toi de faire, ma mignonne 
Musée Picasso, Paris 
3 octobre 2023 - 7 janvier 2024


Sophie Calle
SOPHIE CALLE
À toi de faire, ma mignonne
Affiche de l'exposition
Courtesy Musée Picasso, Paris

Sophie Calle
Portrait de Sophie Calle au Musée Picasso
© Yves Géant

Sophie Calle célèbre à sa manière les 50 ans de la mort de Pablo Picasso, en investissant la totalité des quatre étages de l’hôtel Salé avec une proposition d’exposition inédite.

Organisée en quatre temps correspondant aux quatre étages du musée, l’exposition À toi de faire, ma mignonne prend le contre-pied des multiples évènements de la « Célébration Picasso 1973-2023 » qui mettent à l’honneur l’artiste espagnol. L’exposition de Sophie Calle porte un regard curieux et décalé sur un choix d’œuvres emblématiques de Picasso dont l’artiste convoque les images ou la mémoire au travers d’un récit personnel qui se déroule au rez-de-chaussée du musée. Avec cette exposition, qui au fil des étages se déploie indépendamment de Picasso et prend un caractère volontiers rétrospectif, Sophie Calle explore certaines des thématiques qui lui sont centrales telles que la privation du regard ou la disparition en ayant recours à l’archive et à l’écriture comme sources et matières premières de sa création. Relevant le défi de l’invitation, l’artiste interroge avec esprit et profondeur la réception critique de son œuvre et son souci de transmission aux générations futures.

ARTISTE ET COMMISSAIRE

SOPHIE CALLE fait l’objet de nombreuses expositions à travers le monde depuis la fin des années 70. Tour à tour décrite comme artiste conceptuelle, photographe, vidéaste et même détective, elle a développé une pratique immédiatement reconnaissable, alliant le texte à la photographie pour nourrir une narration qui lui est propre. Ses travaux forment un vaste système d’échos et de références internes, connectés entre eux comme les chapitres d’une œuvre globale dans laquelle Sophie Calle brouille quelquefois les frontières entre l’intime et le public, la réalité et la fiction, l’art et la vie. Son travail orchestre méticuleusement une réalité sous-jacente — la sienne ou celle des autres — tout en laissant la place au hasard. 

CECILE GODEFROY est historienne de l’art, docteure de l’université Paris IV - Sorbonne, membre de l’Association Internationale des Critiques d’art, elle est Responsable du Centre d’Etudes Picasso qui ouvrira en décembre 2023 au Musée national Picasso-Paris. Spécialiste des avant-gardes historiques et des questions de transdisciplinarité en art, elle a enseigné auprès des universités françaises et américaines à Paris, et été commissaire des expositions « Sonia Delaunay. Les Couleurs de l’abstraction » (Musée d’Art Moderne de la ville de Paris - Tate Modern, Londres, 2014-15), « Marcelle Cahn. En quête d’espace » (Musée d’Art moderne et contemporain, Strasbourg ; Musée d’art moderne et contemporain, Saint-Etienne ; Musée des beaux-arts de Rennes, 2022) et de plusieurs expositions originales consacrées à l’œuvre de Pablo Picasso (« Picasso. Sculptures », Musée national PicassoParis - BOZAR, Bruxelles, 2016-17 ; « Les Musiques de Picasso », musée de la Musique – Philharmonie-Paris, 2020 ; « Picasso ibero », Centro Botín, Santander, 2021, et « Picasso et la Préhistoire », Musée de l’Homme, Paris, 2023).

MUSÉE PICASSO, PARIS
5 rue de Thorigny, 75003 Paris

20/03/22

Sophie Calle @ Musée d'Orsay, Paris - Sophie Calle et son invité Jean-Paul Demoule : Les fantômes d’Orsay

Sophie Calle et son invité Jean-Paul Demoule
Les fantômes d’Orsay
Musée d'Orsay, Paris
15 mars - 19 juin 2022

En 1978, la gare d’Orsay et son hôtel avaient été désertés. Les travaux de construction du futur musée n’avaient pas encore commencé. C’est à ce moment que Sophie Calle a poussé une porte qui a cédé et s’est choisi comme abri une chambre à l’abandon, la 501. Elle y a passé des journées entières, pendant plusieurs mois, avant son départ pour Venise qui devait marquer le début de son œuvre à venir. Pendant ce séjour, elle ressentit la désolation d’un lieu, comme un espace archéologique où tout avait été délaissé. Elle prit des photos, y invita ses amis, rassembla des documents, des objets, les fiches des clients qui étaient autant de vies ouvertes, les notes adressées à un employé de l’hôtel, nommé Oddo, dont elle imagina l’identité. On peut dire qu’à certains égards, Sophie Calle a développé sa méthode dans l’hôtel d’Orsay.

Elle a gardé jusqu’à présent les éléments saisis lors de sa prospection, issus d’un lieu en voie de disparition. Tous ces « trophées » - suivant son terme - l’ont accompagnée pendant plus de quarante années, comme autant de fantômes d’un monde qui n’existait plus.

Lors du confinement, l’idée naquit d’une évocation de l’hôtel et du musée qui lui avait succédé. C’est ainsi qu’est né le projet Les fantômes d’Orsay, comme un retour de l’artiste sur ses traces, comme une quête dans le passé afin de trouver la clef d’une énigme irrésolue qui trouvait dans la figure d’Oddo son symbole.

Sophie Calle a donc repris son cheminement, en venant confronter l’hôtel et le musée, tous deux assemblés dans cette exposition-retour. Dans l’hôtel, on découvrira les traces personnelles de l’expérience vécue par Sophie Calle et par toutes celles et tous ceux qui y séjournèrent, y travaillèrent, et dont elle a ramassé les signes infimes et émouvants ; on verra, assemblées comme des pièces conceptuelles, les fiches de clients dont elle s’était fait la détentrice. Les objets, commentés par le grand anthropologue Jean-Paul Demoule, deviennent des objets de fouilles et des ready-made, traces d’un passé si proche dans le temps et néanmoins si lointain.

Sophie Calle revient à Orsay en plein confinement, alors que les œuvres somnolent et qu’elle est alors de nouveau seule dans cet espace qu’elle avait habité. Elle cherche à mettre en lumière les tableaux dans la pénombre. Dans ses photos, on les percevra comme jamais.

Les fantômes d’Orsay est une œuvre totale de Sophie Calle, tissant un aller-retour permanent entre ses débuts et l’ensemble de sa création : on y retrouve la multiplicité des formes qu’elle adopte, de la photographie à la poésie, du ready-made à la composition, à la collaboration, et son unique capacité à tisser des récits, à faire tenir ensemble en permanence le cheminement personnel et la multiplicité d’un lieu, d’une histoire, et de chacune et chacun d’entre nous. Les visiteurs du musée retourneront à l’hôtel désormais disparu, de même que Sophie Calle se plongea dans le musée après avoir vécu l’hôtel. Elle révélera l’ensemble fantomatique du musée d’Orsay, où les fantômes sont ceux de toutes les personnes et de toutes les œuvres qui l’ont traversé. Elle nous permettra de ressentir la profondeur d’un lieu, et la texture même du musée, à la fois immédiatement présent, apparemment temporel, et qui pourtant changea tant au travers de la vie de Sophie Calle – au travers de quarante années de vie collective.

Exposition conçue par l’artiste, en collaboration avec Jean-Paul Demoule, archéologue, sur proposition de Donatien Grau, conseiller pour les programmes contemporains au musée d’Orsay. 

Musée d'Orsay
Niveau 2, salle 69

19/11/03

Sophie Calle, Centre Pompidou, Paris, Beaubourg - SOPHIE CALLE. M'AS-TU VUE

SOPHIE CALLE. M'AS-TU VUE
Centre Pompidou, Paris
19 novembre 2003 - 15 mars 2004

Le Centre Pompidou consacre une importante exposition à l'oeuvre de Sophie Calle. Présentée sur 1100 m2, cette manifestation est la première exposition d'envergure de l'artiste dans un musée français depuis plus de dix ans. L'exposition offre l'occasion de réunir des travaux anciens, depuis 1979, dont certains très peu montrés en France. Elle propose aussi un important corpus d'oeuvres nouvelles et inédites, dont la plupart ont été créées pour l'événement, notamment l'ensemble de Douleur exquise (1984-2003) et l'oeuvre récente Unfinished (2003).

Née en 1953 à Paris, Sophie Calle part au début des années 70 pour un long périple à travers le monde. C'est lors d'un séjour en Californie en 1978, qu'elle prend ses premières photographies « sans vocation » : des tombes portant les inscriptions « Father » et « Mother » . Elle vient de découvrir ce qui pourrait « plaire à son père ». À son retour à Paris, elle commence ses premières filatures d'inconnus dans la rue, dérive contrôlée dans la ville qu'elle agrémente de photographies et de textes, consignés dans des carnets. Le travail de Sophie Calle a pu être ainsi apparenté à celui des artistes des années 60-70, où le statut de l'image photographique concernait la trace, la preuve objective de leurs expériences et de leurs performances.

L'oeuvre de Sophie Calle se donne à voir depuis plus de vingt ans sous la forme d'installations de photographies et de récits, dont l'articulation et l'agencement se rapprochent davantage d'un art narratif issu lui aussi des années 70. En réalité, les oeuvres de Sophie Calle constituent l'aboutissement et le prolongement de situations mises en scène et vécues sur un mode autobiographique. Le sillon dans lequel s'inscrivent ses premiers travaux reflète une relation entre l'art et ta vie singulièrement distincte du registre neutre, distancié et informatif des oeuvres conceptuelles. Sophie Calle s'est engagée dans les années 80 dans une voie spécifique, qui donne une place importante à l'affect et au sentiment . L'artiste construit des règles du jeu et des rituels dans le but d'améliorer sa vie, de lui rendre sa dimension existentielle.

SOPHIE CALLE . M'AS-TU VUE : Thématiques et oeuvres de l'exposition

Cette exposition permet pour ta première fois de croiser l'ensemble des thématiques développées par l'artiste depuis vingt ans. Le parcours s'articule principalement autour du thème du lit, déployé tout d'abord à travers le premier travail de Sophie Calte, Les Dormeurs (1979) . Pour ce projet, l'artiste avait convié durant une semaine plus d'une vingtaine d'inconnus et amis à venir dormir dans son lit, à raison de huit heures chacun.

L'ensemble des photographies et récits des Dormeurs fut montré à la XIème Biennale de Paris en 1980, première exposition de Sophie Calte qui décide alors de « devenir une artiste ». Le lit est au centre de la Chambre à coucher (2003), dans laquelle on rencontre les emblèmes de ses Autobiographies développées depuis 1988 . Le Voyage en Californie (2000-2003) est une installation narrant le périple outre-Atlantique du lit de L'artiste à l'attention d'un inconnu désirant y vivre le deuil d'une histoire sentimentale.

On retrouve ce leitmotiv en filigrane dans un grand nombre d'oeuvres, notamment dans la magistrale Douleur Exquise (2003), produite en français et montrée ici pour la première fois. Ce projet, déployé en trois volets, est fondé sur l'expérience exhumée d'une rupture sentimentale remontant à 1984 et vécue alors par l'artiste comme le moment le plus douloureux de sa vie . Enfin, le fil conducteur du «lit» trouvera son prolongement avec la projection du film No Sex Last Night/Double Blind (1992), road-movie aux Etats-Unis réalisé avec Greg Shephard.

Les problématiques de l'absence, de la disparition et du manque traversent également toute l'exposition . La Filature, commandée en 1981 par le Centre Pompidou pour une exposition consacrée aux « Autoportraits photographiques », est le récit à double-voix de l'enquête d'un détective sur une journée de l'artiste. Sophie Calte réitère l'expérience en 2001, à la manière cette fois d'un bilan de sa vie d'artiste, lorsqu'elle réalise Vingt ans après selon l'initiative de son galeriste Emmanuel Perrotin.

Après avoir suivi, filé, « inquiété » des inconnus, Sophie Calle poursuit sa démarche en repoussant le regard au-delà. Les Aveugles (1986) évoquent la question de voir sans être vu, mais aussi la délicate notion de la beauté, en tant que représentation mentale. « Quelle est selon vous l'image de la beauté ? » demande l'artiste à des aveugles de naissance. Quelques années plus tard, il s'agit alors de comparer les descriptions de peintures monochromes faites par des aveugles, avec les écrits théoriques de leurs auteurs : Sophie Calte réalise La Couleur aveugle (1991) et questionne « l'expérience du monochrome ». La disparition et le manque sont toujours au coeur de son oeuvre Last Seen (1991), où l'absence physique de tableaux dérobés au Musée Isabella Stewart Gardner de Boston, fait place aux descriptions des conservateurs, gardiens et autres permanents du musée concerné.

Mais c'est surtout avec une oeuvre inédite, Une jeune femme disparaît (2003), que l'artiste place le point d'orgue de toutes ses thématiques . Un fait divers a croisé le destin de Sophie Calte, lorsque ta presse a mêlé son nom à celui de Bénédicte V., disparue après l'incendie de son appartement de Ille-Saint-Louis en 2000. L'artiste exhume des cendres les photographies réalisées par la jeune femme, agent d'accueil au Centre Pompidou, qui admirait Sophie Calte . L'avis de recherche de la disparue est dispersé dans différents espaces du Centre Pompidou, hors des limites de l'exposition elle-même.

À la fin du parcours, le visiteur est confronté à des images de distributeurs automatiques de billets - images de visages anonymes dont Sophie Dalle tente en vain, à plusieurs reprises, d'exploiter les qualités esthétiques. Elle réalise pour l'occasion une vidéo inédite, Unfinished (2003) qui devient le récit et la mise en scène de cet échec, mais aussi de la relation à ce qui fait oeuvre, à travers la problématique du «style» de l'artiste.

L'itinérance de l'exposition SOPHIE CALLE . M'AS-TU VUE est prévue, en 2004, à l'Irish Museum of Modern Art de Dublin, au Martin-Gropius-Bau de Berlin ainsi qu'au Ludwig Forum de Aachen.

Commissaire : Christine Macel conservateur pour l'art contemporain en charge du service Création Contemporaine et Prospective. Musée national d'art moderne. Centre Pompidou.

CENTRE POMPIDOU - BEAUBOURG - PARIS