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29/08/25

Dessins sans limite. Chefs-d'oeuvre de la collection du Centre Pompidou @ Grand Palais, Paris

Dessins sans limite. Chefs-d'oeuvre de la collection du Centre Pompidou
Grand Palais, Paris
16 décembre 2025 - 15 mars 2026

Avec plus de 35 000 dessins, la collection du cabinet  d'art graphique du Centre Pompidou est l'un des plus importants ensembles au monde d'œuvres sur papier des XXe et XXIe siècles. Ce fonds exceptionnel par sa richesse et sa diversité n'a encore jamais fait l'objet d'une grande exposition qui lui soit exclusivement consacrée. L'exposition Dessins sans limite est donc l'occasion de révéler pour la première fois les trésors inestimables de cette collection qui offre l'opportunité unique de comprendre comment ce medium s'est totalement réinventé au XXe siècle.

Car nombreux sont les artistes qui se sont emparés de ce mode d'expression originel et cathartique afin de transgresser les limites de l'art au point que le dessin est devenu aujourd'hui le laboratoire de tous les possibles. Au-delà de la feuille ou du traditionnel carnet, son domaine d'expression s'est étendu vers bien d'autres supports jusqu'à celui du mur ou de l'espace de l'installation. L'art graphique s'est ouvert à d'autres pratiques, étendant son champ à d'autres formes d'expression, photographiques, cinématographiques, ou encore numériques, ce qui rend ses frontières toujours plus mouvantes et ouvertes. Le regain d'intérêt porté par les jeunes générations d'artistes pour ce medium élémentaire et accessible est bien la preuve de sa grande actualité. S'il faut faire évoluer la notion même de dessin à l'aune des enjeux esthétiques et plastiques du XXIesiècle, cela n'exclut pas de se replonger dans les fondements d'une pratique qui, demeure par essence ouverte à l'invention et à l'expression de la pensée, qu'elle soit consciente ou inconsciente.

L'exposition Dessins sans limite met à l'honneur des pièces majeures de la collection rarement montrées notamment des œuvres de Balthus, Marc Chagall, Willem de Kooning, Sonia Delaunay, Jean Dubuffet, George Grosz, Vassily Kandinsky, Paul Klee, Fernand Léger, Henri Matisse, Amadeo Modigliani, Pablo Picasso, mais aussi Karel Appel, Jean-Michel Basquiat, Roland Barthes, Robert Breer, Trisha Brown, Marlène Dumas, William Kentridge, Robert Longo, Giuseppe Penone, Robert Rauschenberg, Kiki Smith ou encore Antoni Tàpies. Elle ne s'interdit pas d'aller au-delà du champ de la feuille de papier pour considérer le dessin en tant que performance, installation, ou bien encore dans sa forme animée.

Avec une sélection de près de 300 œuvres de 120 artistes, l'exposition « Dessins sans limites » n'a pas pour ambition de dresser une histoire du dessin aux XXe et XXIe siècles - une entreprise que la nature même du fonds rendrait impossible - mais propose une exploration sensible et subjective de la collection du Cabinet d'art graphique. Sans parti pris chronologique, le parcours est conçu sur le mode de l'anadiplose dans lequel les œuvres dialoguent à travers des face-à-face inédits et éclairants. Y sont considérées successivement quatre modalités du dessin, de la plus traditionnelle à la plus novatrice : étudier, raconter, tracer et animer.

Une exposition coproduite par le GrandPalaisRmn et le Centre Pompidou

Commissaires
Claudine Grammont, Cheffe de service, Cabinet d’art graphique, Centre Pompidou, Musée national d’Art Moderne
Anne Montfort-Tanguy, Conservatrice, Cabinet d’art graphique, Centre Pompidou, Musée national d’Art Moderne

GRAND PALAIS, PARIS

18/08/25

mk2 Bibliothèque × Centre Pompidou : Programmation Cinéma, Septembre → Décembre 2025

mk2 Bibliothèque × Centre Pompidou
Programmation Cinéma
Septembre → Décembre 2025

mk2 Bibliothèque
Façade du mk2 Bibliothèque (BnF)
Photo © mk2

À partir de septembre 2025, et pendant les cinq années de rénovation du bâtiment historique du Centre Pompidou, les cinémas du Centre Pompidou et la Cinémathèque du documentaire à la Bpi s'installent au mk2 Bibliothèque.

Les précédentes collaborations entre le Centre Pompidou et mk2, notamment la rétrospective intégrale et exposition « Abbas Kiarostami, les chemins de la liberté » en 2021, ainsi que l’exposition « Corps à Corps, Histoire(s) de la photographie » en 2023, qui mettait en dialogue la collection de photographies du Centre Pompidou− Musée national d’art moderne et celle de Marin Karmitz, fondateur de mk2, ont naturellement conduit à ce partenariat.

Rebaptisé et habillé aux couleurs du Centre Pompidou, l’actuel mk2 Bibliothèque (entrée BnF) situé au cœur du bâtiment de la Bibliothèque nationale de France François−Mitterrand, face à l’entrée de la bibliothèque, devient mk2 Bibliothèque × Centre Pompidou et accueille dans ses quatre salles et son atrium rétrospectives, cycles, festivals, avant-premières, rendez-vous réguliers, rencontres et masterclasses conçus par le Centre Pompidou et la Cinémathèque du documentaire de la Bibliothèque publique d’information. Ponctuellement, une partie de cette programmation prend également place au mk2 Bibliothèque, sur le parvis, à proximité immédiate. 

La pluridisciplinarité qui définit le Centre Pompidou s’y incarne en une programmation de lectures, performances, concerts, installations, et créations XR à partir des images en mouvement.

À l’image de la collection du Musée national d’art moderne qu’il conserve, enrichit et expose, le Centre Pompidou s’attache, pour sa programmation cinéma, à la mise en avant de la création moderne et contemporaine internationale et à ses interactions avec la société. La programmation au mk2 Bibliothèque × Centre Pompidou est structurée par de grandes invitations à des cinéastes d’avant-garde, emblématiques comme moins repérés, à travers rétrospectives, commandes d’œuvres, expositions et publications, et ponctuée d’événements consacrés à des figures émergentes. Elle donne également une place importante à la Cinémathèque idéale des banlieues du monde, développée depuis 2020 par le Centre Pompidou et les Ateliers Médicis avec rendez-vous mensuels, avant-premières, restaurations, weekends dédiés, workshops et séminaires.

Comme elles le faisaient dans le bâtiment historique du Centre Pompidou, les images en mouvement dialoguent avec d’autres formes de pensée et de création au sein de rencontres, festivals, performances et concerts pour rendre compte du croisement des pratiques, de l’élan et de la vitalité qu’il insuffle au cinéma, un art en constante mutation. En préfiguration du Centre Pompidou 2030, la programmation au mk2 Bibliothèque continue d’explorer ces mutations et est un laboratoire de nouvelles manières d’imaginer et de faire vivre la programmation du cinéma et autour du cinéma, dans toute la variété de ses formes artistiques, en mobilisant les ressources de la pluridisciplinarité qui font l’identité du Centre Pompidou. Dans cette perspective, la proximité immédiate avec la BnF est aussi l’opportunité de collaborations inédites autour des programmes, des fonds et des ressources des deux établissements.


Radu Jude, Kontinental 25
Radu Jude, Kontinental 25
 
Ours d'Argent du Meilleur Scénario à la Berlinale 2025
Sortie en salle le 24 septembre 2025

RADU JUDE, CINÉASTE INTRANQUILLE
RÉTROSPECTIVE INTÉGRALE | AVANT-PREMIÈRES | MASTERCLASSE | RENCONTRES | LIVRE
23 septembre  11 octobre 2025

EN PRÉSENCE DU CINÉASTE ET DE NOMBREUX INVITÉS

L’oeuvre du réalisateur roumain Radu Jude est, à bien des égards, le secret le mieux gardé de la cinéphilie contemporaine. Sa profusion et son amplitude – 28 films de tous formats depuis le début des années 2000, fictions, documents et expérimentations – ne sont parvenues en France qu'en petite partie, dans le sillage de l’Ours d’Or attribué en 2021 à Bad Luck Banging or Loony Porn à la Berlinale. Et pour cause : Radu Jude construit à une vitesse ébouriffante une filmographie qui traverse tous les territoires avec une grande fluidité formelle, bousculant le cinéma en le confrontant aux impasses mémorielles et aux aberrations actuelles pour le porter, avec la vigueur de la farce, à son plus haut degré d'intranquillité. Radu Jude s’est rapidement imposé comme l’une des voix les plus stimulantes du cinéma européen. Une Europe post-communiste et post-capitaliste, vue depuis la Roumanie, qui est précisément au centre de son travail et sur laquelle il pose un regard décapant, libre de toute allégeance et de toute bienséance.

Aussi singulière qu’elle soit, son oeuvre échappe à la définition tant elle est à la fois d’une immense fureur politique, d’une implacable précision historique, dialectique et filmique mais aussi d’une grande drôlerie, toujours impertinente et farcesque – Radu Jude reprenant à son compte la célèbre formule de Karl Marx selon laquelle l’histoire se répète toujours « la première fois comme une grande tragédie, la seconde fois comme une farce sordide ».

La clé, peut-être, pour appréhender cette oeuvre plurielle et fascinante est à chercher dans l’articulation de la colère intacte et palpable du cinéaste à son refus de tout cynisme, de toute paresse intellectuelle manichéenne comme de toute complaisance compassionnelle. Parce qu’il tient en haute estime le cinéma et ses spectateurs, il choisit plutôt de les confronter, avec un sérieux humour corrosif, à l’Histoire de l’Europe et à la mauvaise farce que joue un passé mal digéré – notamment dans ses documentaires et fictions sur le génocide des juifs par le pouvoir roumain pendant la Seconde Guerre mondiale, dont le remarquable Peu m’importe si l’Histoire nous considère comme des barbares en 2018. C’est avec la même curiosité et la même lucidité qu’il embrasse à la fois les inventions du présent et ses violences multiples comme peu de cinéastes le font aujourd’hui – N’attendez pas trop de la fin du monde, en 2023, mettait ainsi en vis-à-vis l’exploitation au travail et le défouloir sur les réseaux sociaux.

Dans un carton initial de Caricaturana, un court métrage réalisé en 2021, Radu Jude cite Baudelaire à propos du caricaturiste Honoré Daumier, dans un quatrain qui pourrait aussi bien servir de portrait du cinéaste :
« C’est un satirique, un moqueur ;
Mais l’énergie avec laquelle
Il peint le Mal et sa séquelle,
Prouve la beauté de son coeur »
Une rétrospective intégrale de son travail est présentée au mk2 Bibliothèque × Centre Pompidou, en présence du cinéaste et de nombreux invités. Cette dernière s’ouvre sur l’avant première de Kontinental ‘25 (Ours d’Argent du Meilleur Scénario, Berlinale 2025) dont la sortie en salles est assurée dans la foulée le 24 septembre 2025 par Météore Films et se clôture sur Dracula, film encore inédit de Radu Jude, présenté en première française avant sa sortie en salle le 15 octobre.

The Film Gallery présente parallèlement une exposition autour de Sleep #2 et The Exit of the Trains sous forme d’installation multi-écrans du 22 septembre au 25 octobre 2025.

Un livre, publié par les éditions de l'OEil et le FIDMarseille, en partenariat avec Le Centre Pompidou, paraît à cette occasion, rassemblant des extraits du journal du cinéaste, un long entretien et divers textes.


Hervé Gloaguen
© Hervé Gloaguen

L’INVENTAIRE DELEUZE
CONFÉRENCES | PROJECTIONS | LECTURES | PERFORMANCES | ATELIERS | SÉANCES D’ÉCOUTE
7 novembre → 9 novembre 2025

« Un jour peut-être le siècle sera Deleuzien », écrivait Michel Foucault. Cent ans après la naissance de Gilles Deleuze, les échos de sa pensée sont au coeur des enjeux de l’époque, de la place des machines aux pulsations du désir, des devenirs-femmes émancipateurs à l’organisation des peurs par les néofascismes. À l’occasion de ce centenaire, le Centre Pompidou réunit aux côtés des lectrices et lecteurs de Deleuze de grandes voix de la création de tous horizons, français et internationaux.

S’inspirant de L'Abécédaire, série de dialogues télévisés avec Claire Parnet en fil rouge, l’inventaire des résonances contemporaines de l’oeuvre de Deleuze est dressé autour d’une programmation de conférences, projections, lectures, performances, ateliers et séances d’écoute. En parallèle, un colloque consacré à son ouvrage L’Image-temps dont c’est le quarantième anniversaire se déroule à l’université Paris 8 à partir du 5 novembre

Lecteur de Friedrich Nietzsche ou Baruch Spinoza, auteur avec Félix Guattari d’ouvrages où l’inconscient se fait révolutionnaire, Gilles Deleuze peuple la philosophie d’innombrables « personnages conceptuels ». Il y insuffle une inventivité dont la publication de ses cours fait aujourd’hui redécouvrir l’intensité vivante. Du vent de liberté né de mai 1968 à la lutte du peuple palestinien ou au développement de nouvelles formes de contrôle, sa pensée fut en prise directe avec les mouvements politiques de son temps : elle revient en boomerang interroger le nôtre.

Inspirateur d’innombrables artistes dans tous les domaines, cité tout autant par les peintres que par les musiciens ou les hackers, Gilles Deleuze fit du cinéma l’un des laboratoires de sa philosophie, et consacra deux grands livres au lien entre pensée et images – l’intervention qu’il donna à la FEMIS sur l’acte de création fit événement pour plus d’une génération de cinéastes. Quel meilleur cadre, alors, que des salles de cinéma pour faire résonner cet héritage et le conjuguer au futur ?

Aux côtés de L’Abécédaire et de la conférence à la FEMIS, d’autres films travaillant les archives audiovisuelles autour de Gilles Deleuze sont projetés – notamment ceux du duo d’artistes Silvia Maglioni et Graeme Thompson. L'artiste Frank Smith quant à lui, auteur de Deleuze Memories (2025), réalise un film spécialement pour l'occasion autour d'un texte de Deleuze. Il s’agit aussi d’explorer les concepts développés dans L’Image-temps et L’Image-mouvement à travers Europe 51 de Roberto Rossellini mais aussi des films contemporains (The Thoughts That Once We Had (2015) de Thom Andersen), de s’intéresser au contexte de certains moments clé de son parcours (l’université de Vincennes et la clinique de La Borde à travers des films documentaires) et enfin, de découvrir Gilles Deleuze acteur dans George qui ? de Michèle Rosier.


Rachid Djaidani
Rachid Djaidani, pour Rushes de cinéastes

LA CINÉMATHÈQUE IDÉALE DES BANLIEUES DU MONDE
LE GRAND WEEK END
PROJECTIONS | RENCONTRES | AVANT-PREMIERES
14 novembre → 17 novembre 2025

Du 14 au 17 novembre, la Cinémathèque idéale des banlieues du monde, portée depuis 2021 par les Ateliers Médicis à Clichy-Montfermeil et le Centre Pompidou, qui questionne la représentation des périphéries à travers l’image en mouvement – se déploie au mk2 Bibliothèque × Centre Pompidou en même temps qu’au tout nouveau cinéma Alice Guy, à Bobigny, pour un weekend composé de projections et de rencontres.

Au programme, des avant-premières et des inédits, des films récemment restaurés, et l’occasion de retrouver de grands invités et les personnalités qui ont marqué l’année de la Cinémathèque idéale des banlieues du monde.


Derek Jarman - Carravagio
Caravaggio
Derek Jarman, 1986 
© British Film Institute

Derek Jarman - The Last of England
The Last of England
, Derek Jarman, 1987 
© Malavida Films

DEREK JARMAN
RÉTROSPECTIVE INTÉGRALE | RÉÉDITION DE FILMS REMASTÉRISÉS | PERFORMANCES | RENCONTRES
28 novembre → 16 décembre 2025

AVEC LA PARTICIPATION DE TILDA SWINTON ET DE NOMBREUX INVITÉS

Peintre, cinéaste, écrivain, militant des droits homosexuels, pionnier de la culture queer et jardinier : l’oeuvre de Derek Jarman s’incarne en de nombreuses formes et perspectives, faisant preuve d’une érudition considérable et d’une vitalité toujours renouvelée. Inscrits dans un continuum de pensée, de vie et de création, réalisés à l’époque du conservatisme thatchérien, ses films sont autant d’objets flamboyants qui confrontent les questions esthétiques et les problématiques sociales, chargés d’une force politique demeurant intacte. Le Centre Pompidou propose une rétrospective de ses longs métrages remastérisés - dont cinq ressortent parallèlement en salle grâce à Malavida Films - et de nombreux de ses courts en super 8, présentant la diversité de son geste, de la fiction à des formes personnelles, diaristiques ou expérimentales.

Parallèlement, la maison d'édition Actes Sud publie la traduction française de l'un des journaux de Derek Jarman, Modern Nature.

Alors que l’artiste, incarnant une figure de l’avant-garde et de l’underground anglais, a travaillé de façon extrêmement collective, entouré d’amis et de collaborateurs de longue date, cette rétrospective se veut polyphonique, peuplée de la parole de proches, dont Tilda Swinton, de témoins et d’héritiers, qui accompagnent de nombreuses séances.

Né en 1942 à Northwood, dans le Middlesex, Derek Jarman étudie à la Slade School of Fine Art (University College de Londres) et développe en premier lieu une pratique du film expérimental en 8mm. Il y reviendra régulièrement tout en travaillant en parallèle à la réalisation de longs métrages, pour lesquels il explore notamment des trames plus narratives. À commencer par Sebastiane (1976), autour du martyr de Saint Sébastien, premier film britannique avec des images positives de la sexualité gay. Son succès le plus retentissant, Caravaggio (1986), cinquième de ses longs métrages, est largement diffusé et lui vaut un Ours d’argent à la Berlinale. Ce film inaugure également sa collaboration avec l’actrice Tilda Swinton, ils feront huit films ensemble. La même année, sa séropositivité est diagnostiquée. Il en fait publiquement état ainsi que des traitements et de la maladie même, qui entraîne une cécité. Son dernier long métrage, Blue (1992), associe une riche bande sonore à un écran monochrome bleu. Ce film fait partie de la collection du Centre Pompidou, ainsi que trois courts métrages du cinéaste.

Derek Jarman, décédé en 1994, laisse une empreinte remarquable sur la création actuelle avec une oeuvre post-punk s’intéressant tout autant à la musique qu’à la peinture, au théâtre, à la poésie, à l’histoire, à la religion ou à la philosophie. Outre ses films, ses peintures ont fait l’objet d’expositions telle que « Dead Souls Whisper » au CRÉDAC (Ivry-Sur-Seine) en 2021. L’artiste a également laissé quantité d’écrits rendant compte de l’étendue de ses passions et de ses connaissances – scripts de ses films, journaux, ou encore un fabuleux texte sur les couleurs et leurs imaginaires, Chroma, rédigé alors qu’il perdait la vue. Dernier et fameux versant de son travail, le Prospect Cottage et son jardin sur la côte venteuse anglaise, dans le Kent, à quelques centaines de mètres de la centrale nucléaire de Dungeness. Au fil du temps, l’aménagement du lieu – fleurs et plantes sélectionnées pour survivre à un climat rigoureux, pieux de bois flotté, outils de jardinage, tableaux, sculptures – devient un symbole de son combat contre la maladie. C’est aussi un endroit de travail pour lui et ses amis, racheté en 2020 grâce à un appel aux dons en vue de sa préservation.

CENTRE POMPIDOU, PARIS

15/06/25

Exposition Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten @ Grand Palais X Centre Pompidou, Paris

Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten
Grand Palais X Centre Pompidou, Paris
20 juin 2025 – 4 janvier 2026 

Niki de Saint Phalle (1930−2002) et Jean Tinguely (1925−1991) marquent les premières décennies du Centre Pompidou avec des réalisations spectaculaires, telles Le Crocrodrome de Zig & Puce (1977) dans le forum du bâtiment ou la Fontaine Stravinsky (1983) au pied de l’Ircam. Cette exposition – qui inaugure la collaboration entre le Centre Pompidou et le GrandPalaisRmn pendant la fermeture pour rénovation du site « Beaubourg » – met en lumière des moments clés de la carrière de ce couple mythique, uni par des liens artistiques indéfectibles et une vision de l’art comme acte de rébellion contre les normes établies.

C’est par le prisme de Pontus Hulten (1924−2006), premier directeur du Musée national d’art moderne au Centre Pompidou de 1977 à 1981, que l’exposition revient sur les créations de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Grâce à l’impulsion donnée par cette personnalité très tôt remarquée dans le monde des musées, les deux artistes bénéficient d’une importante visibilité. Pontus Hulten, animé par l’idée rimbaldienne de « changer la vie » et porté par une approche muséale radicale et novatrice, offre un soutien inconditionnel au couple d’artistes. Il partage leurs conceptions anarchistes au service d’un art pour tous, pluridisciplinaire et participatif, qui bouscule les conventions et déplace les lignes

Pontus Hulten favorise l’acquisition par les institutions d’œuvres majeures de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, et organise au Centre Pompidou des rétrospectives des deux artistes, celle de Niki de Saint Phalle en 1980 et de Jean Tinguely en 1988. Il orchestre également la réalisation de leurs projets d’installations hors normes, tant au Moderna Museet de Stockholm, la première institution qu’il dirige, avec la gigantesque Nana pénétrable Hon – en katedral en 1966, qu’à Paris au Centre Pompidou avec Le Crocrodrome de Zig & Puce et ses éléments de fête foraine, en 1977. C’est aussi grâce à Pontus Hulten que Niki de Saint Phalle parachève la réalisation d’une vie de Jean Tinguely après son décès, Le Cyclop, monstre de métal visitable ponctué d’œuvres d’amis artistes et caché au cœur des bois de Milly-la Forêt, près de Paris.

L’exposition « Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten » propose un parcours à la fois historique et ludique, où s’entrelacent art, amour, amitié et engagement, tout en soulignant la part d’utopie et de provocation artistique partagée par les trois protagonistes.

La richesse de la collection du Centre Pompidou, associée à des prêts majeurs d’institutions nationales et internationales, permet de découvrir ou redécouvrir des œuvres emblématiques des deux artistes. Les machines animées, plus ou moins autodestructrices et «inutiles», de Tinguely, sont une critique acerbe de la mécanisation et du progrès technologique de la société industrielle des Trente Glorieuses. Les Tirs de Niki de Saint Phalle, reliefs blancs renfermant des poches de couleurs sur lesquels elle tire pour «faire saigner la peinture », renversent tant les codes de l’art que de la société, en mettant en évidence le pouvoir féminin. Ses célèbres Nanas colorées et joyeuses s’inscrivent dans la continuité de cette approche iconoclaste. L’exposition présente également des films d’archives rares et toute une correspondance de lettres-dessins autour des œuvres et des projets titanesques de Niki Saint Phalle et Jean Tinguely, menés en complicité avec Pontus Hulten.

Au-delà de la célébration de deux artistes majeurs du 20e siècle, portés par la vision d’un homme de musée d’exception, cette exposition interroge leur horizon de pensée selon lequel la revendication d’une autonomie de l’art, la remise en question de l’institution et l’adresse directe au public, deviennent des moteurs de la création.

2025 marque le centenaire de la naissance de Jean Tinguely

Commissariat : Sophie Duplaix, conservatrice en chef, service des collections contemporaines, Musée national d’art moderne – Centre Pompidou

Commissaire associée : Rita Cusimano, chargée de recherches, attachée de conservation, Musée national d’art moderne – Centre Pompidou

Un catalogue est publié à l'occasion de cette exposition.

Niki de Saint Phalle
Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten
Sous la direction de Sophie Duplaix
21 × 30 cm, 336 pages, 45€
Coédition Centre Pompidou / GrandPalaisRmn
Photo de couverture Niki de Saint Phalle
Photo repeinte de « Hon », 1979
Niki Charitable Art Foundation, Santee, Californie 
© 2025 Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris

Exposition coproduite par le Centre Pompidou et le GrandPalaisRmn avec la participation de la Niki Charitable Art Foundation

GRAND PALAIS, PARIS
Galeries 3 et 4

CENTRE POMPIDOU, PARIS

14/06/25

Exposition Wolfgang Tillmans @ Centre Pompidou, Paris - "Rien ne nous y préparait – Tout nous y préparait"

Wolfgang Tillmans 
Rien ne nous y préparait – Tout nous y préparait
Centre Pompidou, Paris 
13 juin - 22 septembre 2025

Wolfgang Tillmans Portrait
Wolfgang Tillmans à la Bpi, janvier 2025
© Centre Pompidou

Wolfgang Tillmans
WOLFGANG TILLMANS
Moon in Earthlight, 2015
Courtesy Galerie Buchholz,, Galerie Chantal Crousel, Paris, 
Maureen Paley, London, David Zwirner, New York

Wolfgang Tillmans
WOLFGANG TILLMANS
it's only love give it away, 2005
Courtesy Galerie Buchholz,, Galerie Chantal Crousel, Paris, 
Maureen Paley, London, David Zwirner, New York

Wolfgang Tillmans
WOLFGANG TILLMANS
paper drop (star), 2006
Courtesy Galerie Buchholz,, Galerie Chantal Crousel, Paris, 
Maureen Paley, London, David Zwirner, New York

Le Centre Pompidou donne carte blanche à l’artiste allemand Wolfgang Tillmans qui imagine un projet inédit pour clôturer la programmation du bâtiment parisien. Il investit les 6000 m2 du niveau 2 de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) et y opère une transformation de l'espace autour d’une expérimentation curatoriale qui met en dialogue son œuvre avec l’espace de la bibliothèque, le questionnant à la fois comme architecture et comme lieu de transmission du savoir.

L’exposition explore près de 40 ans de pratiques artistiques à travers divers genres photographiques, une rétrospective dont l’ordre et la logique se réalisent en réagissant à l’espace de la bibliothèque. Son œuvre s’y décline en des formes très variées et joue sur la verticalité des murs et l’horizontalité des tables, défiant ainsi toute tentative de catégorisation. Outre son travail photographique, Wolfgang Tillmans intègre dans cette vaste installation des œuvres vidéo, musique, son et textes, dans une scénographie qui joue avec les dispositifs d’une bibliothèque pour y découvrir enfin des analogies entre son travail d’artiste et ce lieu des savoirs. Plus que jamais l’artiste fera preuve de son don d’intervenir dans l’espace – une qualité qui distingue ces expositions depuis 1993.

Wolfgang Tillmans
WOLFGANG TILLMANS
Empire (US/Mexico border), 2005
Courtesy Galerie Buchholz,, Galerie Chantal Crousel, Paris, 
Maureen Paley, London, David Zwirner, New York

Wolfgang Tillmans
WOLFGANG TILLMANS
My 25 Year Old Cactus, 2023
Courtesy Galerie Buchholz,, Galerie Chantal Crousel, Paris, 
Maureen Paley, London, David Zwirner, New York

Wolfgang Tillmans
WOLFGANG TILLMANS
Intermodal Container In Mongolian Landscape, a, 2023
Courtesy Galerie Buchholz,, Galerie Chantal Crousel, Paris, 
Maureen Paley, London, David Zwirner, New York

Wolgang Tillmans
WOLFGANG TILLMANS
Silver 258, 2017
Courtesy Galerie Buchholz,, Galerie Chantal Crousel, Paris, 
Maureen Paley, London, David Zwirner, New York

Au cours de sa carrière artistique, Wolfgang Tillmans (né en 1968 à Remscheid, en Allemagne) a repoussé les frontières du visible, captant et révélant la beauté fragile du monde physique. Proposant de nouvelles façons de faire des images, il explore la profonde transformation des médiums et supports d’information de notre époque. Il a ainsi façonné un univers esthétique distinctif, né de l’esprit de la contre-culture du début des années 1990. Une œuvre multiple, par laquelle il s’est engagé dans la quête d’un nouvel humanisme et de voies alternatives du vivre ensemble, influençant durablement la création contemporaine. Son travail est profondément ancré dans l’« Ici et Maintenant » : il dresse un panorama des formes de savoir et propose une expérience sincère et libre du monde, scrutant la condition contemporaine de l’Europe tout en explorant les techniques de reproduction mécanique.

En rapprochant les archives de l’artiste de ses œuvres les plus récentes, l’exposition du Centre Pompidou met en exergue les dialectiques qui traversent le monde depuis 1989 : les avancées sociales et les libertés autrefois établies, aujourd’hui en péril, les nouvelles manières de faire communauté ou encore les évolutions des expressions de la culture populaire et modes de diffusion de l’information. Wolfgang Tillmans conçoit cette exposition comme un ensemble et crée des œuvres spécifiquement pour le lieu.

L’un des aspects les plus originaux du travail de Wolfgang Tillmans est son regard égalitaire sur le monde. Alors que l’histoire de l’art repose souvent sur une hiérarchie des genres (le portrait noble, la nature morte modeste, la grandeur du paysage, etc.), Tillmans renverse cette logique. Dans ses expositions, des portraits d’amis ou d’amants côtoient des natures mortes banales, des photos de manifestations politiques ou encore des vues abstraites de plis de tissus, de corps ou de ciel.

Ce geste est profondément démocratique : chaque sujet, aussi ordinaire ou marginal soit-il, mérite d’être montré. Il adopte souvent un style documentaire, mais sans jamais céder à la tentation du sensationnalisme ou du voyeurisme. Il s'agit d'une photographie qui regarde avec respect, qui observe avec attention, sans juger. Cette approche sensible produit une éthique de l’image fondée sur la proximité plutôt que sur la domination.

Ce qui distingue également  Wolfgang Tillmans, c’est sa manière de questionner le médium photographique lui-même. Il ne se contente pas de produire des images : il interroge ce que signifie faire une image, ce que c’est qu’une photographie. Il explore les possibilités techniques et matérielles du médium. Dans sa série Freischwimmer, par exemple, il crée des œuvres sans appareil photo : il expose directement du papier photo à des sources lumineuses en chambre noire. Le résultat : des formes organiques, flottantes, abstraites, qui évoquent des corps ou des fluides, sans jamais les représenter.

Il assume également les erreurs techniques : poussières, traces, flous, surexpositions deviennent des éléments esthétiques à part entière. Il refuse ainsi l’illusion d’une image parfaite, contrôlée, lisse. Chez Tillmans, la photographie n’est pas une fenêtre transparente sur le monde, mais une surface haptique, matérielle, expressive.

Chez Wolfgang Tillmans, l’image ne se limite jamais à elle-même : elle s’inscrit toujours dans une composition spatiale, dans une mise en relation. Ses expositions ne suivent ni une logique thématique, ni chronologique. Il joue avec les formats, les échelles, les supports. Certains tirages sont accrochés à même le mur avec de simples bandes adhésives, d’autres sont encadrés, parfois surdimensionnés.

Cette diversité crée une polyphonie visuelle, une narration ouverte, fragmentaire. Le spectateur ne suit pas un parcours imposé, il doit tisser lui-même des connexions entre les images, inventer son propre chemin. En ce sens, la mise en exposition fait partie intégrante de son œuvre : elle devient un acte de création à part entière, et non un simple dispositif de présentation. Par ce geste, Wolfgang Tillmans remet en question les conventions muséales et propose une nouvelle manière de faire l’expérience de la photographie dans l’espace.

Bien qu’il ne se revendique pas comme un artiste politique au sens classique du terme, l’œuvre de Wolfgang Tillmans est profondément engagée. Son engagement passe par les sujets qu’il aborde : la communauté LGBTQ+, la sexualité, l’épidémie du sida, la jeunesse, les migrations, l’Europe, le climat. Mais il ne traite jamais ces sujets sur un mode spectaculaire ou militant. Il les évoque avec délicatesse, à travers des gestes simples, des regards, des fragments de vie.

Son activisme devient plus explicite lors du référendum sur le Brexit : en 2016, il lance sa propre campagne visuelle (“Say you’re in if you’re in”), mêlant graphisme et photographie pour défendre le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Dans les années suivantes, il continue à mêler images et textes dans des installations qui prennent position sans dogmatisme, avec un souci constant de nuance et de proximité humaine. Ainsi, Wolfgang Tillmans pense le politique comme une affaire de sensibilité, comme un art de la relation, de l’écoute, de la présence au monde.

Ces dernières années, Wolfgang Tillmans a fait l’objet de rétrospectives majeures dans de grandes institutions, notamment à la Tate Modern de Londres en 2017 et au MoMA de New York en 2022. Il a également présenté une importante exposition itinérante sur le continent africain intitulée « Fragile » (2018 − 2022 à Kinshasa, Nairobi, Johannesburg, Addis Ababa, Yaoundé, Accra, Abidjan, Lagos). L’exposition au Centre Pompidou est la première monographie institutionnelle à Paris depuis son ambitieuse installation au Palais de Tokyo en 2002. Elle est accompagnée d’un catalogue et de la publication d’une version augmentée et traduite en français du Tillmans’Reader, regroupant divers textes et entretiens de l’artiste.

Commissariat de l'exposition : Florian Ebner, conservateur en chef, cabinet de la photographie, Musée national d’art moderne − Centre Pompidou

Commissaires associés
Olga Frydryszak-Rétat, Matthias Pfaller, attaché(e)s de conservation au cabinet de la photographie, Musée national d’art moderne − Centre Pompidou

ACCÈS LIBRE PAR CELINE
Partenaire Principal de l’exposition, la maison CELINE s’associe au Centre Pompidou, pour la première fois, au travers des journées « ACCÈS LIBRE par CELINE » : plusieurs journées d’accès gratuit imaginées comme une invitation ouverte à tous les publics. Ce projet a été pensé comme une initiative unique de partenariat qui offre à chacun l’occasion de découvrir l’univers de Wolfgang Tillmans tout en profitant, avant sa fermeture, du Centre Pompidou et de ses espaces.

CENTRE POMPIDOU, BEAUBOURG, PARIS
Niveau 2

09/03/25

Sarah Maldoror Films @ Centre Pompidou, Paris (Text in English)

Sarah Maldoror
Centre Pompidou, Paris 
Cinéma 1 | Level 1
April 3 - 7, 2025 

Sarah Maldoror - Portrait
Sarah Maldoror @ Christine Lipinska 
Courtesy Annouchka de Andrade et Henda Ducados

Associated programme to the Black Paris exhibition

The "Black Paris" exhibition features the work of artist Sarah Maldoror, including one of her major productions, And the Dogs Were Quiet. Filmed in the collections of the Musée de l’Homme in 1978, this motion picture is built around filmed excerpts of Aimé Césaire’s drama And the Dogs Were Silent. During the exhibition, the Centre Pompidou’s cinemas are paying tribute to this unique filmmaker whose work documents and questions the present more than ever before.

A five-day event that includes screenings (all accompanied by artists and witnesses on whom Sarah Maldoror’s work has had a lasting influence), readings, encounters, and the presentation of previously unseen archives, invites the public to hear the filmmaker’s voice in the present. Restored versions of the films Monangambé (1969, 17 min), And the Dogs Were Quiet (1978, 13 min), Le masque des mots (1987, 47 min) and Regards de mémoire (2003, 24 min) will be presented for the first time in France thanks to the support of MansA – Maison des Mondes Africains. Sarah Maldoror’s 1979 trilogy composed of Carnaval in the Sahel (28 min), Fogo, Fire Island (34 min) and Carnaval in Bissau (18 min) will also be shown.

Filmmaker Sarah Maldoror’s life and career tie in with all currents of activism in the 20th century: surrealism, Négritude, Pan-Africanism, feminism and communism. 

Born Marguerite Sarah Ducados in 1929 to a mother from Gers and a Guadeloupean father, she chose the pseudonym Maldoror, inspired by Lautréamont’s The Songs of Maldoror, rediscovered by the Surrealists during the interwar period. In 1956, Sarah Maldoror founded Les Griots, the first Black theater troupe in Paris. She later studied filmmaking in Moscow before directing her first short film, Monangambééé, in 1969. Her first feature film released in theaters, Sambizanga (1972), widely regarded as her masterpiece, was restored by Martin Scorsese’s Film Foundation. 

Sarah Maldoror passed away in 2020, leaving behind a legacy of over 40 films, including both fiction and documentaries of varying lengths, shot in France, Algeria, Guinea-Bissau, Angola, and Colombia, as well as numerous unrealized projects. Her work, deeply poetic and artistically driven, consistently explored struggles for independence, especially in African nations, alongside her companion, Angolan poet and anti-colonialist activist Mario Pinto de Andrade.
“We will never be free as long as you see us the way you do. We must free you from the idea you have of Black people so that we can be free Black people...” Sarah Maldoror declared to writer Marguerite Duras in a 1958 interview, encapsulating the direction of her life’s work.
She adapted and brought to the screen the portraits of numerous artists and intellectuals of the 20th century, including Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Caribbean poet René Depestre, Cuban artist Wifredo Lam, French figures Louis Aragon and Robert Doisneau, and Mexican painter Vlady Rusakov. Maldoror also collaborated with filmmakers such as Chris Marker, Gillo Pontecorvo, and William Klein.

As part of ongoing tributes, Sarah Maldoror’s work was featured in the exhibition "After the End: Maps for Another Future" at the Centre Pompidou-Metz from January 2025, and in the "Regards Satellites" festival at the L’Écran cinema in Saint-Denis, from January 29 to February 9, 2025. Carlotta Films released restored editions of Sambizanga, Monangambééé, and the Carnaval trilogy in a special box set in early 2025, accompanied by a dedicated issue of Avant-Scène Cinéma in February focusing on Sambizanga.

In spring 2025, the Museum of Modern Art (MoMA) in New York hosts a complete retrospective of her films, followed by another in São Paulo in 2026.

CENTRE POMPIDOU, PARIS

Black Paris Exhibition @ Centre Pompidou, Paris - Artistic circulations and anti-colonial resistance 1950 – 2000 (In English)

Black Paris
Artistic circulations and anti-colonial resistance
1950 – 2000
Centre Pompidou, Paris
March 19 – June 30, 2025

Vers la version en français de l'exposition Paris Noir

Ed Clark - Oeuvre
Ed Clark
Untitled, (Vétheuil), 1967
Acylic on canvas, 177,8 × 208,3 cm
© The Estate of Ed Clark. 
Courtesy of the Estate and Hauser & Wirth
Photo © Sarah Muehlbauer

First Congress of Black Writers and Artists
Premier Congrès des écrivains et artistes noirs 
(First Congress of Black Writers and Artists)
Paris, September 1956
© Présence Africaine Éditions, 1956
Photographie © Lutetia

From the creation of the Présence Africaine review to that of Revue noire, Black Paris retraces the presence and influence of Black artists in France from the 1950s to 2000. The exhibition celebrates 150 artists of African descent, from Africa to the Americas, whose works have often never been displayed in France before.

Black Paris offers a vibrant immersion in a cosmopolitan Paris, a place of resistance and creation that gave rise to a wide variety of practices, from a new awareness of identity to the search for trans-cultural artistic languages. From international to Afro-Atlantic abstractions via surrealism and free figuration, this historical voyage reveals the importance of artists of African descent in the redefinition of Modernisms and Post-modernisms.

Four installations produced especially for the exhibition by Valérie John, Nathalie Leroy-Fiévée, Jay Ramier and Shuck One punctuate the visit and provide contemporary insights into this memory. At the centre, a circular matrix takes up the motif of the Black Atlantic, the ocean as a disk, a metonymy of the Caribbean and the “Whole-World”, to use the term coined by Martinican poet Edouard Glissant, as a metaphor for the Parisian space. Attentive to circulations, networks and friendships, the exhibition proposes a living and often entirely new map of Paris.

Black Paris: A transnational artistic map

From the 1950s, Afro-American and Caribbean artists explored new forms of abstraction in Paris (Ed Clark, Beauford Delaney, Guido Llinás), while artists from the continent outlined the first Pan-African modernisms (Paul Ahyi, Skunder Boghossian, Christian Lattier, Demas Nwoko). New artistic movements emerged in Paris, such as that of the Fwomajé group (Martinique) and Vohou-Vohou (Côte d’Ivoire) The exhibition also presents the first post-colonial movements of the 1990s, marked by the affirmation of the notion of ethnic mixing in France. 

Black Paris: A tribute to artists of African descent in Paris

After the Second World War, Paris became an intellectual centre where figures such as James Baldwin, Suzanne and Aimé Césaire, and Léopold Sédar Senghor converged to lay down the foundations of a post- and de-colonial future. The exhibition captures the political and cultural effervescence of the period, in the midst of struggles for independence and the fight for civil rights in the United States, by offering a unique immersion in the artistic expressions of Négritude, Pan-Africanism and the transatlantic movements.

Black Paris: An exhibition between utopia and emancipation

The exhibition retraces half a century of struggles for emancipation, from African independence to the fall of the apartheid, and the fight against racism in France. “Black Paris” highlights the aesthetic power and political strength of those artists who, through their creations, challenged the prevailing narratives and reinvented a universalism “of differences” in a post-colonial world. This political background provided the context, and sometimes direct frame of reference, for certain artistic practices. In parallel or in contrast, the exhibition also includes plastic experimentations that are often solitary but find aesthetic ties within the display.

Recognised as a key space of classical artistic training and, at the same time, a centre of experimentation, Paris held exceptional appeal for creators, whether visitors or residents. The city was a nexus of encounters and point of transit – particularly towards Africa – that lent itself to the affirmation of transnational trajectories.

Black Paris: An ambitious cultural programme

The exhibition is accompanied by a rich cultural programme in Paris and abroad. Conferences, publications, the acquisition of works by the Musée National d’Art Moderne and archives at the Kandinsky Library, thanks to the “Black Paris” fund, contribute to enhancing the visibility of Black artists. These initiatives also allow the creation of a lasting archive of militant and artistic anticolonial culture in a national institution.

Curators: Alicia Knock, curator, head of contemporary creation and prospective department, Musée national d’art moderne − Centre Pompidou.
Associate curators: Eva Barois De Caevel, curator, Aurélien Bernard, Laure Chauvelot, and Marie Siguier, conservation officers, contemporary creation and prospective department, Musée national d’art moderne − Centre Pompidou.

For a list of Exhibited Artists, see the French version of this Post "Paris Noir" with more artworks

Related Post (in English): Sarah Maldoror Films at Centre Pompidou's Cinemas (Associated programme to the "Black Paris" exhibition)

CENTRE POMPIDOU, PARIS

Suzanne Valadon @ Centre Pompidou, Paris - Exposition, Oeuvres, Catalogue

Suzanne Valadon
Centre Pompidou, Paris
Jusqu'au 26 mai 2025

Suzanne Valadon, Oeuvre, 1914
Suzanne Valadon 
Le Lancement du filet, 1914 (Détail) 
Huile sur toile, 201 × 301 cm
Achat de l’État, 1937 
Paris, Centre Pompidou,
Musée national d’art moderne, Inv. AM 2312

Suzanne Valadon, Oeuvre, 1916
Suzanne Valadon 
Nu assis sur un canapé, 1916
Huile sur toile, 81,4 × 60,4 cm
Weisman & Michel Collection 
Photo © Christopher Fay

Suzanne Valadon, oeuvre, Les deux soeurs, 1928
Suzanne Valadon 
Les Deux Sœurs, 1928
Huile sur toile, 72 × 53 cm
Collection particulière 
Photo © Matthew Hollow

Le Centre Pompidou consacre une exposition monographique à SUZANNE VALADON (1865-1938), artiste emblématique et audacieuse, l’une des plus importantes de sa génération. À la marge des courants dominants de son époque – le cubisme et l’art abstrait sont en germe alors qu’elle défend avec ardeur la nécessité de peindre le réel – elle place le nu, féminin comme masculin, au centre de son œuvre, représentant les corps sans artifice ni voyeurisme. Suzanne Valadon n’a pas bénéficié de monographie, à Paris depuis celle que le Musée national d’art moderne lui avait consacré en 1967.
« J’ai dessiné follement pour que quand je n’aurais plus d’yeux j’en aie au bout des doigts »
Suzanne Valadon
Suzanne Valadon, Oeuvre, Le Bain, 1908
Suzanne Valadon 
Le Bain, 1908
Fusain et pastel sur papier, 60×49cm
Paris, Centre national des arts plastiques, Achat à l’artiste en 1916
En dépôt au musée de Grenoble, no DG 1920-9 - FNAC 5274
Photo © Ville de Grenoble / Musée de Grenoble- Photo J.L. Lacroix

Suzanne Valadon - Oeuvre, Trois nus, 1920
Suzanne Valadon
Trois nus, 1920
Crayon gras sur papier, 55 x 44 cm
Collection Galerie de la Présidence
Photo © Galerie de la Présidence, Paris

Suzanne Valadon, Oeuvre, 1913
Suzanne Valadon 
Marie Coca et sa fille Gilberte,1913
Huile sur toile, 162 × 129,5 cm
Lyon, musée des Beaux-Arts 1935-51
Crédit Image © Lyon MBA - Photo Alain Basset

Suzanne Valadon, Oeuvre, La Poupée Délaissée, 1921
Suzanne Valadon 
La Poupée Délaissée, 1921
Huile sur toile, 135 x 95 cm
National Museum of Women in the Arts, Washington D.C,
Gift of Wallace and Wilhelmina Holladay, Inv. 1986.336
Photo © National Museum of Women in the Arts, 
Washington, D.C. 
Photograph by Lee Stalsworth

Cette exposition met en lumière cette figure exceptionnelle et souligne son rôle précurseur, souvent sous-estimé, dans la naissance de la modernité artistique. Elle révèle la grande liberté de cette artiste qui n’adhère véritablement à aucun courant, si ce n’est peut-être le sien. Le parcours de près de 200 œuvres s’appuie sur la richesse des collections nationales notamment celle du Centre Pompidou, la plus importante, mais aussi du musée d’Orsay et de l’Orangerie. Des prêts exceptionnels du Metropolitan Museum of Modern Art de New York ou encore de la Fondation de l’Hermitage et d’importantes collections privées le complètent. Il se concentre sur les deux médiums de prédilection de l’artiste, le dessin et la peinture. Particulièrement mise à l’honneur ici, son œuvre graphique fait l’objet d’une analyse approfondie, grâce à la présentation d’un grand nombre de dessins jusqu’alors rarement montrés. C’est également l’occasion d’explorer un moment artistique au cœur de la transition entre les collections du musée d’Orsay et de l’Orangerie et celles du Musée national d’art moderne.

L’exposition « Suzanne Valadon » retrace cet itinéraire unique, depuis ses débuts de modèle favorite du toutMontmartre, jusqu’à sa reconnaissance artistique, intervenue très tôt, par ses pairs et la critique. Véritable « passeuse » d’un siècle à l’autre, Suzanne Valadon embrasse la ferveur parisienne du tournant-de-siècle, ses cafés, bals musettes et cabarets et ses multiples révolutions artistiques, intellectuelles et sociétales. Elle met en évidence le caractère résolument moderne de l'œuvre de Suzanne Valadon, première femme à peindre en grand format un nu masculin de face. Cette plongée inédite dans son œuvre dévoile aussi bien ses relations amicales et artistiques avec les peintres de la bohème que son influence incontestable sur la scène artistique parisienne grâce au soutien actif de ses amis artistes et galeristes.

Suzanne Valadon - Oeuvre, 1923
Suzanne Valadon 
Catherine nue allongée sur une peau de panthère, 1923
Huile sur toile, 64,6 × 91,8 cm
Lucien Arkas Collection
Photo © Hadiye Cangokce

Suzanne Valadon, Oeuvre La Boîte à violon, 1923
Suzanne Valadon 
La Boîte à violon, 1923 
Huile sur toile, 81 × 100 cm
Achat, 1937 Paris, musée d’art moderne de Paris, Inv. AMVP 1712
Crédit Photo: CCØ Paris Musées / Musée d’Art Moderne
de la Ville de Paris

Suzanne Valadon - Oeuvre, 1936
Suzanne Valadon 
Portrait de Geneviève Camax-Zoegger, 1936
Huile sur toile, 56 × 46 cm  
Italie, Bergame, collection particulière
Photo © Galleria Michelangelo

Cette exposition souligne l'étendue, la richesse et la complexité de son œuvre en s'articulant autour de cinq sections thématiques

Apprendre par l’observation 
Portraits de famille
« Je peins les gens pour apprendre à les connaître » 
« La vraie théorie, c’est la nature qui l’impose »
Le nu : un regard féminin. 

Une sélection d’œuvres de ses contemporaines, aux préoccupations picturales proches des siennes, comme Juliette Roche, Georgette Agutte, Jacqueline Marval, Émilie Charmy ou Angèle Delasalle complète cette proposition.

Le fonds d’archives exceptionnel légué en 1974 au Centre Pompidou par le docteur Robert Le Masle, médecin, collectionneur et ami proche de l'artiste, rassemblant de nombreuses photographies, des manuscrits et des documents aujourd’hui conservés à la Bibliothèque Kandinsky, constitue un témoignage essentiel de la personnalité frondeuse de Suzanne Valadon et de sa reconnaissance artistique précoce.

Après les expositions, Alice Neel, Georgia O’Keeffe, Dora Maar ou Germaine Richier, cette monographie s’inscrit dans le cadre de la démarche engagée du Centre Pompidou pour approfondir l’étude et la connaissance du travail et de l’œuvre d’artistes femmes, et accroître la part de leurs œuvres dans la collection.

Commissariat de l'exposition :
Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Musée national d'art moderne 
Chiara Parisi, directrice du Centre Pompidou-Metz 
Xavier Rey, directeur du Musée national d'art moderne 

L’exposition « Suzanne Valadon » au Centre Pompidou est reprise et adaptée de l’exposition « Suzanne Valadon. Un monde à soi » conçue par le Centre Pompidou-Metz et présentée du 15 avril au 11 septembre 2023. Elle a également fait étape au Musée d’arts de Nantes du 27 octobre 2023 au 11 février 2024 et dans une version adaptée au Museu Nacional d’Art de Catalunya à Barcelone du 19 avril au 1er septembre 2024.

Suzanne Valadon - Catalogue - Centre Pompidou
Suzanne Valadon
Sous la direction Chiara Parisi
Catalogue de l’exposition
280 pages | 240 illustrations | 42 € | en français
Ce livre est l’édition augmentée du catalogue édité par le Centre Pompidou-Metz, aujourd’hui épuisé. Enrichi de 16 pages, il comporte deux essais supplémentaires et le corpus d’Oeuvres est aussi plus important et adapté à l’exposition parisienne. Le texte de Nathalie Ernoult est issu du colloque « Le clan Valadon » sur la question de Suzanne Valadon femme artiste, qui s’est déroulé au Centre Pompidou-Metz en 2023.
Sommaire du catalogue

Préface

Essais
Suzanne Valadon, un monde à soi, Chiara Parisi
Valadon, grand artiste en son temps, Xavier Rey
Valadon, la liberté à tout prix, Jean-Paul Delfino
La bohème et l’éducation moderniste de Suzanne Valadon, Phillip Dennis Cate
Revoir Suzanne Valadon, Daniel Marchesseau
Du modèle à l’artiste, Yelin Zhao

Focus
De Marie-Clémentine à Suzanne. Valadon et Toulouse-Lautrec, Florence Saragoza
Valadon et Puvis de Chavannes, Céline Le Bacon
Tentatrices, Stéphane Guégan
L’éloquence et la sensualité, Valadon dessinatrice, Gilles Genty
Dans l’Œil des artistes : Suzanne Valadon collectionnée par ses pairs, Gwendoline Corthier-Hardoin
Suzanne Valadon dans les collections nationales, Nathalie Ernoult
Au-delà du genre : Valadon, une artiste féministe ?, Magali Briat-Philippe
Suzanne Valadon, Le Lancement du filet, 1914, Sophie Bramly
Comme un homme ?, Louise Chennevière
André Utter, Scène érotique, 1911, Sophie Bramly
« Audacieux pas en avant », La réception et l’héritage de Suzanne Valadon, Paula J. Birnbaum
Suzani versus velours kuba, la possibilité d’un dialogue intérieur, Constance de Monbrison
Portraits bourgeois, Sophie Bernal
Suzanne Valadon, Femme artiste moderne, Claire Lebossé
L’autoportrait dans l’oeuvre de Suzanne Valadon : « Se regarder en face pour atteindre l’âme », Saskia Ooms
Mes rencontres avec la terrible Suzanne, Jeanine Warnod

Bibliographie sélective
Liste des Œuvres exposées

Également disponible :

Album de l’exposition
Suzanne Valadon sous la direction de Nathalie Ernoult
60 pages | 10,50 € | en français et anglais

CENTRE POMPIDOU, PARIS

Suzanne Valadon, Centre Pompidou, Paris, 15 janvier - 26 mai 2025

02/02/25

Exposition Paris noir, Centre Pompidou, Paris - Circulations artistiques, luttes anticoloniales 1950 – 2000

Paris noir
Circulations artistiques, luttes anticoloniales
1950 – 2000
Centre Pompidou, Paris
19 mars – 30 juin 2025

English Version: Black Paris Exhibition

Beauford Delaney - Oeuvre
Beauford Delaney
James Baldwin, vers 1945-1950
Huile sur toile, 61 × 45,7 cm
Collection of halley k harrisburg and Michael Rosenfeld, New York
© Estate of Beauford Delaney, by permission of Derek L. Spratley, 
Esquire, Court Appointed Administrator, 
Courtesy of Michael Rosenfeld Gallery LLC, New York
Photo Courtesy of Michael Rosenfeld Gallery LLC, New York

Georges Coran - Oeuvre
Georges Coran
Délire et paix, 1954
Encre sur toile de coton, 227 × 295 cm
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris 
Achat, 2025
© Georges Coran
Photo © Claude Coran

Harold Cousins - Oeuvre
Harold Cousins
Roi des musiciens, 1955
Acier, 207 × 101,6 × 61 cm
Courtesy of the Estate of the Artist
and Michael Rosenfeld Gallery LLC, New York
© Estate of Harold Cousins, 
Courtesy of Michael Rosenfeld Gallery LLC, New York
Photo © Michael Rosenfeld Gallery LLC, New York

Bob Thompson - Oeuvre
Bob Thompson 
The Struggle [La Lutte], 1963
Huile sur toile, 147,3 × 198,1 cm
Courtesy of Michael Rosenfeld Gallery LLC, New York
© Michael Rosenfeld Gallery LLC, New York
Photo Courtesy of Michael Rosenfeld Gallery LLC, New York

De la création de la revue Présence africaine à celle de Revue noire, « Paris noir » retrace la présence et l’influence des artistes noirs en France entre les années 1940 et 2000. Elle met en lumière 150 artistes afro-descendants, de l’Afrique aux Amériques, dont les œuvres n’ont souvent jamais été montrées en France.

« Paris noir » est une plongée vibrante dans un Paris cosmopolite, lieu de résistance et de création, qui a donné naissance à une grande variété de pratiques, allant de la prise de conscience identitaire à la recherche de langages plastiques transculturels. Des abstractions internationales aux abstractions afro-atlantiques, en passant par le surréalisme et la figuration libre, cette traversée historique dévoile l’importance des artistes afro-descendants dans la redéfinition des modernités et postmodernités.

Luce Turnier - Oeuvre
Luce Turnier
Cabane de chantier, vers 1970
Collage, huile sur papier, 92 × 74 cm
Collection Jézabel Turnier-Traube
© Luce Turnier
Photo © Centre Pompidou/Janeth Rodriguez-Garcia

Demas Nwoko - Oeuvre
Demas Nwoko
Senegalese Woman [Femme sénégalaise], 1970
Huile sur panneau, 91,4 × 61 cm
Collection Kavita Chellaram
© Demas Nwoko, 1960. Courtesy of New Culture foundation. 
All rights reserved. 
Photo © kó, Lagos, Nigeria

Cinq installations produites spécifiquement pour l’exposition par Bili Bidjocka, Valérie John, Nathalie Leroy Fiévee, Jay Ramier et Shuck One, rythment le parcours en portant des regards contemporains sur cette mémoire. Au centre de l’exposition, une matrice circulaire reprend le motif de l’Atlantique noir, océan devenu disque, métonymie de la Caraïbe et du « Tout-Monde », selon la formule du poète martiniquais, Edouard Glissant comme métaphore de l’espace parisien. Attentive aux circulations, aux réseaux comme aux liens d’amitié, l’exposition prend la forme d’une cartographie vivante et souvent inédite de Paris.

Paris noir : Un hommage à la scène afro-descendante à Paris

Après la Seconde Guerre mondiale, Paris devient un centre intellectuel où convergent des figures comme James Baldwin, Suzanne et Aimé Césaire ou encore Léopold Sédar Senghor qui y posent les fondations d’un avenir post et décolonial. L’exposition capte l’effervescence culturelle et politique de cette période, au cœur des luttes pour l’indépendance et des droits civiques aux États-Unis, en offrant une plongée unique dans les expressions plastiques de la négritude, du panafricanisme et des mouvements transatlantiques.

Clem Lawson - Oeuvre
Clem Lawson
Angoisse sur l’escalator, 1983
Perles de verre sur bois, 92 × 73 cm
Collection Philippe Lawson
© Clem Lawson, 1983.
Représenté par Philippe Lawson, Avocat. 
Photo © Centre Pompidou/ Bertrand Prévost

Shooting avec deux mannequins 
de Black Experience, 1986
Créations vêtements, bijoux, accessoires :
Almen Gibirila dans sa boutique Taxi Brousse à
Paris, 17e arrondissement
© Almen Gibirila
Photographie © Catherine Millet

Paris noir : Un parcours entre utopie et émancipation

Le parcours de l’exposition retrace un demi-siècle de luttes pour l’émancipation, des indépendances africaines à la chute de l’apartheid, en passant par les combats contre le racisme en France. « Paris noir » souligne la puissance esthétique et la force politique des artistes qui, à travers leurs créations, ont contesté les récits dominants et réinventé un universalisme « des différences » dans un monde post-colonial. Cette toile de fond politique sert de contexte, et parfois de contour direct, à certaines pratiques artistiques. En parallèle ou en contrepoint, se déploient dans l’exposition des expérimentations plastiques souvent solitaires, mais qui trouvent dans le parcours des communautés esthétiques.

Paris noir : Une cartographie artistique transnationale

Dès les années 1950, des artistes afro-américains et caribéens explorent à Paris de nouvelles formes d’abstraction (Ed Clark, Beauford Delaney, Guido Llinás), tandis que des artistes du continent esquissent les premiers modernismes panafricains (Paul Ahyi, Skunder Boghossian, Christian Lattier, Demas Nwoko). De nouveaux mouvements artistiques infusent à Paris, tels que celui du groupe Fwomaje (Martinique) ou le Vohou-vohou (Côte d’Ivoire). L’exposition fait également place aux premières mouvances post-coloniales dans les années 1990, marquées par l’affirmation de la notion de métissage en France.

Reconnue à la fois comme espace majeur de formation artistique classique et comme centre d’expérimentation, Paris bénéficie d’une attractivité exceptionnelle pour les créateurs, qu’ils soient de passage ou résidents. La ville fonctionne comme un carrefour de rencontres et un point de circulation - notamment vers l’Afrique - propice à l’affirmation de trajectoires transnationales.

Mary Lovelace O’Neal - Oeuvre
Mary Lovelace O’Neal
Purple Rain, de la série Two Deserts, Three
Winters [Deux déserts, trois hivers], vers 1990
Technique mixte et peinture acrylique sur toile,
205,7 × 350,5 cm
Courtesy of the artist and Karen Jenkins-Johnson
Photo © Michael Covían

Ming Smith - Oeuvre
Ming Smith  
Self-portrait as Josephine, New York 
[Autoportrait en Joséphine, New York], 1986
Impression pigmentaire d’archivage,
91,4 × 62,9 cm
Courtesy of the artist and Jenkins Johnson
Gallery New York and San Francisco

Elodie Barthelemy - Oeuvre
Élodie Barthélemy
Hommage aux ancêtres marrons, 1994
Laine, fer, bois, chevelures fixées sur 
des flèches métalliques fichées
sur des tiges de bois ;
ensemble : 220 × 170 × 25 cm
Collection de l’artiste
© Élodie Barthélemy.
Photo © Pierre-Yves Page

Paris noir : Une programmation culturelle ambitieuse

L’exposition est accompagnée d’une riche programmation culturelle à Paris et à l’international. Des conférences, des publications et l’acquisition d’œuvres par le Musée national d’art moderne, ainsi que d’archives au sein de la Bibliothèque Kandinsky, grâce au fonds « Paris noir », contribuent à renforcer la visibilité des artistes noirs. Ces initiatives permettent également de constituer une archive durable de la culture artistique et militante anticoloniale dans une institution nationale.

Commissariat de l'exposition

Alicia Knock, conservatrice en chef, service de la création contemporaine et prospective, Musée national d’art moderne − Centre Pompidou.
Commissaires associés : Eva Barois De Caevel, conservatrice, Aurélien Bernard, Laure Chauvelot, et Marie Siguier, attachés de conservation, service de la création contemporaine et prospective, Musée national d’art moderne − Centre Pompidou.

En collaboration avec un réseau de conseillers scientifiques : 

Christine Eyene est critique d’art, historienne de l’art et commissaire d’exposition. Elle est professeure d’Art Contemporain à la John Moores University de Liverpool, et Resarch Curator à la Tate Liverpool

Florence Alexis, fille du romancier haïtien Jacques Stephen Alexis, est historienne, autrice et commissaire d’exposition, est historienne de l'art et directrice d’études à l’EHESS.

Sarah Ligner est conservatrice du patrimoine et commissaire d'expositions au musée du quai Branly - Jacques Chirac.

Jean-Marie Louise a été Conseiller pédagogique départemental en arts visuels et Coordonnateur départemental pour l’éducation artistique et l’action culturelle en Martinique. Il a publié des articles, recherches, études, analyses critiques et entretiens avec de nombreux artistes.

Paulo Miyada est curateur et chercheur, commissaire associé du Centre Pompidou et directeur artistique de l’Instituto Tomie Ohtake à São Paulo.

Robert G. O’Meally est professeur d’anglais et de littérature comparée à l’Université de Columbia, spécialiste américain de la culture africaine-américaine et du jazz

Liste des artistes exposés (non-exhaustive)

Paul Ahyi (Togo)
Victor Anicet (France/Martinique)
Antonio Bandeira (Brésil),
Rodrigo Barrientos (Colombie)
Elodie Barthélémy (France/Haïti)
Romare Bearden (États-Unis)
Mickaël Béthé-Sélassié (Ethiopie)
Gérald Bloncourt (Haïti)
Skunder Boghossian (Éthiopie)
Ernest Breleur(France/Martinique)
Agustín Cárdenas (Cuba)
José Castillo (République dominicaine)
Diagne Chanel ( France/Sénégal )
Ed Clark (États-Unis)
Georges Coran (France/Martinique)
Beauford Delaney (États-Unis)
Roland Dorcély (Haïti),
Henri Guédon (France/Martinique)
Sebastio Januario (Brésil)
Ted Joans (États-Unis)
Joseph-René Corail Khokho (France/Martinique)
Wifredo Lam (Cuba)
Christian Lattier (Côte d’Ivoire)
José Legrand (France/Guyane)
Guido Llinas (Cuba)
Silvano Lora (République dominicaine)
René Louise (France/Martinique)
Mary Lovelace O’Neal (États-Unis)
Sarah Maldoror (France)
Iba N’Diaye (Sénégal)
Kra N’Guessan (Côte d’Ivoire)
Demas Nwoko (Nigeria)
Vicente Pimentel (République dominicaine)
Max Pinchinat (Haïti)
Tony Ramos (Cap-Vert/États-Unis)
Faith Ringgold (États-Unis)
Michel Rovelas (France/Guadeloupe)
Raymond Saunders (États-Unis),
Gérard Sekoto (Afrique du Sud)
Ming Smith (États-Unis)
Ousmane Sow (Sénégal)
Hervé Télémaque (France)
Bob Thompson (États-Unis)
Mildred Thompson (États-Unis)
Wilson Tiberio (Brésil)
Luce Turnier (Haïti)

CENTRE POMPIDOU, BEAUBOURG, PARIS
Galerie 1 | Niveau 6

Updated 09-03-2025