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09/03/25

L'art "dégénéré" @ Musée Picasso Paris - Le procès de l'art moderne sous le nazisme - Exposition, catalogue + colloque

L'art "dégénéré". Le procès de l'art moderne sous le nazisme 
Musée Picasso Paris
Jusqu'au 25 mai 2025

L'art "dégénéré". Le procès de l'art moderne sous le nazisme
L'art "dégénéré" 
Le procès de l'art moderne sous le nazisme
Musée Picasso Paris - Affiche de l'exposition

Le Musée national Picasso-Paris présente « L’art « dégénéré ». Le procès de l’art moderne sous le nazisme ». Première exposition en France consacrée à l’art dit « dégénéré », elle explore et met en perspective l’attaque méthodique du régime nazi contre l’art moderne.
" Ce temps m'en veut, je ne fais pas son affaire, je suis trop peu nationaliste, pas assez raciste. Le bruit m’effraie ; au lieu de jubiler quand rugit le « Heil », au lieu de lever le bras à la romaine, j'enfonce mon chapeau sur la tête."
Ernst Barlach, Lettre à Reinhard Piper, 11 avril 1933

" A présent, quand on travaille, c’est comme si on travaillait pour une époque qui n’existe pas encore ; pour tous les officiels d’aujourd’hui, on est un monstre et une abomination."
Otto Dix, Lettre à Israël Ben Neumann, 20 juin 1934
L'action  contre l'art « dégénéré » est une campagne menée par les nazies contre le modernisme dans l'art qui débute en 1933 avec l'accession au pouvoir d'Hitler et qui dure plus de dix ans, jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Ce sont plus de 1400 artistes qui sont visés.

« L’art « dégénéré ». Le procès de l’art moderne sous le nazisme. » étudie en particulier l’exposition de propagande « Entartete Kunst » (Art dégénéré), organisée en 1937 à Munich, montrant plus de 700 œuvres d’une centaine d’artistes, représentants des différents courants de l’art moderne, d’Otto Dix à Ernst Ludwig Kirchner, de Vassily Kandinsky à Emil Nolde, de Paul Klee à Max Beckmann, dans une mise en scène conçue pour provoquer le dégoût du visiteur.

Point culminant d’une série d’expositions infamantes mises en place dans plusieurs musées dès 1933 (Dresde, Mannheim, Karlsruhe…) pour dénoncer les avant-gardes artistiques comme une menace à la « pureté » allemande, « Entartete Kunst » s’inscrit dans le contexte d’une « purge » méthodique des collections allemandes. Plus de 20 000 œuvres, parmi lesquelles celles de Vincent Van Gogh, Marc Chagall ou de Pablo Picasso, cas exemplaire de l’« artiste dégénéré », sont ainsi retirées, vendues ou détruites. Au centre de cette histoire, le terme de « dégénérescence », émergeant au cours du XIXe siècle dans différentes disciplines (histoire naturelle, médecine, anthropologie, de l’art…) jusqu’à sa cristallisation au cœur de la « vision du monde » national-socialiste, sert de vecteur au déploiement des théories racistes et antisémites au sein de l’histoire de l’art.

A travers le rassemblement exceptionnel d’œuvres présentées à l’exposition de 1937 et plus largement de peintures et de sculptures confisquées aux musées allemands durant cette campagne, « L’art « dégénéré ». Le procès de l’art moderne sous le nazisme » permet de montrer l’étendue des esthétiques et des artistes visés. Chaque œuvre est ainsi le témoin direct de cette histoire et des vies d’artistes percutées par celle-ci. L’exposition présentera des artistes majeurs tels que George Grosz, Paul Klee, Oskar Kokoschka, Vassily Kandinsky ou encore Vincent Van Gogh et Pablo Picasso. Un ensemble d’œuvres sera consacré aux artistes juifs, qui figurent parmi les plus violemment attaqués, autour des deux peintures de Marc Chagall, présentes dans l’exposition de 1937, sont présentés les œuvres de Jankel Adler, Ludwig Meidner, Hanns Katz et Otto Freundlich (assassiné en 1943).

Commissariat de l'exposition :

Johan Popelard est conservateur du patrimoine, chef du département de la conservation et des collections au Musée national Picasso-Paris qu’il a rejoint en 2018. Il a été précédemment chargé d’études et de recherche à l'Institut national d'histoire de l'art à Paris et chargé de cours en histoire de l'art contemporain à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a été co-commissaire des expositions « Picasso et la bande dessinée » et « Picasso poète » au Musée Picasso en 2020 et de l'exposition « Picasso. Dessiner à l'infini » qui s'est tenue au Centre Pompidou en 2023.

François Dareau est chargé de recherche au Musée national Picasso-Paris, diplômé en histoire de l'art de la Sorbonne. Rejoignant les équipes du Musée Picasso en 2017, il a participé au développement de l'exposition « Picasso 1932 » (Musée Picasso, 2017 et Tate, 2018), puis a assuré le co-commissariat de « Diego Giacometti au Musée Picasso » (Musée Picasso, 2018) et de l'exposition itinérante nord-américaine « Picasso. Figures » (Frist Art Museum et Musée national des Beaux-Arts du Québec, 2021). En 2022-2023, il est commissaire de deux expositions d'artistes contemporains français, ORLAN et Pierre Moignard, explorant la réception et l'influence actuelle de l'œuvre de Picasso. Il est co-commissaire de « Picasso – Asia : A Conversation » (mars 2025) au M+ de Hong Kong. 

Catalogue de l'exposition :

L'art "dégénéré". Le procès de l'art moderne sous le nazisme
L’Art « dégénéré » 
Le procès de l’art moderne sous le nazisme
Sous la direction de Johan Popelard
Editions GrandPalais RMNEditions / Musée Picasso-Paris, 2025
256 pages - 39 euros

COLLOQUE « L’ART « DÉGÉNÉRÉ ». 
UNE HISTOIRE CROISÉE FRANCE / ALLEMAGNE »

Entartete Kunst Ausstellungsführer
Adolf Dressler (1898-1971),
Couverture du guide de l’exposition “Art” dégénéré, 
Entartete Kunst Ausstellungsführer 
(Guide de l'exposition "Art" dégénéré), 1937
Photo © mahJ / Christophe Fouin

En lien avec l’exposition et le programme Répertoire des acteurs du marché de l’art en France sous l’Occupation (RAMA) de l’Institut national d’histoire de l’art, le Musée national Picasso-Paris, le Musée d’art et d’histoire du judaïsme et le Centre allemand d’histoire de l’art (DFK Paris) organisent un colloque international à Paris, les 27 et 28 mars 2025. Il réunira environ 25 participants venant de France, d’Allemagne et de Grande-Bretagne.

Les principaux thèmes abordés sont : 

- L’émergence et la diffusion de la notion de « dégénérescence » et son application en histoire de l’art.

- La position et la réaction des différents acteurs (artistes, critiques, historiens, personnels des musées…) face à la campagne contre « l’art dégénéré », notamment en France. Une attention
particulière sera portée aux réactions des artistes désignés comme « dégénérés » et transitant par
la France, face à cette campagne de dénigrement, de destruction, de dilapidation et d’effacement des avant-gardes.

- L’organisation des expositions « d’art dégénéré », la scénographie et le contenu de ces expositions, leur réception. Une attention sera également portée aux contre-projets d’exposition organisés en réaction à la campagne nazie.

- Le commerce de « l’art dégénéré » et notamment ses implications dans le contexte français.

- L’historiographie de la question de « l’art dégénéré » de 1945 et à nos jours. Les évolutions de ce champ d’études, la position des musées et des acteurs institutionnels face à cette question, et les perspectives nouvelles de recherches.

Le jeudi 27 mars à l'auditorium du Musée d'art et d'histoire du judaïsme et le vendredi 28 mars à l'auditorium de l'INHA, de 9h à 18h. Entrée libre dans la limite des places disponibles. 

MUSÉE PICASSO PARIS 
5 rue de Thorigny, 75003 Paris

14/10/23

Sophie Calle @ Musée Picasso, Paris - Exposition À toi de faire, ma mignonne

Sophie Calle 
À toi de faire, ma mignonne 
Musée Picasso, Paris 
3 octobre 2023 - 7 janvier 2024


Sophie Calle
SOPHIE CALLE
À toi de faire, ma mignonne
Affiche de l'exposition
Courtesy Musée Picasso, Paris

Sophie Calle
Portrait de Sophie Calle au Musée Picasso
© Yves Géant

Sophie Calle célèbre à sa manière les 50 ans de la mort de Pablo Picasso, en investissant la totalité des quatre étages de l’hôtel Salé avec une proposition d’exposition inédite.

Organisée en quatre temps correspondant aux quatre étages du musée, l’exposition À toi de faire, ma mignonne prend le contre-pied des multiples évènements de la « Célébration Picasso 1973-2023 » qui mettent à l’honneur l’artiste espagnol. L’exposition de Sophie Calle porte un regard curieux et décalé sur un choix d’œuvres emblématiques de Picasso dont l’artiste convoque les images ou la mémoire au travers d’un récit personnel qui se déroule au rez-de-chaussée du musée. Avec cette exposition, qui au fil des étages se déploie indépendamment de Picasso et prend un caractère volontiers rétrospectif, Sophie Calle explore certaines des thématiques qui lui sont centrales telles que la privation du regard ou la disparition en ayant recours à l’archive et à l’écriture comme sources et matières premières de sa création. Relevant le défi de l’invitation, l’artiste interroge avec esprit et profondeur la réception critique de son œuvre et son souci de transmission aux générations futures.

ARTISTE ET COMMISSAIRE

SOPHIE CALLE fait l’objet de nombreuses expositions à travers le monde depuis la fin des années 70. Tour à tour décrite comme artiste conceptuelle, photographe, vidéaste et même détective, elle a développé une pratique immédiatement reconnaissable, alliant le texte à la photographie pour nourrir une narration qui lui est propre. Ses travaux forment un vaste système d’échos et de références internes, connectés entre eux comme les chapitres d’une œuvre globale dans laquelle Sophie Calle brouille quelquefois les frontières entre l’intime et le public, la réalité et la fiction, l’art et la vie. Son travail orchestre méticuleusement une réalité sous-jacente — la sienne ou celle des autres — tout en laissant la place au hasard. 

CECILE GODEFROY est historienne de l’art, docteure de l’université Paris IV - Sorbonne, membre de l’Association Internationale des Critiques d’art, elle est Responsable du Centre d’Etudes Picasso qui ouvrira en décembre 2023 au Musée national Picasso-Paris. Spécialiste des avant-gardes historiques et des questions de transdisciplinarité en art, elle a enseigné auprès des universités françaises et américaines à Paris, et été commissaire des expositions « Sonia Delaunay. Les Couleurs de l’abstraction » (Musée d’Art Moderne de la ville de Paris - Tate Modern, Londres, 2014-15), « Marcelle Cahn. En quête d’espace » (Musée d’Art moderne et contemporain, Strasbourg ; Musée d’art moderne et contemporain, Saint-Etienne ; Musée des beaux-arts de Rennes, 2022) et de plusieurs expositions originales consacrées à l’œuvre de Pablo Picasso (« Picasso. Sculptures », Musée national PicassoParis - BOZAR, Bruxelles, 2016-17 ; « Les Musiques de Picasso », musée de la Musique – Philharmonie-Paris, 2020 ; « Picasso ibero », Centro Botín, Santander, 2021, et « Picasso et la Préhistoire », Musée de l’Homme, Paris, 2023).

MUSÉE PICASSO, PARIS
5 rue de Thorigny, 75003 Paris

21/07/20

Picasso Poète @ Musée Picasso Paris

Picasso Poète
Musée Picasso Paris
21 juillet 2020 - 3 janvier 2021

PICASSO POÈTE
Musée national Picasso-Paris
Affiche de l'exposition
Oeuvre de Picasso © Succession Picasso 2020
« Après tout, les arts ne font qu’un. On peut écrire une peinture en mots tout comme on peut peindre des sensations dans un poème ». 
« Si j’étais chinois je ne serais pas peintre mais écrivain, j’écrirai mes peintures »
L’exposition « Picasso poète » montre l’importance de l’écriture poétique dans la démarche créatrice de Pablo Picasso. Entre 1935 et 1959, l’artiste produit plus de trois cent quarante poèmes. La présentation de ces manuscrits d’une grande beauté graphique permet de voir les liens étroits qui existent entre l’écriture et la peinture, et de mesurer combien, chez Picasso, la complexité du travail mené sur le texte (collage, répétions, variations) fait écho au processus pictural. Le contenu autobiographique de ces écrits – véritable « journal intime à la fois sensoriel et sentimental » – évoque le contexte historique et révèle la riche personnalité de l’artiste. L’exposition explore les sources et la genèse du rapport qu’à entretenu Picasso à l’écriture poétique, les correspondances thématiques entre ses textes et ses tableaux ainsi que son extraordinaire inventivité qui a façonné cette pâte verbale avec autant de liberté que les autres médiums.

Commissaires de l'exposition :

Marie-Laure Bernadac

Marie-Laure Bernadac, conservatrice générale honoraire du Patrimoine, a travaillé à la création du Musée national Picasso-Paris de 1980 à 1992. Elle fut ensuite directrice du cabinet d’art graphique du Centre Pompidou, co-directrice du CAPC musée de Bordeaux, et chargée de l’art contemporain au Louvre. Elle a été commissaire de nombreuses expositions sur Picasso, dont un premier « Picasso poète » en 1989, à l’occasion de la publication de Picasso, Ecrits, édité avec Christine Piot (Paris, Ron Gallimard, 1989), « Picasso y los toros » (1993), « Picasso et les choses » (1992), « Picasso et les Maîtres » (2008) avec Anne Baldassari. Elle a écrit de nombreux ouvrages sur Picasso ainsi que sur Louise Bourgeois, dont elle a publié la biographie en 2019.

Androula Michael

Androula Michael est historienne de l’art, maîtresse de conférences à l’UFR des arts de l’Université de Picardie Jules Verne, directrice par intérim du Centre de recherches en art et esthétique (CRAE) de la même université, responsable de relations internationales. Elle est l’auteure de nombreux textes sur Picasso dont Picasso poète, Les beaux-arts de Paris Éditions, (2008). Elle a récemment commissaire de l’exposition Picasso au Musée de Chypre : oeuvres en céramique (Musée de Chypre, 2019) et Retours à l’Afrique à Bandjoun Station (Cameroun) et co-commissaire de l’exposition : La cuisine de Picasso (Museu Picasso, Barcelone, 2018). Elle travaille actuellement sur la réception critique croisée de l’oeuvre de Pablo Picasso et de Marcel Duchamp et sur les questions de/post/coloniales dans l’art contemporain.

Johan Popelard

Johan Popelard est conservateur en charge des peintures (1895-1921) et des arts graphiques au Musée national Picasso-Paris. Il a été auparavant chargé d’études et de recherches à l’Institut national d’histoire de l’art et chargé de cours en histoire de l’art contemporain à l’Université Paris 1- Panthéon Sorbonne. Il a assuré en 2019 le co-commissariat de l’exposition « Picasso illustrateur » au MuBA de Tourcoing.

MUSÉE NATIONAL PICASSO-PARIS
5 rue de Thorigny, 75003 Paris
museepicassoparis.fr

Picasso et la bande dessinée @ Musée Picasso Paris

Picasso et la bande dessinée
Musée Picasso Paris
21 juillet 2020 - 3 janvier 2021

PICASSO ET LA BANDE DESSINÉE
Musée national Picasso-Paris
Affiche de l'exposition
Oeuvre de Picasso © Succession Picasso 2020

Première exposition consacrée à l’étude des liens entre les oeuvres de l’artiste et cette forme d’expression graphique, « Picasso et la bande dessinée » explore l’histoire foisonnante de ces échanges et appropriations croisées.

Né en 1881 à Malaga, Pablo Picasso est un enfant du XIXe siècle. L’exécution de ses premières oeuvres, au tournant des années 1890, coïncide opportunément avec la naissance, aux Etats-Unis, de la bande dessinée moderne.

Au rez-de-chaussée, le parcours met en lumière le goût de Picasso pour la bande dessinée, en explorant notamment ses lectures et en restituant ainsi une part méconnue de sa culture visuelle, largement imprégnée de sources populaires contemporaines. L’exposition montre également comment, en retour, Picasso s’approprie, dans certaines oeuvres, les codes du neuvième art, en privilégiant par exemple les séquences d’images à des compositions isolées, en utilisant le principe du phylactère – moyen graphique, banderole ou bulle, qui permet de déployer les paroles prononcées par les personnages représentés - ou encore en organisant la page en différentes cases. Elle revient, enfin, sur le phénomène Picasso dans la bande dessinée en mettant en évidence la présence parallèle de l’homme et de ses oeuvres dans les planches tout au long du XXe siècle et jusqu’à nos jours. Devenu un véritable personnage de bande dessinée, Picasso peuple les univers de Gotlib, Clément Oubrerie, Reiser ou Art Spiegelman. Plus encore, ses oeuvres ont été reprises ou évoquées par des auteurs aussi divers qu’Hergé, Edgar P. Jacobs, Milo Manara, ou Enki Bilal, souvent avec admiration, parfois avec humour ou irrévérence, créant ainsi un véritable musée Picasso imaginaire.

Au sous-sol de l’hôtel Salé, en complément des salles du rez-de-chaussée, un parcours autour de l’oeuvre et de la vie de Pablo Picasso invite le visiteur à faire l’expérience de formes plus monumentales et plus contemporaines de bandes dessinées. Constituée d’oeuvres pour la plupart inédites et créées spécifiquement pour les espaces du musée, cette partie de l’exposition comprend des fresques murales et installations sur papier. Sont ici réunies des oeuvres de Sergio García Sánchez, d’Emilie Gleason, François Olislaeger, Clément Oubrerie, et Marina Savani (en coproduction avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême). En marge de ces commandes, est également présentée une oeuvre du plasticien Richard Fauguet. En noir et blanc ou en couleurs, humoristiques ou tragiques, documentées ou décalées, les travaux rassemblés ici témoignent de la variété des styles graphiques et modes de narration de la bande dessinée contemporaine et montrent la multiplicité des regards aujourd’hui portés sur Pablo Picasso.

Commissaires de l'exposition :

Vincent Bernière, Écrivain, journaliste et éditeur de bande dessinée

Vincent Bernière est un auteur, journaliste et éditeur de bandes-dessinées. Rédacteur en chef des Cahiers de la BD il collabore à Beaux-Arts magazine en tant que critique de bande dessinée depuis 1999. Il est aussi producteur à France Culture et réalise plusieurs documentaires radios dont certains consacrés à la bande-dessinée.. Il a créé et dirigé les huit premiers numéros de la revue de bande dessinée Bang !, mélange de manga, BD franco-belge, comics US indépendants et bande dessinée de reportage. Vincent Bernière est également éditeur de bandes dessinées et a créé sa maison d’édition Revival, qui réédite les BD des années 1980. En 2016, il a publié chez Beaux Arts Éditions, Les 100 plus belles planches de la BD et en 2017, Les secrets des chefs d’oeuvre de la BD.

Johan Popelard, Conservateur du patrimoine, Musée national Picasso-Paris

Johan Popelard est conservateur en charge des peintures (1895-1921) et des arts graphiques au Musée national Picasso-Paris. Il a été auparavant chargé d’études et de recherches à l’Institut national d’histoire de l’art et chargé de cours en histoire de l’art contemporain à l’Université Paris 1- Panthéon Sorbonne. Il a assuré en 2019 le co-commissariat de l’exposition « Picasso illustrateur » au MuBA de Tourcoing.

MUSÉE NATIONAL PICASSO-PARIS
5 rue de Thorigny, 75003 Paris
museepicassoparis.fr

23/09/07

Picasso Cubiste au Musée Picasso, Paris

Picasso Cubiste
Musée Picasso, Paris
19 septembre 2007 – 7 janvier 2008

Le mot « cubisme » remonte à une boutade de Matisse, reprise par la presse, qui avait décrit comme une composition faite de « petits cubes » un paysage (1908) de Braque, compagnon de « cordée » de Picasso dans cette nouvelle manière de peindre et de voir.

Picasso garda toujours ses distances avec le mouvement cubiste qui se revendiquait de lui. Cependant, en 1923, dans un entretien au critique d’art Marius de Zayas, il en accepte le terme pour qualifier le développement de son oeuvre propre.

Depuis la Renaissance et jusqu’à la révolution Impressionniste, la peinture s’était voulue une fenêtre illusionniste ouverte sur le monde. Le cubisme est en rupture radicale avec cette idée. Il veut, chez Picasso, afficher la matérialité de la peinture et s’affirme comme un langage de signes : « Nous avons essayé de nous débarrasser du trompe-l’oeil pour trouver le “ trompe-l’esprit ”. » dira-t-il.

Avec son expression habitée par le lyrisme de Greco, une analyse géométrique des volumes issue de l’art de Cézanne, le cubisme picassien procède aussi d’une décomposition de la forme en unités plastiques empruntée aux arts primitifs, ibérique, africain, océanien, byzantin. Il détourne par ailleurs les règles de l’optique photographique, révèle un intérêt majeur pour les sources, l’iconographie, l’artisanat de la culture populaire, et introduit des fragments d’objets, de lettrages ou de coupures de presse.

Dès 1912, Apollinaire l’énonçait : « On peut peindre avec ce qu’on voudra, avec des pipes, des timbres-poste, des cartes postales ou à jouer, des candélabres, des morceaux de toile cirée, des faux cols, du papier peint, des journaux. Il me suffit, à moi, de voir le travail, il faut qu’on voie le travail, c’est par la quantité de travail fournie par l’artiste, que l’on voit la valeur d’une oeuvre d’art. »

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux et le Musée Picasso.

Commissariat : Anne Baldassari, conservateur en chef du Patrimoine, directrice du musée national Picasso.

MUSEE PICASSO
Hôtel Salé - 5, rue de Thorigny, 75003 Paris