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07/11/24

Exposition Vivantes ! 8 lauréats de la grande commande Photojournalisme, Institut pour la photographie, Lille Hors-les-murs @ Le Colysée, Lambersart

Vivantes ! 
8 lauréats de la grande commande Photojournalisme
Institut pour la photographie, Lille 
Hors-les-murs
Le Colysée, Lambersart
7 septembre - 8 décembre 2024

Aimée Thirion
 
Femmes d’ailleurs ici. Exils au féminin Métropole, 8 octobre 2022 
© Aimée Thirion / Grande commande photojournalisme

Julie Bourges 
Les eaux-fortes 
© Julie Bourges / Grande commande photojournalisme

Ulrich Lebeuf
Isabelle, Amandine et Matthew  
© Ulrich Lebeuf - MYOP / Grande commande photojournalisme

Anouk Desury 
Les points ouverts 
© Anouk Desury - Light Motiv / Grande commande photojournalisme

Invité par la Ville de Lambersart à présenter une exposition au Colysée, qui consacre sa programmation d’automne aux femmes, l’Institut pour la photographie a conçu un projet qui réunit une sélection de photos de 8 lauréats de la Grande commande photojournalisme financée par le ministère de la Culture et pilotée par la BnF (Bibliothèque nationale de France), qui a permis de sélectionner 200 photographes à l’issue d’appels à projets lancés en 2021 et 2022.

Projets présentés :

- Julie Bourges, Les eaux-fortes, sur les femmes marins-pêcheurs
- Cédric Calandraud, Être et devenir une fille d’ici, autour de la construction des féminités en milieu rural
- Anouk Desury, Les poings ouverts, avec Shaïna, jeune roubaisienne qui a choisi de s’engager dans une carrière de boxeuse
- Olivia Gay, À domicile, sur les métiers du soin et de l’aide à domicile essentiellement occupés par des femmes
- Julie Glassberg, Stayin’ Alive, sur les thés dansants pour seniors 
- Ulrich Lebeuf, Isabelle, Amandine et Matthew, qui documente la vie d’une mère et de sa fille, originaires de la Somme
- Anaïs Oudart, Héroïnes 17, consacré aux jeunes en situation de rupture familiale
- Aimée Thirion, Femmes d’ailleurs, ici, qui traite de l’exil au féminin

Rassemblant notamment plusieurs photographes de la région Hauts-de-France et séries qui y ont été réalisées, cette exposition entre en résonance avec certains enjeux liés au territoire et brosse un portrait kaléidoscopique des femmes dans la France d’aujourd’hui, tant sur le plan intime (avec Être et devenir une fille d’ici de Cédric Calandraud sur la construction des féminités en milieu rural), que professionnel (à travers Les eaux-fortes, projet de Julie Bourges autour des femmes marins-pêcheurs, et À domicile, série d’Olivia Gay qui traite des métiers du soin et de l’aide à domicile essentiellement occupés par des femmes), mais aussi sociétal (avec Les poings ouverts d’Anouk Desury, sur Shaïna, jeune roubaisienne qui a choisi de s’engager dans une carrière de boxeuse, Stayin’ Alive de Julie Glassberg qui évoque les thés dansants pour seniors, ou Femmes d’ailleurs, ici d’Aimée Thirion autour de l’exil au féminin), ou encore social (avec le projet d’Ulrich Lebeuf, Isabelle, Amandine et Matthew, qui documente la vie précaire d’une mère et de sa fille, originaires de la Somme et parties vivre à Gien, et Héroïnes 17 d’Anaïs Oudart, qui illustre la précarité de jeunes en situation de rupture familiale dans le département de la Seine-Saint-Denis).

Commissariat : Anne Lacoste, Directrice de l’Institut pour la photographie

Les photographies présentées ont été produites dans le cadre de la Grande commande nationale Radioscopie de la France : regards sur un pays traversé par la crise sanitaire financée par le ministère de la Culture et pilotée par la BnF.

Réalisée en partenariat avec la Ville de Lambersart, cette exposition s’inscrit dans le cadre de la programmation commune des membres du Cercle Hippolyte Bayard, comité des acteurs de la photographie en Hauts-de-France.

Le Colysée, maison Folie de Lambersart
Avenue du Colysée, berges de la Deûle, Lambersart 

INSTITUT POUR LA PHOTOGRAPHIE, LILLE
11 rue de Thionville, 59000 Lille

03/09/24

Anastasia Taylor-Lind @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : A 5 km du front

Anastasia Taylor-Lind
A 5 km du front
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

ANASTASIA TAYLOR-LIND
Après la messe 
Avdiivka, Donbass, Ukraine, juillet 2018.
© Anastasia Taylor-Lind,
Lauréate de la Bourse Canon de la Femme 
Photojournaliste 2023

ANASTASIA TAYLOR-LIND
Préparation avant la fête orthodoxe de
l’Épiphanie.
Karlivka, Donbass, Ukraine, janvier 2021.
© Anastasia Taylor-Lind,
Lauréate de la Bourse Canon de la Femme
Photojournaliste 2023

ANASTASIA TAYLOR-LIND
La famille Grinik chez elle : Olga et Nikolay, 
leur fils Kirill et leur fille Miroslava. Avdiivka, Donbass,
Ukraine, juillet 2018.
© Anastasia Taylor-Lind,
Lauréate de la Bourse Canon de la Femme 
Photojournaliste 2023

Le projet "A 5 km du front"met en lumière le quotidien des habitants du Donbass, région déchirée par la guerre dans l’est de l’Ukraine. A contrecourant des représentations dominantes de la guerre, le travail réalisé au cours des six dernières années par l’anthropologue et écrivaine Alisa Sopova et la photojournaliste Anastasia Taylor-Lind présente une vision nuancée de la vie quotidienne confrontée à la violence militaire.

La guerre en Ukraine a commencé en 2014, lorsque la Russie a annexé la Crimée après la révolution de la dignité en Ukraine (ou révolution de Maïdan). La Russie a ensuite soutenu le violent mouvement séparatiste dans le Donbass, coupant des millions de citoyens du reste du pays.

Mines antipersonnel, attaques contre les infrastructures, accès limité aux services essentiels, anarchie, perte d’emploi, perte d’êtres chers, souvenirs douloureux, traumatismes non guéris, désespoir et stigmatisation politique : tel est aujourd’hui le quotidien de la population locale.

Les deux journalistes avaient déjà passé des années à couvrir l’Ukraine : elles ont lancé ce projet en 2018, à une époque où la guerre dans l’est du pays était loin de faire la une des journaux. Elles se sont régulièrement rendues dans le Donbass où Alisa Sopova a grandi, travaillant avec des personnes qui vivaient près de la ligne de front, parfois à quelques centaines de mètres seulement des positions militaires. Elles ont cherché à montrer ce que signifie non seulement survivre, mais aussi vivre une vie qui ait un sens dans des régions où guerre et paix se mêlent.

Après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, Alisa et Anastasia ont continué à rendre compte de la situation dans le Donbass. Beaucoup de villes et de villages dans lesquels elles ont travaillé sont aujourd’hui occupés par les forces russes. Une menace plane depuis sur le quotidien des habitants, plus imminente que jamais : devoir partir.

Photographies d’Anastasia Taylor-Lind, texte d’Alisa Sopova, production locale de Dmytro Pashchenko. À 5 km du front est produit grâce au soutien de la National Geographic Society.

Anastasia Taylor-Lind est lauréate de la Bourse Canon de la Femme Photojournaliste 2023 








VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

Alfred Yaghobzadeh @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : Alfred’s Journey

Alfred Yaghobzadeh 
Alfred’s Journey 
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

ALFRED YAGHOBZADEH
Un combattant brandit le drapeau taliban sur
les ruines de bâtiments détruits par les frappes
américaines et britanniques.
Sangin, Province du Helmand, Afghanistan,
30 novembre 2021.
© Alfred Yaghobzadeh

ALFRED YAGHOBZADEH
Des femmes venues soutenir la candidature de
l’ancien Premier ministre Mir Hossein Mousavi
lors d’un meeting.
Téhéran, Iran, 9 juin 2009.
© Alfred Yaghobzadeh

ALFRED YAGHOBZADEH
Un manifestant face à la police anti-émeute.
Place de l’Indépendance, Kiev, Ukraine,
19 février 2014.
© Alfred Yaghobzadeh

Selon Alfred Yaghobzadeh, la vie est un jardin où les orages de printemps réveillent les plantes endormies, mais où les inondations font chavirer le paysage. Il y a des fleurs et des fruits de toutes les couleurs, tous les goûts, toutes les beautés et tous les bienfaits, mais aussi des épines vénéneuses qui piquent les mains du jardinier et la foudre qui brise le dos des arbres anciens et robustes. On retrouve sa vision dans la manière dont il aborde sa vie de photographe et de photojournaliste. Sa carrière, longue de quarante années, a débuté accidentellement lorsque son pays natal, l’Iran, a été plongé dans ce que l’on a appelé la révolution islamique.

A la fin des années 1970, le jeune Arménien-Assyrien qui grandissait dans un pays à majorité musulmane a rejoint ses amis pour se dresser contre la monarchie. Il n’a pas tardé à comprendre qu’il ne partageait pas l’idéologie des manifestants fascinés par l’ayatollah Khomeini, qui prônait des lois islamiques austères. Pourtant, il ne pouvait pas tourner le dos aux changements qui approchaient à grands pas. Il s’est emparé d’un appareil photo et a commencé à documenter le destin de son pays.

Lorsque l’Irak a envahi l’Iran en 1980, il travaillait pour Associated Press. Il ne pouvait s’imaginer prendre les armes mais il a contribué avec ses photos. Alors que la machine de propagande du gouvernement iranien utilisait l’argument de la guerre sainte pour recruter des hommes, parfois dès l’âge de treize ans, son objectif s’est focalisé sur le coût humain des combats. Sa photo la plus emblématique est celle de l’enfant soldat Hassan « Jangju », dont le visage couvert de boue et la petite taille derrière un fusil lourd et trop grand reflètent l’effroi et l’incongruité partagés par de nombreux soldats comme lui. La façon dont il a vécu la guerre deviendra la façon dont il documentera les autres guerres : non seulement les bombes, les chars et la destruction, mais aussi la vie qui continue malgré la violence.

Pour un œil averti, ces premières photos ne sont peut-être pas parfaites en termes de composition ou d’éclairage, mais elles témoignent de l’authenticité brute du jeune photographe, qui fait mentir son statut de novice. À titre d’exemple, l’image de l’ayatollah Ruhollah Khomeini saluant ses fidèles en 1979 montre le potentiel d’Alfred Yaghobzadeh, sa capacité à devenir une force formidable pour immortaliser les personnes et les événements les plus influents de l’histoire. Ce n’est pas la figure autoritaire de l’ayatollah qui retient l’attention, mais son ombre sur le mur. Cette image inquiétante prédit l’avenir d’une nation sur le point de devenir l’ombre d’elle-même.

Alfred Yaghobzadeh est lauréat 2023 de la Bourse SAIF / Benoît Schaeffer pour l’édition photographique.







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

Cinzia Canneri @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : Le corps des femmes comme champs de bataille

Cinzia Canneri
Le corps des femmes comme champs de bataille
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

CINZIA CANNERI
Marhawit (21 ans), la cheffe du groupe de
jeunes soldates, les exhorte à mobiliser force
et confiance pour libérer les habitants du Tigré.
Nebelet, Tigré, Éthiopie, 7 avril 2024.
© Cinzia Canneri,
Lauréate du Prix Camille Lepage 2023

CINZIA CANNERI
Kebedesh (38 ans) et sa fille (11 ans). Elles ont
été attaquées chez elles au Tigré le 28 décembre
2020 par quatre soldats érythréens qui ont violé
Kebedesh et jeté de l’eau bouillante sur sa fille
pour qu’elle arrête de crier.
Adwa, Tigré, Éthiopie, 23 décembre 2023.
© Cinzia Canneri,
Lauréate du Prix Camille Lepage 2023

CINZIA CANNERI
La guerre au Tigré a contraint de nombreuses
femmes à travailler la terre. Celles-ci vivent
seules avec leurs enfants après être devenues
veuves ou, pour les victimes d’agressions
sexuelles, avoir été rejetées par leur mari.
Adwa, Tigré, Éthiopie, 20 décembre 2023
© Cinzia Canneri,
Lauréate du Prix Camille Lepage 2023

L’atteinte systématique au corps des femmes dans la guerre semble être une stratégie universelle. Les femmes sont l’objet de formes de violences spécifiques, notamment les violences sexuelles ou « violences basées sur le genre ». Il est évident que les hommes sont aussi victimes de violences, mais c’est la nature sexospécifique de cette violence qui différencie l’expérience des femmes.

Ce projet se concentre sur la situation des femmes érythréennes et tigréennes qui ont fui l’Érythrée, l’Éthiopie et le Soudan, trois pays ayant des liens géopolitiques. Dans cette région du monde, les femmes sont constamment soumises à des violences physiques et sont également victimes des forces sociopolitiques et des conflits ethniques ou frontaliers. Et l’accord de paix entre l’Érythrée et l’Éthiopie signé en 2018 qui valut au Premier ministre éthiopien de recevoir le prix Nobel de la paix en 2019 n’a rien changé à la situation.

Ce projet portait initialement sur les femmes érythréennes fuyant l’un des régimes les plus répressifs du monde et cherchant refuge en Éthiopie entre 2017 et 2019. Il a ensuite été prolongé après que les Forces de défense nationale éthiopiennes, soutenues par celles de la région d’Amhara et d’Érythrée, ont envahi le Tigré dans le nord de l’Éthiopie en novembre 2020. Les femmes tigréennes et érythréennes ont fui vers les camps de réfugiés d’Addis-Abeba ou du Soudan.

Des experts des Nations unies ont porté des accusations de crimes et d’atrocités contre tous les belligérants impliqués au Tigré, y compris les Forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE), les Forces de défense érythréennes (FDE) et les milices Amhara (Fano), ainsi que des accusations spécifiques de violences sexuelles contre les femmes. Les forces armées érythréennes ont utilisé les violences sexuelles comme arme de guerre, punissant les Érythréennes pour avoir fui leur pays, et cherchant à exterminer les Tigréennes. Leurs corps sont devenus des champs de bataille. Elles sont victimes de viols individuels et collectifs, d’esclavage sexuel, de mutilations et de torture, laissant des cicatrices physiques et mentales indélébiles.

De très jeunes filles tigréennes ont rejoint l’armée pour se protéger, tandis que les filles érythréennes craignaient les combattants de leur propre camp. Les femmes victimes de violences sont rejetées par leur mari et font face à la stigmatisation sociale, mais certaines ont formé des groupes de soutien pour reconstruire leur vie, et beaucoup ont trouvé des parcelles de terre à cultiver pour se nourrir.

La Commission internationale d’experts des droits de l’homme sur l’Éthiopie a été créée en décembre 2021 pour enquêter sur les violations, mais le gouvernement éthiopien freine ces efforts extérieurs.

Après deux ans de guerre, l’accord de cessation des hostilités entre l’Éthiopie et le Tigré (accord de Pretoria) a été signé, mais le processus de paix est long et ne se résume pas à un simple accord militaire. Il requiert également la reconnaissance des droits humains, tant pour les femmes que pour les hommes. Les femmes demandent justice et aspirent à un avenir meilleur pour elles-mêmes et leurs enfants.

Cinzia Canneri

Lauréate du Prix Camille Lepage 2023







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

Paula Bronstein @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan : Un monde dans la tourmente

Paula BronsteinGetty Images
Un monde dans la tourmente 
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

PAULA BRONSTEIN
Un cimetière de voitures abandonnées après
l’occupation russe de Boutcha et d’Irpin.
Périphérie de Kiev, Ukraine, 8 mai 2022
© Paula Bronstein / Getty Images

PAULA BRONSTEIN
Après avoir traversé la frontière avec la Birmanie,
des milliers de réfugiés rohingyas poursuivent
leur terrible périple vers le camp de Cox’s Bazar.
Bangladesh, 9 octobre 2017 
© Paula Bronstein / Getty Images

PAULA BRONSTEIN
Une victime des inondations évacuée par la
marine pakistanaise.
Sukkur, Pakistan, 10 août 2010.
© Paula Bronstein / Getty Images

Les 55 images de cette exposition offrent un regard rétrospectif sur près de trois décennies de travail. J’espère être parvenue à allier une dureté nécessaire à une compulsion humanitaire à observer des situations difficiles. Pendant la plus grande partie de ma carrière, j’ai cherché à saisir les caractéristiques et les effets qui entourent la guerre, les conflits politiques, les injustices sociales et les urgences humanitaires. Il est important de pouvoir apporter un témoignage sans être trop cru ni chercher à exploiter la situation, de proposer une impression visuelle forte et de susciter l’empathie. Je m’efforce toujours de donner une voix visuelle aux personnes souvent laissées pour compte.

Ayant travaillé pour plusieurs journaux américains pendant une quinzaine d’années, j’ai souvent fait des reportages d’actualité. En 1998, je me suis installée en Asie du Sud-Est pour donner une dimension internationale à mon travail, et cette rétrospective commence par ce changement. J’ai beaucoup voyagé à travers l’Asie, travaillant pour des agences photo comme Gamma Liaison et Getty Images Newswire pendant près de douze ans. J’ai commencé à comprendre l’utilité de revenir, d’aller plus loin dans une histoire. Notamment, je me suis concentrée sur l’Afghanistan de 2001 à 2022, période durant laquelle j’ai suivi les Afghans qui vivaient au cœur d’une guerre violente et interminable et de la brutale insurrection des talibans. En 2016, une sélection de mon travail a été publiée dans le livre photo primé, Afghanistan: Between Hope and Fear.

Le 24 février 2022, lorsque la Russie a envahi l’Ukraine, j’étais en mission en Afghanistan pour The Wall Street Journal. Ma mission touchant à sa fin, mon regard s’est tourné vers l’Ukraine. La guerre était de retour en Europe pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, et je devais y aller. Je retourne en Ukraine aussi souvent que possible, attirée par la force et la résilience du peuple ukrainien, sa volonté de survivre et de préserver son humanité. J’ai été témoin de toute la souffrance et la douleur de la guerre, ainsi que de ses ravages sur la vie des habitants. C’est une vision déchirante, mais il est important de couvrir ces situations, en particulier à une époque où le monde est de plus en plus indifférent envers les victimes des conflits.

En tant que photojournaliste chevronnée, mon âge a peu d’importance. Ce qui compte vraiment, c’est ma passion pour mon travail, mon énergie et ma capacité physique à le faire. Je ne suis pas prête à ranger mon appareil photo. Je reste curieuse et fière de montrer ce qui peut l’être. La photographie, c’est explorer avec ses yeux. Cela tombe bien : à 70 ans, je n’ai même pas besoin de lunettes !

Paula Bronstein

Exposition au COUVENT DES MINIMES
Rue François Rabelais, 66000 Perpignan

A voir également au Couvent des Minimes :

Loay Ayyoub pour The Washington Post, La tragédie de Gaza

Cinzia Canneri, Le corps des femmes comme champs de bataille 
 
Ad Van Denderen, En route 

Miquel Dewever-Plana, Mayotte : Sous le drapeau, le parcours de la deuxième chance 

Jean-Louis Fernandez, Comédie - Française : histoires de théâtres 

Afshin Ismaeli, La vie sous les talibans 2.0 

Brenda Ann Kenneally, Grown Upstate : l’héritage de l’amour à Collar City, 2013-2023 

John Moore, Équateur : conflit armé interne 

Sergey Ponomarev, Cisjordanie 

Ivor Prickett, Guerre sur le Nil : Le Soudan fragmenté 

Fransisco Proner, Minerais de sang 

Anastasia Taylor-Lind, À 5 km du front 

Mugur Varzariu, Des voix s’élèvent derrière le mur 

Alfred Yaghobzadeh, Alfred’s Journey







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

28/08/24

Loay Ayyoub @ Visa pour l’Image 2024 – Perpignan – Pour The Washington Post : La tragédie de Gaza

Loay Ayyoub / pour The Washington Post 
La tragédie de Gaza 
Visa pour l’Image 2024 – Perpignan
Festival International du Photojournalisme 
31 août - 15 septembre 2024 

Loay Ayyoub pour The Washington Post
Après une frappe israélienne sur une maison
du quartier d’Al-Sabra, dans le centre de la ville,
des blessés sont transportés à l’hôpital Al-Shifa.
Gaza, 11 octobre 2023.
© Loay Ayyoub pour The Washington Post

Loay Ayyoub pour The Washington Post
Des personnes face aux ruines de la tour
résidentielle Al-Aklouk après une frappe
israélienne. Gaza City, 8 octobre 2023.
© Loay Ayyoub pour The Washington Post

Loay Ayyoub pour The Washington Post
Un enfant devant la morgue de l’hôpital Nasser.
Khan Younès, sud de la bande de Gaza,
25 octobre 2023.
© Loay Ayyoub pour The Washington Post

Le 7 octobre 2023, des militants du Hamas traversaient la frontière pour lancer une offensive sans précédent contre Israël, tuant plus de 1200 personnes et prenant près de 250 otages. En réaction, Israël a déclaré la guerre au Hamas et déclenché l’un des conflits les plus dévastateurs du XXIe siècle, causant la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes, provoquant le plus grand déplacement dans la région depuis la création d’Israël en 1948, et faisant sombrer plus de la moitié de la population dans la famine. 

Durant cinq mois, du premier jour de la guerre jusqu’à ce qu’il trouve refuge en Egypte fin février 2024, le photographe Loay Ayyoub a couvert la crise humanitaire à Gaza pour The Washington Post. Dans la ville de Gaza, où ses parents et grands-parents se trouvent encore aujourd’hui, il a commencé à prendre des photos alors qu’Israël détruisait une grande partie de la ville à coups de frappes aériennes. Comme des centaines de milliers de Gazaouis, Loay Ayyoub a été forcé de fuir, d’abord à Khan Younès où il a trouvé refuge avec une dizaine d’autres journalistes et photographes dans la cour de l’hôpital Nasser. Ils y ont partagé des tentes, la nourriture et les précieuses connexions Internet qui leur permettaient d’envoyer leurs images et dépêches au reste du monde. Loay Ayyoub et ses confrères ont passé des semaines à se précipiter vers les sites pilonnés par les frappes aériennes, escaladant des montagnes de débris tandis que les secours cherchaient des survivants et les corps des victimes, dont de nombreux enfants. Ils ont documenté le chaos devant les hôpitaux de Gaza où les pères et mères, les oncles et tantes, les frères et soeurs et d’autres parents portant leurs proches dans les bras venaient chercher de l’aide auprès d’infirmiers et de médecins exténués et à court de ressources.

Alors qu’Israël étendait sa campagne militaire dans tout Gaza, Loay Ayyoub n’a eu d’autre choix que de rejoindre les masses de réfugiés forcés de fuir les combats à Khan Younès, et de se rendre à Rafah où plus de 1,5 million de personnes étaient entassées dans des camps de réfugiés dans une ville de la taille de Perpignan (qui compte seulement 120 000 habitants). Israël a continué de restreindre l’aide apportée à la bande de Gaza, et le Programme alimentaire mondial a estimé que les deux tiers des habitants de Gaza étaient frappés par une « véritable famine » et que des centaines de milliers d’enfants souffraient de malnutrition et de déshydratation.

Lorsque les conditions de sécurité n’ont plus permis à Loay Ayyoub de faire son travail de journaliste, il a pu quitter Gaza et entrer en Égypte fin février 2024. Depuis le 7 octobre 2023, plus de cent journalistes ont été tués à Gaza. Loay Ayyoub a trouvé refuge en Égypte, et si son travail de documentation sur le conflit à Gaza et ses répercussions a pris fin, la situation à Rafah et dans toute la bande de Gaza n’a fait que s’aggraver. 
« Montrer la crise humanitaire à laquelle sont confrontées les populations civiles de Gaza, témoigner de leurs difficultés à accéder aux soins et à la protection était mon objectif au quotidien et mon devoir en tant que photographe. »

Loay Ayyoub
Loay Ayyoub est lauréat du Visa d'Or de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik 2024.

Exposition au COUVENT DES MINIMES
Rue François Rabelais, 66000 Perpignan

A voir également au Couvent des Minimes :

Paula Bronstein, Un monde dans la tourmente

Cinzia Canneri, Le corps des femmes comme champs de bataille 
 
Ad Van Denderen, En route 

Miquel Dewever-Plana, Mayotte : Sous le drapeau, le parcours de la deuxième chance 

Jean-Louis Fernandez, Comédie - Française : histoires de théâtres 

Afshin Ismaeli, La vie sous les talibans 2.0 

Brenda Ann Kenneally, Grown Upstate : l’héritage de l’amour à Collar City, 2013-2023 

John Moore, Équateur : conflit armé interne 

Sergey Ponomarev, Cisjordanie 

Ivor Prickett, Guerre sur le Nil : Le Soudan fragmenté 

Fransisco Proner, Minerais de sang 

Anastasia Taylor-Lind, À 5 km du front 

Mugur Varzariu, Des voix s’élèvent derrière le mur 

Alfred Yaghobzadeh, Alfred’s Journey







VISA POUR L'IMAGE 2024
#visapourlimage2024

08/06/24

Photographe Anouk Desury @ La Piscine, Roubaix - Exposition "Les poings ouverts"

Anouk Desury : Les poings ouverts 
La Piscine, Roubaix 
22 juin - 29 septembre 2024

Anouk Desury
ANOUK DESURY
Shaïna Monier 
© Light Motiv - Anouk Desury
/ Grande commande photojournalisme.
« La photographie est pour moi une manière de mieux comprendre le monde qui m’entoure. Très attachée à témoigner des histoires et des combats personnels, j’ai cette volonté forte de mettre en lumière ceux à qui on laisse trop peu la parole. C’est l’attachement au territoire de Roubaix et à chacune des personnes que je rencontre qui guide ma photographie» - Anouk Desury.
Jeune photographe de 28 ans, Anouk Desury découvre la ville de Roubaix pendant son BTS Photographie. Passionnée, elle complète sa formation par un diplôme universitaire en Photographie Documentaire (DU) à Carcassonne. Revenue s’installer à Roubaix, sa ville « de cœur et d’adoption », elle s’attache aux gens avec pour toile de fond ce territoire si singulier qu’est l’ancienne capitale textile et son travail s’inscrit dans la lignée des photographes humanistes.

Plusieurs sujets vont capter son attention. En 2017, la photographe entame un travail de mémoire auprès des habitants d’un quartier populaire en cours de rénovation, sujet qu’elle expose plusieurs fois dans la cité roubaisienne. Elle poursuit cette quête du quotidien en s’attachant à suivre pendant deux ans le combat d’une famille d’immigrés venue guérir un père ancien champion de boxe devenu hémiplégique. En 2020, lorsque la crise sanitaire éclate, Anouk Desury capte avec empathie la pandémie, à l’échelle du territoire roubaisien, mais aussi au CHU de Lille. Le reportage fait l’objet d’un ouvrage « Une évidence, malgré tout », publié par l’agence photographique et maison d’édition Light Motiv. En 2023, toujours avec le concours de Light Motiv et l’association SOLFA (Solidarité Femmes Accueil) à Lille, Anouk Desury porte un regard bienveillant sur six femmes, six parcours, victimes de violences. Ses photos saisies sur le vif sont publiées sous forme de recueil d’images et de textes écrits par Samira El Ayachi : « Ce soir je prendrai soin de moi », ouvrage qui témoigne avec force d’une forme de résilience.

En 2021, elle est lauréate de la plus grande commande publique photographique d’Europe pour son reportage intime sur trois jeunes boxeurs (Aziz, Djamal, Moustapha) et une boxeuse (Shaïna), de Roubaix, saisis dans leur environnement immédiat, leur entrainement, mais aussi leur lieu de vie. L’image en couleur est un outil et un moyen pour appréhender au-delà du ring les aspirations et l’importance que revêt pour eux cette discipline rigoureuse. Cette complicité nouée avec ces jeunes sportifs où l’humain transparaît est aujourd’hui présentée à la BnF dans l’exposition « La France sous leurs yeux ». L’été 2024, en écho au Festival des cultures urbaines (URBX), La Piscine présente dans ses cabines du premier étage, et dans la salle consacrée à l’Histoire de Roubaix, les portraits de ces jeunes Roubaisiens (28 photos), assortis de tenues d’entrainement.

Ces photographies ont été produites dans le cadre de la grande commande nationale "Radioscopie de la France : regards sur un pays traversé par la crise sanitaire" financée par le ministère de la Culture et pilotée par la BnF.

Cette exposition s’inscrit dans la programmation de la troisième édition du festival URBX, organisé du 11 au 23 juin 2024 à Roubaix et dans la métropole lilloise. urbxfestival.com

Commissariat : Karine Lacquemant, conservatrice en charge des collections et de la programmation arts-appliqués, La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent.

A voir aussi à la Piscine, les oeuvres du peintre roubaisien Paul Hémery (1921-2006), La Lumière en liberté, 22 juin - 1er septembre 2024 

LA PISCINE, ROUBAIX
Musée d’art et d’industrie André Diligent

06/05/24

Stephen Dock, Echos. La photographie à distance du conflit, Delpire & Co - Texte de Joan Fontcuberta - Rencontres d’Arles 2024

Stephen Dock 
Texte de Joan Fontcuberta
Echos. La photographie à distance du conflit
Livre publié par Delpire & Co, juin 2024
Rencontres d’Arles 2024 
1e juillet - 19 septembre 2024


Stephen Dock - Joan Fontcuberta
Stephen Dock /
Texte de Joan Fontcuberta
Echos. La photographie à distance du conflit
Delpire & Co, 2024
© Delpire & Co
Photographie © Stephen Dock

Stephen Dock
Stephen Dock
Syrie, 2012
Photographie © Stephen Dock
« La vie est dangereuse. Les images peuvent contribuer à attiser le feu. Celles sélectionnées par Stephen Dock appartiennent à la catégorie des images qui permettent le temps long de la réflexion. » Extrait du texte de Joan Fontcuberta
Obsolescente avant même d’être saisie, la photographie de reportage est devenue une marchandise dont la durée de validité s’amenuise de plus en plus. 

Échos – La photographie à distance du conflit, dont le titre renvoie à la notion d’image rapportée, est le refus de nourrir une mythologie visuelle traditionnelle de la guerre qui n’est peut-être plus en phase avec la réalité du monde actuel. En tentant de déconstruire un registre photographique, Stephen Dock propose une image générique de la guerre moderne. 

Plus d’une décennie après sa couverture du conflit syrien, le photographe questionne son archive de milliers d’images. Lui contestant la qualité de preuve, il y recherche un rapport plus sensible, donc plus juste, à la guerre, à la violence, aux humains qui la vivent dans leur chair. S’éloignant de tout traitement documentaire, Stephen Dock s’affirme dans un processus de réinterprétation et de réappropriation de ses images. Il développe de nouvelles formes, en se concentrant sur la perception. Il créé à partir de la substance même des images. 

Étirées, dépouillées, recadrées, le photographe qui hier tentait de capter les faits, entrave aujourd’hui volontairement ses propres productions. Du bruit au silence, le photographe ne se tourne plus directement vers le sujet. Il n’obéit plus à l’obsession de faire des images mais les dissèque et opère sur la matière organique. Il met en exergue et en confrontation les deux principaux supports de diffusion de l’image mécanique et numérique qui se succèdent et s’entremêlent : le papier et le pixel. 

Un texte stimulant de l’artiste-essayiste Joan Fontcuberta replace son travail dans le courant actuel de la post-photographie.

Photographies de Stephen Dock / Texte de Joan Fontcuberta

Prix : 39 € / Format : 21 x 28 cm / Pages : 120 / EAN : 979-10-95821-72-4

Exposition des Rencontres d’Arles 2024, du 1e juillet au 19 septembre 2024, sous le commissariat d’Audrey Hoareau

Delpire & Co, Paris

22/02/23

Julia Pirotte, photographe et résistante @ Mémorial de la Shoah, Paris

Julia Pirotte,
photographe et résistante
Mémorial de la Shoah, Paris
9 mars - 30 août 2023

Julia Pirotte
Julia Pirotte,
photographe et résistante
Mémorial de la Shoah, Paris
Affiche de l'exposition

Julia Pirotte
JULIA PIROTTE
Mindla Diament photographiée par sa soeur Julia Pirotte.
France, avant 1944. © Julia Pirotte/Mémorial de la Shoah.

Julia Pirotte
JULIA PIROTTE
Fillette tenant une tasse, camp de Bompart, Marseille (Bouches-du-Rhône).
France, 1942. © Julia Pirotte/Mémorial de la Shoah.

JULIA PIROTTE (1907-2000), née Gina Diament, grandit entre Konskowola et Lublin en Pologne, dans une famille juive pauvre, son père est mineur. Arrêtée à 17 ans pour son engagement dans la jeunesse communiste polonaise, elle passe quatre ans en prison. En 1933, elle fuit la Pologne pour rejoindre sa sœur Mindla, réfugiée en France. Tombée malade en Belgique, soignée par le Secours rouge international, elle commence ensuite à travailler comme ouvrière. A Bruxelles, elle épouse l’ouvrier et syndicaliste Jean Pirotte et elle rencontre la future résistante Suzanne Spaak. C’est elle qui l’encourage à entreprendre une carrière de photojournaliste et qui lui offre un Leica Elmar 3, dont Julia Pirotte ne se séparera plus jamais. Parmi ses premiers reportages, elle réalise une enquête sur les mineurs polonais à Charleroi ainsi qu’un voyage aux Pays Baltes pour l’agence de presse Foto WARO.

En mai 1940, suite à l’invasion de la Belgique par l’Allemagne nazie, elle prend le chemin de l’exode. Elle se fixe à Marseille où elle retrouve sa sœur et arpente la région pour les journaux le Dimanche illustré, la Marseillaise, le Midi Rouge

Julia Pirotte met la photographie au service des causes qu’elle défend.: les conditions de vie précaires des habitants du Vieux-Port et les enfants juifs du camp de Bompard et les maquis de la Résistance. Résistance qu’elle rejoint très tôt tout comme sa sœur Mindla. Agent de liaison pour les FTP-MOI, elle transporte tracts et armes et fabrique des faux-papiers.

Le 21 août 1944, présente au plus près des combattants, elle documente par ses photographies l’insurrection et la libération de Marseille.

Julia Pirotte
JULIA PIROTTE
Insurrection de Marseille du 21 août 1944.
Marseille, France, 21 août 1944.
© Julia Pirotte/ La contemporaine, Bibliothèque,
Archives, Musée des mondes contemporains.

Julia Pirotte

JULIA PIROTTE
Manifestation de la liberté, après la libération de la ville de Marseille.
France, Marseille, 29 août 1944.
© Julia Pirotte/ La contemporaine, Bibliothèque,
Archives, Musée des mondes contemporains.

Après la guerre, elle retourne en Pologne. Elle y pose un double regard : un pays où l’antisémitisme n’est pas mort et un pays en reconstruction. En 1946, elle est l’une des seules photographes présente à Kielce juste après le pogrom et elle réalise l’un de ses reportages les plus poignants, témoignage de l’antisémitisme toujours virulent. La même année, elle accompagne les convois de rapatriement de mineurs polonais de France et, en 1948, elle couvre le Congrès mondial des intellectuels pour la paix de Wroclaw auquel participent, entre autres, Pablo Picasso, Irène Joliot-Curie, Aimé Césaire, elle prend d’eux des portraits empreints d’humanisme.

Cette exposition est une invitation à parcourir la vie et la carrière de Julia Pirotte à travers des interviews d’elle, ses reportages photographiques les plus connus (Bompard, l’insurrection de Marseille, le pogrom de Kielce), mais également son regard humaniste et universaliste qu’elle porte sur les femmes, les enfants et les hommes rencontrés sur son chemin.

Une attention particulière sera portée sur les femmes, engagées et militantes, qui ont été déterminantes pour son parcours : sa sœur Mindla, exécutée en 1944 à Breslau par les nazis, Suzanne Spaak, nommée Juste parmi les Nations pour avoir sauvé de nombreux enfants juifs à Paris, Jeanne Vercheval, féministe et pacifiste belge.

L’exposition, à visiter gratuitement, présente une centaine de tirages originaux et modernes conservés dans les fonds du Mémorial de la Shoah, de La contemporaine de Nanterre, de l’Institut historique juif de Varsovie et du Musée de la Photographie de Charleroi.

Commissariat de l'exposition : Caroline François, chargée des expositions et Bruna Lo Biundo, chercheuse indépendante. 

MÉMORIAL DE LA SHOAH
17 rue Geoffroy l’Asnier, 75004 Paris

01/11/12

Robin Hammond Expo Photos Zimbabwe : Le nom de vos plaies sera silence


Robin Hammond : Le nom de vos plaies sera silence 
Prix Carmignac Gestion du photojournalisme
Ecole des Beaux-arts de Paris 
9 novembre - 9 décembre 2012

Pour aller d'emblée à l'essentiel à propos de Robin Hammond, c'est aujourd'hui l'un des plus grands photo-journalistes humanistes, plaçant la photographie au service de la défense des droits de l'homme et de la femme. Lauréat de la 3e édition du Prix Carmignac pour le photojournalisme, une exposition présentant des photographies sur son long reportage au Zimbabwe lui est consacrée à la l'Ecole des Beaux Arts à Paris (Chapelle des Petits-Augustins) du 9 novembre au 9 décembre 2012. Son travail sur le Zimbabwe fait l'objet d'un livre publié par les Editions Actes Sud. 

Photo © Robin Hammond, Agence Panos 
pour le Prix Carmignac Gestion du Photojournalisme 

Photo © Robin Hammond, Agence Panos 
pour le Prix Carmignac Gestion du Photojournalisme

Robin Hammond a choisi d’illustrer la crise humanitaire qui touche le Zimbabwe aujourd’hui plongé dans le chaos et la misère. Il s'était rendu dans ce pays d'Afrique en 2007 et 2008 au cours de nombreuses missions pour son travail de photo-journaliste. Ces deux années lui ont permis de prendre la mesure du désastre humain que subissait les Zimbabwéens. La violence du régime s'est accompagnée d'une grave crise économique, sociale et sanitaire. Symbole de la situation désastreuse du pays, la population du Zimbabwe, et notamment celle vivant dans sa capitale Harare, était confrontée fin 2008 à la pire épidémie de choléra que l'Afrique ait connue depuis 15 ans. Le travail qu'il présente aujourd'hui repose sur un reportage au Zimbabwe effectué de décembre 2011 à mai 2012, dans des conditions d’une extrême difficulté et au péril de sa propre vie. Le photographe a passé 26 jours en prisons avant d'être déporté et fiché comme "immigrant interdit". Les photographies présentées par Robin Hammond nous montre l'existence quotidienne des Zimbawéens, marquée par la pauvreté et la nécessité de tenter de survivre malgré tout. Le journaliste a pu photographier d'anciens camps de torture, témoins des années de terreur au Zimbabwe depuis les années 2000, où sont mort de nombreux Zimbabwéens. Robin Hammond présente également des portraits de survivants à la purge contre toute opposition effectuée par la régime de Mugabe. Du fait des conditions dangereuses et afin d'éviter de ses faire repérer par les forces de police, une partie des photos ont été prisent par Robin Hammond à partir de sa voiture.

ROBIN HAMMOND
Photo © Robin Hammond, Agence Panos 
pour le Prix Carmignac Gestion du Photojournalisme

ROBIN HAMMOND
Robin Hammond, âgé de 37 ans, est un photojournaliste free-lance originaire de Nouvelle-Zélande et membre de l’agence Panos depuis 2007. Il a eu l’occasion de se rendre dans plus de 50 pays depuis le début de sa carrière, la plupart du temps pour rendre compte des dramatiques conditions de vie des hommes à travers le monde ou du non-respect de notre planète. Après avoir habité au Japon, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, Robin Hammond réside actuellement à Paris. Il collabore à de nombreux titres de presse à l’international: National Geographic, Time Magazine, Newsweek, The Sunday Times Magazine, The New York Times, The Observer Magazine, El Semenal, Corriere della Sera, Courrier International, Paris Match. Il se met aussi régulièrement au service de différentes organisations non gouvernementales. Les photographies réalisées par Robin Hammond, au Zimbabwe, dans d'autres pays de l'Afrique Sub-saharienne et à travers le monde ont contribués à faire connaître au grand public des atteintes aux droits de l'homme et à son environnement. L'excellence de son travail lui a valu plusieurs prix ses dernières années, parmi lesquels : Prix AICA (2009), International Photography Awards (2009 et 2011) notamment pour ses photographies sur le Choléra au Zimbawe fin 2008, une de ses photographies Zimbabwean Miner in Mozambique a été sélectionnée par le magazine Life parmi les Photos de l'année 2010, et surtout la reconnaissance de son engagement de photographe en faveur des droits de l'homme lui ont valu plusieurs Prix du reportage humanitaire d'Amnesty International en 2008, 2009, 2010, 2011 et 2012. Robin Hammond a été désigné lauréat de la troisième édition du Prix Carmignac Gestion du photojournalisme, le 4 novembre 2011, mais son identité a été tenue secrète pour des raisons de sécurité jusqu'à la fin de son reportage au Zimbabwe. Deux autres finalistes avient été désigné à l'issue d'un premier tour de scrutin du jury présidé par la photographe Susan Meiselas, présidente de la Fondation Magnum à New York : le photographe franco-suisse Mickael Zumstein et l’italien Paolo Pellegrin, tous les deux reconnus pour la qualité de leurs photographies.

A propos du le Prix Carmignac Gestion du photojournalisme, Edouard Carmignac, souligne que :
Face à [des] situations d’urgence et d’extrême détresse humaine, la Fondation Carmignac continue à donner aux témoins essentiels de notre monde contemporain que sont les photo-journalistes les moyens d’accomplir un travail de terrain, clairement inscrit dans la tradition humaniste et l’esprit universaliste. Avec ce prix, la Fondation Carmignac veut soutenir chaque année ceux qui se placent aux avant-postes de l’évènement et défendent, souvent au péril de leur vie, les valeurs de courage et d’indépendance, de transparence et de partage qui nous sont chères. 

Ecole Nationale des Beaux-arts
Chapelle des Petits-Augustins
14, Rue Bonaparte - 75006 Paris
Horaires de l'exposition : 11h-19h, tous les jours sauf les dimanche et lundi
Entrée libre

Site internet de la Fondation Carmignac : www.fondation-carmignac-gestion.com

Site internet de l'agence Panos : www.panos.co.uk

09/09/09

Abbas / Magnum - Voyage dans le monde islamique

Rubrique Livres > Livres Photographies > Livres Photojournalisme > Abbas/Agence Magnum
© Abbas/Magnum/Editions du Pacifique

Abbas / Magnum Au nom de qui ? Le monde musulman après le 11 septembre 2001 Les Editions du Pacifique 272 pages - 214 x 280 mm 39,50 euros ISBN 978-2-87868-126-0 Présenté par Les Editions du Pacifique Le livre Le 11 septembre 2001, Abbas, photographe de Magnum, est en Sibérie. Il assiste en direct à la télévision à l’effondrement des Twin Towers à New York, à treize fuseaux horaires de là. Ce choc le pousse à entreprendre un voyage dans le monde islamique ; un projet qui s'étendra sur sept ans. À travers seize pays, de Jakarta à Istanbul, de Zanzibar à Bagdad, en passant par Sanaa et Jérusalem, les photographies d’Abbas témoignent de l’incertitude et de la peur du monde face à la menace djihadiste. Émergent cependant des lueurs d’espoir : un mariage, une partie de football improvisée, des photos de mode – moments qui illustrent la force du quotidien. Accompagnées de son journal de voyage, les images de cet ouvrage témoignent des interrogations de l’auteur : comment la oumma – la communauté des croyants – réagit à l’horreur du fanatisme ; comment l'islamisme et sa forme terroriste, le djihadisme, se nourrissent d’islam, leur culture religieuse commune. Même s’ils perdent beaucoup de batailles contre les États qui les pourchassent désormais sans pitié, les djihadistes ne seraient-ils pas en train de gagner la guerre des esprits avec « l’islamisation rampante » de la société ? Le photographe "Né photographe", Abbas est un Iranien transplanté à Paris, membre depuis 1981 de la prestigieuse agence Magnum. Reconnu pour son talent à saisir un fait social et politique à travers une image-symbole aussi bien qu’à nous transmettre l’émotion, "le moment suspendu", Abbas définit sa photo comme "une réflexion qui se concrétise dans l’action et aboutit à une méditation". Il a publié de nombreux ouvrages, notamment : Allah o akbar, voyages dans l’islam militant, Phaidon, 1994 ; Voyage en chrétientés, Editions de la Martinière, 2000 ; IranDiary, Editions Autrement, 2002 ; Sur la route des esprits, Editions Delpire, 2005. Il travaille actuellement sur le bouddhisme.

01/08/09

Gamma en redressement judiciaire

La prestigieuse agence de photo Gamma, fondée en 1966, vient d'être mise en redressement judiciaire. Le tribunal de commerce de Paris en a décidé ainsi hier au vue de la situation financière d'Eyedea Presse, maison mère de Gamma, très fortement déficitaire. Ces dernières années avaient déjà été marqué par des difficultés qui avaient aboutis à son rachat par le groupe Hachette Filipacchi Média au début des années 1990. En 2006 Hachette revendra Gamma au fond d'investissement Green Recovery.
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Cette mise en redressement judiciaire symbolise le tournant pris depuis quelques années par le marché de la photo. L'évolution de la demande n'est plus aussi favorable au photojournalisme que lors de son âge d'or dans les années 1970. On peut le regretter, mais c'est ainsi. Le marché du photojournalisme est devenu un marché économique comme les autres aux yeux de nouveaux acteurs. Les stratégies marketing et financière sont devenus prédominantes au détriment de l'intérêt pour la qualité des reportages. Le développement du numérique, les évolutions de la presse. Les différents facteurs mériteraient d'être démélés de façon plus systématiques. Des historiens et des économistes doivent déjà être a l'oeuvre pour faire ce travail explicatif.
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Quoi qu'il en soit c'est bien une page importante de la production photographique qui se tourne avec cette crise dont est victime Gamma (et d'autres). A moment même où ceux qui ont fait la renommée de Gamma connaissent un réel succès mais dans des expositions qui font le tour du monde.

28/04/01

Larry Towell, Musée canadien de la photographie contemporaine, Ottawa

Larry Towell. Projets 1985-2000
Musée canadien de la photographie contemporaine, Ottawa
25 avril - 8 juillet 2001

Le Musée canadien de la photographie contemporaine présente une exposition qui propose 80 oeuvres du photojournaliste de réputation internationale, Larry Towell. Larry Towell. Projets 1985-2000 parcourt la carrière du photographe et s'attarde à trois grands sujets d'actualité : le Salvador, la Palestine et la communauté des Mennonites. 

Le travail de Larry Towell est remarquable non seulement pour ses qualités techniques, mais aussi pour la profondeur avec laquelle le photojournaliste aborde ses sujets. Au lieu de documenter l'histoire « officielle », Larry Towell saisit les gens ordinaires emportés par les tourments de l'histoire. S'il les capte dans l'instant, il les situe aussi dans la continuité des événements. Dans ses photographie des soulèvements au Salvador, de l'Intifada en Palestine ou de la lente disparition de la communauté mennonite, sa compassion pour les gens est bien visible. Sa position n'est pas idéologique, elle découle de son travail sur le terrain, surgissant de sa fréquentation assidue des gens dans leur quotidien, souvent pendant des années.

Larry Towell est le premier Canadien en 1988 à devenir membre de la prestigieuse agence Magnum Photos créée par Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, David Seymour et George Rodger après la Deuxième Guerre mondiale pour défendre une forme de photojournalisme qui témoigne vraiment des événements d'une époque. Larry Towell a vu ses reportages photographiques primés publiés dans les plus grands journaux et magazines, notamment Life, Esquire, Rolling Stone, New York Times Magazine et The Globe and Mail. Il a publié huit livres salués par la critique au Canada, aux Etats-Unis et en Europe.

MCPC - MUSÉE CANADIEN DE LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE
1, Canal Rideau, Ottawa K1N 9N6
www.cmcp.gallery.ca