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03/09/24

Anastasia Taylor-Lind @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : A 5 km du front

Anastasia Taylor-Lind
A 5 km du front
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

ANASTASIA TAYLOR-LIND
Après la messe 
Avdiivka, Donbass, Ukraine, juillet 2018.
© Anastasia Taylor-Lind,
Lauréate de la Bourse Canon de la Femme 
Photojournaliste 2023

ANASTASIA TAYLOR-LIND
Préparation avant la fête orthodoxe de
l’Épiphanie.
Karlivka, Donbass, Ukraine, janvier 2021.
© Anastasia Taylor-Lind,
Lauréate de la Bourse Canon de la Femme
Photojournaliste 2023

ANASTASIA TAYLOR-LIND
La famille Grinik chez elle : Olga et Nikolay, 
leur fils Kirill et leur fille Miroslava. Avdiivka, Donbass,
Ukraine, juillet 2018.
© Anastasia Taylor-Lind,
Lauréate de la Bourse Canon de la Femme 
Photojournaliste 2023

Le projet "A 5 km du front"met en lumière le quotidien des habitants du Donbass, région déchirée par la guerre dans l’est de l’Ukraine. A contrecourant des représentations dominantes de la guerre, le travail réalisé au cours des six dernières années par l’anthropologue et écrivaine Alisa Sopova et la photojournaliste Anastasia Taylor-Lind présente une vision nuancée de la vie quotidienne confrontée à la violence militaire.

La guerre en Ukraine a commencé en 2014, lorsque la Russie a annexé la Crimée après la révolution de la dignité en Ukraine (ou révolution de Maïdan). La Russie a ensuite soutenu le violent mouvement séparatiste dans le Donbass, coupant des millions de citoyens du reste du pays.

Mines antipersonnel, attaques contre les infrastructures, accès limité aux services essentiels, anarchie, perte d’emploi, perte d’êtres chers, souvenirs douloureux, traumatismes non guéris, désespoir et stigmatisation politique : tel est aujourd’hui le quotidien de la population locale.

Les deux journalistes avaient déjà passé des années à couvrir l’Ukraine : elles ont lancé ce projet en 2018, à une époque où la guerre dans l’est du pays était loin de faire la une des journaux. Elles se sont régulièrement rendues dans le Donbass où Alisa Sopova a grandi, travaillant avec des personnes qui vivaient près de la ligne de front, parfois à quelques centaines de mètres seulement des positions militaires. Elles ont cherché à montrer ce que signifie non seulement survivre, mais aussi vivre une vie qui ait un sens dans des régions où guerre et paix se mêlent.

Après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, Alisa et Anastasia ont continué à rendre compte de la situation dans le Donbass. Beaucoup de villes et de villages dans lesquels elles ont travaillé sont aujourd’hui occupés par les forces russes. Une menace plane depuis sur le quotidien des habitants, plus imminente que jamais : devoir partir.

Photographies d’Anastasia Taylor-Lind, texte d’Alisa Sopova, production locale de Dmytro Pashchenko. À 5 km du front est produit grâce au soutien de la National Geographic Society.

Anastasia Taylor-Lind est lauréate de la Bourse Canon de la Femme Photojournaliste 2023 








VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

Alfred Yaghobzadeh @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : Alfred’s Journey

Alfred Yaghobzadeh 
Alfred’s Journey 
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

ALFRED YAGHOBZADEH
Un combattant brandit le drapeau taliban sur
les ruines de bâtiments détruits par les frappes
américaines et britanniques.
Sangin, Province du Helmand, Afghanistan,
30 novembre 2021.
© Alfred Yaghobzadeh

ALFRED YAGHOBZADEH
Des femmes venues soutenir la candidature de
l’ancien Premier ministre Mir Hossein Mousavi
lors d’un meeting.
Téhéran, Iran, 9 juin 2009.
© Alfred Yaghobzadeh

ALFRED YAGHOBZADEH
Un manifestant face à la police anti-émeute.
Place de l’Indépendance, Kiev, Ukraine,
19 février 2014.
© Alfred Yaghobzadeh

Selon Alfred Yaghobzadeh, la vie est un jardin où les orages de printemps réveillent les plantes endormies, mais où les inondations font chavirer le paysage. Il y a des fleurs et des fruits de toutes les couleurs, tous les goûts, toutes les beautés et tous les bienfaits, mais aussi des épines vénéneuses qui piquent les mains du jardinier et la foudre qui brise le dos des arbres anciens et robustes. On retrouve sa vision dans la manière dont il aborde sa vie de photographe et de photojournaliste. Sa carrière, longue de quarante années, a débuté accidentellement lorsque son pays natal, l’Iran, a été plongé dans ce que l’on a appelé la révolution islamique.

A la fin des années 1970, le jeune Arménien-Assyrien qui grandissait dans un pays à majorité musulmane a rejoint ses amis pour se dresser contre la monarchie. Il n’a pas tardé à comprendre qu’il ne partageait pas l’idéologie des manifestants fascinés par l’ayatollah Khomeini, qui prônait des lois islamiques austères. Pourtant, il ne pouvait pas tourner le dos aux changements qui approchaient à grands pas. Il s’est emparé d’un appareil photo et a commencé à documenter le destin de son pays.

Lorsque l’Irak a envahi l’Iran en 1980, il travaillait pour Associated Press. Il ne pouvait s’imaginer prendre les armes mais il a contribué avec ses photos. Alors que la machine de propagande du gouvernement iranien utilisait l’argument de la guerre sainte pour recruter des hommes, parfois dès l’âge de treize ans, son objectif s’est focalisé sur le coût humain des combats. Sa photo la plus emblématique est celle de l’enfant soldat Hassan « Jangju », dont le visage couvert de boue et la petite taille derrière un fusil lourd et trop grand reflètent l’effroi et l’incongruité partagés par de nombreux soldats comme lui. La façon dont il a vécu la guerre deviendra la façon dont il documentera les autres guerres : non seulement les bombes, les chars et la destruction, mais aussi la vie qui continue malgré la violence.

Pour un œil averti, ces premières photos ne sont peut-être pas parfaites en termes de composition ou d’éclairage, mais elles témoignent de l’authenticité brute du jeune photographe, qui fait mentir son statut de novice. À titre d’exemple, l’image de l’ayatollah Ruhollah Khomeini saluant ses fidèles en 1979 montre le potentiel d’Alfred Yaghobzadeh, sa capacité à devenir une force formidable pour immortaliser les personnes et les événements les plus influents de l’histoire. Ce n’est pas la figure autoritaire de l’ayatollah qui retient l’attention, mais son ombre sur le mur. Cette image inquiétante prédit l’avenir d’une nation sur le point de devenir l’ombre d’elle-même.

Alfred Yaghobzadeh est lauréat 2023 de la Bourse SAIF / Benoît Schaeffer pour l’édition photographique.







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

Cinzia Canneri @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : Le corps des femmes comme champs de bataille

Cinzia Canneri
Le corps des femmes comme champs de bataille
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

CINZIA CANNERI
Marhawit (21 ans), la cheffe du groupe de
jeunes soldates, les exhorte à mobiliser force
et confiance pour libérer les habitants du Tigré.
Nebelet, Tigré, Éthiopie, 7 avril 2024.
© Cinzia Canneri,
Lauréate du Prix Camille Lepage 2023

CINZIA CANNERI
Kebedesh (38 ans) et sa fille (11 ans). Elles ont
été attaquées chez elles au Tigré le 28 décembre
2020 par quatre soldats érythréens qui ont violé
Kebedesh et jeté de l’eau bouillante sur sa fille
pour qu’elle arrête de crier.
Adwa, Tigré, Éthiopie, 23 décembre 2023.
© Cinzia Canneri,
Lauréate du Prix Camille Lepage 2023

CINZIA CANNERI
La guerre au Tigré a contraint de nombreuses
femmes à travailler la terre. Celles-ci vivent
seules avec leurs enfants après être devenues
veuves ou, pour les victimes d’agressions
sexuelles, avoir été rejetées par leur mari.
Adwa, Tigré, Éthiopie, 20 décembre 2023
© Cinzia Canneri,
Lauréate du Prix Camille Lepage 2023

L’atteinte systématique au corps des femmes dans la guerre semble être une stratégie universelle. Les femmes sont l’objet de formes de violences spécifiques, notamment les violences sexuelles ou « violences basées sur le genre ». Il est évident que les hommes sont aussi victimes de violences, mais c’est la nature sexospécifique de cette violence qui différencie l’expérience des femmes.

Ce projet se concentre sur la situation des femmes érythréennes et tigréennes qui ont fui l’Érythrée, l’Éthiopie et le Soudan, trois pays ayant des liens géopolitiques. Dans cette région du monde, les femmes sont constamment soumises à des violences physiques et sont également victimes des forces sociopolitiques et des conflits ethniques ou frontaliers. Et l’accord de paix entre l’Érythrée et l’Éthiopie signé en 2018 qui valut au Premier ministre éthiopien de recevoir le prix Nobel de la paix en 2019 n’a rien changé à la situation.

Ce projet portait initialement sur les femmes érythréennes fuyant l’un des régimes les plus répressifs du monde et cherchant refuge en Éthiopie entre 2017 et 2019. Il a ensuite été prolongé après que les Forces de défense nationale éthiopiennes, soutenues par celles de la région d’Amhara et d’Érythrée, ont envahi le Tigré dans le nord de l’Éthiopie en novembre 2020. Les femmes tigréennes et érythréennes ont fui vers les camps de réfugiés d’Addis-Abeba ou du Soudan.

Des experts des Nations unies ont porté des accusations de crimes et d’atrocités contre tous les belligérants impliqués au Tigré, y compris les Forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE), les Forces de défense érythréennes (FDE) et les milices Amhara (Fano), ainsi que des accusations spécifiques de violences sexuelles contre les femmes. Les forces armées érythréennes ont utilisé les violences sexuelles comme arme de guerre, punissant les Érythréennes pour avoir fui leur pays, et cherchant à exterminer les Tigréennes. Leurs corps sont devenus des champs de bataille. Elles sont victimes de viols individuels et collectifs, d’esclavage sexuel, de mutilations et de torture, laissant des cicatrices physiques et mentales indélébiles.

De très jeunes filles tigréennes ont rejoint l’armée pour se protéger, tandis que les filles érythréennes craignaient les combattants de leur propre camp. Les femmes victimes de violences sont rejetées par leur mari et font face à la stigmatisation sociale, mais certaines ont formé des groupes de soutien pour reconstruire leur vie, et beaucoup ont trouvé des parcelles de terre à cultiver pour se nourrir.

La Commission internationale d’experts des droits de l’homme sur l’Éthiopie a été créée en décembre 2021 pour enquêter sur les violations, mais le gouvernement éthiopien freine ces efforts extérieurs.

Après deux ans de guerre, l’accord de cessation des hostilités entre l’Éthiopie et le Tigré (accord de Pretoria) a été signé, mais le processus de paix est long et ne se résume pas à un simple accord militaire. Il requiert également la reconnaissance des droits humains, tant pour les femmes que pour les hommes. Les femmes demandent justice et aspirent à un avenir meilleur pour elles-mêmes et leurs enfants.

Cinzia Canneri

Lauréate du Prix Camille Lepage 2023







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

Paula Bronstein @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : Un monde dans la tourmente

Paula BronsteinGetty Images
Un monde dans la tourmente 
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

PAULA BRONSTEIN
Un cimetière de voitures abandonnées après
l’occupation russe de Boutcha et d’Irpin.
Périphérie de Kiev, Ukraine, 8 mai 2022
© Paula Bronstein / Getty Images

PAULA BRONSTEIN
Après avoir traversé la frontière avec la Birmanie,
des milliers de réfugiés rohingyas poursuivent
leur terrible périple vers le camp de Cox’s Bazar.
Bangladesh, 9 octobre 2017 
© Paula Bronstein / Getty Images

PAULA BRONSTEIN
Une victime des inondations évacuée par la
marine pakistanaise.
Sukkur, Pakistan, 10 août 2010.
© Paula Bronstein / Getty Images

Les 55 images de cette exposition offrent un regard rétrospectif sur près de trois décennies de travail. J’espère être parvenue à allier une dureté nécessaire à une compulsion humanitaire à observer des situations difficiles. Pendant la plus grande partie de ma carrière, j’ai cherché à saisir les caractéristiques et les effets qui entourent la guerre, les conflits politiques, les injustices sociales et les urgences humanitaires. Il est important de pouvoir apporter un témoignage sans être trop cru ni chercher à exploiter la situation, de proposer une impression visuelle forte et de susciter l’empathie. Je m’efforce toujours de donner une voix visuelle aux personnes souvent laissées pour compte.

Ayant travaillé pour plusieurs journaux américains pendant une quinzaine d’années, j’ai souvent fait des reportages d’actualité. En 1998, je me suis installée en Asie du Sud-Est pour donner une dimension internationale à mon travail, et cette rétrospective commence par ce changement. J’ai beaucoup voyagé à travers l’Asie, travaillant pour des agences photo comme Gamma Liaison et Getty Images Newswire pendant près de douze ans. J’ai commencé à comprendre l’utilité de revenir, d’aller plus loin dans une histoire. Notamment, je me suis concentrée sur l’Afghanistan de 2001 à 2022, période durant laquelle j’ai suivi les Afghans qui vivaient au cœur d’une guerre violente et interminable et de la brutale insurrection des talibans. En 2016, une sélection de mon travail a été publiée dans le livre photo primé, Afghanistan: Between Hope and Fear.

Le 24 février 2022, lorsque la Russie a envahi l’Ukraine, j’étais en mission en Afghanistan pour The Wall Street Journal. Ma mission touchant à sa fin, mon regard s’est tourné vers l’Ukraine. La guerre était de retour en Europe pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, et je devais y aller. Je retourne en Ukraine aussi souvent que possible, attirée par la force et la résilience du peuple ukrainien, sa volonté de survivre et de préserver son humanité. J’ai été témoin de toute la souffrance et la douleur de la guerre, ainsi que de ses ravages sur la vie des habitants. C’est une vision déchirante, mais il est important de couvrir ces situations, en particulier à une époque où le monde est de plus en plus indifférent envers les victimes des conflits.

En tant que photojournaliste chevronnée, mon âge a peu d’importance. Ce qui compte vraiment, c’est ma passion pour mon travail, mon énergie et ma capacité physique à le faire. Je ne suis pas prête à ranger mon appareil photo. Je reste curieuse et fière de montrer ce qui peut l’être. La photographie, c’est explorer avec ses yeux. Cela tombe bien : à 70 ans, je n’ai même pas besoin de lunettes !

Paula Bronstein

Exposition au COUVENT DES MINIMES
Rue François Rabelais, 66000 Perpignan

A voir également au Couvent des Minimes :

Loay Ayyoub pour The Washington Post, La tragédie de Gaza

Cinzia Canneri, Le corps des femmes comme champs de bataille 
 
Ad Van Denderen, En route 

Miquel Dewever-Plana, Mayotte : Sous le drapeau, le parcours de la deuxième chance 

Jean-Louis Fernandez, Comédie - Française : histoires de théâtres 

Afshin Ismaeli, La vie sous les talibans 2.0 

Brenda Ann Kenneally, Grown Upstate : l’héritage de l’amour à Collar City, 2013-2023 

John Moore, Équateur : conflit armé interne 

Sergey Ponomarev, Cisjordanie 

Ivor Prickett, Guerre sur le Nil : Le Soudan fragmenté 

Fransisco Proner, Minerais de sang 

Anastasia Taylor-Lind, À 5 km du front 

Mugur Varzariu, Des voix s’élèvent derrière le mur 

Alfred Yaghobzadeh, Alfred’s Journey







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

28/08/24

Loay Ayyoub @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan – Pour The Washington Post : La tragédie de Gaza

Loay Ayyoub / pour The Washington Post 
La tragédie de Gaza 
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

Loay Ayyoub pour The Washington Post
Après une frappe israélienne sur une maison
du quartier d’Al-Sabra, dans le centre de la ville,
des blessés sont transportés à l’hôpital Al-Shifa.
Gaza, 11 octobre 2023.
© Loay Ayyoub pour The Washington Post

Loay Ayyoub pour The Washington Post
Des personnes face aux ruines de la tour
résidentielle Al-Aklouk après une frappe
israélienne. Gaza City, 8 octobre 2023.
© Loay Ayyoub pour The Washington Post

Loay Ayyoub pour The Washington Post
Un enfant devant la morgue de l’hôpital Nasser.
Khan Younès, sud de la bande de Gaza,
25 octobre 2023.
© Loay Ayyoub pour The Washington Post

Le 7 octobre 2023, des militants du Hamas traversaient la frontière pour lancer une offensive sans précédent contre Israël, tuant plus de 1200 personnes et prenant près de 250 otages. En réaction, Israël a déclaré la guerre au Hamas et déclenché l’un des conflits les plus dévastateurs du XXIe siècle, causant la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes, provoquant le plus grand déplacement dans la région depuis la création d’Israël en 1948, et faisant sombrer plus de la moitié de la population dans la famine. 

Durant cinq mois, du premier jour de la guerre jusqu’à ce qu’il trouve refuge en Egypte fin février 2024, le photographe Loay Ayyoub a couvert la crise humanitaire à Gaza pour The Washington Post. Dans la ville de Gaza, où ses parents et grands-parents se trouvent encore aujourd’hui, il a commencé à prendre des photos alors qu’Israël détruisait une grande partie de la ville à coups de frappes aériennes. Comme des centaines de milliers de Gazaouis, Loay Ayyoub a été forcé de fuir, d’abord à Khan Younès où il a trouvé refuge avec une dizaine d’autres journalistes et photographes dans la cour de l’hôpital Nasser. Ils y ont partagé des tentes, la nourriture et les précieuses connexions Internet qui leur permettaient d’envoyer leurs images et dépêches au reste du monde. Loay Ayyoub et ses confrères ont passé des semaines à se précipiter vers les sites pilonnés par les frappes aériennes, escaladant des montagnes de débris tandis que les secours cherchaient des survivants et les corps des victimes, dont de nombreux enfants. Ils ont documenté le chaos devant les hôpitaux de Gaza où les pères et mères, les oncles et tantes, les frères et soeurs et d’autres parents portant leurs proches dans les bras venaient chercher de l’aide auprès d’infirmiers et de médecins exténués et à court de ressources.

Alors qu’Israël étendait sa campagne militaire dans tout Gaza, Loay Ayyoub n’a eu d’autre choix que de rejoindre les masses de réfugiés forcés de fuir les combats à Khan Younès, et de se rendre à Rafah où plus de 1,5 million de personnes étaient entassées dans des camps de réfugiés dans une ville de la taille de Perpignan (qui compte seulement 120 000 habitants). Israël a continué de restreindre l’aide apportée à la bande de Gaza, et le Programme alimentaire mondial a estimé que les deux tiers des habitants de Gaza étaient frappés par une « véritable famine » et que des centaines de milliers d’enfants souffraient de malnutrition et de déshydratation.

Lorsque les conditions de sécurité n’ont plus permis à Loay Ayyoub de faire son travail de journaliste, il a pu quitter Gaza et entrer en Égypte fin février 2024. Depuis le 7 octobre 2023, plus de cent journalistes ont été tués à Gaza. Loay Ayyoub a trouvé refuge en Égypte, et si son travail de documentation sur le conflit à Gaza et ses répercussions a pris fin, la situation à Rafah et dans toute la bande de Gaza n’a fait que s’aggraver. 
« Montrer la crise humanitaire à laquelle sont confrontées les populations civiles de Gaza, témoigner de leurs difficultés à accéder aux soins et à la protection était mon objectif au quotidien et mon devoir en tant que photographe. »

Loay Ayyoub
Loay Ayyoub est lauréat du Visa d'Or de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik 2024.

Exposition au COUVENT DES MINIMES
Rue François Rabelais, 66000 Perpignan

A voir également au Couvent des Minimes :

Paula Bronstein, Un monde dans la tourmente

Cinzia Canneri, Le corps des femmes comme champs de bataille 
 
Ad Van Denderen, En route 

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Jean-Louis Fernandez, Comédie - Française : histoires de théâtres 

Afshin Ismaeli, La vie sous les talibans 2.0 

Brenda Ann Kenneally, Grown Upstate : l’héritage de l’amour à Collar City, 2013-2023 

John Moore, Équateur : conflit armé interne 

Sergey Ponomarev, Cisjordanie 

Ivor Prickett, Guerre sur le Nil : Le Soudan fragmenté 

Fransisco Proner, Minerais de sang 

Anastasia Taylor-Lind, À 5 km du front 

Mugur Varzariu, Des voix s’élèvent derrière le mur 

Alfred Yaghobzadeh, Alfred’s Journey







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024