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20/03/22

Sophie Calle @ Musée d'Orsay, Paris - Sophie Calle et son invité Jean-Paul Demoule : Les fantômes d’Orsay

Sophie Calle et son invité Jean-Paul Demoule
Les fantômes d’Orsay
Musée d'Orsay, Paris
15 mars - 19 juin 2022

En 1978, la gare d’Orsay et son hôtel avaient été désertés. Les travaux de construction du futur musée n’avaient pas encore commencé. C’est à ce moment que Sophie Calle a poussé une porte qui a cédé et s’est choisi comme abri une chambre à l’abandon, la 501. Elle y a passé des journées entières, pendant plusieurs mois, avant son départ pour Venise qui devait marquer le début de son œuvre à venir. Pendant ce séjour, elle ressentit la désolation d’un lieu, comme un espace archéologique où tout avait été délaissé. Elle prit des photos, y invita ses amis, rassembla des documents, des objets, les fiches des clients qui étaient autant de vies ouvertes, les notes adressées à un employé de l’hôtel, nommé Oddo, dont elle imagina l’identité. On peut dire qu’à certains égards, Sophie Calle a développé sa méthode dans l’hôtel d’Orsay.

Elle a gardé jusqu’à présent les éléments saisis lors de sa prospection, issus d’un lieu en voie de disparition. Tous ces « trophées » - suivant son terme - l’ont accompagnée pendant plus de quarante années, comme autant de fantômes d’un monde qui n’existait plus.

Lors du confinement, l’idée naquit d’une évocation de l’hôtel et du musée qui lui avait succédé. C’est ainsi qu’est né le projet Les fantômes d’Orsay, comme un retour de l’artiste sur ses traces, comme une quête dans le passé afin de trouver la clef d’une énigme irrésolue qui trouvait dans la figure d’Oddo son symbole.

Sophie Calle a donc repris son cheminement, en venant confronter l’hôtel et le musée, tous deux assemblés dans cette exposition-retour. Dans l’hôtel, on découvrira les traces personnelles de l’expérience vécue par Sophie Calle et par toutes celles et tous ceux qui y séjournèrent, y travaillèrent, et dont elle a ramassé les signes infimes et émouvants ; on verra, assemblées comme des pièces conceptuelles, les fiches de clients dont elle s’était fait la détentrice. Les objets, commentés par le grand anthropologue Jean-Paul Demoule, deviennent des objets de fouilles et des ready-made, traces d’un passé si proche dans le temps et néanmoins si lointain.

Sophie Calle revient à Orsay en plein confinement, alors que les œuvres somnolent et qu’elle est alors de nouveau seule dans cet espace qu’elle avait habité. Elle cherche à mettre en lumière les tableaux dans la pénombre. Dans ses photos, on les percevra comme jamais.

Les fantômes d’Orsay est une œuvre totale de Sophie Calle, tissant un aller-retour permanent entre ses débuts et l’ensemble de sa création : on y retrouve la multiplicité des formes qu’elle adopte, de la photographie à la poésie, du ready-made à la composition, à la collaboration, et son unique capacité à tisser des récits, à faire tenir ensemble en permanence le cheminement personnel et la multiplicité d’un lieu, d’une histoire, et de chacune et chacun d’entre nous. Les visiteurs du musée retourneront à l’hôtel désormais disparu, de même que Sophie Calle se plongea dans le musée après avoir vécu l’hôtel. Elle révélera l’ensemble fantomatique du musée d’Orsay, où les fantômes sont ceux de toutes les personnes et de toutes les œuvres qui l’ont traversé. Elle nous permettra de ressentir la profondeur d’un lieu, et la texture même du musée, à la fois immédiatement présent, apparemment temporel, et qui pourtant changea tant au travers de la vie de Sophie Calle – au travers de quarante années de vie collective.

Exposition conçue par l’artiste, en collaboration avec Jean-Paul Demoule, archéologue, sur proposition de Donatien Grau, conseiller pour les programmes contemporains au musée d’Orsay. 

Musée d'Orsay
Niveau 2, salle 69

01/09/20

Léopold Chauveau @ Musée d'Orsay, Paris - Au pays des monstres

Au pays des monstres.
Léopold Chauveau (1870-1940)
Musée d'Orsay, Paris
Jusqu'au 13 septembre 2020

Médecin par obligation familiale, Léopold Chauveau s'est réfugié en autodidacte dans un univers artistique étrange et singulier. À la fois sculpteur, illustrateur et auteur de livres pour adultes et enfants, il est longtemps resté oublié de l'histoire de l'art, avant que plusieurs donations de son petit-fils au musée d’Orsay ne permettent sa redécouverte. Désormais riche de 465 dessins, 48 sculptures et d’archives liées à sa production artistique, le musée propose au public une immersion dans son oeuvre, en résonance avec ses sources d’inspiration et ses contemporains.

Les premières sculptures de Léopold Chauveau sont datées 1905, alors qu’il réside à Versailles, non loin du peintre et sculpteur Nabi Georges Lacombe. Les monstres deviennent rapidement un leitmotiv de sa production, en sculpture comme en dessin, avec la première série de la Maison des monstres (1910-1919). Hybrides, ses créatures sont souvent attachantes, maladroites et comme étonnées de leur propre présence. Semblant sortir de son inconscient, elles constituent pour Léopold Chauveau de véritables compagnons, le peuple d'un monde imaginaire dans lequel il trouverait refuge, loin de l’exerce de la médecine qu’il abhorre. Malgré leur singularité, les monstres sculptés de l'artiste peuvent s'inscrire dans une généalogie de l'histoire de l'art, on pense notamment aux gargouilles médiévales ou à des influences japonaises. Pendant la première guerre mondiale, Léopold Chauveau oeuvre comme chirurgien aux armées et doit faire face à une série de deuils. Durant l’année 1917, il envoie à ses enfants des cartes postales du front illustrées de monstres à la plume proches de ceux de la Maison des monstres.

Vers 1922, il abandonne la médecine et se consacre à sa production littéraire et artistique. Léopold Chauveau se lie alors avec des écrivains tels Roger Martin du Gard, André Gide ou encore Paul Desjardins. Il écrit puis illustre des recueils d’histoires pour enfants. Dépourvues de morale, ironiques et souvent cruelles, les histoires de Léopold Chauveau mettent en scène des animaux confrontés à des péripéties fantastiques. Il dessine également des Paysages monstrueux, étendues antédiluviennes et désertiques où évoluent des monstres biomorphes qui se plient à des activités étranges. Léopold Chauveau adopte un trait synthétique, précis et incisif pour créer ses personnages, d’un trait souple à l’encre de Chine dans un style naïf inspiré par l’univers enfantin, dans des décors simplifiés mais explicites. Léopold Chauveau a aussi illustré de grands classiques (L'Ancien et le Nouveau Testament, Les Fables de La Fontaine), dont il a même parfois revisité le texte (Le Roman de Renard). Au début des années 1930, Léopold Chauveau manifeste son antifascisme dans le roman illustré le Bouffon Babriot, qui conte avec humour noir et des moyens plastiques épurés la montée sur le trône d’un bouffon doté de bon sens, qui renverse la hiérarchie militaire et prône la paix. Cette exposition permet une complète redécouverte d'un oeuvre sans équivalent à son époque.

Commissariat :
Ophélie Ferlier-Bouat, conservatrice Sculpture au musée d’Orsay
Leïla Jarbouai, conservatrice Arts graphiques au musée d'Orsay
Avec Géraldine Masson, collaboratrice scientifique
Scénographie : Martin Michel

Cette exposition sera présentée à La Piscine, musée d'Art et d'Industrie André Diligent de Roubaix du 17 octobre 2020 au 17 janvier 2021.

Musée d'Orsay
1 rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris

24/07/19

Berthe Morisot @ Musée d'Orsay, Paris

Berthe Morisot (1841-1895)
Musée d'Orsay, Paris
Jusqu'au 22 septembre 2019

Berthe Morisot (1841-1895)
Affiche de l'exposition

Pour la première fois depuis son ouverture en 1986, le musée d’Orsay consacre une exposition à l’une des figures majeures de l’impressionnisme, Berthe Morisot (1841-1895). C'est aussi la première manifestation monographique consacrée à l’artiste par un musée national depuis la rétrospective de 1941 à l’Orangerie.

Née en 1841 dans ce que son ami Renoir qualifiait de « milieu le plus austèrement bourgeois », mais ouvert aux arts, Berthe Morisot affiche très tôt un goût de l’indépendance. Elle s’affranchit d’une pratique amateure, où la peinture est considérée comme un talent d’agrément, et affirme, à rebours des usages de son milieu, l’ambition de travailler en professionnelle. Ainsi, elle expose au Salon, manifestation officielle essentielle pour qui veut faire carrière, place des oeuvres sur le marché et, surtout décide de participer à la première exposition dite impressionniste de 1874. Elle est alors la seule femme à prendre part à cette manifestation et, l’une des rares avec Pissarro, qui restera fidèle à la stratégie de l’indépendance, c’est-à-dire au développement d’une carrière en marge des circuits officiels. Figure centrale du mouvement, elle participe à toutes les expositions du groupe, sauf celle de 1879, affaiblie par la naissance de sa fille Julie. Mariée à l’un des frères d’Edouard Manet, Eugène, Berthe Morisot travaille jusqu’à sa mort prématurée en 1895, laissant un ensemble d’un peu plus de 400 tableaux. Toute sa vie, elle a été au coeur des avant-garde artistiques et littéraires, engageant des échanges artistiques féconds avec Manet, Degas, Renoir, Monet ou Mallarmé pour ne citer que quelques noms.

Cette exposition veut marquer une nouvelle étape dans la diffusion et la connaissance de Berthe Morisot en proposant et suscitant de nouvelles approches, tout en déjouant les clichés d’une peinture « féminine » encore attachés à son oeuvre. Ainsi, le choix a été fait d’explorer une facette essentielle de sa création, les tableaux de figures et les portraits.

Dans l’édition de 1919 de son histoire des peintres impressionnistes, Théodore Duret distinguait les paysagistes et les peintres de figures. Berthe Morisot se range assurément dans cette dernière catégorie, aux côtés de Renoir, Degas ou Cassatt. Sur les 423 peintures répertoriées par le plus récent catalogue raisonné, 69,5 % sont donc consacrées à la figure, qu’il s’agisse de portraits, de scènes d’intérieur ou de plein air avec des personnages. C’est également la part de son oeuvre que l’artiste a choisi de montrer en priorité : de son vivant, on peut estimer qu’elle a exposé quatre-vingt-dix-huit tableaux de figures et portraits, contre trente-six paysages et trois natures mortes.

Pour Berthe Morisot, portraits et tableaux de figures sont autant de scènes de la vie moderne. Peindre d’après modèle lui permet en effet d’explorer plusieurs thématiques de la vie de son temps, telles que l’intimité de la vie bourgeoise de l’époque, le goût de la villégiature et des jardins, l’importance de la mode, le travail domestique féminin, tout en brouillant les frontières entre intérieur/extérieur, privé/public ou fini/non fini. Pour Morisot en effet, la peinture doit s’efforcer de « fixer quelque chose de ce qui passe ». Sujets modernes et rapidité d’exécution ont donc à voir avec la temporalité de la représentation, et l’artiste se confronte inlassablement à l’éphémère et au passage du temps. Ainsi, les dernières oeuvres de Berthe Morisot, aux accents symbolistes, caractérisées par une expressivité et une musicalité nouvelles, invitent à une méditation souvent mélancolique sur ces relations entre l’art et la vie. Souvent réduite à des scènes de la vie quotidienne, ces tableaux de figures et portraits se caractérisent au contraire par ce que la grande historienne de l’art américaine, récemment disparue, Linda Nochlin, appelait de « stimulantes ambiguïtés ». Ces « ambiguïtés », ce mystère, s’expriment tant du point de vue des modèles que des espaces mis en jeu et en scène et d’une technique audacieuse et énergique, qui vise à suggérer plutôt qu’à décrire. C’est à cette exploration qu’invitent l’exposition et le catalogue, à la fois en renouvelant le corpus et en croisant les approches.

Près de la moitié des tableaux réunis sont issus de collections particulières et certains n’ont pas été vus en France depuis plus de cent ans. Le parcours, chronologique et thématique, invite à s’interroger sur les sujets représentés (la mode, la toilette, le travail), qui traduisent en effet le statut de la femme au XIXe siècle, mais aussi sur la technique unique de Berthe Morisot (le plein air, l’intérieur, l’importance des espaces intermédiaires tels fenêtres, le fini). Ses tableaux sont une exploration de l’identité moderne que Berthe Morisot a délibérément voulu ambiguë, en équilibre fragile, à la fois paisible et intranquille, limpide et mystérieuse, mais toujours exigeante et profondément novatrice. L’exposition met ainsi en valeur les choix, la détermination sans faille d’une artiste qui affirmait dès l’âge de vingt-ans ne pouvoir obtenir son indépendance « qu’à force de persévérance et en manifestant très ouvertement l’intention de [s]’émanciper ».

Cette exposition est organisée par les musées d’Orsay et de l’Orangerie, Paris, le Musée des beaux-arts, Québec, la Fondation Barnes, Philadelphie, et le Dallas Museum of Art, Dallas.

Commissaires de l'exposition : Sylvie Patry, conservatrice générale, directrice de la conservation et des collections du musée d'Orsay. 
Nicole R. Myers, The Barbara Thomas Lemmon Senior Curator of European Art au Dallas Museum of Art.
Assistante pour la présentation au musée d’Orsay, Lucile Pierret, chargée d’études documentaires.

Berthe Morisot
Catalogue de l’exposition
Sous la direction de Sylvie Patry
Coédition Musées d’Orsay et de l’Orangerie / Flammarion
304 pages – 22,5 x 30 cm – 200 ill.
ISBN : 978-2-35433-288-4

Sommaire du catalogue de l'exposition

Berthe Morisot aujourd’hui : « ambiguïtés stimulantes »
Sylvie Patry, Conservatrice générale et directrice de la conservation et des collections du musée d’Orsay

La modernité vue de l’intérieur
Anne Higonnet, Ann Witney Olin Professor, Barnard, Columbia University

Peindre la vie moderne
« Mettre une figure en plein air »
Femmes à leur toilette
La « beauté de l’être en toilette »
Fini / non-fini : « Fixer quelque chose de ce qui passe »
Femmes au travail
Fenêtres et seuils
Un atelier à soi
Sylvie Patry, Conservatrice générale et directrice de la conservation et des collections du musée d’Orsay

Une artiste en devenir
Marianne Mathieu, Directrice scientifique du musée Marmottan Monet

Morisot et la femme moderne
Nicole R. Myers, The Barbara Thomas Lemmon Senior Curator of European Art, Dallas Museum of Art

Morisot sur le seuil
Cindy Kang, Conservatrice adjointe à la Fondation Barnes, Philadelphie

Peintre pour peintres
Bill Scott, Peintre et graveur abstrait

Annexes
Chronologie, Amalia Wojciechowski, Doctorante au Bryn Mawr College
Les carnets de Berthe Morisot, Samuel Rodary, Chercheur indépendant en histoire de l’art
Expositions tenues de son vivant et posthume, Liste des oeuvres exposées, Liste des images de comparaison, Bibliographie

MUSEE D'ORSAY
1 rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris
www.musee-orsay.fr

07/03/19

Paul Sérusier @ Musée d'Orsay, Paris

Le « Talisman » de Paul Sérusier. Une prophétie de la couleur
Musée d’Orsay, Paris
Jusqu'au 2 juin 2019

La petite étude de plein-air réalisée par Paul Sérusier à Pont-Aven, en octobre 1888, « sous la direction de Gauguin », comme l’indique l’inscription manuscrite au revers du panneau, a été très vite élevée au rang d’icône. Lorsque l’artiste, de retour à l’Académie Julian, présente aux Nabis (« prophètes » en hébreu) ce paysage « synthétique » aux couleurs pures et aux formes simplifiées, ceux-ci en font leur « talisman ». Ce dernier rejoint la collection de Maurice Denis, qui a contribué à en faire une œuvre fondatrice en livrant le récit de sa création dans un texte publié dans la revue L’Occident en 1903 : « Comment voyez-vous cet arbre, avait dit Gauguin devant un coin du Bois d’Amour : il est vert. Mettez donc du vert, le plus beau vert de votre palette ; et cette ombre, plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible ». Ainsi nous fut présenté pour la première fois, sous une forme paradoxale, inoubliable, le fertile concept de la « surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ». 

L’étude de Paul Sérusier a ainsi été placée au centre d’une sorte de mythe d’origine qui en fixe l’interprétation : une « leçon de peinture » délivrée par Paul Gauguin inspirant au jeune peintre le manifeste d’un art qui remplace une approche mimétique par la recherche d’un « équivalent coloré ». C’est à l’aune de cette présentation que la postérité réinterprètera ce tableau comme l’annonce d’une nouvelle conception de la peinture : pure, autonome et abstraite.

Cette exposition se propose de revenir sur l’histoire de cette œuvre iconique des collections du musée d’Orsay. En s’appuyant sur les dernières recherches sur le sujet, elle retrace le contexte de sa création, sa place au sein de l’œuvre de Paul Sérusier et ses rapports avec celles de ses compagnons Nabis. Elle s’intéresse aussi à son histoire matérielle, celle d’une petite huile sur bois, œuvre inachevée de 27 sur 21 centimètres, dont Maurice Denis avait exagéré le caractère improvisé en parlant d’une boîte à cigare. Des analyses effectuées en 2018 par le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) apportent ainsi des informations détaillées sur la nature du support et les couleurs utilisées par l’artiste. Enfin, elle évoque l’histoire de sa réception par les artistes de son époque, mais aussi la postérité qui a été la sienne dans l’art du XXe siècle. 

Cette présentation, riche de plus 60 œuvres, s’appuie sur les collections du musée d’Orsay liées à l’école de Pont-Aven et aux Nabis en même temps que sur celles du musée de Pont-Aven. Elle intègre des prêts exceptionnels de musées français, ainsi que de nombreuses œuvres conservées en collection particulière.

Cette exposition est organisée par les musées d’Orsay et de l’Orangerie et le musée de Pont-Aven (Concarneau Cornouaille Agglomération).

Commissariat de l'exposition :
Claire Bernardi, conservatrice peinture au musée d’Orsay
Estelle Guille des Buttes-Fresneau, directrice du musée de Pont-Aven
Avec la collaboration d’Estelle Bégué, chargée d’études documentaires au musée d’Orsay

Le Talisman de Sérusier
Catalogue de l'exposition, 
coédition musée d’Orsay / RMN –Grand Palais, 
19,7 x 27 cm, 208 pages, 91 ill., 35€

MUSEE D'ORSAY
1 Rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris
www.musee-orsay.fr

14/10/18

Orsay vu par Julian Schnabel @ Musée d’Orsay, Paris

Orsay vu par Julian Schnabel 
Musée d’Orsay, Paris 
10 octobre 2018 – 13 janvier 2019 

Pour sa première invitation à une grande figure de la création contemporaine, le musée d’Orsay a invité le peintre américain Julien Schnabel à proposer sa lecture des collections en sélectionnant des oeuvres et en les présentant dans deux salles historiques, en conversation avec celles de l’artiste, de 1978 à aujourd’hui.

Pour cette exposition au musée d’Orsay, la première de Julian Schnabel dans une institution parisienne depuis le Centre Pompidou il y a plus de trente ans, l’artiste a choisi dans la collection des oeuvres qui n’ont jamais été présentées ensemble – de Van Gogh, Cézanne, Manet et Toulouse-Lautrec, à d’autres artistes moins connus de la même époque, mais de grande influence. Ces rapprochements nourrissent des dialogues par-delà le temps et l’espace, entre ces oeuvres d’art qui coexistent pour la durée de l’exposition, et mettent ainsi en évidence les propriétés de la peinture, en contredisant la notion commune au XXe siècle d’une « fin de la peinture », illustrant qu’elle est bien vivante, et que sa signification est tout aussi grande dans le présent que par le passé.

L’artiste a non seulement choisi les tableaux, mais, avec Louise Kugelberg, a conçu la scénographie et l’installation de l’exposition. Julian Schnabel nous invite à voir dans les oeuvres du XIXe siècle et d’aujourd’hui davantage que des images, des expériences existentielles où le corps humain, l’échelle, les émotions de l’art sont données à vivre à nouveau. Il propose des lectures de chaque oeuvre et offre une expérience complète, à la fois historique et contemporaine.

Depuis quarante ans, Julian Schnabel a proposé des manières neuves et audacieuses de regarder la peinture. Son oeuvre a pris des aspects très différents, et a contribué à changer la façon dont nous comprenons la peinture aujourd’hui, en ouvrant aux nouvelles générations des possibilités qui étaient considérées inenvisageables au moment où elles furent dévoilées. Il s’est opposé à la tendance à avoir un « style-signature » en peinture, en répétant un modèle de peinture et en proposant une image irréductible emblématique de l’artiste, caractéristique de l’expressionisme abstrait d’après-Guerre. En ayant recours à des matériaux et des images très divers, Julian Schnabel a créé des oeuvres qui semblent contredire la trajectoire du modernisme au XXe siècle, et réaffirmer que des manières différentes de peindre étaient possibles, au-delà de la polarité entre Duchamp et Picasso.

Ses oeuvres ont été exposées dans de nombreux musées, et sont présentes dans les collections majeures, telles le Centre Pompidou, Paris, Tate, Londres, Museum of Modern Art, New York, Whitney Museum of American Art, New York, Metropolitan Museum of Art, New York.

À l’occasion de l’exposition, le portrait d’Azzedine Alaïa par Julian Schnabel sera emprunté au studio et présenté dans les salles du pavillon Amont, comme un hommage particulier à Monsieur Alaïa, ami proche de l’artiste, et ami du musée d’Orsay. Ce sera la première fois que l’oeuvre d’un artiste contemporain sera présentée dans les collections.

Orsay vu par Julian Schnabel coïncide avec la sortie du film de Julian Schnabel At Eternity’s Gate, avec Willem Dafoe en Vincent Van Gogh, qui connaît sa première à la Mostra de Venise, et sa première américaine en nuit de clôture du New York Film Festival.

En 1996 Julian Schnabel a écrit et réalisé le film Basquiat, à propos de l’artiste new-yorkais, dont il était proche. Le film fut présenté en sélection officielle à la Mostra de Venise. Son deuxième film, Avant la nuit, basé sur la vie du défunt romancier cubain Reinaldo Arenas, fut récompensé à la fois par le Grand Prix du Jury et par la Coppa Volpi pour le meilleur acteur, Javier Bardem, à la Mostra de Venise. En 2007 Julian Schnabel réalisa son troisième film, Le Scaphandre et le papillon. Il fut récompensé par la caméra d’or au Festival de Cannes, et le Golden Globe du meilleur réalisateur. Le Scaphandre et le papillon fut nommé pour quatre Oscars.

Un projet conçu par Julian Schnabel, en collaboration avec Louise Kugelberg et Donatien Grau.

Catalogue de l'exposition, coédition musée d’Orsay / Flammarion, 96 pages, 240 x 310 cm.

Musée d'Orsay
1 rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris

19/06/16

Autoportrait en peinture - Musée des Beaux-Arts de Quimper : Autoportraits du Musée d’Orsay

Autoportraits du musée d’Orsay 
Musée des Beaux-Arts de Quimper 
17 juin - 2 octobre 2016 

Le musée d’Orsay s’est associé au musée des Beaux-Arts de Nancy, au musée d’art Roger-Quilliot de Clermont-Ferrand et au musée des Beaux-Arts de Quimper pour concevoir une exploration de ses collections, de la seconde moitié du XIXe siècle au début du XXe siècle, autour du thème original de l’autoportrait en peinture.

Cette manifestation exceptionnelle invite à porter un regard nouveau sur des oeuvres célèbres et à découvrir d’autres peintures moins connues. Elle pose la question de la succession et de la concomitance de styles et d’écoles qui s’opposent ou se répondent.

Le parcours, en illustrant l’évolution d’un genre, offre une compréhension de la diversité des courants qui remettent en cause ou renouvellent la tradition de la peinture au XIXe siècle, créant par les avant-gardes successives le contexte d’émergence de la peinture moderne.

La question de l'autoportrait

Exercice d’introspection, l’autoportrait met en jeu depuis la Renaissance la vision de l’artiste par lui-même. Au-delà de sa propre image et de l’utilisation de son visage comme modèle premier d’exercice, le peintre s’interroge sur son art et sa place dans la société.

Au XIXe siècle, période de bouleversements esthétiques et de rejet de l’académisme, l’autoportrait fait parfois office de manifeste et permet de revendiquer une manière de peindre ou un positionnement à l’égard de la tradition. Certains peintres comme Courbet mettent en avant l’image de l’artiste dans son atelier et affirment par ce biais la reconnaissance de leurs oeuvres. D’autres, comme Carpeaux, Redon, Gauguin ou Cézanne mêlent subtilement quête picturale et observation psychologique.

La seconde moitié du XIXe siècle est en effet marquée par l’essor des sciences humaines et la découverte progressive de la psychologie : à des jeux de mise en scène, de travestissement parfois, succèdent ainsi de véritables introspections. Leur profondeur trouve un aboutissement dans des démarches comme celle de Van Gogh qui livre à travers les représentations successives de lui-même un véritable récit autobiographique dont l’équivalent est à chercher dans la littérature de l’époque. Au-delà de la dimension sociale déterminante pour le réalisme, une plus grande subjectivité se fait jour, questionnant l’ambiguïté ente le « je » de l’artiste se livrant à l’exercice de l’autoportrait et sa personnalité propre.

ARTISTES DE L'EXPOSITION

Alexis AXILETTE – Jules BASTIEN–LEPAGE – Emile BERNARD – Pierre BONNARD – Léon BONNAT – Adolphe Félix CALS – Jean–Baptiste CARPEAUX – Eugène CARRIERE – Paul CEZANNE – Gustave COURBET – Alfred DEHODENCQ – Maurice DENIS – Marcellin DESBOUTIN – Clémentine-Hélène DUFAU – Jean–Louis FORAIN – Paul GAUGUIN – Ernest HEBERT – Pierre Georges JEANNIOT – Charles LAVAL – Henri MARTIN – Ernest MEISSONIER – Claude MONET – Daniel de MONFREID – Emile MOTTE – Camille PISSARRO – René Xavier PRINET – Odilon REDON – Théodule RIBOT – Gustave RICARD – Paul SERUSIER – Félix VALLOTTON – Vincent VAN GOGH – Antoine VOLLON – Edouard VUILLARD

Commissariat

Xavier Rey, conservateur du Patrimoine, directeur des collections du musée d’Orsay
Guillaume Ambroise, conservateur en chef du Patrimoine, directeur du musée des Beaux-Arts de Quimper
Sophie Kervran, conservatrice adjointe, musée des Beaux-Arts de Quimper
Charles Villeneuve de Janti, conservateur du Patrimoine, directeur du musée des Beaux-Arts de Nancy 
Amandine Royer, conservatrice au musée d’Art Roger-Quilliot de Clermont-Ferrand

Un catalogue, coédité par le musée d’Orsay et Flammarion, accompagne l’exposition avec un essai de présentation, des reproductions de toute les oeuvres en pleine page, et des textes de Guillaume Ambroise, Claire Bernardi, Guy Cogeval, Flore Collette, Isabelle Gaetan, Sophie Kervran, Edouard Papet, Sylvie Patin, Sylvie Patry, Paul Perrin, Isolde Pludermacher, Xavier Rey, Marie-Paule Vial et Charles Villeneuve de Janti.

MUSEE DES BEAUX-ARTS
40, place Saint-Corentin, 29000 Quimper

22/04/10

Exposition Jean-Léon Gérôme au Musée d’Orsay

Jean-Léon Gérôme (1824-1904)
Musée d'Orsay, Paris
18 octobre 2010 - 23 janvier 2011

Cette exposition est la première exposition monographique consacrée à Jean-Léon Gérôme à Paris et la première d’envergure depuis l’exposition pionnière organisée par Gerald Ackerman en 1972-1973 (Dayton Art Institute, Minneapolis Institute of Arts, Walters Art Gallery, Baltimore).

La perception de cet artiste a, durant les dernières décennies, profondément évolué. Longtemps stigmatisé comme le tenant emblématique d’un académisme stérile, Jean-Léon Gérôme est aujourd’hui compris comme l’un des grands créateurs d’images du XIXe siècle. Cette évolution est le fruit des progrès historiographiques, au premier rang desquels il faut citer les publications de Gerald Ackerman, qui sera associé au catalogue de l’exposition. Il convient également de souligner les recherches menées par le musée Goupil sur la diffusion de l’oeuvre (exposition Gérôme et Goupil).

Alors que la connaissance de l’oeuvre se faisait plus précise, le musée d’Orsay a manifesté, depuis son ouverture, un intérêt soutenu pour cet artiste : les acquisitions de La Crucifixion en 1990, du portrait de la Baronne Nathaniel de Rothschild et de La Réception du Grand Condé à Versailles en 2004, d’un fonds de photographies et de manuscrits consacré à l’artiste et son entourage en 2003, accompagnées par la restauration, en 1998, du monumental Siècle d’Auguste, aujourd’hui déposé au musée d’Amiens.

L’exposition, comme le catalogue qui l’accompagne, sont l’occasion d’aborder tous les enjeux de l’oeuvre, de ses sources à son influence. Elle tente de donner à voir et d’analyser la foisonnante mise en oeuvre d’une grammaire visuelle, qui poussa l’obsession illusionniste jusqu’à l’étrange, et entre en résonance avec tous les arts visuels, estampe, photographie et cinéma. L’ensemble permet notamment de faire le point et de proposer des approches renouvelées sur des questions aussi diverses que la place de Jean-Léon Gérôme dans la peinture française de son temps, sa conception théâtralisée de la peinture d’histoire, son rapport complexe à l’exotisme, son usage de la polychromie en sculpture, son rôle d’enseignant, son rapport au modèle antique, du mouvement néo-grec aux codifications pédagogiques déduites de ses oeuvres, mais aussi comment la figure de l’artiste a cristallisé tout le combat anti-académique de la fin du XIXe siècle, et enfin, le singulier destin américain de son oeuvre. Le catalogue revient aussi sur la fortune critique de Jean-Léon Gérôme dans les arts visuels du XXe siècle, le cinéma notamment.

Cette manifestation se propose donc d’explorer, au-delà de sa séduction immédiate et de son accessibilité, la double identité de l’oeuvre de Gérôme, à la fois savante et populaire, qui la rend aujourd’hui si précieuse aux yeux des historiens d’art et du grand public.

Commissaires de l'exposition : Laurence des Cars, directrice scientifique de l’Agence France-Museums ; Dominique de Font-Réaulx, conservateur au musée du Louvre ; Edouard Papet, conservateur en chef au musée d’Orsay.

Cette exposition est organisée parle musée d’Orsay et la Réunion des musées nationaux, Paris.

Musée d'Orsay
Niveau 0, grand espace d’exposition
18 octobre 2010 – 23 janvier 2011

Autres étapes de cette exposition
J. Paul Getty Museum, Los Angeles : 15 juin au 12 septembre 2010
Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid : printemps 2011